Salut la compagnie ! Comment allez-vous après tout ce temps ? Bon avant que vous ne me lanciez des tomates, je voudrais m'excuser encore une fois pour cette longue absence. Maintenant, je suis débarrassée du calvaire de la fac, en vacances et je vais enfin pouvoir revenir plus régulièrement sur le site et reprendre cette fiction. Alors, heureux ? :D

Nous arrivons enfin au dixième chapitre ! Youhou ! Première dizaine de franchie, j'aurais jamais cru ! Vous m'excuserez pour les fautes qui ont sûrement dû échapper à ma vigilance malgré une relecture. J'espère que ce chapitre vous plaira. ;)

Merci à Alicy, Marles, Sayuri et Yavely pour leurs reviews. Merci à Mamoryu pour son ajout en follow. Merci à Eldeya pour son ajout en favori et toutes ses belles reviews qui m'ont touchée. Et merci à toi, ma très chère Delph pour la review hilarante que tu m'as laissée ! Tu arrives toujours à me faire rire, fais-moi penser à débarquer chez toi pour te remettre ton oscar ! (Je t'annonce en avance que tu vas apprendre une nouvelle technique ninja ;D)

Sur ce, je vous souhaite bonne lecture !


Chapitre X

Tout sera fini ?

o*o

« C'est peut-être pas une si bonne idée... », se dit Jamie. Accroupi au bord du gouffre, il fixait les tréfonds qui menaient jusqu'aux lieux de Pitch d'un regard incertain, comme s'il s'attendait que quelque chose n'en sorte pour l'attraper et l'entraîner jusqu'au fond. L'air ricochait contre les parois tel le râle d'un mourant, faisant déglutir davantage le petit garçon.

Depuis les dernières nouvelles annonçant la disparition subite d'enfants de part et d'autre du monde et le fait qu'il n'avait plus reçu aucun signe de Jack, Jamie s'était mis à imaginer le pire. Les événements n'étaient en aucun cas rassurants et les Gardiens en étaient directement concernés. Et qui d'autre que Pitch Black, le Croquemitaine, pouvait être derrière tout cela ? Qui d'autre pouvait bien se présenter comme l'ennemi des Gardiens et des enfants ? Alors Jamie a voulu faire sa petite enquête, histoire d'être d'une quelconque aide pour ses héros qui visiblement n'étaient pas encore revenus à Burgess. Mais à présent qu'il se trouvait en face du repaire tant redouté, le doute le pétrifia sur place. À l'image de sa crainte, de fins filets de sable noir glissaient sur les limites du trou.

En les voyant, Jamie secoua la tête. Non ! Il devait se reprendre. Ne surtout pas ressentir la peur. Le jeune garçon se releva, empoigna la bretelle de son sac à dos d'une main ferme, ferma les yeux et inspira fort. Il mit instinctivement sa main sur son thorax, à l'endroit même où Jack Frost avait posé son doigt quelques mois auparavant en le désignant lui-même comme un Gardien. Cette pensée évacua toute parcelle de peur et aussitôt, le courage et la confiance ressurgirent en lui. Il expira, regarda le trou avec défi, avança un pied. Et sauta.

Son corps dégringola le long de la galerie infinie. On ne pouvait plus compter les innombrables « aïe », « ouille », ou toutes autres exclamations de douleur qui firent alors écho. Jamie retomba lourdement sur le sol à plat ventre, la chute s'arrêtant enfin. Le garçon gémit en se relevant et constata qu'il était plongé dans la pénombre et entièrement recouvert de terre. Imaginant déjà le nombre de bleus qu'il a dû se ramasser, il épousseta vivement ses vêtements avant de regarder autour de lui. Mais il ne put rien discerner dans le noir absolu. Il fouilla alors son sac jusqu'à mettre la main sur sa lampe torche et alluma cette dernière. La lumière soudaine lui brûla un instant les yeux, puis une fois habitué il put découvrir devant lui une longue galerie sombre qui s'étendait toujours plus loin à l'infini. Et rien d'autre. Aucun bruit, aucun signe de présence. Jamie aurait cru que ses plaintes auraient averti le maître des lieux. Et pourtant, rien ne semblait le menacer. Pour le moment.

Jamie releva la tête vers le haut en direction de l'entrée, se demandant par quels moyens pourrait-il sortir de ce trou. Celui-ci était bien trop haut et les racines incrustées dans la terre n'étaient pas assez solides pour qu'il puisse l'atteindre en grimpant. Face à cette évidence, il reporta à nouveau son regard vers le fond la galerie. En d'autres termes, la seule issue qu'il lui était possible d'emprunter à présent. Il déglutit difficilement puis amorça un premier pas, avant de s'avancer avec plus d'assurance. En alerte, le garçon pénétra en profondeur, en mettant un pied devant l'autre avec le plus grand soin et tentant de retenir sa respiration pour éviter de faire trop de bruit.

Sa marche lui parut durer une éternité, jusqu'à ce qu'il sentit son pied s'entrechoquer contre quelque chose qui émit comme un bruit métallique. Jamie sursauta et retint un hoquet. Voyant que rien ne semblait le menacer, il se calma et baissa la lumière de sa lampe pour voir sur quoi il venait de trébucher. Un reflet d'or illumina faiblement ses yeux. C'était un long objet en forme de cylindre. Jamie le ramassa pour le voir de plus prêt. On irait dit une sorte de calice qui devait renfermer quelque chose à en croire les tintements qui se distinguaient depuis l'intérieur. La surface était décorée d'une mosaïque toute en couleur. Le garçon le retourna plusieurs fois pour trouver une éventuelle ouverture, en vain, mais il vit sur l'une des faces circulaires l'image nette et dessinée d'une petite fille. Celle-ci avait des cheveux noirs comme l'ébène, les yeux bleus les plus clairs que Jamie n'ait jamais vus et arborait une expression malicieuse qui lui rappelait grandement celui de Jack. Cet objet l'intriguait que faisait-il donc dans le repaire du Croquemitaine ?

Un faible cri au loin le paralysa subitement. Jamie leva le regard vers la galerie, d'où semblait provenir le son. Il rangea le bibelot dans son sac qu'il ferma avec précaution et reprit sa route. Le cri se répéta, mais se révéla plus comme un hennissement. La pensée des cauchemars lui provoquait un vif frisson.

Finalement, Jamie arriva jusqu'à un seuil taillé en arc et il déboucha dans l'espace le plus intimidant qu'il lui était donné de visiter. Sa vue se perdait dans les innombrables escaliers disposés dans tous les sens et la pénombre de la pièce. La légère plainte du vent vibra à nouveau dans les oreilles de l'enfant et bien qu'il se le répétait sans cesse pour se donner du courage, il eut grand mal à contenir la peur qui prévenait de le submerger.

