Bonjour, Bonsoir !
Que dire ? Je suis aux anges ! Franchement, je ne m'attendais pas à un si bel accueil pour ma fiction ! Je vous en suis reconnaissante pour vos ajouts, vos favoris et vos reviews, j'en suis émue ! *w* Aussi, je tiens vraiment à m'excuser du retard de ce chapitre... Cela fut difficile de trouver le temps de le rédiger. Mais maintenant, je peux enfin me dire : "Ouf ! Mission accomplie !" ^^ En tout cas, j'espère que ce chapitre sera à la hauteur de votre attente. :)
J'ai remarqué dans vos reviews que vous étiez tous très intrigués par l'ange et Devin Shade... Et bien j'en suis ravie ! ^w^ Figurez-vous que ces deux personnages font partie de mes cartes maîtresses pour cette fiction ! Bref, je ne vous en dis pas plus pour le moment. Mais j'aimerais vous prévenir que l'ange ne réapparaîtra pas avant un bon moment (désolée si je brise vos espoirs... ^^')
Pour répondre à ta question Deino (même si je sais que tu as changé de nom d'auteur xD), oui il y aura bien des histoires d'amours ! ^^ J'en ai prévu deux, peut-être trois, je suis encore en phase réflexion. Mais je peux te dire qu'il y aura bien sûr le traditionnel JackxOC qui aura son importance dans l'intrigue ! ;D
Maintenant, place à la lecture !
Enjoy :)
Chapitre II
Une nuée dans la galerie
- Attend Jamie ! Tu as oublié ton bonnet.
L'institutrice secoua en l'air l'objet en question, tandis que Jamie tenta de se frayer un chemin à travers tous ses camarades de classe se dirigeant en furie vers la sortie de l'école pour le récupérer.
- Merci Mademoiselle ! fit Jamie hâtivement avant de repartir retrouver sa petite bande au portail de l'établissement.
Une fois qu'il les ait rejoints, ils firent un petit un bout de chemin ensemble, Jamie ayant sa luge calée sous son bras droit, avant de rentrer chez eux, histoire de profiter un peu de la fin de l'après-midi avant que le ciel ne s'assombrisse. La saison hivernale les réjouissait.
- C'est génial ! s'exclama Caleb, l'un des jumeaux. Cette année l'Hiver est arrivé beaucoup plus vite que prévu !
- Ouais ! Je crois qu'on peut remercier Jack Frost, renchérit Pippa, ses livres toujours en main, collés contre sa poitrine.
- Ça c'est sur ! approuvèrent les autres.
A l'entente du fameux nom, Jamie fut submergé d'une forte excitation. Il n'avait pas revu son Gardien préféré depuis le matin dernier, alors que l'hiver était revenu à Burgess. Il espérait de tout cœur qu'il aura l'occasion de le revoir et partager des instants de jeu avec lui une nouvelle fois.
La petite troupe arrivèrent finalement jusqu'au parc de la ville, dont le paysage était entièrement blanc. En voyant toute cette neige en abondance, les enfants se jetèrent dedans, certains s'amusèrent à former des anges sur ce tapis de flocons en faisant des mouvements avec leurs bras et leurs jambes, d'autres entamèrent une bataille endiablée de boules de neige. Leurs éclats de rire résonnèrent à travers tout le parc et ils semblaient infatigables. Finalement, l'équipe perdante étant lassée d'être sans cesse mitraillée par les plus robustes, les enfants décidèrent de modeler un énorme bonhomme de neige. Ils s'exécutèrent avec joie, amassant le plus de neige possible et cherchèrent tout ce qui pouvait leur tomber sous la main pour le décorer. Une fois achevée, ils contemplèrent leur œuvre avec grande satisfaction. Le bonhomme de neige était si réussi, qu'ils ne pouvaient s'empêcher de l'admirer.
- Il est super ! s'écria Choupette. Ce serait vraiment dommage qu'il fonde…
- Avec toute la neige qu'il y a, ça ne risque pas ! rétorqua Claude, en ajustant la branche faisant office de bras pour le personnage.
