Bonjour à toutes et à tous,

Je vous remercie énormément pour vos retours via les commentaires mais aussi les ajouts en suivi/favori, cela m'a fait excessivement plaisir de lire vos avis. Je répondrai directement par mp pour les inscrits sur le site et via adresses mail pour ceux qui la laisseront, concernant les anonymes: une petite rubrique va être créée un peu plus bas :)

La Rubrique des Réponses aux Courriers des Lecteurs:

Grohendlaine, je te remercie beaucoup pour ton message. Je suis enchantée et flattée que tu trouves tout ce qui es exposé comme étant cohérent car j'essaie d'y apporter beaucoup de soin. Cygnus est effectivement quelqu'un de très calme, maussade. Bella a surtout hérité du caractère de Druella, outre la folie dans laquelle elle s'est plongée au contact du Seigneur des Ténèbres. Concernant Alphard, je vais laisser cette question en suspens puisque tu vas avoir la réponse durant la lecture de ce chapitre. Par rapport à Walburga, dans L'Ascension elle était présentée dans un état de faiblesse extrême, son tempérament adoucie par Cygnus pour pousser à l'empathie. Mais depuis le temps à passer et elle a gagné en amertume, et en plus de son caractère bien trempé, tu vas donc pouvoir la (re)découvrir plus bas. Je ne vais pas beaucoup m'avancer mais une multitudes de textes sont prévus dont un sur la naissance de Bellatrix, au moment où ils se sont rendus compte que ce n'était point l'héritier tant promis mais une héritière qui avait vu le jour.

Tina, merci pour ton message. Je suis contente que tu aies trouvé le texte à ton goût et j'espère qu'il en sera de même avec celui-ci. J'apprécie aussi beaucoup le personnage de Regulus; il a été contraint de vivre dans l'ombre de son frère durant toute son enfance, pour se démarquer de lui et racheter la honte qu'il avait causé: il s'est engagé auprès des Forces du Mal mais qui malgré son jeune âge parvient à faire acte de bravoure et de rédemption. Cela force le respect!

Twixine, merci pour ton commentaire. J'ai aussi une affection pour les personnages délaissés. L'avantage avec la famille Black est que la base est solide grâce à son arbre pour éviter les OC à tout va. Cette famille offre de la structure mais ne coupe pas pour autant la créativité pour écrire. Je souhaite que ce chapitre te plaise, l'on y verra peu Cygnus mais vu ton opinion à son propos, il ne va pas beaucoup te manquer à mon avis!

-Fan, un grand merci pour ton avis si positif et surtout pour les compliments concernant ma plume. Je compte bien m'améliorer en travaillant dur afin de rendre votre lecture aussi agréable que possible.

Je profite pour rajouter que je suis toujours à la rechercher d'un(e) Bêta :)

Voici donc ce second chapitre qui se déroule en 1960, l'année de la naissance de Sirius. Le jour de sa naissance plus particulièrement, même si comme pour le cas de Bellatrix, ce ne sera que survolé.

Pour précision Mary-Ann Bones est un OC, cependant elle est dans mes écris la sœur d'Edgar Bones: un membre de l'Ordre ayant été tué, que Maugrey estimait beaucoup; mais aussi d'Amelia Bones (Directrice du Département de la Justice Magique) qui siégeait au Magenmagot lorsque Harry y est acquitté et qui aurait été tué de la main de Voldemort durant l'été 1996. Brefouille Mary-Ann est donc une tante de Susan Bones :)

Bonne lecture!

Chapitre 2 : 1960 – La Poursuite

A l'écoute des ronflements, elle se demanda rapidement qui l'avait réveillée entre son époux et son bébé. En guise de réponse, elle sentit que l'on s'agitait en son sein.

