Salut à vous ! Je suis vraiment vraiment désolée du très long retard de ce chapitre... Depuis les vacances j'ai fait pas mal de choses et j'ai été prise de cours par la rentrée à la fac qui s'est faite beaucoup plus tôt que je ne l'aurais cru. Du coup, je n'ai plus trop de temps à consacrer à mes fictions et je risque fort de tarder pour les prochains chapitres, vu que je n'ai pas de vacances avant janvier ! Encore désolée de vous faire attendre aussi longtemps...
Je tiens à vous remercier, vous qui continuez à me suivre malgré l'attente interminable ! J'espère que ce chapitre vous plaira, même si je juge qu'il n'est pas aussi bon que les autres. Il y a beaucoup de blabla et peu d'actions, mais le prochain chapitre est prévu pour être plus intéressant.
Dernière chose : pour celles à qui je suis les fictions, j'ai déjà lu la plupart des chapitres auxquels je suis en retard, il me faut juste prendre le temps de vous laisser une petite review ! Je tâcherai de le faire au plus vite ;)
Bonne lecture !
Chapitre IX
L'exception qui confirme la règle
o*o
Le désert du Sahara était plongé dans le silence, seul le vent frais de la nuit s'autorisait quelques souffles faisant mouvoir les dunes de sable. Mais ce silence ne dura pas plus longtemps, lorsqu'un vortex illuminant de couleurs apparut subitement, faisant ressortir une longue silhouette qui s'effondra lourdement sur le sable. Elle roula sur quelques mètres, jusqu'à ce qu'elle sauta pour se remettre sur ses pieds. À peine redressé, Piper Rattenfänger accourait déjà, mais le portail se referma avant même qu'il ne l'atteigne. Il ne pouvait plus revenir à Burgess. Il hurla de rage, ses doigts se crispant avec vivacité sur sa flûte en os et le visage déformé par la colère et la honte de s'être fait avoir aussi facilement.
- Très impressionnant… lancina une voix ironique derrière lui.
Piper fit volte-face et vit une silhouette sombre en hauteur sur une dune. Le regard émeraude couronné de rouge de Devin brillait dans la pénombre et toisait le joueur de flûte avec dédain et une pointe d'agacement.
- Pour une première approche avec les Gardiens, je te félicite ! C'était bien plus lamentable que je ne me l'étais imaginé.
Les paupières de Piper palpitèrent d'irritation.
- J'avais un imprévu ! Cette garce a compromis mon travail !
- Alors il suffit qu'une simple humaine s'interpose pour que tu sois déstabilisé ? railla Devin. Encore plus pitoyable.
- Et toi ? répliqua Piper en haussant la voix. Pourquoi n'es-tu donc pas intervenu, si tu te crois si puissant ?
- Je n'en avais aucun intérêt, répondit-il simplement.
- Alors je te serais gré de garder tes commentaires pour toi !
- Quitte à te confronter aux Gardiens, autant le faire avec un minimum de rationalité, au lieu de foncer tête baissée comme un bourrin.
Le joueur de flûte de Hamelin révéla alors un sourire fou, distordu et découvrant quelques dents légèrement pointus.
- Ne me sous-estimes pas… susurra-t-il. J'ai déjà un plan de secours…
- Vraiment ? s'étonna Devin.
- Je n'avais juste pas prévu de l'utiliser si tôt. Mais les Gardiens risquent fort d'être désagréablement surpris.
Il releva le visage vers Devin, l'ombre de son large chapeau rendant son regard noir davantage agressif.
- Et une fois éliminés, je pourrais enfin me charger de supprimer ces enfants pour leur faire racheter leurs péchés…
Il lui tourna le dos, faisant voler sa cape à son mouvement et fila silencieusement à travers le désert, jusqu'à se perdre dans l'horizon, laissant seul Devin qui le suivit du regard sans broncher. Son sourcil haussé montrait sa perplexité, malgré la lueur d'excitation qui se refléta dans son vil regard.
- J'attends de voir ça, ricana-t-il.
o*o
La première sensation qu'eut ressentie Carrie fut l'impression d'avoir été fourrée dans une machine à laver. Étourdie, la nausée allait finir par avoir raison d'elle. Après une longue série de tourbillonnements qui durèrent une éternité pour la jeune fille, celle-ci crut subitement s'effondrer à plat si violemment qu'elle en fut assommée. Sa tête tournait encore et sa vision manifestait bien du mal à se rétablir. Reprenant peu à peu ses esprits, elle suffoqua à l'intérieur du sac en toile dans lequel elle avait été brutalement fourrée. La lumière provenant de l'ouverture lui faisait envie, le souffle commençant à lui manquer en plus de la panique des dernières sensations fortes. Néanmoins, elle n'osa regarder à l'extérieur, craignant ce qu'elle allait découvrir en sortant. Des voix lui parvenaient.
- Jack ! s'écria une voix féminine, apparemment choquée. Tu es blessé !
