Disclaimer : Tous les éléments qui sont des références directs au chef d'œuvre de J.K. Rolling ne sont pas à moi.
Pop pop voici mon deuxième chapitre qui a prit autant de temps que je l'avais dit. J'avais plus de moments de libre que d'habitude mais comme j'étais en arrêt maladie varicelle, j'étais aussi plus fatiguée donc on verra comment se passe la suite.
Le deuxième chapitre est plus centré sur Katerina et le troisième se rapprochera de Gellert.
Un petit mot à mes reviewers anonymes : Si des remarques particulières sont faites sur mes chapitres, je réponds directement sur le chapitre où vous avez reviewé, en général dans la semaine, mais je les effacerai après vu que ce n'est pas vraiment autorisé. Pour tout ceux qui m'encouragent, je vous dis un grand merci!
Le deuxième filament : Katerina
Mozart- Piano concert n°23 Andante (thème musical de Katerina)
Katerina s'était assise parmi les autres. Et quand les professeurs de Poudlard et Beaubâton avaient encouragé leur s élèves à se fondre parmi les autres alors il s'était approché de sa table et s'était glissé avec délicatesse entre deux élèves, juste en face d'elle.
Et le festin avait pût commencer.
Apparemment, elle ne savait pas qui il était car si ses yeux glissait sur les nouveaux venus avec curiosité, elle ne s'arrêta pas particulièrement sur lui. Après tout, lui, l'avait déjà vue en photo dans le petit mensuel du sorcier-philosophe. Il se servit une part assez imposante d'un appétissant goulasch de poulain et se mit à manger proprement, à petites bouchées, tout en observant la jeune fille de sous ces cils.
Elle était très grande pour une femme. Et plutôt massive, mais d'une massivité bien équilibrée et harmonieuse. Elle avait un dos très droit, une poitrine plantureuse, la taille marquée et les hanches larges. Les cuisses étaient légèrement trop épaisses mais leur longueur compensait leur tour.
Katerina ressemblait à une plante gorgée de sève qui s'épanouirait vers le soleil. Et celui qui aurait dit que son anatomie manquait de féminité n'y connaitrait juste rien. Mais Albus n'y connaissait rien et cela ne l'intéressait d'ailleurs pas. Il s'attarda tout de même sur le visage. Parce qu'un visage c'est un langage. Il faut savoir le décoder pour mieux savoir à qui l'on a affaire.
Il étudia le beau visage rond à la mâchoire dure. Le regard très sombre accentué par les sourcils épais et tracé sans bavure, comme au pinceau. Le nez petit et doux. La bouche grave, souvent close, et quand elle finissait par sourire alors les lèvres se relevaient sur les dents fortes, sur lesquels revenait un petit bout de canine un petit peu tordu qui lui donnait un sourire plus personnel. Moins parfait. Plus charmant.
Les cheveux bruns très sombres, sans doute très longs, s'enroulaient en nattes épaisses et brillantes autour de son crâne. La coiffure était absolument impeccable, comme sortie d'un roman de Jane Austen.
Elle mangeait avec calme une sorte de gibier que ses petites canines tordues venaient déchirer sans aucune pitié. Et toutes les trois gorgées, elle prenait une petite lampée d'un liquide liquoreux qu'Albus avait identifié comme un hypocras traditionnel.
Elle sembla finalement réaliser l'intérêt qu'Albus semblait lui porter et s'arrêta de manger pour le regarder. Il fit de même en souriant un peu. Elle finit par sourire aussi. Juste de quoi découvrir sa canine, avant de se détourner et d'engager la conversation avec son voisin de droite, un élève de Beaubâton qui semblait complètement perdu.
De cette façon, elle continua de l'ignorer pendant tout le reste du repas mais Albus ne s'en formalisa pas. Maintenant il était sûr qu'elle avait deviné qui il était. Quand le dîner se termina, elle ne lui avait toujours rien dit, et elle finit par se tourner studieusement vers la table des professeurs dès que son directeur se leva et fit tinter sa baguette contre un verre en cristal.
-Cherrr invités, il est déjà tard et vous avez dût fairrre un long voyage afin de venirrr jusqu'à nous. Je ne m'éterrrniserrrai pas. Tous les parrrticipants qui sont ici ont déjà eu l'occasion de voirrr un tourrrnois des trrrois sorcier j'espèrrre(Il ne vit pas Abraxas Malefoy grimacer car en vérité il était le seul élève en provenance de Poudlard assez jeune pour n'en avoir jamais vu). Carrr il est bon mes enfants d'avoirr été de l'autrrre coté de la barièrre avant d'aller au devant des éprrreuves qui vous attendent. Je vous rrrappelle le fonctionnement de cette éprrreuve : trrrois tâches vont êtrrre demandés au champion de chaque école. Champion que désignerrra la coup de feu !
