Auteur : Madhatter Sekiryou ou Bel Uriel Disraeli.

Disclaimer : Les personnages suivant ne sont pas à moi !

Personnage : Roronoa Zoro

Résumé : Ces deux ans de séparation ont permis à chacun d'entre eux d'évoluer. Le temps est venu d'affronter le « présent ».

NOTE :

Je tenais à remercier pour les review qui m'ont rassuré et réchauffé le cœur ! Shanatora, Shinori, Guest, Kika, Nathdawn (Dont je suis une grande fan en plus !) M'ont fait l'immense plaisir de laisser leurs impressions. Et j'espère ne pas vous décevoir … Je constate aussi le trafic de cette fiction… Bah, tant que quelques éprouve le besoin de cliquer sur le lien du nouveau chapitre, ça me va ! ^_^

Je sais que mon style peut devenir très lourd et pesant. N'hésitez pas à me dire clairement si je me perds ! J'ai bon espoir de publier la suite assez rapidement à vrai dire, mais bon l'espoir fait vivre… Et je ne voudrais tuer personne -_-. Enjoy !

Titre : Voleur d'âme

Partie II : Le règne du Prince Noir.

Chapitre VI : Résonnance.

Le Thousand Sunny tangua un peu brutalement en se stabilisant. Franky éclata d'un rire sonore et termina d'ajuster les flotteurs arrières.

Ussop souffla et réajusta sa casquette, se retenant au mur qui avait accueilli sa chute.

- Hoy, Nami ! Lança le tireur d'élite.

La rousse tressaillit et se tourna vers son nakama, la tension la quitta alors qu'elle soupirait.

- Quel est notre nouveau cap ?! Le métis s'approcha vivement.

Les trois aiguilles continuaient de tourner dans tous les sens, peut-être qu'ils se stabiliseraient d'ici quelques minutes, mais en attendant cela ne servait à rien de fixer le log.

Lorsque ce dernier arriva près d'elle, la navigatrice sut immédiatement que ce n'était pas lui.

- Je vous ferais savoir dès que j'aurais plus d'information. Attendons encore un peu…

Du coin de l'œil elle observa le médecin et le cuisinier. Chopper n'était pas humain… Mais Zoro ne l'était pas non plus ?! Sauf qu'elle n'arrivait même pas à concevoir cette idée. A moins que…

- LUFFY ! LÂCHE CETTE BALEINE ! Hurla à plein poumon le métis en se ruant en direction de leur capitaine pour l'arrêter.

Nami se frappa le front. Puis le frisson la secoua de la tête aux pieds, un courant glacé qui fit se tordre son estomac. Elle serra les bras par réflexe autour d'elle, et pinça les lèvres. Le bout de ses doigts était devenu froid. Il n'y avait rien de notable pourtant, pas de bourrasque vicieuse ! Puis l'idée s'imposa à elle… Zoro.


Sanji flancha littéralement, le masque s'écrasa sur le sol et les jambes du blond cédèrent ! Le choc de ses genoux rencontrant le parquet le fit grimacer. Le cuisinier inspira comme s'il était en train de se noyer et serra les dents en fusillant le bretteur.

Zoro était devenu blême, et dévisageait son sigisbée.

- Qu'est-ce que t'as encore foutu connard ! Jura un instant le blond.

Il était à moins d'un mètre du bretteur, et à vrai dire en temps normal c'était la distance qu'il préférait pour lui coller un coup de pied dans la hanche. Chopper avait raison ! Ils étaient liés ! Cet imbécile décérébré les avait liés !

- Ça va passer, dégage ! Hoqueta le bretteur.

Sa main se dirigea vers le masque, et une bouffée de terreur envahit Sanji qui tendit son bras vers lui par réflexe. Il tapa l'objet maudit, et Zoro se plaqua contre le mur comme s'il l'avait projeté contre celui-ci.

- Non, ça va pas passer! Qu'est-ce que tu m'as fait ?! Rugit le blond en essayant de trouver un équilibre.

Il n'allait tout de même pas s'évanouir sur les genoux du bretteur ! Plutôt crever ! NON !

- Sanji… Souffla d'un timbre éteint et douloureux son rival.

Et maintenant il l'appelait par son prénom, le cafard! Si seulement il pouvait articuler correctement, il lui ferait sentir son antipathie !

Un couteau ! Vite ! Qu'il le poignarde ! Songea le blond en cherchant à ne pas s'écrouler plus sur… Sur… MERDEUH ! Sa main trembla, l'avant de son corps n'avait plus de volonté si ce n'est entré en contact avec le sol, et la douleur… Cette satanée douleur qui enflait dans…

Sanji s'étala sur le genou gauche de Zoro, et écarquilla les yeux. Il inspira par petite bouffée comme s'il venait de courir pour sauver sa vie. Rien… Il n'y avait plus rien. Pas de douleur, pas de vertige, juste lui appuyé sur le bretteur. Là ! Il allait lui coller son poing dans la gueule puis trainer sa dépouille à l'infirmerie en se retenant de jeter cette pourriture par-dessus bord !