- Ce n'est rien, répondit la voix si reconnaissable du jeune homme, juste une égratignure…
Carrie crut alors entendre un gémissement de ce dernier.
- Il faut à tout prix te soigner !
- Qu'en est-il de l'enfant, Fée ? demanda une voix grave, avec un accent prononcé.
- Il est en lieu sûr. Mes fées m'ont conduite jusqu'à sa maison, et…
La douce voix s'interrompit instantanément, laissant un silence lourd s'infiltrer dans le lieu, avant de reprendre d'un ton courroucé.
- Comment ?! Vous l'avez amenée dans un sac ?!
Carrie qui étouffait dans le sac sursauta en entendant ses paroles et comprit que l'on parlait d'elle. La voix grave avec un fort accent, bien que dotée d'un ton désolé, répondit :
- C'est allé si vite, Fée ! Nous n'avons pas vraiment le choix, au vu de la situation...
- Et puis tu croyais vraiment qu'elle nous suivrait de son plein gré ? railla une autre voix assuré et légèrement énervé. On aurait aussi bien pu lui envoyer une carte d'invitation : « Chère Mademoiselle, vous êtes cordialement invitée chez le Père Noël dans son palais au Pôle Nord ! Nous nous réjouirons de votre présence. » Très convainquant !
- Mais ce n'est pas une raison ! s'emporta la voix féminine. La pauvre, dans quel état elle doit être...
- On va pas tarder à le savoir...
Carrie entendit alors des pas semblant se diriger vers elle. Elle se pétrifia de terreur. Une patte grise avec de petites griffes venait de s'infiltrer dans le sac et tata dans le vide, comme pour l'attraper. Elle ne réfléchit pas. Dès qu'elle fut proche, Carrie mordit la patte de toutes ses forces. Un cri suraigu s'éleva aussitôt, alors que la main se retira tout de suite du sac.
- Ma parole ! Mais c'est une mythophage ! s'écria la voix de douleur.
Un éclat de rire retentit suite à ces paroles, suivi d'une dispute que la voix féminine parut avoir du mal à calmer.
La tentation était trop forte. Malgré la crainte qui l'accablait, Carrie se risqua de jeter un coup d'œil, puis ôta entièrement le tissu de sa tête. Les voix s'étaient tues aussitôt. La jeune fille fut d'abord aveuglée par la lumière et ses yeux mirent un temps avant de s'y habituer. Elle ignorait où elle se trouvait, mais une vive et agréable odeur de chocolat et de pain d'épice envahit ses narines. Des fracas lointains et des explosions lui indiquaient comme si un chantier se faisait à proximité. Quand sa vue redevint plus nette, elle reconnut avec grande inquiétude les drôles de personnages qui s'étaient pointés lorsqu'elle avait tenté de protéger l'enfant de celui qui se faisait appeler le joueur de flûte de Hamelin. Le grand barbu, le lapin géant, le petit homme en sable, la femme-oiseau, et bien sûr le garçon volant aux cheveux d'argent. Celui-ci retenait fermement son épaule, une tâche de sang souillant son pull bleu couvert de givre à cet endroit, malgré l'excitation dans ses yeux en la voyant. Le lapin, quant à lui, la fusilla du regard, en tenant sa main sur laquelle apparaissait encore une trace de morsure. Un par un, Carrie les lorgna en détail, silencieuse. Et tous la regardèrent fixement. La femme-oiseau porta ses mains à sa bouche, troublée, tendirent que les autres affichaient une mine tout aussi stupéfaite.
- C'est donc vrai… souffla la belle créature, faisant frétiller ses ailes dans un doux vrombissement.
- Tu avais raison Jack, continua le lapin, sans quitter la concernée des yeux.
- Elle nous voit… ajouta le grand barbu, ses yeux bleus grands ouverts, de l'amusement et de la joie semblant pétiller dans ce regard.
Carrie sentit un lourd poids dans son ventre. Elle resta sans voix, immobile, à moitié allongée par terre devant ces personnes, les yeux agrandis et la bouche entrouverte, à les regarder intensément. « Elle nous voit… »
Elle sursauta quand la femme-oiseau survola vers elle, la mine inquiète.
- Est-ce que ça va ? lui demanda-t-elle, bien qu'elle paraisse gênée par la situation. Comment te sens-tu ? Tu n'as pas été trop brusquée ?
"Ah ça ! Pour être brusquée, c'est le moins que l'on puisse dire." Même si elle le pensait très fort, Carrie resta muette d'embarras. Elle prit difficilement une inspiration avant de se dégager du sac et se relever. Elle en profita pour regarder autour d'elle, surprise de constater qu'elle se trouvait dans une immense enceinte décorée de bois et de rouge, ornée d'arabesques et de tapisseries en tout genre et dégageant une chaleur confortable. Néanmoins, l'ambiance du lieu ne la rassura pas pour autant, effrayée par la présence de ces cinq créatures étranges.
- Où... où suis-je ? finit-elle par dire, retrouvant le courage de parler.
