Disclaimer :Les personnages ne m'appartiennent pas, ils viennent de la série Queer as folk.

Rating :M

Pairing :Brian/Justin

Note de l'auteur : Bonjour à tous, voici le deuxième chapitre. N'oubliez pas, il faut oublier les couples originaux et beaucoup de liens familiaux. Les métiers, c'est pareil. La chanson est de Yodelice.

Se sauver comme des voleurs juste après le concert paraissait inconcevable, et peu diplomatique. Lilie partait toujours très vite une fois le show terminé pour rejoindre les enfants laissés en garde à Debbie. Justin prit donc une grande inspiration et se dirigea vers le bar du River Moon où se tenait adossé, un verre à la main, Monsieur Gold Junior.

« Intéressant ! J'aime bien l'ambiance de tes chansons, mais si tu veux mon avis, la fille ne sert à rien » Attaqua Ethan. Il avait cet air un peu présomptueux qu'ont les jeunes gens riches, qui ont fait leurs études ''entre soi'' et qui pensent que en dehors de leur caste, il n'est point de discussion possible d'égal à égal.

« Lilie, elle s'appelle Lilie » Lui répondit Justin les poings déjà serrés dans les poches de son pantalon.

« Peu importe, tu sais, j'envisage de repenser totalement l'ambiance de ce club. Il faut rajeunir tout ça, les vieux standards des années cinquante, les récitals à papa, c'est dépassé, je recherche des talents frais, pour attirer les jeunes, tu vois ce que je veux dire ? »

Oui, Justin voyait très bien, et surtout, il voyait très clairement son billet de retour pour Londres s'agiter devant ses yeux. Sans réponse de la part de son interlocuteur, Ethan poursuivit :

« Pour toi, je voudrais bien que tu me fasses un show privé. Disons, demain après midi dans mon bureau ? Ça te tente ? » A vrai dire, ça ne ressemblait pas du tout à une question, Justin le savait bien. Comme il savait également que le fameux show privé dont il était question ne porterait pas sur ses talents d'auteur compositeur interprète.

Le jeune artiste n'était certes pas un ange de vertu, mais il avait toujours choisi qui il voulait, quand il voulait et où il voulait ! Et une chose était certaine, il n'envisageait rien de sexuel possible entre lui et son nouveau patron ! Il n'avait jamais prêté son cul à personne, ce n'était pas pour le vendre au jeune Gold pour une carte verte ! Alors, dans un souffle il déclara : « Vous connaissez mon répertoire, il est sur cette clé USB, je vous la laisse, vous aurez une idée » Et il planta son interlocuteur, sans attendre sa réplique.

Bien sur, il savait qu'il avait juste gagné un peu de temps, mais pour l'heure, respirer l'air frais de la rue suffisait encore pour oublier le regard de serpent de celui qui tenait sa vie entre ses mains.

OoO

Brian Kinney refermait le dossier Philip Carter versus James Trivalto. Quelle heure était-il déjà ? Mon Dieu, cette affaire lui bouffait décidément trop d'énergie. La presse s'étant emparée de l'affaire, il passait déjà beaucoup trop de temps en interviews et son client, difficile à gérer, devait sans cesse être recadré.

« Monsieur Carter, pour la dernière fois, je vous demande de ne plus répondre à la presse, je ne veux plus voir ce genre d'article » Déclara-t-il d'un ton ferme en jetant sur son bureau, un magazine sur lequel apparaissait en couverture le titre en gras « Nouveau scandale sexuel pour James Trivalto, son ancien secrétaire parle, tous les détails en page 10 ». Il regarda fixement son client qui visiblement, n'avait pas l'air de comprendre la gravité de la situation.

« Monsieur Trivalto, je ne veux plus que vous adressiez un seul mot à la presse, suis-je clair ? »

La vérité, il la connaissait, son client avait certainement touché un bon paquet de dollars pour se répandre en récits croustillants sur sa vie avec l'acteur ! Et avec ça, il fallait que Brian se débrouille pour rendre l'affaire crédible aux yeux des juges...

Il conclut le rendez-vous en assenant :

« Encore une connerie de ce genre et vous vous trouverez un autre avocat ! »

Il ne prit même pas la peine de raccompagner son client et ferma les yeux quelques instants.

« Brian ? Tu es libre vendredi ? Ça fait longtemps que nous ne sommes pas allés se taper un bon steak ensemble toi et moi » Lui lança son associé en s'asseyant sur son bureau.