Il comptait faire demi-tour, mais un globe lumineux situé un peu plus au loin attira sa curiosité. De la lumière au cœur de l'habitat d'un être comme le Croquemitaine lui parut plutôt insolite. Intrigué, Jamie commença à tantôt descendre, tantôt gravir les marches des escaliers et à longer les ponts de pierre irrégulièrement pentus jusqu'à l'approcher. Une fois à proximité, il remarqua qu'il s'agissait d'un globe terrestre tournant, avec la représentation des différents continents nimbés de petites lumières. Des nombreuses fois où Jack Frost lui avait rendu visite, il se rappela aussitôt de la fois où le jeune Gardien lui avait parlé à propos d'un globe au Pôle Nord, éclairé par la lumière de tous les enfants du monde entier. L'étincelle de la croyance. Ainsi donc, Pitch Black en posséder un également. Serait-il donc en train de comploter un plan contre les Gardiens ? Jamie voulut effleurer le globe du bout des doigts, émerveillé par les lueurs qu'il dégageait, mais un mouvement derrière lui provoqua un frisson le long de son échine.

- On aime la lumière ? fit une voix en écho.

Jamie se retourna vivement. L'atmosphère de la pièce s'était soudainement encore plus assombrie. Il agita sa lampe vers tous les recoins pour voir d'où provenait la voix si familière du Croquemitaine. Son cœur frappa progressivement contre sa poitrine, en rythme avec les rires lointains de Pitch. Les ombres glissaient en permanence sur les murs, jouant avec les rayons et l'obscurité. Certaines se détachaient et révélaient la forme d'équidés. Bientôt, se furent des hennissements lugubres qui accompagnèrent les battements de cœur de Jamie. Il se le répétait avec hardiesse : « Ne pas avoir peur ! Ne pas avoir peur ! ».

- Laisse-toi aller, petit homme, susurra Pitch au loin. Laisse-toi envahir par la peur…

- Non ! lâcha catégoriquement Jamie. Je n'ai pas peur de toi, Pitch !

Le garçon crut entendre un soupir agacé rebondir sur les murs de l'antre, avant de céder la place au silence. Un silence lourd qui ne rassura pas pour autant le garçon. C'est alors que des nuées de sable noir sortir de la pénombre, se modelèrent en la forme de grand cheveux et encerclèrent Jamie. Leurs yeux mordorés brillaient d'une lueur furieuse, et leurs sabots claquaient le sol avec impatience. Les éclats du Croquemitaine se perçurent à nouveau, beaucoup plus sournois.

- Il n'y a aucune issue, pauvre enfant… Laisse donc la peur te submerger…

Jamie tourna la tête vers les chevaux et retint un déglutissement. Il amorça quelques pas en arrière, mais une ombre fila entre ses pieds à grande vitesse, ce qui le surprit et le fit tomber à la renverse. Dans sa chute, la lampe torche lui avait échappée des mains et la lumière s'était éteinte, plongeant Jamie quasi intégralement dans le noir.

Les cauchemars n'attendirent pas plus longtemps. Aussitôt, ils se jetèrent sur lui, en poussant des hennissements infernaux. Jamie se protégea de ses bras avant que le troupeau ne retombe sur lui, en poussant un cri. Les chevaux tourbillonnaient en nuée autour de lui comme un essaim, il sentait le sentiment de peur le submerger de plus en plus. Jamie frappa le bras dans le vide dans une tentative inespérée de chasser les cauchemars. Dès lors que ces derniers frôlèrent le bout de ses doigts, ils s'évaporèrent en de fins filaments d'or avant de disparaître. Les chevaux non touchés s'écartèrent rapidement pour ne pas être en contact du sable lumineux, laissant alors la voie libre à Jamie qui fut surpris par le phénomène avant de sourire.

Dans l'ombre, Pitch fulmina. Le cœur du garçon était encore dominé par le courage et les souvenirs joyeux qui l'empêchaient d'avoir peur. Celui-ci rattrapa son sac renversé, avant de détaler droit vers la sortie. Les cauchemars ne cessèrent de l'assaillir pour l'arrêter, mais dès qu'ils furent trop près, ils se dissipèrent en sable doré. Jamie arrivait presque au bout du dernier pont qu'il lui fallait traverser qu'un cheval beaucoup plus grand que les autres entra en collision avec lui. Il le renversa sur le bord, que Jamie rattrapa de justesse avant de dégringoler dans le précipice.

Il jeta un rapide regard par-dessus son épaule. L'obscurité dévorait tant l'espace qu'il n'en voyait pas le fond. Jamie usa de toute la force de ses bras pour se rehausser sur le pont. Il n'eût pas un instant de répit qu'une nouvelle vague de cauchemar se rua vers lui. Il reprit sa course sans se poser de question, mais la silhouette du Croquemitaine se dissocia de l'ombre pour se matérialiser à son tour et fusa droit à travers le pont. Ce dernier se brisa à son passage et commença à s'effondrer par morceaux. Jamie sentit le sol se pencher et glisser sous ses pieds et son corps entraîné vers l'arrière dans l'abîme. Il se rattrapa à la bordure du pont encore accrochée de toutes ses forces, mais celle-ci menaçait à son tour de se sombrer dans la chute. Jamie entendit la pierre craquer sous son poids dans un crissement étouffé.

- Au secours ! cria-t-il au comble de la panique.

Seuls les ricanements du Croquemitaine répondirent à sa détresse, alors que l'ombre de Pitch s'allongeait encore plus jusqu'à envelopper entièrement la silhouette du jeune garçon. Jamie sentit l'air ambiant se refroidir et de violents spasmes le secouer. Il poussa ses pieds sur les fragiles appuis qu'il lui était à portée jusqu'à se hisser à la surface, avant que l'embout du pont ne se détache et vint rejoindre les autres ruines dans le ventre du gouffre sans fin.

Au lieu de se relever, Jamie resta à terre. Les tremblements qui le remuaient lui faisaient perdre l'équilibre et s'avachir au sol. Il ne pouvait les contrôler. La peur le dominait jusqu'au bout des ongles.

Il se retourna sur le dos et fit face au monstre qu'était le Croquemitaine, finissant de le terroriser. Pas de visage, aucun trait, aucun reflet. Juste un amas de sable noir grésillant et se mouvant dans un tournoiement infernal. Les deux orifices lumineux de jaune sur la forme reconnaissable de la tête de Pitch se plissèrent de malice et leur éclat rayonna de triomphe. Jamie chercha à s'éloigner de lui par la force de ses pieds repoussant le sol, au rythme de son souffle asphyxié.

- Oui… soupira Pitch d'une voix rauque. C'est ça… Je la sens… Cette terreur qui grandit en toi…

La forme d'une main tentaculaire se détacha de la masse pour se tendre lentement vers Jamie qui ne put réprimer ses souffles d'angoisse.

- Encore… et encore…

À mesure qu'il s'approchait de l'enfant, les granules se replièrent pour laisser découvrir progressivement une chair grise. Elle se fortifia, les os craquant et reprenant leur place à l'intérieur. Même un sourire tordu put se dessiner sur la face de sable de Pitch. Il reprenait peu à peu sa forme d'antan.

- Non… non…, suffoqua Jamie en secouant la tête.

Juste au-devant de lui s'ébroua un cheval en sortant du tas de poussière. Le garçon ne pouvait dire ce qui lui maintenait les yeux ouverts. Le cauchemar se cabra, prêt à écraser ses sabots sur l'enfant.

- Recule ! cria une voix derrière Jamie.

