Disclaimer :Les personnages ne m'appartiennent pas, ils viennent de la série Queer as folk.
Rating :M
Pairing :Brian/Justin
Note de l'auteur : Bonjour à tous, voici le deuxième chapitre. N'oubliez pas, il faut oublier les couples originaux et beaucoup de liens familiaux. Les métiers, c'est pareil.
Halleluya est de Jeff Buckley et All of me de John Legend.
« Tu ne m'avais pas dit que ton prof était une bombasse » Justin rangeait les jouets étalés sur le tapis du salon, dans un coffre en bois adossé au Bow window.
« Bah, tu sais, je fais pas vraiment attention à ce genre de chose » Répliqua Lindsay qui finissait de sécher les enfants tout juste sortis du bain.
« Menteuse ! un mec comme ça, c'est inratable » Se moquait le jeune homme.
« Pour toi Trésor ! Moi je suis bien au-dessus de ça » Répondit la jeune fille d'un ton théâtral !
« C'est ça ! Joue à l'immaculée conception mais, pas à moi ma belle ! Ça marche pas... Ah, au fait, Ted a appelé, il a dit qu'il arriverait pour Thanksgiving. Il me fait rire, Ted. Qu'est-ce qu'un anglais peut bien avoir à foutre de Thanksgiving ? » Poursuivit-il en aidant Lin à passer le pyjama des enfants.
« Autant que nous Justin... On est pas non plus américains, faut-il te le rappeler ? » Lin fronçait les sourcils, d'un air un peu contrarié.
« Hé ma belle, t'inquiète tout va bien. Regarde, on a un appart génial, on vit confortablement, je peux composer, j'ai un club où me produire, tu fais de brillantes études, et les petits sont en pleine forme ! Que veux-tu de plus Lilie ? »
Ce qu'elle voulait ? Retrouver l'insouciance de leur enfance, la légèreté que l'on devrait avoir à 20 ans. La désinvolture des jeunes de son âge qui ne se souciaient que d'eux mêmes et de leurs envies. Mais de ça, aujourd'hui il n'en était plus question. Elle regarda en souriant les 2 petites têtes blondes qui sagement, mangeaient leur purée de légumes sous la surveillance de Justin qui semblait si à l'aise, qu'à le voir ainsi jouer son rôle avec gravité, elle en oubliait un peu ses petites frustrations.
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D'habitude, Brian rentrait de ses virées nocturnes la tête et le corps vidés de toute tension. Il n'avait pas honte de ces escapades qu'il ne considérait pas comme une trahison envers Melanie. Pour lui, tout cela n'était que du sexe facile, mécanique et sans conséquence. Le fait que cela se passe avec des hommes ne lui posait aucune question existentielle. Brian ne se sentait pas gay, il n'avait jamais rien ressenti pour ces garçons interchangeables, ces ombres de la nuit sans nom et sans visage. Après tout, bon nombre de ses collègues se payaient des call girl, plus ou moins onéreuses pour évacuer leur stress, et bien lui, ça ne lui coûtait rien au Boy's room, pensât-il en souriant ! Il suffisait qu'il franchisse la porte du hall luxueux de son immeuble pour que tout rentre dans l'ordre. Mais ce soir, tandis qu'il rangeait son manteau dans la penderie, il savait déjà que rien ne serait plus comme avant...
« Brian, chéri, te voilà enfin. Alors cette garde à vue ? La caution était élevée ? » Melanie entourait de ses bras fins la taille de son mari, levant son joli visage vers celui qu'elle aimait tant.
Brian sentait qu'il commençait déjà à emprunter le long chemin des mensonges et que s'il ne se ressaisissait pas, ce ne serait que le début. Tout cela ne lui ressemblait pas ! Il soupira en marmonnant une réponse trouvée vite fait et se dirigea vers la chambre de son fils pour l'embrasser.
« Fais doucement, Gus dort enfin. J'ai eu du mal à le calmer. Tu sais, quand il y a du monde comme ça, il est tout excité »
L'enfant enfoui sous ses couvertures, entoura dans un demi sommeil la nuque de son père qui déposa sur son front un léger baiser.
