Auteur : Madhatter Sekiryou ou Bel Uriel Disraeli.

Disclaimer : Les personnages suivant ne sont pas à moi !

Personnage : Roronoa Zoro

Résumé : Ces deux ans de séparation ont permis à chacun d'entre eux d'évoluer. Le temps est venu d'affronter le « présent ».

PUB: Il y a une fiction que j'affectionne vraiment, qui me fait rire et m'émerveille, alors je vous conseil d'aller faire un tour: "Dr, j'ai un problème."

Elle vient de publier un nouveau chapitre! Et c'est tout simplement génial! Sur ce, je ne vous retiens pas plus, voilà le chapitre suivant!

Titre : Voleur d'âme

Chapitre II : Douce rancune.

Le silence régnait sur le pont du Sunny, chacun vaquait à ses occupations, enfin presque. Leur cuisinier c'était de nouveau évanouit, frappé d'anémie. Voir Nami se retourner avec autant de fureur, ses cheveux roux voletant autour d'elle, sa poitrine se soulevant sous sa profonde inspiration…

Enfin, il fallait être dans la tête de Sanji pour percevoir la scène de la sorte. C'était surtout la trésorière qui menaçait Luffy de le jeter par-dessus bord s'il lui coûtait un berry de plus en nourriture. Donc, cette scène habituelle, avait suffi pour provoquer l'une de ses terribles crises d'hémorragie nasale.

Le blond était allongé dans l'herbe, Chopper avait accroché une perfusion à son bras et soupiré lourdement. C'était devenu banale, le médecin perfusant leur cuisinier. Tout le monde avait continué à s'agiter.

Le renne semblait cependant de plus en plus contrarié. Selon lui, Sanji ne faisait pas beaucoup d'effort, et il ne comprenait pas réellement comment une vision aussi peu érotique pouvait perturber aussi durablement un homme sain. Sans doute qu'il devait approfondir ses recherches.

Bouger le blond et le transporter n'étaient pas nécessaire. Il se réveillerait dans une heure ou deux et reprendrait sa tâche. Chopper ne pouvait pas rester à son chevet, il avait mis en culture un certain nombre de cellule et il devait absolument observer leur évolution durant les prochaines heures !

Inquiet il avait soulevé la question d'une âme charitable pour surveiller Sanji. Ne sait-on jamais, si le navire était attaqué qu'il ne tombe pas par-dessus bord. On n'avait pas trouvé d'âme généreuse… Mais un nakama criblé de dette avait parfaitement fait l'affaire !

Nami avait donc décrété, avec un coup de poing à l'appui, que le bretteur était le plus apte à le faire. Après tout, Zoro n'avait aucun impératif sur le navire ! Hormis soulever ses altères, manier son sabre, dormir des jours, ou pêcher paresseusement.

Ce qui explique la présence du Second de l'équipage auprès de leur cuisinier.

Le petit masque de renard avait quelque chose de ridiculement enfantin dans la main de Zoro, le bois était toujours aussi lisse sous la pulpe de ses doigts. Son esprit navigua un moment en eau trouble. Son expression était vide, puis son regard revint à la silhouette étendue. Et sa paume le démangea, la curiosité lui brûla le ventre. Le bretteur se demanda ce qui arriverait s'il posait la main sur la peau du blond.

Le lien n'avait jamais cessé d'exister entre eux. Mais le souvenir des émotions qu'ils avaient partagés juste après leur liaison l'en empêcha. L'attente avait été longue, deux années interminable. Zoro se sentait vraiment soulagé d'être là, rassuré de poser son attention sur le blond. Les traits du bretteur devinrent bien plus doux, plus tendres, avec une pointe d'amusement sur le coin de ses lèvres.

La prochaine fois Zoro lui renversera de l'eau savonneuse sur la tête. Il le poussera encore à bout en l'appelant numéro Sept pour le plaisir de le voir fulminer!

Sanji grimaça alors que la conscience reprenait ses droits. Le cuisinier fit un rapide bilan dans son esprit, cherchant ses derniers souvenirs. Puis soupirant, il ouvrit les yeux.

Un tic de colère agita immédiatement sa joue gauche.

Bon sang ! Il avait passé deux années en enfer, poursuivit par des monstres ! Et il devait encore se farcir la sale face de cet imbécile à son réveil ! Mais pourquoi on lui collait toujours Marimo aux basques ?