Et ce disant, il leva le bras et la coupe qui était dissimulée sous un sorte de tissus apparût aux yeux de tous. Aussitôt une flamme de couleur verte en émergea et un murmure parcourût l'assemblée.
Albus la regarda avec curiosité. C'était la deuxième fois qu'il avait l'occasion de la voir et c'était à n'en pas douter de la belle magie. L'artisan qui avait creusé le gobelet ne devait pas être d'une immense habileté mais sans doute un grand érudit car le choix du bois n'avait pas dût être un hasard pour absorber ainsi le sortilège de la flamme.
Et s'il en croyait ce qu'il avait pût lire dans l'histoire de Poudlard, ce furent les trois directeurs qui avaient organisé le tout premier tournoi qui avaient scellés le contrat magique qui était la cause de cette flamme verte. Oh non, le choix du bois n'était pas un hasard pour pouvoir retenir un sortilège qui continuait à agir au-delà de la mort de ses enchanteurs.
Il n'écoutait que d'une oreille distraite ce que disait le directeur Drowski. Il connaissait les règles du tournoi et dans le fond, il n'envisageait pas sérieusement d'y participer. Il y avait déjà beaucoup de choses à faire entre ses nombreuses correspondances et les aspics qui arriveraient en fin d'année.
La voix de Drowski résonna tout de même dans l'oreille d'Albus, au moment où il lui semblait dire quelque chose d'intéressant :
-Maintenant, venons-en à la façon dont vont pouvoirrr s'installer nos invités. Nous avons finalement décidé de vous mêler le plus étrroitement possible avec nos étudiants. Vous serez donc répartis comme eux et mélangés dans nos multiples maisons. Comme vous le verrrez, il n'y a pas ici de choipeaux magique, comme à Poudlard, ni de pernouflettes à troisième œil comme chez nos amis de Beaubâtons. Pour savoirrr si vous êtes acceptés, il vous suffirrra de voir si la maison accepte de vous laisser entrer, tout simplement. Bien, ce que je vous prrropose, c'est que chacun des élèves invités se mette en duo avec un élève de Durrrmstrrang qui le conduirrra aux trrrois porrrtes !
Attentif cette fois, Albus jeta un coup d'œil vers Katerina qui enfin leva les yeux vers lui. Quand l'élève avec qui elle avait entamé la conversation lui demanda de le mener aux dortoirs, elle secoua doucement la tête en disant précisant qu'elle avait déjà réservé sa faveur à quelqu'un d'autre.
Les assiettes étaient à présent vides et bien léchées. Les directeurs leurs souhaitèrent une bonne soirée, certains avec plus de bonhomie que d'autres. Tout doucement les élèves se mirent à quitter le grand Hall et à rentrer à l'intérieur même du château. Quand presque tous les élèves furent partit, Katerina se leva enfin, entraînant mécaniquement Albus dans son sillage.
La jupe longue et lourde qui constituait l'uniforme des filles de Durmstrang lui battait les jambes lorsqu'elle marchait. Il regardait son dos droit tandis qu'elle finissait par se tourner vers lui :
-Je savais que tu viendrais Albus.
Elle avait les yeux qui brillaient dans le noir. Il lui donna galamment le bras et elle l'accepta. Ils marchèrent ensemble tout en se réjouissant du regard des autres sur leurs hautes silhouettes droites et élégantes. Elle l'entraina dans un escalier qui montait en colimaçon sur les remparts. La citadelle de Durmstrang était à moitié composée de souterrains creusés à même la lave et à moitié d'une sorte de fort brut et crénelé qui n'était que la partie visible de l'iceberg.
Une fois en haut de la citadelle, Albus entendit le souffle du vent sur la mer et le bruit des vagues qui se fracassaient contre la façade nord. Ils redescendirent par un autre escalier. Droit cette fois, dont les marches étaient très glissantes, comme polies par des milliards d'années de pieds d'élèves tapant dessus.
Enfin, ils arrivèrent dans un grand couloir qui se terminait par trois portes. Katerina laissa le temps à Albus de les examiner. La porte centrale était fermée par deux grandes herses de fer semblables à de grandes mâchoires. La porte de droite était ouverte et donnait sur un grand couloir d'où sortait une étrange lumière argentée et changeante. Enfin la dernière semblait fermée par un imposant nœud de racines.
-Les élèves de Durmstrang , commença Katerina, sont répartis à leur arrivée parmi trois maisons et demi.