- Oui, mais il peut être abîmé par le vent, fit remarquer son frère.
- Je sais ! intervint Jamie. On a qu'à revenir ici tous les jours après l'école pour vérifier s'il n'a pas été détruit. Et si jamais il l'était, on le réparera. Comme ça, il restera intacte jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de neige !
- Bonne idée ! agréa Monty, en sautillant.
Ils celèrent alors le petit pacte en se mettant tous en cercle et mirent à leur centre leur main droite l'une au dessus de l'autre, avant de les lever en l'air en s'exclamant de joie.
Finalement, le crépuscule se pointa en colorant le ciel d'un éclat orange doux et apaisant. La bande d'amis se saluèrent, puis partirent chacun de leur côté pour rentrer chez soi. Jamie usa de sa luge pour gagner du temps et atteindre sa maison avant que les lumières des rues ne s'allument. Arrivé à son quartier, il reprit sa route en marchant tranquillement, tirant sa luge derrière lui.
Alors qu'il rêvassait, le jeune garçon fut surpris de recevoir une large feuille roussie, aussi grande que sa main et recouverte de givre, emportée par le vent, atterrir subitement sur son visage. Jamie s'en saisit et la regarda, étonné. Une nouvelle brise s'éleva, frappant son visage arrondi, et lui fit lâcher la feuille, qui repartit dans une danse affriolante dans les cieux. Jamie l'observa disparaître de sa vue, frissonnant sous l'agréable effet de ce souffle frais.
L'air, auparavant calme, avait soudainement changé d'allure et devenait un peu plus animé. En faisant cette remarque, une petite lueur d'espoir s'anima dans l'esprit de l'enfant. Cette brise. Et si c'était lui ? Malheureusement, il avait beau vérifier les alentours, il constata qu'il n'y avait personne mis à part lui dans la rue. Déçu par ce faux espoir, il rebroussa chemin, arrivant presque au portail de son habitat. Il leva la main pour l'ouvrir. Puis il se prit une phénoménale boule de neige en plein l'arrière du crâne au même instant. Jamie se retourna de stupeur, cherchant des yeux le potentiel agresseur. Il porta sa main à sa tête et prit la neige qui recouvrait son bonnet. Cette neige était d'une finesse et d'une douceur hors du commun, elle brillait dans le creux de sa main telle de petits cristaux fragiles aux milles éclats qui parurent magnifiques aux yeux de Jamie. Cette neige était parfaite. Une seule personne était capable d'en produire de la sorte. Il leva à nouveau le regard au loin. Toujours personne. Pourtant, Jamie le sentait, il y avait bien une présence dans les parages. Même si celle-ci ne voulait manifestement pas se montrer. Et puis, il était peu probable que cette boule de neige ait pu atterrir sur sa tête toute seule. A défaut de croire aux légendes, autant le faire avec un peu de modération et rester un minimum logique !
Aucun signe, ni mouvement. Jamie feint alors de tourner le dos et de s'apprêter à rentrer, quand une seconde boule de neige fila droit sur lui. L'ayant pressenti, le garçon s'était retourné vivement et la reçut donc en pleine face. Alors qu'il rouspétait en s'essuyant le visage, il entendit des ricanements qui se veulent très distincts. Les rires attirèrent le regard de Jamie vers un petit bosquet non loin de sa maison, qui aurait semblait désert si il ne les avait pas entendus. Il fronça les sourcils, un sourire malicieux se dessinant progressivement sur ses lèvres.
« Ah ! Tu veux jouer à ça. », pensa-t-il, en se penchant pour ramasser de la neige et en former une boule bien dure et bien ronde. Ainsi armé, il s'approcha du bosquet à pas de loup, guettant des yeux le moindre mouvement suspect, le sourire toujours aux lèvres. Il perçut un léger bruit sur sa droite et en tournant les yeux, vit une nouvelle boule de neige foncer sur lui. Il eût le réflexe de l'éviter de justesse. Mais il ne put profiter plus longtemps de sa petite prouesse et fut pris par surprise par une autre boule qui venait de sa gauche. A partir de ce moment-là, un véritable déluge de neige commençait à s'abattre sur le pauvre garçon qui tentait désespérément de se protéger, ses bras recouvrant sa tête. Il était canonné par mille et une boules qui semblaient provenir à la fois de nulle part et de tous les sens.
