Regarder comme elle est gentille tout plein Sasha ! Elle a fait un super chapitre (que je suis désolée de ne publier que maintenant. Etre le Conseil des Six Mains et mes petites surprises personnelles... ma foi, j'ai été un peu désorientée. Et surtout, je harcelai Amy et Sasha "Haaan ! J'aime ! " ou "Haaaaaaan ! Je sais pas compter sur mes doigts des mains !" (oui, je ne souhaite pas essayer avec ceux des pieds. Trop de doigts en même temps... peur !). Bref, un immense merci à Sasha, à vous, les charmantes lectrices, à PBG (parce qu'on ne la remercie jamais assez) et aussi à Moony mon PC et Charles mon Routeur et aussi Ernestine, ma connection internet, sans qui rien de tout ça n'eut été possible.

Gros gros gros bisous et bonne lecture à vous !


L'agent du NCIS laissa filer un soupir entre ses lèvres semi closes, et posa sur son bureau le dossier qu'il feuilletait depuis plusieurs bonnes minutes.

Le couvercle de la boite en carton de laquelle il avait tiré les papiers attira à nouveau son regard. Outre le CLASSIFIED en lettres capitales rouges, un écriteau de papier définissant les différentes infos principales contenues dans le dossier indiquait aussi la date de l'ouverture et de la fermeture de ce dernier.

Date qui énerva l'ex marine un peu plus, comme à chaque fois qu'il la voyait.

Le 8 décembre 2013.

Soit 5 ans auparavant.

ooo

- Comment ça, « non » ? Se récria la journaliste tandis que le rouge lui montait progressivement aux joues.

- Je ne veux pas le savoir. Réitéra-t-elle en faisant furieusement pianoter ses doigts vernis sur son bureau, le téléphone collé à l'oreille. C'est une question de toute urgence. Que … Oui ! bien sûr que oui ! J'ai travaillé avec eux i ans ! … Oui. Oui, je suis journaliste, oui. Depuis 6 ans. Oui. 27 ans, ça vous pose un souci ?

Sa jeune coéquipière, installée au bureau en face d'elle, lui lança par-dessus ses lunettes un regard chargé d'incompréhension et d'appréhension.

- Trop jeune ?! Je vous demande pardon ? Je vous ai demandé votre âge, moi ? S'énerva sa supérieure à l'adresse de son iPhone dernier cri.

- Heu … Amy … Tenta la seconde journaliste en tendant machinalement son index vers le haut.

- Chht, s'il te plait Alex. La coupa immédiatement la brunette en chuchotant à son adresse. Oui ? Vous … Oui, j'arrête de m'énerver. Oui ! D'accord. A demain. C'est ça, merci.

Amy DiNato raccrocha finalement, posant son téléphone sur son bureau d'un geste légèrement brutal témoignant encore de sa nervosité. Elle passa ses deux mains sur son visage et les remonta vers ses cheveux pour réunir ses nombreuses boucles en une queue de cheval. Elle prit soin d'éviter le regard de sa jeune coéquipière, sans prétendre ne pas sentir le regard insistant de cette dernière.

- Alors ? Tenta à nouveau Alex.

- Ils me recontactent demain matin. Répondit Amy en sortant plusieurs dossiers du carton posé à côté de sa chaise.

- Heu … qui ?

La journaliste laissa filer quelques secondes, hésitante. Elle posa son regard sur la jeune femme assise en face d'elle quelques mètres plus loin, occupée à relier sagement le dossier relatant leur dernier scoop. Elle avait bien changé en 5 ans. Ses traits d'adolescente s'étaient mués en ceux d'une jeune femme plus mûre, mais toujours aussi curieuse et impétueuse.

Elle aussi avait eu son âge, pensa Amy en posant ses omoplates dans le fond de son siège. Elle aussi avait eue cette période de curiosité insatiable, sans pourtant n'avoir jamais envisagé sérieusement le métier de journaliste. Il s'était simplement imposé à elle, lui faisant oublier ses études de littérature contemporaine pour la faire se consacrer entièrement à cette nouvelle vocation.