Sauf qu'à ce moment précis, il vit clairement l'œil vert viré au bleu turquoise, sa paupière vaciller, et le corps du bretteur se tendre. Zoro se frappa l'arrière du crâne contre la paroi en un bruit sourd.

- P'tain ! J'sais que tu me déteste ! Alors dégage Sanji, bordel ! ME TOUCHE PAS ! S'écria le bretteur en frappant du poing le sol.

Ça faisait mal ! Vraiment trop ! Zoro avait l'impression de suffoquer et d'être écrasé, il se sentait misérable, moins que rien. Durant de longues minutes il se vit en train de se jeter de la fenêtre de la vigie… Il allait le faire ! Kami sama ! Plutôt s'ouvrir la tête dans l'herbe en contre bas ! Son œil gauche le brûla et Zoro suffoqua en s'imaginant prendre feu. Il allait être consumé par la rage et la haine du blond. La fenêtre était son seul échappatoire.

Sanji se figea, voyant le spasme secouer le bretteur tout juste après qu'il ait finit de crier.

Bordel ! Il était en train de le tuer ?! Zoro sursauta et son corps vacilla, encore quelques secondes et il serait fin prêt à…

- Merde ! Respire connard ! Ça va aller ! Jura le blond en se redressant contre lui.

Sanji agrippa le col de son kimono, et le bretteur frissonna.

Inquiétude, peur, incompréhension. Zoro avait la nausée et mal à la tête, mais il se sentait mieux. Les émotions du blond étaient moins virulentes, et la partie la plus primaire de son cerveau se fichait de la situation. La seule chose qui lui importait était que le blond le touchait.

Il aimait cela, il l'avait voulu, rêvé durant ces deux longues années. Le souffle frémissant qui quitta ses lèvres rassura le cuisinier.

Il ne fallait pas que cela dure, Zoro devait rompre le contact. Le bretteur dirigea la main vers le masque et Sanji fronça les sourcils.

- Arrête… J'sais pas c'que c'est, mais c'est pas une bonne idée ton masque vaudou là… Grinça le cuisinier.

Zoro était à deux doigts de se cogner de nouveau la tête contre le mur. Puis pourquoi le blond ne le lâchait pas d'abord ?! Nouveau mouvement.

- J'ai plus envie d'avoir mal, alors arrête ! Jura-t-il plus fort.

- Ça retient la douleur… Croassa le bretteur d'une voix rauque et prise.

Sanji le dévisagea, jeta de nouveau un regard à l'objet.

- Quoi ? Lâcha avec incompréhension.

- Lorsque je le mets…

- J'ai eut un mal de chien ! Alors arrête ta connerie ! Siffla le blond.

Zoro tentait d'organiser sa pensée, mais sa raison se dérobait. Il était submergé par Sanji.

- Tu ressens rien quand je le garde… J'dois le porter ! Souffla-t-il.

- Je ressens rien, mon cul ! T'as…

Les mots remontèrent lentement jusqu'au cerveau du cuisinier. Il ne ressentait rien lorsque le bretteur le portait ? Ce qui voulait dire que…

- Tu veux dire que tu ressens cette merde tout le temps ?!

Il dévisagea Zoro alors que la réponse lui sautait à la gorge. Le Second de l'équipage soupira brièvement, à vrai dire il ne c'était pas sentit aussi bien depuis… Depuis leur liaison, il y a deux années en arrière

C'était la distance qu'il aurait dû garder entre eux depuis le début, c'est-à-dire : lui coller au cuisinier. Il ne pensait pas qu'il se transformerait aussi vite en guimauve. Contre sa volonté sa paupière se referma, et le stress quitta chacun de ses membres.

- Hoy ! Lança Sanji perplexe.

L'autre sursauta et rouvrit l'œil.

- Ça va…

Le masque lui semblait maintenant hors de portée, le cuisinier semblait décider à l'empêcher de le mettre mais surtout… Il n'avait pas envie de bouger. Le corps de Sanji semblait dégager toute la chaleur qui lui manquait, et le bretteur regretta un peu lorsque son sigisbée relâcha sa prise sur l'avant de son kimono.

- Ça va pas du tout, sombre idiot ! Marmonna Sanji.

