Bonjour à tous et à toutes,

Encore une fois, merci pour tous les retours que j'ai eu, que ce soit en review ou bien en mails privés.

La Rubrique des Réponses Aux Courriers des Lecteurs:

Grohendlaine
Merci énormément pour cette nouvelle review qui m'a fait immensément plaisir. Que ce soit ton ressenti ou bien ton compliment sur la manière dont le tout a été rédigé. J'étais moi-même parfois horrifiée de ce que disait Walburga, car cela lui semble être des broutilles mais que plutôt que se modérer elle ne cessait d'insister. Non pas pour pour être méchante avec Mary-Ann car elle s'en soucie comme de son premier balais mais bel et bien pour blesser Alphard en le rabaissant par le biais de la jeune femme. Car tu sais, il est un je-m'en-foutiste, mon Alphard. Je suis heureuse de t'avoir surprise, puis contentée. Et j'espère que tu ne seras pas déçue par ce dernier chapitre.

-Fan
Je ne saurais te dire à quel point ton commentaire m'a touché, fait plaisir. Tu arrives parfaitement à cerner ce que j'ai voulu faire par le biais de cette courte fiction. Un énorme merci!

Pat'D'Amande
Ravie que tu aies apprécier les deux premiers chapitre et que ma version de ces Black, leurs relations soit celle que tu recherchais. Merci encore pour ton message :)

Nous voici donc arrivé au troisième et dernier chapitre de cette mini-fic. J'espère vraiment que vous l'apprécierez autant si ce n'est plus que les deux autres.

Bonne lecture!


1976 – La Distance

Il avait tellement chaud en cet instant, alors qu'il était frigorifié il y avait moins d'une heure. C'était à n'y rien comprendre... Sa tête lui tournait mais il était encore parfaitement capable d'entendre des bribes de la conversation qui se déroulait dans le couloir, même si la porte demeurait close.

« Je ne crains, Miss Bones, qu'il ne passera pas la nuit vu son état fiévreux et délirant. Nous avons administré toutes les potions dont nous disposions, tous les philtres en notre possession...

- Mais vous aviez dit que ce n'était qu'un coup de froid... Quelque chose de bénin ! Qu'il se remettrait rapidement et pourrait de nouveau aller poursuivre le souaffle !

- C'est un apprenti médicomage qui avait effectué un premier diagnostique, erroné semble-t-il... Et nous en sommes navrés, Miss. Vous nous avez recontacté aussi vite que possible puisque aucune amélioration ne se manifestait, mais il était déjà trop tard. La Fièvre d'Esponeas doit être traitée immédiatement pour être annihilée. »

Un silence plana, connaissant Mary-Ann sans doute devait-elle déjà verser quelques larmes, cette touchante sensiblerie féminine avait toujours été une des choses qu'il avait le plus affectionné chez elle.


Ainsi donc, il allait mourir... à quarante-six ans.

Un mince sourire se dessina difficilement sur son visage en repensant qu'il avait bien vécu. Selon la plupart de ses convictions et il n'avait presque aucun regret si ce n'était abandonné sa ''petite femme'' comme il se plaisait à l'appeler. Il ne lui laisserait que des souvenirs à chérir, ne lui ayant donné aucun enfant... à y réfléchir il aurait du insister et la pousser à accepter il y avait quelques années l'idée d'adopter. Elle ne se serait pas retrouvée seule, du moins si vite.


Ce qu'il pouvait faire froid. L'elfe devrait allumer la cheminée, par Merlin...


Il pouvait comme sentir qu'une main fine, douce et fraîche se posait sur son front. Quand était-elle revenue ? Sa présence le réconfortait et il se senti moins groggy dès l'instant où elle s'installa sur le bord du lit et lui agrippa la main. Si fort. Avait-elle peur qu'il ne s'en aille déjà ? Ou peut-être craignait-elle, elle, de tomber de désespoir.

« Alphard ? Il faut que je te dise quelque chose, mon chéri... entendit-il.

- Je sais ma douce. Je ne serai bientôt plus là. »


Il avait terriblement chaud, il se sentait même suffoqué. Il devait transpirer à grosse goutte puisque la sensation humide dans le creux de son dos n'en finissait pas.

La canicule du mois d'Août était une infamie sans nom.


