Bien le bonjour à tous ! :D Me revoici avec un peu de retard, mais le chapitre 6 est enfin là ! Je n'aurais pas du le sortir maintenant, vu que j'étais quand même censée réviser mon grec, comme je passe mon oral mardi (Ouuuh ! La vilaine ! TwT) mais j'étais trop impatiente de le sortir ! J'espère qu'il vous plaira ! :D
Je remarque que mes chapitres sont de plus en plus longs (8 778 mots pour celui, sans les italiques ! O.O) Aussi, je crois que je vais copié Tata Delph et vous répondre à vos reviews par MP d'ici le prochain chapitre :) Histoire d'éviter que ce soit trop lourd (Sinon, je risque d'atteindre les 15 000 mots d'ici la fin de la fiction ! xD) En plus, je suis super bavarde quand je vous parle ! Plus que quand j'écris mes chapitres ! x)
Dark-Alex-Demon1 : T'en fais pas ! Je ne suis pas cruelle au point de tuer Jack dès le cinquième chapitre ! xD Contente que le combat contre Devin t'ait plu ! :D Je me suis pas mal défoulée en l'écrivant x) Est-ce que ta nouvelle technique de torture consisterait-elle à arracher les dents ? (Miss, tu commences à me faire peur... xD) Quel chanceux ce Devin ! Sa première demande en mariage ! Par contre tu vas devoir te débrouiller avec lui pour qu'il accepte x) Mais à vrai dire, avec toi à côté c'est plutôt pour lui que je me fais du soucis...
Delph1762 : Ok pour le deal ! :D Et je confirme que ta beta s'est tout aussi bien marré en lisant ta dernière review ! xD (Je t'imagine trop faire des bonds sur ta chaise !) Devin ? Bien sûr que ça se prononce à l'anglaise, quelle question ! L'anglais, c'est toujours plus classe ! (Bitch Please !) Et oui, un méchant poète, rien de plus redoutable ! B) Et encore, tu ne l'as pas vu jouer du ukulélé ! xD (Je vais me faire tuer par mon propre personnage si ça continue...) Et oui, même si ça casse un peu le mythe, Lunar est bien le vrai nom de l'Homme de la Lune x) Mais bon, on fait avec ! Si jamais tu veux d'autres musiques, n'hésites pas à me demander ;D
Alicy-sunberg : Merciiiii ! Je suis trop contente que ce chapitre t'ait plu ! :D Si je saurais bien exploiter Fée ? Lis-moi ce chapitre et tu m'en diras des nouvelles ! xD Et tu vas découvrir qui est Jenny Greenteeth, par la même occasion ;)
Marles83 : Rohlala ! Je suis trooop contente de te retrouver ! :D ça fait plaisir de te revoir ! Oui je me suis fait bien plaisir avec le délire de St Pierre ! xD Tes suppositions sont intéressantes... mais inexactes pour certaines xD Il encore trop tôt pour le révéler ! :D (Moi sadique ? Nooooon !)
Aller ! Place à la lecture ! :)
Chapitre VI
Danse avec les flocons
o*o
La Fée des Dents sentit l'humidité de l'air frais glisser sur ses plumes délicates, alors qu'elle survolait le territoire écossais de nuit, accompagnée de six de ses petites acolytes. Depuis le ciel, elle contempla le paysage fait de landes, de tourbières et de divers lochs si caractéristiques de cette région de la Grande Bretagne. Bien que l'hiver approchait, la verdure des vastes collines et des forêts dominait encore toute la contrée, n'étant que légèrement enfarinées d'une fine couche blanche. Fée s'étonna d'ailleurs de la faible présence de la neige. Jack Frost n'était-il pas censé arroser les pays nordiques de ses flocons ? Le pépiement de Quenotte la fit sortir de sa réflexion, lui signalant qu'elles étaient presque arrivées à leur destination. La petite fée guidait sa maîtresse en direction de l'embouchure de la Ness, fleuve qui se déversait le long de la ville d'Inverness. Lieu où furent récoltées les énormes dents écœurantes ramenées par ses fées. Cette pensée froissa la Gardienne d'une colère sans nom.
Surplombant la ville endormie, elle patienta le retour de ses fées qui se faufilèrent discrètement dans différentes maisons, avant de revenir auprès d'elle. L'irritation de la Fée des Dents ne fit que s'accroître davantage, alors qu'elles lui remirent d'autres dents aussi vertes et détériorées. Les fées en étaient toutes chamboulées. Au moins, elles avaient pu laisser un petit trésor sous l'oreiller de chaque enfant, en dépit de ne pas y avoir trouvé une dent de lait toute blanche et toute lisse. La croyance de la Gardienne était de ce fait assurée. Il n'empêchait qu'on avait osé voler les dents, pour les remplacer par ces horribles crocs. Pire, on avait volé les souvenirs des enfants.
Fée piqua droit vers la forêt jonchant Inverness, les dents serrées. Déterminée, elle savait ce qu'elle avait à faire, aussi les six récolteuses la suivirent sans faire d'histoire.
À mesure qu'elle s'approchait de la forêt, la fraîcheur de l'air s'amplifia, la faisant parcourir de frissons qui frétillèrent ses plumes. Une brume s'éleva à l'orée des bois, devenant de plus en plus épaisse alors que Fée y pénétra sans hésitation. La vue brouillée, elle fit confiance à son instinct pour la conduire à travers l'atmosphère sombre de la forêt. Ses petites fées avaient stoppé leurs gazouillis, laissant seul le souffle du vent résonner à travers les branches des arbres lugubres. Une odeur de pourriture mêlée à l'humidité se fit alors sentir, tandis que le croassement de crapauds accompagnait le cri des corbeaux dans un chant funeste. Le brouillard était de plus en plus bas, mais la Fée des Dents continua sa progression. Traversant des lierres et la végétation mousseuse des arbres, elle atteignit finalement un large marais où la végétation était à l'image des endroits les plus obscurs où les humains n'oseraient jamais y mettre les pieds.
Les branches des arbres s'étendaient telles de longs bras difformes prêts à s'emparer du premier venu. L'eau verdâtre et remplie d'algues et de roseaux inondait le terrain, il était impossible de circuler à pied en ce lieu. À moins que de se baigner dans les eaux puantes et de se faire chatouiller par les morsures des anguilles et des sangsues. L'air était presque irrespirable, et Fée dut porter ses mains sur son visage pour résister à l'odeur désagréable qui s'imprégnait dans les marais. Le concert des sons des créatures des lieux s'amplifiait depuis qu'elle était parvenue jusqu'ici, et résonnait comme une cacophonie agaçante dans ses oreilles. Elle tenta de rassurer ses petites fées, dont les plaintes prouvaient leur inquiétude et leur malaise face à cet endroit. Puis elle virevolta doucement à travers la brume du marais, la tête tournant dans tous les sens comme si elle cherchait quelque chose. Une voix éraillée et caverneuse derrière son dos l'immobilisa.
- La Fée des Dents vient me faire honneur de sa présence…
La mâchoire de Fée se serra, alors qu'un rictus de colère anima brutalement son visage. Elle se retourna rapidement pour faire face à la personne qui venait de prononcer ces paroles. Pas plus loin d'une dizaine de mètres devant elle se trouvait une femme, postée sur une petite île émergeant des eaux marécageuses. Une femme au dos courbé, à l'allure repoussante. Son visage rond, à la peau verdâtre, était tiraillé par des rides et d'innombrables verrues, orné d'un gros nez crochu. Sa tignasse noire crépue était sale, emmêlée et mouillée. Des flux d'eau s'écoulait en continu depuis son crâne le long de son corps, habillé de larges draps déchirés et pourris par la crasse, recouverts de vase et d'algues visqueuses dans lesquelles quelques vers, serpents et grenouilles avait élu résidence.
