Lana ne pouvait répondre, elle ne le voulait... Puis qui pouvait donc appeler à cette heure si tardive ? Bien sûr, elle avait la réponse mais les lèvres de Jennifer descendant sur ses seins étaient pour l'instant plus importantes que cette fichue sonnerie retentissant depuis l'intérieur de son sac à main. Sa main fermée dans les cheveux dorés de Jennifer, Lana prenait conscience qu'elles passaient un cap jamais égalé dans leur relation... Leur amitié ambiguë prenait un nouveau tournant à travers leurs assauts, leurs baisers, leurs soupirs.

— Jenn, soupira-t-elle... Tu vas me rendre dingue...

La sonnerie cessa un bref instant, leur faisant oublier que la vie continuait en dehors de leur bulle de plaisir, mais une autre sonnerie retentit près du canapé depuis le téléphone fixe de Lana.

Cette fois, Jennifer resserra son étreinte. Sa tête tournait tant elle subissait d'émotions. Ses lèvres prenaient possession de la poitrine de Lana et suçotaient son téton qu'elles faisaient durcir du bout de sa langue. Si Lana devenait dingue, Jennifer perdait déjà la raison. Ses mains au creux de ses reins l'emprisonnaient, mais elle jugea bon de susurrer, le souffle brûlant :

— Tu bouges pas...

Mais elle sentait déjà Lana hésiter, vaciller et lutter entre son désir et le besoin de répondre à ce foutu téléphone.

Lana serra ses doigts dans les cheveux de Jennifer. Sa tête était maintenant prise d'assaut par de doux vertiges. Les caresses très intimes de Jennifer sur ses seins provoquaient à elles seules des vagues de plaisir incontrôlables. Dieu que son amante savait y faire avec les femmes... Puis la sonnerie cessa mais le répondeur s'enclencha :

# Vous êtes bien chez Lana, laissez un message...

Un bip retentit et une voix familière se fit entendre :

# Lana ! Bon sang, décroche ton foutu téléphone, je sais que t'es là ! Je suis à la rue là... Je me suis disputée avec Jeff et je suis partie je n'ai nulle part où aller ! Je suis en route, je serai chez toi dans dix minutes... J'espère que tes clefs sont toujours sous le pot de Bégonias à l'entrée...

Puis la communication s'interrompit.

— Dis-moi que c'est pas la voix de Gaby que j'ai entendue, grommela Jennifer contre sa peau moite.

Parce que Jennifer s'était crispée en écoutant le message virulent de la meilleure amie de Lana. Cette femme aux allures de poupée, à qui tout était dû, n'aurait pu trouver pire moment pour les déranger !

Lana avait fermé les yeux un moment, incapable de croire que Gaby lui faisait ce "coup là" juste ce soir alors qu'elle lui avait dit à maintes reprises de quitter Jeff. Elle se recula un peu, vit le regard suppliant de Jennifer qui se releva dans le sien.

— Je... Je peux pas faire autrement... Elle va arriver d'une minute à l'autre...

Jennifer bouillonnait entre colère, frustration et envie folle. Le pire était sûrement de savoir Gaby tout à fait capable d'arriver à l'improviste chez Lana après un pareil message. Elle se laissa tomber contre le canapé, plus que dépitée, exaspérée.

— Et ce que j'allais te faire prend beaucoup plus d'une minute... Je vais l'étrangler cette fille !

Lana, à la fois gênée et sous l'emprise d'une frustration sans bornes, rajusta son soutien-gorge que Jennifer avait baissé sur son ventre. Dieu qu'elle avait encore chaud. Elle se redressa et reprit :

— Va dans ma chambre... Je te rejoins dès qu'elle ira dans la chambre d'ami.

Jennifer l'avait suivie des yeux, plus frustrée que jamais. Personne ne lui avait fait un coup pareil et cet arrêt plus qu'abrupt était sûrement le pire de tous ! Elle prit la bouteille de whisky et son verre. En plus, elle était reléguée à la chambre parce que Gaby se poserait bien trop de questions si elle la voyait ici à cette heure de la nuit. Un profond soupir de désolation s'échappa de sa gorge encore asséchée et elle se leva, encore en soutien-gorge.