« Tu es tellement vif... »

Elle caressa son rentre rond avec affection, avec émotion. Après tant d'années, ô combien de tentatives et ô combien de fois son cœur brisé par la perte des enfants qu'elle portait. Il semblait que pour cette fois-ci il y aurait bien une naissance. Tel un Lutin de Cornouailles bien au chaud dans son ventre, ce bébé brillait par son impolitesse à la rouer de coups il avait un sens de l'humour assez prononcé car il semblait toujours vouloir sortir mais tel un acteur capricieux finissait par rester en coulisse. C'est ainsi qu'elle, Walbugra Black, était alitée depuis deux semaines, attendant que ce bébé daigne enfin faire son entrée dans le monde.

Elle était au supplice de son bon vouloir. Mais Merlin ce que c'était agréable, elle était sans aucun doute la femme la plus heureuse au monde !

Enfin. Enfin... Enfin !

Elle allait donner vie.

Alors qu'elle venait d'avoir trente-cinq ans... Il lui aura donc fallu attendre plus de dix ans avant d'avoir la chance de sentir la vie grandir en son sein, de pouvoir espérer tenir dans ses bras un nourrisson qui serait le sien.

Elle avait pensé avoir été maudite durant plusieurs années. Walburga n'ignorait pas que les mariages entre cousins si proches n'étaient pas du goût de tout le monde, loin de susciter l'approbation générale de la communauté sorcière. Le plaisir qu'elle éprouvait au contact d'Orion lorsqu'il la regardait, lorsqu'il la frôlait, lorsqu'il la touchait, lorsqu'il la caressait, lorsqu'il l'honorait... Tout ceci devait être puni. Il était péché que de ressentir une quelconque satisfaction de chair avec un si proche cousin, murmurait-on sur son passage lorsqu'elle flânait au Chemin de Traverse.

Mais elle était amoureuse d'Orion, elle l'était devenu. Et elle était folle d'exaltation rien qu'à la pensée des moments intimes qu'ils partageait dans leurs appartements privés une fois la nuit tombée. Circée seule savait combien elle aimait cela, combien elle désirait cela et ce du plus profond de ses entrailles.

Bien entendu, l'élite des sangs-purs n'avaient rien trouvé à redire, au contraire, tous connaissait la devise familiale : Toujours Pur. Et où trouver la propreté du sang la plus parfaite si ce n'était dans les racines qui lui étaient propres et dont elle savait que l'on s'assurait d'élaguer les branches malsaines ? Il avait fallu faire un choix : le siens avait été d'assurer la pérennité de sa lignée en transmettant elle-même son nom, comme si elle avait été un homme. Pour combler cette tare qu'elle subissait depuis sa naissance, depuis sa plus tendre enfance : être née femelle et non mâle.

Son affection pour Orion n'avait été au début qu'un simple calcul mais elle avait fini par tomber dans son propre piège et s'attacher éperdument à lui. Elle n'avait jamais eu de coup de foudre pour qui que ce soit, certainement pas pour lui. Mais elle réalisait combien sa mère avait raison lorsqu'elle lui expliquait que le monument de l'amour se bâtissait avait du temps, pour que ses fondations puissent être inébranlables.

Cette attraction - considérée comme contre nature par la multitude - expliquait, selon elle, pourquoi elle n'avait jamais rien engendrer d'autre que des morts-nés. La plupart du temps, elle avait plutôt enchaîné les fausses couches. Et la douleur, la culpabilité de ces dernières lui pesaient. Bien qu'elle ne se soit jamais confié, n'ai jamais chercher à extérioriser. Les Black n'étaient pas comme le commun des mortels à s'épancher et pleurer leurs pertes, ils étaient entièrement dédiés au public et devait se comporter en tant que tel : ne laisser paraître aucune faille. Que faire de ce chagrin ? Des états maladifs dans lesquels elle se trouvait après chaque fausse-couche ? Les Rois ne tombent pas malades, ils meurent : c'est tout, et ce en restant dignes. Elle s'était efforcé d'agir de la sorte mais ce fut dur, très dur, trop dur. Son couple en avait pâti, peut-être qu'en parler avec Orion leurs aurait permis de regagner confiance et de se sentir de nouveau prêt.

Mais non. Tel des cavaliers après une chute, ils s'étaient remis en selle.

Inlassablement.

Et son ventre devînt un cimetière.

