Auteur : Madhatter Sekiryou ou Bel Uriel Disraeli.
Disclaimer : Les personnages suivant ne sont pas à moi !
Personnage : Roronoa Zoro
Résumé : Ces deux ans de séparation ont permis à chacun d'entre eux d'évoluer. Le temps est venu d'affronter le « présent ».
RAR: Shinory je suis contente que mon extrait te donne envie de lire la suite! Donc la voici! Je ne publie pas aussi couramment que je le voudrais mais bon, je ne perd pas l'envie!
Nathdawn: J'avoue... V_v je ne répond pas aux reviews. Honte à moi! En fait je passe la plupart de mon temps à débrouiller les fils de ma trame et puis je n'ose pas trop embêter les autres auteurs. Deux auteurs sur Mon profil?! O_o Mais qui donc ose usurper mon identité multiple?! Ha! mon double schizophrène, pff! Ca compte pas, puisque c'est moi! nan, en fait, mon pseudo de base est "Bel Uriel Disraeli" Mais c'était sur un compte que je partageait avec deux autre auteurs... Gabriel et Lumina.
J'ai entamé de grand travaux que je n'ai jamais terminé pour importer mes fictions sur mon nouveau profil... -_-.
J'espère que ce chapitre éclairera ta lanterne. Il y aura l'intervention d'un personnage qui tient une place importante à mes yeux! Et puis... Je fais mon possible pour laisser l'obscurité derrière moi et j'ai bon espoir de glisser de l'humour dans la suite! je m'arrête ici!
BONNE LECTURE!
Titre : Voleur d'âme
Partie II : Le règne du Prince Noir.
Chapitre VII : Manipulateur né !
Luffy s'écrasa dans l'arbre, il manqua arracher une branche, s'emmêla un peu les bras et finit sa course dans le gazon. Un peu sonné, il se releva en se tenant la tête. Ussop qui n'avait pas l'habitude de voir leur capitaine se rater de la sorte le dévisagea.
Une lueur de panique passa dans les prunelles du brun qui jeta des regards à droite et à gauche. Déjà debout sur ses pieds, il avait la bouche grande ouverte, et d'un geste de survie il se plaqua une main sur cette dernière ! Et se mit à transpirer abondamment.
Son cerveau assimilait à une vitesse presque douloureuse ce qu'il venait de voir, mais il ne devait le dire à personne ! Le regard noir du cuisiner à ce moment précis lui promettait une mort atroce et lente. Kami-sama ! Sanji et Zoro étaient… Ils, dans la vigie, et…
- Ça va pas Luffy ?! S'inquiéta le menteur.
A cette question, le chapeau de paille se raidit. Il devait se cacher et faire des réserves, le temps que le blond se calme. Zoro et Sanji, là-haut, ils…
- Heu… Nan, rien ! Rien du tout ! Rien de rien ! Jeuh… Vais dans ma chambre !
Sans laisser le temps au tireur de répondre, il s'éloigna comme si un monstre le talonnait. Il tenta de se convaincre qu'il n'avait rien vue, ni entendu ! Nami releva la tête vers la vigie, plissant les yeux. Si même Luffy détalait comme un lapin en allant rendre visite au bretteur, c'est que cela devait être sacrément grave !
Mais tout à coup, l'une des trois aiguilles se stabilisa, et une deuxième ralentit. Ils allaient avoir leur prochaine direction et cela ne pouvait pas attendre! Mais la rousse se promis de tirer tout cela au clair dès que le nouveau cap sera pris.
- Hoy… Marimo, t'es mort ? Lança la voix brisée.
Le bretteur tressaillit à l'interpellation, seul un grognement répondit au blond. Il restait beaucoup de douleur et pour le moment Zoro ne songea pas à bouger d'un pouce. Sanji porta doucement la main à son propre visage, et maintenant qu'allait-il faire ?
Zoro allait le haïr et sans doute quitter l'équipage, les autres le détesteraient pour ce qu'il venait de lui faire. Quand avait-il basculé de la sorte ? Etait-il devenu aussi… Détestable et ignoble ? Quand ?