Jamie ne savait pas comment se défendre sous cette fusillade de glace et fut contraint de fermer les yeux, complètement aveuglé. Il avait toujours sa boule à lui en main et malgré sa situation défavorisée, voulut faire une tentative inespérée en la jetant aussi fort qu'il put, sans regarder où il l'envoyait, tant il était désorienté par cette attaque inopinée. Juste après qu'il l'eu lancée, la violente averse de neige stoppa instantanément. Il eût un long silence, puis Jamie se risqua enfin à relever la tête en retirant ses bras autour et ouvrit les yeux. Lorsqu'il regarda devant lui, il constata que sa boule de neige avait atteint une cible. Et pas n'importe quelle cible !
Jamie afficha des yeux ronds abasourdis et ouvrit si grand la bouche, qu'une mouche serait bien tenté d'y rentrer. Jack Frost se tenait en face de lui, son long bâton en main et son éternel sourire malicieux illuminant son pâle visage. Il essuyait son pull bleu recouvert de givre, au niveau du torse, là où avait sans doute atterri la boule du garçon.
- Pas mal, p'tit gars ! lui dit-il en guise de salut.
La bouche de Jamie s'élargit alors en un grand sourire en découvrant son ami. Certes, il avait tant espéré le revoir et s'y était même attendu. La brise, la feuille sur sa figure, l'attaque de boules de neige. De qui d'autre aurait-il s'agit ? Mais il ne pouvait contenir la joie débordante que lui prodiguaient ces retrouvailles.
- Jack !
Jamie courut se jeter sur Jack, sans que celui-ci ne s'attende vraiment à sa promptitude. L'esprit retint une suffocation de douleur lorsque l'enfant rentra à son contact. Appréciant malgré cela cette étreinte, Jack s'accroupit et entoura de son bras libre les épaules de Jamie, qui le serrait contre lui de toute ses forces, comme s'il craignait qu'il se volatise si la simple idée de le lâcher lui effleurait l'esprit. Il lui avait tant manqué.
- Qu'est-ce que tu dis de mon nouveau petit tour ? lui glissa le jeune Gardien dans l'oreille, sur un ton taquin.
Jamie se dégagea vivement pour le regarder dans les yeux, les sourcils froncés mais le sourire toujours présent sur son faciès.
- Ben, disons que j'ai faillit finir en marron glacé…
Jack rit de bon cœur en lui ébouriffant les cheveux.
- Mais tu t'es bien défendu, malgré cette sacrée fusillade ! le félicita-t-il.
- C'est que j'ai un bon prof en la matière, lui répondit gaiement Jamie, en faisant un clin d'œil.
Le Gardien lui sourit tandis qu'il se relevait.
- Dans ce cas, voyons si tu as bien assimilé la leçon du jour…
Puis sans prévenir le garçon, Jack s'élança en arrière et envoya une boule de neige droit sur Jamie, si rapidement qu'il ne put l'éviter. Suite à cette attaque traîtresse, il s'élança à la poursuite du jeune homme espiègle qui commençait à partir en fuite, tous deux poussant de grands éclats de rire. Et rebelote ! Les voilà à nouveau en train de se disputer une belle bataille digne de ce nom, comme la dernière fois, alors qu'ils avaient vaincu le croquemitaine Pitch Black et ses cauchemars, en compagnie de tous leurs amis, au milieu du passage de divers animaux de sable d'or.
Jack profita d'un instant d'inattention de la part de Jamie pour matérialiser du verglas sous les pieds de ce dernier. Le garçon fut déséquilibré et fut sur le point de tomber à terre. Quand Jack s'envola vers lui pour l'attraper par la manche, lui évitant la chute, et commença à l'emmener avec lui dans les airs. Jamie s'en rendit compte et perdit sur le coup son sourire, une subite inquiétude le submergeant.