Une poigne se resserra sur sa paume. Il senti un doux parfum de jasmin. Ses yeux étaient clos mais il n'avait pas besoin de voir pour deviner l'expression présente sur le visage de Mary-Ann. Ses sourcils devaient être froncés et son front plissé avec une mine partagée entre la colère, l'impuissance et une infinie tristesse. Ce visage qu'il avait si souvent vu, dont il était parfois le seul responsable : quand on la dédaignait sur leurs passage alors qu'ils se promenaient au Chemin de Traverse, lorsqu'ils croisaient des membres de sa famille qui s'évertuaient à l'ignorer purement et simplement, au moment où il lui avait annoncé qu'il n'y aurait ni mariage ni enfant. Il l'avait condamné à sa seule et unique compagnie en quelques sortes. Eux qui avaient tant voulu et désiré avoir une famille nombreuse, une maison pleine de vie et regorgeant de bambins courant et riant aux éclats...

Il aurait pu la quitter quand Wally lui avait lancé un ultimatum. Il aurait du la quitter. Il lui aurait laissé une chance. Elle aurait sans doute éprouvé beaucoup de chagrin mais elle s'en serait remise, aurait pu refaire sa vie... la chose était encore concevable à son âge, si tant était qu'elle en éprouverait l'envie. Il aurait du la laisser s'envoler loin de lui pour son propre bien, et le siens aussi, mais il n'avait pas voulu.


L'odeur de la terre après la pluie, il aimait cette fragrance. Il sentit aussi l'effluve si significative du sapin.

Noël approchait... Druella accouchera-t-elle de son second enfant pour la nativité ?


Il était un égoïste, il l'avait toujours été.

Sans doute de la fratrie dont il était issu, il était le pire des enfants. Le petit dernier, ce qui déjà le rendait encore plus chéri et gâté que les deux autres. Le plus couvé s'il se rappelait combien il était entouré d'attention, surtout de sa sœur. Lorsqu'il faisait une bêtise, jamais il ne voulait l'assumer : cette lâcheté qui le caractérisait tant était déjà vive même en bas âge. Toujours il comptait faire accuser Cygnus, chaque fois Wally se dénonçait et en payait le prix. Combien de coups de baguettes sur les doigts avait-elle reçu en guise de châtiment ? Combien de temps avait-elle été cloîtrée dans sa chambre en guise d'exemple ?

Mais jamais son frère et sa sœur ne s'en était plaint. Il semblait que cela était dans l'ordre des choses. Ce n'était que passé la fin de l'adolescence et le début de leurs vies d'adultes qu'il avait eu le droit à des remontrances.

Cygnus l'accusait de briser la vie et la réputation de toutes jeunes femmes en les flattant, charmant, séduisant et acceptant ce qu'elles étaient prêtes à lui offrir : leurs vertus. Mais c'est qu'elle l'avait bien voulu, et cherché. Si tu frayais et couchais avec de nombreuses femmes alors que tu étais un homme l'on disait que tu étais un Casanova. Si tu étais une femme, tu n'étais qu'une catin, une traînée de la pire espèce... c'était ainsi que fonctionnait le monde, la société sorcière. Tous en avait conscience. Pour preuve : Walbugra le savait bien, sans doute était-ce la raison pour laquelle elle avait serré les cuisses si longtemps et avait consenti à ne les ouvrir que le soir de ses noces à son époux.

Sa sœur ne lui avait jamais reproché que Mary-Ann. Elle n'avait jamais aimé voir d'autres femmes qu'elle autour de lui, mais ne disait trop rien car elle savait qu'il ne s'agissait que de passades. Il était quelqu'un qui se lassait vite de tout, de tout le monde. Mais lorsque Miss Bones était entrée dans sa vie, avec cette petite lueur qui la plaçait tout au dessus du panier de ses conquêtes, l'attitude de Wally s'était faite plus offensive, plus agressive. Elle avait toujours ressenti de la jalousie, de la possessivité à l'encontre de ses cadets, une impression d'appartenance telle une enfant qui avait quelques précieux jouets dans sa chambres et qu'elle ne souhait partager. Ce désaccord était allé très loin, il avait bien cru l'avoir tué ce jour là et il se souvient combien pris de panique il était hâté de beugler dans la cheminée à Cygnus de venir l'aider.

Il s'en était longtemps senti coupable.

Puis moins.

Il avait failli la tuer, mais elle n'avait-elle pas anéanti toute chance de prospérité pour lui ? Avec une femme dont il était réellement épris.