Aller prendre une douche, laver son corps de toute odeur qui n'appartenait pas à son monde lisse et feutré. Et surtout dormir, dormir pour chasser de sa mémoire, le visage d'ange blond qui ne cessait de lui sourire. Demain, oui, demain, il aurait tout oublié et la vie reprendrait comme avant !
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Justin aimait le silence qui s'emparait de la maison quand tout ne devenait qu'ombre. Il se recroquevillait alors sur le canapé de velours vert, qui sentait encore le parfum Orange /Cannelle que les petits avaient renversé le jour de leur arrivée à New York. Le jeune homme ferma les yeux entourant ses genoux de ses bras. I peine quelques mois, qu'auraient-ils fait sans Theodor Schmidt ? Lilie, les jumeaux et lui n'auraient été que 4 moineaux perdus. Il en avait conscience. Quelques fois, il se sentait coupable de les avoir entraînés dans cet exil. Mais ce sentiment passait très vite, laissant place à la certitude d'avoir agi au mieux et quand il voyait Lilie si brillante, les petits si sereins avec Debbie, quand il pensait à la chaleur qu'ils avaient trouvé ici, il oubliait le poids de son âme si jeune, mais déjà si lourde.
Théodor avait tout organisé pour eux, trouvé l'appart, les meubles, organisé le moindre détail et ils n'avaient plus eu qu'à poser leurs maigres bagages. Leur ange gardien s'appelait Ted. Le jeune garçon adorait cet homme calme et sensé. Un jour, c'est certain, il lui demanderait s'il pouvait l'appeler « papa ». Justin se réjouissait d'avance de sa prochaine visite, parce qu'il savait que pendant les quelques jours que cet homme passerait avec eux, il se sentirait en totale sécurité.
« Viens te coucher Justin, il est tard. Demain, tu sais qu'on doit aller répéter à l'église pour le concert ? Quelque chose ne va pas chéri ? » Lindsay caressait la joue du jeune homme, essayant de capter son regard.
« Lilie, tu m'en veux ? » Les yeux de Justin s'embuaient malgré lui.
« Bien sûr que non, je ne t'en veux pas, ne dis pas de bêtises. Allez, viens on va faire une bataille de pieds »
Et elle l'entraina dans la chambre. Ils se réfugièrent sous une couette épaisse qui laissa vite échapper de petits cris sourds d'enfants qui jouent à se battre avant que le sommeil ne gagne leurs 2 corps enlacés.
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La communauté Suédoise de New York s'enorgeuillait d'un centre culturel dans le quartier de Brockport où se réunissaient les fidèles tous les dimanches, pour chanter dans le temple de la fondation. C'est Lindsay qui avait insisté pour participer à ces petites réunions. Elle disait que d'entendre sa langue maternelle lui faisait du bien. Justin se contentait de l'accompagner en trainant un peu la patte, mais ma foi, il y avait là-bas deux ou trois garçons très baisables prêts à distraire ses dimanches matins ! Justin n'irait sans doute pas au paradis, mais au moins, les quelques minutes passées aux toilettes avec ses serviables compatriotes, étaient très loin de ressembler à l'enfer !
Le dernier biscuit à la cannelle avalé, ils rentraient tous les deux, bras dessus bras dessous, pour se précipiter dans la cuisine de Debbie pour déguster l'incontournable Brunch du dimanche matin.
Lindsay adorait ces rituels, ils la rassuraient. Elle retrouvait les enfants attablés devant des salades de fruits et du chocolat chaud, barbouillés de marmelade. Emmet aux fourneaux, empilait dans un ballet sans fin des pancakes dorés sur un plat de faïence. Ses bras virevoltaient comme des papillons agiles, faisant sauter les petites crêpes dans un joyeux babil qui hypnotisait les petits lutins blonds.
« Regardez mes anges, Tatie Emmet peut en faire sauter deux en même temps ! »
« Ça, on en doute pas une seule seconde » Répliqua Débbie !