Albus leva les sourcils en entendant trois et demi. Qu'est ce qu'elle voulait dire par là ?
-Les trois maisons principales sont devant toi…
Elle montra la porte de droite puis déplaça son doigt en fonction de ses paroles :
-Les Havres-pluies sont la première maison et la plus récente puisqu'elle n'a été rajoutée à l'école qu'en 1633, c'est-à-dire presque mille ans après la fondation de l'école. A coté, (Elle montra du doigt la porte de fer) se trouve Mâche-ferraille, la maison où j'ai été répartie et enfin (Son nez pointa vers le nœud de racine) Bois-renard, la plus vieille maison de Durmstrang.
-Votre directeur a dit que c'était la maison qui décidait de nous laisser entrer ou pas. Qu'est ce qui fait qu'on est choisit par une de ces maisons ? Est-ce que comme à Poudlard, on est choisit en fonction de certaines qualités, ou bien des aptitudes précises ?
Elle lui sourit de son regard froid :
-Aucun d'entre nous ne l'a jamais su… Les maisons choisissent, c'est tout. Et encore une chose, Albus. Il n'existe pas de compétitivité entre les différentes maisons de Durmstrang… Tout simplement car…
Il y eu un « BANG » retentissant et un élève en pyjama se retrouva soudainement au milieu du couloir, empêtré dans des draps et avec toutes ces affaires en pagailles autour de lui. Katerina termina calmement sa phrase sans y faire attention :
-… Les maisons ont des caractères changeant et si un élève ne leur plait plus, elles peuvent tout simplement l'expulser du jour au lendemain. L'élève devra alors trouver une autre maison. Le plus vite possible, ou sinon il devra aller au « trou » jusqu'à ce qu'une des maisons accepte de le reprendre.
-Le trou, c'est votre demi-maison?
-C'est ce que je sous-entendais par là. Mais le trou n'est qu'une sorte de salle d'attente, en réalité ce n'est pas une maison.
-Et que se passe t-il si l'élève reste dans le trou et ne trouve pas de maison ?
-Il finit par être renvoyé chez lui. Quand ils arrivent au trou, les élèves reçoivent un sablier qui leur indique le temps qu'ils ont pour se montrer digne d'une maison. Pour certain, ça peut-être un mois, pour d'autres, seulement une poignée de minutes. Et nul ne sait quels sont les critères qui définissent le temps qui nous est donné.
Albus la contempla avec une légère expression de dégoût sur le visage :
-Il y a quelque chose de barbare là-dedans, non ? Les élèves devraient avoir un minimum de sécurité.
Mais Katerian répliqua :
-Plus loin au nord dans ce pays, les parents moldus déposent leur bébé dans la neige durant toute une nuit. Et cette nuit décidera si l'enfant pourra vivre ou mourir. Je ne sais pas comment on s'occupe de vous à Poudlard. Mais les élèves de Durmstrang ne sont pas des enfants. Nous sommes des adultes en devenir et nous n'avons pas peur. D'ailleurs, seul quatre élèves ont été renvoyés depuis cinquante ans. En attendant, il est temps pour toi de te choisir une maison.
Les yeux d'Albus étincelèrent avec défi :
-Une dernière question encore ? Est-il possible que les portes de plusieurs maisons te soient ouvertes dès le départ.
-C'est possible oui, mais quand tu passes la porte de l'une d'entre elle, alors les autres possibilités disparaissent.
Katerina sourit alors et fit un pas en arrière. Alors qu'elle reculait, les grandes dents de fer de Mâche ferraille s'ouvrirent grand pour la laisser passer. Albus fit seulement un pas en avant pour la suivre et les mâchoires se refermèrent d'un coup sec. Séparant les deux jeunes gens par une longue série de dents acérées. De l'autre coté, Katerina laissa sortir un long rire orgueilleux :
-Et bien non, ce ne sera pas celle-ci… Laquelle alors ?
Vexé dans son amour propre, Albus recula. Alors quoi ? Les lianes très serrées ou la lumière d'argent des Havres-pluie ? Instinctivement, il se tourna vers la porte lumineuse. Mais au moment où il s'était enfin décidé à la franchir. Il entendit un bruit de plante qui se froisse derrière lui. Il tourna à demi le visage vers la troisième porte. Les lianes s'étaient détendues et l'une d'entre elles avait rampé vers lui jusqu'à légèrement s'enrouler autour de sa cheville. A travers les épaisses racines, Albus eu l'impression de voir un visage qui le regardait. Et ce visage avait quelque chose de relativement inhumain. Comme… Un masque peint… Troublé, le jeune sorcier changea soudain de direction. Les végétaux s'écartèrent pour lui laisser le passage. Le sol semblait marron et épais. Quand il posa son premier pied dans le couloir qui menait à la salle commune de bois-renard, Albus s'enfonça dans ce qui paraissait être un épais tapis de feuilles mortes.