L'hideuse femme fixait Fée de ses petits yeux noirs luisant d'hostilité, alors que ses lèvres difformes laissaient découvrir ses énormes dents cariées, aussi vertes que sa peau, qui menaçaient de fondre en miettes. La vision d'une telle dentition écœura la Fée des Dents qui sentit son estomac barbouillé.
- Jenny Greenteeth ! s'écria-t-elle, irritée. Qu'est-ce…
Elle s'arrêta lorsqu'elle vit la lueur blanchâtre de petites dents de lait dans le creux de la main squelettique et boutonneuse de l'horrible femme. Fée écarquilla les yeux et explosa.
- Maudite ! Comment oses-tu voler les dents des enfants ?!
La dénommée Jenny Greenteeth ricana en voyant l'emportement de la Gardienne. Elle amena sa main détenant les dents devant elle et joua avec elles de son autre main, en les faisant claquer les unes contre les autres.
- Ne fais pas d'histoire pour si peu, répondit-elle de sa voix cassée. Ce ne sont que quelques dents. Tu en as déjà bien des milliers en ta possession, alors ne sois pas égoïste ! D'autant plus que je t'avais laissé des miennes en échange.
- Tu sais l'importance que ces dents représentent ! répliqua Fée avec rage. Et tu oses te les approprier et les remplacer par tes affreux crocs malpropres !
- Dis tout de suite que mes dents ne sont pas assez jolies pour toi ! Ceci dit, je reconnais que les dents de lait sont les plus belles qui soient. Je suis jalouse de l'email des enfants, leurs dents me fascinent…
La vieille femme avait prononcé ces paroles avec béguin et perfidie. Elle saisit l'une des canines dans sa main entre deux doigts et la mit devant ses yeux pour la contempler. Quenotte reconnut la première dent du petit Connor et piailla pour en informer sa maîtresse, dont les plumes se hérissèrent de colère.
- Si blanches, si délicates, reprit Jenny dans un murmure bien audible. Combien aurais-je donné pour en avoir de telles ? Elles sont si parfaites… et si délicieuses.
Elle prit alors une bonne poignée de dents et les fourra dans sa bouche, sous les yeux de la Gardienne. L'horreur déforma le visage de cette dernière, voyant les dents de lait craqueler et se briser en morceaux sous les crocs détériorés de Jenny Greenteeth qui s'en délecta. La Fée des Dents crut qu'elle allait vomir, alors que des larmes lui montèrent aux yeux devant le spectacle de la vieille femme en train de dévorer les précieux souvenirs des enfants.
- SALE SORCIÈRE !
Le hurlement de Fée fit sursauter Jenny, alors que la Gardienne se rua sur elle sans crier gare. Surprise, la femme hideuse sentit la Fée des Dents la frôler à sa gauche, ses ailes devenues aussi robustes qu'une lame d'épée lui cisaillant une mèche de cheveux près de son oreille. Elle se retourna et vit Fée planer dans l'air, ses ailes frétillant encore plus vite que d'habitude, lui lancer un regard foudroyant. Jenny recula lentement jusqu'au bord de la petite île, ne quittant pas la Gardienne des Souvenirs des yeux.
- Rend-moi tout de suite les dents que tu as volées ! ordonna Fée d'une voix forte.
- Hé hé ! Tu n'as qu'à venir les chercher… provoqua Jenny.
Fée ne se fit pas prier. Elle fonça à nouveau sur la vieille femme, mais celle-ci plongea profondément dans l'eau vaseuse avant qu'elle n'ait le temps de la toucher. Prise de colère, la Gardienne n'avait aucunement l'intention d'en rester là. Elle chercha Jenny en survolant la surface du marais avec rapidité. Ses petites fées s'adonnèrent elles aussi aux recherches pour l'aider. Fée perçut alors du mouvement non loin d'elle. Elle s'approcha d'un amas de hauts roseaux qu'elle dégagea en douceur. Elle n'y trouva rien d'autre qu'un crapaud qui s'y était caché. Les piaillements de ses petites fées derrière elle l'alertèrent. Elle voulut se retourner, mais trop tard ! Une main trempée lui saisit subitement la cheville et l'entraîna brusquement dans l'eau avec elle. Les fées s'affolèrent en voyant leur maîtresse disparaître dans les marécages.
Jenny Greenteeth maintenait fortement la cheville de Fée et l'emmenait de plus en plus dans les profondeurs. L'eau était glacée et opaque. La Gardienne percevait à peine la surface avec toute la saleté et les algues gluantes qui l'entouraient. Malgré ses débattements, elle ne parvint pas à se dégager de l'emprise de Jenny. Bientôt, elle sentit que le souffle lui manquait. Elle arracha l'une des algues qui s'était enroulée autour d'elle. D'une force déterminée, elle se tordit pour plonger davantage vers Jenny et usa de l'algue pour l'étrangler. Sous l'étouffement, Jenny finit par lâcher sa cheville pour déchirer l'algue qui cerclait son cou, laissant l'occasion à la Gardienne de remonter hors de l'eau.
Fée inspira fort quand elle revint à la surface, récupérant l'air qui manquait dans ses poumons. Sous les encouragements de ses fées, elle s'éleva dans les airs pour s'assurer que la créature des marais ne tenterait pas à nouveau de la noyer. De haut, elle la chercha des yeux, n'osant plus s'approcher de l'eau. Le bruit du mouvement de l'eau lui fit tourner la tête vers l'une des petites îles émergeantes, sur laquelle apparut Jenny Greenteeth, ruisselante d'eau. Ses horribles dents formèrent un sourire hypertrophié.
- Tu es vraiment déterminée à récupérer ces dents.
Fée se précipita sur elle dans un cri de rage, les poings serrés. Mais Jenny eût le temps de replonger dans le marais avant qu'elle n'encaisse le moindre coup. La Gardienne s'arrêta et fit volte-face pour voir la sorcière remonter sur une autre île un peu plus loin. Ses petits yeux noirs la regardèrent avec raillerie.
- Je suis là ! appela-t-elle de sa voix rayée.
Fée repartit à la charge, ses ailes se solidifiant, prêtes à tailler son adversaire. Mais encore une fois, Jenny s'empressa de disparaître dans l'eau. La Fée des Dents laissa échapper un cri de rage, offusquée de s'être encore faite avoir. Et comme elle l'attendait, elle vit l'hideuse femme sortir des eaux un peu plus loin.
- Encore raté ! chevrota-t-elle, avec moquerie.
Cette fois, c'en était trop. La Gardienne fonça une ultime fois vers elle. Sa rapidité pris Jenny au dépourvu, qui la vit à peine venir. Fée en profita pour lui asséner un magistral crochet du droit, faisant voler quelques dents verdâtres de sa mâchoire. Jenny, sonnée, s'abattit misérablement au sol, se tenant sa bouche de sa main. Elle leva un regard haineux vers la Gardienne, qui lui lançait des yeux tout aussi courroucés. Elle cracha au sol le sang de ses dents perdues, pour montrer son dégoût vis-à-vis de Fée.
- Sale petite garce ! s'écria-t-elle.