« Maman… Je parle de pancakes là. S'il te plait, évite ce genre d'allusion devant les enfants » S'offusqua le jeune homme !
Emmet Grassi vivait à l'entresol de la maison jaune où habitait depuis toujours sa mère qui était propriétaire de son appartement, ainsi que de celui de son fils adoré !
Le jeune homme était coiffeur, mais il préférait dire « visagiste » parce que ça faisait plus chic. A ceux qui, d'un ton méprisant, le traitaient de garçon coiffeur, il répliquait d'un air doctoral : « Je suis visagiste, et le visagiste est au coiffeur, ce que le paysagiste est au jardinier »
Emmet était un chouette garçon, totalement gay, totalement assumé, totalement débridé, mais c'est ce qui faisait tout son charme. Sa mère l'aimait tel qu'il était et peut-être plus fort encore, que si son fils avait été un solide joueur de hockey hétéro ! Le garçon s'était immédiatement pris d'une profonde affection pour la famille Petersen, et ce, dès qu'ils avaient emménagé. Lui qui avait toujours regretté d'être fils unique avait d'un seul coup trouvé 4 petits frères et sœurs et cela rendait sa vie encore plus belle qu'elle ne l'était !
« Justin, Trésor, Michael est passé tout à l'heure, il t'a laissé 10 messages sur ton répondeur et chouine que tu ne l'ais pas rappelé » Déclara Emmet tout en servant les jeunes gens.
« Mmm, je sais pourquoi il me harcèle, j'irai pas faire sa tournée dans le Texas ! Non mais franchement le Texas ! Qu'est-ce que j'irai foutre là bas ? Je joue pas de la country ! »
« Il en pince pour toi, chéri, ton manager ! Y a que toi pour faire semblant de pas le voir... » Répliqua Emmet en lui passant la main dans les cheveux.
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Michael Novotny avait la trentaine et cet air de post adolescent que certains garçons trainent comme un regret de leur enfance lointaine. Son éternel uniforme sweet/jeans/baskets sur le dos, il ressemblait à un vieil étudiant en littérature. Il ne lui manquait plus que les lunettes et le sac en bandoulière ! Son paquet de Donuts à la main, il grimpa quatre à quatre les marches qui le menaient tout droit au 3ème étage porte gauche de l'appartement de Debbie Grassi.
« Bonjour tout le monde, j'ai apporté les donuts ! » Déclara-t-il dans un large sourire.
Debbie lui fit signe de s'asseoir et lui servit un café.
« Justin, tu n'as pas eu mes messages ? » Lança-t-il au jeune homme. Il ne voulait pas se montrer agressif ou impatient, mais tout de même, après tout le mal qu'il se donnait pour faire décoller la carrière de son protégé, celui-ci pourrait au moins se donner la peine de répondre à ses appels... Mais non, la désinvolture du garçon décontenançait le manager, et le pire, c'est qu'il n'arrivait pas à se mettre en colère. Il se contentait de froncer les sourcils en direction du jeune blond, mais dès que celui-ci posait son regard lagon sur lui… Michael fondait.
« Michael, j'ai pas envie de la faire ta tournée chez les bouseux. Je ne comprends même pas que tu ais pu m'engager dans ce truc ! Tu me vois chanter mon répertoire à des cow boys en goguette, le genre, bar à bière avec un taureau mécanique dans le fond de la salle ? Non franchement, si c'est tout ce que tu as trouvé, je préfère rester dans mon club ! Au moins là, mon public ne risque pas de me tirer dessus à coup de winchester ! »
« Tu exagères Justin, les concerts auront lieu dans la salle de spectacle du Marriot à Houston, et à l'intercontinental de Dallas, 8 petites dates, c'est pas une tournée Tzigane. »
« 8 concerts, ça veut dire 15 jours absent, et qui va s'occuper de Lilie et des enfants ? »
« Moi ! » Déclara Debbie qui, vu le regard de tueur que lui lança Justin, comprit que une fois de plus, elle aurait mieux fait de se taire...