- Putain, va crever, connard de balafré… Marmonna avec dépit le convalescent.

Le cuisinier avait tenté de soudoyer Chopper pour qu'on lui attribue un autre boulet. Et le médecin avait accepté !

A condition qu'il augmente le nombre de séance de sa nouvelle thérapie P.T.O.N. Car, oui, Chopper avait mit en place une thérapie drastique pour réduire de moitié le nombre de saignement intempestif qui pouvait frapper leur nakama.

Et Sanji était prêt à tout pour ne pas rajouter, ne serait-ce qu'une fraction de seconde de plus de cette torture mentale !

La thérapie P.T.O.N, consistait à des sessions de visionnage dans l'infirmerie. Ces dernières ne durait qu'un quart d'heure. Tous les deux jours.

Sanji devait donc s'y rendre bon gré, mal gré, s'asseoir sagement dans une couchette, et Chopper lançait les diaporamas. De magnifique diapo'… de superbe :

Photo Traumatisante d'Okama Nu !

Et le renne avait même prévue des séances plus corsé : P.T.O.F.

Photo Traumatisante d'Okama Forniquant !

Autant dire, qu'en sortant de l'infirmerie, Sanji ne souffrait plus d'hémorragie, mais de nausées ! Chopper était devenu indéniablement plus cruel ! Disant que la nausée se soignait plus aisément, alors que les transfusions coûtaient bien plus chère. Tous les arguments qui avaient séduit leur navigatrice, et celle-ci avait aussitôt décrété que le cuisinier devait le faire.

Sanji inspira profondément, il avait besoin de fumer. Il farfouilla faiblement dans sa poche et repêcha sa boite. Se concentrant, il réussi à en serrer une entre ses lèvres. Bien ! Il ne manquait que le feu !

La main surgit dans son champ de vision, par réflexe il se tourna et éloigna sa précieuse dose de nicotine.

- Qu'est-ce tu fous connard ?! Grinça Sanji méfiant et énervé.

-Allume pas cette saloperie sous mon nez ! Rétorqua sur le même ton Zoro.

La colère bouillonna dans le ventre de Sanji.

Allongé par terre, il voyait parfaitement les traits du bretteur, ses épaules larges, sa nuque épaisse ne lui échappait pas. Sa mâchoire carrée, ses pommettes hautes, la balafre sur son œil semblait avoir été tracé à la règle.

Et dire qu'il avait eut cet homme sous lui… Juste une fois.

Parfois, il arrivait à Sanji de rêver de ce jour où Zoro lui avait gémit de le prendre comme une femme. L'idée fit remonter une vague de concupiscence dans son bas ventre. Alors qu'il ne pouvait empêcher son regard de courir le long de son torse offert par le kimono ouvert.

Quelque part, dans l'esprit du cuisinier, une petite voix orgueilleuse se réjouissait réellement. Une sorte de fierté battait dans le fond de sa gorge et lui donnait envie de rire du bretteur. Même dans cet état de faiblesse, il sentait la supériorité couler dans ses veines.

Sanji ne savait pas ce qui l'empêchait de lui siffler sa rage. De le regarder dans les yeux et de lui dire :

« Hey ! Je t'ai baisé, connard ! »

Zoro le haïssait-il ? Au final, il n'en avait rien à faire. C'était le bretteur qui l'avait cherché.

Pourtant, il suffisait qu'il pose le regard sur Zoro pour que la colère revienne. Sanji ressentait l'envie de le revoir faible. Cette brute qui se tenait là, comme un roc, imperturbable dans sa posture. Pour qui se prenait-il ?

Il alluma sa cigarette, continuant de défier son gardien.

Sanji pouvait se le permettre, après tout. C'est lui qui avait prit le bretteur ! Sur cette pensée de sadisme et d'énervement, le cuisinier tendit la main.

Ses doigts se dirigèrent vers la joue du bretteur qui se figea net.

Zoro n'avait jamais espéré quoique ce soit de Sanji ! Les émotions se bousculèrent dans son esprit. Sa respiration se bloqua même, il n'y avait que quelques centimètres entre les doigts fins, et sa joue.

- Va te faire foutre… Chantonna lentement le blond.