Elle se releva subitement, contre toute attente, et jeta une longue algue qui attrapa le poignet de la Gardienne, comme un fouet. Jenny tira avec force, entraînant Fée dans sa chute. Mais la Fée des Dents ne se laissa pas faire. Elle profita que l'algue lui maintienne le bras pour tourner autour de la vieille femme avec vélocité. Jenny Greenteeth se retrouva liée par ses propres algues. Elle hurla en se débattant, mais sans succès.
Fée fusa de toute sa rapidité vers la sorcière, la tête la première. Au dernier moment, elle dévia dans le sens inverse de sa trajectoire et frappa Jenny avec la force de ses pieds. Cette dernière fut repousser sur plusieurs mètres plus loin et s'écroula violemment sur la berge du marais. Étourdie par le choc, elle eût bien du mal à se relever sans manquer de retomber à terre. Fée la laissa se relever, chancelante, alors qu'elle tournoya autour d'elle, ses ailes opalescentes s'agitant avec furie.
- Pour la dernière fois, Jenny, lui lança-t-elle sévère, remets-moi les dents des enfants !
Un petit rire mesquin s'échappa des lèvres vertes de la créature des marais. Elle s'accroupit à terre et entama de tracer d'un geste vif des marques dans la terre mouillée. Intriguée, Fée avait arrêté de tourner autour d'elle. Jenny Greenteeth marmonna quelques paroles dans sa barbe, tout en esquissant un affreux sourire. Puis elle leva les yeux vers la Fée des Dents et se remit debout d'un rythme calme. Trop calme.
C'est alors que la Gardienne crut voir du mouvement derrière la sorcière. L'eau des marécages ondula progressivement, des bulles remontant à la surface au centre de la perturbation du fluide. De plus en plus de bulles éclatèrent, des vagues commencèrent à s'élever. Puis soudain, un gigantesque amas de boue et de vase jaillit des flots, sous l'épouvante de la Gardienne. L'amoncèlement de boue prit alors peu à peu une apparence anthropomorphite, formant de gros bras saillants, un haut-corps exagérément élargi, des jambes robustes et une tête ronde pourvue uniquement d'une large bouche tordue qui poussa un cri sourd à briser les tympans. Fée plaqua ses mains contre ses oreilles face à la douleur que provoquait ce cri. Son cœur augmenta d'allure quand elle vit le golem dégoulinant de gadoue sortir de l'eau pour atteindre la berge et s'approcher d'elle en faisant trembler le sol. Dans un râle enroué, il balança ses poings dans l'intention de frapper la Gardienne. Celle-ci évita les coups avec agilité, malgré la taille colossale du golem et la fatigue qui commençait à s'emparer d'elle. Agacé par la vélocité de la Fée des Dents, le monstre de boue abaissa ses bras et ouvrit grand la bouche pour cracher un puissant jet d'eau odorante et violacée sur elle. Fée se le prit de plein fouet et fut éjectée contre un arbre avant de s'abattre au sol. Tentant de se relever, elle souleva son bras trempé d'eau de couleur mauve devant elle. Ses belles plumes ayant été touchées par le liquide brûlèrent et furent réduire en cendre. Fée en fut bouleversée, ses yeux se plissèrent d'une violente colère.
Le golem s'approcha d'elle d'un pas lourd, sa bouche laissant échapper une vapeur violette. La Gardienne le fixa intensément, sans bouger. Lorsqu'il arriva près d'elle, il leva son pied et s'apprêta à écraser la Fée des Dents de tout son poids. Mais cette dernière attendit le dernier moment pour décoller et repartir dans les airs, faisant louper sa cible au golem. La créature de boue hurla de rage, et tourna la tête pour localiser la position de la fée. Jenny Greenteeth se remit à rire, en voyant l'état dépravé de la Gardienne, ses plumes ayant perdues leurs couleurs fraîches, trempées et certaines d'entre elles noircies par le poison du crachat du golem. Les petites fées, quant à elles, ne cessaient de piailler d'inquiétude pour la Fée des Dents, qui animée de férocité jeta un regard noir vers la sorcière, ne prêtant plus attention au golem qui se redirigeait vers elle en grommelant.
- Très bien, Jenny, susurra-t-elle. Passons aux choses sérieuses à présent.
Jenny Greenteeth s'arrêta de rire sous ces paroles, curieuse. Elle observa Fée se retourner à nouveau vers le géant de boue, avancer d'un pas traînant. Subitement, elle arracha quelques longues plumes de sa queue en jupe. Celles-ci se solidifièrent au contact de ses mains, droites sur toute leur longueur, s'affinant davantage. Puis la Gardienne les déplia d'un geste gracieux, révélant deux grands éventails colorés, dont les plumes étaient aussi fines que des lames de rasoirs. Elle les fit tournoyer avant de se mettre en position, pour intimider le golem. À cet instant, la Fée des Dents parut majestueuse et redoutable.
Lorsque le pantin de Jenny s'apprêta à la frapper encore une fois, Fée fila comme l'éclair entre son bras et sa tête, ses éventails en main, et découpa sauvagement le poing de la créature, qui tomba lourdement au sol. Le golem lâcha un cri de douleur en se tenant le membre mutilé. Le désarroi transfigura alors dans le regard de Jenny. Enragé, le géant se rua vers Fée, qui frottait ses éventails de plumes, produisant un son comme des lames qui se croisaient. Le golem abattit avec force son poing sur la Gardienne, mais celle-ci l'esquiva au dernier moment. Le poing ruisselant de boue ne fit que remuer violemment le sol, alors que Fée s'occupa de sectionner la jambe droite sur laquelle il s'appuyer. Dépouillé de sa jambe, le golem s'effondra et hurla à tue-tête, tant que même Jenny fut contrainte de se couvrir les oreilles et baisser la tête. Mais la Fée des Dents ne s'en arrêta pas là.
Surélevée, au-devant du golem, ses ailes se mirent à vibrer frénétiquement, tandis qu'elles faisaient de grands gestes circulaires avec ses éventails rigides. Le mouvement provoqua une puissante bourrasque de vent, telle que la masse de boue qui restait du golem se souleva et fut projetée jusqu'au centre du lac marécageux, où il plongea, créant un raz-de-marée dans sa chute. Jenny Greenteeth avait à présent le visage déformé par l'embarras, hallucinant que la Fée des Dents soit parvenue en un rien de temps à inverser l'avantage. Tentant de se relever, malgré ses membres amputés, le golem ouvrit grand la bouche et cracha en continue un nouveau jet violet vers la Gardienne. Fée vrilla, évitant l'offensive du monstre. Puis d'une vitesse supersonique, elle s'élança vers lui et lui trancha la tête.
Un silence de mort s'imposa dans les lieux. Même les crapauds avaient arrêté leur chant dysharmonique. Enfin la tête du golem s'injecta dans l'eau, rompant le silence. Les plaintes de la faune des marais reprirent, accompagnées par les gazouillis des six petites fées félicitant la victoire de leur maîtresse. Fée regarda le corps du golem couler peu à peu, essoufflée et soulagée de s'en être débarrassé. Un craquement l'alerta alors. En tournant la tête, elle vit Jenny Greenteeth contourner la berge et se précipiter pour disparaître dans les eaux. Mais la Gardienne ne lui en laissa pas le temps. Elle chargea vers elle et l'entrechoqua brusquement, la faisant éjecter plus loin sur la rive. S'écrasant sur le dos, l'hideuse femme jura et se débattant. Elle cessa tout mouvement lorsqu'elle sentit les lames de plumes de l'éventail de Fée se loger sous sa gorge. La Fée des Dents s'était appuyée sur elle, de sorte à bien l'isoler, entourée de ces compagnes qui piaillaient de manière déchainée contre la sorcière. Son regard reflétait une fureur et une hargne sans pareil.