- T'en fais pas Jamie ! le rassura Jack d'un air amusé, alors qu'il s'élevait encore plus du sol. Profite juste du vol !
Le Gardien souleva le corps du garçon et le cala sur son dos, Jamie s'agrippant fort à son cou. Ils lévitèrent en douceur, dans le but de donner confiance à l'enfant, avant que Jack accélère l'allure, l'entraînant encore plus en hauteur. Le cri de Jamie perdura tout au long de la remontée, partagé entre la peur du vertige et le bonheur de l'adrénaline. Finalement, ses hurlements se transformèrent en exclamations d'euphorie, signifiant son enjouement à Jack, qui ne put s'empêcher de glousser.
Après plusieurs loopings et autres figures acrobatiques, le Gardien piqua droit vers la terre, Jamie se maintenant plus fermement à son cou. A leur descente, ils prirent de plus en plus de vitesse, le vent siffla intensément dans les oreilles du garçon. Jack attendit le dernier moment, juste avant qu'il n'atteigne le sol, avant de remonter à toute vitesse vers le ciel. Tous deux criait à l'unisson.
Jack s'éleva toujours plus haut, jusqu'à ce qu'ils arrivèrent au-dessus des quelques nuages qui flottaient paisiblement et eurent leurs formes perturber par le passage des deux sacripants. Assuré qu'il ne tomberait pas, Jamie osa lâcher d'une main son emprise sur Jack pour toucher l'un des cumulus. La nuée blanche traversa ses petits doigts d'une palpation douce comme du duvet. Un émerveillement figura sur son visage quand il prit vraiment conscience qu'il avait touché les nuages.
Un paysage magnifique s'offrait à eux. Ils observèrent Burgess de haut, éclairé par la lueur crépusculaire du soleil qui commençait à se dissimuler derrière les montagnes enneigées entourant la ville. Ce fut la plus belle vue que Jamie eu l'occasion de contempler. Il semblait s'être passé des heures depuis leur envol. Mais toute bonne chose a une fin. Jack redescendit en douceur et ramena Jamie non loin de sa maison. Lorsque le garçon reposa pied à terre, il se laissa tomber en arrière dans la neige, en soupirant une clameur enjouée. Jack le regarda, souriant, prenant appui sur son bâton.
- C'était trop cool ! souffla Jamie, le sourire large comme jamais. Merci Jack !
- Tout le plaisir est pour moi, mon pote !
- Jamie !
Ils se retournèrent et virent au loin la mère de Jamie appelant son fils depuis la porte d'entrée.
- Dépêche-toi de rentrer, tu vas attraper froid ! lui ordonna Mrs Bennett.
- Je crois que tu devrais y aller, lui fit remarquer Jack.
- Je crois aussi, avoua Jamie, la mine déçue de devoir quitter si tôt son ami. On se reverra ?
- Quelle question ! Tu oublies que nous sommes en Hiver. Et l'Hiver est ma saison de gloire !
- Alors tu promets de revenir me voir ?
- Bien sûr Jamie !
Le garçon se jeta à nouveau dans les bras de Jack, alors que sa mère perdit patience et le pressa.
- Enfin Jamie ! Que fais-tu ? Rentre vite, on a de la visite !
- J'arrive Maman !
Jamie récupéra sa luge avant d'accourir jusqu'à sa maison. Jack le regarda partir, un sentiment agréable le dominait. Celui d'avoir retrouvé son ami, son plus grand admirateur, celui qui fut le premier à avoir cru en lui après des siècles de solitude. Il était tellement submergé de bonheur après ces instants qu'ils venaient de partager. Jamie lui adressa un petit salut, auquel Jack répondit, avant que Mrs Bennett, l'air sceptique en voyant son fils « saluer dans le vide », referme la porte. Le ciel se fit plus obscur, le Gardien repartit dans les airs après avoir tourner un regard réjoui une dernière fois vers la maison de Jamie.
Le jeune garçon, lui, se débarrassa de son gilet et de son bonnet pour les accrocher au porte-manteau.
- On a de la visite ? Qui c'est ? demanda Jamie, curieux, en retirant ses bottes.