Sa voix était basse, juste un murmure entre eux. L'insulte était accompagné d'un sourire torve, un ricanement secoua Sanji qui ramena sa main et l'utilisa pour écarter sa cigarette et souffler doucement.

Se fut une vraie douche froide pour le bretteur. Durant un instant, Zoro sembla perdue. Puis sa mâchoire se contracta violemment. Il aurait put assommer le blond d'un seul mouvement. Pourtant le bretteur ne fit rien, si ce n'est se relever.

La neutralité la plus complète revint dans sa posture, il s'éloigna sans jeter le moindre regard en arrière.

Sanji s'arrêta, le mégot posé sur le bout de ses lèvres. Alors que Zoro partait sans prendre la peine de répondre à sa provocation. La colère se transforma en dépit, une fois la surprise passée. Depuis quand Zoro ne répondait pas à ses insultes ?

- T'es vraiment pas sympa… Grogna la voix.

Sanji se retourna, prit au dépourvue.

Luffy était assit sur la rambarde en hauteur. Il sauta de son perchoir et se dirigea vers le cuisinier qui tenta de se relever.

- De quoi tu parles Luffy ?

Le blond ne savait pas pourquoi, mais il se sentait vraiment mal à l'aise. Il avait insulté Zoro, mais ce n'était ni la première, et encore moins la dernière fois.

Bon… Il avait bien remarqué l'étrange attente que le bretteur avait eut, lorsqu'il avait levé la main. Mais il fallait vraiment être stupide et fou pour s'imaginer qu'il allait lui toucher le visage !

- Zoro s'inquiète pour toi, tu sais. Lâcha leur capitaine en le dévisageant.

Sanji ne retint pas son reniflement. Absurde ! Puis où voulait-il en venir avec toutes ces remarques ?

- Quoi ?! S'agaça le cuisinier.

L'homme élastique inclina la tête.

- Il est bizarre, y'a qu'avec toi qu'il réagit.

- De quoi tu parles ?! Sa voix monta un peu plus.

L'irritation gagnait Sanji, il ne voulait pas parler de Zoro. Luffy lui attrapa le visage et le serra entre ses mains, plongeant son regard dans celui du cuisinier comme s'il cherchait quelque chose au fond de lui. En quelques secondes la situation était devenu vraiment gênante!

- Le regard de Zoro, il change que lorsqu'il est avec toi. Fit remarquer le brun.

Il relâcha Sanji abasourdi, puis se tourna dans la direction qu'avait prit le bretteur. C'était quoi ce comportement ?Le brun fit la moue.

- Y'a quoi entre toi et Zoro ? S'enquit de but en blanc Luffy.

Sanji devint pivoine. Le brun n'avait pas rêvé tout de même ! Luffy s'était avachit juste devant la porte de la cuisine, attendant le réveil du maître coq. Puis le temps étant très long, il avait finit par observer Zoro et Sanji. Du moins, surtout le bretteur.

Luffy avait vue l'hésitation dans les gestes de Zoro, la façon dont il s'était lentement rapproché du cuisinier. Les ébauches de mouvement avorté, et sa nervosité. C'était comme si il ne pouvait pas s'empêcher. Zoro avait parut embêté, comme s'il attendait quelque chose.

- Y'A RIEN ! S'écria le blond.

L'horreur passa sur le visage du cuisinier qui avait crié. Puis c'était quoi cette question débile ?! Depuis quand leur capitaine faisait-il des sous-entendu ?

Le brun sembla réfléchir à la grande stupeur de Sanji.

- Bah… J'ai cru qu'il voulait te faire un cadeau, vous êtes fâché ? Lança Luffy qui semblait douter.

Et le bretteur avait sortie l'objet coloré qui avait attiré l'attention de leur capitaine, un sourire idiot était passé sur le visage de Luffy en voyant la gêne de Zoro. C'était… Bizarre.

Le blond écrasa sa cigarette nerveusement.

- Un cadeau ?

Le brun agita la tête de façon affirmative.

- Le masque, tu l'as pas vue ? Peut-être que je me suis trompé alors…

Les couleurs étaient vraiment très tape à l'œil et vivace. Peut-être que ce n'était pas un cadeau finalement.