- C'est la dernière fois que je me répète, Jenny, souffla-t-elle de colère. Rend-moi les dents que tu as volées !
- Trop tard ! s'exclama Jenny. Je les ai déjà toutes dévorées !
La lame de l'éventail s'appuya davantage sur sa gorge, menaçant de la lui découper. Jenny suffoqua de panique, avant de brailler :
- D'accord ! D'accord ! Je te les rends !
Elle fouilla dans sa tunique grouillante d'algues et de sangsues pour en sortir trois bourses en toile dans un triste état. Elle les balança plus loin à son côté, ne voulant risquer de bouger davantage. Sous l'ordre de la Gardienne, trois des fées ouvrirent les bourses et y découvrir avec soulagement les dents de lait des enfants d'Inverness. Les trois autres s'attelèrent à fouiller Jenny pour vérifier qu'elle ne gardait aucune dent. Certifiée, Fée se dégagea de la sorcière et s'empara des bourses que lui remirent ses acolytes. Profitant d'être libérée, cette dernière se releva et s'éloigna de la Fée des Dents, dans l'intention de replonger dans le marais. Avant de s'engloutir entièrement, elle lui jeta un dernier regard haineux.
- Tu me le paieras, Fée ! vociféra Jenny. Je te jure que tu ne t'en tireras pas comme ça ! Ma sœur en entendra parler !
- Déguerpis, vipère ! répliqua Fée, pas moins furax.
Jenny Greenteeth beugla, montrant ses énormes dents laides, avant de disparaître dans les profondeurs de l'eau vaseuse.
Le calme revint dans le marais, alors que Fée laissa échapper un long soupir en rangeant ses éventails. Une mine attristée s'empara de son joli visage, ses plumes ayant pris une teinte bien plus sombre qu'à l'habituel. Le battement de ses ailes ralentit en douceur, ce qui la fit se poser à genoux au sol. Elle porta les bourses détenant les petites dents de lait contre sa poitrine, alors que les larmes glissèrent délicatement sur ses fines joues. La scène ayant provoqué le combat refit surface dans sa tête. Longtemps, elle avait cru que Jenny Greenteeth se contentait de s'emparer des humains osant fouler son territoire, pour les noyer. Plus maintenant semblerait-il.
Les dents des enfants, les souvenirs de leur enfance. Dévorées par cette infâme créature. Le pire délit aux yeux de la Fée des Dents. Cet enfant, le petit Connor, c'était sa première dent. Et elle a été broyée par l'esprit des marais, devant elle. La lourde culpabilité emplit désagréablement le cœur de Fée. Malgré les consolations de Quenotte, les larmes continuaient à s'échapper de ses paupières. Elle se sentait tellement indigne de son rôle, coupable de ne pas avoir pu protéger les souvenirs de ces enfants qui croyaient en elle.
Alors qu'elle était plongée dans les remords, une voix venant du ciel l'appela.
- Fée !
L'interpellée levant les yeux vers la voûte céleste, remarquant que la brume s'était évanouie. Dans les airs, elle vit la silhouette de l'esprit de l'Hiver, le bâton à la main, se diriger vers elle.
- Jack ! appela-t-elle à son tour, la voix perturbée par ses sanglots.
Derrière lui, elle aperçut le traîneau du Père Noël le suivre. Il dévia ensuite sa trajectoire pour trouver un endroit propice pour atterrir. Jack Frost continua sa route et vint rejoindre la Fée des Dents. La petite Quenotte vint lui faire la fête, quand il remarqua les traces des larmes sur le visage de la Gardienne.
- Fée ! s'exclama-t-il, inquiet, s'accroupissant à côté d'elle. Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Jenny Greenteeth… elle… les dents…
Elle ne put continuer, au risque de fondre à nouveau en larme. Désemparé face à ses paroles décousues, le Gardien du Jeu, ne sachant comment réagir, posa doucement une main sur son épaule. Ce simple geste, pourtant réconfortant, sembla calmer quelque peu la Fée des Dents. Elle renifla, dégagea les larmes restantes au coin des yeux, marmonnant des excuses. Jack esquissa un petit sourire. Fée avait l'habitude de s'excuser inutilement pour un rien, comme la fois où les Gardiens l'avaient aidée à récolter les dents des enfants, après que ses petites fées lui soient substituées par Pitch. S'excuser pour s'être pris un panneau publicitaire en pleine face. Ressassant vaguement les bons souvenirs, Jack étudia l'état de son amie. Elle semblait fatiguée, en plus de son chagrin, son plumage était balayé, trempé et légèrement brûlé par endroit. Il était évident que la Gardienne venait de subir une confrontation éprouvante.
- Tu es dans un triste état, commenta Jack.
- Si seulement j'étais arrivée à temps…, prononça finalement Fée, entre deux sanglots.
- Hé ! Calme toi, ça va aller, rassura-t-il. Viens ! Nord a du atterrir le traîneau à l'extérieur de la forêt. On ira au Pôle pour te soigner et tu nous expliqueras tout.
- Mais, mes fées, protesta doucement la Gardienne. Je dois les aider à la récolte.
En réponse, Quenotte et les autres secouèrent la tête et pépièrent gentiment à la Fée des Dents.
- Ne t'en fais pas, reprit Jack, souriant, elles sauront se débrouiller. Pas vrai, Quenotte ?
Cette dernière lâcha en réponse un couinement fier et déterminé qui amusa le jeune Gardien. Fée recouvra son sourire, face au dévouement de ses petites fées, et retrouva la force de battre à nouveau des ailes pour léviter à côté de Jack. Elle remit à ses travailleuses les bourses de Jenny Greenteeth, puis celles-ci s'envolèrent en direction du Palais des Dents. Fée les observa jusqu'à ce qu'elles s'évanouirent dans l'obscurité de la nuit, avant de suivre Jack pour quitter l'atmosphère fétide du marais.
- Vous me cherchiez ? demanda-t-elle alors, étonnée par la présence de ses compagnons Gardiens.
- Oui, répondit Jack. On est allés voir au Palais, mais comme tu n'y étais pas, tes fées nous ont expliqué – avec difficulté, quand même – que tu t'es rendue ici. Alors, on a filé pour te retrouver.
- Il se passe quelque chose ? s'inquiéta Fée.
- Il y a des choses pas très rassurantes dont on doit te parler, avoua le jeune Gardien.
o*o
Rien à faire. Carrie avait beau se retourner dans son lit, adopter les positions les plus confortables – ou même les plus improbables – elle ne parvenait pas à trouver le sommeil. Ce n'est pas que l'envie lui manquait. De plus, l'appartement qu'Aurel avait loué pour elle deux était bien espacé et confortable. Elles avaient droit à leur propre chambre chacune, aussi elle ne risquait pas d'être perturbée par les ronflements plutôt sonores de sa meilleure amie, réputée pour avoir le sommeil aussi lourd que du plomb. Non, quelque chose la perturbait. Une pensée lui titubait l'esprit et l'empêcher de s'endormir. Elle tenta de toutes ses forces de l'oublier, mais c'était peine perdue. La vision du jeune homme aux cheveux argentés s'étant envolé dans les airs lui hantait l'esprit. Elle l'avait bien vu de ses propres yeux, et apparemment, elle n'était pas la seule. Ce garçon jouait avec Jamie et Sophie comme des amis de longues dates dans une courte mais frénétique bataille de boule de neige. Ce garçon semblait bien réel.