Elle s'était d'ailleurs révélée douée pour cela, i ans. Elle avait été aidée, aiguillée, précieusement guidée dans cette nouvelle voie par son amie et colocataire de l'époque, elle aussi journaliste.

Cette simple pensée humidifia immédiatement ses yeux, trouble qu'Amy dissimula en baissant ses paupières vers le dossier qu'elle venait de placer devant elle. Une chose dont elle n'avait jamais pu se débarrasser était sa sensibilité.

Et repenser à ces années replaçait irrévocablement cette affreuse boule au creux de sa gorge.

ooo

Gibbs s'empara du tabouret de bois sous son établi et le ramena à lui. Il prit dans ses mains rendues calleuses par le travail la bouteille d'alcool posée entre ses outils, renversa un verre rempli de clous et se servit une rasade de whisky.

Le liquide descendit lentement jusqu'au fond de sa gorge, provoquant cette sensation de chaleur qu'il retrouvait immanquablement.

Ses yeux ne mirent que peu de temps à se mettre à fixer le vide, le plongeant dans ses pensées. Il fit machinalement tourner la boisson légèrement ambrée dans son verre griffé par le temps. Voilà seulement quelques heures que Vance et son horloge biologique avaient réussi à le décider à rentrer chez lui prendre un peu de repos avant de reprendre l'enquête.

Reprendre l'enquête. Ce mot n'avait jamais eu autant de sens à cet instant, 5 ans après. 5 ans avant que les circonstances ne le force à la rouvrir. 5 ans avant que cette ordure ne refasse surface. 5 ans avant d'entendre à nouveau parler d'une bande de jeunes filles qui, malheureusement –du moins pour la plupart des évènements- avait croisé l'équipe du NCIS à de trop nombreuses reprises.

Pour des cas dont l'importance aussi allait malheureusement crescendo, en intensité comme en dangerosité.

L'ex-marine attrapa un morceau de bois écorché traînant dans les parages et le fit promener entre ses doigts. « L'équipe à la Plume », songea-t-il en énumérant les membres qui l'avaient composée d'après ses souvenirs. Il y avait d'abord eue cette histoire avec Dan Keins, ce malade ahipéhèmique, qui avait provoquée la rencontre avec cette bande de filles. Deux journalistes et leur rédactrice en chef, une profiler, six étudiantes, deux agents du Mossad, une scientifique, un agent probatoire, une trafiquante, deux aigries voulant la peau de Tony, un médecin, une hackeuse, … Une sacrée bande.

Puis de nouveau des problèmes avaient surgis, quelques temps après, mêlant au groupe deux agents du NCIS de LA, une journaliste stagiaire, ainsi qu'une bande de motards et d'un fameux « code » …

Le tout avait peuplé des mois forts en rebondissement de toutes sortes. Après cette deuxième « enquête », résolue elle aussi sans trop de mauvais coups, les chemins du NCIS et des filles ne s'étaient pas recroisés.

Du moins, pas immédiatement. Les agents s'étaient débrouillés pour rester en contact avec certaines d'entre elles, afin de garder un œil sur leurs faits et gestes mais aussi sur les évènements les entourant. Avoir attiré les ennuis deux fois était déjà bien assez.

Gibbs savait donc que Ducky avait gardé contact avec Gwen Hetsi, la profiler, qui venait parfois leur rendre une petite visite pour partager un thé. Ziva avait eues des nouvelles d'Elen Taal et Miryam Tuvia, les deux agents du Mossad retournées pour de bon en Israël. Abby –ainsi que Tim, il s'en doutait- témoignaient du bon état de santé de la laborantine Loane Ankou. Lui-même avait vérifié à plusieurs reprises que Rosa Zirovinte soit toujours surveillée par le NCIS de LA, et que les deux agents s'occupant d'elle : Elia Raws et Margot soient aussi en sécurité. Ces trois dernières étaient donc bel et bien retournées dans leur ville de Los Angeles, pour de bon elles aussi.

