Auteur : Madhatter Sekiryou ou Bel Uriel Disraeli.
Disclaimer : Les personnages suivant ne sont pas à moi !
Personnage : Ronronoa Zoro
Résumé : Ces deux ans de séparation ont permis à chacun d'entre eux d'évoluer. Le temps est venu d'affronter le « présent ».
Voici un nouveau chapitre! J'espère ne pas vous décevoir!
/ Warning\
Les personnages peuvent paraître OOC ! Notamment Sanji, je préfère le préciser car il tient des propos assez dur.
Titre : Voleur d'âme
Chapitre III : Cœur de pierre.
Sanji laissa son regard glissé sur l'assistance. Il faisait bon sur le pont, et tous ces nakamas avaient l'estomac plein. Son travail de cuisinier avait été accompli dans les règles de l'art.
Pourtant, le blond ressentait comme un élancement aigue dans sa tempe gauche. C'était juste là. Pulsant et frappant dans sa boite crânienne. Sanji avait découvert qu'il grinçait des dents à cause de sa nervosité.
Plus précisément à cause de sa rage. Car le cuisinier était furieux, et cela en permanence ou presque. Sauf lorsqu'il était au fourneau, ou en train de servir les femmes de l'équipage. A ces moments, il se sentait calme et paisible.
Le gout était âcre, comme une remonté acide dans sa trachée. Sa bouche avait quelque chose de pâteux. Alors, Sanji alluma sa nouvelle cigarette pour se distraire…
Il inspira profondément, son cœur se calma un peu. Puis tout à coup la colère revint, mêler de sadisme et de frustration.
Ce connard faisait semblant de somnoler sous son nez ! Cet imbécile de bretteur était avachit sur une caisse vide, et n'avait même pas daigné relever sa tête pour observer les collations que Sanji avait fait pour tout le monde !
Zoro ne faisait rien de spécial… Il dormait.
Puis il foutait quoi de ses nuits pour dormir autant en plein jour, hein ?! Un sourire de requin monta sur le visage du blond, une flamme inquiétante brûla dans son œil.
- Hey ! Le borgne ! Qu'est-ce tu fous ?! Grinça Sanji avec brusquerie.
Ussop inclina la tête, Luffy ricana et Nami soupira très fort.
Borgne ? L'appellation fit sursauter Robin, intrigué par la portée que pouvait avoir un tel adjectif. Aucun d'eux ne savait dans quelle condition Zoro avait perdu son œil.
Une part de Sanji voulait réellement provoquer le bretteur. Plus que de la provocation, il bouillonnait de l'envie de se battre. Zoro devait dormir vraiment profondément…
Puisqu'il ne répondit pas.
Sanji et Zoro se cherchaient continuellement, dû moins le blond ouvrait les hostilités et Zoro s'embrasait ! En quelques enjambées, le cuisinier se retrouva à la hauteur du bretteur.
Zoro ne dormait pas ! Sanji le savait ! Pourquoi ?
Eh bien, parce que Zoro ne dormirait jamais dans cette position stupide ! Le coup de pied qui partit aurait pu lui fracturer quelque chose ! Notamment des côtes, car Sanji avait levé la jambe assez haut pour cela.
Cependant, à la même seconde la garde du katana immaculé arrêta l'attaque. Zoro soupira en grognant, sa tête s'ébranla sur ses épaules et il se tourna avec lassitude et dédain vers le cuisinier.
C'est vrai, il ne dormait pas. Et il n'allait pas répondre à l'insulte du blond car il ne se sentait pas concerné. Sanji avait vraiment du mal à se contenir de toute évidence.
Les minutes qui passèrent furent très courtes.
A ce stade, on aurait pu penser à un automatisme. Sanji inspira d'un mouvement fluide il rabaissa la jambe et l'utilisa comme appuie. Bascula sur le côté et shoota avec virulence dans la caisse sur laquelle Zoro était assis.
Le support explosa littéralement, la surprise marqua le visage du bretteur prit au dépourvu qui s'étala par terre !
Son corps resta quelques secondes sur l'herbe, Zoro poussa sur ses avants bras et ses jambes pour s'éloigner du blond.