Le remord était faible, Sanji se sentait juste rassasié et calme. Et si sa main continuait de serrer ce fichu kimono, ce n'était pas par culpabilité ou regret. Non, juste que… C'était rassurant. De ne penser à rien, de ne rien dire. Zoro bougea enfin et son attention revint sur son torse dénudé, grimaçant le bretteur tenta de s'installer plus à plat. Sa tunique était débraillée, çà et là on voyait sa peau.
Le blond frissonna lorsque l'autre tira sur sa veste, sans résistance Sanji se laissa aller vers lui. D'une main moins assuré que ce qu'il aurait souhaité Zoro fouilla la poche du blond et en sortie son paquet de cigarette. Dans le silence relatif qui régnait entre eux, Sanji le regarda porter l'une d'elle à ses lèvres et la pincer… Comment Zoro pouvait-il savoir où se trouvait son briquet ?
Ce n'est qu'une fois que le bretteur tira sa première bouffée qu'il lui arracha son paquet des mains. Ce n'était pas à lui de fumer ses clopes ! Et puis Rageur et puérile, le blond lui pris la cigarette du bec et une sorte de tressaillement secoua l'homme qu'il venait de prendre. Un rire muet qui fit moins mal à Zoro que ce qu'il pensait.
Intraitable, Sanji était vraiment impitoyable songea-t-il furtivement en le fixant. Et cela lui convenait aussi d'une certaine manière, il ne lui laissait aucune chance. Tout dans son attitude exprimait du dédain. Il aurait presque pu l'entendre cracher un de ses célèbres :
« -Va crever ! »
- Depuis quand tu fumes ? Lâcha Sanji d'un ton aigre.
Comme si c'était le moment de se disputer pour une raison aussi futile !
- Depuis quand tu m'baises ? Lâcha sur un ton grave et narquois le bretteur.
La question à peine lâché, le blond s'étouffa littéralement et il dû se cogner le torse en cherchant à reprendre son souffle. Le rire masculin et amusé de Zoro résonna à ses oreilles, une expression détendu sur le visage et un éclat dans l'œil qui le laissa pantois. Et la respiration de Sanji se figea dans l'air… Non, Zoro n'était pas séduisant dans cette posture, et son rire n'avait rien de délicat et chaud.
- Et maintenant, on fait quoi ? Soupira le cuisinier en admirant un point perdu.
Comme si l'inquiétude ne l'avait jamais taraudé, et qu'il ne se demandait pas quand on le jetterait par-dessus bord.
- J'vais prendre une douche… A moins que tu ne veuille me rejoindre ? Fit d'un ton circonspect le bretteur.
Tout en se grattant l'arrière de la tête avec ce que Sanji aurait pu prendre pour de la gêne. Zoro se sentait vraiment mal à l'aise.
- Arrête de te foutre de ma gueule ! Se disant, il frappa Zoro.
De nouveau ce rire lui remua l'estomac et lui réchauffa les joues. Le bretteur admira la couleur chatoyante, c'était si intime et inattendu qu'il croyait qu'il rêvait.
- J'vais prendre un bain, sans toi… Le reste, j'm'en fous ! Cracha le bretteur en insistant sur une bonne partie de la phrase.
- Hey ! J'ai surement pas l'intention de prendre un bain avec toi ! T'es vraiment trop… Con !
Il aurait fini sa phrase en temps normal. Mais la marque de la morsure qui s'étala sur le cou du bretteur coupa sa réflexion. Et Sanji avait encore envie de le mordre à pleines dents. Zoro sentit le malaise grandir en lui, alors que la sensation dérangeante de la semence s'écoulant hors de lui l'envahissait. Bon, au grand maux, les grands moyens !
Le bretteur n'allait pas attendre que l'autre reprenne suffisamment ses esprits pour le martyriser de nouveau. Zoro aura le temps de revenir plus tard, de penser à l'influence de leur lien et de l'impact que cela allait avoir sur Sanji.
Bientôt le cuisinier allait devenir hystérique de rage, il devait parer à toute éventualité puisque le blond était humain. Il tentait de se convaincre que cela ne changeait strictement rien à leur relation, qu'il n'allait pas devenir tendre ou amoureux. Il devait juste filer sans demander son reste. Mais c'était douloureux de se détacher du blond, de se retenir d'aller vers lui, d'agir avec distance sans laisser l'émotion l'envahir.
