Bonsoir tout le monde, merci encore pour les reviews, je suis ravie de voir que mon histoire vous plaît toujours ou, pour les nouvelles arrivantes, que l'histoire vous plaît tout court.

Ce chapitre a une importance particulière pour moi puisqu'il introduit des personnages que j'attend d'amener depuis une bonne dizaine de chapitres, et parce qu'il se concentre sur quelqu'un dont j'ai eu de nombreux retours de vous. C'est également un hommage à une de mes histoires favorites sur ce site, Alone on the water (ou Seul sur l'eau pour la version traduite) qui est une fanfiction Sherlock BBC et qui m'a littéralement retournée.

Je vous laisse savourer ce chapitre en espérant que vous aimerez le plot twist.

Soundtrack : Oblivion - Patrick Wolf


Jim n'avait encore jamais eut cette sensation de vide qui noue les entrailles, lorsqu'on se rend compte que plus rien n'a d'importance si ce n'est ce qui se trouve en face de nous, à cet instant précis. Il fut pris au dépourvu quand ce sentiment terrifiant s'empara de son corps alors qu'il regardait l'immense cimetière de carcasses de voitures qui s'étendait devant lui, à perte de vue. Des squelettes rouillés faisaient siffler le vent sur leurs vieilles carlingues vacillantes et le hurlement du blizzard qui tourbillonnait à son oreille ne suffisait pas à le détourner de ce spectacle.

L'adolescent n'arrivait plus à réfléchir. Il ne savait même pas ce qu'il faisait là. Tout ce qui existait désormais, c'était ce cimetière de voitures et le bruit du vent qui résonnait. Si le sort temporel lancé sur la Terre affectait l'âge, il n'avait pas de réelle emprise sur les saisons, et l'hiver approchait à grand pas. Jim n'avait que peu de notions restantes depuis sa perte de mémoire, mais il savait qu'on devait être quelque part entre novembre et février. Et il n'avait pas tant tort que ça, puisqu'on était en fait début décembre.

Le froid piquant giflait ses joues roses et l'envie de s'abriter le coupa de sa contemplation muette de ce paysage apocalyptique. Il courba l'échine et avança contre le vent vers la carcasse de voiture la plus proche, qui semblait encore avoir toutes ses vitres même si le capot avait été arraché. Avec un grognement quand sa prothèse se coinça dans un trou, Jim tenta de s'en rapprocher le plus possible. Secouant la jambe, il réussit finalement à se dégager, non sans qu'une vive douleur agite son membre amputé. Le Docteur Banner lui avait dit qu'il s'agissait de douleurs fantômes. Un joli nom pour une douleur aussi forte.

La stupidité de son acte lui revint en pleine figure alors que le blizzard de décembre griffait sa peau et séchait ses lèvres craquelées. Il avait quitté le bunker Alpha sur un coup de tête, ne supportant plus l'ambiance ni les personnes qui s'y trouvaient. Andy – celui que tout le monde appelait Norton – avait disparu, et c'était cet événement qui l'avait décidé à quitter le cocon terrifiant du bunker. Jim ne parlait pas beaucoup, et les Alpha le considéraient comme un attardé – ce qui l'arrangeait, en un sens – alors il avait réussit à s'esquiver sans attirer l'attention.

Son but était de rejoindre le bunker Omega pour informer Tony de la disparition de son ami. Mais il voulait aussi s'éloigner de ces gens imbuvables qui peuplaient le bunker Alpha – le Docteur Banner et Andy exceptés. Jim était simplement sortit de la lourde structure de béton armé et s'était enfuit en courant, slalomant entre les camions blindés qui arrivaient et les marchandises qu'on déchargeait. Et c'est à pied qu'il avait traversé la moitié de New-York, ses longues années passées dans le centre commercial à éviter les aliens lui permettant d'échapper aux embuscades.