Eveillé, souple, réactif, il y avait comme de l'amusement dans son sourire orgueilleux.
Il y a quelques jours en arrière, Zoro aurait répondu un :
« Tu veux te battre, stupide ero-cook ? »
Mais il n'avait plus besoin de lui poser cette question, c'était même une évidence ! Ils n'avaient pas besoin de se parler pour s'insulter ! Petit mouvement de tête reniflant de Zoro, Sanji écrase son mégot de cigarette sous son talon. Et voilà !
- STRIKE ! Hurla la voix très connu.
Le cœur de Sanji s'arrêta, Zoro se tourna trop tard vers la source. Ussop se jeta par terre, imité par Chopper, Franky et Brook ! Robin bondit de son transat avec souplesse, Nami s'écarta sur sa gauche.
Et quelques secondes plus tard, leur capitaine revenant comme un yoyo passa à grande vitesse ! Luffy faucha le transat' de l'archéologue, ce qui au passage ébouriffa les cheveux de Nami. Il effleura les cheveux bleus de Franky et percuta de plein fouet le bretteur qui valdingua comme une quille !
Le transfert d'énergie cinétique fit que le capitaine au chapeau de paille se retrouva debout à la place de Zoro. Rigolant en se tenant la tête, Luffy essayait de se tenir droit.
Une expression de pure joie rayonna sur les traits de Sanji.
- T'es génial Luffy !
Zoro était passé par-dessus bord, et sanji avait cessé de réfléchir. Il se rua vers la rambarde, avisant des boulets de canon rangés, il en ramassa un.
- HOY ! CONNARD ! Hurla le cuisinier.
Qui prit son élan, en fixant l'eau. Puis jeta avec force l'arme, il se hissa sur le bord et mit la main sur son front pour mieux voir.
Sanji soupira de soulagement, il ricana.
- Pourquoi j'y ai pas pensé avant ?! Marmonna-t-il pour lui-même.
Ussop se releva d'un bon, de même que les autres. Vraiment choqué, il trébucha vers Sanji et regarda à son tour.
- T'es malade ! Tu lui as jeté un boulet sur la tête ! S'exclama le tireur.
- Ouais ! Et j'l'ai eu du premier coup ! S'extasia Sanji en souriant.
Le tireur pointa du doigt dse remous de bulle blanche. Le blond fit quelque chose d'effrayant, il tapa dans ses mains et se mit presque à sautiller sur place.
- Il a fait une tête lorsque je l'ai appelé ! Dis Luffy ! Ça pourrait-être une super attaque ! Lâcha le cuisinier euphorique.
Puis le sourire de Sanji se fana. Ah, cela avait été si drôle... Et dire que cet idiot allait s'en sortir.
- TU L'AS TUE ! Hurla le métis en attrapant le rebord.
Tout en cherchant le moindre signe, alors que les bulles arrêtaient.
- Non… Pas encore. Grogna Sanji déconcerté en cherchant une autre cigarette.
- ALORS POURQUOI IL REMONTE PAS ?! ZORO ! Rugit Ussop.
Il bouscula un peu le cuisinier et sauta par-dessus bord. Sanji se sentit contrarié, il fusilla Ussop qui venait de remonter à la surface.
- Oh ça va… C'est juste un petit boulet de… Mais qu'est-ce tu fous ?! Laisse ! Lança le blond.
Franky lança l'échelle de corde en jurant dans sa barbe, Nami se pinçait le nez en canalisant sa colère… Et Luffy réajusta son chapeau.
Le métis allait lui gâcher son plaisir ! Il fallait bien plus pour avoir la peau du bretteur de toute façon ! Sanji le fusilla alors qu'il refaisait surface.
- Ce connard à trancher le boulet avec son katana ! Arrête de perdre ton temps à…
Franky jeta par-dessus bord l'échelle de corde en secouant la tête. Luffy pencha la tête en observant le fourreau à ses pieds. Le katana du bretteur était sur la pelouse, et lui dans l'océan.
- Bah… Il est où Zoro ? S'enquit l'homme caoutchouc.
Se disant, il ramassa l'arme.