« Karl, tu sais parler aux hommes toi... Des siècles que je n'ai pas mangé de la viande rouge.» Lui répondit Brian plein de gratitude.

« C'est entendu alors, on se fera une bonne tournée entre hommes, une pinte, de la viande et pourquoi pas finir dans un club écouter de la bonne musique ? »

Pourquoi pas oui, Carl était plus qu'un associé, c'était un ami. Il était certes bien plus âgé que lui. La cinquantaine débonnaire, un petit bidon de sportif de fauteuil mais il avait toujours été de bons conseils et avait souvent aidé Brian à y voir plus clair, quand quelques fois, il doutait dans son travail comme dans sa vie privée.

Carl était veuf, depuis plusieurs années à présent et il s'était fait à cette nouvelle vie de célibataire, aux matchs de hockey l'hiver devant sa télé, aux quelques sorties au club des anciens de sa promo. Mais sa solitude lui pesait quelques fois et ses quelques sorties avec Brian lui donnaient un peu de baume au cœur.

Le départ de sa fille unique pour Philadelphie juste après son mariage avait laissé à Carl Horvat une soif de paternalisme qu'il comblait un peu en donnant à Brian les quelques conseils qu'il acceptait de recevoir. Il avait entendu parler d'un club où l'on jouait de bon vieux standard : le Moon river. Ça serait amusant d'aller y faire un tour vendredi soir, ça changerait des éternels pubs et leurs tournois de fléchettes ! Amusant… En effet…

OoO

L'effervescence était à son comble chez les Petersen car l'on s'apprêtait à recevoir Teodor Schmidt, conseiller en patrimoine notaire et ami de la famille depuis que le monde existait !

« Justin s'il te plait, change de pantalon ! » Lin observait le jeune homme d'un air réprobateur, ce qui ne semblait pas le perturber outre mesure.

« Lilie, détends toi, Ted m'a vu naître, on reçoit pas Queen Mum ! » La désinvolture du jeune homme laissait toujours Lindsay perplexe, comme si entre eux, il y aurait toujours ce fossé invisible qui les rendait si différents. Elle sourit en se disant que bien des gens n'arriveraient pas à vivre ensemble aussi facilement qu'eux le faisaient !

« la chambre est prête, la table est dressée, j'ai fait de la place dans la penderie et acheté des chaussons de feutre. Tout est parfait » Déclara la jeune fille .Justin attrapa sa guitare,

« Closed my door, forgot my key
Missed my bus in the pouring rain
It's been the usual sunday with a flu
And I just can't get over you

Lindsay enchaina alors :

Burnt my toast and lost your number
Cut my finger, spilled my beer
It's been the usual sunday with a flu
And I just can't get over you

I put your stockings in my purple boots
What if I don't get over you ? »

Ils n'eurent pas le temps de finir… L'ouragan Debbie déboulait dans l'appartement, avec à sa suite, Monsieur Teodor Schmidt, costume impeccablement coupé sous un manteau sombre, petite valise à roulettes au bout de son bras gauche, sacoche dans la main droite.

« Mes chéris, je n'ai pas voulu laisser ce pauvre monsieur sécher sur pieds ! Vous n'entendez pas votre sonnette ? » Debbie s'excusait de cette intrusion bien maladroitement car la vérité, c'est qu'elle brulait de curiosité. Qui était donc cet élégant British qui venait passer une semaine avec ses petits protégés ?

« Ted, je vous présente Deborah Grassi, notre voisine et amie, Deb, je vous présente Téodor Schmidt, notre Notaire » Déclara d'un ton exagérément solennel Justin.

« Oh, un Notaire, voyez-vous cela. C'est la première fois que j'en vois un de si près » Minauda la matrone en faisant une sorte de révérence comique.

Puis, légèrement vexée de constater que personne ne lui proposait de rester quelques instants, elle conclut en se dirigeant vers le palier : « Bien, je suppose qu'un Notaire doit avoir des choses très importantes à vous dire. A demain alors... »

« A demain Debbie » Répondit Lindsay en lui passant la main dans le dos, avant de refermer la porte.

Elle se retourna alors vivement, et sauta dans les bras de son invité.

« Doucement, doucement demoiselle, tu vas m'étouffer » Teodor faisait mine de subir un assaut mais avait bien lestement refermé ses bras autours de la taille de jeune fille.

« Tu restes ! Tu restes pour toujours avec nous, c'est décidé ! » Déclara-t-elle avec un air buté de petite fille.