Ce dernier se remettait tout juste du début de panique qui l'avait envahi. Mais qu'est-ce qu'il fichait là bon sang ? A se tenir coller contre cette tête de gazon. Prit d'une terreur soudaine, le bretteur lui attrapa l'avant-bras alors que le blond s'asseyait juste à sa gauche.

- Reste… Juste comme ça… Trente secondes. Souffla d'une voix rauque et mal assurée le bretteur.

Pas tout de suite, pas maintenant. Mal à l'aise, Zoro n'arrivait pas à relâcher sa prise sur le bras. Les mots durs de Chopper trouvèrent enfin écho dans la conscience de Sanji. Le bretteur était dépendant de lui, réellement… Jusqu'à quel point ?

Et puis merde ! Il avait décidé de lui pourrir la vie définitivement ! La rancœur et la colère bouillonnèrent en lui.

- Pourquoi moi ? Cracha avec difficulté le blond.

Zoro ne l'appréciait pas, ils étaient concurrent depuis leur arrivée dans l'équipage !

- Hein ? C'est le dernier truc que t'as trouvé pour me faire chier ?! Pourquoi t'as fait une connerie pareille ?! Chopper m'a dit qu'ont étaient liés ! Pourquoi t'as… COMMENT T'AS PUT TE LIER A MOI SAINTE MERDE ! Hurla sur la fin le cuisinier.

« - Sanji ! Zoro est un sang-mêlé ! Il est à moitié Voleur d'âme ! Tu pourrais le tuer si tu ne fais pas attention à ce que tu lui dis ! »

Le tuer avec des mots ? Alors que cet imbécile avait foutu en l'air le reste de son existence avec cette putain de malédiction à la con qui le faisait souffrir ! Sanji avait envie de lui ouvrir le ventre, il se sentait… Trahit !

Cela ne lui avait pas suffi de le pousser à coucher avec lui il y a deux ans de cela, le cuisinier avait été tout simplement incapable d'oublier. Il se sentait en permanence étouffé par cette idée, furieux de sa faiblesse, dégouté… Du souvenir indélébile du plaisir qu'il avait pris, et vers lequel son esprit se tournait dès qu'il cherchait ailleurs.

Dans sa rage, il tenait de nouveau Zoro par le col et frappait le corps robuste de ce dernier contre le mur derrière lui. Le blond aurait voulu le marteler de son poing, le rouer de coup jusqu'à ce que mort s'en suive.

Lié à Zoro ? Lié à… Sanji inspira brutalement, ne sachant même pas pourquoi il avait arrêté de respirer. Ce connard n'avait pas le droit de lui prendre sa vie de la sorte ! Il ne manquait plus qu'il se mette à chialer, c'était le bouquet final !

La gorge sèche, les mains tremblantes le cuisinier souffla difficilement. Au moins, il avait encore assez de dignité pour ne pas pleurer de dépit. Et puis pourquoi l'autre ne cherchait même pas à nier ?

Non, à la place Zoro gardait juste la paupière close, les lèvres serrées, l'expression fermé. Et Chopper chouinait parce que lui, Sanji pouvait faire du mal à ce bloc de granite !

- RENDS MOI MA PUTAIN D'EXISTENCE ! Cracha le blond dans un état second.

Zoro réagit avec une brutalité stupéfiante, le coup qu'il lui donna pour se dégager fit trembler le mur derrière Sanji.

- CONNARD, C'EST TOI QUI AS LA MOITIE D'MA VIE ! Rugit le bretteur.

Le Seconde de l'équipage porta la main à son nez, le sang coula abondamment alors qu'il se retenait de se ruer sur le blond.

Sanji n'avait pas la moindre idée de toute la volonté qu'il avait déployée, pour ne pas le tailler en pièce ! De la souffrance qu'il avait endurée, de la peur qui l'avait tenaillé… Et du froid de la solitude qui l'avait glacé depuis. Zoro était à bout de souffle, il savait qu'il avait beaucoup à expier. Alors que l'autre ne vienne pas lui parler de lui rendre son existence !

Le cuisinier reprit difficilement sa propre respiration, l'œil écarquillé il dévisageait le bretteur. Celui-ci avait les paumes enflammées, et se releva comme pour lui faire face. Le sang continuait de couler de son nez, le long de son torse dans l'échancrure de son kimono ouvert.

- A QUI D'AUTRES J'AURAIS PUT FILER LE RESTE DE MA DESTINEE ?! Hurla Zoro en inspirant à plein poumons.

- Alors arrête de chialer parce que t'as eu deux vertiges à la con ! Tempêta le bretteur en séchant le sang sur sa manche.

Il avait besoin de mettre son masque. Zoro attrapa enfin ce dernier, et la tempête de souffrance s'arrêta chez le blond. Il allait le poser sur son visage, et l'obscurité avalerait toute la douleur.