Ussop remonta à la surface, tenant contre lui la dépouille assommé. Le reste de l'équipage arriva très vite à la hauteur du tireur pour l'aider. Deux douzaines de paires de bras vinrent en soutient. Zoro recracha de l'eau de mer en toussant, tout était devenu sombre durant quelques secondes. Les mains qui le tenaient le dérangeaient un peu, mais il se sentit vraiment mieux lorsque son corps s'échoua dans l'herbe sur le pont. Chopper arriva avec sa trousse, il le suréleva puis lui tapa dans le dos pour l'aider à débarrasser sa gorge du reste d'eau.
Mais qu'est-ce qu'ils avaient tous à faire un drame pour si peu ! Il s'agissait juste du bretteur ! Ce n'est pas comme s'il avait vraiment risqué de mourir ! C'était de la vermine à l'état pur, à moitié démon ! Ce n'est pas un vulgaire petit boulet de plomb qui l'aurait envoyé dans l'au-delà !
Le renne vérifié déjà les réflexes du bretteur qui grogne.
BABOUM ! Sanji se fige.
BABOUM ! La douleur monte en flèche dans son thorax et se répand dans tout le haut de son corps.
BABOUM ! Le monde devient flou sur les bords.
Sanji ouvre la bouche un instant, l'insulte qui lui brûlait les lèvres se meurent dans la plainte qui la remplace. A l'intérieur de sa poitrine, son cœur palpite follement et dérape. C'est douloureux comme si on tenait l'organe dans un étui trop petit.
Le blond inspire, ses jambes ont lâchés et ses genoux s'écrasent sur le sol. Le choc lui remonte dans le cerveau et il grogne à son tour.
Personne n'a vraiment compris, mais le cuisinier c'est effondré sur lui-même violemment. Il attrape l'avant de sa chemise et sert le tissue.
OH PUTAIN ! Quoique ce soit, ça fait sacrément mal !
Mais cela n'a duré que quelques secondes, déjà la souffrance s'estompe. Le monde n'a plus vraiment de couleur, ni d'odeur. Sanji ferme les yeux, inspire doucement. S'il avait su, il aurait jeté un deuxième boulet à cet imbécile d'algue !
Zoro se tourne vers le blond. La panique l'a gagné, et sa main cherche frénétiquement ce qui devrait rester dans son obi. Là ! Le masque de renard traîne par terre, dans l'herbe. Il saisit ce dernier et le sert tout en le rangeant à sa place.
Puis son attention revient sur Sanji. Chopper est déjà à son chevet et lui demande où il a mal. Le cuisinier ne répond pas, mais Zoro croise son regard. Sanji sait que ça vient de lui.
Aussi fou que cela puisse paraître, il en est certain. Ce connard lui avait fait quelque chose. Le cuisinier se sentait faible, ses membres inférieurs ne répondaient plus. Il n'arrivait pas à desserrer la mâchoire.
- Sanji, tu es encore conscient. Ressens-tu une douleur quelconque ? Questionna le médecin.
Le blond secoua lentement la tête de façon négative. Chopper souffla de soulagement, puis se tourna vers Zoro qui finissait de rassurer Ussop.
- C'est du délire ! Vous êtes tous de grand malade ! Luffy ! On peut savoir ce qui t'a pris ? S'insurgea le métis.
Le capitaine pointa Zoro du doigt.
- Tu garderas le navire à notre prochaine escale ! Ordre de ton capitaine ! Lança Luffy avant de mettre les poings sur les hanches.
Le silence tomba. Luffy se tourna vers Nami.
- Voilà ! C'est fait ! J'ai désigné quelqu'un pour la garde !
- Comment ça ? Tu te fiches de moi ?! La rousse se leva brutalement.
- Tu m'as dit que je devais absolument faire un choix, celui qui est tombé à l'eau c'est celui qui garde le bateau ! Trancha l'homme caoutchouc.
Elle déchira le journal qu'elle lisait. Nami se rua dans sa direction.
- Luffy ! Je ne t'ai jamais dit d'essayer de tous nous jeter par-dessus bord pour désigner celui qui restera sur le bateau ! ESPECE DE MALADE MENTAL ! Et si ça avait été Robin, Chopper ou Brook qui était tombé ! Tu les aurais tués !
