Avec du retard, et je m'en excuse, voilà le chapitre deux. Pour ceux qui suivent mon activité sur mon autre compte, vous avez dû vous rendre compte que j'ai un peu abandonné l'écriture. J'en suis navrée. Je n'ai tout simplement plus d'inspiration. Alors j'écris un peu ce qui m'attire, et petit à petit cela construit des chapitres, comme pour celui-ci. J'espère donc continuer Danse avec la nuit ou encore Soldier On quand l'inspiration aura décidé de revenir.

En attendant, je vous souhaite bonne lecture !


Stark quitta le véhicule au pas de course pour se diriger vers l'entrée à demi-détruite du bâtiment qui lui faisait face. Courbé par habitude, attendant sans le savoir le sifflement des balles qui frôleraient sa peau.

Mais rien ne vint et l'homme reprit rapidement sa respiration une fois protégé par la façade abîmée du bâtiment. À ses pieds, un cercle de métal se découpait, comme une bouche d'égout mais plus grosse.

Stark agrippa la poignée et traîna la plaque sur quelques dizaines de centimètres. Il se retourna, faisant signe à Romanoff et Barton de le suivre une fois le véhicule caché dans les décombres.

Tous trois descendirent l'échelle enfoncée dans la roche qui semblait se perdre dans les ténèbres abyssales de l'entrée du Bunker Omega. Du trou-à-rats.

Stark tenta de faire abstraction de la sensation d'oppression qui l'envahit lorsqu'il ne fut plus capable de voir ses pieds ou la silhouette de Romanoff qui descendait au-dessus de lui. En vain.

Le souffle court, la boule au ventre et l'esprit focalisé sur toutes ses terreurs masquées par l'obscurité. Le génie se dépêcha de terminer sa descente, sautant à partir du dernier barreau qui se stoppait à deux mètres du sol pour atterrir accroupi, soulevant une couche de poussière.

Immédiatement, il sentit une arme pointée sur lui et il leva les mains, déclinant son identité à Logan qui le fixait les sourcils froncés, peinant apparemment à accepter qu'il se tenait devant lui.

Stark lui fit un sourire assuré qui sembla dérider Logan. Le mutant rangea son arme alors que Romanoff et Barton chutaient à leur côté avant de prendre Stark dans ses bras en une étreinte brève mais forte.

Ils se détachèrent et Logan les conduisit à travers un dédale de galeries illuminées par des lampes à incandescence qui semblaient dater d'avant même l'invasion de Loki, ce qui leur donnait presque une vingtaine d'année. Stark en fut impressionné.

Déjà parce qu'elles avaient tenu tout ce temps, et parce que c'était intelligent de ne pas utiliser les leds habituels qu'on trouvait dans les autres bunkers. Le génie remarqua également d'épais câbles gainés de plastique noir qui couraient le long des murs et remontaient parfois jusqu'au plafond percé où ils disparaissaient.

Voilà comment ils s'alimentaient en électricité. Le réseau internet dispensé par le seul satellite survolant les États-Unis restant devait également être retransmis par ces câbles.

Au bout d'un énième couloir apparurent finalement des portes percées à même les murs bétonnés à la va-vite.

Stark ne pouvait s'empêcher de s'extasier devant le travail fourni par les quelques personnes rassemblées ici-bas, qui avaient creusé des réseaux de galeries, bétonné et consolidé les murs, construis des pièces et relié ce bunker au réseau de la ville en un temps record. La Terre avait vraiment une chance incroyable de posséder des hommes pareils.

Logan leur fit passer une ouverture dans le mur et ils pénétrèrent dans une pièce spacieuse où s'alignaient des tables construites à partir de palettes de chargements sur lesquelles étaient posés de petits ordinateurs portables et des radios datant au moins de la Seconde Guerre Mondial, au vu de leur état de décomposition avancé.

Et devant ces ordinateurs, les rescapés du Bunker Delta. Stark sentit un sourire fou s'étirer sur ses lèvres alors qu'il reconnaissait les visages, détaillant les cillons et les cernes, les débuts de barbe et les cheveux ras, connectant ses souvenirs à ces réalités mouvantes qui lui rappelaient que la vie suintait encore des ruines du Bunker Delta jusque dans ce trou-à-rats.