Zoro vacilla plus qu'il ne l'aurait cru pour se remettre debout, ce qui ressembla plus à un échec cuisant lorsqu'il se courba en tremblant.
- Tu veux que j'aille chercher Chopper… Ce n'était qu'un murmure que le bretteur cru imaginer.
Sanji se traita mentalement de tous les noms, il ne voulait pas se montrer prévenant ça aurait été stupide de l'être maintenant. Et il ne voulait pas croire non plus qu'il s'inquiétait malgré le fait que ce fut le cas. La question ne se posait pas, il devait aller chercher Chopper… Et avouer au reste de l'équipage qu'il avait abusé du bretteur. Zoro se mit debout en luttant, avec une expression qu'il prit pour de la colère.
Le dos appuyé contre la vitre, son kimono tenait à peine sur lui. Et le cuisinier ne put s'empêcher de laisser son regard glisser sur le désir inerte de l'entre jambe offert. Un geste remit la tenue en place, mais la vision avait déjà brûlé la rétine du blond.
- Tu délires… Lâcha le bretteur devenant pâle.
Sanji ne comprenait pas, il ne saisissait plus. Cela n'avait aucun sens ! Pourquoi Zoro se tenait-il debout face à lui ? Pourquoi… Le monde ne c'était-il pas écroulé ? Le bretteur n'était pas de marbre, il n'était pas invincible, il lui avait fait quelque chose d'impardonnable ! Alors pourquoi cet imbécile le regardait avec ce putain d'air compatissant ?!
Il s'était levé trop tôt, beaucoup trop vite. Zoro ne tint pas, et ses jambes le lâchèrent alors qu'il grognait.
- P'tain… On fait une sale paire de bras cassés… Jura-t-il en essuyant la sueur de son front.
Tss… Sanji était encore sous le choc, et lui ne tenait pas la route. La main du bretteur trembla un instant.
- Sanji… Juste un filet de voix.
Sursautant, le blond frappa la main qui venait de se poser sur son genou.
- Ne me touche pas ! Siffla furibond son sigisbée.
La douleur flamba dans sa poitrine, et il serra les dents. Rejet, comme toujours. Ce n'était pas à Zoro de se montrer ainsi, il n'avait pas le droit !
- Je vais chercher Chopper. Lâcha d'un timbre plus convaincu Sanji.
Zoro n'avait pas à avoir pitié de lui ! Pas encore ! Pas de nouveau ! Bordel ! C'est lui qui l'avait baisé ! Et pas l'inverse ! Le bretteur soupira en le voyant s'éloigner, se retenant de s'humilier encore plus en l'interpellant. Il ne fallait pas qu'il attende, le bretteur devait se retenir. Sanji l'avait pris et il repartait… Alors pourquoi voulait-il encore le garder contre lui ?
Réfléchit bon sang ! Réfléchit ! Sanji était à deux doigts de se frapper le crâne contre un mur. Il devait franchir cette porte, aller chercher Chopper, affronter Luffy…
Merde, merde, merde ! Son talon frappa le mur qui trembla, une fois, deux, trois. Et le silence s'épaississait, encore et encore. Zoro aurait pu se défaire, il aurait dû réagir ! Il n'avait pas le droit de rester comme ça ! Incapable de se lever ! Son attention tomba sur ce fichu masque de renard, et l'idée de le piétiner l'envahit. C'était à cause de cette saloperie !
- Arrête, tu vas rameuter les autres. Lança le bretteur.
Sanji se tourna vers lui brutalement, ne sachant pas ce qu'il allait faire dans son emportement.
- Mais putain ! T'ES CON ! Hurla-t-il hors de lui.
C'était révoltant ! Et cet imbécile lui disait juste de ne pas rameuter l'équipage ?! Il avait honte peut-être ?! Mais c'était lui la victime il n'avait pas à garder le silence ! Lui le faible et non l'inverse ! Et Sanji se vit en train de le piétiner, il s'imagina traverser la pièce en se ruant sur lui, le frapper au visage de son talon, broyer ses cotes, alors que le sang giclerait sur les vitres et tâcherait les rideaux.