Le géant barbu recouvrit un grand sourire et s'imposa parmi le groupe, si bien qu'il fit reculer de crainte la jeune fille.
- Et bien, ma petite, entonna-t-il fièrement de son accent russe. Je te souhaite la bienvenue au Pôle Nord !
Son enthousiasme lui fit lever les bras en l'air, faisant encore plus reculer Carrie qui affichait des yeux aussi ronds que des billes. Le silence qui prit place fut si brutal, le barbu avait gardé les bras vers le haut, tandis que ses compatriotes se lancèrent des regards quelque peu gênés.
- Euh… hésita la jeune fille, complètement perdue, c'est quoi ce délire ?
Voyant Carrie aussi désemparée et comprenant sa confusion, la femme-oiseau s'avança un peu vers elle et dit d'une voix douce :
- C'est un peu compliqué à comprendre, mais…
- Fais gaffe, Fée ! souffla de façon bien audible le lapin géant. Elle a déjà assommé Jack avec une porte et m'a mordu. Qui sait ce qu'elle te réserve…
La dénommée Fée lança un regard noir à ce dernier, qui se ravisa de faire un commentaire de plus.
- Mais… reprit difficilement Carrie, qui êtes-vous… ?
Sa question fut si absurde qu'elle fit réagir brusquement les drôles de personnages. Le géant en rabattit ses bras.
- Quelle question ! s'exclama-t-il. Nous sommes les Gardiens de l'Enfance !
Le petit homme doré à ses côtés hocha vivement la tête pour souligner les dires du vieil homme, tout en lui adressant un grand sourire. Mais la jeune fille n'en fut pas plus éclairée.
- Les… quoi ?
- Le Père Noël, le Lapin de Pâques, le Marchand Sable, la Fée des Dents,…
- Et le congélateur, ajouta le lapin géant, avec un demi-sourire.
- Non mais toi ! s'écria le plus jeune du groupe, exaspéré. Tu vas vraiment finir par dire bonjour aux icebergs !
- Quoi ?! s'exclama la jeune fille, sans prendre en compte la dispute des deux compères.
Tous se tournèrent vers elle. Le regard de Carrie défila sur chacun des Gardiens. Après un bref silence, elle lâcha un petit rire nerveux.
- Haha… Mais… Le Père Noël n'existe pas…
Sans qu'elle ne le veuille, ses paroles touchèrent tristement Nord, qui exprima une petite mine déconfite.
- La Fée des Dents, le reste, … poursuivit-elle d'une voix non assurée, ce ne sont que des histoires pour enfants…
- Tu crois ? grogna alors Bunny. T'as carrément un lapin géant et une femme avec des plumes devant toi, pour ne citer que ça ! Qu'est-ce qu'il te faut de plus ?
- Bunny ! s'agaça Fée. Ça suffit ! Elle a besoin de temps pour encaisser tout ça.
Sur ces mots, la femme-oiseau se dirigea vers le plus jeune du groupe et somma à celui-ci de s'asseoir, afin de lui panser sa blessure au bras. Le garçon maugréa, certifiant qu'il allait bien, mais s'exécuta tout de même sous l'œil sévère de la fée. Lorsqu'il se déplaça, une traînée de neige apparut derrière lui, et le fauteuil où il prit place se recouvrit alors de givre à son contact. Tout en le soignant, Fée orchestrait des petites créatures qui virevoltaient autour d'elle, lui présentant des dents et quelques pièces de monnaie. Le lapin géant, l'air toujours grincheux, s'était blotti dans un coin auprès de la cheminée pour s'adonner à la peinture d'un petit œuf, chose qui semblait le calmer. Son travail terminé, il posa l'œuf coloré à terre, qui se mit à gambader sur ses petites pâtes, avant de sauter dans un trou que venait de faire apparaître le lapin en frappant le sol du pied, pour rejoindre ses semblables. Quant au petit en homme de sable, il s'était légèrement endormi. Mais du sable en or mouvait autour de lui, dessinant de multiples motifs gracieux et fantaisistes.
Carrie ne sut que dire. Elle sentit le regard de celui qui se disait être le Père Noël sur elle. En l'observant, elle devait admettre que son apparence était fort analogue avec le personnage. L'évidence était sous ses yeux. Lentement, la jeune fille sentit qu'elle commençait à paniquer.
- Écoute, reprit doucement la magnifique femme ailée, après avoir terminé de soigner son compagnon. Je sais que ça peut paraître absurde, mais nous existons vraiment. Du moins, pour ceux qui croient en nous.
- Nous existons depuis fort longtemps, continua le Père Noël qui se mit à marcher en ponctuant ses paroles. Depuis des siècles notre rôle est de protéger les enfants du monde entier, à travers la magie que nous répandons sur la Terre. Les enfants qui croient en nous peuvent nous voir. Cependant, lorsqu'ils grandissent, leur essence imaginative s'atténue et nous disparaissons à leurs yeux.
