Ohayo ! Me voilà avec un nouveau chapitre :D

d'ailleurs je profite de l'accasion pour vous annoncer que c'est la fin, l'avant dernier chapitre, hé oui, déjà...

Quasiment une année de vie à travailler là dessus, j'en ai presque la larme à l'oeil gihi.

Bon trêve de niaiserie et bonne lecture à tous!

Encore un grand merci pour continuer de suivre cette fiction :D


Chapitre 16 :

Le soleil brillait et éclairait chaleureusement l'hôpital de la ville de Magnolia, et plus précisément son jardin. Lieu que les convalescents et leurs proches affectionnaient tout particulièrement pour sa grande diversité de paysage et le calme qui se dégageait par la présence de fontaines ou encore de petit courant d'eau apaisant. Tout avait été pensé pour que les jours passés dans la maladie et la douleur soient plus supportable. Un sourire léger sur le visage, une jeune femme à la chevelure océane, peinée à garder les yeux ouverts. Cela faisait près de deux mois qu'elle était dans l'établissement, et sa jambe tantôt meurtrie par balle, se remettait peu à peu, elle conservait cependant une cicatrice pour le moins importante sur sa cuisse, rien de bien élégant pour une jeune femme de son âge. Cette dernière ne put s'empêcher d'observer sa jambe, tenue sur le fauteuil dans lequel elle se trouvait, et entouré d'une atèle disgracieuse. Son sourire se fit plus triste, croisant davantage la mélancolie. Les images de cette journée ne cessaient de défiler dans son esprit. Les cris, les pleurs, la peur qui avait envahi les cœurs. L'expression qu'elle avait pu lire sur le visage d'un certain brun, la terreur qui s'était emparée d'elle quand elle avait comprit que son sang se dispersait bien trop rapidement sur le carrelage nacré. Cependant, lui, il avait risqué sa vie pour sauver la sienne. S'il avait été blessé, cela aurait été sa faute à elle. La bleue laissa son regard tomber au sol, alors que ses mains se joignirent. C'est alors que, elle sentit une chose se poser délicatement sur son crâne, surprise, elle releva la tête. Tirant son fauteuil, et lui adressant un vague sourire un peu confus, le regard détourné et les joues légèrement rougies, il était là, debout, près d'elle. Oui, lui aussi était là depuis deux mois, il était là et il prenait soin d'elle. Grey Fulbuster venait la voir chaque jour et passé la majeure partie du temps qu'il avait de disponible avec elle. Juvia avait encore du mal à comprendre comment ils en étaient arrivés là. Lors de la fusillade, il été parvenu à les sortir indemne de l'école, et aussitôt dehors, Juvia se retrouva dans une ambulance. Ses souvenirs demeuraient flous, néanmoins, il lui semblait avoir entendu la voix du brun criant qu'il souhaitait rester avec elle. La bleue s'en était terriblement voulu. A cause d'elle, Grey avait risqué sa vie, et à cause d'elle, sa mémoire était désormais composait de ses moments atroces qu'ils avaient été contraint de partager. Cependant, cela n'avait pas semblait affecter le jeune homme plus que ça. Dès lors qu'elle ouvrit les yeux, à l'hôpital, elle eut la surprise et la joie de constater qu'il était là. Assis sur le siège à ses côtés, endormit. Oui, Grey était resté près d'elle, et même si cela la mettait en joie, Juvia ne pouvait s'empêcher de s'interroger. Peut-être qu'il ne faisait que par compassion ? Ou alors, peut-être qu'il s'en voulait ? Malgré tout, elle continua de lui sourire. Le brun fit la moue, comme prit au dépourvu, il se contenta de gratter machinalement le crâne de sa main droite, tout en fixant un point inexistant à l'horizon. Etrangement, son cœur avait fait un petit saut dans sa poitrine. Chose qu'il ne comprenait pas réellement. Après tout, même avec Lucy une telle chose ne lui était pas arrivée ! Il avait du mal à se reconnaitre, l'intrépide Grey Fulbuster paraissait comme paralysé par le sourire enchanteur de la belle bleue. Puis, jetant un bref regard à Juvia, il retrouva instantanément son sérieux. Son sourire avait disparut, une fois encore. C'était fréquent depuis la fusillade. La jeune femme passait d'une humeur à l'autre en une fraction de seconde, les médecins accusaient un symptôme post-traumatique qu'elle ne pourrait guérir qu'à l'aide du temps. Interloqué, Grey tenta d'en savoir un peu plus.

« Qu'est-ce qui t'arrive ? Qu'chose qui va pas ? »

« Non. Tout va très bien. Grey-sama est si gentil avec Juvia… » répondit la bleue en agitant sagement la tête de gauche à droite.

« J'commence à te connaître. Quand tu ne vas pas bien tu finis toujours par tortiller les mèches de tes cheveux. »

Juvia hoqueta en constatant qu'effectivement, elle enroulait son index dans l'une de ses mèches bleues. Comment avait-il pu remarquer un détail aussi insignifiant ? Tellement insignifiant qu'elle-même, ni avait jamais prêté attention. Elle l'interrogea du regard. Grey demeurait fixé sur elle, ne démordant pas. Il savait très bien que Juvia finirait par craquer. Et déjà l'index de la bleue reprit son travail, entrelaçant méthodiquement ses cheveux, tandis que son regard cherchait désespérément quelque chose auquel elle aurait pu se raccrocher. Rien. Elle fut contrainte d'en revenir un pupille sombre de Grey et ne parvint à se retenir.