Cette simple pensée le fit se figer, et puis qu'est-ce qui ne tournait pas rond chez lui ?! Sans savoir s'il allait vraiment perdre la raison, le blond s'avança vers le bretteur. Jusqu'à la dernières secondes il eut l'envie de déchainer sa rage. Une fois près de lui, il se baissa de nouveau à son niveau, et sans qu'il ne sache pourquoi… Il posa de nouveau ses lèvres sur celle de Zoro. Sanji sentit ses mains l'élancer, alors que le désir de serrer la gorge de l'autre homme montait dans son ventre. Pourquoi le bretteur était-il si calme, quand lui était en ébullition ?
La satisfaction s'épanouit en lui, lorsque leurs langues se frôlèrent. Il avait soif de ce gout, faim de cette texture. Et Zoro ne résista pas vraiment, ne sachant pas quelle folie pouvait de nouveau frapper le blond. Le bretteur avait besoin de reprendre son souffle lorsque Sanji rompit l'échange. Sa main serrait le menton de Zoro.
- Je vais chercher Chopper, et il te trouvera ici ne t'avises pas de bouger… Après je t'apporterais un caffe late.
Le ton était grave et rauque, l'ordre avait claqué sur son palais alors qu'il resserrait inutilement sa prise. Une sorte de sourire méprisant passa sur son visage alors qu'il se relevait en s'éloignant.
- Tu seras un bon garçon… Les mots avaient jaillit et il se figea.
Un tic agita l'œil de Zoro, il le vit se contracter sous l'insulte.
- Sanji… L'appellation était bien plus calme que ce qu'avait attendu le blond.
- Quoi ?! Cracha tendu ce dernier.
Décidément, le bretteur était devenu bien trop familier, son prénom passait trop ses lèvres. Zoro releva un peu le menton, un coin de sa bouche se plissa avec une moue de dédain. Comme s'il était face à un idiot.
- Je t'appartiens déjà.
Le mépris disparut des traits du blond, il recula de façon infime. Que devait-il comprendre ? Que Zoro était amoureux de lui ? La terreur coula comme une pierre dans son estomac, il secoua la tête.
- Pauvre con… Siffla-t-il en joignant la porte une fois pour toute.
Lorsqu'elle claqua la chaleur disparut de la pupille du bretteur, il porta la main à ses lèvres qu'il essuya d'un mouvement rêveur. Il n'avait même pas imaginé quoique ce soit entre eux, mais le besoin de domination du blond ne laissait aucun doute. Il devait peut-être s'estimer heureux que Sanji n'ait pas sombré plutôt dans la folie et tenter de le tuer.
C'est ce que contaient les légendes sur les mariages entre les humains et les Voleurs d'âmes. Que lui réservait encore le blond ?
Chopper continuait de dévisager Zoro qui gardait la même expression torve depuis qu'il avait fini ses soins. Comme s'il réfléchissait et rêvassait en même temps. La tasse de caffe latte fumait entre les mains du bretteur qui jeta un coup d'œil vif et discret vers le blond. Ce dernier continuait de fumer en silence.
Le médecin avait demandé à Sanji de venir avec Zoro pour une batterie de test, et il ne s'attendait pas à… Ça. Les deux hommes n'échangeaient presqu'aucun mot. Les marques sur Zoro, l'odeur sur Sanji et les lésions du bretteur ne faisaient aucun doute.
Chopper ne pensait pas se retrouver dans ce type de situation, et le bretteur avait été un peu trop docile.
- Éteints cette saloperie, je te ferais voir que nous sommes dans une infirmerie ! Grinça le bretteur.
- Ferme ta gueule, sinon c'est sur ton putain de front de con que je vais l'éteindre mon mégot ! Siffla en serrant les dents Sanji.
Qui croirait que quelques minutes plus tôt, le blond était revenu avec cette boisson chaude.
- Sanji ! Rétorqua Chopper d'un ton ferme.
Il jeta de nouveau un regard vers Zoro. Devait-il en déduire qu'ils s'étaient réconciliés ? Ou…
- C'est la faute de ce con ! C'est quoi cette putain d'histoire, il… Lança avec rancune Sanji.