Il émanait de la salle commune de Bois-renard comme un silence entendu, appuyé par la douceur de la lumière.
Le couloir débouchait sur une petite placette ronde où poussaient quelques arbres vêtus de roux, en dessous d'un dôme de verre. Au milieu de la placette se dressait la statue d'un renard assis qui portait un masque de sorcier souriant. Albus remarqua avec un certain malaise que le « visage » du renard ressemblait au personnage qu'il avait crût apercevoir entre les racines, un instant plus tôt.
Autour de la place, des élèves en uniforme rouge étaient assis sur des bancs ou autour de tables. Albus remarqua deux élèves aux cheveux d'un blond cendré qui jouaient aux échecs sorcier.
Vu l'impassibilité de leur regard et la froideur avec laquelle ils bougeaient les pièces, ils n'avaient pas l'air de beaucoup s'amuser. Ils se ressemblaient beaucoup, sans doute étaient-ils frères, car ils avaient la même bouche très charnue et de semblables yeux bruns clairs. Le plus vieux avait les cheveux longs noués en catogan lisse et portait une insigne de préfet-en-chef. Finalement, se sentant observé, il finit par lever son regard couleur rouille vers Albus et celui-ci sentit l'ensemble de sa peau se recouvrir de chair de poule tandis qu'un long frisson remontait sa colonne. Ca ne pouvait être que…
Il entendit une voix calme à coté de lui :
-Toi aussi tu as une sensation bizarre ? Ils ont du sang de vélane, ça ne fait aucun doute.
Albus s'arracha au regard étrange du garçon pour regarder celui qui s'était adressé à lui. C'était un sorcier d'à peu près son âge, qui portait l'uniforme bleu ciel de Beaubâton. Malheureusement pour lui, il était relativement laid, avec des oreilles décollées et de grandes incisives qui lui donnaient l'air idiot.
Il redressa doucement sur son nez de discrètes lunettes rondes. Albus remarqua que ses ongles étaient coupés impeccablement. Son uniforme sentait la lessive et sa peau le savon. Malgré son visage ingrat, le jeune homme dégageait quelque chose de plutôt agréable. Le Griffondor répondit calmement :
-Ca ne fait aucun doute. Sans doute leur père ou leur mère, l'influence semble très évidente.
Finalement le plus jeune se retourna et les deux étrangers réalisèrent qu'ils s'agissaient d'une jeune fille aux cheveux très courts.
-On devrait leur demander où est-ce qu'on peut trouver les dortoirs.
Comme s'il les avait entendus, l'ainé, qui continuait de les fixer, indiqua un escalier du doigt avant de retourner à sa partie. Le voisin d'Albus eu un rire léger :
-La chaleur n'a pas l'air d'être leur fort.
La remarque n'avait rien de dégradant dans sa bouche. Il haussa l'épaule négligemment et sourit avec sympathie à Dumbledore qui répondit calmement :
-Non, en effet. On va devoir se débrouiller mais ça ne devrait pas poser de vrai souci.
Les dortoirs des garçons étaient juste en bas des escaliers répartis en chambrées de quatre ou cinq pensionnaires. C'était une pièce agréable, tapissée de bois avec de grands lits en bois et des couvertures en patchwork. Un vieux poêle avec une bouilloire un peu ébréchée était posée dans un coin.
Albus constata avec plaisir qu'il était dans la même chambre que le garçon qu'il venait de croiser. Celui-ci semblait d'agréable compagnie. Calme et soigné. Il s'installa dans le lit à coté du sien où avaient déjà été posées toutes ses affaires. Liselotte ébouriffa ses plumes et lui tourna le dos et il se rappela qu'elle n'avait pas reçu de miamhiboux aujourd'hui. C'était d'autant plus urgent que la chouette louchait dangereusement sur le gros crapaud doré de son voisin.
Il se dépêcha de sortir les biscuits de sa valise car le crapaud venait en croassant d'expulser une quantité impressionnante de bulles vertes à l'aspect hautement toxique.
Les autres élèves n'étaient pas encore arrivés –Ou bien, s'il en jugeait les valises ouvertes, étaient déjà ressortis pour explorer leur nouvelle maison-. Albus finit par s'allonger sur son matelas. L'autre avait finit de ranger sa valise sous son lit et s'assit sur son propre sommier avant de lui tendre la main en exposant ses dents trop grandes dans un immense sourire :
-Au fait, je suis Ernest Londubat. En septième année à Beaubâton et féroce concurrent à la coupe des trois sorciers !