- Mais toi, on dirait que tu es l'exception qui confirme la règle, renseigna le lapin.
Carrie afficha un air interloqué. La voyant ainsi sans comprendre, le vieux géant poursuivit.
- Carrie, c'est bien cela ?
La jeune fille hocha lentement la tête, troublée par le fait qu'il connaisse son nom.
- Oui, Caroline Everlynn ! annonça le Père Noël, avec un grand sourire. Je me souviens d'une de tes lettres ! C'est curieux qu'une petite fille me demande une batte de baseball plutôt que des poupées, habituellement… Enfin ! J'espère du moins que tu te sois beaucoup amusé avec !
Si cela put être possible, la jeune fille afficha des yeux encore plus ronds. Elle se rappela de la fois où, lassée de la danse, elle avait demandé dans sa lettre au Père Noël de recevoir un kit de baseball pour pouvoir jouer avec son père.
- Comment…
- Tu as dû avoir dix-huit ans il y a de cela quelques mois, si je ne me trompe pas, poursuivit le vieil homme.
Carrie hocha à nouveau, la mine encore plus inquiète.
- Et bien, logiquement tu ne devrais pas nous voir, conclut le lapin.
Elle baissa la tête, respira fort et ne trouva rien d'autre à faire que de regarder ses mains.
- Cela prouve que tu as quelque chose de spécial en toi ! ajouta le Père Noël avec enthousiasme.
Carrie sentit un surplus d'émotion monter subitement en elle. Pour quelle raison ? Les souvenirs du passé ? Ces évènements biscornus auxquels elle ne cesse d'être témoin ? Elle sentait qu'elle était sur le point de fondre en larmes, mais s'y résigna par fierté. Elle semblait ailleurs, elle ne faisait même plus attention aux étranges personnages qui la regardèrent intensément.
La jeune fille avait du mal à digérer tout ce qui venait de s'enchaîner. Elle était… au Pôle Nord ? Dans l'atelier du Père Noël ? Les vitraux de la bâtisse révélant le paysage enneigé ne firent que confirmer cette situation pourtant absurde. Et ces créatures légendaires étaient donc… réelles ? Le teint de Carrie vira au blanc et ses jambes flagellèrent. Elle se sentit tomber en arrière, quand un rapide vent frais fila à côté d'elle. Alors qu'elle crut tomber au sol, elle retomba lourdement sur un fauteuil bien confortable. Surprise, elle tourna le regard pour voir le garçon aux cheveux d'argent, ayant amené rapidement le mobilier jusqu'à elle pour lui éviter la chute. Ce dernier la scrutait de ses yeux bleus éclatants avec une lueur d'inquiétude.
- Ça va ? lui demanda-t-il.
Carrie ne répondit pas, trop abasourdie par la fraîcheur que dégageait ce garçon. Instinctivement, elle recula de quelques centimètres de lui. Elle remarqua alors le pansement fixé sur son nez, encore légèrement rouge. Jack devina où pointait son regard et esquissa un petit sourire.
- Je sais qu'on a pas vraiment eu une bonne approche, commenta-t-il en faisant allusion à l'épisode de la porte.
Il s'installa sur le dossier du fauteuil tout en évitant d'être trop proche d'elle pour ne pas l'effrayer.
- Et… ce qu'il s'est passé tout à l'heure a dû te paraître bizarre. Mais tu n'as pas à avoir peur de nous. On ne te fera aucun mal !
Sa voix se voulait si rassurante. Néanmoins, Carrie ne put s'empêcher de lancer un regard incertain vers le Lapin de Pâques.
- Hé ho ! s'exclama ce dernier, importuné. C'est toi qui m'a mordu j'te signale !
- Si tu veux mon avis, lui chuchota le garçon, tu aurais dû le mordre un peu plus fort.
Carrie faillit se lever du fauteuil aussitôt qu'il s'était approché d'elle, pour ne surtout pas être en contact avec lui. Même si elle resta assise, sa réaction n'avait pas échappé à Jack qui en fut intérieurement vexé.
- Allons allons, jeune gens ! intervint alors le Père Noël, souriant. Passons aux choses sérieuses. Nous ne nous sommes même pas présentés comme il se doit !
Il frappa dans ses mains et aussitôt, un yéti fit surface dans la salle du Globe, amenant avec lui un plateau en argent avec des tasses de chocolat chaud fumant. En l'apercevant, Carrie cria et se leva subitement du fauteuil, faisant tomber Jack à la renverse sans le vouloir. Celui-ci gémit de douleur. Entre son nez, son bras et maintenant son dos, il n'était pas très gâté aujourd'hui… Le lapin ricana en le voyant avachi au sol. Le yéti, quant à lui, laissa échapper un grognement froissé suite à la réaction de la jeune mortelle.
- Ne sois pas blessé, mon ami ! le réconforta le Père Noël. Elle n'a pas l'habitude...
- Ouais ! renchérit Bunny. Elle fuit et envoie même des portes sur une simple engelure !