Un rayon de lumière bleu fusa sur le cauchemar qui se retrouva pétrifié instantanément par de la glace. Cela fit sursauter Jamie, alors que le faciès de Pitch se déforma par la colère et que sa chair se déforma et redevint du sable. Il s'écarta sans attendre loin du garçon sous un cri strident. Une personne élancé atterrit souplement devant Jamie et prit une position défensive.

- Jack ! s'écria-t-il, le sourire aux lèvres.

Le jeune Gardien arrêta son élan de sa main, les yeux sévères braqués sur l'amas de sable qui filait à travers la pièce d'une allure fantomatique. Il fit demi-tour et s'apprêta à s'élancer vers eux, mais Jack bondit dans les airs et frappa les offensives de Pitch avec son bâton crépitant d'étincelles de glace. Le Croquemitaine exclama des cris de douleur à chaque coup reçu. Les cauchemars vinrent à l'assaut depuis tous les remparts, galopant hâtivement vers l'immortel, bien décidés à lui faire regretter son opposition. Quand un banc de milliers de poissons en or arriva derrière Jack et allèrent à l'encontre des chevaux pour le protéger. Les créatures noires furent dissoutes au moindre contact, arrachant un hurlement de rage de la part de Pitch. Flottant sur un léger nuage de sable doré, le Marchand Sable fit son apparition au côté de Jack.

- Vous…, grommela la voix du croquemitaine en écho. Vous osez pénétrer dans mon repaire…

- Ouais, ça faisait un bail, Pitch, provoqua le jeune Gardien. Toi aussi, tu nous as manqué !

Le maître des cauchemars laissa jaillir sa rage et repartit à l'offensive. Sab fit alors claquer ses fouets sur lui d'une main acharnée, Jack envoyant également de multiples jets de glace. Jamie était cloué sur place, ébahi devant une telle scène, ne sachant où regarder tant les attaques éclataient dans tous les sens.

Pitch, dans son état, ne pouvait que se défendre. Il recula toujours plus face aux assauts des deux Gardiens. Le maintenir à distance de Jamie était tout ce qui comptait pour eux. Sab adressa enfin un signe de tête à Jack auquel ce dernier répondit, avant de se précipiter auprès de son fidèle croyant.

- Accroche-toi, Jamie, fit-il en se baissant à sa hauteur.

Remarquant que le garçon grimpait sur le dos de l'esprit de l'Hiver, Pitch sut qu'il s'apprêtait à l'emmener hors d'ici.

- Non ! vociféra-t-il. Il est à moi !

Sa réclamation n'étant pas entendue, l'esprit de la Peur tenta de se défaire des liens du Marchand de Sable, sans succès. Il ne cessa de se débattre en des gestes farouches, des nuées de sable noir tentaculaires se déchaînèrent autour de lui. Le visage du Gardien des Rêves se marqua d'anxiété, implorant du regard Jack de se presser. Assuré que Jamie le tienne bien par le cou, l'esprit prit de l'élan et décolla du sol pour voler vers la sortie.

- Et le Marchand de Sable ?! s'inquiéta le garçon.

- T'en fais pas pour lui.

Derrière eux, la voix de Pitch continuait à cracher des lamentations aigües.

Sab tira une dernière fois sur ses fouets pour envoyer l'entité qu'était le Croquemitaine à l'autre bout de son antre, et profita de sa confusion pour aller à la suite de Jack. Il n'eût aucun mal à vite rattraper le jeune Gardien, Jamie agrippé à lui, alors qu'ils remontaient déjà la galerie en direction de la surface. Mais des vociférations derrière eux les alarmèrent. Jamie ne put s'empêcher de se retourner et vit avec effroi une vague de sable noir parsemée d'orbites jaunes les prendre en chasse. Et elle les regagnait d'une vitesse fulgurante. Sous l'influence d'une grande appréhension, Jamie ferma les yeux. Puis tout se passa si vite.

Jack vit enfin l'ouverture qui donnait vue au ciel, soulagé, et sortit sans se faire prier. Il lâcha alors le garçon au vol qui retomba dans un lit doré matérialisé par le Marchand de Sable. Le Gardien du Jeu se dirigea ensuite vers l'entrée de l'antre de Pitch d'où il vit arriver l'amas de cauchemars hurlant. Il ferma les yeux, canalisa toute sa magie et en quelques secondes, son bâton crépita du givre plus vif que jamais. Sous un cri d'effort, il relâcha tout son pouvoir droit sur le cumul et les cauchemars se retrouvèrent entièrement gelés avant d'exploser en mille morceaux. Dans les tréfonds de la terre, le hurlement de Pitch résonna, mortifié que l'enfant lui soit glissé des mains.

Le calme de la nuit s'instaura dans la clairière, scandé par les respirations de deux Gardiens essoufflés.

- Eh ben, on peut dire qu'on a eu chaud ! commenta Jack, entre deux souffles.

Sab roula les yeux, amusé d'entendre le jeune Gardien faire une énième plaisanterie subtile vis-à-vis de sa condition d'élémentaire de glace.

- Wow… soupira une voix étouffée d'admiration derrière eux.

Jack et Sab se tournèrent vers Jamie qui se tenait droit comme un « i » face à eux, les yeux écarquillés sur le point de quitter leur orbite.

- Alors ça… C'était trop cool ! s'exclama-t-il en sautant sur place, sa voix montant toujours plus dans les aigus à mesure qu'il parlait. Ce que vous avez envoyé à Pitch, ce que vous avez fait avec vos superpouvoirs, c'était génial !

Face à l'enjouement du garçon, Jack ricana. Mais du coin de l'œil, il remarqua l'expression plutôt dure du Marchand de Sable, qui bien que flatté par les compliments de Jamie demeurait inquiet par la situation. Le jeune esprit se reprit alors avant de s'agenouiller près de son premier croyant.

- Tu vas bien ? Pitch ne t'a pas fait de mal ?

- Non, rassura le garçon, du moins il n'en a pas eu le temps…

- Jamie, par la Lune, que faisais-tu dans son repaire ?! Es-tu conscient du danger auquel tu t'es exposé ?

Jamie fut troublé par le ton sévère qu'avait soudainement pris la voix de Jack. Dépité, il baissa la tête, fixant le sol qui était en un instant devenu très intéressant.

- Je… je voulais vous aider, bafouilla-t-il.

Jack ne cacha pas sa surprise devant la réponse du garçon.

- J'ai entendu ce qu'il se passait, poursuivit Jamie d'une voix contrariée. J'ai cru que Pitch avait quelque chose à voir avec la disparition des enfants. Il avait déjà attaqué Carrie et moi hier après-midi. Je voulais t'en parler Jack, mais… Tu avais disparu… Tu ne revenais plus me voir…

Un soupçon de tristesse se perçut dans la voix de Jamie qui commençait à s'affaiblir. Jack sentit le poids de la culpabilité écraser ses épaules tandis qu'il continuait ses explications. Il se sentit mal à l'aise en sachant que les derniers jours, il avait volontairement évité de rendre visite au garçon suite à sa conversation tendue avec Nord, ayant abusé des règles imposées aux esprits. Le Gardien se sentit désolé et honteux, comme s'il l'avait trahi.

- Alors j'ai cru que tu étais occupé, avec les autres Gardiens, finit Jamie. J'ai pensé que je pourrais vous aider en espionnant Pitch…

- Jamie…

Jack ne sut quoi dire. Il se mordit les lèvres d'embarras en cherchant les mots qui pourrait lui convenir. Sur le moment, il enviait Sab d'être « muet », lui épargnant la situation déstabilisante des explications. Jack inspira un grand coup avant de parler.