Tout à coup, les dix dernières minutes sur le Thousand Sunny Go étaient beaucoup plus compréhensibles.
- Mais non ! Personne ne va mourir ! D'ailleurs c'était une bonne idée de jeter un boulet, on devrait faire un concours. Celui qui touche celui qui est dans l'eau gagne ! Sanji ! Tu as gagné ! s'écria Luffy en se tournant vers le cuisinier.
- LUFFY ! Jeter ses nakamas par-dessus-bord et les bombarder avec des boulets n'est pas un jeu ! Hurla Nami.
Leur capitaine dévisagea la navigatrice longuement.
- Ca veut dire que c'est pas Zoro qui garde le bateau ?
Silence, Nami ouvrit de grands yeux.
- J'vais le tuer. Lâcha froidement la rousse.
Chopper se tourna vers eux.
- Sanji vient de perdre connaissance. Je crois qu'il n'a pas supporté de voir Nami furieuse. Il va sans doute faire une autre hémorragie.
Ussop jeta un regard circonspect dans la direction de leur médecin croyant déceler de la lassitude dans sa voix candide. Puis le renne c'était mis à marmonner quelque chose à propos de séance et de photos que le tireur ne comprit pas vraiment.
- Comment te sens-tu Zoro ? Relança Chopper.
Le bretteur grogna en levant une épaule, leur médecin acquiesça alors qu'il semblait devenir pensif.
- Je vais faire un tour à la pharmacie, je reviens. Que quelqu'un garde un œil sur Sanji durant mon absence ! Lâcha le médecin.
Nami attrapa leur capitaine par l'oreille, tirant douloureusement. Ussop grimaça en reculant, baragouinant qu'il venait de se souvenir qu'il avait quelque chose à faire.
Franky argumenta dans le vide sur l'importance de vérifier la cale, puis s'éclipsa. Brook partit en chantonnant…
Aucuns des garçons ne voulaient être mêlé à l'engueulade que la navigatrice allait passer à Luffy. Robin soupira, referma son livre en cachant son agacement, informant qu'elle serait à la bibliothèque.
Et c'est de cette façon que le pont se retrouva quasiment vide. Laissant les deux plus grands ennemis entre eux. Zoro grimaça furtivement.
Il avait trop baissé sa garde. Mais Sanji était si proche qu'il n'avait même pas réalisé la présence de leur capitaine. L'inquiétude tarauda le bretteur, il se demanda un instant ce que le blond avait ressenti. Fichu masque !
C'était vraiment plus fort que lui. Il devait s'en assurer… Ce lien jugulé entre eux le tiraillait. Zoro se sentit un peu soulager que le reste de l'équipage ne traîne pas dans les parages. Il ne lui fallait pas grand-chose, juste vérifier que l'autre respirait encore. Même si le contraire était tout simplement stupide.
Le bretteur avait besoin de sentir… Juste un peu, une fraction de seconde, la chaleur de sa peau contre la sienne. Sanji n'avait rien, il le voyait bien. Mais Zoro ne put s'empêcher de se diriger vers lui, de s'approcher bien trop près. Il aurait voulut parler, sans savoir quoi dire. Peut-être s'excuser ? L'odeur de ces maudites cigarettes lui avait manqué.
La main du bretteur se leva vers les mèches blondes, alors qu'il retenait sa respiration. Juste un petit contact, du bout des doigts. Le désir lui noua la gorge, alors qu'il n'arrivait plus à détacher les yeux des lèvres du cuisinier.
- Qu'est-ce que tu crois foutre, connard ! Grinça la voix du blond.
Zoro se jeta en arrière. Il ressentait bien la colère et la rage de son nakama. Sanji avait la respiration un peu courte, il se passa difficilement la main sur le visage. C'était la première fois que cela lui arrivait, il avait un étrange pressentiment.
- Dégage, touche à un seul de mes cheveux et je te crève, enflure. Poursuivit d'un ton rauque Sanji.
Le trouble disparut du visage du bretteur, pour laisser la place à sa neutralité habituelle.
- Et puis, j'te baiserai pas même si t'étais le dernier trou d'l'humanité. Rajouta-t-il.