Mais il les aimait, Wally et Cygnus.

Et Wally et Cygnus l'aimaient, lui.

Ils ne se le disaient jamais, mais ce sont des choses qui se vivent plus qu'elles ne se formulent.


Il était tombé de son balais à l'entraînement de Quiddich comme un demeuré.

Ses membres lui faisait mal, il serra les draps de l'infirmerie aussi fort que possible. Il ne flancherait pas, il ne crierai pas. Il était un Black, après tout, pas une vulgaire chochotte.

« Chanteras-tu pour moi ? Lorsque l'heure de mon dernier sommeil viendra ?

- Si tu me le demandais, je consentirai même à danser. Juste pour toi. »

Un sourire s'étira alors qu'il se remémorait des jeux sensuels qui avaient souvent alimenté leurs sexualité, afin de susciter plus de charme et d'envie à leurs étreintes. Il connaissait par cœur les courbes de sa compagne, les traits de son visage pour les avoir si attentivement observé durant des années. Amateur d'arts, il en avait fait des esquisses au fusain, s'était parfois lancé dans la réalisation d'aquarelle. Mais la chose dont il demeurait la plus fière était la salle des statues où étaient exposés toutes les représentations en pierre de Mary-Ann. Elle affectionnait s'y cacher parfois, par amusement, et lui n'avait d'objectif que de la débusquer pour lui rappeler combien elle était vivante et à quel point sa peau était tiède contrairement à ses jumelles de marbre.

« N'as-tu pas honte de me tenter de la sorte alors que je suis dans un tel état ? Vile créature... »

Il senti un légère pression sur ses lèvres. Mary-Ann lui avait déposé un chaste baiser sur ses lèvres, empreint de douceur, de tendresse et d'innocence. Il le lui rappela le premier qu'elle lui avait offert alors qu'ils étaient à Fleury et Botts un aprés-midi en plein hiver. C'était durant les fêtes de Noël et ils s'étaient trouvé tous les deux sous du gui. Ils ne s'étaient jamais adressé la parole avant ce moment là. Il ne l'avait même jamais vu en société. Il avait apprécié cette audace, faire ce dont on avait envie et ce lorsque l'on avait envie.

« Comme nous nous sommes bien aimés, Mary.

- Et combien nous nous aimons maintenant encore...

- Je t'ai souvent causer du tracas.

- Oui, j'ai cru devenir devenir chèvre, concéda-t-elle avec un sourire taquin.

- Vraiment ?

- Au point que l'on aurait pu m'extirper un bézoard de la gorge. »

Ils rirent. Il avait toujours apprécié ces petits traits d'humour qu'elle avait, et ce sans le vouloir. Contrairement à son frère Edgar qui avait toujours des anecdotes amusantes à raconter, Mary-Ann n'était pas bien douée pour faire rire une assemblée. Mais parfois, elle brillait par ses traits d'esprits et de remarques anodines parvenait à susciter le rire autour d'elle.


Il n'avait pas envie de se lever ce matin, Kreattur n'aurait qu'a lui emmener à manger au lit.

Wally sera jalouse qu'il ait se privilège.

Cygnus, lui, s'en fichera.

Demie-victoire.

Mais victoire quand même.


« Je n'ai pas été si dur à vire, tout de même.

- Tu es un homme: tu es tyrannique de nature... Tu m'as obligé à vivre pendant une décennie dans des pièces vertes et rouges alors que je n'ai de goûts que pour le bleu et le blanc !

- Tu ne vas donc pas geindre pour quelques teintes et quelques meubles.

- Je suis terriblement frileuse. Et malgré tout, tu t'évertues à faire ôter tous les paravents que je place devant les fenêtres pour me préserver des courants d'air !

- Qu'y puis-je si ta petite nature perturbe la symétrie des pièces...

- Je mourrai donc transie de froid, mais en symétrie, mon chéri. »

Surtout pas non. Il y avait encore tant de choses qu'elle pourrait faire, expérimenter.

« Je te souhaite de vivre le plus longtemps possible. Je serai heureux et en paix si tu franchissais le cap des cent ans.

- Je n'en suis pas même à la moitié, Alphard. Ne sois pas trop présomptueux.

- La vie sera longue.

- Pas par les temps qui courent... Edgar a bien failli mourir l'autre jour, lors d'une rixe de rue avec des Mangemorts. Magda est encore plus terrorisée qu'avant maintenant, surtout pour les enfants.