Emmet avait raison, Michael était amoureux de Justin, de ces amours refoulés et silencieux qui rendent jaloux et possessif sans avoir aucun droit sur l'objet de leur passion ! C'était ainsi, Michael avait beau tout faire pour se rendre visible aux yeux du jeune homme, il restait transparent. Il serrait les mâchoires quand après les concerts, son protégé embarquait avec lui un fan conquis d'avance, jamais le même, et jamais 2 fois de suite, telle était la règle !
Car Justin Petersen avait bien 2 visages. Celui d'un chef de famille attentif, prévenant, toujours souriant et serviable avec son clan et l'autre... Celui de l'ange au regard de feu, dont le corps servait de piège à tous ceux qui rêvaient de le posséder ! Et Justin Petersen n'était pas du genre à se laisser dominer, personne ne le contrôlait, il décidait seul où, quand et comment. Et il n'y avait qu'une seule règle du jeu qui comptait à ses yeux : la sienne !
Il aimait sa vie de Docteur Jeckill et Mister Hyde, comme disait Lindsay en soupirant.
Il aimait le club « Moon River » dans lequel il se produisait 4 soirs par semaine. Il acceptait les concerts privés tant qu'ils ne le faisaient pas sortir de New York. Il lui était même arrivé d'aller jouer chez un sénateur où il en avait d'ailleurs tiré un paquet de fric qui avait servi à payer l'inscription des enfants dans cette école privée hors de prix qu'il fréquenteraient l'an prochain.
Alors non, trois fois non, il n'irait pas « faire le con » au Texas. Il attendait maintenant avec impatience l'arrivée de Ted, qui leur donnerait l'état de leurs finances !
« Fais pas cette tête Michael, j'ai dit oui pour animer ta soirée ''syndicat de la magistrature'' et pourtant, l'acoustique de la salle est pourrie ! Tu vois, je fais des efforts » Le corps du jeune homme frôlât le dos du manager en passant derrière sa chaise, il émanait de celui-ci un léger parfum d'agrumes, un frisson parcouru l'échine de Michael, qui se racla la gorge pour avaler sa salive.
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Brian avait toujours détesté les dimanches, leur langueurs, ce côté provincial que prenaient même les mégapoles comme New York. Il ne foutait jamais les pieds dans les églises, sauf quand mariages et enterrements le lui imposaient. Il était parfaitement athée et ne croyait en rien d'autre qu'en lui-même ! Et encore, quelquefois, il lui arrivait de ne plus se comprendre... Toute son énergie avait été tournée avec détermination dans une seule direction : réussir sa vie professionnelle, avoir de l'argent, ne se priver de rien, être reconnu et apprécié. C'était chose faite à présent et de sa terrasse ensoleillée, en cette fin de journée d'automne, il contemplait la ville avec une seule question en tête : « Où était Justin Petersen ? Que faisait-il à cette heure ? Se souvenait-il de lui ? » Il avait hâte que la semaine reprenne avec les dossiers, les plaidoiries, les cours, il passerait vite à autre chose, il s'en persuadait !
Les cours ! Il se mordait la lèvre en pensant à Lindsay Petersen. D'où venait ce sentiment de gêne qu'il éprouvait brusquement ? Il n'avait rien fait, ni rien dit d'inconvenant ! Il avait simplement franchi les limites de la vie privée d'une jeune fille qui ne l'y avait pas invité. Il n'allait tout de même pas se mettre à avoir peur d'une étudiante !
« Brian ? Tu as réfléchi pour les vacances de Noël ? Ça serait bien, tu sais, qu'on puisse faire un break d'une semaine, histoire de se retrouver un peu tous les trois » Sans le savoir, Melanie venait de lui remette les pieds sur terre.
« Oui, je vois ça demain, promis. Un séjour au ski dans le Vermont, ça ira ? » Répondit-il.
« Ce que tu veux chéri, pourvu qu'on quitte la ville avec Gus et qu'on soit ensemble » Souffla-t-elle en posant un baiser sur ses lèvres.