Incapable de finir alors qu'il se sentait suffoquer. Il agita le mégot en pointant du doigt le bretteur, ulcéré et tendue. Il lui avait confié la moitié de sa vie ?! Bon, Chopper n'avait pas encore hurlé à la mort et ameuté le reste de l'équipage, puis le bretteur agissait comme si c'était normal.
- Vermine ! Expira avec hargne Sanji.
Zoro roula de l'œil, avisa sa tasse et avec un sourire narquois et tendre il soupira.
- Merci, amour ! Sa voix était chantante d'ironie.
Ce n'était pas comme s'il le pensait réellement, mais les mots avaient à peine franchit ses lèvres, qu'il se sentit stupidement euphorique. Ils avaient l'habitude de s'insulter, mais les mots doux avaient une saveur douce et aigre.
Sanji devint pivoine de colère et il écrasa sa cigarette. Le pas qu'il fit en direction de Zoro fut coupé par l'intervention de Chopper.
- Maintenant vous allez vous calmer tous les deux ! Zoro ! Explique-moi ce qu'il se passe entre Sanji et toi ! Ce n'est pas normal une telle agressivité ! Est-ce que Sanji t'a fait du mal ?! Relança en élevant la voix le médecin.
- Chopper… Je ne vois pas de quoi tu parles. Lâcha d'un ton détaché et calme le bretteur.
Le renne comprenait encore tout de travers, mais il ne pouvait pas vraiment lui en vouloir. C'était déjà un miracle que le médecin cesse de le suivre partout et de l'interroger à tort et à travers. Sanji le fusilla du regard, Chopper fronça les sourcils.
- Dit lui que je t'ai baisé ! Cracha le blond.
A ces mots, Zoro posa sa tasse, si fort qu'elle sonna et qu'il faillit la briser.
- Tu es mon sigisbée, connard ! Le bretteur devint brutalement pivoine et porta la main à son visage.
Le dire aussi franchement était bien plus insupportable que de le railler en l'appelant : « Mon amour. » C'était la première fois qu'il exprimait aussi directement leur relation. Kami-sama, il avait un sigisbée! Sa grand-mère en aurait fait un infarctus! Elle lui avait dit de devenir plus fort et de revenir auprès d'elle pour prendre la relève. Mais si elle apprenait qu'il s'était lié à un homme... Même pas de leur sang!
Chopper se dirigea vers Zoro qui grimaça, sous l'attention de Sanji le renne attrapa la main du bretteur qui se figea.
- Est-ce que… Est-il normal que vos rapports soient si… Rude et violent ? S'enquit avec tact le médecin.
Zoro écarquilla l'œil comme si Chopper venait de le gifler.
- Lâches-moi… Siffla-t-il froidement.
- Je veux savoir la vérité Zoro.
Il grimaça et tira sa main, mais le renne ne lâcha pas.
- J'ai pas choisi son caractère de merde ! Il m'a baisé alors qu'il aurait pu me tuer ! Ça va, t'es satisfait connard ! Jura-t-il en se tournant vers Sanji.
Le blond écarquilla les yeux, il ne s'attendait pas que cette colère et cette gêne se manifestent de cette façon. Lui, satisfait? C'était une autre manière de se moquer de lui sans doute. Chopper voulut attirer son attention.
- Zoro, je te le demande, je ne veux pas que tu répondes à son ordre.
l'alarme sonna dans l'esprit du blond, comment ça de lui obéir? Une lueur de compréhension incendia le regard de Zoro qui repoussa brutalement Chopper. C'était autre chose, et maintenant le doute n'était pas permis.
- Tu m'fais mal ! Arrête ça ! Qu'est-ce que tu sais au juste pour jouer avec moi ?!
Le médecin redressa son chapeau, pinça les lèvres.
- Je sais que les Voleurs d'âme sont tenus de dire la vérité à tous ceux qui leurs offriront une main franche. Zoro… Je, j'ai étudié les Voleurs d'âme durant ces deux années.
- Est-ce que tu sais que je pourrais t'arracher la tête de rage si tu me mentais en me tenant la main ?! Cracha-t-il.
