Vous savez qu'on a de la chance ? PinkBlueGreen a écrit ce fabuleux chapitre !: JE T'AIME !
-On devrait commencer par analyser chacune de nous, pour trouver qui elle représente comme personnage de Disney, énonça Amy en lançant dans les airs l'un des stylos de l'agent senior, ses deux pieds posés sur le bureau de ce dernier alors qu'elle était avachie dans sa chaise.
-Vous êtes à ma place.
-Vos crayons ont un aérodynamisme incroyable, agent DiNozzo, s'écria Amy en faisant mine de ne pas l'avoir entendu, ils volent tous seuls !
-Vous êtes toujours à ma place.
-Rabat joie…
Elle se leva avec un court soupir pour laisser Tony retrouver son assise, et s'installa contre le casier à tiroirs, les bras croisés devant elle.
Elle constata alors d'un coup d'œil englobant les autres bureaux que sa remarque avait attiré l'attention de toutes les personnes présentes. Soit Gibbs, Gwen, Pauline et McGee. Ainsi que l'agent senior qui venait de lui reprendre la place, après être revenu du rez-de-chaussée pour avoir raccompagné les visiteuses.
-Ok, allons-y, acquiesça Gibbs, incitant d'un coup d'œil l'informaticien à se lancer au quart de tour.
-On a déjà Washington Jones en tant que Blanche Neige, commenta aussitôt Timothy McGee en tapant le nom de celle-ci sur un tableau qu'il s'empressa de créer et d'afficher sur l'écran plasma, saisissant le nom du personnage face à celui de la jeune disparue.
-Sophia BlewGreen en tant que Crochet, si l'on en croit la pauvre victime qui a fait les frais de notre dingue, et les dires de mademoiselle DiNato.
-Faut pas être devin pour voir que le crochet laissé à votre victime était un message, commenta celle-ci en levant les yeux au ciel.
-Ce ne sont pas les personnages en eux-mêmes qui nous intéressent, Amy, mais ce qui les caractérisent, intervint Gwen en levant une main apaisante vers la petite boule de nerf qu'était la jeune journaliste.
Amy pinça les lèvres pour acquiescer, Pline leva à son tour un doigt en direction de Gwen.
-Il n'y a aucun doute sur ce qui peut te caractériser, Gwen. La sagesse. Tu es la plus raisonnable de nous toutes, la plus sensée. Tu es la voix de la raison. Tu es…
-Jiminy Cricket, souffla Amy en même temps que son ancienne amie et colocataire.
-La petite chose qui accompagne Pinocchio ? S'étonna Tony en observant de haut en bas Gwen. Si je peux me permettre, vous êtes bien plus jolie qu'un vulgaire insecte, Profiler.
-DiNozzo, le rappela à l'ordre Gibbs alors que Gwen lui décochait un fin sourire amusé.
McGee émit un petit claquement de lèvres, assez fort pour que les têtes se tournent vers lui. Il désigna l'écran plasma en se voyant observé.
-Je me demande si le meurtrier cible uniquement les Disney concernés par cette série, ou le domaine des contes en général. Si c'est le cas, on a un champ de possibilité plus que large, Patron. Et une multitude de lien à examiner, ce qui…
-Alors, mettez-vous au boulot, McGee, l'interrompit Gibbs en se redressant, trouvez-moi les autres connexions, anticipez les gestes de notre tueur, allez !
Il se redressa en direction de l'ascenseur, indiquant à Pline, Gwen et Amy de le suivre, pendant que les deux autres se mettaient au travail.
-Allez-vous reposer. On vous contacte.
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Un sac rose retrouva sa place sur le meuble de l'entrée, un manteau vert vola sur le dossier du canapé. Leur propriétaire se dirigea ensuite vers la cuisine, adressant un petit signe de la main au lapin nain qui venait de s'arrêter de courir pour l'observer passer, tout en frottant son minuscule museau rose de ses deux petites pattes.
Sophia Blewgreen se dirigea directement vers son placard à la recherche d'une tablette de chocolat. Elle dévora les trois premiers carrés avant de sentir ses nerfs s'apaiser. Et s'autorisa à s'asseoir au niveau du bar séparant cuisine et salon, les coudes posés sur le meuble, le menton dans les paumes.
Sa Jones venait de disparaître, et sa culpabilité de revenir au galop. Comme son envie de réparer les dégâts, avant qu'il ne soit trop tard.
Malheureusement, la solution parfaite était difficile à trouver, surtout quand un sens aigu de la panique menaçait de faire chavirer le peu de maîtrise de soi qu'elle avait réussi à conserver jusqu'à présent.
Elle enfourna un autre carré de chocolat. Et envoya un regard incendiaire vers le téléphone quand celui-ci se permis de sonner en plein milieu de sa séance de désolation / consolation. Elle décrocha sans cacher sa mauvaise humeur :
-Je n'ai ni envie de parler, ni d'acheter de tapis. Alors, lai…
-Sophia, l'interrompit Sasha d'une petite voix. C'est moi.
