Chapitre III

Des explosions partout, des cris, des hurlements. Un cauchemar pour tout le monde. Il est coincé sous des pierres, il ne peut plus respirer. Heureusement, un professeur le remarque et l'aide à sortir. Cependant, il n'aura pas l'occasion de le remercier: une nouvelle explosion retentit, plus puissante encore que les précédentes, l'envoyant valser contre un mur et lui faisant perdre connaissance.

Tout à coup, il se réveille en sueur, le souffle court. Trois mois maintenant que les cauchemars de le quittent plus. Depuis une semaine après la rentrée, il avait décidé d'aller travailler dans la Salle sur Demande la nuit, sachant qu'il ne pourrait pas se rendormir. Il avait plutôt bien avancé mais ce n'était pas suffisant: il voulait que son armure soit parfaite. Pour le moment, elle pouvait voler et tirer au laser, mais elle n'avait pas une grande autonomie. Il cherchait un moyen de pallier à ce problème la veille, il avait dû s'endormir sans le vouloir. Un Tempus lui apprit qu'il était 4h39, bien trop tôt pour aller dans la grande salle mais il savait qu'il ne pourrait plus se rendormir. Ayant faim après le travail fournit la veille, il décida d'aller dans les cuisines. La traversé du château se fit rapidement: à cette heure-ci, même Rusard devait dormir. Seuls quelques tableaux semblaient éveillés, mais aucun ne fit de commentaires, pour une fois qu'il y avait un peu de spectacle, ils n'allaient pas s'en priver ! Après avoir chatouillé la poire, Tony entra dans les cuisines. Un mouvement rapide le fit cependant sursauter: il crut voir quelque chose briller mais dans un clignement d'œil, cela disparut. Tony réfléchit rapidement, il n'y avait pas beaucoup de possibilités: un professeur ou un elfe ne se cacherait pas, ayant tout à fait le droit d'être cette partie du château à cette heure avancée; c'était donc forcément un élève, et pas un Serpentard, il ou elle se serait montré si tel avait été le cas.

- "Qui est là ? Je sais que vous êtes sous une cape d'invisibilité, vous n'avez pas été assez rapide. Montrez-vous, je ne dirais rien."

Dans un bruissement de cape, Harry Potter fit son apparition. Il avait les cheveux en bataille, le teint pâle, les yeux injectés de sang et de grosses cernes. Il ne semblait pas vraiment en grande forme, mais Tony savait qu'il devait avoir à peu près le même visage: les nuits blanches ne pouvaient être sans conséquences.

- "Bonjour Potter, cauchemars ?

- Bonjour Stark. Je pense que tu connais la réponse, il semblerait qu'il en soit de même pour toi.

Sans un mot de plus, ils se servirent du gâteau au chocolat, et mangèrent leur part en silence. Ce n'était pas le genre de blanc qui vous rend mal à l'aise, mais c'était un calme compréhensif. Ils n'avaient pas besoin de se parler pour comprendre les cauchemars de l'autre. Toute l'école était au courant pour l'attaque de Salem, et la mort de Sirius Black avait été rendue publique. Son innocence avait été prouvée, mais le parrain de l'élu n'était plus et rien ne pourrait changer ce fait. Comme Harry, Tony était orphelin, et comme lui il n'avait pas eu une enfance joyeuse. Tous les deux savaient qu'ils étaient similaires, et c'est pourquoi ils ressentaient l'un pour l'autre un respect qui était réciproque.

Harry observait discrètement son camarade: comme lui, il avait le teint pâle et des cernes ravageaient son visage. Ses yeux bleus brillaient d'intelligence, mais ils étaient également teintés de tristesse, de regrets, et surtout de colère. Il retrouvait dans ces yeux le reflet de ses propres émotions, c'est pourquoi contrairement à Ron, il savait que le Serpentard ne deviendrait pas un mangemort. La mort de son parrain l'avait fait beaucoup réfléchir, et outre la culpabilité qu'il ressentait, il s'était questionné sur les préjugés. Il en avait déduit que tous les Serpentards n'étaient pas des mangemorts, et que tous les Griffondors n'étaient pas du côté du Bien: Peter Pettigrow avait bien trahi ses meilleurs amis par exemple. Il savait que si les circonstances avaient été différentes, il aurait pu être ami avec Anthony Stark, mais en temps de guerre, ils ne pouvaient qu'espérer être des alliés. De plus, Stark était un très bon combattant, ils se retrouvaient de temps en temps en binôme en Défense Contre les Forces du Mal. Il en était certain, il valait mieux pour eux que le Serpentard soit de leur côté.