- Ah ! C'est une surprise, lui répondit sa mère, d'une voix mystérieuse et allègre.
- Maman ! se plaignit-il. Dis-moi !
- Tu n'as qu'à aller dans le salon et tu verras.
Jamie ne se fit pas prier et courut en rafale, excité, jusqu'à la pièce concernée. Quand il y entra, il découvrit une jeune fille de taille moyenne à la chevelure longue et dorée, appuyée devant la cheminée. Elle regardait le feu crépiter ardemment de ses yeux bleus diffusant toute la joie de vivre qu'elle contenait. En entendant l'arrivée du garçon, elle se retourna et laissa apparaître un sourire radieux sur son visage en le voyant.
- Salut mon grand !
- Aurel ! s'exclama Jamie.
La jeune fille ouvrit grand les bras pour y accueillir l'enfant qui se précipita sur elle. Ils se serrèrent vigoureusement, comme pour combler le temps qui les avait séparés.
- Tu te souviens de moi ? reprit la dénommée Aurel, rayonnante. J'en suis toute honorée !
- Tu rigoles ! Comment veux-tu que j'oublie ma cousine préférée ? Je suis content que tu sois là !
- Moi aussi, rit la jeune fille.
Mrs Bennett les avait rejoints, amenant un large plateau sur lequel reposaient des tasses de chocolat chaud et une assiette de toutes sortes de biscuits, l'apparence succulente et de formes variés, rappelant l'approche de la fête de Noël. Sophie, ses inséparables petites ailes de fée accrochées à son dos, la suivait tout en restant cachée derrière les jambes de sa mère, intimidée par la nouvelle venue.
- Sophie chérie, ne sois pas timide, lui dit Mrs Bennett d'un ton insistant. Va dire bonjour à Aurel !
- Ne t'en fais pas, Tantine, intervint Aurel, toujours souriante. Après tout, elle était encore toute petite la dernière fois que je l'ai vue. C'est fou comme vous avez grandi !
- Toi aussi, tu as pas mal changé ! fit remarquer Jamie.
- En effet, approuva Mrs Bennett, tu es devenue une magnifique jeune femme !
- Arrête Tantine, tu vas me faire rougir ! plaisanta Aurel
- En tout cas, c'est un plaisir de te revoir ! Je pensais qu'une fois partie à New York pour tes études, tu ne serais plus tentée de revenir dans cette ville perdue au milieu des montagnes.
- C'est vrai que j'ai toujours rêvé de partir visiter la Grosse Pomme et je me suis bien adaptée à la vie new-yorkaise, mais rien ne remplacera la ville où j'ai grandi ! Je commençais à avoir le mal du pays. Alors j'ai décidé d'emménager ici le temps de bien me reposer avant d'entamer le prochain semestre.
- Quoi, c'est vrai ? demanda Jamie, l'air surpris.
- Et oui ! Toi et Sophie aurez la chance de passer Noël avec moi cette année !
- Oh chouette ! s'écria-t-il en sautant de joie. Tu entends ça Sophie ?
La petite blonde ne semblait pas tout à fait comprendre l'excitation soudaine de son frère, mais cela ne l'empêcha pas de partager cette jubilation avec lui. Jamie ne pouvait pas souhaiter mieux. En une journée, il avait revu son meilleur ami Jack et retrouvé sa cousine Aurel, qu'il n'avait pas revue depuis des années. Mrs Bennett regardait ses enfants d'un air attendri, avant de sursauter.
- Oh ! Mais tu aurais pu me prévenir plutôt, fit-elle, soucieuse. Je t'aurais préparé une chambre.
- Oh non merci, mais pas la peine ! J'ai déjà loué un appart' pas très loin du centre-ville, que je partagerais avec Carrie.
- Tu veux dire que Carrie reviens aussi à Burgess ?
- Tout à fait ! Je lui ai proposée de me rejoindre, histoire de passer le temps ensemble. Ça fait un bail qu'on ne s'est pas revues ! Elle est partie depuis l'aéroport de Sydney, son avion devrait arriver demain matin.
- Waouh ! Elle était en Australie ?! reprit Jamie.