-Oh. Salut.
Une certaine timidité gagna la journaliste. Elle avait coupé les ponts avec beaucoup de personnes cinq ans auparavant, et Sasha en avait malheureusement fait partie. Les fois où elles discutaient étaient rares et concises, et toujours en présence de Joly. Comme dans ce bar, la veille.
Elles s'étaient éloignées l'une de l'autre. Ce qu'elle regrettait amèrement depuis le début.
-… Je t'ai trouvé bonne mine cet après-midi, énonça maladroitement Sophia en jouant avec l'emballage de la plaque de chocolat.
-Je reviens de vacances, même si j'enchaîne les longues journées depuis... Comment tu vas ?
-Ca va, Doc', répondit aussitôt la seconde en haussant vaguement les épaules. Et toi ?
-J'ai un peu peur.
-Pour Washington, comprit Sophia.
-Et toutes les autres, acquiesça Sasha. Même si nos liens ne sont plus les mêmes, elles sont toujours mes amies, et je pense souvent à elles, tu sais…
-Je sais.
-Alors tu me comprendras quand je te dirai qu'il faut qu'on fasse quelque chose pour WJ.
-Oui. Je me demande si son petit ami a été mis au courant…
-Il tourne un film pour le moment, il devrait revenir d'ici peu. Je crois que l'agent Gibbs doit aller le voir.
-Je n'aimerai pas être à sa place, Teddy est plutôt…
-Sensible, oui, confirma Sasha.
-Tu le connais ? S'étonna la journaliste en réalisant soudainement que Sasha en savait beaucoup sur la vie privée de la blondinette.
-Je suis déjà allée manger chez eux. Washington est probablement l'une des seules à avoir gardé un contact avec nous toutes...
Sophia acquiesça. Et passa une mèche derrière son oreille d'un geste un peu perdu.
-Elle voit le bon en chacun de nous, comme Blanche Neige, souffla la journaliste en sentant son palpitant s'effriter. Sash… J'ai besoin de m'aérer. Je vais aller faire un tour en ville, tu me rejoins ?
Un silence fit place au bout de la ligne. Jusqu'à ce que la médecin acquiesce d'un petit « oui ». Obligeant les deux anciennes amies à partager un même sourire rasséréné. Même si elles n'en avaient absolument pas conscience.
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Loane Ankou attrapa son jeu de clés dans sa poche et le plaça dans la serrure, repoussant la porte vitrée donnant sur son immeuble d'un geste un peu fatigué.
Elle remit son col de chemise en place et s'essuya les pieds sur le large tapis, avant de se lancer vers l'ascenseur, en direction du sixième étage.
Elle entra dans la cabine de métal et appuya sur le chiffre correspondant au niveau. Les portes chuintèrent doucement jusqu'à se fermer.
Elle se laissa aller à fermer les yeux, le dos contre le métal froid de la cabine. Ressassant les évènements de la journée et ses recherches qui étaient, pour le moment, restées vaines.
Elle rentrait chez elle pour manger, prendre une bonne douche et se donner quelques heures de sommeil, avant de repartir travailler avec son ancienne amie d'école dans les locaux du NCIS. Le manque de sommeil marquait sa vision pour la rendre trouble, et elle se savait difficilement concentrée quand elle était dans cet état.
Un soubresaut agita la cabine de métal, elle rouvrit vivement les yeux en agrippant la barre de métal courant au milieu des parois. L'ascenseur hoqueta à nouveau, deux fois de suite, elle sentit son cœur suivre le rythme de cette danse inquiétante. Et ses jambes flageoler alors qu'elle se souvenait d'une chose simple mais réelle : Rester enfermée au milieu de ce tout petit espace un peu trop longtemps était l'une de ses plus grandes frayeurs.
Elle lâcha un petit cri de frayeur quand la cabine se remit en marche beaucoup trop vite pour descendre vers le bas. Et s'agrippa le plus fort possible à la barre de métal.
C'est alors qu'elle entendit le hululement d'un loup dans les enceintes de la cabine, en lieu et place de la traditionnelle musique classique.
Son sang se figea dans ses veines, le temps sembla s'arrêter autour d'elle. Elle comprit qu'elle était proche d'être la nouvelle victime du tueur.
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Timothy McGee ne comprit pas tout de suite le sens de cet appel. Un hululement de loup pour interlocuteur n'était pas banal quand on décrochait. Mais le hululement fut vite accompagné d'un cri de frayeur, d'une voix qu'il reconnut immédiatement…
Sa stupeur ne dura qu'une légère seconde. Vite remplacé par un sursaut aussi vif que paniqué. Il saisit sa plaque et son arme au vol, et interpella les trois autres, en courant déjà vers l'ascenseur.
-Loane ! Il est en train de s'en prendre à Loane !