Alors pourquoi ? Pourquoi Aurel ne l'avait-elle pas vu ? Pourquoi avait-elle réagi comme s'il était invisible ? Comme s'il n'existait pas ? Ce jeune homme semblait même avoir parfaitement confiance d'être imperceptible. Pourtant, il avait bien interagi avec les enfants. Mais alors comment… ?
Une idée traversa son esprit. Une idée qui lui déplut au plus haut point. Carrie se releva et prit sa tête entre ses deux mains, la secouant doucement. Les mauvais souvenirs de son passé s'imprégna de sa pensée, alors qu'elle avait cru les avoir enfouis dans l'oubli une bonne fois pour toutes. Dans un combat mental, elle se contredit. Peut-être s'était-elle imaginer des choses ? « Non. Ça ne peut pas… Impossible ! ». Elle resta ainsi, espérant pouvoir retrouver l'envie de dormir.
Une heure quarante. Le sommeil ne daignait pas de pointer le bout de son nez. Parfaitement éveillée, Carrie ne sut plus quoi faire. Elle était trop troublée pour s'endormir l'esprit tranquille. Quoi qu'elle faisait, la vision du jeune homme revenait toujours dans sa tête. Cette vision persistante commençait à la convaincre de ce qu'elle avait vu. Mais têtue, elle continua à secouer la tête. Finalement, elle se leva de son lit, dont les draps étaient éparpillés dans tous les sens, à l'image des tourments de la jeune fille. Elle se dirigea vers son placard pour enfiler un simple jean, des bottes et une chaude veste à capuche. Puis elle s'empara des clés de l'appartement avant de sortir avec discrétion. Elle avait besoin de prendre l'air.
o*o
L'atelier du Père Noël n'était pas moins en ébullition lorsque les Cinq Légendes revinrent au Pôle Nord réunis. On aurait même dit que les Yétis avait accéléré le rythme, courant dans tous les sens les bras surchargés d'outils, de matériaux et de papiers cadeaux. Bunny allait dire à Nord qu'il était peut-être exagéré de s'empresser ainsi à deux mois de la veille de Noël, mais il fut coupé par une soucoupe volante qui l'obligea à se baisser avant qu'il ne s'écrase sur sa figure. Même Jack, contrairement à Fée et Sab qui lévitaient au-dessus du sol, ne savait plus où mettre les pieds, sans prendre le risque d'écraser l'un des dizaines de petits elfes qui se promenaient dans tous les sens. Ils purent trouver un moment de répit lorsqu'ils atteignirent la Chambre du Globe, seul lieu où le calme résidait dans l'usine de jouets.
La haute cheminée crépitait déjà d'un feu de joie à leur arrivée – ce qui ne déplut pas au Lapin de Pâques, encore grelottant. Un Yéti les avait rejoints, un plateau plein à craquer de délicieux chocolats chauds, que le Marchand de Sable s'empressa à boire d'une traite, une tasse après l'autre. Fée s'était installée dans le coin salon non loin de la cheminée après avoir été soignée, sur un bon canapé en tissus brodé fidèle aux arabesques et aux couleurs de l'intérieur du château. Elle avait toujours la mine grave et ses larmes avaient encore laissées des traces sur son visage. Elle avait eût peine de raconter sa péripétie à ses collègues durant le trajet, tant sa gorge nouée lui faisait mal. De même les quatre autres Gardiens avaient tenté de la consoler, sans vraiment grand résultat. Néanmoins, elle se força à chasser ses idées noires et à se concentrer sur l'autre problème que lui ont rapporté ses compagnons.
- D'abord l'apparition de Devin, ensuite Jenny Greenteeth qui s'en prend aux dents des enfants… Qu'est-ce que ça va être la prochaine fois ! s'exclama Nord, tourmenté.
- Je ne comprends pas… déclara la Fée des Dents. Qu'est-ce que veux ce Devin ? Quel est son but ?
- Justement, on est pas plus éclairés à ce niveau-là, intervint Bunny, posté juste devant la cheminée et se frottant vivement les épaules.
- Tout ce qu'on sait, répondit Jack, c'est qu'il serait un ennemi du temps de l'Âge Noir, comme l'a dit Luer à Nord et Bunny.
- L'Âge Noir…, gémit Fée. Cette horrible guerre avant notre existence à tous, qui a menacé la disparition des premiers humains ?
- Celle-là même, certifia Nord, bien plus inquiet.
- Mais comment se fait-il que l'Homme de la Lune ne s'adresse plus à Luer ? s'étonna-t-elle. Il avait pris part à cette guerre, il devrait savoir quelque chose à propos de Devin !
- Ça, ça reste un mystère, râla le Lapin de Pâques. Déjà qu'il est plutôt rare qu'il nous parle, il a subitement fait vœux de silence avec Luer.
- Mais ça ne nous avance pas sur le comment cet ennemi est réapparu et ce qu'il a l'intention de faire ! fit le Père Noël en roulant fortement sa langue.
Entre deux chocolats chauds, Sab s'était dirigé vers les autres Gardiens et fit alors apparaître l'image d'une ville perdue entre les montagnes, accompagné d'un grand point d'interrogation.
- Il se serait passé quelque chose à Burgess ? devina Nord.
Le silence s'interposa alors dans la salle. Les Cinq Gardiens se jetèrent des regards anxieux, jusqu'à ce que Jack prenne son menton, les sourcils froncés, semblant réfléchir à une supposition. Les autres tournèrent alors la tête vers lui, en voyant son expression.
-Tu sais quelque chose à ce propos, Jack ? lui demanda Fée.
- Je sais pas trop, hésita le jeune Gardien. Les fois où je suis allé à Burgess, tout paraissait normal. Rien n'a changé, si ce n'est que la cousine de Jamie et sa meilleure amie sont revenues à Burgess, après y être parties quelques années plus tôt.
- En quoi le retour de ces filles aurait-il un lien avec tout ça ? questionna Bunny.
- Aucune idée. Mais je me rappelle que quand j'ai vu Devin, il était posté devant la fenêtre de la chambre de Sophie, et il semblait intéressé par l'une des filles qui était montée pour la border.
Le silence revint, plus imposant. Tellement qu'on entendait le crépitement du feu, malgré les exclamations incompréhensibles des Yétis dans l'atelier. Les Gardiens réfléchissaient tous, l'air décontenancé. Trop de questions et si peu de réponses. Une pression en plus s'ajouta chez Fée, qui n'était toujours pas remise de sa mésaventure face à Jenny Greenteeth. Nord, Sab, Bunny et Jack n'étaient pas moins troublés, ayant assisté aux capacités de Devin – surtout en ce qui concernait le Gardien du Jeu.
Au bout de quelques minutes, le Père Noël lâcha un grand soupir.
- J'aurais aimé que nous nous retrouvions tous dans de biens meilleures circonstances, avoua-t-il.
- Je ne te le fais pas dire, souffla Bunny.
- En tout cas, reprit Nord, d'un ton plus déterminé, nous avons pour mission de veiller sur les enfants ! Et j'ai la mauvaise impression qu'ils seront les plus exposés à ce qu'il risque de suivre… Nous devrons empêcher les agissements de Devin, quelles que soient ses motivations !