Accompagné de Londubat, Albus finit par trouver la salle de potion. La pièce était déjà assez pleine alors il se glissa avec son condisciple aux dernières places qui lui paraissait acceptables : au deuxième rang, contre le mur.
Katerina était assise au premier rang, à l'exact opposé, assise studieusement à coté du garçon blond qui chantait faux. Les yeux baissés, elle taillait sa plume à l'aide de son couteau d'argent. En sentant ses yeux sur elle, elle se retourna et lui adressa un long regard de ses yeux sombre avant de faire un sourire froid qui était sans doute pour elle l'équivalent d'un bonjour. En quelques gestes, elle plia un origami de papier qu'elle envoya à Albus en lui soufflant négligemment sur les ailes. Ce fut Londubat qui attrapa l'oiseau et le présenta à Albus :
-Tu la connais ? Son visage me dit quelque chose…
Le Gryffondor répondit à mi-mot tout en dépliant l'oiseau d'origami :
-On travaille ensemble sur un projet depuis quelques temps. Elle a déjà écrit plusieurs articles dans des magasines spécialisés.
Albus ouvrit le papier. Quelques mots étaient tracés joliment à l'encre verte :
Attends-moi à la fin du cours. On discutera du projet.
Londubat lui lança un rire gentiment amusé mais néanmoins admiratif:
-Des magasines spécialisés ? Mon Dieu, êtes vous vraiment de simples étudiants ?
Mais il se tût car le professeur de potion était entré.
Le professeur Pierredecou était une vieille dame osseuse tirée à quatre épingles et aux longs ongles vernis de rouge. Sans s'embarrasser d'un bonjour ou de n'importe quel élément préliminaire au cours, elle énonça d'un ton d'où sortait une ironie sous-jacente :
-Sortez votre manuel et ouvrez –le page 33. Ce sera déjà une victoire si vous y arrivez tous. Mon Dieu Footspot, c'est le manuel de l'année dernière que vous avez là … Allez en chercher un autre dans la réserve… Bien. Oui, oui, dépêchez-vous… Aujourd'hui, nous allons préparez le filtre d'affabulation. Qui peut me dire à quoi sert la potion d'affabulation ?
La salle remua mollement et confusément pendant que les élèves se lançaient des regards effarouchés. Albus connaissait la réponse et d'après son air assuré, Londubat aussi. Mais il pensait qu'il n'était peut-être pas une bonne idée de se mettre en avant au premier cours de Durmstrang sans connaître les manières de la maison. Devant eux, Katerina écrivait élégamment le titre du cours sur son parchemin. Le beau garçon blond assis indolemment à coté d'elle finit par lever la main. Le professeur Pierredecou l'interrogea :
-Oui, Monsieur Grindelwald. Et tenez-vous correctement sur votre chaise.
Il répondit avec un air angélique où pointait un sourire goguenard :
-Ca vous force à ne raconter que des conneries professeur.
-Exact, petit insolent. La potion d'affabulation empêche celui qui l'a prit de dire la vérité, chacune de ses paroles distille les mensonges les plus fins ou les plus maladroits en fonction de l'intellect de la personne. Quand à vous, Mr Grindelwald, si je vous reprends à dire des grossièretés pendant mon cours, la dérogation du directeur Drowski n'y fera rien, je vous mettrai dehors.
Dès que le professeur eu le dos tourné, Katerina lança un regard méprisant à son voisin de table qui répondit par un sourire en lui pinçant le bras. La jeune femme ne réagit pas mais quand le garçon enleva ses doigts, la blessure sur le bras saignotait. Albus se demanda pourquoi le garçon avait besoin d'une dérogation pour venir en cours de potion. Puis il se reprit, attacha soigneusement son catogan roux avant de regarder la liste des ingrédients nécessaires pour fabriquer la potion d'affabulation.
Il alluma soigneusement le feu sous son chaudron et y versa la dose parfaite de sève de mandragore avant d'y disséminer une dizaine de glousses préalablement écrasées. Le professeur commença à faire des rondes et observa son travail d'un air approbateur avant de courir à l'autre bout de la salle pour évacuer le contenu d'un chaudron qui s'était mit à insulter copieusement son propriétaire :
-Disparaît de ma vue! Bouse de dragon ! Tartignole décérébré ! Sac à brigobulle ! Ver à fli…
Le professeur vida le contenu du chaudron d'un coup de baguette magique :
-Ca suffit Miss Davis, plus de potion pour vous aujourd'hui.