- Et tu comptais me le dire quand que j'avais la moitié de ta vie entre mes mains ?! Lâcha le blond en se relevant à son tour.

Déboussolé et essoufflé le cuisinier sécha sa lèvre inférieure. Il intercepta de nouveau le mouvement de Zoro. Sa main retint le masque juste à quelques centimètres au-dessus de sa peau.

- Va pas te planquer derrière ce masque à la con ! Regardes moi !

Zoro ne comprenait plus rien ! Pourquoi l'autre ne le laissait-il pas mettre une barrière entre eux ? Il avait appris à vivre avec ce sentiment de manque en lui, mais ne pouvait pas supporter les émotions vives que lui lançait en continue Sanji.

Devait-il le supplier ?

- Ça fait mal… Devoir me battre tout le temps contre toi et ta haine… La main du bretteur trembla malgré lui.

- Pourquoi tu t'es lié à moi ?! Grinça Sanji en devenant livide.

- Parce que j'aurais pas supporté de te tuer comme elle, merde ! Craqua brutalement Zoro.

Il se l'était juré, de vivre le reste de sa vie sans rien dérober autour de lui ! L'image de Kuina sous son linceul blanc le frappa. Pour cette raison il continua de tenir fermement le masque, afin que la force de son désespoir n'assomme pas le cuisinier.

La prise du blond diminua, et la main de Zoro retomba mollement le long de son corps. D'un geste nerveux le bretteur sécha le nouveau filet de sang, il ne ressentit même pas le filet le long de sa joue alors que l'eau salé débordait de son œil.

Ils s'étaient bien battus, Zoro n'aurait jamais imaginé aller aussi loin. Le bretteur tituba un peu en arrière, appuya de nouveau son dos contre la vitre et se laissa glisser à la place où Sanji l'avait trouvé.

Le cuisinier avait besoin de fumer, il fouilla dans sa poche et en sortie son paquet. Quelques minutes plus tard, dans le silence relatif qui venait de tomber il alluma sa cigarette. Il se donna le temps de la terminer lentement. Sanji se passa la langue sur la lèvre et observa son mégot, il prit une autre inspiration.

Le bruit de ses chaussures résonna dans la pièce, alors qu'il faisait de nouveaux pas vers le bretteur, marchant lentement. Zoro ne releva pas le visage vers lui, et Sanji eut du mal à articuler.

- T'es infâme… Lâcha-t-il d'un ton rauque.

Le bretteur aurait voulu rester insensible, et c'est parce que déjà quelques larmes lui avaient échappés que les suivantes filèrent sans qu'il ne puisse les retenir. Il ne méritait vraiment pas d'être en vie.

Sanji serra les dents, et plia douloureusement un genou qu'il posa au sol. Prenant sur lui, il se retrouva face au bretteur. Zoro n'était qu'un minable, avec une familiarité presque suffocante il attrapa de l'avant de son kimono.

- Parce que je peux même pas me permettre de te haïr dans ces conditions. Souffla-t-il avec son dernier nuage de nicotine.

Et Sanji ne put s'empêcher de le dévisager, de détailler longuement sous toutes les coutures cette expression torturée. Il avait espéré si longtemps le voir dans un tel état, et pourtant… Pourtant il ne ressentait pas vraiment de l'allégresse ou du triomphe. Juste… Une sensation d'apaisement incommensurable. Toute sa colère et sa rage avait fondus, et il se surprit à avoir envie de toucher ses mèches vertes.

C'étaient bien des larmes qui coulaient si abondamment le long de cette joue. Alors que l'autre partie du visage balafré tressautait sous l'émotion. Si Zoro avait été une femme, Sanji l'aurait prise dans ses bras. Le bretteur lui avait dit qu'il lui faisait mal et le blond était passé outre. Zoro lui avait hurlé qu'il lui avait donné la moitié de sa vie, et Sanji s'était étonné que ce soit à lui. Maintenant il pleurait comme une fillette épuisée et brisée…

Et maintenant ? Maintenant, Sanji était si proche du bretteur qu'il inspirait son odeur. Son front s'appuya lentement contre celui de Zoro, perdu dans ses tourments. Le blond se jura qu'il ne le prendrait pas dans ses bras, pourtant ses lèvres se posèrent tendrement sur la joue humide. Sanji ressentit comme un relâchement au niveau de son estomac. Le blond chassa son mégot d'une pichenette.

Ce n'était qu'un petit baiser, insignifiant et léger. Mais le cuisinier en avait tellement rêvé ! Il pouvait se le permettre maintenant ! Personne ne viendrait le juger de laisser l'envie l'engloutir. Pas lorsque Zoro était si… Offert.