Elle avait lu des légendes à propos d'un procédé pour démultiplié l'âme et la conserver à travers des objets une magie des plus noirs qui nécessitait le sacrifice d'une vie si tant est que ces vieux contes de bonnes femmes eussent pu se réaliser, Walburga Black serait déjà immortelle et détentrice de plus d'une trentaine de fragments d'âmes. A chaque perte, à chaque échec, le couple faisait planter un plant de rosiers dans le jardin de Square Grimmaurd pour ne pas oublier pour que ces vies avortées, arrachées contre leurs grès ne demeurent avec eux.

Ces pauvres petits.

Pauvre d'elle, aussi.

Elle se rendormit sans plus de cérémonie et étonnamment sans le moindre cauchemar en rapport avec ce qu'elle avait ruminé auparavant.


«Il paraît que le petit farceur fait encore des siennes, Wally ?» demanda Alphard alors qu'il s'installait.

Il s'était adossé contre le mur droit de la pièce, à proximité de son lit car elle avait émis un son de désapprobation pendant que ce dernier s'évertuait à faire les cents pas, comme anxieux et frustré, puisque ce cirque avait duré plus d'un quart d'heure.

- Oui : un petit insolent, répondit-elle en passant une main sur son ventre, souriante. »

Elle s'était réveillé très tôt ce matin là, avec un mal de dos déchirant mais elle ne s'était pas plainte plus que nécessaire, qui plus est qu'Orion dormait à point fermé et que rien n'aurait pu le réveiller. Elle avait fait appelé leurs elfe de maison Kreattur pour qu'il lui apporte quelques décoction contre la douleur afin qu'elle ne soit soulagée. Elle avait finir par décembre au grand salon où un feu de cheminée crépitait, un thé fumant et des petits gâteaux sur un petit meuble l'attendaient : preuve de l'attention zélée du serviteur. Mais ces piques de douleurs se manifestait toujours - quoi qu'atténués par la potion anti-douleurs - à des intervalles plutôt réguliers et de ce qu'elle pouvait en juger toujours plus rapprochés. Cela demeurait supportable, en dehors de cette gêne en bas du dos.

Lorsque son père l'avait trouvé au petit matin, il avait ordonné de rester alité aujourd'hui. Bien entendu, elle avait manifesté un très grand mécontentement puisque son beau-père – Arcturus – devait recevoir son Ordre de Merlin Première Classe l'après-midi même. Mais son père, outre être le propriétaire de Square Grimmaurd, demeurait avant tout le chef de famille et rien ni personne ne s'opposait à la décision du roi des Black, pas même sa propre Dauphine.

« A chacun ses problèmes... Je me suis disputé avec Mary ce matin. Elle m'a même chassé de chez elle vois-tu. »

Mary-Ann Bones.

La nouvelle bévue d'Alphard. Une sorcière de presque rien qu'il fréquentait depuis bientôt deux ans. Quand son frère l'avait mentionné pour la première fois, elle avait eu le vif sentiment que cette parvenue qui s'était glissée entre Alphard et elle serait présente dans leurs sillages pour quelques temps. Elle avait donc effectué quelques recherches sur l'arbre Bones et avait fini par trouvé une racine pourrie remontant a l'une de ses générations: un sang-mêlé. Cela avait condamné cette dinde à ne jamais pouvoir espéré accéder au titre d'épouse Black. Elle ne fut même jamais autorisé à mettre le pied dans la demeure familiale, pas plus qu'elle ne l'était chez d'autres sangs-purs puisque la nouvelle s'était répandue comme une traînée de poudre.

Leurs père tolérait qu'il badine avec elle pour son bon plaisir, mais tous savait combien il était réfractaire à l'idée que son dernier fils – qui avait toutes les opportunités possibles de faire un mariage digne et avantageux – ne mélange son sang à cette péronnelle qui avait un soupçon de sang impur en elle. Si Alphard venait à le braver... Pollux le déshériterait, peut-être même le provoquerait-il en duel afin de le tuer lui-même pour cette trahison. Walburga ne souhaitait pas perdre son frère pour qui elle avait une vive affection, et une possessivité extrême, mais elle aurait agrée à l'attitude de son père afin de laver leurs affront. Leurs sang quasi royal ne pouvait être fourvoyé, amoindri, sali par des sympathisants de la race moldue eussent-ils une once d'étincelle magique ou non.