Au bout de trois quart d'heure, de beaucoup de transpiration, d'une explosion non voulue accompagnée de sourcils brûlés et de beaucoup de soupirs, le professeur Pierredecou annonça que le temps impartit touchait à sa fin. Avec un reniflement soupçonneux elle arpenta les paillasses de ses élèves en commentant les différentes mixtures qui lui étaient présentées :
-Pas mal Londubat. Mr Peterson, je crains malheureusement que vous n'ayez rien à faire dans ce cours… Grindelwald, travail impeccable et gueule insolente comme toujours, Miss Svantovit…
Elle continua jusqu'à la table de Albus et s'arrêta. Elle tira un bout de langue, renifla la potion à l'aide d'une spatule. Puis, elle en versa dans un flacon qu'elle secoua –le liquide bleuté prit une intense couleur dorée- avant d'ajouter, presque avec regret:
-Un travail parfait Monsieur Dumbledore… Votre potion est… Je ne suis pas sûre d'avoir déjà vu son pareil. Vous avez un nouveau rival, monsieur Grindelwald.
Le garçon blond éclata de rire et repoussa une mèche de cheveux bouclés derrière son oreille :
-Je ne crois pas professeur, ce n'était sans doute qu'un coup de chance.
Néanmoins, ses grands yeux bruns se plissèrent et il observa Dumbledore d'un air intrigué.
Quand Dumbledore eut finit de ranger ses affaires, il rejoignit Katerina qui l'attendait devant la porte, seule. Le garçon blond avait disparût.
-Félicitation, je ne te savais pas un as en potion, Albus.
-Ce n'était pas grand-chose. J'avais déjà étudié cette potion de mon coté et j'avais remarqué qu'elle pouvait être encore améliorée.
La jeune femme lui jeta un œil appréciateur avant de poursuivre :
-Le professeur Drowski m'a laissé l'opportunité d'utiliser une des salles des cachots pour faire nos expériences. Que dirais-tu de nous retrouver tous les mardis soirs après le cours de magie noire pour avancer dans notre projet ?
-Ca me parait être une bonne idée mais est-ce qu'on ne devrait pas essayer de se retrouver au moins deux fois par semaine ?
Katerina sembla un peu surprise :
-Bien sûr, ce serait idéal, mais nous avons nos aspics à préparer. S'il n'y avait que ça, ce serait sans importance, mais cela sera à discuter une fois que la coupe de feu aura choisit ses champions.
Albus la regarda avec intérêt :
-Tu te présentes au tournoi des trois sorciers ?
Pour la deuxième fois en peu de temps, elle le fixa avec surprise :
-Toi, tu ne te présentes pas ?
-Je ne sais pas encore mais je ne crois pas… C'est un tournoi dangereux et je n'ai pas envie de mourir ou de finir handicapé avant d'avoir finit les recherches que j'ai entrepris.
Il y eu un silence un peu pesant, puis Katerina lui fit un sourire carnassier avant de répliquer :
-Quand j'étais en première année, je suis venue à Poudlard pour assister à mon premier tournoi. Ce qu'on dit de ta maison est qu'elle est celle du courage. Mais il arrive que votre Choixpeau puisse se tromper, pas vrai ?
Et dans un froissement de tissus rouge, elle disparût.
Albus resta pétrifié. Elle venait clairement de le traiter de lâche ? C'était d'autant plus douloureux qu'il avait de l'admiration pour elle. Il réajusta son sac sur son épaule pour se rendre en sortilège avec dans la bouche un goût amer.
Le cours de magie noire se déroulait dans les sous-sols du château et les parois de la salle, tout comme la partie basse de l'école de magie, était taillée à même cette matière noire qui semblait bruisser et respirer d'elle-même.
Albus s'était installé entre Ernest et Augusta et tous les trois étaient légèrement inquiets à l'idée de ce que pouvait donner ce cours. Le professeur Prince était debout devant eux, une main derrière le dos et l'autre sur une canne qui semblait là plus pour le soutenir que pour décorer.
Il était très jeune, une petite trentaine, maigre, le teint cireux, le nez crochu. Ses cheveux châtains étaient un peu trop longs et il avait de pénétrants yeux verts qui vous fixaient par en dessous.
-Pour ceux qui n'avaient pas encore eu l'occasion de me rencontrer, je vous souhaite la bienvenue dans mon cours… Je vous rappelle en l'occurrence que ce cours d'apprentissage de la magie noire n'a pas pour but de faire de vous les nouveaux mages noirs de ce siècle… Je crains malheureusement que le jour où vous vous retrouverez en position de défendre votre famille contre des sorciers prêt à utiliser des impardonnables, un simple stupéfix ne puisse pas suffire.