A lui ? Le bretteur se figea, inspira brutalement alors que le frisson coulait dans sa colonne vertébrale. Pour de bon, Sanji lui fit lâcher prise sur le masque qui tomba au sol. Il n'y avait plus de douleur entre eux, puisque la distance avait été abolit. Lentement, le cuisinier déplaça ses lèvres le long de la joue, et sa respiration vint heurter celle de son sigisbée. Il le ferait craquer, Zoro viendrait à lui, il le supplierait… Comment résister à cette proximité ?

Pourtant, c'est Sanji qui faillit le premier en ne pouvant s'empêcher de gouter du bout de sa langue la lèvre inférieur du bretteur.

Zoro semblait tout simplement subjugué, sa paupière papillonna et ses lèvres s'entrouvrirent alors qu'il vacillait vers le blond. C'était inespéré ! Un baiser du blond, les lèvres de Sanji sur sa peau, sa langue contre sa bouche, son corps si proche du sien.

Le gout des larmes et du sang, ce parfum de cigarette et de piment l'envahirent profondément. Si le bretteur avait pu mourir d'un arrêt cardiaque, son cœur aurait explosé dans sa cage thoracique. La voracité du baiser éclata dans la fureur que mit le cuisinier à plaquer son nakama contre le mur.

Sanji avait une conscience aigüe du moindre centimètre de peau qu'il touchait. Zoro était à lui, et la douceur n'entrait pas en compte. S'il n'avait pas eu la bouche pleine de celle du bretteur, il lui aurait sans doute ordonné de le supplier.

Le cuisinier ne voulait plus qu'une seule chose à ce moment précis, se glisser dans ses chairs étroites. Le plus profondément possible, avec toute sa force, faire plier le bretteur sous ses coups de hanche. Mais le son de désir étouffé qui résonna le plus fort monta de la gorge du blond.

Kami-sama ! Il tuerait pour baiser cet homme !

Zoro avait l'impression d'étouffer presque. Son œil valide lui offrait une vision floue, les tremblements qui le secouaient, étaient mêlés de sa difficulté à respirer. La douleur explosa dans sa main gauche lorsque Sanji lui serra le poignet, pourtant pour rien au monde il n'aurait rompu leur baiser. Plutôt mourir à ce moment précis que de repousser le cuisinier.

Le bretteur avait eu si soif de son gout, si faim de sa chaleur que le navire aurait pu sombrer sans qu'il ne lâche son sigisbée. Oui, Sanji lui faisait mal à tenir la paume sensible de sa main, à l'écraser si étroitement contre le mur, à peser douloureusement sur sa hanche en le poussant sur le sol. Mais Zoro ne fit rien de plus que gronder et tenter d'agripper un peu plus de l'autre.

Il avait eu droit à la rancune tenace de Sanji, son mépris, sa colère la plus froide et virulente. Zoro avait ressenti dans chacune de ses fibres le désir homicide de l'autre homme. Et pourtant, c'est avec une avidité brutale qu'il accueillit l'étreinte.

Le blond lui écorchait les lèvres de ses morsures trop pressantes, comme s'il cherchait à aspirer tout le sang du bretteur. Sa main griffa le torse sous lui en repoussant les pans souillé du liquide carmin. Ce maudit kimono était devenu le symbole de sa hantise, combien de fois avait-il rêvé d'arracher ce vêtement traditionnel ?! Se retrouvant bloqué par le obi, il grogna en défaisait le bas de la tenue.

Ils avaient tous deux besoins de reprendre leurs souffles, Zoro avala une profonde goulée d'air. Alors que la pression de leurs désirs montait encore, il tenta de se redresser. Le blond sentit la frustration exploser de façon intolérable dans ses veines, alors que sa main tremblait… Celle plus maitrisé du bretteur vint lui porter assistance. Il tira sur un nœud que Sanji ne pouvait pas soupçonner, mais qui libéra la taille du bretteur de l'attache rouge flamboyant qu'il utilisait pour maintenir ses katana. Il était loin d'avoir un total accès à tout ce qui se trouvait en dessous de la ceinture de Zoro, mais la barrière hermétique du vêtement n'était plus qu'un souvenir.

Le blond eut brutalement très froid, la sensation désagréable d'avoir plongé sa main dans un bac d'eau glacé le secoua. D'un geste qui déconcerta le blond, Zoro se frotta le nez du dos de la main, et son œil unique plongea dans le regard du cuisinier. Le silence était incongru, ils se faisaient réellement face, Sanji le surplombait et pouvait voir sa pomme d'Adam bouger sous sa déglutition.

Il allait coucher avec lui, et Zoro était revenu à ce même calme olympien qu'il ne pouvait souffrir. Franchement, il préférait le voir en larme ! Rageur et agacé le blond replongea de nouveau vers son visage et son début de colère s'étouffa.