« Ju-Juvia se demandait juste pourquoi Grey-sama lui accordait soudainement tant d'importance… Si c'était parce qu'il se sentait coupable ou autre chose du même genre… Parce que… Juvia ne comprend toujours pas pourquoi c'est elle qu'il cherchait le jour de… Vous savez alors qu'il aime… »

« Idiote. »

Juvia sursauta. Les larmes lui montant presqu'aux yeux devant l'air froid qu'avait prit le brun. Il approcha alors son visage du sien et lui adressa un petit sourire avant de continuer, le regard plongé dans le sien :

« Je n'aime pas Lucy. Je le pensais sérieusement pendant un temps, mais non. Ca joie de vivre et son sourire… C'était des choses dont j'avais besoin quand elle est arrivée. J'avais oublié à quel point le monde qui nous entoure pouvait être simple et agréable. Puis, d'un certain côté, c'était marrant cette rivalité avec l'autre allumette. Mais je ne suis pas amoureux d'elle. Voilà pourquoi j'ai pas voulut rester avec elle. Je savais parfaitement que Natsu s'occuperait très bien d'elle. Alors j'ai pas réfléchit davantage. La seule personne que je voulais retrouver c'était toi idiote. Et puis vois, le bon côté des choses, j't'ai sauvé la vie ! » il fit une petite pause, avant de se redresser « Ah et je reste pas avec toi par soucis de culpabilité. C'est sympa de passer du temps avec toi, même si t'es un peu chiante, quand tu cris pour un rien et d'extasie devant une coccinelle, c'est agréable de traîner avec toi. »

Le cœur de Juvia s'arrêta pendant une durée indéterminée, et il en fut de même pour sa respiration, si bien que le jeune homme en face d'elle cru qu'elle venait de mourir. Il fallut qu'il la secoue dans tous les sens pour qu'enfin elle daigne sortir de sa léthargie, le sourire jusqu'aux oreilles et les yeux en cœurs. Grey leva les yeux au ciel, franchement, celle-là on ne l'a changerait probablement jamais. Soudain, tous d'eux entendirent un hurlement strident. Instinctivement, leurs regards se dirigèrent jusqu'à la troisième fenêtre du second étage de l'établissement. Tous les jours, c'était la même chose… Un pincement survint au niveau de leurs cœurs respectifs et un petit soulagement de tristesse et de compassion leur échappa.

Lucy avait du mal à retenir ses larmes, pourtant, elle commençait à être habituée à cette scène. Elle porta tout de même ses mains à sa bouche, étouffant un sanglot. Non, elle ne devait pas se laisser aller, elle n'en avait pas le droit. Devant elle, Natsu, aidé par une infermière, tentait désespérément de maintenir Levy sur son lit. La petite bleue se débattait de toutes ses forces. Personne n'arrivait à croire qu'elle était capable d'en avoir autant d'ailleurs. Elle se tortillait dans tous les sens, repoussant les limites de la souplesse du corps humain, ses mains et ses pieds s'agitaient s'en prendre garde de toucher quelqu'un au passage. Pas mal de jeunes infermières étaient ressorties avec des œil-au-beurre-noir et divers hématomes. Levy était bien plus coriace qu'elle ne le laissait paraître, et le pire, c'est qu'elle criait pour se donner plus de courage. C'était ainsi depuis son réveil. Depuis que la blonde avait eut la maladresse de lui dire la vérité au sujet de Gajeel. Levy demeurait méconnaissable, semblant même emprunte à une certaine folie destructrice. Si elle continuait à se comporter de la sorte, jamais elle ne pourrait sortir de cet hôpital ! Ses plaies se rouvraient fréquemment, tandis que ses forces ne cessaient de diminuer, à part dans ce genre de moment que les médecins avait appelé dans leur jargon « une névrose ». N'importe quoi ! Levy n'avait rien d'une hystérique ! C'était simplement une femme qui voulait revoir celui qu'elle aimait ! Mais allez expliquer ça du haut de vos dix-sept ans à un médecin hautement qualifié et dont l'égaux et tout du moins proportionnel aux nombreux certificats accrochés sur son frigo ! C'est alors que Natsu lança un regard à Lucy, et cette dernière comprit aussitôt, qu'une fois encore, ils allaient devoir « la calmer ».

« Levy ! Levy arrête ! Ecoute-moi, c'est moi ! Lucy ! »

C'était comme si les paroles de la blonde mouraient aussitôt prononcées. Levy était méconnaissable, et semblait avoir perdue la raison. Jamais encore Lucy n'avait était le témoin d'une telle crise de démence ? Ca surpassait tout ce qu'il était possible d'imaginer. Comment penser que la petite et la douce Levy McGarden puisse se mettre dans un tel état ? La blonde voulait bien croire que la situation de Gajeel la préoccupait au plus au point, mais comment pouvait-elle en arriver à de telles extrémités ? Personne ne savait ce qu'il s'était réellement passé dans le réfectoire. Gajeel n'avait rien dit. A qui que se soit. Il était restait incroyablement calme. Calme certes, mais sombre, terriblement sombre. Lucy se souvint avoir croisé son regard lorsque la police lui passa les menottes. Jamais elle n'avait lu une expression aussi terrifiante sur un visage humain. A cet instant précis, Gajeel Redfox avait perdu toute trace de son humanité. Il était devenu une bête sauvage des plus féroces… A dire vrai, Lucy n'était pas parvenue à trouver un animal capable de faire la comparaison avec le brun, la seule image qui lui était venue à l'esprit lorsqu'elle croisa ses pupilles grenat, fut celle d'un dragon affamé. Levy se tordait dans tous les sens, hurlant de tout son être. Il fallait trouver quelque chose qui pourrait la faire réagir. La blonde déglutit, et détourna le regard de son amie.

« G-Gajeel va bien ! Il va bien ! Il est chez lui, il va pas tarder à venir. J-je l'ai eut au téléphone ! Il m'a dit qu'il était en route pour venir te voir ! Garde ton calme ! Tu ne voudrais pas qu'il te voit dans cet état n'est-ce pas ? »

« Mensonge ! Tu mens ! Laissez-moi partir ! Laissez-moi… » eut-elle le temps de dire avant qu'une énième infermière ne lui injecte une dose de calmant.

« Bon sang ! Elle n'arrêtera jamais cette gamine ?! C'est en psychiatrie qu'on va finir par la placer ! » aboya une jeune femme à la chevelure brune.

« La ferme. » lâcha sèchement Natsu. « Levy n'est pas folle ! Vous êtes juste trop con pour comprendre bande de… »

« Rien ne sert de devenir insultant, haha, n'est-ce pas Natsu ? » tenta Lucy en se jeta sur le rose, le gratifiant d'une magnifique tape sur la tête par la même occasion.