- Oui, pour ses études.
- Et elle fêtera Noël avec nous ?
- Bien sûr ! répondit gaiement Aurel.
o*o
Tout semblait tranquille dans un large domaine secret, situé quelque part dans les profondeurs sous la cambrouse de l'Australie. La Nature y était souveraine. Une immense étendue de tapis d'herbe frais recouvrait tous les reliefs du paysage, envahie par un éventail de végétations sauvages aux milles couleurs, des fleurs et arbres aux touches japonaises et australiennes. Des sculptures et reliques de pierres géantes étaient éparpillées dans tout le domaine, de façon bien ordonnées, comme le témoignage d'une antique cité qui serait autrefois peuplée par une civilisation disparue. De longs fleuves colorés et limpides sinuaient sereinement d'un bout à l'autre ce terrain vivant. Un vallon spacieux tapissé de vert dominait le centre de ce terrain infini. A chaque étage du vallon se trouvait un alignement de grandes cavités d'une longueur considérable qu'à mesure d'y pénétrer l'on plongeait dans l'obscurité. L'air frais du printemps régnait en ce lieu sacré, pouvant insuffler un sentiment de vie, de paix, de quiétude et d'espoir à quiconque le humait. La richesse de ce royaume concernée autant la faune que la flore. Une multitude d'oiseaux et insectes en tout genre voltigeaient jovialement, illuminés par les faisceaux de lumière solaire infiltrants.
Soudain, un grondement sourd, tel la plainte du tonnerre, résonna à travers ce domaine estival, faisant trembler les gravures de pierres et dévier la trajectoire des volatiles, apeurés, qui jouaient avec les rayons de lumière.
Le son intense fit dresser deux grandes oreilles aux poils gris, en alerte, qui s'orientèrent dans tous les sens, prêtes à discerner l'origine de ce bruit inattendu. Le grondement se répéta, plus carabiné, le sol trembla sous les larges pattes du Lapin de Pâques, qui se releva et regarda autour de lui. Il s'élança alors jusqu'au vallon central, sautant et cabriolant à travers le maquis coloré qui constituait sa demeure. Ses pattes se précipitaient frôlant à peine le sol, sa respiration scandée, trahissant son essoufflement. Mais le Gardien de l'Espoir, indifférent, amplifia l'allure et continua sa course à l'entente d'un nouveau tremblement.
Il atteignit le vallon, son regard jade scrutait les entrées des galeries ornant les ravins recouverts de plantes sauvages. De l'ombre des alvéoles, il aperçut toute une colonie de petits œufs vierges sur patte accourir vers le centre du vallon, semblant vouloir fuir un danger. Les œufs magiques sortaient en abondance depuis l'une des cavités sur la gauche et se précipitèrent derrière les formes massives des Sentinelles, œufs en pierre géants haut de huit mètres faisant office de protecteurs des lieux, arborant des gravures inspirés des totems d'Amérique Nordique et des symboles celtiques sur leur coque. Egalement alertés par les tremblements, il avait suivi leur maître, leur tête tournante affichant une expression de colère.
Méfiant, le Lapin de Pâques empoigna l'un des ses boomerangs d'une main et de l'autre retourna sa ceinture en cuir attelé en travers du haut de son corps, de sorte à positionner ses bombes en forme d'œufs devant lui afin de les avoir à porter de main. Il s'approcha prudemment de la galerie, les sourcils froncés et la respiration calme, les Sentinelles à sa suite. Lorsqu'il gagna l'entrée, tout paraissait normal. Il s'infiltra alors un peu plus, par mesure de précaution. Ses oreilles ne perçurent que l'écho du vent se répercutant dans le grand terrier et il n'y avait aucune présence. Rien de suspect. Si ce n'est qu'au fin fond, une petite ombre à la limite de la lumière qui semblait mobile. Le Gardien la vit du coin de l'œil et la fixa avec insistance, ses bras en alerte.