Sanji c'était réveillé. Et Zoro avait eut cette réaction étrange, à un moment Luffy avait même vue son corps vaciller. Le blond avait tendue la main vers son visage, et c'était comme si le bretteur avait attendu ce geste tout le long. Le cuisinier avait échangé quelque mot avec lui…

Puis, Luffy l'avait vue sursauté et grimacer. Sanji ne lui avait pas dit quelque chose de gentil, il semblait juste… Blessé ?

En tout cas, ce n'était pas sympa ! Songea l'homme caoutchouc. Zoro avait été à deux doigts d'offrir quelque chose au cuisinier tout de même !

Le brun soupira, les yeux plissés. Il n'aimait pas beaucoup la façon dont Zoro s'était éloigné, mais il ne comprenait pas ce qui c'était passé.

- On vient juste de se retrouver, faudrait pas déjà vous fâcher. Grommela Luffy.

- Qu'est-ce tu racontes Luffy, on parle de marimo là ?! Fâcher ? Avec ce légume sur pattes ?

Grinça Sanji. Il se retint d'ajouter qu'ils n'étaient pas assez amis pour se fâcher. C'était juste… Zoro !

- Sanji.

- Quoi ? Sa voix resta prise dans sa gorge alors que la tension remontait vraiment dans sa nuque.

- Qu'est-ce que tu lui as dit ? Reprit Luffy.

Leur capitaine se sentait dépité et agacé. Depuis qu'ils s'étaient retrouvés, Zoro n'avait pas manifesté le moindre attrait ! Chopper, Ussop, Brook, Franky, Nami, Robin, et même Sanji, tous les membres de l'équipage avait cherché à savoir ce qu'était devenu les autres. Ils passaient encore énormément de temps à discuter à table ! C'était l'euphorie et la joie !

Mais Zoro restait là, assit. Il rigolait aussi, buvait, lançait quelque pique. Sauf… C'était comme si le bretteur était retenu quelque part. Il n'y avait que lorsqu'il répondait à Sanji que le corps de Zoro réagissait.

- Luffy, c'est QUOI ton problème ? S'énerva le cuisinier.

L'interrogatoire lui mettait les nerfs à vif. Il voulait juste continuer à détester marimo tranquillement. La colère sourde du blond désarçonna le brun qui écarquilla les yeux.

Sanji fulminait, ses lèvres étaient serrées étroitement. Sa mâchoire grinçait sous ses dents, et il semblait à deux doigts d'exploser réellement.

- Bah… Rien, j'ai rien, t'es sûr que ça va ? S'inquiéta un peu Luffy.

Non, cela n'allait pas du tout ! D'abord, il se réveillait avec ce connard à tête verte ! Ensuite Luffy venait lui faire tout un pitch rocambolesque sur le bretteur ! Il insultait Zoro autant qu'il le voulait ! Qu'est-ce que ça pouvait lui foutre ?!

- Ne me parle pas de Zoro, merde ! Cracha-t-il avec difficulté.

Quoi ? Il voulait qu'il soit plus compréhensif avec le bretteur ? Sainte Mère de Dieu !

- Branleur de bretteur ! Siffla Sanji en savourant chaque syllabe.

Un rictus passa sur les traits du blond qui ne savait pas comment tirer de son esprit la vision du torse qui y flottait. Le cuisinier savait comment était le soit disant futur meilleur épéiste du monde !

- Connard finit ! Grinça-t-il en allumant une autre cigarette.

Se relevant, Sanji décida qu'il devait aller finir le repas.

Et comme le voulait la loi universelle de Grand-line… Luffy lui emboîta le pas. Bien sûr ! De la même façon qu'une tartine beurrée tombe toujours du côté de la garniture ! Luffy suivra toujours le cuisinier jusqu'au fourneau ! C'était immuable !

- Vous vous êtes fâché ?

Ah. Fallait-il ajouter que Luffy poserait toujours la pire question au pire moment ?

Sanji sentit un véritable vertige de rage le traverser. Le sang monta furieusement dans sa tête, son corps se figea sous la brusque pression de l'adrénaline. Le brun ne comprenait vraiment pas ce qu'il disait ?

L'envie de meurtre suffoqua le blond.

- J'suis certain que Zoro est désolé, ça va aller… J'ai faim Sanji ! Tu prépares quoi pour ce midi ?

Se disant, leur capitaine se hissa à l'aide de ses bras jusqu'à la porte de la cuisine. Salivant déjà sur le bois du battant en reniflant l'air.