Les deux infermières ne relevèrent pas, sûrement déjà habitué au comportement tout feu tout flamme du jeune homme. Ce dernier observa Lucy en se frottant le crâne, elle aussi avait de la force ! Il voulut répliquer mais se retint en constatant que le visage de la blonde s'était assombri. Le rose s'approcha alors d'elle et posa simplement sa main sur son épaule. Cependant, Lucy se retourna à toute vitesse et enfouit sa tête dans son torse, s'agrippant de toutes ses forces à son T-shirt. C'était difficile pour elle de voir sa meilleure amie dans cet état, elle aurait tellement préféré que tout cela ne soit qu'un mauvais rêve ! La fusillade, la peur, les blessures ! Tout ! Délicatement, Natsu referma son étreinte sur son amie n'hésitant pas à la serrer un peu plus fort contre lui. Il était resté avec Lucy, veillant sur la petite bleue à ses côtés. Il savait pertinemment que le contacte de sa peau n'était pas le meilleur remède à ses souffrances… Mais il ignorait que faire d'autre. Alors, il avait prit pour habitude de la serrer dans ses bras dès lors qu'elle se sentait mal. Quelque part, ça lui faisait un bien fou à lui aussi. Il avait eut peur. La frayeur avait été tout ce qu'il avait ressenti lorsqu'ils étaient dans le bureau de Makarov. Lucy s'était montré si forte devant Sting, pourtant, Natsu craignait qu'elle ne finisse par s'écrouler, une balle entre les deux yeux. Elle aussi aurait put être blessée ! En cet instant, c'est elle qui pourrait être allongée dans ce lit, à la place de Levy, ou alors assise dans un fauteuil comme Juvia ! Mais la blonde n'avait rien, au plus grand soulagement du rose. Durant la fusillade, il s'était aperçu d'une chose : il tenait à elle bien plus qu'il ne le devrait. Il ressentait le besoin d'être à ses côtés, de la protéger, de la faire sourire. Il avait tout simplement besoin de sa présence. Néanmoins, un problème subsistait : Lisanna. Comment pouvait-il avoir davantage de sentiments pour la blonde plutôt que pour la plus jeune des Strauss ? Il est vrai que Lisanna et lui avait toujours été ensemble, tout cela avait semblé être une évidence, alors instinctivement et naturellement, ils avaient fini par se mettre ensemble. Au tout début c'était agréable, ils étaient heureux, simplement. Cependant, aujourd'hui tout était différent. Ils étaient davantage ensemble pour être ensemble que parce qu'une quelconque flamme de passion brûlait entre eux. Lisanna avait été son premier amour et elle serait toujours importante à ses yeux. Mais aujourd'hui il y avait cette autre personne dans sa vie, celle-là qu'il gardait tendrement contre son torse… Il fallait qu'il trouve une solution et rapidement. Il fallait qu'il lui dise.

« Lucy… » commença-t-il doucement, rapprochant ses lèvres de son oreille. « Il faut que tu saches que… »

Néanmoins, il fut coupé par la porte qui s'ouvrit. Aussitôt, la blonde s'écarta du rose, gênée d'avoir été surprise dans une telle posture avec le jeune homme. Elle osa lancer un bref regard vers le nouvel arrivant et elle déglutit tandis que son teint vira au cramoisie, terriblement honteuse. Dans l'entrebâillure on pouvait reconnaitre la silhouette de Lisanna Strauss. Elle observa Natsu qui soutint son regard. Contre toutes attentes, la blanche se mis à sourire gentiment, en observant les deux jeunes gens.

« Natsu, Lucy… Il faut que je vous parle. Je ne vous dérange pas ? » lança-t-elle avant de s'adosser contre l'un des murs.


Le froid, l'obscurité et les ténèbres régnaient en maîtres absolus dans le couloir de la prison de Magnolia. À l'exact opposé de la vie joyeuse et insouciante qui pouvait exister en dehors du pénitencier. Être incarcéré dans un tel lieu rendait morose et pour le moins violent, voilà en partie les raisons qui avaient poussé le gérant de l'établissement à engager plus d'employer. Mais rien n'avait changé. La loi du plus fort continuée de subsisté entre les murs glacials de la prison. Assis dans un coin du réfectoire, seul, toisant d'un regard pourpre les autres prisonniers, tout en recrachant la fumée de sa cigarette, Genki Redfox semblait pensif. La clope. La seule chose qui le maintenant réellement en vie, qui lui redonnait un tant soit peu de chaleur. Depuis son incarcération, il y a une dizaine d'année maintenant, il avait appris toute sorte de combine, notamment, il savait qui les gardiens avaient tendance à refourguer quelques trucs en provenance de l'extérieur, en échange de divers services… Cela pouvait aller de la vengeance personnelle envers un autre employé, ou tout simplement un besoin de se faire respecter par les prisonniers… En très peu de temps, celui que l'on surnomme « Métalicana », était devenu le gars que personne ne voulait se mettre à dos, et ainsi, il n'avait jamais fait défaut à sa réputation d'impitoyable dragon. Cependant, ces derniers temps, on pouvait noter un changement dans le comportement de Genki. Tout d'abord, il s'enfilait presque trois paquets de clopes par jours, ensuite, il errait bien plus que d'ordinaire dans les couloirs, comme s'il surveillait quelqu'un. L'homme à la chevelure d'argent soupira. Comment tout cela avait-il pu arriver ? Comment son propre fils avait pu se retrouver dans un tel endroit ? Son regard se fit plus nostalgique… Il n'avait jamais souhaitait cela. Il y a bien longtemps, son fils était un petit enjoué, heureux de vivre ! Un sourire était toujours vissé sur son visage et il émanait une telle lumière ! Tout à commencé à changer lorsque les disputes entre Genki et sa mère s'intensifièrent… L'homme se souvint parfaitement qu'un jour, l'enfant était revenu de l'école en sang, couvert de bleus. Pour la première fois, Gajeel s'était battu. Il n'avait donné aucune explication. Puis, lorsque sa mère est partie sans prendre la peine de dire au revoir, Gajeel était devenu extrêmement agressif et violent. La suite était évidente, il avait finit par atterrir ici, tout comme lui. Ce fils, qu'il aimait de plus profond de son cœur, ce fils qui avait été un rayon de soleil, était bel et bien l'homme assis sur le sol du réfectoire, tête baissée, regard vide. Genki avait entendu parler de la fusillade, il savait aussi qu'il y avait eut des blessés, et à ce qu'il avait comprit, une jeune fille avait été tué. C'était cette même fille qu'il avait vu aux côtés de Gajeel lors de sa visité. L'homme se leva, jetant sa clope d'un geste vif, il se dirigea vers son fils, tout du moins, ce qu'il en restait….

« Oye minus. » lança-t-il. Aucune réaction de la part de l'intéressé.