— Magnes-toi alors, j'ai pas envie de finir ce tête-à-tête avec la bouteille...

Lana la vit s'éloigner, rajusta sa jupe, ses bas, ses cheveux... Gabrielle ne devait pas savoir que Jennifer était là, qu'elles avaient approfondi leurs discussions dans son décolleté généreux. Car sa meilleure amie lui avait bien trop souvent fait remarquer son attirance pour Jennifer, l'encourageant à "essayer" les femmes au moins une fois avec celle-ci. Lana avait toujours prétendu qu'elle se faisait des idées et admettre qu'elle avait raison lui déplairait. L'instant d'après, la porte s'ouvrit à la volée.

— Lana ! Je t'ai appelé sur trois téléphones et t'as pas été fichue de me répondre ! accusa Gabrielle dans tous ses états.

Elle marcha directement vers le bar d'angle et sortit un verre ainsi qu'une bouteille de Martini.

— J'ai trouvé du rouge à lèvres sur sa chemise. Tu le crois ? Bobonne que je suis, je faisais tranquillement la lessive et j'ai vu cette foutue marque de rouge. Tu sais ce qu'il m'a dit ? Que c'était le mien ! Sauf que monsieur oublie une chose, je porte du Dior et pas du parfum de midinettes qu'on trouve au supermarché !

Lana devait cesser de songer à sa jolie blonde dont les lèvres délicieuses et conquérantes l'attendaient dans sa chambre. Mais avant de la rejoindre, elle devait assumer son rôle de meilleure amie et donc consoler Gabrielle.

— Alors c'est définitivement fini cette fois ? demanda-t-elle.

— Je veux que c'est fini ! Mais demain je rentre car il est hors de question que je lui laisse la maison !

— Tu peux t'installer ici le temps qu'il faudra, répondit Lana.

Mais pas trop longtemps non plus car elle pensait à Jennifer. Gabrielle but quelques gorgées de son verre et vint s'asseoir dans le canapé avant de froncer les sourcils. Lana écarquilla les yeux en voyant Gabrielle se saisir du débardeur de Jennifer du bout des doigts.

— C'est quoi ça ?

Lana voulut se précipiter sur elle, lui arracher le vêtement des yeux mais Gaby le recula et regarda sa meilleure amie.

— Tu étais avec qui ?

— Personne ! se défendit Lana. Rends-moi ça.

Mais Gabrielle ne se démonta pas et ramena carrément le tissu du vêtement à ses narines.

— C'est un parfum d'homme ça... Et vu la taille du débardeur, à moins de te taper l'un des nains de ta série...

Gabrielle réalisa :

— Jennifer !

Lana passa par toutes les couleurs. Elle était découverte, mise à nu et ne savait quoi répondre.

— Elle est encore là ? demanda Gabrielle bien trop curieuse.

— Non, elle est partie avant que tu arrives, répondit Lana.

— Donc elle était là ! Bon sang, Lana ! Tu aurais pu me dire qu'entre vous...

Mais Lana se défendit :

— C'est arrivé comme ça... Après le tournage aujourd'hui... Mais on n'a rien fait !

Gabrielle leva les sourcils :

— Tu lui as enlevé ses fringues et vous avez rien fait ? Mais t'es malade !

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Dans la chambre, Jennifer s'était approchée de la porte, plus qu'intéressée. Au début, à l'arrivée de Gaby, elle avait préféré se réfugier dans son verre de whisky pour calmer sa souffrance intérieure et son manque de Lana... Mais pour une fois, la discussion devenait plus que croustillante et abordait un sujet intéressant. Parce que Jennifer avait quelques fois rencontré la meilleure amie de Lana à force de passer du temps avec celle-ci. Et ce petit bout de femme d'à peine 1 mètre 57 déboulait à tout bout de champ pour exprimer un caractère plus fort encore que le sien. Gabrielle n'avait pas la langue dans sa poche et pour une fois, ce qu'elle disait plaisait à Jennifer. Un sourire amusé et malicieux aux lèvres, elle continua d'écouter puisque de toute évidence, Gabrielle semblait prendre son parti et venait de découvrir son passage sur le canapé... Mais pourquoi diable Lana s'évertuait-elle à nier le peu qu'elles avaient déjà partagé ? Un peu qui la brûlait encore...