Désolé ? Cette algue pouvait se sentir le plus désolé de la planète ! Cela ne changerait jamais rien à son égard ! Et puis de toute façon, Luffy déraillait !

- LUFFY ! DEGAGE ! TU N'AURAS RIEN AVANT LES AUTRES ! Hurla Sanji furieux.

- Mais, Sanji ! Je vais mourir moaaaaaah ! Geignit leur capitaine en se tournant vers lui.

L'homme caoutchouc se laissa tomber à genou.

- Je suis si faible ! Regarde ! Je… Tiens… Pas…

Nan, mais c'était quoi ce cinéma ? Sanji n'allait pas gober cette idiotie !

...

C'est au bout d'un quart d'heure, d'une demi-douzaine de coup de pied, de quatre ananas que le cuisinier put prendre ses fonctions. Luffy pleurant se prit la porte sur le nez.

Des ananas, Sanji était devenu un sang cœur ! Il lui avait donné des ananas ! ça ne ressemblait même pas à de la viande ! Même de loin, dans le noir, les yeux fermés Luffy ne pouvait pas confondre de la viande et des fruits !

La colère ne retombait pas dans l'esprit de Sanji qui rattrapait son retard en coupant les légumes par quatre. Ce qui le mettait dans cet état c'était que le bretteur l'agaçait prodigieusement ! Tout chez lui l'exaspérait !

Zoro était fourbe ! Faux ! Idiot !

Puis c'était quoi ce look de branleur ?! Ce putain de kimono qu'il portait comme si c'était la tenue la plus normal du monde !

Ah bah ! C'était superbe ! Maintenant, il ne mettait même plus de pantalon ! Sans doute que c'était plus facile de se faire prendre dans cette tenue !

Le cuisinier écarta la main de justesse et repoussa les légumes en inspirant. Voilà, il en revenait à l'idée de « prendre » et de « marimo » dans la même phrase.

- Et MERDE ! Rugit Sanji en plantant son couteau dans le plan de travail.

Zoro n'avait rien à attendre de lui, jamais ! Bien sûr que le blond avait capté son regard quémandeur lorsqu'il avait tendue faussement sa main vers lui ! Zoro ? Quémandeur ? Ce n'était qu'une putain, oui !

Cette pensée bourdonna dans l'esprit de Sanji, il porta la main à ses lèvres. Écarquillant les yeux, il remarqua que le sang perlait de son nez, puis siffla. Ah, non! Il n'allait pas se mettre à saigner du nez maintenant, et pour lui de surcroît!

Vite, il devait arrêter ça ! Sinon Chopper allait le ligoter à l'infirmerie ! Le cuisinier ferma les yeux, imaginant … La nausée remonta ! Beurk ! Des okamas ! Une armée d'okama lui courant après. STOP !

Bien maintenant, il devait respirer lentement, la sueur perlait sur son front. Il jeta les légumes dans la viande, referma le couvercle. Puis se laissa glisser contre le meuble.

Il avait perdu trop de sang, il n'aurait pas dû se relever aussi vite. Sanji se sentait hébété.

Le cuisinier se passa une main dans les cheveux, déconcerté de penser encore au torse du bretteur. Puis se sentit stupide…

Zoro portait un pantalon en général sous son kimono. En général. Sauf que là… Sanji avait très bien vue que ce n'était pas le cas !

Exhibitionniste ! Grinça le blond dans son esprit.

Comment le bretteur osait-il se tenir aussi près de lui dans cet état indécent ? Alors il pouvait quémander comme le chien galeux qu'il était ! Il n'aura rien !

Sanji avait envie de le frapper, de le rouer de coup en lui disant qu'il n'avait pas à faire semblant d'être indifférent et froid ! Nul besoin de montrer à demi son corps, de jouer la paresse en somnolant faussement sur le pont !

Le gout était amer dans sa bouche, il renifla réellement en grinçant des dents. La vérité c'était qu'il ne supportait pas la frustration qu'éveillait en lui le bretteur. La vision de sa peau halé qui lui rappelait qu'il l'avait touché.

Et Sanji savait au fond de lui qu'il attendait, qu'il voulait vraiment que ce connard le lui redemander encore. Qu'il le supplie de le prendre en gémissant. Alors, cette fois-ci il savourera vraiment, il le prendra au point de le faire chialer de plaisir, il le baisera au point que tous liront qu'il aimait ça, sur son corps !