Genki ne tenta rien d'autre. C'était comme ça depuis un moment maintenant. Précisément depuis son arrivée. Gajeel était resté muet, aucun son n'était sorti de sa bouche, ce qui le rendait réellement effrayant. De plus, en tant que « nouveau », les anciens ont tenté le bizutage, en vain. Toutes leurs attaques s'étaient retournées contre eux. Gajeel Redfox était un monstre démuni de sentiment. C'est tout du moins ce qui subsistait en apparence… Au fond de lui, le grand brun à la crinière hirsute, souffrait. Ca, Genki le savait. Il ne connaissait ce sentiment que trop bien, pour la bonne et simple raison qu'il l'avait également ressenti à son arrivée ici. Néanmoins, l'homme à la chevelure argenté n'ajouta rien et s'empressa de sortir une nouvelle cigarette. Manque de chance, le paquet était vide… A peine 13h est déjà plus rien. Genki soupira avant de se diriger vers un gardien qui pourrait probablement le fournir. Soudain, une altercation retint son attention.

« Bah alors ? Lève-toi mauviette ! Tu comptes encore sur ton papounet pour te sortir de là ?! Mais il est où hein ? Il est où tout père p'tit con ? » lança un homme en frappant violemment un blond en plein ventre, déjà à terre.

« La ferme ! C'est pas mon p… » eut-il le temps d'articuler avant qu'un autre coup ne l'empêche d'achever sa phrase.

« Puis c'est qui d'abord ton daron hein ? On raconte que t'es un membre des Heartfilia, mais que tu as été élevé par Ivan Dreyar ! Alors Sting ? T'es qui le nabot ? »

A l'évocation du fils de Makarov, Genki fit volte face, son sang afflué dans ses veines. Et merde, pourquoi avait-il fallu que ce con évoque Ivan dans un moment pareil ? Le père Redfox fit au plus vite pour rejoindre la zone du conflit. Instinctivement, il jeta un regard à Gaj… Merde ! Il avait été rapide le bougre ! En effet, Gajeel avait été rapide. A peine avait-il entendu le nom d'Ivan, qu'il avait retrouvé l'entier usage de ses membres. Il fondit littéralement sur le blond, sans une once de compassion dans le regard. Non, tout ce qu'on pouvait lire, c'était la haine et le désir de sang. Le brun se tenait au-dessus de Sting, jouant de ses poings avec férocité, arrachant quelques cris au jeune homme, qui ne parvenait à répondre aux coups de son assaillant. Gajeel semblait possédé. « Gajeel ! ». C'était sa voix qui raisonnée à l'intérieur de sa tête. C'était son image qui le hantait chaque jour. Et c'était ce corps meurtri par balle qui ne parvenait pas à sortir de son esprit. Levy était morte sous ses yeux. Elle était morte à cause de lui. Non. Pas à cause de lui ! Il avait tout fait pour la protéger, il avait tout fait pour qu'elle n'ait jamais affaire à cet univers qui était le sien. C'était eux ! Eux qui l'avaient privé de sa Crevette, de celle qui le rendait plus humain ! Alors, ils devraient payer… Tous. Soudain, le poing de Gajeel resta suspendu dans les airs. Interloqué par se blocage, il releva les yeux et croisa un regard tout aussi grenat que le sien. Il s'arrêta alors, surpris. Genki le dominait de toute sa carrure, et sa poigne était si ferme que Gajeel ne parvenait plus à faire le moindre geste. C'est alors que celui qui se voulait être son père l'obligea à se redresser. Chose faite, il envoya un coup puissant dans la mâchoire de son fils qui fut projeté au sol. Puis, l'incroyable se produit. Genki lança un regard à Sting, presqu'inconscient, il s'agenouilla et de toutes ses forces, il frappa le sol. Gajeel, ainsi que l'ensemble des prisonniers restèrent estomaqué par l'intervention de l'homme. Infatigablement et malgré le sang qui commençait à s'accumuler au niveau de ses mains, Genki ne faiblissait pas. Bien au contraire. Il continuait de plus bel. Gajeel, qui semblait quelque peu avoir retrouvé ses esprits ne parvint pas à prononcer quoi que se soit. Qu'est-ce qui lui prenait à se vieux con ?! Pourquoi agissait-il de la sorte ? Pourquoi s'abimait-il de la sorte ? Soudain tout sembla plus clair dans l'esprit du jeune homme. Peut-être que son objectif était de l'empêcher lui de faire une connerie… Mais alors pourquoi frappait-il le sol ?

« Genki Redfox ! Lâchez tout de suite cet homme ! » survint la voix d'un gardien.

Néanmoins, à cet instant, Genki frappa Sting au visage. C'est a cet instant que d'autres gardiens arrivèrent pour l'écarter de force du blond. Métalicana ne se laissa pas faire, n'hésitant pas à s'en prendre aux gardiens, les faisant valser les uns après les autres. Lorsqu'enfin il fut maîtrisé. L'homme observa son fils un sourire triste aux lèvres. Gajeel déglutit. Serait-il possible que son père ait fait cela pour ne pas qu'il ne s'attire davantage d'ennuis ? Non. Impossible, celui que l'on surnomme Métalicana, celui qui l'avait abandonné au profit du fric et de la baston ne pouvait pas agir de la sorte…

« Redfox ! » Père et fils se retournèrent. « T'as de la visite. » finit par annoncer le garde en désignant Gajeel d'un geste du menton.

Alors que le brun se relevait, Genki esquissa un nouveau sourire, plus doux celui-ci. Décidemment, c'était bien son fils, son sang, sa chaire… Aussi stupide et simplet qu'il ne l'était lui, au même âge. Cependant, la différence frappante entre eux, était que Gajeel, lui, avait des amis sur qui compter. Même si cela, il l'ignorait probablement encore… Le bruit suivit sagement le gardien qui venait de l'appeler, encore dans le flou des avis de son paternel. Il jeta un bref regard au corps du blond, qui peinait à se redresser. Etonnamment, Sting n'avait pas l'air d'avoir peur ou d'avoir été choqué. Non, il semblait complètement perdu, lui aussi, dans toute cette histoire. Gajeel retrouva entièrement son calme. Sting était peut-être perdu, mais c'était en parti à cause lui que Levy était… « Non… Ce n'est pas lui… » Il hoqueta. Qui venait de parler ? Qui avait osé prononcer ces paroles ?! Il se tourna vers les gardiens, qui étaient restés de marbres. « Ce n'est pas sa faute à lui Gajeel. » Cette voix dans sa tête… Malgré ses tentatives, il n'était parvenu à la faire taire. Il avait eut beau se frapper de toutes ses forces contre les murs de sa prison, il avait eut beau faire le vide dans son esprit, cette voix demeurait. Cette même voix qui lui rappeler, à chaque instant de sa vie, le pire de ses crimes… « C'est toi qui l'as tué Gajeel. Levy est morte par ta faute ! Tu l'as tué à petit feu ! Meurtrier ! » C'était vrai. Indirectement, il l'avait tué, doucement mais sûrement. Il l'avait embarqué dans toute cette histoire, et qu'importe s'il tue ou tabasse un milliard d'homme, les faits seraient toujours tel, qu'il resterait le seul véritable coupable. Son égoïsme, son besoin de possession, son avidité, mais surtout son passé, ses erreurs, avait précipité celle à qui il tenait temps dans l'au-delà. Et ça, jamais il ne pourrait se le pardonner. Jamais. Déjà, les gardiens s'arrêtèrent devant ce qui semblait être la salle de rencontre. Qui pouvait bien se trouver derrière cette porte ? Qui était l'imbécile qui désirait le voir lui ? Gajeel soupira un instant et la porta s'ouvrit. Ses yeux s'écarquillèrent lorsqu'il distingua la silhouette qui se formait peu à peu devant lui.