- Au moins, elle sait mordre les peluches ! répliqua Jack, en se relevant tout sourire.
- Les garçons… soupira la Fée des Dents, en levant les yeux.
Le Père Noël éclata de rire, puis congédia le yéti. Carrie ne savait plus comment réagir, si elle devait rire ou se sentir vexée. Le petit homme tout en sable s'était vite réveillé et déjà précipité sur les tasses de chocolat, quand elle se rassit. Le maître des lieux s'avança vers elle et lui tendit une tasse bien chaude.
- J'espère que tu aies confortablement installée, lui dit le Père Noël.
- Euh… oui, merci…, balbutia-t-elle en prenant la tasse.
Elle entendit soudain un tintement de clochette à ses pieds. Elle baissa la tête et sursauta, manquant de renverser son chocolat chaud, en découvrant deux petits êtres vêtu de rouge lui tendre une assiette remplies de cookies avec un air d'ahuri. Tout ça devenait de plus en plus étrange… Elle les fixa longuement, puis hésita avant de s'emparer d'un biscuit, bien que l'envie de manger lui manquait dans l'instant présent. Le propriétaire du château se plaça devant elle, une tasse à la main.
- Quand tu étais petite, tu me connaissais en tant que Père Noël. Mais mes amis m'appellent plus communément Nord !
Il se tourna ensuite vers ses confrères qu'il désigna de la main.
- Tu connais également le Lapin de Pâques, Bunny !
- Salut, fit simplement le concerné depuis la cheminée.
- Sab, le Marchand de Sable !
Le petit homme de sable se retourna vers la jeune fille, laissant ses tasses de chocolat et la salua de la main, faisant rayonner des petits symboles au-dessus de sa tête.
- Il n'est pas très bavard… commenta Carrie, tout en répondant à son salut.
- C'est comme ça qu'on l'aime ! plaisanta Jack en faisant tourner son bâton entre les doigts.
Carrie jeta un bref regard vers le jeune Gardien, mais garda le silence, faisant comme s'il n'existait pas. Jack ne put s'empêcher de faire la moue en la voyant ainsi réticente.
- La Fée des Dents ! poursuivit Nord.
- Enchantée de faire ta connaissance ! s'exclama cette dernière en fredonnant ses ailes, quelques-unes de ses petites fées l'entourant et pépiant pour saluer Carrie.
- Et enfin…, termina-t-il en se tournant vers le benjamin.
- Le meilleur pour la fin, ironisa Bunny.
- Jack Frost, souffla Carrie en coupant le Père Noël.
Les cinq légendes furent étonnées. Jack avait les yeux rivés sur la jeune fille.
- Tu… me connais ? demanda-t-il.
Carrie se tourna vers lui, sans vraiment se risquer à le regarder en face.
- Jamie m'a beaucoup parlé de toi… souffla-t-elle. Et la fois où tu es venu jouer avec lui et Sophie, je t'ai vu…
Jack ne put s'empêcher d'afficher un sourire ravi. Et cela en grande partie pour le fait qu'elle ose enfin lui adresser la parole. Il aurait quelque part aimé que Carrie sache sa présence la nuit où il l'avait vu danser au milieu de la neige dans le parc, ce moment qui restait encore gravé dans ses pensées. Mais il se garda d'en parler. Il se tourna alors vers Bunny et lui adressa un sourire narquois.
- Tu vois ! Je deviens célèbre !
Le Lapin de Pâques souffla en levant les yeux au ciel, ce qui fit ricaner les autres Gardiens.
- Mais… reprit Carrie. Je ne comprends pas pourquoi vous m'avez emmenée ici… Et qui était ce… cet homme ? Que voulait-il faire à cet enfant ?
L'atmosphère se fit soudainement plus tendue. Le Père Noël avait délaissé son air joyeux, devenant plus sérieux.
- Cet individu est Piper Rattenfänger, connu sous le statut du joueur de flûte de Hamelin, expliqua-t-il. Il est issu de la légende où un jeune musicien a ensorcelé les rats ravageant le village de Hamelin, à l'aide de sa flûte.
- Quoi ? Mais… Il existe vraiment ?!
- Presque toutes les légendes existent, dit Bunny. Cela dépend de la croyance des humains envers les mythes.
- Mais il avait disparu, continua Nord, affairé. On ne l'avait plus revu depuis le drame de 1280.
- Qu'est-ce qu'il s'était passé ? s'intrigua Jack qui ignorait cette histoire.
- Ce que dit la légende, intervint Fée avec tristesse. Les villageois ont chassaient Piper, alors qu'ils lui avaient promis récompense suite à son service. Mais il revient quelques jours plus tard à Hamelin, pour se venger… Il a ensorcelé les enfants du village et les a conduits jusque dans les hautes montagnes. Aucun d'eux n'est revenu…
- On raconte qu'il est devenu frappa dingue après ça, ajouta Bunny. Puis on a plus entendu parler de lui jusqu'à ce soir.