Il avait une voix très douce, presque un murmure. Cependant, il régnait dans la salle un silence si absolu que nul n'avait de mal à l'entendre. Albus jeta un regard autour de lui et remarqua que Katerina était là aussi. Elle était assise tout au fond, seule. Elle n'avait pas sortit ses affaires et regardait fixement le professeur en lui jetant un regard noir de sous ses sourcils épais.
-La leçon d'aujourd'hui traitera de l'art subtil de la legilimancie. Sortez vos manuel à la page 137 et que chacun aille chercher dans la réserve une cage contenant un lutin de Cornouaille, ce ne sont pas des créatures très complexes et vous ne devriez pas avoir trop de mal à vous infiltrer dans leurs esprits. Mais méfiez vous et tenez la cage par l'anse supérieure car ils mordent !
Tandis que les élèves se levaient, Augusta lui glissa à l'oreille :
-Il parait que c'est un ancien aurore. On dit qu'il a subit de telles horreurs durant ses multiples chasses qu'il n'a pas pût continuer. En tout cas, on ne pourra pas dire qu'il ne sait pas de quoi il parle…
Albus acquiesça doucement. C'était donc pour cela. La cane. Il rejoignit ses amis après avoir choisit un lutin particulièrement teigneux qui dévora son crayon de papier quand il le passa entre les barreaux.
C'était agréable de pouvoir être avec Augusta en cours, ils avaient toujours étés en bons termes à Poudlard. Elle avait été choisit par les Havres-pluie, de même que le jeune Abraxas Malefoy. Ils avaient néanmoins plusieurs cours en commun et pouvaient manger ensemble, il n'y avait pas de discrimination entre les maisons à Durmstrang. Les seules vraies différences entre les maisons étaient plutôt pédagogiques. Les devoirs ou les méthodes de travail étaient différents.
Albus écouta les explications données par le professeur avec attention, bien que celui-ci fût légèrement distrait quand il réalisa que Katerina ne s'était pas levée de la chaise et qu'elle n'était pas allée chercher de lutin. Et bientôt il n'y pensa plus. Il leva sa baguette et darda son regard dans celui de la petite créature bleue qui s'agitait dans sa cage. Il brandit sa baguette et murmura :
-Legiliment…
Ce fut comme si il venait de plonger dans un lac gelé. Des images et des sensations remontèrent dans son esprit. Des hautes herbes qui sentaient fort la tourbe. La sensation rugueuse des pierres contre ses pieds nus. Le goût du sang et de la chair crue contre sa langue. Il s'abandonna à la sensation d'être cet être simple et sauvage. Quand il revint à lui, il se félicita d'être en réalité un sorcier extrêmement brillant capable de contrôler ses instincts les plus profonds.
-Ca y est, dit Ernest, le teint rouge d'excitation. Je vais le faire.
Le trio était assis à une table dans le grand hall et se servait copieusement en salade de poulet froid et en jus de citrouille. Augusta leva les yeux vers lui pour savoir de quoi il parlait mais elle comprit avant de lui avoir demandé quoi que ce soit. Le garçon tenait un bout de papier sur lequel son nom était noté. Nerveusement, il se leva pour aller mettre son nom dans la coupe. Quand, il se fût un peu éloigné, Augusta glissa à Albus :
-Je ne crois pas qu'il soit français. Il n'a pas d'accent du tout. Et son anglais est irréprochable. Je me demande ce qu'il peut faire à Beaubâton…
Albus la regarda aimablement :
-C'est une excellente école… Et le niveau est très haut.
La jeune fille roula des yeux et remit droit son château de sorcière sur lequel son canari dormait :
-Bon niveau ou pas… Ce sont des français… Pas vraiment comme nous. Ils sont … Ils sont français…
Albus sourit tout en sirotant son verre, il ajouta :
-En tout cas, il n'a pas l'air de vouloir s'éloigner de nous. C'est plutôt une bonne chose, non ? Je le trouve intelligent et sympathique.
-Oh, moi aussi, ajouta t-elle en se refrognant.
A ce moment, Katerina s'approcha de leur table :
-Je peux m'assoir?
Albus acquiesça tout en gardant le visage impassible et Augusta se renfrogna davantage. Aucun des deux n'avait digéré l'insulte voilée sur la prétendue lâcheté d'Albus. Mais Katerina semblait s'en moquer, elle piocha un fruit dans une coupe et croqua dedans tout en jetant un œil du coté de la coupe.