« Bonjour Gajeel. Je suis content de te voir, j'ai à te parler de choses pour le moins importantes. »


Le cœur de Lucy battait à tout rompre dans sa poitrine. Franchement, si on lui avait dit un jour qu'elle se retrouverait dans une telle situation ! La blonde déglutit, refermant ses poings sur son pantalon. Devant elle, debout, la transperçant du regard, la plus jeune des Strauss n'avait été aussi physiquement de sa sœur aînées. Effrayante… A moins, qu'il ne s'agisse que de Lucy, que Lisanna n'avait pas changée d'un iota et qu'en fait, la blonde s'en faisait une nouvelle image dans sa tête. Un monstre aux crocs acérés prête à la dévorer… Après tout, si elle avait était à la place de la blanche, elle n'aurait pas hésité une seconde à s'arracher le cou ! Cela faisait près de deux moins que Lucy passait tout son temps avec Natsu, ou que le rose passait tout son temps avec elle, allez savoir. Alors il était tout à fait compréhensible que Lisanna se sente jalouse. Pendant la fusillade, le jeune homme était resté à ses côtés, il l'avait défendu au péril de sa vie et était même resté avec elle lorsque les ambulanciers emmenaient avec eux le corps meurtri de Levy. Natsu avait été celui sur qui elle s'était reposée, sur qui elle avait pu compter, celui qui tentait de la faire sourire et de rendre ses jours plus gais. C'est lui et lui seul qui rendait ces moments plus agréables… Pourquoi ? Elle osa tourner son regard vers le rose, qui lui, n'avait pas lâché Lisanna. Non. Rien n'avait changé. Natsu aimait toujours Lisanna… Il devait simplement paraître gentil pour la blonde, après tout, ils étaient amis. Lucy eut envie de pleurer, mais se retint. Alors, la blonde se décida à jeter un coup d'œil à la blanche, et conserva son regard sur l'expression de la blanche. Cette dernière arborait un visage fendu d'un doux sourire, léger et simple. Ses yeux semblait exprimer un parfait mélange entre un sentiment de plénitude et de nostalgie. A dire vrai, on aurait dit qu'elle était sur le point de verser quelques larmes toutes aussi empruntes de ces émotions. Lucy ne comprenait pas vraiment ce qui était en train de se dérouler devant ses yeux, alors elle roula son regard de l'un à l'autre, espérant peut être une réaction. C'est alors que la blanche entreprit de briser le silence.

« Natsu… Tu… » commença-t-elle, retenant un sanglot au fond de sa gorge. « Tu as toujours été présent pour moi. Tu m'as montré à quel point le monde qui nous entoure pouvait être beau ! Tu m'as donné une définition concrète de ce que c'est que d'aimer ses amis et sa famille. Mais surtout Natsu, tu as toujours été quelqu'un d'extrêmement fidèle… »

Lucy avait la nette impression d'avoir été embarqué dans une histoire qui n'était pas la sienne… Et maintenant, elle était piégée, contrainte d'écouter les dires de la blanche. Bon sang, mais comment faisait-elle pour toujours se retrouver au mauvais endroit au mauvais moment ?! Et pour couronner le tout, Lisanna et Natsu semblait être entrés dans un autre univers, une bulle, leur bulle, et de là où elle était, Lucy ne pouvait être qu'une simple spectatrice. Embarrassée par une telle situation, elle se recroquevilla un peu plus sur elle-même espérant qu'ils n'oublient pas totalement sa présence…

« Ecoutes Natsu. Je t'aime, et ça, ça ne pourra jamais changer. »

Ah ! Mais merde à la fin ! Lucy était présente non de non ! Elle était juste à côté et avait une terrible envie de gueuler pour se faire remarquer. Son seul réflexe fut de poster ses mains au niveau de ses oreilles, afin de leur donner un semblant d'intimité. Et surtout, dans le but d'épargner son pauvre cœur qui recevait une dizaine de coup de poignard à chacune des paroles prononcées par la blanche.

« Lucy. Il faut que tu écoutes ce que j'ai à dire, je t'en pris… »

L'intéressa fixa Lisanna dans ses grands yeux azurés. Qu'est-ce qu'elle venait de dire ? Alors l'objectif de la blanche était tout simplement de blesser son amie au plus haut point, afin que celle-ci comprenne qu'elle avait gagné ? Lucy se redressa sur sa chaise. Non. C'était autre chose… Lisanna Strauss n'était pas ce genre de personne, et même si elle ne la connaissait que depuis très peu de temps, il y avait cette lueur dans son regard qui signifié que son intention n'était en aucun cas mauvaise. Alors la blonde accorda un bref sourire à la jeune femme avant de l'écouter reprendre son discours.

« Natsu tu es vraiment quelqu'un de gentil, attentionné, mais surtout, tu es la personne la plus loyale et la plus fidèle qu'il m'eut été donné de rencontrer. Je tiens à toi plus qu'à n'importe qui d'autre en ce monde et c'est pour cette raison qu'il faut arrêter. »

En face d'elle, le rose semblait avaler ses paroles sans pour autant en saisir le sens entier. Il ne pouvait s'empêcher de sentir son cœur se nouer, et son regard se fit plus triste aussi. Il tenta de parler, mais Lisanna l'en empêcha.