Si depuis l'attaque du bunker Delta les ennemis se faisaient rares, il n'en restait pas moins que des poches tenaient encore la ville en otage et continuaient à faire des rafles constantes pour de futurs esclaves et décimant les soldats partout où ils pouvaient en trouver. Et il n'entrait définitivement pas dans les projets de Jim de finir fusiller à cause de son âge. Malgré sa perte de mémoire, il savait qu'il avait l'apparence d'un adolescent de quatorze ou quinze ans – ce qu'il devait avoir au moment de l'invasion. Ce qui faisait de lui, s'il comptait bien, un adulte âgé d'environ trente ans. Quelle horreur. La jeunesse lui plaisait définitivement plus.

Jim entoura ses genoux de ses bras, les collant contre son torse avant de poser son menton dessus. Il allait attendre que le blizzard se calme, puis il reprendrait sa route vers le bunker Omega. Il avait regardé par dessus les épaules des soldats Alpha pour savoir où se trouvait l'entrée, et il ne devait pas en être à plus de six rues. C'était toujours une bonne nouvelle. D'un autre côté, depuis le temps qu'il était parti, on devait s'être lancé à sa poursuite et peut-être qu'on avait prévenu Tony, Tasha ou Pepper et qu'ils étaient à sa recherche. Il l'espérait. Parce qu'il ne voulait pas retourner au bunker Alpha, et ne souhaitait pas plus que ça parcourir les rues restantes seul.

Jim ferma les yeux et calma sa respiration, s'isolant du monde qui l'entourait comme quand les ennemis venaient faire une ronde dans le centre commercial. Ainsi, il serait immobile et silencieux. Et sans s'en rendre compte, l'adolescent s'endormit.


Les hommes du bunker Omega s'étaient divisés en équipes d'intervention, séparant les capacités pour composer des équipes quasiment invincibles. C'est ainsi que Logan s'était retrouvé avec Williams, sa partenaire habituelle, mais aussi Loki et Stark. On avait séparé Potts de Loki parce qu'avec ses capacités octroyées par Extremis, elle était bien plus utile dans une autre équipe – en l'occurrence celle de Munroe. Le pardon implicite offert par Stark quelques heures auparavant avait permis à l'atmosphère de se détendre et l'équipe quadrillait le secteur depuis trois heures sans qu'aucune tension ne se soit faite remarquer.

Ils étaient tous en contact radio et vérifiaient rue après rue que Jim ne se trouvait pas dans les parages. Pour l'instant, ils n'avaient aucune trace de lui. Mais Logan ne perdait pas espoir. Le petit n'était pas stupide et s'il avait quitté le bunker Alpha, ce n'était pas pour se jeter entre les pattes dorées des asgardiens, mais bien pour les rejoindre. Il n'y avait donc pas vingt-huit itinéraire qu'il avait pu emprunter, et ils n'avaient pratiquement aucune chance de ne pas le retrouver s'il était en vie.

D'un bref signe de la main, il ordonna à Williams de passer devant lui pour le couvrir et jeta un bref regard vers les cieux. Aucune trace d'une présence ennemie, ce qui était plutôt bon signe. La vigilance restait de mise, mais à eux quatre ils avaient largement l'arsenal nécessaire à l'élimination d'un escadron ennemi. Son souffle se fit court lorsqu'il vit la blonde devant lui vaciller. Logan lâcha un cri bref pour prévenir Stark et Loki avant de s'élancer vers sa partenaire.

Alors qu'il l'atteignait à peine surgit de derrière une façade effondrée une escouade de cinq hommes, trois asgardiens et deux alfes à vue de nez. Immédiatement, il pivota dans leur direction et ouvrit le feu, sortant ses griffes sans y prêter attention. Logan entendit plus qu'il ne vit le dieu marmonner un sort et un alfe s'effondra, la gorge ouverte en une coupure nette qui ne provenait d'aucun couteau. Puis en une seconde, Stark fut là, brisant la nuque d'un asgardien à main nue. Logan jeta son chargeur vide et tenta une percée vers les trois hommes restants qui s'étaient cachés derrière des gravats.

Une balle siffla à quelques centimètres de son oreille. En réponse, il envoya une salve de balles en direction des têtes qui dépassaient des débris. Avant que les ennemis aient eut le temps de répliquer, on entendit un crissement suivit d'un horrible bruit de gargouillis. Loki avait prit son élan et avait sauté, parcourant pratiquement cinq mètres, puis avait pivoté et atterrit juste derrière les ennemis qu'il avait égorgés en quelques coups de poignard précis.