Sanji le fusilla, Zoro écarquilla son œil valide de stupeur. Une vague de satisfaction malsaine monta dans la gorge du blond. Il l'avait enfin touché ! Cet imbécile de bretteur ne pouvait plus rien nier. Le sang monta dans la nuque de ce dernier.
Chopper laissa tomber sa trousse au sol, et se précipita vers eux.
- Zoro ! S'écria le médecin.
Le renne le sentait parfaitement, cette odeur de solitude et de souffrance émanait du bretteur. Celui-ci écarta fermement Chopper.
- Occupes-toi de lui. Grinça le bretteur d'une voix rauque elle aussi.
Tout en parlant, il se remit debout tant bien que mal. Cependant, son pas sembla plus lent et difficile. Le médecin chercha de l'aide auprès du cuisinier.
- Sanji, dis lui de…
- Tss… Inutile. Coupa Sanji d'un ton acide.
Pour la seconde fois le bretteur sursauta et se figea. Chopper se raidit, écarquilla les yeux et dévisagea un instant Sanji.
D'où ils étaient, aucun des deux ne pouvaient voir la grimace qui passa sur le visage du bretteur. Décidément, c'était vraiment amer, il détestait toujours ce gout… La défaite. Zoro n'était pas assez stupide pour sous-estimer le cuisinier.
Mais il était vrai que la souffrance était cuisante, lorsque Sanji perçait ses défenses avec ses mots mordant. Le blond était un repère qu'il le sache ou pas, celui vers qui Zoro se tournait désormais. Et le bretteur ressentait parfaitement les limites qu'ils y avaient entre eux.
Zoro avait été égoïste ce jour-là, il avait manipulé son nakama, il c'était penché et s'était abreuvé de son âme. Sanji avait été à lui, comme il ne le serait jamais à personne. Il savait qu'il l'avait marqué au fer rouge, que le blond ne pourrait plus jamais éprouver quelque chose d'aussi fort avec qui que ce soit.
Et s'il ne c'était pas contenu, le bretteur l'aurait sans doute brisé. Il l'aurait rendu entièrement esclave, dépendant. La main de Zoro se porta à sa balafre, il chassa ses pensées en grinçant des dents.
A quoi lui servait sa force et sa puissance, s'il ne pouvait pas contenir son sang ? Sanji s'était effondré parce qu'il avait été distrait. Parce qu'il n'avait pas sût rester maître de sa souffrance. Alors, l'émotion avait glissé par la porte entre-ouverte de leur lien. Il avait suffi de quelques secondes, que le masque s'échappe de sa prise… Et le cuisinier était tombé comme une poupée de chiffon.
Le cuisinier avait raison quelque part de le repousser avec cette virulence. Sanji avait sans doute conscience du mal qu'il lui faisait. Après tout, ce qui l'avait poussé à se jeter sur le blond était la hargne qu'il éprouvait envers les autres.
Zoro avait voulu d'un combattant, d'un rival. Il ne pouvait pas espérer autre chose que des coups et de la rage de son sigisbée. Il avait attrapé son âme sans se soucier de ce qu'il désirait, ressentait, il n'allait pas se sentir meurtri de ne pas posséder son cœur.
Et de toute façon, qu'en aurait-il fait ?
Après tout, Sanji n'avait rien d'autre à offrir de plus qu'un cœur de pierre. Et encore… Zoro n'était même pas un homme. Aux yeux de Sanji, il devait être bien pire qu'un moins que rien. Cette pensée heurta le bretteur, elle émergea avec force.
C'était étrange de voir le Second de l'équipage ainsi figé, perdu dans ses réflexions. De la haine… Sanji éprouvait une haine profonde et violente pour lui. Son poing se serra, alors qu'il se sentait foudroyé par cette révélation.
Bien sûr, on ne pouvait pas ressentir autre chose pour quelqu'un comme lui. Une sorte de ricanement éperdu le secoua, Zoro repoussa les émotions qui voulaient l'envahir. Songeant que cela venait de nouveau de son sang de voleur d'âme de désirer ainsi le blond.
De toute façon, il n'était pas digne. Le bretteur le sentait dans chaque fibre de son corps, surtout après le crime qu'il avait commis.