« Je suis partie pendant deux ans. Nous avons été séparés et pourtant je n'ai cessé de penser à toi, à tes paroles à ton sourire. Lorsque je suis revenue j'ai couru chez toi le plus rapidement possible il fallait que je te vois. Tu n'avais pas changé d'un iota, tu étais toujours le même qu'il y a deux ans. Ta crinière rose mal peignée, ton regard doux et enfantin. » la blanche eut un petit rire, nerveux, avant de retrouver son sérieux, retenant à nouveau un sanglot. « N-Néanmoins. Quelque chose avait changé, en toi. Je m'en suis rendue compte assez rapidement. J'ai vite compris pourquoi… Pourquoi ton sourire n'était plus le même lorsque j'étais à tes côtés. C'est parce que ce sourire, il ne m'était plus destiné. Je n'y avais plus droit… » elle marqua une petite pause avant de reprendre, plongeant son regard dans l'immensité blanche du carrelage. « Mais, ça ne me dérangeais pas. Ca ne me rendait pas malheureuse au contraire ! Cependant, il y avait… Il y avait ce sentiment au fond de moi qui ne me permettais pas de te laisser partir. Oui, si je laissais t'en aller, alors peut-être que plus jamais tu ne serais venue vers moi, peut-être que plus jamais je n'aurais pu te parler et rester près de toi ! Peut-être que toutes ses années auraient cessé d'exister et tout ce qui nous relie l'un à l'autre aurait disparut ! Et ça, c'était au dessus de mes forces. J'avais encore besoin de toi, de ta présence pour me construire. » cette fois-ci, des larmes roulaient sur les joues de la blanches, tandis qu'elle puisait dans sa ressource de courage pour continuer son monologue. J'ai… J'ai été égoïste Natsu ! J'ai été monstrueuse ! J-J'ai fait passer mes besoins avant ton propre bonheur ! J-je suis navrée, Pardonne-moi ! »

Les larmes de Lisanna continuaient de couler à flot, et à cet instant précis, Lucy se leva de sa chaise et saisit la jeune Strauss dans ses bras. Ce sentiment de besoin, elle aussi l'avait ressentit, un milliard de fois au moins. Elle aussi elle avait été égoïste, avec ses amis, elle s'en apercevait désormais. La blonde n'avait pas prit en compte les sentiments de Grey et de Juvia, puisque le brun était toujours là pour la soutenir, elle avait envié Levy et son bonheur alors qu'elle ignorait toute l'histoire, elle aurait même souhaité remplacer Mavis, cette sœur que Laxus avait perdu… Tout cela pour les même raisons que Lisanna, elle avait besoin de se raccrocher à quelqu'un, elle avait besoin d'une personne sur qui se reposer ! Finalement, les deux jeunes femmes n'étaient pas si différentes l'une de l'autre. Lucy s'écarta alors de la blanche, qui fut surprise de constater que des larmes perlaient aux coins de ses yeux chocolat.

« Tu n'es pas égoïste Lisanna. Tu n'es pas non plus un monstre. C'est tout à fait naturel d'avoir besoin de certaines personnes. Je sais très bien ce que je dis, je ne peux me suffire à moi-même… Alors arrête de t'excuser pour si peu, je suis sûre que Natsu ne t'en veut pas. »

« M-Mais… »

« Lucy a raison. Pourquoi t'en voudrai-je? Et puis c'est quoi cette histoire d'abord ? Qu'est-ce que ça peut être compliqué dans la tête des filles ! Tsss, tu ne peux pas être plus claire ? J'capte pas ce que tu veux dire Lisa… » confirma le rose en portant sa main à sa tête en signe d'incompréhension.

Lisanna s'approcha alors de Natus, lui donna un tendre baiser sur la joue avant de lui sourire.

« Ce que je te dis, c'est que je rompt avec toi. » dit-elle dans un sourire angélique.

Le rose et la blonde restèrent bouche bée par la nouvelle. Décidemment, la famille Strauss avait l'art et la manière de faire les choses… Et ce, toujours avec le sourire. Natsu ne trouva pas les mots, toutes ses pensées étaient devenues soudainement extrêmement confus dans son esprit. Il était partagé ente un soulagement et la nostalgie de tous ses moments passés avec elle. Bah merde alors ! Il se transformait en nana ou quoi ? Le voilà qui commençait à retourner le problème dans tous les sens afin d'accorder convenablement ses sentiments. Instinctivement, son regard se tourna vers Lucy, qui apparemment était toujours estomaqué par la nouvelle qui venait de tomber. Lucy… Ses sentiments se dispersèrent en un instant, ne laissant plus qu'une envie : elle. Il la voulait. Natsu désirait Lucy. Lisanna ne s'attarda pas davantage et se dirigea hâtivement vers la sortie, tout en prenant soin de murmurer, une fois à la hauteur de la blonde :

« Prends soin de lui… »

Puis elle claqua la porte. Elle resta un instant derrière celle-ci. Etonnamment, la plus jeune des sœurs Strauss se sentait beaucoup plus légère désormais. Quelque part, en redonnant sa liberté à Natsu, elle avait retrouvé la sienne. Maintenant, elle n'avait plus besoin de qui que se soit pour être qui elle souhaitait être. Elle eut un petit sourire, puis elle s'en alla simplement.


Les yeux de Gajeel s'écarquillèrent, sa mâchoire se décrocha, et aucun son ne parvint à sortir de sa bouche. S'il s'était attendu à cela ! Posté devant lui, debout sur la table, les mains jointes derrières son dos, un manteau blanc lui tombant aux chevilles. Aucun doute possible, Makarov Dreyar était bel et bien présent. Le brun avait du mal à en croire ses yeux, qu'est-ce que le vieux pouvait bien foutre dans un tel endroit ? Il demeura à distance, et conserva le silence, incapable de regarder son ancien directeur dans les yeux. Tout ce qui était arrivé étant de sa faute à lui, alors pourquoi ? Venait-il lui rappeler ses crimes ? Néanmoins, Makarov laissa Gajeel faire à son aise. Il se contentait de le regarder, d'observer son comportement. Le vieil homme ne supportait pas de voir l'un de ses élèves chuter dans un chemin obscur. Il pensait pouvoir les sauver tous, leur montrer une autre voie, à l'opposé des ténèbres. Néanmoins, cette fois-ci, il s'était fourvoyé. Gajeel n'était pas qu'un simple garçon s'étant égaré, non, Gajeel Redfox n'avait connu que la douleur et la haine, alors sa stratégie s'était retournée contre lui. Heureusement, Makarov Dreyar n'était pas connu pour sa lâcheté ou son manque de motivation. Bien au contraire. Il considéra sérieusement le jeune homme face en face de lui. Si bien, que se dernier pouvait sentir le regard du vieil homme le traverser de parts en parts.