- Et comment veux-tu faire, maintenant qu'on a perdu sa trace ? fit remarquer Jack.
- Malheureusement, nous ne pouvons qu'ouvrir grand les yeux et attendre qu'il ne se remontre. Mais vu que c'est à Burgess que nous l'avons vu la première fois, il serait plus judicieux de surveiller la ville.
- Hum, sans vouloir être rabat-joie, Nord, fit Fée, je te rappelle que la plupart d'entre nous sommes occupés.
- Moi je peux le faire ! se dévoua Jack, avec joie.
- Tu as raison Fée, approuva le Père Noël. Sab et toi devez assumer votre rôle en permanence. Moi, je suis pour le moment trop pris par les préparatifs de ma tournée. Quant à Jack ! – son regard se fit plus insistant quand il se tourna vers le jeune homme – Il doit à tout prix faire le tour de l'hémisphère Nord, pour enfin faire tomber la neige, avant que les humains ne remarquent quelque chose d'anormal. N'est-ce pas, Jack ?
Jack soupira d'agacement. Non pas qu'il lui était pénible de voyager pour répandre la neige. Au contraire, il adorait son travail, qui lui laissait l'occasion de jouer avec les enfants de différents pays. Il ne manquait jamais une chance de s'amuser ! C'est plutôt le ton qu'avait employé Nord qui l'avait contrarié.
- Il ne reste plus que Bunny, dans ce cas, reprit le Père Noël.
- Quoi ? s'écria le concerné. Pourquoi moi ?
- Ben, on dirait que t'es le seul à ne pas avoir un emploi du temps chargé, queue de coton ! fit Jack, le sourire en coin.
- Je ne te permets pas, le givré ! Et puis, même si je ne suis pas très occupé en ce moment, j'ai quand même ma dignité. Je ne vais pas jouer les gardes-chasse !
- Oh ! Petit Jeannot a peur d'être tout seul dans la nature sauvage ! railla le jeune homme avec un air insolent.
- Tu feras moins le malin quand je m'occuperais de ton cas, sale mioche !
- Les garçons, s'il vous plaît ! intervint Fée, d'une voix sévère, alors que Sab s'était déjà mis entre les deux rivaux qui commençaient à se rapprocher l'un de l'autre.
- Bunny ! lança Nord. Tu es le seul à être disponible pour surveiller Burgess. Nous ne devons courir aucun risque. Et puis même à toi tout seul, tu es bien qualifié pour intervenir si jamais les choses se présentent mal.
Malgré lui, le Lapin de Pâques finit par hocher la tête pour montrer son accord, ce qui incita un sourire satisfait à Nord.
- Bien ! fit-il. Passons à autre chose. Jack, viens avec moi dans mon bureau.
Intrigué et sceptique, le jeune Gardien suivit le Père Noël sans un mot. Derrière eux, la Fée des Dents lança un regard interrogateur à Sab et Bunny, qui haussèrent les épaules pour toute réponse. Après une balade pour le moins éprouvante au milieu des Yétis et des elfes en pleine ébauche, Jack et Nord entrèrent dans l'appartement privé de ce dernier. Jack aimait beaucoup se rendre dans cette pièce, peut-être plus que dans la Chambre du Globe. Éclairée par les lumières du sapin entreposé et les reflets de glace, un calme joyeux et envoûtant régnait au milieu d'innombrables bibelots amusants et extravagants. Dans ce bureau naissaient une abondance de merveilles manifestant l'imagination débordante du Père Noël. Aussi, à chaque fois qu'il avait l'occasion de venir, Jack prenait le temps d'observer minutieusement les moindres recoins du bureau, avec calme. L'un des seuls moments où le Gardien parvenait à être calme, justement. Nord le laissa faire, occupé à faire sortir les quelques elfes qui se sont immiscés dans la pièce, dans la tentative de chiper quelques biscuits.
Bien que le jeune homme fût déjà rentré quelques fois dans l'atelier de Nord, il faisait toujours de nouvelles découvertes auxquelles il n'avait pas fait attention lors de ses visites précédentes. Aussi, lorsqu'il passa devant l'une des grandes étagères, il s'arrêta en voyant une petite sculpture au milieu des babioles. Une sculpture en bois, représentant une petite fille de toute sa hauteur, dont les détails étaient remarquables. La délicatesse et le savoir-faire donnés était tels que la statuette semblait presque vivante. La petite fille avait de longs cheveux bouclés descendant jusqu'à ses omoplates, les yeux grands ouverts, un sourire éclatant sur ses lèvres, habillée misérablement d'une simple tunique. Elle semblait courir, les cheveux au vent. Contrairement aux autres objets qui commençaient à être ensevelis par la poussière, la statuette était propre et vernie avec soin, montrant l'importance que le Père Noël lui attribuait.
- Nord, qui est-ce ? lui demanda Jack, sans quitter la sculpture des yeux.
L'interpellé vint se mettre à son côté pour regarder lui aussi le fameux objet. Un sourire doux anima ses lèvres.
- C'est Sylphis, répondit-il, d'une voix nostalgique. Une fillette que j'ai connue et élevée quelques temps avant que je devienne un Gardien.
- Elle n'était pas de ta famille ?
- Non, dans mon ancienne vie, je parcourais les terres sans but précis. C'est par hasard, lors d'un hiver, que je l'ai rencontrée. Elle était perdue, sa famille s'était faite massacrée dans le temps de l'Inquisition. Sylphis était parvenue à s'enfuir, je l'ai ensuite prise son mon aile. Une petite fille remarquable.
Jack avait tourné le visage vers Nord et fut presque surpris de voir de la tristesse dans ses yeux. Aussi, il osa à peine lui demander :
- Qu'est-ce qu'elle est devenue ?
- Je l'ignore, malheureusement, souffla le Père Noël. J'ai été choisi par l'Homme de la Lune avant même d'avoir eu le temps de lui dire au revoir. J'espère du moins, qu'elle a vécu une longue et belle vie, comme je lui ai toujours souhaitée.
Jack repartit dans sa contemplation de la statuette, méditant les paroles du Gardien des Merveilles. Les souvenirs de sa petite sœur et du jour où il devint lui aussi un élu de l'Homme de la Lune le submergèrent, plus vite qu'il ne l'aurait cru. Il se souvient de son regard et de sa voix lorsque la glace s'était effondrée sous ses pieds. C'était la dernière fois qu'il l'avait vue. Et il n'avait pas eu le temps de lui dire au revoir, lui non plus. Il ignorait complètement ce qu'elle était devenue, après l'incident. Le cœur du jeune Gardien se serra progressivement, jusqu'à ce que le Père Noël lui tapote l'épaule, lui souriant joyeusement. Jack lui rendit son sourire, et ses peines s'évanouir à l'instant.
- Bon, venons-en au plus important ! s'exclama alors Nord.
Jack lui lança un regard interloqué. Il ne savait pas trop pourquoi mais il commençait à redouter ce qui va suivre.
- Jack, commença-t-il l'air un peu plus grave, il est urgent que je te parle d'un certain point. Tu sais, en tant que Gardien-
- Wowoh, le coupa le jeune homme en levant les mains, c'est bon Nord, j'ai compris ! Je vais m'occuper de répandre la neige, t'en fais pas.