Sab s'imposa en lévitant et pointant du doigt l'énorme Globe tournant, tout en faisant apparaître successivement les images du joueur de flûte et d'enfants au-dessus de sa tête.
- Il est clair que Piper soit la cause de ces enfants disparus ou retrouvés noyés ces derniers jours à travers le monde, traduisit Nord, les sourcils froncés de colère.
- Mais c'est affreux ! s'emporta Jack.
Le jeune Gardien sauta du dossier du fauteuil pour atterrir au sol, les bras ouverts d'indignation.
- Comment peut-il faire une chose pareille ?! Et puis pour quelle raison ? Il a déjà cherché à se venger, non ?
- Malheureusement, nous n'en savons pas plus, Jack. Nous n'avons plus revu Piper depuis les sept derniers siècles et nous ignorons la raison de son retour.
- Encore un esprit détraqué qui se pointe ! râla Bunny. Comme si ça suffisait pas…
- Piper s'en prenant aux enfants, souffla Fée d'une voix anxieuse. Jenny Greenteeth qui vole leurs dents…
- Sans parler de Devin, grommela Jack, encore raide après sa confrontation contre le concerné.
Les cinq Gardiens exprimèrent des regards soucieux, perdus dans leur pensée. Le son subit d'une claque les fit tous sursauter. Ils virent alors Carrie, le regard fixe devant elle et apeuré se donner des claques l'une après l'autre. Ils ne purent dissimuler leur perplexité, s'échangeant des regards suspicieux entre eux. Carrie continuait à se gifler, sans les prendre compte, tout en maugréant « C'est pas possible… C'est trop… Faut que je me réveille… Faut que je me réveille… »
- Ça y est, fit Bunny, elle a perdu la raison.
La jeune fille se leva alors du siège, la tête entre les mains, commençant à faire les cent pas dans tous les sens.
- Non, ce n'est pas possible… ça ne peut pas… Je suis sûrement en train de rêver…
- Voyons Carrie, tenta de rassurer Nord en tendant ses mains vers elle, calme-toi.
- Non ! s'écria-t-elle, en secouant ses bras pour le faire reculer. Je ne peux pas le croire ! Toute cette histoire est complètement insensée !
- Bon, reprit le Lapin de Pâques, à quelle partie des explications tu n'as pas compris, histoire d'éviter de tout recommencer ?
- Bunny ! sermonna Fée.
- Il n'y a rien à comprendre du tout ! répondit Carrie, la voix plus élevée. Vous n'êtes pas réels ! Vous ne pouvez pas être réels ! Vous n'êtes que des contes pour enfants ! Toutes ces légendes… ce n'est que de la pure fiction ! Rien de tout ça n'existe !
Les vives paroles de Carrie blessèrent chacun de Gardien, mais le plus touché d'entre eux fut Jack, se remémorant les années de solitude qu'il avait vécu, avec le sentiment de n'exister aux yeux de personne. À mesure qu'elle parlait, le Gardien du Jeu s'irrita de plus en plus et ne put contenir plus longtemps sa colère.
- Ah ouais ? s'exclama-t-il. On n'existe pas ? Dans ce cas, tu pourrais peut-être expliquer pourquoi tu voies des créatures « fictives » depuis ton enfance, alors que personne d'autre ne les voyait !
Sous son élan, il s'était rapproché juste en face de la jeune fille. Celle-ci s'était tût, désemparée. Un silence tendu s'imposa dans la Salle du Globe. Voyant les deux jeunes gens se faire face, les autres Gardiens n'osaient intervenir ou dire le moindre mot. Jack défia Carrie du regard, qui cette fois ne recula pas devant lui et fronça les sourcils.
- Comment peux-tu savoir ça… ? siffla-t-elle entre les dents.
Jack ne répondit pas mais garda les yeux plissés, fixés sur elle. Carrie laissa retomber ses bras le long du corps et serra les poings. Elle se détourna vers les Gardiens.
- J'exige que vous me rameniez chez moi, dit-elle d'une voix froide.
Fée, Sab et Bunny regardèrent Nord avec hésitation. Le Père Noël semblait embarrassé.
- Eh bien… comment dire…
- Vous m'avez balancée dans un portail ou je ne sais quoi pour m'amener ici. Vous pouvez faire la même chose pour que je rentre à Burgess, je suppose.
- C'est que… loin de moi l'envie de te retenir ici, balbutia le Père Noël, seulement… c'est impossible…
- Comment ?!
- Nord, demanda Fée, tu n'as plus de boule à neige ?
- J'ai utilisé les deux dernières qui me restaient pour renvoyer Piper et pour emmener Carrie au Pôle.
- On dirait que tu vas rester un peu plus longtemps en notre compagnie, commenta Bunny.
À cette annonce, Carrie se raidit avant de s'emporter à nouveau.
- Ah non ! Non pas question ! Je refuse de rester plus longtemps dans cet endroit !