Stark fit un pas en avant et toutes les têtes se tournèrent vers l'entrée, les visages s'illuminant au fur et à mesure que tous reconnaissaient le génie et ses accompagnateurs.

Sans prononcer une parole, Svaril se leva d'un bond pour quitter la pièce, sûrement parti chercher les autres. Ce fut Williams qui vint vers lui en premier. Elle se tint droite devant lui, raidie en un garde-à-vous silencieux qu'il brisa d'une étreinte qui la laissa souriante, pouffant doucement.

Ils détachèrent leur étreinte en entendant des pas précipités dans le couloir et soudain, Stark se retrouva emporté dans un tourbillon roux de balbutiements et de sourires éclatants. Le génie laissa échapper un petit rire en serrant son amie la plus chère dans ses bras.

Pendant une seconde, chaque personne du bunker oublia la guerre, la surveillance, les morts, pour se réjouir du retour d'un héros dans leur bataillon, du retour d'un homme qui avait souffert comme eux et qui s'en était sorti malgré tout. Au delà du symbole qu'il incarnait, c'était un leader à cette section éparpillée qu'était devenu le fier Bunker Delta.

Puis, alors que Potts et Stark se séparaient, une silhouette vacillante s'avança vers l'ouverture de béton, vacillant doucement en s'accrochant aux coins rêches de crépis mal appliqué. Un regard éteint sembla reprendre vie un instant alors que Stark s'approchait.

Puis l'homme referma ses bras autour de la silhouette frêle de Munroe en lui murmurant des paroles apaisantes à l'oreille et un sourire doux étira lentement le visage de la mutante. Il était de retour, plus rien ne pourrait jamais lui arriver. Et elle pourrait venger la mort de Kurt.

Stark fit le tour de la pièce du regard comptabilisant mentalement toutes les personnes qui se trouvaient ici. Il manquait Thor et Loki. Uniquement Thor et Loki. Il lança un regard interrogateur à Potts qui haussa les épaules. Il était facile de trouver Thor. En train de se battre ou en train de pleurer Jane, pas plus vaillant que Munroe.

Quant à Loki... C'était une autre histoire. Le dieu errait dans le bunker Omega, sortant parfois dans la zone de combat sans aucune notion de risque ou instinct de survie. Au moins aussi vivant que mort.

Stark soupira mais ne chercha pas plus loin. Il aurait de nombreuses occasions de parler aux deux dieux et il n'était pas particulièrement pressé d'être confronté à Loki en particulier. Alors pour le moment, qu'ils restent là où ils étaient, il avait un bunker à prendre en main. Et une douche à prendre tout court.

Une routine s'installait doucement au bunker Omega. Maintenant que le commandant était revenu, les habitudes qui avaient été les leurs pendant les quinze dernières années tendaient à reprendre leur place, avec quelques mises à jour évidemment, mais malgré ça, tout restait sensiblement similaire.

Si certains détails ne manquaient jamais de rappeler ce qu'avait subi le bunker Delta, quatre mois auparavant à présent, il y avait cependant des gestes qui ne trompaient pas. La routine s'installait et cela n'était pas forcément bien puisque cela creusait les différences.

Il y avait tout d'abord l'absence de Norton. Le soldat avait pu quitter le bunker Delta à temps, en passant par l'un des portails. Il avait été rapatrié au bunker Alpha où il travaillait à présent en collaboration avec Rogers qui se faisait à ce New-New-York qu'il n'avait pas connu pendant tout ce temps passé en ermite en Nouvelle Calédonie ou Dieu sait où.

Mais Norton avait fait parti du paysage pendant tant de temps que ne pas voir les roues de son fauteuil briller dans les couloirs et Stark seul à son bureau était perturbant.