« Bien sûr et que fais-je de ma famille ? De Jennifer ? De Molly ? » Répliqua son prisonnier en souriant.

« Tu les emmènes, tu te trouves une maison et voilà... » Répliqua-t-elle en lâchant sa proie.

« Justin, approche, tu as maigri il me semble ? Non ? » Demandait Teodor en serrant le jeune homme contre lui. Il pouvait sentir le cœur de Justin battre contre sa poitrine, passa la main sur ses cotes...

« Garçon, quelle genre de vie mènes-tu ? » Il crut voir le jeune homme rougir et brusquement, cette bonne vieille culpabilité refit surface. Il avait promis, promis qu'il veillerait sur la tribu Petersen, promis devant ce lit blanc d'hôpital, promis sur cette tombe fleurie de roses… Un voile passa devant ses yeux. Il le chassa d'un sourire.

Teodor était un homme de devoir et de cœur, curieux croisement entre le moine soldat et le bon vieux notaire de province. Il avait des principes qu'il accommodait souvent au gré des événements qui se présentaient à lui. La fuite des Pétersen faisait partie de ces petits arrangements avec sa morale ! Mais tout de même, il se reprochait parfois d'avoir eu la faiblesse de céder si vite, de ne pas avoir su trouver les mots justes qui auraient empêché les jeunes gens de se lancer dans cet exil qui les menait tout droit dans une impasse. Complice à présent, il était bel et bien complice et il n'y avait plus de place pour des états d'âme !

Le repas terminé et les enfants déjà couchés, il s'installa devant la table ronde du salon, et posa devant lui un dossier bleu.

« Bien, je propose que nous fassions le point maintenant » Déclara-t-il en faisant signe à ses hôtes de s'assoir.

« Oui, débarrassons nous de la paperasse » Répondit Justin.

« Vous avez simplement à me renouveler vos procurations, signer tous les 2 les documents suivants, ce sont les comptes rendus de l'assemblée générale de la SCI »

Justin et Lindsay s'exécutèrent sans même lire les documents qui défilaient sous leurs mains, c'était inutile.

« Votre patrimoine étant réparti en 4 parts, voici l'état des avoirs des petits, vous signez aussi en bas, tous les 2 »

« Ted, tu es allé au cimetière ? » La question prit de court le Notaire.

« Oui, Lilie, tout est parfait. Les fleurs sont changées toutes les semaines et Mila avait un paquet de fans qui viennent porter leurs petits bouquets. La tombe est magnifique, tiens, regarde, j'ai pris des photos avant de partir » L'homme tendait son portable à la jeune fille. Elle le saisit doucement, on aurait dit qu'elle caressait une relique tandis que son doigt faisait défiler les images sur l'écran.

« Regarde Justin ! C'est beau, ça lui ressemble tellement » Le jeune homme était serré contre elle, les genoux repliés sur le canapés. Ils ressemblaient collés ainsi l'un contre l'autre à des oiseaux tombés du nid et Teodor sentit une larme s'échapper de sa paupière.

« Allez, demain vous me faites visiter la ville ! Je veux faire le touriste » Lança-t-il pour rompre le silence et chasser la tristesse.

Justin se leva d'un bond, déclara que demain, ça serait la tournée des grands ducs et que Ted devait absolument connaitre le club où il se produisait, qu'il allait adorer l'ambiance il en était certain et qu'ensuite, ils iraient manger sur Broadway. La fatigue avait déjà gagné le pauvre homme depuis quelques heures. Il promit d'être en grande forme le lendemain pour peu que ses jeunes protégés daignent le laisser aller se coucher !

Les yeux clos, Téodor trouva le sommeil dans la certitude du devoir accompli proprement.

Les yeux clos, Lindsay croyait sentir une odeur de lys et de rose mêlée d'encens.

Les yeux grand ouverts, Justin détaillait pour la centième fois, le corps de Brian Kinney.

OoO

Dans le salon d'Emmet Grassi, régnait en cette avant-veille de Thanksgiving une atmosphère de ruche en effervescence. Tout ce qui pouvait compter d'élégantes dans le quartier s'étaient donné le mot pour prendre rendez-vous (ou pas), chez l'extravagant visagiste au bord de la crise de nerfs !