Chopper sursauta, inspira et releva la tête. Il acquiesça avec confiance.
- Je le sais, et je ne te mentirais jamais !
- Chopper… Soupira Zoro en secouant la tête. Oublie tout ce que tu as cru apprendre à mon sujet.
C'était bien sa veine, maintenant son nakama se prenait sans doute pour un spécialiste !
- Je sais que la solitude est une sensation qui ronge l'esprit des Voleurs d'âme, que le sigisbée est condamné à mourir pour son épouse une fois qu'ils se sont liés. Que rien d'autre dans ce monde n'a de sens à tes yeux. Rétorqua Chopper en avançant vers lui.
Le discourt glaça progressivement le sang dans les veines du bretteur, c'était pire que ce qu'il pouvait imaginer.
- Silence ! Le coupa brutalement Zoro en se redressant.
- Je sais que si ton épouse te rejette elle en mourra de chagrin, et que tu sombreras dans la folie ! Je sais, Zoro, que le moindre geste, la moindre parole peut te lacérer l'esprit ! Et c'est ce que fait en permanence Sanji avec toi ! Hurla avec plus de fureur Chopper en campant sur ses sabots.
Sanji, son épouse? Il l'avait prit pour sigisbée, oui mais... Il n'y avait pas d'amour en lui, le blond n'était pas sa chose, il n'avait pas à le rejeter puisqu'il ne l'avait jamais accepté. Le bretteur était livide, il semblait lutter pour ne pas se lever.
- Ecoute-moi bien Chopper… Ceci est la dernière fois que je te le dirais. Oublie tout ce que tu crois savoir. Cracha-t-il d'un ton froid
- Zoro… Relança le médecin.
- LA FERME ! La tasse explosa contre le mur.
Il avait besoin de jeter quelque chose pour ne pas frapper le renne.
- Tu ne sais pas ce qu'est un Voleur d'âme, ne t'adresse jamais à cette part de moi ! Je ne suis pas l'une de ses faiblardes prêtresses qui danse à la lune, ses fillettes masquée aux milles imprécations ! Regardes-moi ! Les types de mon sang on anéantit notre peuple ! Ils ont ravagés notre nation, exterminé trois quart de la population ! Ils se sont entre tués jusqu'aux derniers ! Demain si je croise un Voleur d'âme je boirais son sang ! Hurla sur la fin le bretteur.
Non, Chopper se trompait allègrement, il n'était pas la victime dans l'histoire.
- Tu sais ce qu'il faisait aux gamins comme moi ? Ils les écartelaient sur les places publiques, les mères étaient lynchées et on priait les Dieux pour qu'il n'y en ait pas un nouveau ! Je n'ai que ça : La mort ou l'exil !
Il n'était pas de ceux qui se soumettaient, tout s'inversait avec lui. Nia aurait été esclave de lui ! Zoro sentait la folie le cueillir, la rage enflé dans son âme. Révolté de découvrir que le médecin avait tenté de le manipuler, d'obtenir la vérité par ce biais de faiblesse.
Chopper n'avait pas le droit de frôler du doigt les chaînes qui retenaient le monstre sanguinaire qu'il domptait. La dernière fois qu'il s'était lâché… Miwak avait dû le priver d'un œil pour le maitriser.
Il reçut la chaise dans les côtes et alla heurter le mur de l'infirmerie. Sanji avança vers lui, il le dévisagea. La colère reflua brutalement, Zoro se sentit juste sonné. Le cuisinier semblait aussi hors de lui que l'avait été le bretteur, il esquiva le coup de pied qui lui aurait fracturé la mâchoire. Son corps revint au repos et il entendit enfin ce que Sanji lui hurlait :
-… JE ME FERAIS UN PLAISIR DE T'EXTERMINER !
Douleur vivace, il grogna. Son sigisbée? Quelle ironie! C'était lui qui devait plié pour le blond, s'était lui l'épouse asservit. Il n'avait pas pris le blond comme le réclamait son sang, il s'était donné à lui.
- Chopper veux simplement t'aider ! Mais à croire qu'ils auraient mieux fait de suivre la tradition de ta foutue légende à la con !