Logan vit Stark reprendre son souffle de son côté, pendant que Loki s'approchait de lui pour voir s'il allait bien. Sans perdre une seconde, le mutant franchit les quelques mètres qui le séparaient encore de Williams. La jeune femme était étendue sur le sol dans une position étrange, preuve qu'elle était tombée sans en avoir conscience. Une flaque rouge s'étendait derrière son dos et Logan la retourna avec précaution pour voir que la flèche utilisée par les ennemis s'était brisée à l'intérieur de son épaule, remuant les chairs.

Le mutant grimaça, mesurant l'ampleur de la blessure qui ne semblait pas critique mais ne tarderait pas à le devenir dans les minutes qui suivraient si rien n'était fait. Détachant le kit de secours de la jeune femme pendu à sa ceinture, il en sortit du désinfectant et une pince à épiler, avant de grimacer. Jamais l'outil ne serrait suffisant pour sortir une flèche. Il se tourna alors vers ses coéquipiers qui observaient Williams avec inquiétude.

- Partez sans nous, je vais l'amener à l'abris et la soigner. On vous rejoindra dès que possible.

- On reste en contact radio, Logan, grogna Stark.

- Pas de problème, leader sans peur. Allez-y maintenant. Et ramenez le petit.

- Toi, ramène nous Williams, souffla Loki alors que le mutant acquiesçait.

Les deux hommes s'éloignèrent rapidement pendant que Logan chargeait sa coéquipière sur son épaule qui montrait déjà des signes de réveil. Il la transporta jusqu'au bâtiment adjacent alors qu'elle remuait vaguement contre son dos. Puis le mutant l'allongea sur le côté, là où il y avait le moins de poussière, et détacha doucement son gilet pare-balles pour atteindre son épaule. La sentant revenir totalement à elle, il lui souffla de s'allonger sur le ventre pour qu'il puisse la soigner.

Williams obtempéra et Logan sortit son coutelas de son fourreau en grimaçant. Il n'aimait pas soigner les gens, parce qu'il devait souvent leur faire du mal avant de pouvoir avoir une chance de les rétablir. Et ça allait être le cas ici. Déchirant lentement le tissus de la veste treillis, il atteint la blessure et le bout de l'empennage de la flèche qui dépassait. Soupirant une dernière fois, il raffermit sa prise sur le coutelas et l'approcha de la blessure pour dégager la flèche. Quand la blonde poussa son premier cri, il serra les mâchoires et s'appliqua à sa tâche.


Un fracas assourdissant retentit et tira Jim de son sommeil. Il sursauta, se cogna contre la carcasse de la voiture dans laquelle il s'était abrité, grogna un juron appris de Stark et regarda autour de lui pour tenter d'apercevoir d'où venait le bruit. Un couinement apeuré s'échappa de sa gorge – très mature pour un homme de trente ans, hein – lorsqu'il comprit ce qui avait provoqué le son horrible. Un Bifrost venait de s'ouvrir et avait écrasé les voitures qui se trouvaient en dessous. Les marques nordiques s'étalaient sur les carrosseries rouillées alors que les quatre personnes qui se tenaient à l'intérieur du cercle semblaient prendre conscience de leur environnement.

Jim fronça les sourcils, oubliant sa peur une seconde. Quelque chose clochait. Les quatre arrivants n'étaient pas armés, semblaient perdus et n'utilisaient pas la langue sifflante qui caractérisait les ennemis, mais bien de l'anglais standard avec un franc accent européen. L'adolescent retint son souffle et entreprit de se dégager du siège défoncé dans lequel il était blottit pour s'approcher des nouveaux venus. Rampant contre la poussière, il parvint finalement à se caler contre une jante près d'un pneu éventré, à moins de trois mètres des quatre autres.

Jim les détailla. Il y avait un grand homme blond avec une barbe, une femme, blonde également, et deux bruns à la peau mate. Près comme il l'était, il put tendre l'oreille pour tenter d'écouter ce qu'ils se disaient.