Mélanie Marcus avait rencontré Brian Kinney alors qu'il était encore étudiant en dernière année et qu'elle venait d'entrer dans son premier cabinet d'avocats. Ce garçon ambitieux à l'intelligence aigüe lui avait tout de suite plu ! Oh bien sûr, leur histoire n'avait rien de la grande romance avec violons et tapis de roses, mais leur mariage fonctionnait bien. Ils étaient tous les deux très pragmatiques et menaient leur couple comme on mène une affaire ! Rondement, efficacement, sans cris et claquements de porte. Ce n'était pas la passion, mais un amour solide et raisonnable, et cela convenait à ces deux bourreaux de travail. La naissance de leur fils il y a trois ans avait cimenté leurs liens et ils pouvaient dire qu'ils étaient heureux.
Melanie s'était spécialisé dans les divorces conflictuels des couples qui s'entretuaient après s'être adorés ! Alors les flammes de la passion, merci bien, trop peu pour elle. Elle préférait le fleuve tranquille de son mariage avec Brian, aux torrents de larmes que ses pauvres clientes déversaient dans son cabinet. Alors oui, quelque fois, il lui arrivait de s'inquiéter du voile qui passait dans les yeux de son mari. Ces courts instants où elle sentait bien qu'il n'était plus vraiment présent avec eux, mais bien dans un autre monde dont elle ignorait les couleurs et les contours. Mais ma foi, tout le monde avait droit à sa part secrète ! Et Melanie fonctionnait ainsi, il lui fallait toujours un objectif, un but à atteindre, et le dernier en date c'était les vacances de Noël ! Elle relâcha son étreinte pour libérer la taille de son homme et déclara :
« Rentrons, il se fait frais. Je fais une salade et on se regarde un DVD, demain on a école ! » Sourit-elle.
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« Bonjour Monsieur Kinney, vous avez passé un bon week end ? »
« Oui, merci Cynthia, et vous ? »
« Super, Nantucket est magnifique en cette saison, ça fait un bien fou » Répliqua la jeune femme.
« Je vois ça, vous avez une mine splendide, prête pour une dure semaine de labeur ! » Répondit Brian d'un air moqueur.
Cynthia adorait son patron, travailler avec lui était un vrai plaisir ! Exigeant mais juste, elle ne l'avait jamais vu hausser le ton contre elle, ni avoir de ces exigences insensées qu'ont les grands avocats qui se comportent souvent comme de véritables despotes envers leurs collaborateurs. Non vraiment, elle se trouvait bien chanceuse.
« Qu'y a-t-il de spécial cette semaine ? » Demanda-t-il en prenant le café que la jeune femme lui tendait.
« Demain, la soirée du club des avocats de New York, 20h Hampton Hall, tenue de gala ! » Répondit-elle.
Holly shit, ça lui était totalement sorti de la tête. Était-il vraiment obligé d'y aller ? Mélanie ne lui avait pas reparlé de ce pinces fesses hier soir. Si elle n'y allait pas, il n'irait pas non plus, voilà qui était décidé ! Laisser un texto à sa femme, et voir sa réponse ! Et affaire classée !
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« Justin, dépêche-toi, les techniciens vont pas t'attendre quinze ans, on a rendez-vous à dix heures, je te le rappelle » Michael était planté devant la porte de la salle de bain, attendant que le jeune homme daigne en sortir !
« C'est bon, deux minutes ! Y a que toi pour avoir des idées pareilles, des rendez-vous aux aurores un lundi matin ! » Justin sortait enfin de la douche, attrapant au passage une serviette. Des petites gouttes d'eau glissaient encore de sa nuque jusqu'au creux de ses reins et Michael se mordit la joue pour ne pas pousser un soupir.
« Habille-toi Justin s'il te plait » La voix du manager était devenue rauque et cette demande ressemblait à une supplique.
Dire qu'il ne le faisait pas exprès aurait été mentir, Justin savait très bien l'effet qu'il faisait sur Michael. Il s'en amusait, jouait comme un chat avec une souris dans une sorte de cruauté teintée d'innocence ! Jugeant que le calvaire de son mentor avait assez duré, il attrapa un boxer qu'il enfila sans trop se presser, puis, disparut dans la chambre pour revenir quelques secondes après, enfin habillé, les cheveux encore humides d'où exhalait un léger parfum citronné, qui fit un peu tourner la tête du manager.