- Ce que tu as fait était risqué… mais honorable.

Les yeux de Jamie se détachèrent enfin du sol pour se fixer droit sur ceux de Jack, qui renvoyèrent toute la sincérité et la bienveillance que dégageait communément le jeune Gardien à l'égard des enfants.

- Tu étais dans l'intention de nous aider, continua l'esprit de l'hiver, et rien que pour ça, nous t'en sommes reconnaissants.

Le jeune garçon dévia son regard sur le Marchand de Sable qui lui adressa un grand sourire en hochant la tête, pour ponctuer les dires de Jack. Il sentit ses joues rougirent de flatterie, un sentiment de félicité remontant en lui. Le voyant sourire, Jack trouva le courage de reprendre :

- Je te dois des excuses.

- Quoi ? s'étonna Jamie. Pourquoi ça ?

- Pour ne pas avoir été présent à tes côtés. Je me devais en tant que Gardien de te rassurer et te garantir que tout va bien.

Jamie ne put retenir un regard suspicieux.

- Des enfants ont disparus et tu dis que tout va bien ?

- Oui bon, on le reconnaît, la situation nous échappe un peu, avoua Jack dans un petit rire. Il n'empêche que j'aurais dû te tranquilliser plutôt que de t'éviter.

- Tu… tu m'évitais ? balbutia Jamie avec peine.

Jack ravala difficilement sa salive.

- J'ai fait… quelque chose de mal ? reprit d'une petite voix le garçon.

- Non non ! Pas du tout ! C'est pas ça ! fit vivement le Gardien en voyant la mine chagrinée de son premier croyant. Je… C'est compliqué à expliquer…

Malgré cette simple excuse, Jamie conserva un visage abattu. Jack, le voyant ainsi, se sentit encore plus mal qu'il ne l'était déjà. Il leva les yeux vers Sab qui était resté un peu en retrait pour laisser au benjamin le libre champ de s'expliquer. Du regard, ce dernier l'appelait à l'aide. Le Marchand de Sable porta la main à son menton et ses sourcils se froncèrent de réflexion. Au bout de quelques secondes, son visage se réjouit et une ampoule de sable apparut au-dessus de sa tête.

Jack observa son ami Gardien pointer du doigt la direction où se trouvait un peu plus loin le lac qui l'avait vu naître en tant que Jack Frost. Celui-ci leva un sourcil dans l'incompréhension. Sab approfondit son allusion en désignant successivement son propre cœur puis l'image de l'esprit de l'Hiver accroupit devant celle de Jamie apparaissant au-dessus de sa tête. Et Jack comprit, un sourire reconnaissant figurant sur ses lèvres.

- Tu te souviens de ce que je t'avais dit le jour où on a vaincu Pitch ? demanda-t-il en se tournant vers Jamie.

Le garçon porta instinctivement la main sur son cœur, ses yeux tristes se nappant d'une douce nostalgie.

- Que vous serez toujours là…

- Exactement. Et ce que ce soit de près ou de loin. Tu as été le premier à croire en moi Jamie, alors que j'ai vécu longtemps invisible aux yeux de tous. Comment pourrais-je moi t'oublier et m'éloigner de toi ?

Jamie releva enfin la tête, alors que Jack poursuivit :

- Comme je l'ai dit, je serais là pour toi. Et même si tu ne me voies pas, je serais toujours avec toi. Je ne t'abandonnerais jamais Jamie, tu l'entends ?

Le jeune homme prit son inspiration et lui renvoya un regard franc empli d'amitié :

- Je serais toujours ton Gardien.

Instantanément, Jamie se jeta dans les bras de Jack et le serra de toute sa force. Le jeune Gardien répondit à son étreinte, sentant toute la pression en lui s'évanouir comme par enchantement, laissant place à l'affection forte qu'il ressentait pour le garçon. Il se remémora de jour où il avait éprouvé un tel sentiment : la première embrassade que lui avait offerte un enfant, le comblant de fierté et de bonheur. Sab regarda les deux garçons avec tendresse, touché par cet amour à semblant fraternel qu'ils partageaient.

Jamie se dégagea de l'accolade et attrapa son sac à dos.

- Au fait, j'ai trouvé ça dans le repère de Pitch.

Il sortit le cylindre en or qu'il avait ramassé plus tôt et le tendit à Jack. Le jeune Gardien reconnut aussitôt la forme de l'objet.

- Ça alors ! Une calice de dents de lait ! Mais qu'est-ce qu'il faisait là-dedans ?

- Je sais pas, je l'ai trouvé en plein milieu de la galerie quand je suis tombé.

Les lèvres de Jack se tordirent d'incompréhension. "L'aurait-on oublié dans l'antre de Pitch après notre victoire ?" Il mit le cylindre dans sa poche.

- Merci Jamie, je le rendrai à Fée. On peut dire que tu nous as été d'une grande aide ce soir !

- Sérieux ? fit le garçon, enjoué.

Il lui ébouriffa les cheveux en riant en guise de réponse. Le Gardien des Rêves se secoua pour attirer l'attention de Jack et lui faire signe qu'ils devaient retourner au Pôle. L'esprit hocha légèrement la tête, en signe d'approbation.

- Bon, c'était palpitant ce soir mais il est temps pour toi de rentrer maintenant, fit Jack en se relevant.

- Tu crois vraiment qu'avec tout ce que je viens de vivre cette nuit je vais aller me coucher ? ironisa Jamie d'une voix malicieuse, ayant recouvert une meilleure humeur.

Jack esquissa alors un sourire en coin, un peu trop narquois au goût du garçon.

- De toute façon, tu n'as pas le choix, lança l'esprit avant de se tourner vers le Marchand de Sable. Sab ?

Celui-ci répondit d'un hochement de tête entendu et avec un sourire espiègle fit apparaître du sable lumineux au creux de sa main. Avant que Jamie ne puisse protester, il lui envoya la nuée de sable dans les yeux. Et aussitôt, le garçon s'effondra à terre, plongé dans un sommeil de plomb que même un ouragan ne pourrait troubler. Au-dessus de sa tête virevoltaient deux formes dorées représentant Jamie découvrant une figure massive représentant le fameux Big Foot.

Observant la scène, Jack ne put s'empêcher d'éclater de rire. Jamie risquait de lui en vouloir en se réveillant le lendemain, et imaginer l'air boudeur de l'enfant amplifia le rire du jeune Gardien.

- Aha, ces gosses ! soupira-t-il.

Il s'agenouilla auprès du corps engourdi de Jamie et le souleva pour le caler sur son épaule.

- Allez, lança-t-il à Sab, ramenons-le chez lui et filons faire notre rapport au patron !

o*o

Du sable. Du sable. Encore du sable. Rien que du sable. Bunny détestait le désert et ses dunes qui s'écroulait sous ses pieds, préférant nettement les régions arides et solides de l'Australie. Enfin, c'était toujours mieux que la neige au Pôle Nord qui lui gelait ses pattes frileuses.