Stark, d'ailleurs, semblait un peu moins vivant qu'avant si c'était encore possible. Là où les rires pouvaient parfois résonner dans ce qui avait été les bureaux de l'armée, la nouvelle configuration du bunker Omega à laquelle personne ne s'habituait vraiment faisait cohabiter tout le monde ensemble, Stark y compris.

Alors l'absence de Norton à ses côtés faisait tâche et cela pesait sur le moral du génie qui souriait moins, parlait moins, et passait du temps devant la radio à essayer de capter une fréquence fiable pour parler avec le soldat.

Mais si ce n'était que ça. Là où des roulements s'effectuaient avant pour dormir, tout le monde avait désormais un lit et pouvait se reposer à horaires relativement fixes. Personne n'aurait su dire si c'était une bonne chose ou pas, parce que cela voulait dire qu'ils étaient si peu qu'il y avait de la place pour tout le monde.

Idem pour la douche. Les réserves d'eau étaient puisées dans celle de la ville qui n'était pas encore infectée par les cadavres en décomposition qui traînaient un peu partout dans les rues.

Ainsi, ils n'étaient jamais à court d'eau, le peu de personnes vivant au bunker réduisant les risques de pénurie. Ils buvaient donc tous à outrance en ces temps de guerre et pouvaient se permettre de passer dix minutes sous la douche. Dix minutes ! Ça n'était plus arrivé depuis 2014, au moins !

Les médicaments étaient également abondants, inversement proportionnels au nombre de blessures. Les anciens membres du bunker Delta ne sortaient plus très souvent, non pas par peur ou paresse, mais simplement par manque de travail.

Les ennemis, amputés de ce que le bunker Alpha avait estimé comme le tiers de leur armée, ne se montraient plus. C'était un soulagement autant qu'une appréhension constante, la peur de ce que pourrait être la prochaine grande manœuvre des habitants des Neuf Mondes.

Et puis il y avait l'ambiance. Quand celle du bunker Delta rappelait celle d'une caserne militaire pleine de jeunes soldats toujours prêts au combat comme à une bonne cuite entre pote, celle du trou-à-rats ressemblait plus à une pompe funèbre permanente. Ce qui, en un sens, n'était pas si loin de la vérité.

Il y avait Wagner et Jane qui étaient morts, en plus de quelques jotuns et alfes. Il y avait Norton, toujours absent. Et puis Munroe, en dépression et buvant comme un trou, Loki drogué à la morphine et à la marijuana thérapeutique, Stark qui s'enfonçait dans la morosité et Thor qui semblait en permanence au bord du suicide. Quant aux autres habitants du bunker, l'atmosphère lourde qui planait dans les couloirs bétonnés les affectait tous.

Logan était encore plus grincheux que d'habitude, Williams semblait revivre la mort de son mari encore et encore, les jotuns et les alfes rongeaient leur frein en se rappelant avec mélancolie leur pays d'origine.

Potts semblait être la seule immunisée mais de brusques accès de rage, conséquences d'Extremis, se rappelaient à elle. Barton et Romanoff, eux, s'emmuraient dans le silence pour éviter de se mettre à réfléchir. Parce que c'était la dernière chose dont tous avaient besoin.

Alors oui, cela faisait quatre mois que Stark était arrivé au bunker Omega. Rien n'avait changé et il n'avait toujours pas parlé avec Loki. Mais cela s'enterrait sous une foule d'autres choses qui rongeaient l'esprit de tous. Et parmi ces choses, une date. Dans moins d'un trimestre, cela ferait seize ans que l'Activité avait commencé.


Encore une fois, il ne se passe pas grand chose. Mais c'est sans compter sur le chapitre trois ! On aura enfin des confrontations, des explications et des bons gros combats bien badass qui vont arriver petit à petit. Cette histoire est loin d'être terminée les enfants ! Et j'ai l'intention de rajouter un peu de douceur dans ce monde de brute -pour une fois que l'expression est à prendre au pied de la lettre- avec un peu de romance.

En attendant, n'hésitez pas à laisser une petite review ! Et je vous invite à passer sur mon profil, il y a la playlist de l'histoire si ça vous intéresse.

Stelpa :)