Le bretteur tremblait, il pouvait le voir d'ici, le tressaillement de ses muscles et sa respiration bien trop retenu. Et il y avait ce torse dont son attention ne pouvait se soustraire, toute cette peau insolente, cette cicatrice aguichante. Tout à coup Sanji se rappela de la sensation qu'avait eue une cicatrice boursoufflé qu'il avait léché. Irrégulier, palpitant, lisse et frissonnant. Sa peau, celle de Zoro… Il ne réfléchissait plus vraiment, et sans savoir comment le blond se retrouva penché sur son torse, la langue sillonnant le long de sa balafre abdominal.

Tss ! Encore soumis au désir, énervé de ne pouvoir se contenir Sanji planta ses dents dans la chaire, après tout c'était un juste retour pour tout ce qu'il éprouvait lui ! Le bruit des vêtements ne troubla pas celui de leurs respirations. Ce n'était pas encore assez ! Le blond avait juré qu'il y aurait des suppliques, mais le bretteur se refusait à lui offrir une véritable clameur.

Ne lui avait-il pas demandé de le prendre comme une femme, il y a deux ans ? Ne c'était-il pas frotter nu contre lui la dernière fois? Sanji ne prit pas la peine de défaire les boutons de sa chemise, la boucle de sa ceinture cliqueta, il grogna en tentant de se faire plus de place encore. D'écarter ces cuisses indécentes et de forcer l'anneau de chair ! Le cuisinier était bien loin de songer à le préparer, se fut le bretteur qui attira son attention.

Peu désireux de vivre un calvaire, il attrapa la main droite de son sigisbée et porta celle-ci vers sa bouche. Un tic étrange secoua le visage du captif, pris entre répulsion de l'idée et l'avidité que réveillait la moiteur de la langue chaude qui courut sur ses phalanges.

- Prépares-moi. La voix de Zoro était un peu éraillée.

Pourtant l'ordre, car s'en était un, avait été très clair. C'était les premiers mots que lui sortait le bretteur, et ils étaient loin de ce que voulait entendre Sanji. Cependant le sang migra avec encore plus de force dans la partie basse de son anatomie. La consigne à peine jeté, il ressentit un véritable frisson lorsque ses trois doigts furent engloutit par la cavité buccale.

De son autre main, le bretteur alla finir d'ouvrir le pantalon du blond. Non ! Ce n'était pas ce qu'il voulait, pas de cette façon si… La main du bretteur qui flatta la bosse de son sous-vêtement lui prit un hoquet d'impatience.

Oh Diable la préparation ! Il se consumait dans son pantalon !

Le bretteur serra les dents lorsque le blond le bascula plus en arrière. A peine dévêtu, il sentit le bras passer sous sa jambe gauche dans le but de l'écarter en la sur élevant. Le doigt qu'il avait pris la peine d'humidifier (pas assez) força son entrée.

Durant une fraction de seconde, l'idée folle de briser les bras du cuisinier le submergea. Après tout, personne n'avait le droit de le toucher ainsi ! Nulle n'avait le pouvoir de le soumettre ! Zoro n'était pas fait pour courber l'échine ! Sa main agrippa le rebord de la fenêtre, il serra sa prise au point de faire blanchir ses phalanges.

La douleur le fit se crisper, et une plainte sonore et déchirante monta de sa gorge lorsque Sanji ajouta un autre doigt. Kami-sama ! Il n'arriverait jamais à supporter pareille chose ! Et son œil rencontra le regard bleu de Sanji, il voyait parfaitement ses lèvres entre ouverte, leurs respirations se mêlèrent.

Le blond pouvait voir combien l'autre luttait pour garder les lèvres clauses, les tremblements de son corps… Mais surtout, cette satanée prunelle qui aurait dû être émeraude mais qui avait viré au bleu, comme les siens.

Il n'arrivait pas à se concentrer sur autre chose que la chaleur qui brûlait dans son ventre, et son attention se reporta sur ses lèvres. Emaciées, tirées, serrées, pâles… Des lèvres qu'il voulait gouter encore, les doigts enfoncés dans cet étau de chair si palpitant. Sa langue glissa doucement sur la pulpe et revint encore à la charge. Sanji se coula un peu plus entre ses jambes, alors que sa main gauche reposait sur l'estomac du bretteur.

Il brossa la bouche maltraité avec une sensualité qui suffoqua le bretteur. C'était comme une promesse tortueuse et implacable. La respiration douloureuse de Zoro lui échappa avec un grondement.