Le Lapin de Pâques se redressa pour voir le Soleil commencer à s'élever de l'horizon. Durant la nuit, lui et Fée avait fouillé de fond en comble le continent, en quête de la moindre trace de Piper. La Fée des Dents avaient même envoyé quelques-unes de ses ouvrières en éclaireur à tous les recoins de l'Afrique pour augmenter les chances de le retrouver. Mais les recherches demeuraient vaines. Bunny commençait à redouter que le joueur de flûte ait déjà regagné l'Amérique en direction de Burgess.

Après avoir fureté pour la troisième fois le désert du Sahara, il songea qu'ils devraient peut-être vérifier les autres continents, pour éviter de perdre trop de temps. Le problème était que Piper pouvait se trouver n'importe où et que même avec la meilleure détermination, ils mettraient la main sur lui qu'il aurait déjà commis d'autres crimes au vu du temps que cela leur prendrait. Alors qu'il ruminait la situation, Fée vint le rejoindre.

- Je t'en supplie, dis-moi que tu as trouvé quelque chose, l'implora l'esprit de Pâques.

La Gardienne secoua la tête, déçue. Les épaules de Bunny étaient près de se relâcher de découragement.

- Mais c'est pas possible ! s'importa-t-il. Il n'a pas pu disparaître comme ça ! Entre lui et ce Daven, ça devient une manie !

- Devin, corrigea Fée.

- Peu importe. La situation est grave, ça nous fait le deuxième ennemi qui nous échappe en seulement quelques jours ! Nord et ses stupides idées ! On aurait dû maîtriser Piper, plutôt que de l'envoyer à l'autre bout du monde !

Pendant que Bunny continuait à beugler tout un flot de plaintes et de reproches, une petite fée vola jusqu'à la Gardienne des Souvenirs, piaillant avec empressement. Fée tenta de comprendre entre les petits cris désordonnés jusqu'à ce qu'elle écarquilla les yeux.

- Bunny ! s'écria-t-elle, interrompant les lamentations de ce dernier.

- Quoi ?

- Mes fées ont vu quelque chose. Il remontait le bord de la Méditerranée.

La petite fée reprit ses gazouillis.

- Il se dirige vers l'Italie, traduisit sa maîtresse.

- Piper ? demanda Bunny.

La récolteuse de dent poursuivit dans un vacarme de petits cris. Le Gardien de l'Espoir ne comprenait pas son langage mais de ce qu'il lui parvenait, il pouvait conclure que la réponse à sa question était négative.

- Elle dit que c'était une créature, expliqua Fée. Elles ne l'ont pas bien identifiée…

- Mouais, ça ne coûte rien de vérifier, supposa Bunny sans trop y croire.

La Gardienne suffoqua alors d'horreur en comprenant les piaillements de la fée-colibri.

- Elle poursuivait un enfant ?!

Le Lapin de Pâques se tendit aussitôt.

- Quoi ?! Pourquoi tu ne l'as pas dit plutôt ? s'exclama-t-il.

Il n'attendit pas plus longtemps et tapa du pied pour faire apparaître un tunnel. Il saisit vivement la main de Fée pour l'entraîner avec lui dans le terrier. Celui-ci se referma après avoir laissé passer la petite fée et laissa place la place à une pâquerette, qui se retrouva agressée sévèrement par la haute température.

Bunny et Fée réapparurent immédiatement en pleine région de Toscane. Le Lapin de Pâques se tourna vers la petite fée.

- Guide-nous ! lui somma-t-il.

À la suite de la petite créature qui volait aussi vite que possible, les deux Gardiens traversèrent le pays, parcourant les larges plaines dorées des Crete Senesi. Ils descendirent une bonne partie de l'Italie jusqu'à la Péninsule du Gargano garnie de paysages verts, pour s'enfoncer dans les profondeurs de la forêt Umbra. Bien que l'astre solaire soit déjà assez haut dans le ciel, le maquis épais plongeait les Gardiens dans une obscurité lugubre. La petite fée s'arrêta alors au milieu des bois et se mit à virevolter avec agitation.

- C'est ici qu'elles l'ont vu pour la dernière fois, précisa Fée au lapin.

Bunny tendit les oreilles et les tourna dans toutes les directions, attentif au moindre bruit. Seuls les chuintements du vent, des oiseaux et autres animaux de la forêt lui chatouillaient les tympans. Pas de cri d'enfant. Ni celui d'une quelconque créature. Voyant le trouble de son compère, Fée hésita.

- Peut-être est-il parti ? présuma-t-elle.

- Après tous ces siècles d'existence, tu devrais connaître la chanson Fée. C'est toujours lorsque tu crois que tout est normal qu'il arrive un pépin.

La Gardienne se tût et scruta les environs attentivement, avec une légère appréhension. Elle suivit Bunny, ce dernier continuait avec discrétion sa progression au cœur de la forêt, les muscles tendus et en alerte au moindre danger. Ses oreilles distinguaient le moindre bourdonnement d'insecte. Ses pas faisaient à peine un léger frottement sur l'herbe. Ils aboutirent dans une petite clairière encore plus touffue, si bien que la végétation coupait les derniers rayons de soleil qui arrivaient encore à s'infiltrer à travers les feuilles. Et toujours le silence.

Au bout d'un moment, Bunny se détendit et abaissa sa garde.

- Tu as peut-être raison, il a dû par-Ah !

Une énorme masse noire sortant de l'ombre venait de se jeter violemment sur le Lapin de Pâques.

- Bunny ! cria Fée.

Le Gardien fut projeté à l'autre bout de la clairière et roula avec la chose qui l'avait attaqué. Lorsqu'il fut sur le dos, il tomba nez à nez avec des crocs affutés comme des rasoirs. Un loup gris aussi géant que Bunny l'écrasait de tout son poids, ses babines retroussées sous l'effet des grognements. Il ouvrit la gueule pour l'attaquer au visage. Bunny n'eût d'autre choix que de lui barrer la mâchoire à l'aide de son boomerang pour le repousser et éviter la morsure. Le loup se déchaina sur l'arme avec furie.

Fée voyant son confrère en difficulté, fusa à toute vitesse sur la bête sauvage et le fit projeter plus loin. Le loup émit un faible couinement, avant de se relever et de reprendre ses grognements secs. Il dévisagea les deux Gardiens de ses yeux noirs enragés. Ces derniers se mirent en position de garde, Bunny fut le premier à attaquer. Il jeta ses boomerangs sur l'animal qui s'élança aussitôt. Les boomerangs décrivirent leur trajet et revinrent par derrière lui, le frôlant aux flancs. Le loup bondit, la gueule ouverte sur les Gardiens. Fée s'envola dans les airs, tandis que Bunny fit exploser ses bombes en forme d'œuf avant qu'il ne les atteigne. Le loup fut aveuglé par une épaisse nuée aux couleurs éclatantes, jusqu'à recevoir de nouveaux coups. Le Lapin de Pâques avait dégainé son bâton en bambou, faisant office de bô. Il le fit tournoyer habilement dans ses pattes et le pointa vers la bête pour l'intimider.

- On dirait que c'est toi la fameuse créature qu'on cherche.