« Qu'est-ce que vous faite ici ? » demanda au bout d'un instant Gajeel.

« C'est évident, je suis venu te sortir de cet endroit. »

Le brun hoqueta. Qu'est-ce que tout cela signifiait ? Il observa Makarov, interloqué. Le directeur de Fairy High School semblait incroyablement sérieux et serein. C'était comme si une aura puissante se dégagé de lui malgré sa petite taille. Gajeel dévia son regard, incapable de soutenir celui du vieil homme plus longtemps. Pourquoi voulait-il l'aider ? Pourquoi lui ? Celui qui était la cause du pire évènement, qui avait fait pleurer bien des élèves. La vision de Levy lui revint en mémoire, il se revoyait la soulever du sol, il se souvenait de son expression terrifié. Elle était probablement celle qu'il avait fait le plus souffrir avant de la… Le corps meurtri de la petite bleue le paralysa. Non, décidemment, Gajeel ne méritait aucune aide.

« Gajeel. » la voix de Makarov sortit l'homme de ses pensées. « Je ne suis pas venu ici pour te sauver. J'ai bien compris que c'était bien au dessus de mes forces. En revanche, je viens te donner une chance de marcher sur un chemin un peu plus clair. Un chemin semé d'embuches, difficilement praticable, mais à l'issu de ce chemin, tu retrouveras une once de lumière. Et avec elle tu pourras avancer sans plus jamais craindre les ténèbres. »

Le brun considéra le vieil homme avec insistance. C'était quoi cette métaphore de la vie encore ? De l'ombre de la lumière ? Tssss, n'importe quoi ! Toutes ses conneries n'étaient pas faites pour lui… Il savait pertinemment que s'il sortait d'ici, l'envie de se venger prendrait le pas sur tout autre chose.

« Le monde mérite que tu continues de te battre, et tu n'es pas seul. On y arrivera ensemble »

A cet instant, le grand brun aux multiples piercings jura entendre la voix de Levy. Un souvenir lointain… Elle avait était la première à le considérer comme un être humain et qui lui portait un minimum d'intérêt. « On y arrivera ensemble ! » son sourire, sa petite voix et la chaleur que ses mots dégagés. Lorsque Levy lui avait dit cela, il s'était senti vivant. Et aujourd'hui, il observait Makarov, tremblant de tous ses membres. Alors il n'était pas totalement mort ? Son esprit n'avait pas encore cessé d'exister ? Gajeel Redfox était encore près à vivre ?

« P-Pourquoi feriez-vous une telle chose pour moi ? » il marqua une pause avant que la rage ne l'emporte et qu'il ne se tourne, donnant un puissant coup de poing dans le mur. « Alors que c'est à cause de moi qu'ils ont été blessé ?! Alors que c'est par ma faute si L-L… » il ferma les yeux, incapable de prononcer son nom.

« Comme je te l'ai dit, ce n'est pas un sauvetage. Je ne supporte tout simplement pas de voir un jeune homme comme toi se faire consumer par les ténèbres. Le monde a encore beaucoup de surprise pour toi Gajeel. » il se racla la gorge. « En revanche, pour tous les crimes que tu as commis dans le passé, pour les élèves que tu as blessé volontairement, je ne pardonnerai jamais ! » Gajeel écarquilla les yeux. « Néanmoins, pour l'accident… Pour ce triste incident, je ne peux pas non plus te pardonner… » le brun déglutit, évidemment qu'il ne pouvait le lui pardonner, qui le pourrait ? « Je ne peux pas te pardonner Gajeel, pour une raison simple, tu es le seul en mesure d'y parvenir. »

Le jeune homme se retourna rapidement et lança un regard à Makarov. Pour la première fois depuis longtemps, le grand, le puissant Gajeel Redfox n'avait qu'une envie, se lâcher. Laisser ses larmes passer la barrière de ses yeux et laisser ainsi son âme s'exprimer. Cependant, il se retint. Malgré tout, il restait le même. Un tueur, un monstre. Et un monstre, ne pleurait pas. Alors il se résigna et chassa cette étrange pensée de son esprit. Gajeel se contenta d'attraper la main que lui tendait Makarov. Le vieil homme sourit intérieurement. Maintenant que Gajeel allait être libéré, il ne restait plus qu'à s'occuper de Sting… Et son petit doigt lui disait que toute cette histoire serait sûrement bien plus compliquée qu'elle n'y paraissait.

« Au fait. Je sors comment ? Vous comptez pas m'faire évader ? » lança le brun.

« Bien sûr que non. Tu as entendu parler de Gildarz Clive ? Le père de Cana ? Bien c'est grâce à lui qu'on a pu obtenir votre libération, à toi et Sting. »

A l'évocation du nom du blond, le visage de Gajeel se referma. Non, il n'avait pas l'intention de suivre la belle voie que Makarov lui proposait, même s'il en avait terriblement envie. Il fallait qu'il se venge, il fallait qu'ils souffrent… Tous, autant que lui à souffert. Sans un mot, les gardes entrèrent, ils installèrent un bracelet électronique à la cheville du brun qui se laissa faire. Puis ses menottes tombèrent. Enfin, la porte s'ouvrit derrière Makarov, une douce lumière en émanait. Gajeel Redfox était enfin libre. Il était libre et un sourire mauvais se dessina sur son visage.

« Pour commencer, nous allons à l'hôpital. Il y a des personnes qui seront heureuses d'avoir de tes nouvelles. »

Le brun resta muet et se contenta d'hausser les épaules. Il pouvait bien aller voir les autres, un dernier adieu. Après tout, il allait les venger eux aussi.