- Ton frère devrait quitter le pays avec sa famille avant que cela ne tourne mal. Et Amélia ne devrait pas revendiquer trop son opinion au Ministère non plus, elle n'ira pas loin au Département de la Justice Magique si elle continue. »

La montée d'un groupuscule fanatique de la pureté du sang avait commencé vers les années cinquante, La Gazette du Sorcier en parlait déjà lorsque Bella apprenait à marcher. Beaucoup d'anciennes familles s'étaient rassemblées autour d'un sorcier dont le nom ne devait être prononcé, il se faisait appeler le Seigneur des Ténèbres. Une centaine de membres actifs de ce qu'il avait entendu dire, et tout autant de sympathisants. Les Black, en accord avec la suprématie des sangs-purs adhéraient à de tels idéaux mais ils n'étaient pas partisans pour autant : jamais du sang quasi royal ne courberait l'échine devant un parvenu dont on ne savait rien et à qui personne n'avait jamais osé demander des comptes. Il pouvait très bien être un sang-mêlé et même un enfant né de moldu, Merlin seul le savait !

Alphard pensait bien que Bella fricotaient plus que nécessaire avec ces Mangemorts, surtout depuis qu'elle avait épousé l'aîné Lestranges qui était toujours flanqué de son cadet dans les pattes il était de notoriété publique que le petit Rabastan excellait dans les Arts Noirs. En ce qui concernait l'angeline Cissy, il n'y avait pas trop de souci à se faire : il faudrait tuer Cygnus pour que sa fille soit réduite à la servitude mais rien n'était moins sûr pour son influençable fiancé : Lucius Malfoy. Le jeune Regulus serait sans doute happé par les ténèbres, pour se distinguer de Sirius qui avait abandonné l'austérité familiale pour s'exposer au soleil et vivre comme il l'entendait.

« Mary, promets moi que dés l'instant où je serai en terre : tu quitteras le pays.

- Allons, Alphard... ce n'est pas comme si j'étais une née-moldu directe.

- Ton frère est connu pour être membre de l'Ordre du Phénix. Ta sœur s'expose farouchement et surtout publiquement aux actes Mangemorts. Et tu es connue de la société sang-pur pour en avoir détourné l'un de ses plus charmant étalon.

- Nous sommes tous plus ou moins tordus, c'est de famille...

- Promets moi, Mary. »

Elle soupira fortement mais consenti en un geste de tête, l'air vaincue. Elle lui tenait bien plus tête en temps habituels, mais elle ne devait pas vouloir que leurs derniers instants ensembles soient alimentés par des disputes.


La fièvre était de nouveau très haute, si forte qu'il en avait des spasmes. Elle avait tenté de lui faire avaler des potions afin d'atténuer ces effets mais rien n'y faisait. Pas même des baumes de soin qu' utilisait Mary-Ann lorsqu'elle était anxieuse puisque cela lui procurait des tremblements au niveau des mains.


« Je dois prendre des dispositions, écriras-tu ce que je te dicterai ? »

Elle opina tandis qu'elle s'approcha du petit secrétaire où elle s'était tellement penchée afin d'entretenir les nombreuses correspondances qu'elle menait avec la famille et ses amis. Elle attrapa des petits rouleaux de parchemins, une belle plume d'oie et un encrier. Elle se muni aussi d'un appui et retourna à sa place initiale, près de lui.

« A l'Étude de Notariat Magique situé 86 Chemin de Traverse, au Notariomage Hibiscus Perkins. Je te fais confiance pour la broderie de politesses et tout ce patras d'en-tête, Mary. »

Ainsi commença-t-il à dicter tandis que sa dame écrivait à sa suite :

« Moi, Alphard Black, actuellement sur mon lit de mort, souhaite faire valoir mes dernières volontés testamentaires. Je déclare être sain d'esprit et conscient de mes dires à l'heure où je rédige cette missive. La moitié de la fortune estimée dans mon coffre de Gringotts est léguée à mon neveu Sirius Black troisième du nom ce dernier n'étant pas majeur, je souhaite que la somme qu'il héritera de moi soit placée dans le coffre 711 et bloquée jusque ses dix-sept ans afin qu'il puisse en disposer à sa guise sans que ses parents n'aient accès à cet héritage. »

Alors qu'elle finissait de prendre note, Mary-Ann se permit une remarque :

« Je ne suis pas certaine que cette décision soit saluée par ta famille... Sirius vit chez les Potter actuellement, et il semblerait que ta sœur l'ait supprimé de votre fameuse tapisserie, non ?