Ernest s'en était approché mais un grand bruit le fit reculer. Les portes du grand hall avaient été ouvertes un peu brusquement, laissant la place au jeune Grindelwald qui avait délaissé son uniforme pour un gilet d'argent brodé de turquoises, passé sur une chemise blanche aux manches amples.
Le sourire vainqueur, il traversa le hall d'un pas conquérant en direction de la coupe de feu sous les acclamations enthousiastes de certains de ses camarades. Il leva le bras pour les faire taire, bon prince, et ses pieds effectuèrent un pas de danse.
Katerina leva les yeux au ciel en marmonnant un « gamin idiot » entre ses dents tandis que Gellert déposait son nom dans la coupe dont la flamme s'embrasa violement, alors qu'elle n'avait que faiblement réagit au contact des autres concurrents. Son action fut saluée d'une vague d'applaudissements.
Le garçon blond parcourût la salle des yeux et son regard s'arrêta sur leur table. L'espace d'un instant, Albus cessa de mâcher tandis que le jeune homme s'approchait de leur table avec un petit air suffisant sur le visage. Il vint ronronner dans l'oreille de Katerina :
-Alors Kat', tu penses toujours que ce sera toi la championne de Durmstrang ? Quand tu as mis ton nom ce matin, je ne crois même pas que la flamme ait vacillée ?
Il fit courir son doigt sur la mâchoire de la jeune femme et celle-ci l'éloigna d'une pichenette, comme on le ferait d'un insecte trop insistant et ne prit pas la peine de répondre. Le garçon piocha une pomme bien rouge dans la coupe de fruit et s'éloigna en la croquant de ses belles dents blanches.
-Non mais il pue ce type ! Commenta simplement Augusta en fronçant les sourcils.
Albus ne commenta rien. Il sentit le regard de Gellert Grindelwald peser sur lui un instant, plein de curiosité. Celui de Katerina également. Il se demanda si tous les élèves de Durmstrang étaient comme ça. S'ils avaient tous, cette lueur sombre au fond des yeux. Une boule lui noua les entrailles.
-Je vais le faire. Dit-il simplement.
Elles comprirent immédiatement ce qu'il voulait dire. Katerina découvrit sa canine dans un sourire féroce et Augusta le fusilla d'un regard atterré qui voulait dire « Non mais tu la laisses te manipuler comme ça ! ». Mais c'était inexplicable. Il en avait envie soudain. De se confronter à tous ces sorciers brillants et de triompher d'eux. Son orgueil avait été bafoué. Ses yeux bleus étincelèrent et le regard qu'il porta sur Katerina n'était plus aimable mais froid et métallique.
Il sortit sa plume de son sac et comme il n'avait plus de parchemin, il écrivit son nom sur un morceau de serviette en papier qu'il déchira. Ernest revenait vers eux après avoir déposé son nom sans avoir eu besoin de faire le malin comme certains.
Albus se leva et la boule qu'il avait au ventre remonta dans sa gorge. De loin, il vit le jeune Abraxas Malefoy qui lui fit un signe d'encouragement de la tête.
Quand il déposa le bout de papier dans la coupe, elle ne frémit même pas. Légèrement déçu, il chercha du regard le garçon blond, mais ne le trouva pas.
Chapitre finit. Maintenant mes personnages principaux sont à peu près tous posés, et je pense m'aventurer tranquillement dans la psyché de chacun. Tout en continuant à suivre la trame du tournoi.
Un mot sur Katerina : Etrangement, bien qu'il y en ait d'autres, je la considère comme mon seul véritable OC. Pour ceux qui auraient lu ma fic death note. Katerina est clairement l'alter ego de Somni. Elles ne se ressemblent pas physiquement mais ce sont des femmes puissantes, avec un fort potentiel de séduction. Néanmoins, elles n'ont pas de rôles d'amoureuses vis-à-vis des personnages principaux.
Ce sont des femmes magiques qui poussent les protagonistes à changer.
Et pour son physique je me suis inspirée de l'actrice qui joue Frida Khalo (dans le film sur Frida Khalo…) mais avec un visage plus pâle. Attention, j'ai du mal avec les photos d'elle, son visage a l'air assez dur, elle est plus intéressante en mouvement :D. Ainsi que le personnage de Dina dans « le livre de Dina » (Adapté en film sous le nom « I am Dina »).
Fondamentalement, je trouve que Augusta est plus attach(i)ante, mais elle n'a pas de rôle aussi fort symboliquement.
Voilou voilou, je vous retrouve dans deux semaines pour la suite !