« Qu'as-tu donc fait à cette pauvre mijaurée pour en arriver à ce point, très cher ? Prononça-t-elle sans la moindre empathie, juste pour faire la conversation elle se souciait de Bones encore moins que des conditions de vie de Kreattur. C'était cocasse, avoir plus de sollicitude pour un esclave que pour ce que le sens commun considérait – lui - comme étant presque son égal.

- Tante Belvina a toujours écrit des pamphlets à son propos, contre son ascendance soit-disant moldue. C'est du non sens ! Le concerné était un beau-frère de son arrière-grand-mère. Elle n'est pas touché directement, et quand bien même le serait-elle : ce ne serait pas une infamie pour autant. C'est une sorcière, une excellente sorcière pas une moldue rencontrée près de BigBen de qui je me serais amouraché comme par enchantement !

- Tu aurais du t'y attendre. Je t'avais conseillé de ne pas t'afficher avec, tu as attiré l'attention. Tu sais combien tante Belvina est... tu lui as offert de quoi se nourrir en période de disette. Elle n'avait pas fais de reproches depuis les naissances des filles de Cygnus à la place de l'héritier providence que tous escomptaient.

Il balayait rageusement d'un revers de main l'espace devant lui, comme s'il comptait chasser des mouches et poursuivit :

- Si ce n'était que cela, Wally ! Nous étions chez Florian Fortarôme a déguster un sorbet au citron... Les Crabbe qui étaient assis à la table voisine se sont levés et ont quitté l'endroit. Non pas parce qu'ils avaient fini leurs glaces mais bel et bien parce que je suis arrivée avec Mary-Ann a mon bras.

Walburga eut un rire léger et piqua doucereuse avec une voix particulièrement mielleuse :

- Dois-je te rappeler que le vieux Crabbe t'a proposé la main de sa cadette durant un bal il y a moins d'un mois et que tu as humilié cette pauvre fille sous prétexte qu'elle n'était pas assez fine... « et ce dans tous les sens du terme » pour te citer ? Ne sois pas surpris qu'ils soient offusqués, insultés que tu aies refusé une fille au sang-pur pour t'acoquiner avec de la vermine !

Alphard lui jeta un œil noir, sa main semblait trembler de rage.

- Le temps n'altérera en rien les origines douteuses de son arbre. Nous sommes le haut du panier Alphard, tu ne devrais pas frayer avec des déchets ni permettre que ces mêmes ordures puissent être associés à notre si noble nom... N'éprouves-tu donc pas de honte à ce que l'on murmure sur nous ?

Elle ne lui laissa même pas le loisir de pouvoir poursuivre, tandis qu'elle avait tout le loisir de regarder le rouge lui monter aux joues comme lorsqu'ils étaient enfants et qu'il subissait les remontrances de leurs père.

- Tu n'espères quand même pas te lier, te marier à cet immondice ? »

Un silence lourd de sens plana dans la pièce. C'était donc cela... Qui ne dit mot consent...

Elle ne le permettrait pas.

Elle ne le permettrait pas...

Elle ne le permettrait pas ! Jamais !

« Je te défends de salir notre sang et d'attirer la honte, la déchéance sur nous. As-tu oublié qui nous sommes, Alphard ? Quasi Régent et tu voudrais nous imposer ton débris, pire que ne serait un roturier?! As-tu perdu l'esprit ? Jamais ! Jamais ! Je te tuerai de mes mains s'il le faut, mais notre branche n'aura pas à subir un rebut tel que cette Bones !

Elle le vit se crisper davantage, comme lorsqu'il était furieux, ses yeux d'un bleu si clair habituellement s'assombrissait... le beau temps laissait place à une tempête des plus orageuse. Il s'avança doucement, dangereusement du lit. Mais Wally ne se démontait pas non, elle était déjà bien trop bercer par la haine, la colère.