Pour la mémoire de Kuina, il n'y avait pas de salut. Il lui avait arraché sa vie, le repos de son âme était une bien piètre consolation. Célia aurait été ravie, il avait mérité ce qui lui arrivait. Ne lui avait-elle pas souhaité l'obscurité la plus totale ?
Il deviendrait encore plus puissant, encore plus fort. Jusqu'à ce que la pénombre même n'est plus d'importance ! Jusqu'à ce que le froid n'est plus de prise. Jusqu'à ce qu'il puisse se séparer de Sanji et de tous les autres sans les blesser.
Zoro se jura de ne plus jamais être aussi faible que le jour de sa confrontation contre Nia.
…
Chopper soupira, il tapota sur la feuille avec son crayon. Jetant un coup d'œil au blond qui était assis sur une couchette en face de lui. Le soleil entrait pas la fenêtre de l'infirmerie, et venait éclairer le cuisinier.
Sanji continuait d'observer avec appréhension le médecin, attendant que celui-ci prenne la parole. Ce n'était pas bon signe, Chopper le fixait ainsi depuis presque un quart d'heure.
Les constantes de Sanji étaient normales, il avait retrouvé sa mobilité. Le renne se dit qu'il devait sans doute réviser de nouveau son diagnostic. Le dossier médical du blond était à remettre à jour, il y avait des changements au niveau de sa pathologie.
- Quoi ? Finit par lâcher le cuisinier à bout.
Chopper sursauta, releva la tête en plissant les yeux.
- Quelque chose ne va pas avec moi ?! Pourquoi tu dis rien ?! S'inquiéta vraiment le blond.
Chopper ouvrit la bouche, sa pensée était à deux doigts de fuser hors de ses lèvres. Bien sûr que quelque chose n'allait pas ! Il se vidait de son sang presque quotidiennement, et cette hémophilie allait vraiment le tuer, s'il ne trouvait pas une autre alternative que celle de le transfuser.
Le renne posa son dossier. Mais cela, il le lui avait déjà dit. Ils en avaient discutés et rien ne ressortait. Non, ce qui préoccupait Chopper était autre chose. Le médecin se devait de rester objectif, toujours, cela pour le bien de son patient.
Parfois cependant, il avait vraiment du mal à ne pas être un tantinet vindicatif. Cela n'allait pas du tout ! Bon sang ! Il faisait du mal à Zoro !
Chopper referma la bouche, il devait réfléchir à ce qu'il pouvait faire. Durant ces deux années, il avait eu accès à une quantité phénoménal de savoir empirique et théorique. Il c'était penché sur le cas particulier des « Voleurs d'âme ».
Il n'y avait pas d'ouvrage à proprement parlé, juste une quantité d'articles et de témoignages disparates.
Et de ce qu'il avait vu aujourd'hui… Cela n'allait pas du tout. Son nouveau silence porta encore plus sur les nerfs le cuisinier.
- Chopper ! Merde ! Dis quelque chose !
Le renne sursauta, la contrariété marqua son visage. Il sauta de sa chaise et se dirigea vers Sanji, qui avant qu'il ne comprenne… Reçu un violent coup de sabot dans le genou.
Glapissant de douleur, Sanji attrapa son membre et écarquilla les yeux de stupeur. C'était la première fois que le renne se montrait violent avec lui, sans raison.
Sanji était définitivement trop stupide pour son propre bien et celui de Zoro !
Le médecin avait enfin identifié avec qui le bretteur c'était lié, une fois avoir acquis un certain nombre d'information. Sanji était le seul à s'être retrouvé avec lui, et puis la couleur bleu azur de ses yeux était la preuve la plus flagrante.
Le médecin soupira, se pinça son nez bleu en fermant les yeux.
- Tu me fatigue Sanji. Lâcha Chopper en retournant à sa place.
Quoi ? Et c'était tout ?!
- Chopper… Tu viens de me frapper ! S'indigna le blond.
- Et alors ?! T'as fait pareil à Zoro ! Grinça le renne.
Sur cette réponse, Sanji demeura stupéfait. Ah bah ! C'était nouveau ça !