Le loup s'avança doucement vers lui, lui montrant toujours les crocs. Bunny recula pour garder une certaine distance de sécurité, sans le quitter des yeux. En le regardant, il se surprit de trouver cette bête vaguement familière. Celle-ci chargea à nouveau, cette fois plus sauvage. Le Gardien eut bien du mal à dévier et éviter toutes ses attaques. En même temps, il voulut s'assurer du regard si Fée allait bien. Une seconde d'inattention et le loup en profita pour mordre à pleine dent l'épaule du Lapin de Pâques. Bunny hurla de douleur, les crocs s'implantaient férocement dans sa chair jusqu'à faire jaillir son sang.

L'air siffla. La Gardienne des Souvenirs se rua droit sur le loup et lui trancha le flanc avec ses éventails de plumes. L'animal lâcha son emprise sur Bunny et fut repoussé sur plusieurs mètres, retombant lourdement sur le sol. Fée se positionna devant son ami Gardien en position de défense, brandissant ses éventails à l'affut d'une nouvelle offensive. Bunny en bénéficia pour souffler en se retenant l'épaule.

- Bunny, tiens bon !

- Ça ira Fée, voulut-il rassurer. Ne t'inquiète pas.

Il serra pourtant les dents pour s'empêcher de gémir. Le loup se releva avec difficulté, il tituba sur ses pattes, mais fut encore dans l'intention de se jeter sur la Gardienne.

Alors qu'il allait bondir, un éclat jaillit et un objet vint se planter dans sa nuque. Le loup poussa un hurlement bestial sous le coup de la souffrance. Les deux Gardiens furent stupéfaits. Ils remarquèrent alors qu'un poignard lancé depuis les broussailles s'était enfoncé dans la peau de la bête. Celle-ci secoua la tête comme pour le dégager, mais ne fit qu'aggraver son état. Le loup n'eût d'autre choix que de reculer et se carapater. Il disparut au fin fond de la futaie, très vite ses hurlements s'évanouirent dans le silence.

Une fois assurée qu'il était bien parti, Fée rangea ses éventails et se précipita auprès de Bunny pour l'aider à se relever.

- Fais-moi voir ton épaule, l'implora-t-elle, inquiète.

- Attend Fée… Le poignard… Quelqu'un l'a lancé…

Le regard du Lapin de Pâques se fixa en direction de l'endroit depuis lequel la lame semblait avoir été jetée. Fée hocha la tête et s'envola vers les fougères en question. Elle les fouilla en dégageant les branches touffues, puis elle distingua enfin une silhouette. Avachie sur le sol, grièvement blessée. La Gardienne la reconnut aussitôt.

- Oh non…

o*o

- Et par ici, nous avons la salle des machines ! C'est là où nous produisons la chaleur nécessaire pour le château, et que nous rénovons les grues par exemple et encore des tas, des tas d'autres choses…

Nord était embarqué dans ses explications, joyeux de faire visiter de fond en comble son palais à la jeune Carrie. Cette dernière, encore perdue, le suivait derrière lui. Au fil de la visite, elle vérifiait discrètement son portable à plusieurs reprises dans l'espoir d'établir un appel. L'écran n'affichait toujours aucun réseau. Carrie soupira et referma son téléphone avant que le Père Noël ne la remarque.

- Viens par-là, Carrie, lui dit-il avec un grand sourire. Je vais maintenant te montrer le cœur, si j'ose dire, de ce château.

Ses yeux bleus pétillèrent comme ceux d'un enfant, alors qu'un large sourire se glissa au milieu de sa barbe. Il s'infiltra dans une nouvelle pièce, celle-ci bien moins mouvementée que dans tout le reste du domaine que Carrie ait pu voir. Une fois rentrée à son tour, elle se laissa inconsciemment emportée par l'atmosphère calme qui y régnait. Son regard parcourut lentement les murs de l'atelier du Père Noël. Le bois gravé était décoré de quelques guirlandes aux couleurs affriolantes, les lumières dansaient entre les épines d'un sapin, une fraicheur agréable produite par les quelques blocs de glace sculptées se répercuta doucement sur ses joues chaudes. Carrie n'osait prononcer le moindre mot, plongée dans son observation. Il y a avait quelque chose de magique et de mystérieux dans cette pièce.

- Voici mon atelier, fit Nord après avoir regardé la réaction de la jeune fille en silence. J'y passe le plus clair de mon temps. C'est ici que j'élabore les premiers prototypes des jouets, avant d'en donner un modèle aux yétis pour les construire. Ça te plait ?

- C'est… magnifique, répondit-elle, sincère.

Le Père Noël lui adressa un sourire réjoui auquel Carrie voulut répondre. Elle fut alors distraite par le son de grelots des petits elfes, qui filèrent entre ses pieds en portant une assiette de biscuits jusqu'au bureau de Nord.

- Ah parfait ! s'exclama celui-ci. J'adore travailler en grignotant des cookies.

Il éclata un petit rire enfantin, avant de reprendre :

- Tu en veux ?

- Euh, ça ira merci, déclina poliment Carrie.

Nord ne se priva pas de se servir, tout bon gourmand qu'il était. Tout en mordant son biscuit, il scruta la jeune fille. Elle paraissait encore complètement confuse par tout ce qui l'entourait.

- Je peux te poser une question, Carrie ?

- Si… si vous voulez.

- Comment te sens-tu face à tout ça ?

Elle parut d'abord surprise par sa question. Puis, gênée, elle se mordit la lèvre inférieure en réfléchissant à la réponse. Dans un soupir mortifié, elle déclara :

- Totalement troublée…

Nord la gratifia d'un regard compatissant, qui l'incitait à continuer.

- Je… C'est difficile de croire à tout ça, quand on sait que je ne suis pas censée voir tout ce que je vois…

- Tu es encore convaincue que ce n'est qu'un rêve ?

- Je ne sais pas… Tout ça paraît tellement vrai ! Mais… pardonnez-moi de dire ça, vous ne pouvez pas exister. Ça dépasse la réalité.

- La réalité, c'est relatif dans le fond !

Carrie eût un sourire amer.

- Sans vouloir vous vexer, je ne suis pas vraiment d'humeur à faire de la philosophie…

Nord rit à nouveau.

- Moi non plus, en fait. Enfin, si tu veux mon avis, peu importe la réalité ou la logique, ce qui compte, c'est ta propre opinion. C'est à toi de décider si ce que tu voies existe ou non. Les enfants l'ont fait ils veulent croire en nous, et cette croyance nous rend visible à leurs yeux.

Carrie le regarda attentivement suite à ces paroles, et sembla y réfléchir. Il s'instaura un silence dans l'atelier, seulement troublé par le grabuge lointain des yétis ouvriers. Elle osa ensuite reprendre la parole :

- Père Noël…

- Inutile d'être aussi formel, l'interrompit-il, souriant. Appelle-moi Nord !

Carrie hocha la tête.

- Nord, à votre avis, pourquoi aurais-je le don de voir…

Un déglutissement lui fit presque mal à la gorge.

- …les légendes ?

Le Gardien des Merveilles porta la main à sa barbe blanche, les sourcils froncés par la réflexion. Carrie le regarda cogiter en silence, avide d'une réponse.

- Je ne sais pas trop… À ma connaissance, aucun adulte n'avait eu cette capacité jusqu'à ce jour.

- Vous n'avez vraiment aucune idée ? s'enquit-elle, déçue.