- Parfaitement, et je crois que pour lui apporter mon soutien, je vais en être élagué moi aussi. Mais il faut faire ce qui est juste : comme lorsque Andy a fuit avec son moldu, ils lui ont coupé les vivres. Je l'ai aidée à cette époque bien que personne n'en ait jamais rien su, il est naturel que Sirius soit traité avec équité.

Elle acquiesça et releva la tête de manière à savoir s'il y avait autre chose à rajouter.

- Que soit versée à ma nièce Andromeda Tonks née Black une partie de l'autre moitié de cet argent. La dernière sera attribuée à sa fille Nymphadora, ses parents seront libres de gérer cet héritage jusqu'à sa majorité puisqu'elle n'a que trois ans. A ma compagne Mary-Ann Bones, je laisse tous mes biens immobiliers et placements en bourse sorcière. Elle demeure libre d'en disposer comme elle souhaite.

Elle cessa d'écrire et sans doute devait-elle froncer les sourcils de réprobation. Elle n'avait jamais eu d'attrait pour l'argent, du moins pour sa profusion. De tous les bijoux qui lui avait offert, elle avait fini par s'en débarrasser de la plupart pour utiliser faire dons à une multitude d'œuvres de charités. Elle n'avait gardé que « ceux qui comptent vraiment » soit une bague - dont il portait la jumelle – qui aurait du être son alliance et quelques boucles d'oreilles car elle avait toujours aimé rehausser sa coiffure de ce genre de coquetteries.

- Que soit transmis à ma famille que mon affection à leurs égard n'a d'égal que le mépris que j'ai pour leurs idéaux, ce faisant je les exhorte de me bannir de l'arbre familial, ma sœur Walburga y veillera.

Elle lui lança un regard accusateur, comme lorsque l'on fixait un enfant en faute, il lui rit au nez:

- Un dernier petit scandale, mon ange...»

Wally serait furieuse, elle qui avait tout fait pour ne pas en arriver à ce point, elle perdrait la face et le duel engagé quelques années plus tôt. Sans doute que Cygnus serait plus discret voir amusé de ce retournement de situation, et jamais le qualificatif qu'il utilisait pour désigner Alphard à savoir « ce bel esprit libre » ne serait aussi véridique.

« Veux-tu écrire à tes parents, ou à ton frère et ta sœur ? Au moins pour nuancer ce que tu as dit... Ils en seront déjà très peinés.

- Pas pour le moment, et laisses les donc de côté. Ils te crachent dessus depuis des années et le feront encore bien après mon départ, ils ne méritent pas ta sympathie. »

Douce Mary-Ann, trop de gentillesse et de loyauté. Pouffsouffle jusqu'au bout. La famille modeste dont elle venait mais aussi une association maritale d'un lointain parent à un moldu suscitèrent des critiques injurieuses et même ordurières d'une sphère sociale dans laquelle elle n'était pas la bienvenue dés le départ. Pourtant, Mary-Ann était cultivée, élégante, raffinée en demeurant simple. Et elle se montrait d'une constante bienveillance, même envers ceux qui n'aurait même pas du avoir le droit à de la sollicitude de ta part, comme les Black qui l'avaient tant indifférée et insultée.


Wally était si belle et droite dans sa robe de mariée.

Tout en simplicité, élégance, pour une fois elle n'avait pas été extravagante. Seuls ses bijoux étaient tape à l'oeil.

De magnifique pierres noires.

« Pour faire honneur aux Black », lui avait-elle murmuré à l'oreille alors qu'ils étaient venus l'admirer avant la cérémonie avec Cygnus.


« Que fais-tu, Mary? Viens m'enlacer. Il fait froid sans toi. »

Mais personne ne vînt.


Il s'était pris une sacrée rouste... Tant par Mulciber que par son père.

Cela faisait deux jours et il avait encore mal au dos, son œil au beurre noir ne s'estompait toujours pas. Tout ça parce qu'il l'avait un peu cogné « à la moldu »... Le forfait aurait-il été moins grave s'il avait utilisé sa baguette ?