- Ce n'est pas vraiment de ça dont je voulais te parler…
Le Gardien du Jeu baissa les mains, s'appuyant sur son bâton, pas plus rassuré.
- Je sais que ta nature te pousse à enfreindre les limites, mais en tant que Gardiens, nous avons des règles. Des règles que nous impose l'Homme de la Lune. Et il est dans notre intérêt de les respecter. Cela concerne ton contact avec les enfants, précisa-t-il en voyant le visage désabusé du jeune homme.
- Que veux-tu dire par là ?
- Qu'il est trop excessif.
Nord avait prononcé ces paroles de but en blanc, désarçonnant sur le moment le jeune Gardien. L'ambiance de la pièce commençait alors à se dégrader.
- Tu veux dire que je passe trop de temps avec Jamie ? marmonna-t-il, les yeux baissés.
- Cela ne concerne pas uniquement Jamie, reprit le Père Noël. Même si tu passes la plupart de ton temps avec lui, globalement, tu passe ton temps à jouer avec tous les enfants que tu croises.
- Et alors ? C'est bien mon rôle, d'apporter la joie aux enfants à travers les jeux ! Comment veux-tu que je le fasse si je ne les approche pas ?!
- Nous ne devons pas avoir de contact avec les enfants, Jack ! Nous sommes source de rêves et d'espoir, mais nous ne demeurons rien de plus que des légendes. Le jour vient pour chacun d'entre eux de devenir adulte et pour nous de devenir de simples bons souvenirs d'enfance à leurs yeux. Si nous sommes trop imposants dans leur vie, ils ne peuvent gagner facilement en maturité. Les enfants doivent grandir, Jack. Car ils sont l'avenir de ce monde. Nous ne faisons que les accompagner dans leur croissance. C'est une règle que nous devons tous respecter, y compris toi, en tant que Gardien ! Je suis navré de te le dire comme ça…
Le Père Noël s'était interrompu un moment, comme si les paroles qu'il s'apprêtait de prononcer étaient trop lourdes. Jack avait à présent serré les dents, les sourcils froncés par l'aversion. Il avait du mal à croire ce que lui disait le vieux Gardien.
- Tu dois arrêter de voir Jamie et d'être trop en contact avec les enfants…
Le Gardien du Jeu ne put retenir sa colère. Il frappa violemment le sol de son bâton, produisant un épais verglas sur une large superficie. Nord dut reculer pour éviter que la glace vienne congeler ses jambes. Il leva le regard vers le jeune homme, pris de court par sa réaction.
- J'suis pas d'accord avec ton idéologie ! s'exclama Jack d'une voix forte. À quoi bon protéger les enfants si on ne peut même pas les fréquenter ! Ça n'a pas de sens ! Ils nous admirent ! Ils ont le droit de nous voir !
- Jack, essaie de comprendre…
- Comprendre quoi ?! C'est plutôt à toi d'essayer de me comprendre ! Pendant plus de trois cent ans, j'étais tout seul, livré à moi-même, à côtoyer les enfants sans vraiment interagir avec eux. – sa voix se fit plus tremblante – Pour toi, ils ont toujours cru au Père Noël, depuis le début ! Même s'ils ne faisaient que t'apercevoir par chance le soir de Noël, rien qu'une fois, ils t'ont toujours admiré ! Tu ne sais pas le sentiment de solitude que moi j'ai ressenti pendant tout ce temps ! Les voir me passer au travers. Ne pas être réel à leurs yeux. Tu ne sais pas ce que ça fais ! Mais aujourd'hui, je suis un Gardien, et les enfants me voient ! Un vrai soulagement, tu me dirais. Mais pour moi, c'est beaucoup plus ! Un vide qui s'est creusé pendant des années en moi est maintenant comblé par leur contact ! Mais je suis encore affecté par l'isolement que j'ai enduré avant que l'on croit en moi. Les enfants, avec qui j'avais pris l'habitude de passer du temps même sans qu'ils me voient, sont les seuls à pouvoir me guérir de ses blessures quand je partage des moments de jeux avec eux. Et tu voudrais que j'arrête de les voir ?! Tu te rends compte de ce que tu me dis ?!
Jack avait prononcé ces derniers mots en hurlant. La colère le faisait presque haleter. Nord, quant à lui, avait un visage désolé. Il se doutait que cette discussion ne serait pas aisée, mais il n'avait pas prévu que cela tournerait aussi mal. Il aimerait tant essayer calmer le jeu.
- Jack…, commença-t-il
- Tu sais quoi ? le coupa sèchement Jack. J'en ai rien à battre de ces histoires de règles ! Je gère mon rôle de Gardien comme je l'entends et ni toi, ni personne ne changera mon avis là-dessus !
Le jeune Gardien s'élança alors vers le fond de l'atelier et ouvrit d'un geste sec l'une des fenêtres, laissant le vent glaciale de l'Arctique s'engouffrer dans la pièce.
- Attend ! Jack ! cria Nord en se protégeant des rafales.
Mais Jack s'était déjà envolé, tournant le dos au Gardien des Merveilles. Celui-ci accourut à la fenêtre pour le voir disparaître à l'horizon. Nord soupira de culpabilité, regrettant amèrement que leur conversation se soit tournée en dispute.
o*o
Évidemment, les humeurs de Jack avaient des répercussions sur la météo. Dominé par la colère envers Nord - mais aussi envers l'Homme de la Lune avec ses fichues règles – son passage provoquait de violentes bourrasques de vent, accompagnées d'une pluie de grêle. La tempête qu'il engendrait n'était que le reflet de ses émotions. Et elle ne s'arrêterait pas avant que le jeune Gardien ne se soit calmé. Les paroles du vieux Gardien se percutaient dans sa tête, faisant vivement croître la fureur de Jack. En conséquence, le blizzard s'intensifia considérablement. Fort heureusement, il fut vite fatigué par ces aléas climatiques qui puisaient intensément son énergie.
Son emportement lui avait fait prendre la direction de Burgess. La ville était entièrement endormie, en raison de l'heure tardive. Il jeta un coup d'œil au loin, vers la maison de Jamie, avant de détourner le regard et de suffoquer de rage. Nord avait-il vraiment conscience de ce que les enfants, et en particulier Jamie, représentaient pour lui ? Comment pouvait-il oser lui dire de ne plus les approcher de près, après tous ce qu'il avait vécu ? Le jeune Gardien ne pouvait l'imaginer. Il ne pourrait jamais jouer les invisibles et se contenter de voir les enfants de loin. Il avait besoin d'être auprès d'eux.
Après avoir filé entre les toits, Jack décida de se poser dans le parc, non loin du lac gelé. En équilibre sur une branche, il s'y assit, dos contre le tronc, les jambes étalées, tentant de s'apaiser malgré la sensation désagréable dans le creux de son ventre qu'il ressentait depuis son altercation avec le Père Noël. Il parcourut le parc du regard. Il remarqua au passage un bonhomme de neige plutôt réussi, richement décoré – sûrement celui fait par Jamie et sa bande d'amis. Puis il leva les yeux vers le ciel étoilé, avant de fermer les yeux et de respirer lentement. Se calmer. Il devait se calmer. Il tenta de chasser les images de la dispute de sa pensée. Le silence du parc l'y aida en quelque sorte. Jusqu'à ce qu'un craquement se fit entendre.
