Le monde est beau mes enfants ! Alors même que Killian Jones nous rejoint sur le forum ff, Amy m'envoie ce merveilleux chapitre !
Gros gros gros bisous et bonne lecture ! (si la mise en page est mal faite, slappez moi fort et violemment !) Merci Amy, tu es un AMOUR !
Affalée sur son canapé, un bloc note sur les cuisses, à moitié endormie, Amy s'appliquait à décrypter sa série favorite à l'écran.
Elle ne comprenait pas. Il n'y avait aucune logique.
Pourquoi un crochet ?
Pour faire un lien avec le personnage de conte, certes, mais pourquoi lui ?
Les sourcils froncés, la jeune femme mâchouilla d'un air peu convaincu son chewing-gum à la menthe, se concentrant sur les paroles du pirate.
« Je ne risquerai ma vie que pour deux choses : l'amour et la vengeance. J'ai perdu le premier. »
Elle écarquilla les yeux, comme frappée de stupeur.
Oh merde.
Et se précipita sur son téléphone.
-Washington, tu vas jamais me croire c'est...
Coupée dans son élan, elle tendit l'oreille, tentant de discerner les bruitages.
Son coeur rata un battement.
Un frisson remonta lentement le long de son échine alors qu'elle s'humectait les lèvres.
Rester calme.
-...Washington ?
A l'autre bout de l'appareil, une chanson, des paroles douces et féeriques.
Et ce souffle lourd, pervers, menaçant.
-On dirait que le jeu recommence mademoiselle DiNato.
Elle sentit tout au fond d'elle quelque chose se fissurer dans un craquement écoeurant.
Elle sentit la peur l'étrangler sans la moindre pitié.
Et la haine venir se nicher au creux de sa gorge.
-Espèce d'enfoiré, touchez la et je...!
Il avait raccroché.
Amy se mordit les lèvres, le coeur battant à cent à l'heure.
Le jeu recommençait.
.
-Allons donc, Blanche Neige, ne faites pas cette tête.
Faire totalement abstraction de l'incongruité de ses propos.
Maîtriser le tremblement de tout son être.
Ne surtout pas lui montrer qu'elle était à deux doigts de se faire dessus.
Mais au contraire soutenir son regard, le défier.
-Je ne m'appelle pas Blanche Neige, asséna-t-elle avec un calme presque parfait. Je m'appelle Washington. Et certaines personnes m'appellent WJ. Mais c'est tout. Vous remarquerez au passage qu'il n'y a aucun rapport entre BN et WJ. Sauf peut-être mon goût prononcé pour les petits gâteaux fourrés au chocolat. Je...
-Vous êtes bien plus bavarde que je ne l'avais imaginé votre majesté, mais vous m'en voyez ravi.
Il lui sourit de toutes ses dents, et il y avait dans ce sourire quelque chose d'effrayant.
Un désir ardent de faire mal.
Inspirant une profonde bouffée d'air, elle s'efforça d'étirer ses propres lèvres.
Et d'y croire.
Parfois même croire en la possibilité d'une fin heureuse est une chose très puissante.*
.
-LOOOOOAAAAANE ! Oh mon dieu j'ai cru que tu n'arriverai jamais, et ça recommence, ça recommence Loane tu comprends ?! Oh mon dieu et l'une de filles s'est faite enlever, tu sais l'adorable petite chose blonde, oui bah elleuh ! Looooaaane, par pitié dit moi que tu as une solution magique à toute cette histoire !
Les yeux brillants, ses bras enserrant le corps frêle de son amie, Abby tentait de calmer les battements euphoriques dans sa poitrine.
Il y avait déjà eu bien trop de larmes la dernière fois, elle ne pouvait pas laisser la même chose se reproduire de nouveau sans rien faire.
La gorge serrée, elle se détacha lentement de la jeune scientifique et plongeant son regard vert dans ses prunelles.
Et put découvrir un sourire doux et confiant peint sur son visage.
La jeune femme aux mèches colorées lui saisit alors délicatement la main et l'enlaça avec une certaine force.
-On va y arriver Abby. On le connaît maintenant. On se fera pas avoir deux fois.
Les lèvres de la gothique s'étirèrent lentement, un poids semblant s'envoler de ses épaules.
-T'as raison. Bon. Au boulot.
Elle inspira une profonde bouffée d'air, ferma un bref instant les yeux, avant de se lancer vers son ordinateur avec son engouement habituel.
-Mon grand manitou Gibbs veut qu'on analyse le crochet, et je parie qu'à deux on ira beaucoup plus vite !
-Je te préviens ça fait un bail que j'ai pas bidouillé un ordinateur, affirma Loane tout en remontant ses manches.
-T'inquiète, j'ai passé assez de temps sur cet écran pour deux.
Un rire éclata dans le labby, et c'était sûrement déjà une victoire.
.
Une brunette se faufila dans l'ascenseur du Navy Ard, les mains crispées sur son trench coat. Elle jeta alors un regard à sa montre et grimaça.
Pauline Winchester était en retard.