Sab ignora les exclamations de la jeune fille et s'interposa devant Nord, l'air inquiet, aux côtés de Fée.
- Mais comment va-t-on faire si nous devons intervenir d'urgence ? s'enquit cette dernière.
- Rassurez-vous, dit le Père Noël, j'ai demandé à James il y a quelques jours de m'en rapporter toute une cargaison. J'attends sa visite.
- Il n'a pas l'air pressé de te faire la livraison, grommela Bunny.
- Mais je fais comment moi pour rentrer ? s'écria Carrie.
- Tu pourrais commencer par te calmer et arrêter de crier.
- On peut toujours la ramener en volant, proposa Jack en pointant le pouce vers elle.
Carrie regarda fixement le jeune homme, un rictus à la fois craintif et furieux sur le visage.
- Même pas en rêve, souffla-t-elle.
- Bon, au moins le message a le mérite d'être clair. Dommage, fit-il avec un sourire en coin, tu ne sais pas ce que tu rates !
- Je préfère rester ignorante !
- De toute façon, c'est trop risqué, Jack, reprit Nord. Et puis, je pense qu'il vaudrait mieux pour Carrie de rester un peu de temps ici.
- Quoi ?! Vous plaisantez j'espère !
- En t'opposant à lui, je crains que tu ne t'aies attiré les foudres de Piper. Il serait préférable de s'assurer d'abord à ce qu'il se tienne tranquille pour que tu sois en sécurité.
- Comment fait-on pour le retrouver ? se demanda Bunny.
- Je l'ai envoyé en plein milieu de l'Afrique. Mais ça ne m'étonnerait pas qu'il se dirige à nouveau vers Burgess pour terminer ce qu'il a commencé.
- Si jamais il s'en prend à Jamie… murmura Jack de rage.
- Mais vous allez m'écoutez à la fin ! hurla Carrie, cédant à l'énervement et la panique.
Sa clameur fit interrompre les bavardages des Gardiens. Mal à l'aise par leur regard, elle soupira pour se tranquilliser, avant de continuer :
- Écoutez… Oui, je l'avoue, je peux voir les mythes depuis toute petite. J'ai souvent été prise pour folle alors que je certifiais les avoir vus, et ça m'a pourri l'existence. Mais à part ça, je n'ai aucune valeur, vous n'avez aucun intérêt à me garder. Je veux juste rentrer chez moi et oublier ce qu'il s'est passé.
Jack lança un regard inquisiteur à Nord, appréhendant pour une raison qu'il ignore la réponse du vieux Gardien. Celui-ci adressa un sourire tendre à la jeune fille, voulant se montrer compréhensif.
- Nous voulons simplement assurer ta sécurité, Carrie. Mais soit, nous te ramènerons chez toi dès que possible. Le Pôle Nord est bien trop loin de Burgess et même si nous y allons à traîneau, je doute que tu ne parviennes à supporter le froid.
Carrie hocha simplement la tête, soulagée mais un peu agacée de se résigner à rester plus longtemps. Le Marchand de Sable s'approcha d'elle et posa une main compatissante sur son épaule. Elle sursauta à son contact.
- Ne t'en fais pas, rassura Nord, la nuit ne fait que commencer à Burgess. Je suis sûr que mon ami ne tardera pas à arriver avec les boules à neige téléporteuses, grâce auxquelles on te ramènera chez toi.
Les épaules de Carrie s'affaissèrent à vue d'œil, tandis qu'elle gardait la tête baissée. Nord se tourna ensuite vers ses confrères.
- Pas de temps à perdre ! leur dit-il. Noël est dans bientôt un mois et les enfants ont plus que besoin de notre protection suite à l'apparition de tous ces ennemis. Je me dois de rester ici pour les préparatifs de ma tournée et je me charge de veiller sur Carrie jusqu'à l'arrivée de James. Vous autres, allez retrouver Piper.
- Tu oublies un détail, signala Bunny. Qu'est-ce qu'on fait de Pitch ?
- C'est vrai ! s'exclama Fée. Carrie a été témoin de sa réapparition.
Carrie se rappela alors de l'expérience dans la forêt en compagnie de Jamie, où une main géante de sable noir avait émergé de la terre pour les attaquer. Les mots du petit garçon certifiant qu'il s'agissait du Croquemitaine revinrent dans sa tête.
- T'étais près de l'antre de Pitch avec Jamie l'autre jour, précisa Jack d'une voix plus apaisée. Est-ce que tu l'as vu ?
Carrie tourna le dos au jeune Gardien, sans lui répondre. Jack ne savait pas trop comment le prendre, mais il commençait à se sentir à la fois crispé et peiné par les réactions de la jeune fille vis-à-vis de lui. Ce fut alors Fée qui reprit l'initiative.
- On a besoin de savoir, Carrie. Qu'est-ce que tu as vu précisément ?
- Rien d'autre… que des formes de sable noirs, hésita-t-elle. Elles ont disparu avant qu'elles n'aient le temps de nous toucher.