- Qu'est-ce qu'il vient foutre dans cette histoire marimo ? Grogna Sanji en posant sa main sur son autre genou.
Craignant des représailles, il fusilla un peu le médecin. Chopper soupira.
- Il y a visiblement un grave problème de communication dans votre relation. Sanji… Je ne plaisante pas, il est plus que nécessaire que cela cesse. C'est dangereux, néfaste et malsain. Asséna avec fermeté Chopper.
Hein ? Le cuisinier n'en croyait pas ses oreilles.
- De quoi tu parles ?!
Chopper tapa son sabot droit sur la table.
- Sanji ! Zoro est un sang-mêlé ! Il est à moitié Voleur d'âme ! Tu pourrais le tuer si tu ne fais pas attention à ce que tu lui dis !
Ah ! Ça, c'était une sacrée bonne nouvelle ! Le blond sentit un sourire extatique lui monter sur les lèvres. Quelques minutes plus tard, il tenta de ravaler son enthousiasme. Le marimo avait une sacrée faiblesse alors. Des mots ? Et puis pourquoi Chopper lui disait ça maintenant ?
Bon… Au vue de comment se comportait le renne, il n'allait pas tenter de tuer Zoro avec des mots dans l'immédiat. Mais le tourmenter lui semblait la plus belle chose de la journée. Et puis, qu'est-ce qu'il lui avait dit, qui change de d'habitude ? Oh !
Un éclair de conscience passa dans son esprit. Il était en train de le rembarrer lorsque Chopper est intervenu. Cela avait-il un rapport ?
Le renne se dirigea vers un tiroir. Il l'ouvrit et en sortie un livre à la couverture marron. Le médecin se tourna vers Sanji, l'air mortellement sérieux. Ce qui coupa le cuisinier dans sa réflexion.
- Voilà tout ce que j'ai trouvé, cela pourra sans doute t'aider. Je te conseil d'en prendre connaissance dans les plus brefs délais.
Mouais, bref délai…
- Alors, j'ai rien ? Lâcha Sanji en attrapant ce que le médecin lui tendait.
Chopper écarquilla les yeux, il attrapa la main du blond et le conduisit à la porte.
-Sérieusement Chopper, je vais bien ?! J'veux dire, mon malaise de toute à l'heure c'est dû à quoi ? S'inquiéta le blond en se laissant guider en grimaçant.
Son genou lui faisait mal tout de même ! Depuis quand le renne manquait de considération à ce point ?
Le silence lui répondit.
- Chopper ?
- Juste un pic foudroyant de stupidité aiguë ! Marmonna le renne en le flanquant magistralement à la porte.
-Hein ?
Sanji se retrouva devant le battant, alors que le renne levait la tête pour le regarder.
- Commence d'abord par lire ça, et nous verrons ensuite ce qu'il faudra faire ! Lâcha en élevant plus la voix Chopper.
Avant de claquer la porte à son nez, et de retourner à son bureau en marmonnant d'incompréhension.
Sanji resta devant la porte quelques minutes. C'était quoi ça ? Tout ça à cause de cette tête d'algue !?
O*o*o*O
And that's all ?
La relation entre nos deux nakamas est loin d'être idyllique. Et contrairement à ce que l'on pourrait croire, Zoro et Sanji ne sont pas les seuls à en pâtir... Il y a urgence!
Prochain chapitre: Prise de conscience
"- Je voulais juste savoir… Qu'il resterait avec nous… Marmonna-t-elle en s'agrippant à elle-même.
- Nami… Sa voix était remplit d'incompréhension.
- Qu'est-ce qu'il a fait cet idiot ? Tu sais toi ? Qu'est-ce qu'il a fichu ? Pourquoi j'ai toujours l'impression qu'il va s'en aller ?! Pourquoi je me sens juste misérable lorsque je le vois !?
La souffrance faisait trembler sa voix, Nami tentait de se calmer. Robin trébucha un peu, elle s'assit juste à sa droite.
- Je ne sais pas… Sa voix était un peu rauque.
La brune se sentait vraiment fatiguée, comme si elle avait lutté. Son front vint se poser en appui sur sa cadette qui lui jeta un regard gorgé de larmes."
ENCORE MERCI DE ME LIRE!