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La grande salle de spectacle d'Hampton Hall se composait d'une scène au plancher de bois, flanquée d'un rideau de velours rouge sombre, très « old fashion » qui tranchait avec le décor très urbain de l'espace de réception où les tables étaient déjà dressées pour la soirée qui aurait lieu le lendemain.
Justin discutait avec les techniciens, cherchant en vain le moyen d'améliorer l'acoustique des lieux. Il se désespérait de trouver une solution acceptable, mais après tout, il allait chanter devant une bande d'avocats qui seraient sans doute plus absorbés par leurs assiettes et leurs anecdotes sur leurs affaires en cours que par son répertoire. Et puis au moins, le piano était correctement accordé, c'était toujours ça. L'intérêt de ces soirées résidait dans le fait que c'était très bien payé, que l'on pouvait manger de délicieuses petites choses fournies par de prestigieux traiteurs et souvent présentées par des serveurs très à l'écoute de vos désirs !
Alors oui, l'acoustique était pourrie, le futur public probablement infect de prétention et impoli, mais quelle importance !
« Allez, Michael, on s'arrache, on a fait le tour. Je dois être là dès 20 h ? » Demanda le jeune homme au responsable de la salle.
« Non, il va y avoir les discours, les remises de prix, soyez là pour 21 h, c'est bien suffisant, vous n'avez pas besoin de 3 heures pour vous préparer ! » Répondit l'homme en lui tendant la main.
« Entendu, à demain ! » Et Justin traina derrière lui son manager.
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Melanie se demandait si elle devait porter cette robe extravagante, achetée l'année dernière pour le réveillon du sénateur Thomson, ou si elle optait pour son tailleur Saint Laurent, qu'elle agrémenterait d'un gros bijou pour le rendre plus féminin...
« Brian, qu'est-ce que tu en penses ? » Allongé sur le lit, les yeux clos, Brian n'en pensait rien du tout, il avait espéré que Melanie qui se sentait si fatiguée ces dernières semaines, lui demanderait de prévenir le cercle qu'ils n'assisteraient pas à cette soirée. C'était raté ! Et il était de très mauvaise humeur, ce qui se traduisait chez lui par un mutisme glacial !
« Brian ! Tu dors ? » La jeune femme passa sa main sur le front de son mari.
« Le tailleur, ce sera parfait, la robe fait trop sophistiquée » Déclara-t-il en se levant.
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Les grands lustres de la salle d'honneur d'Hampton Hall reflétaient mille diamants de lumière faisant apparaitre les femmes plus resplendissantes que leurs parures. Les hommes qui les accompagnaient ressemblaient à de précieux pingouins au dress code invariable et aux conversations feutrées en ce début de soirée. Elles le seraient nettement moins 3 heures plus tard, l'alcool et le champagne aidant !
Indéniablement, Brian Kinney sortait du lot. Il y avait en lui quelque chose de sauvage, d'un peu rebelle, qui ne cadrait pas avec les us et coutumes de la communauté WASP de la cote Est.
Cet air un peu insolent, arrogant sarcastique, qui désarçonnait toujours ses interlocuteurs, les hommes le craignaient, les femmes l'adulaient ! Ce soir, il allait recevoir le prix de la plus belle plaidoirie de l'année. Le combat de sa petite femme de chambre Philippine contre un client d'un Palace avait fait de lui la coqueluche des médias. Et tandis qu'il montait sur la scène pour recevoir son prix, Justin Petersen, dans les coulisses, observait cet homme élégant au corps de liane, sa bouche, son regard, son air étrange quand ses yeux s'étaient posés sur lui ! Cet homme l'attirait et l'intriguait. Et comme Justin ne croyait guère au hasard, il se disait que sans doute, il n'avait pas fini de croiser son chemin. Cette pensée le fit sourire et sans savoir pourquoi, lui fit du bien !