Ce n'était pas de sa faute si cet abruti avait voulu compter fleurette à Wally, et qu'il s'était ouvertement moqué puisqu'il s'y était pris comme un sagouin. L'adolescent en visite chez eux s'était ensuite jeté sur lui. Oh, Cygnus avait vengé sa chair et son sang en transformant le nez de l'ennemi en trompe d'éléphant. Le pauvre garçon n'avait pas pu s'en défaire pendant une après-midi entière.

Père avait salué l'agilité de son frère en métamorphose. Mulciber avait moins apprécié cette assiduité.

Il avait donné à Cygnus une sacrée rouste ensuite !

Et Wally l'éconduisit. A Jamais.

Cygnus et Alphard avait eu un sourire entendu à cette grande nouvelle.


Il n'avait jamais été le plus oppressé de la fratrie par leurs parents. Il était juste le dernier remplaçant, l'ultime assurance que si les deux premiers enfants venaient à faillir ou mourir : il y en aurait eu un pour les remplacer et perpétuer la lignée. Ce faisant son éducation avait été plus laxiste, plus oisive...

Il n'avait jamais eu trop besoin de reconnaissance, étant le petit dernier il baignait dans les attentions, contrairement à Wally et Cygnus qui trimaient pour obtenir un regard. Avaient-ils été jaloux ? Sans doute.

Il n'avait jamais été celui que l'on contraignait à faire quoi que ce soit. Sauf ce fameux jours du 13 février 1960 où Wally lui avait faire le serment inviolable. Il avait réussi l'exploit de demeurer en bon terme avec sa famille, tout en menant sa relation avec Mary-Ann de front. Bien qu'il eut mis beaucoup de jus de citrouille dans son Hydromel.

Il n'avait jamais eu d'enfants. Mais ses nièces et ses neveux se comportaient naturellement avec lui, leurs permettant de ne plus être des adolescents enfermés dans le carcan des Black mais bel et bien les jeunes Bellatrix, Andromeda, Narcissa, Sirius et Regulus. Il y avait une proximité entre lui et ces gamins, que jamais leurs parents n'auraient avec eux. Pour preuve, lorsque deux d'entre eux s'étaient enfuis, qui fut le premier informé ? Lui. Et vers qui s'étaient tournés Andromeda et Sirius pour recevoir du soutien ? Lui.


Il avait le dernier des trois à être né, et serai le premier des trois à mourir. Ce sont les meilleurs qui partent les premiers, disait un adage moldu.

Il ne serait pas celui qui resterai, et qui pleurerait. Mais celui que l'on regrettera, que l'on pleurera, que l'on haïra mais que l'on chérira encore envers et contre tout.

Rien que pour cela, ne pouvait-on pas dire qu'il avait gagné la course à la vie en les distançant de très loin ?


Nous y voilà, c'est la fin de cette mini-fic.

J'espère que ce dernier chapitre ne vous aura pas déçu, qui plus est après le rythme qu'il y avait dans le second notamment de par sa "confrontation musclée". Je croise aussi les doigts pour que vous n'ayez pas été trop perdu entre le présent, les souvenirs, les moments qu'Alphard semble revivre en raison de ses délires dus à la fièvre, etc. Le fait que ce soit si décousu était intentionnel mais ce fut tout de même assez déstabilisant à écrire, donc à lire...

Juste une petite précision concernant Mary-Ann... Elle a tenu la promesse qu'elle avait faite à Alphard et a quitté le pays quelques semaines après son décès pour aller s'installer en Louisiane, de l'autre côté de l'Atlantique. Elle n'est revenu en Angleterre que deux fois: en 1985 pour l'enterrement de son frère Edgard et toute sa famille (femme, enfants, les Mangemorts les ont tous assassinés) ; puis en 1998 à l'occasion de la Grande Veillée aux Victimes des Premières et Secondes Guerres Sorcière afin de pleurer sa soeur Amélia (qui fut tuée lors de la chute du Ministère entre les mains de Voldemort). Historienne et sociologue, elle rédigea de nombreux ouvrages portant sur les idéologies du Sang et sur le bienfondé du Mélange des Ascendances pour la pérennité de la Communauté Sorcière. Elle vécu jusqu'en 2030 et parvint à atteindre l'âge de 103 ans.

Quoi qu'il en soit, merci de vous êtes penchés sur cette petite histoire et d'être arrivé jusque la fin.

Bien entendu, vos commentaires seront les bienvenues :)