.

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Lana ne pouvait pas s'étendre sur ce sujet en sachant que Jennifer pouvait les entendre et surtout, que sa jolie blonde l'attendait :

— Ecoute, il est tard et j'ai une longue journée de tournage demain, reprit Lana. Fais comme chez toi et on reparle de tout ça demain quand je rentre.

Gabrielle plissa les yeux en la voyant s'éloigner et lui courut après avant de dire tout bas :

— Elle est là, pas vrai ? Je te connais... Tu ne te couches jamais avant une ou deux heures du matin... Avoue, elle est là ? Dans ta chambre ?

Lana ne savait pas mentir, du moins, pas à sa meilleure amie et devinait surtout que Gabrielle partirait vérifier si elle lui mentait.

— Oui, elle est là, t'as gagné ! Est-ce que je peux aller me coucher maintenant ?!

Gabrielle eut un petit sourire malicieux :

— T'es une petite coquine mademoiselle Parrilla.

Lana l'accusa :

— Peut-être, mais la prochaine fois que je ne te réponds pas au téléphone, c'est que je suis occupée !

De nouveau, Lana se détourna, mais la main de Gabrielle l'arrêta en saisissant son bras pour la remettre face à elle.

— Attends !

Dans des gestes hâtifs, elle la recoiffa, la détailla de la tête aux pieds, lui rajusta sa jupe et releva un regard perplexe sur elle :

— Et tu comptes y retourner comme ça ?

Lana leva les sourcils, l'air dépité :

— Quoi ? Je ne vais pas non plus me changer ! accusa Lana...

Elle lui tapa les mains qui essayaient de la rhabiller :

— Arrête !

— Non mais tu plaisantes, j'espère ? rétorqua Gabrielle, si tu commences comme ça, toi aussi, tu trouveras du rouge à lèvres dans quelques semaines...

Mais Lana ne voulait pas entendre ce genre de remarques.

— Jennifer n'est pas Jeff et nous ne sommes pas en couple depuis vingt-cinq ans !

— Et ben on dirait ! renvoya Gabrielle. Non mais regardes-toi ! Je suis sûre que t'as même pas de dessous coquins.

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Dans la chambre, après quelques verres de whisky et une incroyable frustration, Jennifer s'était tout bonnement endormie dans le lit de Lana, sur le ventre, encore en soutien-gorge. Le temps des discussions entre sa nouvelle amante et sa meilleure amie avait eu raison de sa patience et de son désir pourtant féroce.

Quand Lana entra, enfin libérée d'une Gabrielle trop curieuse, son dépit fut de taille en voyant Jennifer endormie. Elle referma en silence, dépitée. Mais ne put en vouloir à la blonde de ne pas l'avoir attendue. Elle s'approcha du lit et ôta son chemisier, sa jupe et ses bas avant de lui ôter au moins son jeans et de ramener la couette sur son corps. Elle se glissa près d'elle et détailla son profil en songeant une nouvelle fois à la tournure que prenait leur relation. Elle espérait simplement que Jennifer n'émette pas de regret quand elles se réveilleraient demain matin. Elle éteignit la lumière et s'autorisa à venir l'enlacer, profitant de ses parfums pour plonger dans un profond sommeil.

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Les rayons du soleil sur sa joue sortirent Jennifer de son profond sommeil. Aussitôt, elle fronça les sourcils en percevant une pointe incessante dans sa tête. Le whisky l'avait littéralement assommée et cela avait été mieux ainsi. Parce que doucement, elle se rappelait de l'immense frustration vécue la veille, du goût de la poitrine de Lana sur ses lèvres... Lentement, elle tourna la tête vers l'arrière et vit l'actrice allongée sur le dos, tout contre elle. Finalement, elle n'avait pas tout perdu puisque Lana l'avait rejointe dans le lit. Elle changea de côté pour mieux la regarder. Sa gueule de bois calmait ses ardeurs et lui rappelait son excès de la veille. Oh qu'elle aurait souhaité dépasser les limites autrement sur ce canapé dans le salon... Mais elle se contenterait de détailler Lana avant qu'elle ne se réveille et c'était déjà un réconfort...