Il avait aussi eu de temps en temps des nouvelles des deux journalistes, Sophia Blewgreen et Joly Jump, leur stagiaire Alex Girl, ainsi que de Constance Foadeu, leur journaliste en chef rousse au fort caractère. Tony l'avait de temps en temps tenu informé de l'état de santé de sa voisine et médecin Sasha Richester, état de santé qu'ils avaient pu constater par eux-mêmes également en récupérant l'italien à Bethesda après une enquête difficile. Et pour finir Ryan Noolen leur avait rabâché cent fois par jour que l'étudiante Leou Craz se portait comme un charme.

Les seules dont Gibbs n'avait pas vraiment réussi à avoir de nouvelles étaient les trois autres étudiantes Washington Jones, Amy DiNato et Pauline Winchester. Il en avait seulement eues quelques-unes par le biais de leur colocataire l'imprudente Blewgreen. Il avait d'ailleurs pu apprendre avec joie que DiNato avait décidé de suivre les traces journalistiques de sa grande sœur, suivie de l'ex-stagiaire de cette dernière.

Tout se passa donc bien pour elles toutes ainsi que pour leurs proches durant une bonne année. Mais un évènement, une fois de plus, chamboula intégralement leur équilibre retrouvé.

C'était i ans.

ooo

Les doigts posés sur son clavier, la journaliste hésitait. Elle ouvrit puis referma les poings plusieurs fois de suite, avant d'abandonner dans un soupir.

Joly posa ses coudes sur son bureau et enfouit son visage au creux de ses paumes. Elle sentait presque la petite veine qui venait faire tambouriner ses tempes. Depuis plusieurs heures déjà elle se creusait l'esprit, tournant et retournant la question dans sa tête dans un ballet sans fin. Et sans issue.

Devait-elle écrire ce papier ?

N'était-ce pas une trahison, en quelque sorte ? Ou plutôt, tout cela n'allait-il pas lui rappeler de trop mauvais souvenirs ? Fallait-il remuer les fantômes du passé ? Cela aiderait-il réellement sa coéquipière ? Mais, pire que tout, la réouverture de cette enquête réveillait la peur qui n'avait cessé de sommeiller en elle durant tout ce temps. Depuis les débuts, jusqu'au recommencement, 5 ans après.

Un soupir tremblotant s'échappa de ses lèvres bien dessinées.

Ses yeux fixaient sans le voir le titre qu'elle avait écrit sur sa page word. Quelques mots pourtant qui en disaient long. Et à la suite desquels elle hésitait fortement, déjà depuis quelques années, à écrire l'histoire qui en était l'origine.

Les deux articles rédigés par Sophia à propos des deux précédentes enquêtes qu'elles avaient menées avec l'équipe à la plume avaient été des grands succès. « Le tueur à la Plume », suivi de « Le Code ».

Le titre que Joly venait d'écrire lui paraissait un peu trop poussé. Mais il ne manquait pas de la faire frissonner à chaque fois qu'elle y pensait. « Conte de fées ensanglanté ».

Ce que Sophia lui avait annoncé il y a quelques heures à peine tournait et retournait en boucle dans sa tête. Leur conversation était gravée dans sa mémoire.

« Joly ? »

« Oui ? »

« Ca recommence. » Au son de la voix et à la couleur du visage de sa coéquipière depuis une paire d'années, Joly avait tout de suite su que quelque chose n'allait pas. « Ca … ça recommence, Jo'. Il est revenu. »

« Comment ça ? »

« Tony DiNozzo vient de m'appeler. Nouveau meurtre. Mais … différent. Une femme, encore, avec un détail appartenant aux contes de fées. Elle portait les Louboutins. Les cheveux bruns coupés en carré, la robe rose d'un grand tailleur, et … sa main droite …un crochet rose. »

Elle avait mis trois secondes à comprendre. Deux à assimiler. Une à réagir, blanche comme un linge, les paumes moites et le cœur tambourinant comme un dingue.

« Tu veux dire que … »

« Oui, Joly. Je veux dire qu'Il l'a fait ressembler en tout point à moi. »