- Je suppose… qu'il y a une bonne raison. Peut-être es-tu destinée à accomplir quelque chose, en rapport avec nous.

- Qu'est-ce que vous voulez dire par là ?

- Je ne peux pas t'en dire plus, je suis moi-même déconcerté.

Carrie souffla et baissa la tête. Elle n'était pas vraiment satisfaite par la réponse du Père Noël. Elle en appréhendait même le sens, qui sous-entendrait qu'elle aurait encore affaire avec les esprits. Une grimace tordit ses lèvres à cette pensée. Non, elle voulait absolument s'éloigner de toute cette histoire ! Son regard noisette lorgna un instant l'horloge à pendule dans un coin de l'atelier.

- Nord, quand pensez-vous que je pourrais rentrer chez moi ?

- Eh bien, dès l'arrivée de mon ami. Je pense qu'il ne devrait plus tar-

Le vieux Gardien fut coupé par le son continu et presque assourdissant de l'horloge qui vibra en échos. Carrie se crispa et dut se plaquer les mains aux oreilles. Au milieu de la pièce s'ouvrit un portail lumineux et multicolore tournoyant, duquel sortit la silhouette d'un jeune homme à moitié mécanique. Le vortex se referma derrière James O'Clock, qui laissa tomber un lourd sac à ses pieds.

- Voilà Nord, je t'ai ramené tes bou-

Contre toute attente, James venait de se prendre un coussin en pleine poire. Il l'attrapa et regarda le Père Noël de manière exacerbée. L'aiguille implantée dans son œil gauche s'agita furieusement.

- Je sais que je ne suis pas vraiment appréciable, avoua-t-il, mais tu aurais pu trouver un moyen plus diplomatique que de me lancer des coussins au visage pour me dire que tu ne m'aimes pas.

- Mais… c'est pas moi…, balbutia le Gardien.

James remarqua alors la présence de Carrie. Celle-ci se recula de lui, un autre coussin dans la main. L'esprit fut d'abord décontenancé en la voyant, puis recouvra son air impassible.

- Nord, je sais pas si tu l'as remarqué, mais il y a une humaine dans ton atelier.

- En effet, c'est une invitée spéciale !

L'expression de James s'éberlua.

- Une humaine… une invitée ?! Mais à quoi tu joues ?

- Ce serait trop long à t'expliquer, James. Pour le moment, c'est bien que tu sois finalement venu, nous t'attendions.

Nord se tourna vers Carrie, qui avait toujours les yeux fixés sur le nouvel arrivant. Elle ne semblait pas décidée à vouloir lâcher le coussin. Mais le regard rassurant de Nord lui somma de se tranquilliser.

- Ne t'en fais pas, Carrie. C'est l'ami dont je t'ai parlé. Je te présente James O'Clock, c'est un esprit de l'espace-temps et c'est en partie grâce à lui que j'arrive à faire mes tournées de traîneaux dans les temps. James, voici Carrie…

Malgré l'enthousiasme que le Père Noël manifestait à les présenter, James conserva un visage lassé, comme s'il n'en avait que faire. Carrie jugea son comportement vraiment méprisable. L'esprit sentit le regard offusqué qu'elle lui adressait et osa lui répondre par un sourire insolent.

- Merci pour les boules à neige, James, fit le vieux Gardien, une fois les présentations terminées. Je tâcherai de ne pas trop en gaspiller !

- Tu dis ça à chaque fois.

Nord éclata de rire. Carrie le regarda de façon bizarre. Elle ne comprenait pas comment il pouvait être aussi joyeux devant quelqu'un d'aussi abject. Durant les éclats du Père Noël, elle constata que James lui lançait des regards furtifs, sans l'intention d'être discret. Elle n'aimait pas trop la manière dont il la scrutait.

- Je ferais des efforts alors, se reprit Nord. Bref, tu as dû faire un long trajet. Tu veux te désaltérer un peu avec un chocolat chaud ?

- Non, je déteste ça. De toute façon, Luer m'a ordonné de rassembler les autres esprits de l'espace-temps. Tu vois le calvaire.

- Oh dommage ! Une prochaine peut-être ?

James ne prit pas la peine de répondre et leur tourna déjà le dos. Avant de faire apparaître un portail, il jeta un dernier regard à Carrie, cette fois-ci plus étrange. La jeune fille ne saurait le décrire. Nord ne dit rien, mais il le remarqua également. Finalement, James disparut de la même manière qu'il n'était apparu.

Carrie regarda le vortex s'évanouir, puis une petite frappe à l'épaule la réveilla.

- Alors, que penses-tu de lui ? lui demanda le Père Noël, enjoué.

- En toute franchise, je le trouve odieux.

- Ah bien sûr. James s'est toujours montré plutôt distant et dur envers les autres. Mais, je sens qu'il a quand même du bon en lui.

- Si vous le dites.

Nord s'approcha du grand sac laissé par James et en extirpa une boule à neige. Il vint ensuite la placer dans la main de Carrie.

- Cette boule à neige pourra te ramener chez toi, lui expliqua-t-il. Il te suffit de la secouer pour faire voler la neige, tout en pensant fort à l'endroit où tu veux aller. Puis tu la lances devant toi un portail apparaîtra et t'y conduira en toute sûreté.

Carrie contempla l'objet entre ses doigts. Elle parut hésitante.

- Ce truc va me ramener chez moi… et tout sera fini ?

Nord ne put cacher sa surprise face à sa question. Il n'était pas sûr de savoir quoi lui répondre. Mais devant son visage marqué par l'inquiétude, il lui fit refermer tendrement sa main sur la boule et lui dit :

- Oui, tout sera fini.

Un sourire flotta doucement sur les lèvres de Carrie. Elle s'éloigna du Père Noël pour se mettre en position. Elle se tourna vers lui.

- Merci de m'avoir défendue contre Piper et de m'avoir accueillie dans votre château.

- Le plaisir est pour moi, Carrie !

- Vous saluerez les autres de ma part ?

- Je n'y manquerais pas !

Carrie lui adressa un dernier hochement de tête, puis elle fit tourner la boule à neige comme le lui avait expliqué Nord. Une fois sûre de bien s'être imaginer l'appartement où elle avait emménagée avec Aurel, elle jeta la boule devant elle. L'image brève de sa résidence s'exhiba avant qu'un portail n'apparaisse instantanément devant elle. Après une incertitude dans ses pas, elle s'y infiltra et disparut, laissant le Père Noël seul dans son atelier.

Le Gardien n'avait osé lui dire au revoir. Pourtant, il avait la conviction que les évènements les amèneraient à se retrouver. Il le sentait. Dans sa bedaine, comme il disait. Il réfléchit aussi sur le regard singulier que James avait en observant Carrie, et se rappela sur le coup que le jeune esprit avait entre autres le pouvoir de discerner le futur des mortels. Aurait-il entraperçu l'avenir de la jeune fille ? Un avenir tumultueux ?

Un appel familier le fit sortir de ses pensées. Nord sortit de l'atelier et se dirigea vers la Chambre du Globe où il retrouva Jack et Sab, venant tout juste d'arriver.

- Vous revoilà ! Comment ça s'est passé ?

- Boh plutôt bien ! On s'est bien amusé en tout cas, répondit malicieusement l'esprit de l'hiver.