Quand le réveil sonna sur sa commode, Lana fronça les sourcils et tendit le bras, éteignant ce dernier sans attendre. Elle détestait son fichu réveil et maintenant, Jennifer aussi. Lana ouvrit doucement les yeux et reprendre conscience lui ramenait les souvenirs de la veille, sa soirée avec Jennifer puis l'arrivée de Gabrielle qu'elle maudissait. Elle se tourna doucement vers Jennifer près d'elle et son sourire revint aussitôt sur ses lèvres autant que de doux frissons couraient le long de son dos.

— Salut toi, fit-elle d'une petite voix encore endormie.

Lana était une femme irrésistible à toute heure de la journée ou de la nuit. A peine réveillée, sortie de son sommeil, son charme opérait et ses traits envoûtants agissaient sur Jennifer. Celle-ci esquissa un petit sourire aux coins des lèvres. Bien sûr, elle avait déjà connu quelques réveils auprès de Lana mais celui-ci après quelques caps franchis la veille, avait plus de saveurs et d'excitation, beaucoup moins de retenue et de frustration.

— Qu'est-ce que t'as fait avec mon corps cette nuit ? J'ai perdu mon jeans...

Lana sourit, à la fois amusée et charmée par les petites accusations de Jennifer. Elle se rapprocha d'elle, toujours prise de frissons, et rajusta l'épaisse couverture sur leurs corps uniquement vêtus de sous-vêtements. Elle gardait quelques retenues malgré elle, mais se souvenait aussi de toutes ces fois, par le passé, où Jennifer et elle s'étaient réveillées côte à côte sans avoir franchi le cap du simple baiser. Pourtant, après hier, en cette seconde, tout était clairement différent et Lana se plaisait à profiter de cette petite bulle de chaleur dans laquelle elle se réveillait près de sa jolie blonde.

— J'ai voulu en abuser mais c'est le whisky qui a eu raison de mes charmes.

Le regard brillant de Jennifer répondit à lui seul à cette provocation. Lana se révélait experte dans ce domaine, douée pour allumer un feu ardent et interminable... Son bras s'enroula finalement autour d'elle pour la rapprocher un peu plus et ses lèvres partirent à la conquête des siennes. Si elle ne répondait pas au moins à un de ses nombreux désirs, elle ne pourrait jamais passer cette journée... Le contact de sa main sur sa peau l'électrisa. Ce réveil était sûrement le meilleur vécu jusqu'alors.

— Vilain whisky, fit-elle entre deux baisers.

Lana soupira doucement... Déjà, Jennifer faisait renaître cette chaleur grisante ressentie la veille. Elle poursuivit le baiser, sa main repartant dans les cheveux dorés et soyeux de Jennifer. Des bruits de casseroles résonnèrent depuis la cuisine. Jennifer ajouta toujours sur les lèvres de Lana :

— Dis-moi que c'est le chat du voisin...

Lana sourit dans le baiser et se redressa, son visage au-dessus de celui de Jennifer. Ses doigts fins longèrent la descente de sa mâchoire, son regard brun détaillant ses traits naturellement accusateurs.

— Gabrielle doit déjà être réveillée.

Jennifer l'avait bien deviné, à son grand désarroi. Le premier réveil avec Lana où elle pouvait l'embrasser, la toucher, la regarder autant qu'elle le voulait et la tornade Gaby était aussi présente dans la maison ! Elle passa un bras sous sa tête pour la surélever un peu.

— Elle est infatigable... Quand est-ce qu'elle se décharge ? C'est une batterie auto régénératrice qu'elle a ou quoi ?

Lana ricana, notant une fois de plus les petites réactions masculines de Jennifer. Gabrielle avait eu raison sur ses côtés garçon manqué que Lana affectionnait particulièrement.