« Madame Peticott, je vous l'ai déjà expliqué cent fois, je ne peux pas vous les crêper, ça serait un crime capillaire et je ne suis pas un assassin » S'indignait le coiffeur en tenant entre ses doigts une mèche blonde... Puis il poursuivit :

« C'est de la paille, vous faites n'importe quoi avec vos cheveux ! Allez, au bac, on va déjà faire un bon masque, on verra bien après ce qu'on peut tirer de ce désastre » Soupira-t-il en entrainant sa cliente vers Daphnée. Celle-ci, en pleine conversation avec Justin, fit signe à la dame de mieux se caler dans le fauteuil et commença son soin, mécaniquement.

« A quelle heure je dois venir pour les petits ? » Demandait-elle à son ami qui grimaçait en regardant la masse de paille jaunâtre que la jeune fille massait avec soin.

« Dix-neuf heures, c'est bien, ils auront mangé, tu n'auras plus qu'à raconter des histoires. Ils se couchent tôt. Encore merci, c'est cool » Répondit le jeune homme en embrassant Daphnée.

« Oui, tu me fais rater un rencard avec Chris, tu le sais, ça ? » lança la jeune fille.

« C'est un connard, ton Hobbs, un débile de footballeur, je te rends service, Daph » Répliqua le garçon en jonglant avec des rouleaux roses fluos.

« Laisse mes bigoudis tranquilles, tu m'emmerdes, Justin Petersen, je sors avec qui je veux » Déclara-t-elle en rangeant les petits cylindres dans un panier d'osier.

« Exact, mais tu vaux mieux que ça ! » Conclut le jeune homme en se ruant sur le fauteuil du barbier qu'un client venait de libérer. Willy l'accueillit alors, avec cet air flegmatique de Lord anglais revenu de tout qu'il arborait en permanence malgré ses 20 ans. Il lui posa une serviette humide et chaude qui dégageait une douce odeur de lavande sur le visage, puis commença une minutieuse opération de rasage à l'ancienne, sur la peau pale du jeune homme.

« Essais de ne pas me trancher la gorge Will, j'en ai besoin pour chanter ce soir »

Le barbier leva les yeux au ciel. Grand Dieu, il pouvait se vanter de ne jamais avoir coupé un seul de ses clients, même les plus agités !

« Dans ce cas, tiens-toi tranquille, Pavarotti et tout se passera bien » Répliqua Willy, dans un rictus qui ma foi, ressemblait à un sourire !

OoO

Debbie Grassi, plantée devant sa penderie se demandait quelle tenue serait la plus appropriée pour sortir en ville accompagnée d'un notaire anglais. D'habitude, elle se contentait de ses éternels leggings aux couleurs improbables et de sweats jamais assortis, mais la circonstance demandait un peu de réflexion. Ce soir, elle allait voir chanter ses petits poussins et elle était un peu intimidée par Téodor ! La grande classe anglaise de cet homme lui donnait des complexes, elle voulait être à la hauteur. Sa robe rouge, celle qu'elle avait portée au bal des pompiers l'an dernier, l'attira comme un aimant. Oui, celle-ci serait absolument parfaite ! Elle sourit à son image dans le miroir et se trouva belle. Si son ingrat de fils voulait bien daigner lui accorder 5 minutes de son temps pour un dernier coup de peigne, tout serait impeccable, maugréât-elle en composant le numéro du salon !

OoO

Carl Horvatt regardait sa montre, son dernier client venait à peine de partir et Brian était toujours en rendez-vous avec ce Phill Carter. Si la consultation s'éternisait, ils allaient rater leur soirée ! Il se retint plusieurs fois d'aller taper à la porte du bureau de son associé et se contenta de se servir un léger whisky pour se détendre un peu. Carl n'avait pas l'habitude de sortir, alors il stressait. Mais après tout, ça n'était qu'une petite virée entre hommes, pas un rendez-vous galant ! Il sourit à cette pensée, secoua la tête en se traitant de crétin.

« Demain, nous aurons notre première confrontation avec le juge chargé de notre affaire, vous vous souvenez de ce que je vous ai dit ? Il va chercher à vous déstabiliser. Bon si vous préférez, il va essayer de vous diriger vers un accord à l'amiable » Expliquait Brian à son client.

« Amiable ? Ça veut dire que je peux tirer moins de fric ? » Demanda Phil carter d'un air inquiet.