Son véritable enfer… C'était qu'il avait passé deux ans à s'imaginer comment il lui ferait mal en prenant son pied. Deux longues années à attendre le moment propice, où il pourrait dire à ce connard finit ce que l'autre lui avait craché :

« Dégage, t'as eut ce que tu voulais, non ? Maintenant dégage ! »

Sanji se l'était juré ! Il allait faire l'autre rampé plus bas que terre ! L'humilier si profondément qu'il ne pourrait plus se relever, anéantir la moindre once de fierté ! Zoro serait sa putain de chose ! Et il le jettera lorsqu'il en aura finit.

Sur cette saine pensée, le blond se releva, revigoré. Il devait finir le repas.

De son côté, Zoro somnolait étrangement. Sa tête dodelinait un peu. Il grommela dans sa barbe et s'installa un peu mieux dans le coin. Il ne devait pas s'endormir, sinon il allait rater le repas.

La douleur courut de façon diffuse dans la partie gauche de son torse, il serra le masque servant de barrière. Tant pis pour le repas, il mangera plus ce soir !

Le bretteur ferma l'œil, rasséréné.

C'était déjà un souvenir qu'il gardait, de derrière ses paupières il revoyait la main tendue dans sa direction. Une main qu'il avait toujours voulut voir ainsi. Une sorte d'euphorie stupide lui rempli le ventre. Sanji avait-il seulement comprit ce qu'il faisait à ce moment là ? Lui tendre la main ? Quelle folie !

Non. L'impulsion de leur lien menait sa conscience. C'était primordial, instinctif, il avait besoin de s'assurer que Sanji était bien là, et le blond devait éprouver la même chose sans doute.

Ce n'était pas agréable, de sentir le besoin lui tenailler de l'intérieur. Ses paumes le picotaient en continuent. Zoro avait envie de griffer la peau blanche, de planter ses dents dans sa chair, d'écraser ce corps mince. Il claqua des dents et rigola doucement.

L'odeur de tabac l'accompagnait maintenant, mais il pouvait s'en contenter. Après tout… Sanji n'avait jamais été aussi près de lui. Et le bretteur était patient.

Ils finiraient par se battre de nouveau, tôt ou tard, il pourrait goûter son sang.

...

...

And that' s all?

Voici le chapitre deux! Nos deux nakamas sont encore très loin l'un de l'autre.J'avoue Sanji fait vraiment... Teigneux et profondément mauvais. Et l'équipage des Mugiwara devra composer dans ce nouveau jeu de fausse rancune qui s'installe... Qui gagnera le combat?

Prochain chapitre III: Cœur de pierre.

" Le silence tomba. Luffy se tourna vers Nami.

- Voilà ! C'est fait ! J'ai désigné quelqu'un pour la garde !

- Comment ça ? Tu te fiches de moi ?! La rousse se leva brutalement.

- Tu m'as dit que je devais absolument faire un choix, celui qui est tombé à l'eau c'est celui qui garde le bateau ! Trancha l'homme caoutchouc.

Elle déchira le journal qu'elle lisait. Nami se rua dans sa direction.

- Luffy ! Je ne t'ai jamais dit d'essayer de tous nous jeter par-dessus bord pour désigner celui qui restera sur le bateau ! ESPÈCE DE MALADE MENTAL ! Et si ça avait été Robin, Chopper ou Brook qui était tombé ! Tu les aurais tués !

Tout à coup, les dix dernières minutes sur le Thousand Sunny Go étaient beaucoup plus compréhensibles.

- Mais non ! Personne ne va mourir ! D'ailleurs c'était une bonne idée de jeter un boulet, on devrait faire un concours. Celui qui touche celui qui est dans l'eau gagne ! Sanji ! Tu as gagné ! s'écria Luffy en se tournant vers le cuisinier.

- LUFFY ! Jeter ses nakamas par-dessus-bord et les bombarder avec des boulets n'est pas un jeu ! Hurla Nami.

Leur capitaine dévisagea la navigatrice longuement.

- Ça veut dire que c'est pas Zoro qui garde le bateau ?

Silence, Nami ouvrit de grands yeux.

- J'vais le tuer. Lâcha froidement la rousse."