— Je tâcherai de lui demander son secret pour t'en faire profiter, taquina-t-elle. Quoi que contrairement à toi, elle préfère le Martini au Whisky.

Mais cela n'empêchait pas que Gabrielle les avait interrompues la veille et cela, Jennifer s'en rappelait. D'autres bruits résonnèrent et elle avait bien compris que ce réveil ne finirait pas comme elle aurait voulu... Par un ébat chaud bouillant sous la couette.

— Et c'est là où je dois me rendre à l'évidence, reprit-elle, je dois rentrer chez moi avant que ta copine détruise ta cuisine adorée.

Le départ de Jennifer était bien la dernière chose que Lana désirait mais elles devraient quitter ce lit confortable et parfumé car une autre journée de tournage les attendait. Elle s'autorisa à poser un baiser sur les lèvres de Jennifer et voulut se reculer, mais celle-ci l'approfondit en murmurant:

— On a deux minutes...

Parce que Jennifer ne pouvait renoncer aussi aisément. D'accord, elle savait que son corps n'obtiendrait pas raison et n'aurait jamais l'objet de tous ses désirs, mais quelques minutes de plus sur les lèvres de Lana pourraient apaiser sa frustration. Dans l'élan, elle la fit basculer sur le dos et le baiser devint alors plus brûlant, à l'image parfaite de son être, de son envie inaltérée par son sommeil. Mais les bruits dans la cuisine lui rappelaient qu'elle devait partir, qu'une journée de travail les attendait. Elle se força à s'extirper des lèvres délicieuses de Lana et posa ses yeux brillants sur son visage.

— Ok, on arrête là...

Elle se redressa sur un bras et détourna le regard pour s'aider à quitter le lit.

— Il faut que je rentre.

Lana avait soupiré doucement quand Jennifer s'était reculée. Elle ne pouvait la retenir, consciente que leur petit jeu de séduction ne pourrait être mené à terme. Elle vit Jennifer se lever, balada son regard sur son petit corps musclé. Contrairement à elle qui était un peu plus ronde, Jennifer prenait grand soin de son corps et une salle de gym avait même été mise en place pour que les "Princes" de la série puissent entretenir leurs muscles saillants. Elle la vit se rhabiller et dut se rendre à l'évidence : Elle demeurait totalement attirée par Jennifer.

Celle-ci sautilla sur un pied pour remonter son jeans sur ses hanches et trouva son débardeur sur la chaise. Elle l'enfila et sourit sur une pensée.

— Gaby est un vrai chien policier, tu sais ça ?

Une fois le vêtement enfilé, elle tourna les yeux vers Lana.

— Avec un seul débardeur, elle a réussi à me trouver...

Lana ricana sur les remarques pleines de vérité de Jennifer. Elle repoussa le drap pour quitter le lit :

— Comment voulais-tu que j'explique qu'un débardeur de fille dans lequel je ne pourrais jamais rentrer, se trouvait sur mon canapé avec des parfums d'homme ?

Elle regarda d'ailleurs Jennifer tout en récupérant son peignoir de satin noir :

— Et depuis quand tu mets des parfums pour hommes ?

Jennifer n'avait pas manqué cette sortie de lit. Voir Lana en sous-vêtements avait ravivé la flamme qui ne la quittait jamais désormais. Elle se sentait revenue dans sa cage, tel un lion enfermé dans l'attente d'une occasion pour s'échapper. Elle préféra baisser les yeux sur sa ceinture qu'elle serra autour de sa taille. Pourquoi Lana lui posait-elle cette question ?

— T'es toujours en train de dire que Josh sent bon, grommela-t-elle.

Lana plissa les yeux tandis qu'elle faisait son lit d'un côté et que Jennifer venait l'aider en faisant l'autre côté. Avait-elle bien entendu ? Jennifer l'avait écouté et avait adapté ses habitudes selon ses goûts ? Elle sourit, charmée.

— Et si je te dis que j'adore quand Josh fait la cuisine, tu vas te mettre un tablier ?