- Sais-tu ce qui se passera si tu persistes dans cette idée que de t'encombrer de cette rognure ?! Tu seras supprimer de l'arbre, de la tapisserie, de nos vies ! De ma vie ! De celle de mon enfant à naître ! De celle de Cygnus ! De celle de ses trois Grâces ! Valons nous donc si peu pour que tu nous préfères cette raclure ?! »

Plus aucun son ne put sortir de sa bouche par la suite puisque sa gorge était violemment enserrée par les mains de son cadet, fermes, décidées. Il semblait être dans un état second alors que son regard fou paraissait se perdre au cœur de ses propres prunelles. Elle sentit tout le poids de son frère lui comprimer la trachée et l'air commençait à lui manquer.

Puis ce fut flou.

Et noir.


Lorsqu'elle rouvrit difficilement les yeux, sa tête lui tourna quelque peu et elle se sentit nauséeuse. Et les deux silhouettes à son chevet se précisèrent. Il y avait Cygnus... quand et comment était-il arrivé ici ? Bien entendu, Alphard était toujours là. L'un avec le regard affolé, et l'autre avec les yeux coupables puisqu'il semblait revenu à la réalité.

« Wally, tu vas bien ? Tu es pâle, Merlin ! »

Alphard lui avait-il dit ce qu'il avait fait ? Devait-elle faire acte de délation et provoquer une bagarre entre ses deux frères, comme elle le faisait jadis. Attisant leurs jalousies, de qui serait le préféré de leurs si précieuse Wally ? La vérité était qu'elle avait toujours aimé qu'ils aient leurs iris figées sur elle, qu'ils n'accordent de crédit qu'à elle. Envers ses frères, elle avait toujours eu un sentiment de possession, ils étaient à elle autant qu'elle était à eux... le reste du monde pouvait bien s'écrouler que cela lui aurait peu importé tant qu'ils se seraient tenus tous les trois ensemble. Elle avait cultiver son ascendant sur ses frères durant son enfance, puis son adolescence... cela n'avait jamais cessé en fait.

La chose n'avait pas été difficile lorsqu'ils étaient bambins puisque leurs mères étaient très souvent absente, et prenait un soin à ne pas s'impliquer dans leurs éducations plus que nécessaire. Leurs mères n'avait jamais eu grand caractère, aussi devait-il être difficile de s'imposer face à ce monstre de charisme qu'était Pollux Black. Son rôle d'aîné lui avait été grandement utile pour asseoir son autorité alors qu'ils étaient encore à l'école et donc en interaction avec bien d'autres jeunes sorciers certains plus talentueux qu'elle, même si elle abhorrait à le reconnaître. Elle avait perdu de la poigne sur leurs lestes lorsqu'ils étaient devenus de jeunes adultes, où chacun s'était axé sur un chemin légèrement différent des autres.

Mais encore aujourd'hui, elle avait du pouvoir sur eux. Elle était parvenu à pousser Alphard à bout, après tout.

Sa gorge lui faisait mal, mais elle mourrait plutôt que de l'avouer. Ce serait accorder trop de crédit à ce que son cadet avait fait. Ce dernier qui la regardait avec faute, alors que Cygnus le fixait l'air accusateur. Alphard se jeta au pied du lit à baldaquin dans lequel elle trônait. Il se cramponna aux couvertures et l'implora en baissant les yeux :

« Pardonnes moi Wally, je t'en prie. Je ne voulais pas, je ne sais pas ce qui m'a pris. »

- Un peu que tu peux ramper pour lui demander l'absolution, et plus encore... Tu aurais pu la tuer, et que dire du bébé, sombre idiot ! Quand père saura cela, il t'étranglera de ses propres mains et ne loupera pas son coup, lui.»

Ainsi Alphard le lui avait raconté en détail toute l'histoire. Cygnus réagissait toujours au quart de tour quand il s'agissait d'elle. Du plus loin qu'elle se souvienne, il avait toujours été dans ses jupons à lui vouer une adoration sans limite.