Souffrance plus marqué, il plia. C'est vrai que le blond était différent. Il refuserait de se laisser posséder entièrement par le lien.
- Puis rend service à l'humanité ! T'as qu'à disparaître vue que personne ne veut de ton existence ! Rugit Sanji en lui balançant un autre coup qu'il n'évita pas.
Brûlure insoutenable, il se mordit la langue. Sanji le regarda recracher une goulée de sang, Chopper se tenait encore figé.
Zoro allait mal, il souffrait visiblement, mais le médecin avait l'impression d'être trop loin pour l'atteindre. Trébuchant, il se dirigea vers eux et le blond s'arrêta. Comme si le cycle de folie qui l'avait cueillit venait d'exploser telle une bulle de savon.
Entendre le bretteur, le voir aussi énervé après le renne l'avait jeté dans cette rage qu'il ne savait pas dompter. Une colère phénoménale qui ne lui appartenait pas. C'était celle du bretteur qui l'avait rempli comme une outre vide, jusqu'à raz-bord. Et là... Sanji se sentait juste extérieur.
Le médecin se blottit contre le torse de Zoro, frottant son museau en appuyant. Les larmes coulaient abondamment sur son visage.
- Je sais que l'exil est pire que la mort. Je sais que ta plus grande peur est de nous faire du mal, mais arrête de nous demander de te laisser endurer toute cette souffrance seul…
Chopper renifla, serra plus fort entre ses sabots le corps qui haletait contre lui.
- Zoro… Arrête de te punir pour être ce que tu es. Pardonnes-toi… Ne nous demande pas de te faire du mal parce que tu es un Voleur d'âme ! N'attends pas de Sanji qu'il soit ton supplice ! Le médecin était effondré, il sanglotait avec tellement de force que s'en était déchirant.
Sanji se sentait comme anesthésié. Et le bretteur écoutait d'une oreille distraite, ailleurs, des mots tendres qu'il s'était interdit d'espérer. Il était fait pour tuer, il l'avait compris avec l'expérience douloureuse de la perte de Kuina. Autrefois, il c'était relevé en se disant qu'il ne commettrait jamais la même erreur.
Puis il s'était lié à Sanji, et aussi monstrueux que soit son désir de le posséder… Il deviendrait vraiment fou si le blond mourrait à cause de lui.
- Tu ne nous as jamais rien fait… Alors arrête d'agir comme si tu méritais ton sort… Nous sommes ta famille, nous t'aimons et tu nous protégeras jusqu'à la mort… J'suis… J'suis désolé… Désolé de pas avoir trouvé un remède… Désolé que tu te sentes encore tout seul… De pas savoir comment faire pour toi et Sanji…
Le bretteur retint son soupir, la douleur courait le long de son bras gauche et il se sentait épuisé. Il releva une main incertaine, secouant la tête. C'était comme si le médecin tentait de lui réchauffer le ventre, ça faisait moins mal de l'avoir contre lui.
- Arrête de pleurer Chopper… Marmonna-t-il.
Se disant, le renne attrapa sa main et la serra en reniflant un peu plus fort.
- Désolé… Tu souffre encore et je…
- Je vais bien Chopper… Argua Zoro en baissant la voix comme pour le convaincre.
C'était comme si le médecin s'adressait à ses instincts les plus profond. Et Zoro n'aimait pas le voir ainsi, son âme entendait parfaitement ce que lui disait le renne. Il était sa famille, et il ne pouvait pas le laisser souffrir.
- Sanji te fais mal… Et je sais pas, j'ai pas trouvé comment… Haleta le médecin.
- J'ai jamais été aussi bien depuis deux ans… Je suis aux côtés de ma famille et de mon sigisbée, Chopper… Répondit de nouveau le bretteur.
Zoro oublia sa colère et sa rancune, la sincérité l'envahissait. Il devait faire comprendre à Chopper qu'il allait bien.
- Mais tu sens la « solitude » ! Et Sanji aussi, de plus en plus ! S'indigna le renne en pleurant de nouveau.
Le renne frottait avec plus de force son museau en chouinant, et Sanji tressaillit.
- Je ne sais pas comment il va réagir, j'ai voulu mettre de la distance entre nous… Mais je te promets de trouver une autre solution. Corrigea Zoro avec franchise.