-Alleez plus vite, s'impatienta-t-elle à voix haute.
Elle passa une main éreintée sur son front, n'arrivant pas à se calmer.
Et comment bon dieu, alors que sa chère Washington venait de se faire enlever et qu'ils étaient tous convoqués au NCIS de toute urgence.
Il était grand temps de mettre un terme final à cette affaire, grand temps de mettre ce malade en taule.
La gorge étranglée d'angoisse, les portes s'ouvrirent enfin et la jeune femme put pénétrer dans l'Open Space.
Un silence glacial l'accueillit et le contraste avec ce qu'elles étaient lui brûla les yeux.
Il y a cinq ans ses colocataires auraient couru pour l'étreindre.
Il y a cinq ans un brouhaha joyeux aurait régné.
Il y a cinq ans ce genre d'évènement serait arrivé pour célébrer quelque chose.
Il y a cinq ans tout a brutalement changé.
Les mains tremblantes, Pauline s'avança le plus dignement possible, évitant le regard de celles qui furent auparavant ces amies.
-Bien, énonça Tony en se levant de son bureau, vous êtes toutes là, on peut commencer.
Les jeunes femmes relevèrent la tête, chacune détaillant les autres.
Et un constat amer vint flotter dans l'air.
Elles étaient devenues de parfaites étrangères.
.
-Le principe est simple, affirma Amy, ce malade mental ne se sert plus que des contes, il se sert d'une série télévisée. Il croit que nous sommes toutes et tous des personnages de contes. Once Upon A time raconte l'histoire d'Emma, la sauveuse qui va venir délivrer ses parents et toute une ville de conte de fée de la malédiction d'une méchante reine. Il faut savoir que vingt-huit ans auparavant ces derniers l'ont abandonné pour qu'elle puisse accomplir son destin. La malédiction consiste à envoyer tous les personnages dans notre monde, un monde où ils ne sont pas avec ceux qu'ils aiment et où les fins heureuses n'existent pas. Je rentre pas dans les détails sinon je perds tout le monde.
-Mais pourquoi Crochet pour Sophia ? S'enquit Leou, assise sur les genoux de Ryan.
-Oui, surtout que Blanche Neige déteste Crochet, marmonna une journaliste ennuyée au possible.
Là où des répliques auraient pu être prises à la légère, tout semblait désormais fait pour se blesser mutuellement.
-Si j'avais eu le temps d'expliquer, siffla Amy. Je...
-C'est très simple, coupa Pauline. Crochet, au départ, n'est qu'un jeune homme candide qui veut servir loyalement son roi. Le fait est qu'à cause de son roi, il perd son frère, et quelques années plus tard, celle qu'il considérera comme son unique amour.
-Oui et ?
-C'est pareil pour Sophia. Enfin notre malade croit que c'est pareil, conclut la jeune femme.
-Je savais pas que tu regardais toi aussi...susurra innocemment Sophia, un sourire en coin au bord des lèvres.
-Il s'en passe des choses en cinq ans, Sophia.
-Les filles, gronda Tony.
-Et en quoi savoir ça peut nous aider ? Demanda l'agent très spécial Gibbs.
-Bin si on sait ça, techniquement on est capable de faire le lien et de pouvoir dire qui est qui. Et donc de prendre de l'avance. On ne peut pas gagner un jeu dont on ne connaît pas les règles, affirma Amy.
Les tricheurs ne gagnent jamais...
.
L'Open Space s'était vidé lentement, chacune vaquant à sa mission, si bien que Gwen Hetsi fut très surprise de croiser le chemin de Sophia Blewgreen. Elle avait en effet été convoquée par l'agent Gibbs pour refaire un portrait du tueur en série, une tâche pas si facile qu'elle ne l'aurait dû l'être. Elle avait donc été témoin du débat entre les bureaux, et avait passé l'après midi a étudié les personnages de la série. En commençant par le fameux pirate.
-J'étais avec l'agent DiNozzo, déclara froidement celle-ci en se saisissant de sa veste.
-Je vois.
Un silence lourd s'installa alors qu'elles montaient à l'unisson dans l'ascenseur, évitant religieusement le regard de l'autre.
-En quoi le besoin de vengeance de Killian Jones me lie à lui ? S'enquit finalement Sophia.
La question avait été posée de la plus franche façon qui soit, sans arrière pensées (pour une fois).
Gwen soupira, ses mains serrés autour de son manteau.
-Parce que tu veux te venger toi aussi de la personne qui t'a éloignée des personnes que tu aimes. Même si tu ne te l'avoues pas. De plus, tu as beau enterrer cette conviction en toi, tu penses que la seule coupable dans l'affaire, c'est toi. Tu te sens responsable de tout ce qui est arrivé. Alors au lieu de t'affronter tu as préféré te barricader et faire comme si de rien était. Notre tueur sait très bien de ce que tu es capable pour les gens à qui tu tiens, et il compte s'en servir contre toi. La question est : iras-tu trop loin ?
Et en quittant l'ascenseur, la profiler laissa derrière elle une Sophia bien silencieuse.