Fidèle et doux Cygnus...

« Cela restera entre nous trois, les garçons.

- Me pardonnes-tu, Wally ? demanda désespéré Alphard.

- Il ne tient qu'à toi de la gagner, cette grâce, Alphard.

- Comment ? Dis moi, je ferai ce qu'il faut !

- Prêtes donc serment. Un serment inviolable. »

Il attendit quelques secondes, comme pour s'assurer qu'elle ne plaisantait pas. Il jeta une œillade à Cygnus qui lui rendit un regard signifiant qu'il devait au moins cela à sa sœur pour s'être attaquer à elle alors qu'elle était alitée, en couche. Ses yeux dérivèrent vers la femme, dont les prunelles avaient un peu rougi face au choc de la confrontation physique.

« Très bien, renonça-t-il. Cygnus, sois notre enchaîneur. »

Elle tendit sa main à Alphard, il se saisit de son blanc et fin poignet. Elle fit de même. Cygnus sorti sa baguette et une lueur verte s'en dégagea pour se propager vers les membres de sa fratrie. Fière, Walbugra énonça les clauses du contrat :

« Alphard Black, t'engages-tu à ne pas mêler ton noble sang et engendrer une quelconque infamie - en enfant - avec Mary-Ann Bones ou tout autre sang-mêlé ou moldue ?

- Je m'y engage.

- Si tant est que tu te maries, ne te lieras-tu par mariage qu'avec une jeune femme issus de bonne famille, et dont le sang sera aussi pur que le tiens ?

- Je m'y engage.

- Si ces deux conditions ne sont respectées, en paieras-tu le prix de ta vie ?

- Je m'y engage.

Le sort était à présent scellé. Elle avait vaincu. Elle l'avait vaincue. Cette dinde de Bones. Et cette folle idée d'Alphard. S'il ne rentrait pas dans le chemin de la raison, au moins ne se précipiterait-il pas dans les abysses et n'entraînerait-il pas la famille dans sa chute.

Sans plus lui accorder de regard, il se dégagea de sa prise et se dirigea vers la porte. Sans se tourner il déclara :

« Vous pourrez annoncer à père que son plus jeune fils ne se mariera jamais, qu'il restera célibataire jusqu'à sa mort, et vivra dans le péché avec sa maîtresse. Je ne renonce pas à vous, mais je ne renoncerai pas à elle non plus. »

Il partit, et ils surent qu'ils n'allaient pas le revoir avant quelques temps.


Cygnus et Walburga restèrent dans la pièce sans rien se dire, méditant sur ce qu'il s'était passé. Elle se crispa face à une douleur qu'elle n'avait pas encore subi jusque là. Se doutant de ce qu'il venait de se passer et inquiet de nature pour elle comme il l'était, il se rua dans le couloir pour que l'on fasse appeler un médicomage.

Le bébé avait-il un problème ? Ou souhaitait-il tout simplement sortir ?


Elle avait été la grande vainqueur, conquérante sur toute la ligne.

Elle avait donné un fils à la famille et tous la couronnaient de louanges. La nature lui avait offert un garçon qui était robuste d'après la médicomage. Elle avait sauvé son plus jeune frère de lui-même.

Alors pourquoi avait-elle le sentiment qu'elle avait perdu Alphard, et que plus rien ne serait jamais comme avant ?


J'espère sincèrement que le chapitre vous a plu et qu'il a pu montrer à quel point toutes les horreurs déblatérées par Walburga lui semble "normales" et donc dans quel environnement a grandi Sirius. Dans la dépréciation constante des moldus et sang-mêlés alors qu'à côté de cela Alphard vit un véritable amour avec quelqu'un qui n'est pas jugé digne de lui. C'est ce paradoxe au sein de cette famille aux idéaux bien huilés qui a été l'élément déclencheur de son intérêt pour les moldus, et de son sens critique envers les principes de pureté du sang qui lui ont été enseigné toute son enfance.

Enfin, vous lirez cela de prochaines fois!

A très vite pour le troisième et dernier chapitre de cette fic courte :)