À son côté, le Marchand de Sable lui asséna un petit coup dans les jambes, pour le remettre au sérieux.

- Qu'en est-il de Pitch ? demanda leur leader.

- Franchement, il avait pas l'air bien. C'était bizarre, on aurait dit qu'il était entièrement fait de sable et d'ombre… Il n'avait plus de peau, rien…

- L'attaque des cauchemars a dû beaucoup l'affaiblir.

- Il a quand même gardé de la vigueur. On n'a pas eu d'autres choix que d'envoyer nos pouvoirs pour se défendre. Il était sur le point d'attaquer Jamie.

- Encore ?! s'ébranla Nord. Comment est-il parvenu à sortir de son repaire ?

- Non, c'est Jamie qu'est venu jusqu'à lui. Enfin, on t'expliquera ce point plus tard. Sache juste qu'il est en sûreté et qu'on a pu maitriser Pitch. Sab a été formidable d'ailleurs ! Je pense que ce Croquemitaine n'est pas prêt de répliquer d'ici quelques temps.

Le Gardien des Rêves sourit et fit apparaître des symboles pour renvoyer le compliment à Jack. Les épaules du Père Noël se détendirent.

- Au moins, vous êtes revenus indemnes, c'est tout ce qui compte.

- On sait déjà que Pitch ne peut pas faire grand-chose dans son état, poursuivit le jeune Gardien. Ce ne sera pas compliqué de le remettre en place s'il a la mauvaise idée de réattaquer, je pense.

- Il ne représente pas une grande menace pour le moment. On va pouvoir donc se concentrer sur Piper.

Jack se mit alors à regarder autour d'eux.

- Où est Carrie ?

- Vous venez de la manquer, signala Nord. James est passé et elle est donc rentrée grâce à la boule à neige.

- Ah.

Il ne rajouta rien. Nord et Sab notèrent son silence subit.

- Un problème Jack ?

L'esprit de l'hiver haussa les épaules, un rictus espiègle sur le visage.

- Non, rien. J'aurais juste aimé l'enquiquiner un peu plus avant qu'elle nous quitte !

Le Marchand de Sable secoua la tête. Nord souffla d'exaspération :

- Jack… Elle n'en avait pas vraiment besoin.

- Roh ç'aurait été juste pour s'amuser, c'est tout ! Ce qui me chipote en revanche, c'est que l'aies laissée partir alors qu'on n'a toujours pas éclairé le mystère sur son don.

- Justement, c'est la raison pour laquelle tu as pour mission de la surveiller.

Sab sursauta aux paroles du vieux Gardien. Jack eut d'abord un long temps de réaction avant d'écarquiller les yeux.

- Hein ? Attend, quoi ?

- Le mieux serait de garder un œil sur Carrie le temps qu'on élucide cette histoire. Je soupçonne qu'il y ait un lien entre elle et les légendes.

- Nord, je suis un Gardien ! Je suis supposé veiller sur les enfants, pas jouer les espions avec une fille ! Et puis, pourquoi moi d'abord ?

- C'est tout simple : Burgess est en quelque sorte ton repaire et ton lieu de résidence.

- Mais… tu sais que je risque de céder à la tentation de voir Jamie et les enfants, si je passe mon temps là-bas ?

- Je n'ai plus qu'à compter sur ta promesse. Jack, tu es selon moi la personne idéale pour cette mission. Tu es agile, discret…

- T'essaies de m'amadouer là, non ? Tu crois que c'est en flattant mon ego que je vais accepter ?

Le Père Noël fit mine de réfléchir.

- Eh bien… oui, dit-il avec un sourire sournois.

Jack le lui rendit, en secouant la tête.

- Pfff… tu commences à trop bien me connaître.

Le bruit lourd d'un rabattement de porte se percuta dans le palais. Sab lévita jusqu'au balcon. Il se tourna vers eux pour leur signaler le retour de Bunny. Tous trois descendirent à l'étage le plus inférieur. Ils furent secoués quand ils virent que celui-ci chancelait en marchant et retenait fermement son épaule ensanglanté.

- Bunny, bon sang ! s'écria Nord. Que t'est-il arrivé ?

- Oh rien, juste une petite escapade des plus tranquilles en Italie, ironisa le Lapin de Pâques. Ça se voit pourtant, j'ai été attaqué ! Par une sale bestiole !

- Qu'est-ce que c'était ?

- Un énorme loup, d'une taille gargantuesque que je doute qu'il soit normal…

- Où est passée Fée ? demanda Jack, anxieux.

- Elle est en route. On a malheureusement trouvé aucune trace de Piper. Après les recherches, Fée et moi avions pris en chasse ce loup qui avait été repéré par les fées des dents en train de pourchasser un enfant jusqu'à la forêt Umbra. C'est là qu'il nous a attaqués. Mais on a finalement réussi à le repousser.

- Et l'enfant ? s'inquiéta le Père Noël.

- Pas retrouvé… Mais par contre tu devineras jamais qui on a repêché là-bas.

- Nord !

La voix de Fée appela au loin. Les autres Gardiens la virent arriver par les airs, transportant un corps dans ses bras à l'aide toute la force qu'elle avait. Lorsqu'elle atterrit à leur hauteur, ils purent voir qu'il s'agissait d'un jeune homme inconscient, distinguable par ses cheveux roux cuivrés, sa petite barbe au bout du menton et les tâches de rousseurs qui parsemaient ses joues. Sab le reconnut et s'accroupit auprès de lui avec grande inquiétude.

- Ça par exemple, souffla Nord. Petra…

o*o

Carrie eut un hoquet lorsqu'elle échoua au beau milieu du salon juste après avoir franchi le portail. Celui-ci se dissout aussitôt qu'elle posa pied sur le parquet dans un bruit sec. La pièce était plongée dans l'obscurité et il faisait encore nuit dehors. Elle aperçut Aurel, allongée de tout son long sur le canapé et profondément endormie. Quand elle s'approcha d'elle, Carrie remarqua qu'elle avait encore le combiné dans la main. Elle culpabilisa en devinant que son amie avait dû chercher à l'appeler. Un bref regard en direction de l'horloge lui indiqua qu'il était déjà cinq heures du matin. Carrie se passa la main au visage pour calmer la fatigue.

Avant de se rendre à sa chambre, elle prit une couverture et l'étala délicatement sur Aurel avec douceur. Elle se changea rapidement, puis s'affala dans son lit, la tête enfouie dans les oreillers. Elle agrippa les draps avec fermeté, se répétant dans sa tête « Endors-toi ! Endors-toi » pour oublier tout ce qu'il s'était passé cette nuit.


Aloooooooors ? Ce chapitre en valait l'attente ? :D (Si vous plaît, dites oui !)

J'espère que ça vous a plu, je suis curieuse de voir vos avis ! Un nouveau personnage à fait son apparition, mais de qui s'agit-il ? Et ce loup d'où vient-il ? Où est passé l'enfant qu'il poursuivait ? A qui appartient la calice des dents trouvée par Jamie ? Pitch va-t-il resté croupi dans sa tanière ? Réponses au prochain chapitre. ;)

Merci d'avoir lu chers lecteurs et à bientôt !

Votre dévouée Naima.