Il n'était pas assez stupide pour se fourvoyer, Sanji ne serait pas doux. Mais ces longues minutes lui permirent de se détendre un peu, de se faire à peine à cette présence en lui. Un autre son bas lui fut arraché lorsque le blond ôta sa main, il allait le briser comme il avait toujours rêvé de le faire !

Zoro agrippa ses mèches blondes et tira jusqu'à lui prendre une grimace et Sanji dû arracher sa prise en s'enfouissant en lui. Le cuisinier ne voulait plus croiser cet œil bleu ! Il ne voulait plus apercevoir ce visage tiraillé ! Alors que sa hampe plongeait dans les entrailles de son nakama, il se demanda ce qu'il pouvait bien faire là.

Zoro était étroit au point de lui faire mal, il était chaud au point qu'il se tenait courber en deux sous la sensation qui lui fit monter les larmes aux yeux. Les mains de Sanji tremblèrent… Pourquoi le bretteur ne se défendait-il pas ?! Pourquoi ne se débattait-il pas ? Pourquoi avait-il encore une telle envie de se mouvoir en lui, alors qu'il savait qu'il lui faisait mal depuis le début ? Quelle connerie.

Sanji n'allait pas s'excuser, il n'arrivait même pas à relever son regard jusqu'au visage du bretteur qu'il supposait en larme. Parce que lui, l'aurait été à sa place. Il n'aurait jamais toléré que Zoro fasse le quart de tout ce qu'il venait de lui infliger.

La lueur attira son attention, à la périphérie de sa vision… Là, cette main qu'il avait écarté si durement… La main du bretteur brûlait d'une aura bleuté. Paniqué stupidement de voir l'autre s'embraser, le blond plongea la main vers celle-ci. Ses doigts agrippèrent les phalanges et le bretteur referma sa poigne comme s'il n'attendait que cela.

Sanji fut tiré par Zoro de son autre bras, et son visage s'écrasa contre son cou. Le bretteur se cambra en accueillant son sigisbée, et le son de souffrance s'éleva en un cri faible qui souleva l'estomac du blond.

La douleur lui vrillait le bas du dos, sa respiration hachée et bruyante envahit la vigie. Mais le blond était déjà en lui, et Zoro ne voulait pas lâcher la sensation que lui apportait le contact de cette peau désirée. Il était enfin complet, la chaleur lui remplissait le torse, hormis l'impression d'être déchiré en bas.

Il n'y avait pas de retenue dans les coups de hanches qui suivirent, et le bretteur se mit à fixer le plafond. Une plainte plus aigüe lui échappa lorsque les dents se plantèrent à la jonction de son cou, juste sous son oreille. Ce fut comme une secousse qui le souleva, et il plissa l'œil. Sanji ressentit son sursaut et se figea, le nez plongé contre lui il respira très fort et recommença en relançant de nouveau ses hanches.

La clameur bien plus plaisante arriva à son oreille, et sa main gauche de libre vint se glisser entre eux. Il suivit la cicatrice sur son torse et il l'utilisa pour se redresser.

Sans qu'ils ne se concertent vraiment, le bretteur relâcha sa main qu'il tenait et agrippa ses épaules. Suivant le mouvement, Zoro se retrouva à le suivre et Sanji le plaqua contre le mur. Essouflé, le bretteur se tenait maintenant assit, grimaçant en soulevant son bassin pour échapper à la présence en lui. Il froissa la veste du blond en cherchant un appui. Ses jambes tremblèrent, alors qu'il luttait pour trouver une position moins à genou.

C'était si bon d'être plongé en lui ! Sanji prit d'une impulsion incontrôlable soulevait ses hanches pour augmenter le frottement. Un petit sourire passa sur ses lèvres alors que Zoro se cambrait en cherchant à se retenir à la fenêtre. Il ferait danser ce corps sur le sien, Sanji glissa sa langue sur la mâchoire du bretteur, celle-ci poursuivit sa route en remontant jusqu'à l'oreille, et il plongea vers le lobe avant de mordre.

-Aaahah… Lâcha Zoro en écartant la tête.

Le cuisinier entoura ses hanches en les serrant de ses mains, et son regard tomba enfin sur le visage du bretteur. Sa bouche ouverte, ses sons entre glapissement et plaintes, lui firent presqu'oublier la lourdeur avec laquelle il devait se battre pour soulever l'autre.

Il lui coinça de nouveau la tête d'une main, et porta ses lèvres vers la zone sensible. Le bretteur lutta, mais le mur bloqua sa retraite, et alors que Sanji lui mordillait l'oreille il ressentit le pincement de ses autres doigts sur son bouton de chair.