L'ombre se détachait peu à peu de l'obscurité en s'allongeant sur la partie éclairée de la galerie. Sa mobilité surpris le Lapin qui sursauta, sans quitter des yeux l'étrange phénomène qui se produisait. L'ombre, alors bien visible, devint fine et ondoyait gracieusement sur les murs du terrier. Bunny renifla et ses oreilles se plaquèrent en arrière. Le mouvement de cette forme ombragée lui rappelait celui d'un serpent, un prédateur naturel des lapins. Il se rendit compte que l'ombre s'approchait de lui. Et à mesure que la distance les séparant se réduisait, il constata qu'il ne s'agissait pas vraiment d'une ombre.
Une nuée. Une nuée aussi noire que la nuit s'envolait lentement, d'une allure toujours oscillante. Une nuée dans la galerie, ce n'était rien de normal !
Le Lapin de Pâques ne recula pas sous l'avancement de l'étrange fumée. Il ne pouvait faire un seul geste. Il resta sur place, comme paralysé, à la fois tourmenté et fasciné par cette nuée ténébreuse. Elle arriva à sa hauteur et commença à tournoyer délicatement autour du Gardien immobile, en partant du niveau de ses genoux. Sa traînée noire caressa son poil gris qui se hérissa à ce contact. Elle remonta lentement jusqu'à sa tête tout en continuant à virevolter. Seules les oreilles de Bunny s'étaient à nouveau mobilisées. Il distinguait comme des murmures, des chuchotements faibles et languissants, mais sans être compréhensibles. Il ne mit pas tant de temps pour deviner que ces plaintes provenaient de la traînée noire qui l'entourait.
Ces murmures s'intensifièrent, semblant parler d'une langue sifflante et ensorcelante. Le sang du Gardien se glaça, malgré lui, alors qu'il tentait de maîtriser les tremblements qui s'emparaient de ses membres. Son cœur fit deux bonds lorsque la nuée frôla son oreille gauche.
« Il s'en revient… »
Les yeux de Bunny s'agrandirent subitement, il se retourna avec vivacité en lâchant un râle sourd. Il semblait à bout de souffle, tant sa respiration était forcée. Son visage mélangeait surprise et effroi.
Il vit au loin, à l'entrée, les Sentinelles, la tête montrant une face neutre, derrière eux les petits œufs blancs, observer le Gardien curieusement. Il ne les avait pratiquement jamais habitués à agir de la sorte. Le Lapin de Pâques semblait… affolé.
Il tourna le regard vers l'intérieur de la galerie et regarda longuement le fond, son souffle cadencé, vérifiant si la nuée noire était toujours aux alentours. Il ne percevait plus aucun bruit. Pourtant, il avait bien du mal à recouvrir son calme. Ce murmure, si distinct des autres, qu'il avait entendu l'avait foncièrement perturbé. Après quelques minutes, il se résolut que la fumée obscure avait disparue, comme si de rien n'était. Mais Bunny ne pouvait restait indifférent suite à ce qu'il venait d'assister. Ces paroles résonnèrent encore dans sa tête. « Il s'en revient ».
Le Lapin de Pâques ne réfléchit pas deux fois. Il s'élança en profondeur dans la galerie à toute vitesse. Il se devait de signaler ces évènements troublants. Il suivit le tunnel aussi rapidement qu'il le put, accourant à perdre haleine vers le Pôle Nord, prévenir le meneur des Gardiens.
Voilà pour ce chapitre. Il vous plait ? :D
Je veux bien reconnaître que le rythme peut sembler un peu mou. Mais rassurez-vous, ce n'est que le début ! Le temps que l'intrigue se pose. :D (D'ailleurs, j'ai toujours pensé que le début était la phase la plus difficile d'une fiction...) Les actions viendront donc plus tard ! Pour le moment, j'ai l'intention de jouer un petit peu avec vous en ajoutant du mystère ;D Histoire de vous titiller un peu plus ! xD (Que je suis méchante !)
Je ne vous garantie pas une vite sortie du prochain chapitre. D'ici la semaine prochaine au pire ( je pense...) J'attend que passe les examens blancs avant de vous pondre la suite.
En tout cas, merci encore de vos reviews et prenez soin de vous ! Arrivederci !