Dans un dernier regard, ils rangèrent leur assiette et se séparèrent dans la noirceur des couloirs.


Dans la profondeur des cachots, alors que ses élèves travaillaient sur une potion niveau Aspics, le professeur Snape réfléchissait. Il avait constaté depuis quelques temps que Potter junior et Anthony Stark ressemblait de plus en plus à des cadavres. Il avait également remarqué leurs échanges de regards, mais contrairement à ce qu'il croyait précédemment, ce n'était pas des regards de haine, mais des regards de respect et de compréhension. Severus n'était pas aussi obtus qu'on pouvait le croire, il savait que Harry n'était pas comme son arrogant de père, il savait aussi qu'il n'avait pas eu une enfance facile et que la perte de sa dernière figure parentale devait l'avoir ébranlé, mais il ne pouvait pas l'aider, sa position d'espion en serait compromise. Cependant, une idée lui traversa l'esprit, si comme il le pensait ses deux élèves étaient amis, alors ils devaient se rencontrer de temps en temps. S'il fournissait des potions de Sommeil sans rêves au jeune Stark, ce dernier pourrait à son tour en donner à Potter. A la fin du cours, il demanda donc au Serpentard de rester, et sans un mot, il lui tendit deux fioles de potions. Le regard de reconnaissance et de compréhension que lui rendit le jeune homme lui confirma qu'il avait pris bonne décision. Quand quelques jours plus tard le Griffondor le remercia silencieusement, il ne put retenir un sourire, et se promit d'être plus clément lors des prochains cours de Potions.


Pepper s'inquiétait pour Tony. Il ne tenait debout que par un miracle et ne semblait pas dormir. Pourtant, elle savait que le professeur Snape lui avait donné de la potion, ainsi qu'à Harry. Mais contrairement à ce dernier, elle ne semblait pas avoir d'effet. Un soir, n'y tenant plus, elle l'obligea à lui expliquer les raisons de ses nuits blanches. Lorsqu'il l'emmena dans la Salle sur Demande, elle sentit une pointe d'excitation faire dans son apparition: jamais Tony ne l'avait autorisée à entrer dans son sanctuaire, et elle se sentait incroyablement privilégiée par cette marque de confiance. Il lui demanda de fermer les yeux, et quand elle les rouvrit, elle ne put retenir une exclamation: devant elle se tenait une armure rouge et argent, parfait mélange entre Serpentard et Griffondor. Elle dépassait légèrement Tony et elle brillait de mille feux.

- "Pepper, je te présente Mark, la demoiselle qui m'empêche de dormir. Ne sois pas jalouse, je la trouve trop silencieuse, tu es bien plus intéressante !

- Quand ? Comment ? Qu'est-ce qu'elle peut faire ?

- Une question à la fois s'il te plaît. Depuis la rentrée, la salle me fournit le matériel, et elle peut voler et tirer au rayon laser. Mais ces derniers sont encore faibles et l'armure a une autonomie ridicule. J'essaie depuis presque un mois de résoudre le problème mais je ne trouve pas ! C'est pour cela que je ne dors plus.

- Tu fais encore des cauchemars n'est-ce-pas ?

- Oui. Je revois encore et encore leur mort et j'entends le bruit des explosions; mais le pire est certainement la douleur que je ressens dans ma poitrine. Enfin, n'en parlons plus ! D'ailleurs, je pense que mon cœur en palladium renforce mes pouvoirs, mes sorts sont plus puissants et je progresse plus rapidement qu'avant en métamorphose.

- S'il augmente tes capacités, il ne pourrait pas augmenter celles de l'armure ?"

Tony semblait réfléchir à toute allure: ses yeux brillaient d'un éclat encore plus vif que précédemment, et ses sourcils froncés prouvaient une intense concentration. Tout à coup, un immense sourire apparut sur son visage et il s'élança vers Pepper, la souleva, et la fit tournoyer dans les airs.

- "Tu es géniale Pepper ! Je t'adore, comment je n'ai pas pu y penser moi-même ? La réponse était juste sous mes yeux."

Enfin, il la relâcha et armé de ses outils, commença à travailler sur l'armure. Pepper avait un sourire sur les lèvres et les yeux brillants: voir Tony retrouver le sourire était le plus beau des cadeaux, peut être que la suite serait plus clémente maintenant.