- Bon, fit Bunny, manifestement Pitch n'a pas recouvert assez de forces pour se découvrir, mais il vaudrait mieux vérifier sur place.
- Je m'en charge ! se désista Jack, surprenant les autres Gardiens. Je suis déjà allé dans son antre, je pourrais facilement le trouver.
- Tu en es sûr, Jack ? s'inquiéta Fée, le regard sur la panse de son bras.
- Rassure-toi, il ne m'arrivera rien, certifia-t-il avec assurance.
- Peut-être mais tu n'iras pas seul, somma Nord. Les actions de Pitch sont imprévisibles. Sab t'accompagnera pour le surveiller.
Le petit Marchand de Sable hocha vivement la tête, montrant son accord.
- Dans ce cas, moi et Fée on se charge de repérer Piper et de le mettre hors d'état de nuire, reprit Bunny, déterminé.
- Très bien, fit le Père Noël, si jamais un quelque problème se présente, j'enclencherais les aurores boréales.
Ceci dit, Lapin de Pâques tapota le sol du pied qui s'effondra pour laisser place à une galerie qui s'enfonçait dans les profondeurs de la terre. Il laissa passer la Fée des Dents devant lui, avant d'y pénétrer à son tour. Le trou se referma aussitôt, laissant place à une délicate petite fleur de printemps au beau milieu de la pièce. Carrie en fut quelque peu déconcertée. Elle sortit de sa transe quand le Père Noël la poussa doucement au dos pour l'emmener avec lui.
- Viens Carrie, je vais te faire visiter le palais en attendant. Ce n'est pas tous les jours qu'on a l'occasion de voir l'atelier du Père Noël ! s'exclama-t-il d'un air réjoui.
La jeune fille replaça une mèche brune derrière son oreille et le suivit sans dire un mot. Jack la regarda partir en compagnie du vieux Gardien jusqu'à ce qu'ils prennent l'ascenseur. Il ne sut pourquoi, mais il fut extrêmement déçu que Carrie ne lui adresse aucun autre regard. Il se sentait même gêné que ses échanges avec elle fussent si fermes. Sab lui tira alors la manche, le sortant de ses pensées. Il le regarda avec curiosité, avant de secouer la tête et de lui faire un signe de tête vers la sortie.
- Allons-y Sab !
o*o
Des murs et des escaliers se tordant dans des directions biscornus. De faibles rayons de lumière mourant dans la pénombre. De grandes cages baroques, vides de détenus, se balançant d'un rythme lassant en crissant d'un bruit rouillé désagréable. Des murmures sinistres du vent se choquant contre les parois de ce lieu funeste. Des ombres défilant à travers l'espace, laissant des traînées de grains noirs derrière elles, se révélèrent sous la forme de chevaux au regard jaune menaçant.
Le repaire de Pitch le Croquemitaine n'avait guère changé depuis sa défaite contre les Gardiens. Contrairement à lui.
Sa haute silhouette n'était elle-même plus qu'un amas de sable, se mouvant en permanence, comme s'il semblait ne pas pouvoir prendre de forme définitive. Mais la figure qu'il transparaissait rappelait néanmoins son ancienne apparence, ses larges épaules, son nez aquilin, son menton en avant et sa chevelure relevée. À la base de ses pieds s'étendaient de longs filets de sable noir tentaculaires, prêts à stranguler la moindre proie. Ses yeux, autrefois pourvus de pupilles, luisait d'un jaune flou, transparaissant un profond dégoût et une rage incommensurable. Il n'était plus vraiment le Maître des Cauchemars.
Pitch Black avait été vaincu. Pitch Black avait perdu le contrôle et céder à la Peur. Sa propre peur. Cette peur l'a soumis, l'a englouti, l'a dévoré, l'a consumé à en perdre la raison. Ses cauchemars se sont retournés contre lui, envolant son titre de Croquemitaine. Pitch Black était devenu lui-même un cauchemar.
Il filait autour d'un globe noir situé au centre de son antre, scintillant d'une multitude de petites lumières bien plus chatoyantes que la lueur de son regard, les grains de sable qui le constituaient frétillèrent de frottements fins au moindre de ses mouvements. Il lorgna avec mépris les lumières du Globe, rongé par l'animosité et la fureur à leur égard.
L'ombre d'un cheval se glissa jusqu'à lui avant d'émerger du sol en se cabrant dans une explosion de sable noir et de se mettre à son côté. Il poussa un hennissement lugubre à l'oreille du maître des lieux. Sur le visage vide de Pitch, le sable le composant formèrent un sourire effrayant.
- On dirait que nous avons de la visite, entonna-t-il d'une voix ténébreuse.
À la surface, dans la clairière déserte en pleine nuit, le bonnet enfilé et un sac à dos accroché, Jamie s'approchait d'un pas hésitant vers l'ouverture de la tanière du Croquemitaine.
Alors ? :) J'espère que ce chapitre ne vous a pas semblait trop vide...
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