- … sur Midard. Comment… les trouver, maintenant ?

- ... nous a dit... cœur de la ville. On peut... magie... sort de localisation.

- Vous... sûr ? Loki... pas de nouvelles... son frère.

- Ils... besoin de nous. On est là... les aider.

L'adolescent ne prêta pas plus attention à la conversation. Il avait ce qu'il avait besoin d'entendre. Ceux-là n'étaient pas des ennemis, c'était des gens des Neuf Mondes qui venaient aider les humains. Si Tasha n'avait pas eu le temps de lui expliquer la totalité des tenants et des aboutissants de la guerre, le Docteur Banner et Andy s'en étaient chargé pour elle. Jim n'était pas ignorant, et certainement pas bête. Il savait qu'il devait les conduire à Stark. Lui saurait quoi faire d'eux.

Prenant une grande inspiration, il sortit de derrière la jante et vint se planter près des arrivants. Ceux-ci se tendirent immédiatement avant de froncer les sourcils devant son jeune âge apparent. Jim se retint de rouler des yeux. Vraiment, ça lui faisait défaut. Il devrait porter un panneau disant « J'ai trente ans, merci de votre compréhension. », peut-être que ça changerait les choses.

Les quatre étrangers le fixaient sans dire un mot, attendant sans doute de déterminer s'il était un ami ou un ennemi. Jim décida de ne pas leur en laisser le temps.

- Hey, bonsoir, je suis Jim. 'chanté de vous connaître.

Il se gifla mentalement. Il n'arrivait toujours pas à parler correctement, et ça allait franchement le handicaper dans ce cas.

- Ouais, pardon, j'voulais dire, je peux vous conduire à Loki, reprit-il.

- Vraiment ? Tu connais Loki, enfant ? demanda la femme blonde.

- Un peu que j'le connais ! J'vivais avec lui avant qu'les ennemis nous attaquent.

- Pourquoi n'es-tu plus avec lui ? répliqua l'un des bruns.

- M'ont collé au bunker Alpha, mais j'me suis tiré parce que j'voulais revoir Stark et que Norton a disparu... mais vous voyez sûrement pas d'quoi j'veux parler. On s'en fout, suivez-moi, faut pas rester dehors trop longtemps. On sait pas trop sur quoi on peut tomber.

Sans attendre de réponse, sachant que les gens suivaient en général juste par pure curiosité, Jim se faufila jusqu'à une rue adjacente où les points de guets étaient moins nombreux à cause de sa petitesse. Il enjoignit aux quatre arrivants de le suivre jusque sous un porche, puis il balaya le coin du regard pour vérifier qu'aucun ennemi ne s'approchait. Une fois sûr que l'endroit était sécuritaire, il fit signe aux autres de continuer en avant jusqu'au bout de la rue, prenant leur tête.

Jim refit mentalement le plan de l'endroit dans sa tête, repérant les rues par lesquelles il allait devoir passer pour les conduire au bunker Omega, quand un bruit de combat se fit entendre dans l'avenue attenante, suivi de voix et d'un battement régulier, comme des pas de course sur le goudron. L'adolescent sentit un fol espoir étreindre son cœur. Les ennemis ne parlaient pas, ils ne courraient pas. Ils hurlaient et se téléportaient. Ce n'était donc pas des aliens. C'était des hommes. Et quels hommes étaient assez fous pour sortir dans les rues à cette heure ?

Un sourire ravi s'étendit sur ses lèvres alors qu'il ordonnait aux étrangers de le suivre et il partit en courant vers le coin de la rue. L'exclamation soulagée qui sortit de la gorge de Stark fut la dernière chose qu'il entendit avant que Loki ne le serre contre lui de son bras valide. Puis le génie vérifia s'il n'était pas blessé, babillant des choses inutiles sur à quel point il était heureux de le voir en vie, faisant écho à Loki qui le sermonnait d'être sorti ainsi sans protection.

Mais une voix claire les coupa dans leurs monologues de sourds, faisant se figer Loki et froncer les sourcils de Stark.

- Loki ? Loki, c'est toi ? demanda la femme blonde.

- ... Maman ?