« Oui et non, écoutez, je n'ai pas le temps de tout vous ré expliquer ce soir, voyez avec Cynthia pour un rendez-vous dans la semaine » Conclut Brian pour abréger ce rendez-vous. Décidément, en plus d'être vénal à l'extrême, son client n'avait pas inventé la machine à cintrer les bananes ! Il fallait revenir, encore et encore, sur des points détaillés cent fois ! La porte d'entrée du cabinet refermée, Brian se retourna vers son associé : « Je suis à toi ! Laisse-moi 5 minutes pour me changer ! »

« Pourquoi tu n'y vas pas comme tu es ? C'est très bien comme ça » Se désola Carl, à la perspective d'attendre encore de longues minutes supplémentaires.

« Carl ! Plus personne ne sort en costume cravate le vendredi soir, voyons » Lui lança Brian en enfilant un jean. Son ainé se rembrunit un peu. Bien sûr qu'à bientôt 58 ans, il avait bien conscience d'être de la vieille école face à son cadet mais de son temps à lui, quand on sortait sur Broadway, on s'habillait et il n'en démordait pas !

OoO

« Maman tu es splendide ! » Emmet faisait tourner sur elle-même sa mère afin d'admirer au mieux la magnifique robe écarlate qu'elle avait agrémentée à la dernière minute d'un camélia blanc accroché à l'épaule.

« Ça ne fait pas un peu trop ? » Demanda-t-elle en scrutant sa silhouette dans la psyché.

« Maman, avec toi, le mot ''trop'' ne veut rien dire du tout » Répondit le jeune homme dans un sourire.

« Allez, hop, il faut passer chercher Monsieur Schmidt si on veut être bien placés, ça serait bien qu'on se bouge et ne t'inonde pas de parfum ! »

Chez les Petersen, il ne restait plus que Ted, assis sagement sur le canapé vert. Les jumeaux, pris en mains par Daphnée, regardaient des livres d'images. Lindsay et Justin étaient déjà partis depuis une bonne demi-heure à présent.

« Hello la compagnie, je viens récupérer notre Milord et en route pour Broadwayyyyyyyy » Lança Emmet en déboulant dans l'appartement.

« Madame Grassi, vous êtes très en beauté » Déclara Ted en lui baisant la main. Celle-ci rougit du compliment, en déclarant que décidément, les gens du vieux continent savaient parler aux femmes.

Il était inutile de s'inquiéter pour les places, Emmet constata avec satisfaction, qu'une table aux premières loges leur avait été réservée et fit assoir sa mère et Théodor avec fierté ! Emmet adorait se sentir VIP, il salua au passage leurs voisins de table, deux hommes dont le plus jeune, un beau brun ténébreux attira immédiatement son attention :

« On se connait, non ? » Demanda-t-il sans plus de manières.

« Je ne crois pas » Répondit son voisin en fronçant les sourcils.

« Mais si, attendez. Oui ! Vous êtes le prof de droit de Lilie ! Brian Kinney, je suis Emmet, son voisin, vous vous souvenez ? Alors, vous venez la voir chanter ? » qlqe flot de paroles déversées par Emmet avait comme anesthésié Brian, qui tentait de retrouver ses esprits. Mais le jeune coiffeur ne lui en laissa pas l'occasion.

« Regardez, Justin vient nous dire bonsoir. Hey, hooo, Bébé » Emmet se levait pour enlacer son jeune voisin.

« Regarde qui est là, le prof de Lilie, c'est dingue non ? »

Justin planta ses yeux dans ceux de Brian en lui tendant sa main. Celui-ci la saisit, s'étonna de la douceur de la peau, de la finesse des doigts, la garda un court instant pour en ressentir la chaleur. En un éclair, son esprit vagabonda imaginant ces longues phalanges parcourir son corps, la bouche du jeune homme était légèrement entrouverte, laissant apparaître une rangées de petites dents de nacre. Brian sentait le désir monter en lui, ce désir insensé qui ne ressemblait à rien de ce qu'il avait connu jusque là. Il relâcha son étreinte avec regret, en abandonnant cette main, c'est tout le corps de Justin qu'il laissait échapper.

Emmet, sans plus attendre, se chargea des présentations. Sa mère se retrouva propulsée sur une chaise à coté de Carl Horvat, la conversation s'engagea assez rapidement, et seuls, Brian et Justin semblaient avoir des difficultés à trouver leurs mots. C'est le jeune homme qui brisa le silence entre eux.

« Je dois y aller, on passe sur scène dans 5 minutes, on se retrouve après ? » Ne laissant pas à Brian le temps de lui répondre, le jeune homme disparut vers les loges...