Jack ouvrit instantanément les yeux et sauta sur sa branche, en position accroupi. Il chercha du regard la cause de ce bruit, quand il aperçut alors une fine silhouette qui s'approchait de la clairière près du lac. Une jeune fille se dévoila, la capuche rabattue sur sa tête, empêchant Jack de voir clairement son visage. Juste quelques mèches brunes qui en sortaient étaient visibles. Le Gardien abaissa alors sa position de garde. Il fut cependant étonné de voir une humaine éveillée à une heure aussi avancée de la nuit.
La jeune fille parcourut le parc d'un pas lent, regardant tout autour d'elle. Par son sourire à peine masqué, Jack devina qu'elle contemplait le lieu. Il fallait avouer qu'avec toute la neige, la clairière et le lac avaient une allure fantastique. Il regarda la jeune fille faire le tour de l'espace. À son grand étonnement, elle se plaça ensuite au centre de la clairière et y resta immobile quelques secondes. Intrigué, Jack ne bougea pas et attendit. La jeune fille brune leva alors gracieusement les bras vers le ciel, fit une révérence, puis tourna sur elle-même. Elle enchaîna plusieurs mouvements, pivotant, tournant, sautillant d'une telle légèreté que ses pas ne faisaient aucun bruit et transparaissaient à peine sur la couche de neige. Elle embarquait dans une danse vertueuse sur la piste blanche, au milieu du calme du bosquet. Rebelle, une certaine modernité se reflétait dans quelques uns de ses pas, ne se contentant pas d'un style classique.
Jack s'était relevé sur la branche où il était posté, ne quittant pas des yeux la jeune fille. Le regard brillant, il était ébloui par un tel spectacle. Alors qu'elle exécutait sa valse, le Gardien se rendit à peine compte qu'il gambadait d'arbre en arbre en la fixant, à pas de velours pour ne pas troubler cette danse enchanteresse. Quel qu'était l'endroit où il se mettait, la scène qui s'offrait à lui était toujours aussi belle. Un sourire béat s'étira sur son visage. La jeune fille encapuchonnée combinait mouvements relâchés et pirouettes, plongée dans son imaginaire, comme seule au monde. Et Jack Frost était le spectateur de cette douce farandole qui l'ensorcelait.
Une envie soudaine. Jack ne saurait comment l'expliquer. Cette danse était si magnifique qu'elle lui animait l'envie de la rendre encore plus belle. D'un mouvement lent, il balança son bras libre devant lui. Une aura bleue l'entoura alors qu'une fine glace fragile s'échappa du bout de ses doigts avant d'être entraînée par le souffle du vent. Sous son ordre, des flocons apparurent et chutèrent délicatement depuis la sombre voûte céleste, dominée par le clair de lune. Les flocons entourèrent à présent la danseuse, procurant un tableau féerique.
La jeune fille s'arrêta subitement en remarquant que la neige s'était mise à tomber. Elle leva la tête au-dessus d'elle, Jack put à peine remarquer ses yeux noisettes briller d'émerveillement. Un petit rire radieux s'échappa de ses lèvres roses. Extasiée, elle sourit à la Lune, comme pour remercier le ciel de lui offrir ce cadeau. Jack souriait lui aussi, en voyant la réaction de la jeune fille. Celle-ci repartit dans sa danse, plus dynamique et plus svelte que jamais. Ses déplacements furent plus rapides, les balancés de ses bras plus larges, à l'équilibre sur ses pointes avant d'exécuter un sauté gracieux. Jack sautait de branche en branche, pour la suivre dans sa chorégraphie virevoltante, continuant à la saupoudrer de neige, embellissant encore plus ce moment magique.
Sans se soucier de ce qui l'entourait, la jeune fille continuait à danser, plongée dans son univers. Échappé. Plié. Échappé. Plié. Croisé. Préparation et pirouette. Sa danse avec les flocons enchantait Jack, il n'y avait plus qu'elle et lui. Tout le reste était inexistant. Plus rien. Ses soucis et sa querelle avec le Père Noël se sont évanouis dans les tréfonds de son être. C'était comme si la danseuse aspirait toutes mauvaises pensées, entraînées dans les tourbillons de ses pas. Tourne, tourne, elle tournait avec légèreté et passion. Arabesques, pirouettes, battements et jetés rythmaient les déplacements de la jeune fille, et les flocons suivaient ses mouvements avec harmonie.
Jack n'aurait jamais cru être témoin d'une telle magnificence. L'éclat des étoiles s'intensifia, s'ajoutant à la lumière de la Lune pour éclairer la piste de danse. Le vent souffla une douce symphonie et fit vaciller les branches d'une cadence paisible, accompagnant le ballet des flocons dont la jeune fille était la danseuse étoile.
Le Gardien voulut que jamais cette danse ne s'arrête. Qu'elle s'éternise autant que ses yeux s'en délectaient. À son grand regret, la jeune danseuse fit un dernier saut, suivi d'un piqué, avant de s'immobiliser, gardant les bras en l'air dans une position raffinée. Elle attendit quelques secondes, sans bouger, avant de faire une révérence de fin et d'abaisser lentement les bras. Jack continuait de l'observer, comme hypnotisé. Ses formes sensuelles, sa peau lisse, ses doigts fins et délicats, son sourire éclatant. Il ne se lassait de la regarder.
Les flocons continuaient de tomber, même après l'interruption de la danse. La jeune fille se laissa tomber dans la neige, allongée sur le dos. Sa chute fit ôter la capuche de sa tête, libérant ses cheveux bruns ondulés qui s'étalèrent autour de sa tête comme une auréole. Ses yeux clairs fixaient le ciel étoilé d'un regard innocent et fasciné. Elle se releva, se mettant en position assise, attrapa de la neige dans ses mains. En la voyant faire, Jack comprit qu'elle adorait le contact de cette masse blanche, ce qui le fit davantage sourire. La jeune fille porta la neige à son visage, huma son parfum frais, puis la laissa glisser entre ses doigts. Elle était retombée amoureuse de la neige. Un étrange sentiment submergeait l'esprit de l'Hiver, il ne saurait expliquer pourquoi. Elle leva ensuite le regard pour observer les flocons voltiger une dernière fois, avant de saluer le paysage qui l'entourait et de disparaître dans le bosquet.
Le jeune Gardien le sentait, il se souviendra toujours de son regard étincelant.
Voilà ! Que pensez-vous de ce chapitre ? :D
Bon, étant donné que le Bac approche, je crains que le prochain chapitre ne sorte avant le mois prochain, après les épreuves... D'ici le 21 ou 22 juin je pense. Oui je sais, c'est long ! TwT (d'ailleurs je ne devrais pas fixer de date... me connaissant, je vais sûrement sortir le chapitre en retard ! xD)
Quelle sadique ! Je suis douée pour foutre le feu entre les Gardiens ! xD (Je suis sortie horrible, oui !) Rassurez-vous, Jack et Nord vont bien entendu se réconcilier ;) (Sinon mon histoire est quelque peu fichue à vrai dire...)
J'espère que vous avez apprécié le combat entre Fée et Jenny Greenteeth ! :D J'avoue être plutôt fière de l'idée des éventails ! Que voulez-vous ? J'avais besoin de lui donner des armes ! xD J'espère du moins que je suis rester fidèle à l'esprit de Rotg :)
Dans le prochain chapitre, un nouvel ennemi va apparaître... Ainsi que quelques petites révélations (pas du lourd, mais plutôt intéressantes :D)
Je vous dis à bientôt chers lecteurs ! Et n'oubliez pas : REVIEW, REVIEW, REVIEW ! x)