En tirant le drap sur l'oreiller, Jennifer fixa Lana d'un air mécontent et bougon. Se fichait-elle d'elle ? Bien sûr qu'elle se moquait d'elle puisqu'elle avait eu le malheur de répondre à sa première question !

— La prochaine fois, je répondrai plus à tes questions...

Lana ricana encore. Décidément, Jennifer était craquante quand elle s'énervait. Elle se redressa et contourna le lit.

— Je pourrais tout aussi bien faire les réponses, lança Lana en contournant le lit.

Elle changea de sujet :

— Tu n'as qu'à prendre ma voiture pour rentrer chez toi et revenir me chercher pour rejoindre Stevestone.

Jennifer détailla Lana un instant. Définitivement, son regard sur elle avait changé et elle le savait. Avant ce baiser la veille, elle ne s'était résolue qu'à la voir comme une amie très proche, avait rayé toute pensée déplacée à son sujet. Mais ce matin, dans son petit déshabillé, déjà trop habillée, ses réflexions n'avaient plus rien d'amicales. Elle retint ses mains avant qu'elles ne se posent sur un morceau de peau trop attirant et ferma les pans de son vêtement.

— Ok, répondit-elle, distraite, et la prochaine fois que tu sors du lit en sous-vêtements, attends que je sois partie...

Lana avait suivi le trajet des yeux de Jennifer sur son corps, du haut de sa poitrine jusqu'en bas de son ventre. Elle avait mesuré le talent de Jennifer à la déshabiller la veille et constatait maintenant celui consistant à la recouvrir. Elle noua son peignoir mais songea à Gabrielle qui effectivement faisait comme chez elle et avait allumé le poste de télévision du salon.

— J'aimerais éviter de te laisser sortir seule de ma chambre et de faire face à la tigresse qui a pris possession de ma maison.

Jennifer sourit sur cette juste description de Gabrielle.

— Je vais sortir par la fenêtre alors ?

Lana ricana.

— Ca ferait très théâtral, tu ne trouves pas ?

— Pour éviter ton infatigable meilleure amie ? C'est une issue de secours, tu veux dire.

Lana plissa les yeux et se dirigea donc vers les baies vitrées de la chambre. Elle ouvrit les rideaux puis fit coulisser les portes.

— Tu as raison. Ca m'évitera aussi des questions.

Jennifer s'approcha de la baie vitrée qui, heureusement donnait sur le rez-de-chaussée. Elle reporta les yeux sur Lana, se saisit des clefs qu'elle lui tendait. Elle prit la peine de la détailler encore une fois et lui vola un baiser.

— Pour la route...

Elle s'arracha de cette chambre, s'en échappa avant de succomber à la tentation sous la forme de Lana Parrilla.

Lana soupira doucement. Déjà, Jennifer lui manquait et si cette vérité l'avait souvent été par le passé, elle se justifiait et s'expliquait d'autant plus aujourd'hui. Entre Jennifer et elle, les événements avaient pris une tournure précipitée et incontrôlable en moins de vingt-quatre heures. Mais dans un sens, toutes les deux se connaissaient depuis plus de deux ans et étaient passées par des situations plus ambiguës les unes que les autres. Lana n'avait plus compté le nombre de nuits passées chez Jennifer et vice-versa, sans parler de sa profonde jalousie quand Jennifer était sortie avec Sebastian qui avait interprété le Chapelier Fou. Finalement, peut-être que Lana avait eu besoin de ce temps pour comprendre et accepter leur relation même si certaines étapes n'avaient pas encore été franchies. Mais l'accepter chez elle, à l'abri des regards était une chose, le dévoiler au grand public en serait une autre...

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A suivre...

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N/A: Merci pour vos reviews et merci à tous ceux qui ont nous soutiennent en se procurant nos livres. Nous avons dépassé le millier d'exemplaire pour "Escort Girl" c'est juste ENORME et nous posterons prochainement un extrait rallongé de la suite en exclusivité :)

N/A2: Petit avis aux auteurs de F/F, nous avons refait le site slayerstime et vous pouvez désormais poster et partager vos histoires en solo sur votre page de blog dédiée.