Les discours se succédaient, mortels d'ennui. Justin mangeait à présent des toasts au foie gras, puis des petits canapés au saumon, accompagnés d'une coupe de champagne. Assis sur les marches des coulisses, il attendait que le maitre de cérémonie de la soirée le présente pour commencer son récital. Il avait prévu quelques grands standards pour commencer, tant que le repas n'était pas terminé, ensuite, il proposerait une ou deux de ses compositions.
« A présent, je cède la place à la musique, bonne fin de diner à tous ! » Déclara l'homme devant l'assistance.
Putain, ce con n'avait même pas été foutu de le présenter ! Justin attrapa par le bras le jeune serveur.
« Oublie pas mon dessert tout à l'heure ! » Et il lui mordit légèrement la lèvre, avant de monter sur scène.
Justin salua en s'inclinant légèrement pour la forme. Il savait bien qu'il ne servait que de fond sonore et que rares seraient ceux qui lui prêteraient la moindre attention. Mais ce soir là, il se trompait. Les mains au dessus des touches, le jeune homme inspira doucement puis...
Well I've heard there was a secret chord
That David played and it pleased the Lord
But you don't really care for music, do you?
Well it goes like this:
The fourth, the fifth, the minor fall and the major lift
The baffled king composing Hallelujah
Hallelujah
Hallelujah
Brian releva la tête, et brusquement son visage se figea, sa gorge se noua. Lui, c'était Lui. Ses cheveux éclairés par les projecteurs produisaient comme un halo de lumière, une sorte d'auréole pour un ange, se prit-il à penser, avant de se ressaisir ! Bordel, mais que lui arrivait-il ? Brian essaya de se concentrer sur son assiette et sur la conversation entamée avec son voisin de table, l'affable Scott MacLane, éminent juriste spécialisé dans la défense des intérêts des compagnies pétrolières. Mais ce pauvre homme avait beau faire, il ne faisait pas le poids face à Justin Petersen ! Cette soirée n'en finissait pas, on en était à peine au café. Justin entamait sa dernière chanson :
'Cause all of me
Loves all of you
Love your curves and all your edges
All your perfect imperfections
Give your all to me
I'll give my all to you
You're my end and my beginning
Even when I lose I'm winning
Cause I give you all of me
And you give me all of you,
Il attendit un instant avant de saluer la salle, puis se précipita dans les coulisses... Où était passé ce putain de serveur ! Il lui devait son dessert !
OoO
« Ça ne va pas chéri ? Tu n'as pas l'air bien, tu veux qu'on rentre ? » Melanie, passait la main sur la joue de Brian.
« Je ne sais pas, j'ai mal à la tête, tu peux rester un peu si tu veux, je vais rentrer en taxi » Répondit-il.
« Non, chéri, je rentre avec toi, tu es tout pâle »
Brian prit congés de ses compagnons de table s'excusant de sa sortie prématurée, puis, dans le hall, fit signe à Mélanie de l'attendre quelques instants, il allait se passer de l'eau sur la figure avant de prendre le volant.
Il se perdit un peu dans les couloirs, avant de trouver les toilettes. L'eau fraiche lui fit du bien, il en versa dans le creux de sa main pour la faire couler sur sa nuque et son cou. C'est en se dirigeant vers la sortie qu'il distingua dans l'obscurité des coulisses la masse claire des cheveux blond du jeune musicien. Brian se figea, l'homme que Justin tenait fermement par les reins râlait de plaisir sous ses assauts. La scène avait quelque chose d'animal et de sauvage. Justin les yeux fermés, concentré sur son propre plaisir, ne prêtait guère attention à son partenaire d'un soir, n'entendant pas ses appels à y aller plus doucement ! Lentement Justin rouvrit les yeux un instant, juste le temps de croiser le regard de Brian... Les deux hommes se regardèrent fixement comme hypnotisés l'un par l'autre pendant un long moment, en fait jusqu'à ce que Justin délivre son plaisir dans le cul du serveur qui laissa échapper un cri qui se finit dans souffle. Et Justin Petersen décrocha un large sourire d'enfant sage à Monsieur Brian Kinney.
A suivre...