C'est vrai qu'il pouvait parler librement avec Chopper, le renne écoutait. Lorsqu'il lui disait de ne pas s'approcher, le médecin trouvait le moyen de soulager la douleur de loin.
- Il t'a fait mal n'est ce pas, je…
- Non, c'était le mieux que je puisse espérer… Sanji me convient parfaitement. Coupa-t-il en se crispant.
Chopper relâcha sa main, renifla et releva son regard dans celui de Zoro.
- C'est vrai ? S'enquit-il d'un ton incertain.
Et là ! Le blond comprit immédiatement que le médecin venait de manipuler purement et simplement le bretteur !
- Vous arrivez à vous entendre quand même ?! Souffla Chopper en se frottant les yeux.
Zoro garda un instant le silence, et c'est parce qu'il fixait le renne qu'il ne rougit pas furieusement.
- Il est attentionné… Quand il veut. Siffla le bretteur alors que ses oreilles commençaient à le chauffer.
C'est-à-dire, lorsque Zoro pliait. Et puis, Sanji lui avait apporté un caffe latte parce qu'il savait que le bretteur aimait cette boisson chaude et qu'elle le réconfortait.
- Tu ne me mentirais pas pour me rassurer, n'est-ce pas ? Chopper fit mine de lui prendre la main.
Zoro glissa hors de sa prise, et tapa sur le chapeau rouge.
- Il est un peu bourrin, mais je devrais m'en sortir. Ricana le bretteur en oubliant le blond.
Chopper acquiesça, et se tourna pour ramasser les débris de chaise. Et Sanji put voir très clairement le petit sourire de victoire sur son museau !
- Tu n'es pas blessé au moins ? S'enquit le médecin.
- J'ai la tête dure. Grogna Zoro en tentant de se relever.
Avec Chopper, il avait l'impression d'être au sein de son village. Tout était plus naturel, instinctif. Bon sang, il éprouvait souvent le besoin de toucher sa fourrure, et de sentir son odeur animal. Il n'y avait jamais de gêne et cela lui avait manqué, presque autant que l'odeur de tabac du blond.
- Sanji t'a dit des choses horribles, et tu saignes ! Je vais te faire des examens sanguins ! Allonges-toi ! Tout en parlant, il tira le bretteur après lui.
Un frémissement agita la bouche de Zoro, la naïveté du renne lui rappelait son enfance auprès de Nia. Protéger, rassurer, aimer… Mince, il se faisait bien trop vieux ! Maintenant il pensait comme elle.
Un petit, tout petit… Chez eux, on ne disait pas « un enfant ». Non, les nouveaux né étaient des « tout petit ». Petit bout de vie, de joie, de bonheur et d'espoir. Des petites choses précieuses, nécessaire que l'on protégeait de tout. Parce que c'était les seuls que l'on ne pouvait pas briser à cause de leur sang.
- Sanji ! Tu devrais aller m'attendre dans le cabinet de consultation, je te rejoints dès que j'en aurais finit avec Zoro !
Le blond n'en croyait pas ses yeux. Franchement ! Le monde marchait sur la tête !
And that's all ?
Chapitre VIII : Colère d'un médecin ?
« - Sanji, je te le répète il est primordial pour toi et Zoro que tu prennes connaissance des informations que j'ai pu recouper. Ce qui lie un Voleur d'âme à son sigisbée est délicat et très puissant. Il y a un certain nombre de chose que je ne peux pas te dire de vive voix Sanji, cela aurait un impact toi !
Le blond sentit la rage gonfler.
- Arrête de te foutre de moi Chopper ! Tu sais tout depuis le début et tu m'as caché mon état ! Je ne suis pas comme cet imbécile de tête d'algue ! Tu ne pourras pas jouer au naïf avec moi !
Le renne croisa les bras.
- J'agis de la sorte avec Zoro parce que c'est le seul mode de communication adapté que j'ai pu développer.
- Tu le manipule ! Cracha Sanji estomaqué.
Chopper, leur mignon et naïf petit médecin était une saloperie de manipulateur ! Il avait sans doute drogué Zoro pour le rendre aussi… Aussi… »