Le blond ne coulissait pas beaucoup en lui, mais continuait de s'enfoncer dans un angle désagréable qu'il tentait de fuir. Zoro se souleva et bascula sur le coté, et le cuisinier le bloqua, glissant une main sous sa jambe droite. Des sueurs froides coulèrent dans son dos, alors qu'il tentait de reprendre sa respiration… Il n'allait tout de même pas le prendre comme ça ?!

Le coup de hanche fit remonter le bretteur, dont la tête cogna un peu contre la vitre alors qu'il agrippait l'épaule du blond et se tordait sous la sensation qui l'étouffa.

Arg, s'était insupportable ! Mais juste là, lorsque Sanji se retirait la pression devenait enivrante. Comme s'il tenait tous ses nerfs et que l'onde remontait dans sa gorge. Le coup suivant il serra les dents et un geignement de contentement lui brûla les lèvres en résonnant.

Le blond n'en pouvait plus, ses muscles endoloris commençaient à le tirailler. Et puis la pression que le bretteur exerçait sur ses épaules avait changé, il l'attirait plus à lui. Son rythme devint bien plus erratique et sa voix se mêla à celle de Zoro. Il allait éclater sous peu, et son regard se posait sur la vitre qui permettait de voir le ciel étoilé.

Sanji les bascula encore plus fort, soutirant un cri plus sonore et c'était ce qu'il voulait. Puis tout à coup… Il vit une main sur le rebord de la fenêtre ! Il crut à une hallucination au travers du rideau et se freina un peu… Suivant la main, un chapeau de paille entra dans son champ visuel, et alors qu'un cri particulièrement libidineux échappait au bretteur qui se cambra résonnait. La tête de leur capitaine surgit à quelques mètres d'eux !

Luffy avait attrapé le rebord de la vigie, et voulait demander à Zoro s'il avait aperçu une île. Pourtant aucune question ne passa ses lèvres lorsqu'il croisa le regard de Sanji qui gémit à cette seconde précise.

Zoro plissait sa paupière en tentant de se retenir contre le mur d'une main tremblante. Il avait du mal à respirer, pris dans ses vêtements et contraint de tenir une position courbé à cause du bras soutenant sa jambe droite. Le buste de Luffy dépassait de l'encadrement de la fenêtre ouverte, la main de Sanji rattrapa la joue de Zoro.

- Dégage Luffy ! Cracha d'un ton énervé le blond en tirant le bretteur à lui.

La respiration du bretteur se bloqua et il ferma l'œil sous la nouvelle friction plus insistante qui le fit s'arquer.

Le cuisinier planta les dents dans son cou, et fusilla une dernière fois leur capitaine.

Pâle, un tic agita la joue du brun qui referma la bouche. Il lâcha sa prise et se laissa tomber sans rien attraper.

Le plaisir explosa et Sanji se répandit en haletant plus fortement. Quant au bretteur, un feulement plus désespérer se fit entendre de lui, les derniers coups de reins avaient été plus douloureux qu'autre chose. Il y avait cette morsure dans son cou, et ses mains qui le retenaient, cette chaleur insidieuse qui coulait maintenant en lui. Le cuisinier commença à se retirer, et il y eut encore ce frottement qui l'électrocuta en lui coupant le souffle.

Et puis la pression diminua, il grogna en sentant l'autre le quitter. Sa jambe fut reposée, et il s'échoua contre le mur. Ne pouvant pas tenir cette position encore douloureuse, le bretteur se décala un peu et se laissa glisser plus sur le côté. Haletant et tremblant encore, il frissonna sous le contact du sol froid. Sanji se cogna le front… Et merde !


And that's all ?

Et maintenant ? Qu'allait devenir Sanji et Zoro ? Comment va réagir le reste de l'équipage ? Qui a dit que les Mugiwara ne se rendraient pas compte de ce qui se passe ? C'est l'occasion pour nous de découvrir de nouvelle facette inattendue d'un certain de leur nakama !

Extrait chapitre VIII: Manipulateur né !?

« La satisfaction s'épanouit en lui, lorsque leurs langues se frôlèrent. Il avait soif de ce gout, faim de cette texture. Et Zoro ne résista pas vraiment, ne sachant pas quelle folie pouvait de nouveau frapper le blond. Le bretteur avait besoin de reprendre son souffle lorsque Sanji rompit l'échange. Sa main serrait le menton de Zoro.

- Je vais chercher Chopper, et il te trouvera ici ne t'avises pas de bouger… Après je t'apporterais un caffe late.

Le ton était grave et rauque, l'ordre avait claqué sur son palais alors qu'il resserrait inutilement sa prise. Une sorte de sourire méprisant passa sur son visage alors qu'il se relevait en s'éloignant.

- Tu seras un bon garçon… Les mots avaient jaillit et il se figea.

Un tic agita l'œil de Zoro, il le vit se contracter sous l'insulte. »