Le trajet se passa sans incident, il fallait dire que les gérants de la prison avaient décidé de mettre Gajeel sous surveillance quelques temps. Ce qui compliquait légèrement les projets funestes du jeune homme. Mais il était prêt à attendre. Désormais, il avait tout son temps. Il les traquerait, avec acharnement, pour le restant de ses jours s'il n'avait pas le choix. Mais une chose était certaine : Il aurait leur peau. Enfin, ils arrivèrent à l'hôpital. Gajeel sortit de la voiture en claquant la porte. Tout respirait la plénitude ici. Il avança les mains dans les poches ? L'air nonchalant. En passant à travers les jardins, un rire retint son attention, il tourna la tête lentement. Assise dans un fauteuil roulant, poussé par Grey Fulbuster, Juvia rayonnait. Il observa les deux jeunes gens, avec un léger pincement au cœur. Puis, ses yeux se posèrent sur la jambe de Juvia, plâtrée. Il avait entendu que la jeune femme avait été gravement blessée par balle pendant la fusillade. Quelque part, Gajeel était presque soulagé qu'elle n'ait rien d'autre, mais à l'extérieur, rien ne paraissait. Il continuait de suivre Makarov, montant un escalier. Arrivés au premier palier, ils croisèrent Natsu et Lucy qui descendaient. Les deux adolescents furent plus que surpris de se retrouver nez à nez avec Gajeel. La blonde parut gênée. Après tout, elle lui avait lancé des atrocités ce jour là. Elle avait osé dire que c'était à cause de lui que toutes cette histoire avait eut lieu. Ses paroles avaient dépassées sa pensée ce jour là…

« Gajeel ?! T'es sortit depuis quand ? » s'extasia le rose, heureux de revoir une tête familière.

« La ferme l'allumette, tu m'les casses déjà alors que j'viens d'arriver. »

« J'vois qu't'as rien perdu, si tu veux te battre ramène toi tas de ferrailles ! »

« J'suis pas sûr que t'es très envie de goûter à mon poing ! »

« Merde ! Il t'est arrivé quoi ? Ta main est toute défoncée, tu viens pour te faire soigner ou alors tu viens pour l… » eut le temps de dire Natsu.

« G-Gajeel ! » se lança soudainement Lucy. « Je suis désolée… Je n'aurai jamais dû te dire que tout était ta faute. Tu n'y es pour r… »

« C'est ma faute. » répondit simplement le brun.

Lucy sursauta. Le ton de Gajeel était effrayant. On aurait dit qu'il était sur le point de se jeter sur quelqu'un. La blonde déglutit. Elle aurait voulu répondre, mais à cet instant un cri strident retentit. Glaçant instantanément son sang. Ça recommençait. Encore et encore. Natsu s'approcha alors d'elle et lui attrapa la main. La blonde l'observa, le rose lui fit signe de regarder Gajeel, mais quand son regard roula, il n'y avait plus personne, le brun avait disparu. En effet, ce cri avait fait l'effet d'une décharge électrique dans le corps du jeune homme qui n'avait pas réussi à contrôler ses jambes, qui avaient avancé seules. Grimpant les escaliers deux à deux, suivant les cris. Pourquoi continuait-il d'avancer ? Pourquoi tous ses sens était-il à ce point aux aguets ? Une chose était sûre, il devait absolument connaître la source de ses cris qui n'en finissaient pas. Arrivé au deuxième étage, il croisa des infirmières, qui à première vue semblaient totalement dépassées par les évènements. Son cœur battait à tout rompre sans vraiment en connaitre la cause. Il semblait avancer au ralentit, avançant vers cette porte. Il la fixait. Les infirmières entraient les unes après les autres. Sa respiration était de plus en plus saccadée. Voilà, il y était. Devant cette porte. Un nouveau cri retentit, et sans qu'il ne s'en aperçoive, il était entré. Tout ce qu'il parvenait à voir c'était toutes ses infirmières habillées en blanc, penchées sur le lit, et la source des cris. Il demeura stoïque, incapable de faire le moindre mouvement. Tout devenait de plus en plus confus dans sa tête. Comment était-il arrivé jusqu'ici déjà ? Pourquoi avait-il suivi Makarov ? Qu'est-ce que le vieux lui avait dit ? Qu'on l'attendait. Or, aucune des personnes qu'il avait ne semblait l'attendre alors pourquoi… ? Soudain, une infirmière fut expulsée du lit, laissant à Gajeel la possibilité d'entre voir une tignasse bleu ciel. Son cœur s'arrêta, et il ne repartit que lorsque son regard de sang croisa les deux noisettes de la patiente qui cessa ses cris. Les infirmières s'écartèrent, stupéfaites. Tout semblait peu à peu disparaître autour d'eux. La pièce, les machines, les infirmières. Gajeel ne bougeait pas. Incapable de bouger le moindre muscle. Ce devait être un rêve. Il n'y avait pas d'autre explication possible. Il avait vu son corps s'écrouler. Il avait vu son regard se vider de toute vie. Il l'avait vu et pourtant… Comment expliquer que la tignasse bleue s'approchait de plus en plus de lui, arrivant presque à sa hauteur. Comment expliquer aussi qu'il pouvait sentir ses bras s'enrouler autre de son corps ? Comment expliquer qu'elle dégageait cette chaleur et cette odeur qu'il affectionnait tant ? Comment. Gajeel ne pouvait toujours pas esquisser le moindre mouvement, craignant que tout cela ne disparaisse. Que ce mirage ne s'évapore en un instant.

« Gajeel, excuse-moi… J-je suis là maintenant. Tout va bien. »

Cette voix, il l'avait entendu. Pas dans sa tête, mais à l'extérieur. Il baissa son regard à la hauteur de la petite bleue. Elle releva à son tour les yeux. Son visage était marqué par la fatigue et ses yeux étaient rouges. Cependant, elle n'avait rien d'un mirage. Gajeel tenta de bouger. Elle était toujours là. Alors, le brun se rendit à l'évidence. Elle était bel et bien là, coller à son torse. À cet instant, il resserra sont étreints. Il n'était pas un monstre finalement. Il enfouit son visage dans la chevelure bleue de la jeune femme et celle-ci jura sentir des larmes rouler sur les joues de son amant. Elle passa ses mains dans ses cheveux, Gajeel Redfox, aussi puissant pouvait-il être, n'était qu'un homme. Alors, elle garda le silence, profitant simplement de cette proximité qui lui avait tant manqué. Puis Gajeel se retira une main passant rapidement sur son visage.

« Bon sang Crevette ! J'ai crut que t'étais morte ! Bordel Levy, ne refais plus jamais ça ! »

Puis il s'empressa de coller ses lèvres contre les siennes, il n'avait aucunement envie de la laisser partir une fois encore.


Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui :D

Je ne sais pas encore quand est-ce que viendra le prochain chapitre... Bac en vue !

Mais bon, on a tous besoin de décompresser, alors j'espère poster avant juillet.

Ha et si vous avec des exams, des concours ou autres trucs un peu chiant... Bonne chance et courage :D

Merci pour tout!