Disclaimer : Tous les éléments qui sont des références directs au chef d'œuvre de J.K. Rolling n'est pas à moi.

Un mot pour commencer :

Bonjour bonjour, alors je vais commencer par mes habituelles excuses pour mon retard ^^. D'abord je commencerai par dire que la varicelle, vaut mieux l'avoir enfant. Que les vacances c'est bien pour écrire, mais seulement si on est là. Et que les retours de vac, c'est bien pour écrire aussi, mais pas quand on a une rate à aller faire opérer en urgence ainsi qu'une autre qui débarque. Ca fait beaucoup de bazar.

J'ai pris beaucoup de plaisir à écrire ce chapitre.

Je remercie avec chaleur les gens qui ont prit la peine et le temps de m'écrire un mot, ça me fait toujours aussi chaud au cœur.

Cette fois je vais prendre le temps de poster des images sur deviant art même si je me sens frustrée car après avoir dessinée dix fois Katerina, j'ai trouvé un mannequin qui a juste parfaitement la gueule que je lui imaginait (J'ai trouvé ça dans mes magasines ultra intellectuels pour aller à la plage B) ). Haaaa j'aime sa peau blanche, ses pommettes hautes et osseuses, ses sourcils épais et noir, sa bouche boudeuse ! Bref la fille s'appelle : Myf Shepherd. En fait après vérification elle est pas aussi cool sur toutes ses photos et j'ai pas trouvé la série qui m'avait fait craquer. BREF, troisième photo de la gallerie google quand on tape: myf shepherd by yossi michaeli. avec le turban. :)


Chapitre 3 : Gellert

Vole le chagrin des oiseaux- Emily Loiseau (Thème de Gellert)


Il marchait en direction de la bibliothèque, ses livres serrés contre sa poitrine. Il ne s'en était pas rendu compte mais il était légèrement plus négligé que d'habitude. Des mèches de cheveux auburn sortaient de son catogan pour se glisser sur ses yeux. La chemise sortait du pantalon et la cravate était dénouée. Et en plus de ça, il s'était perdu et c'est à peine s'il l'avait réalisé.

Ce n'est qu'en passant pour la deuxième fois devant le portrait d'une sorcière hautaine dont le nez crochu était surmonté d'une double verrue qu'il réalisa qu'il ne savait pas du tout où il allait. A partir de là, en hésitant, il finit par choisir un escalier qui montait à pic dans la direction opposée.

Albus soupira et remit ses cheveux derrière son oreille. Pour être parfaitement honnête, il avait du mal à savoir où il en était. Sa candidature au tournoi des trois sorciers avait été une épouvantable erreur. Maintenant il ne lui restait que deux solutions possibles, toutes les deux désagréable à leur façon. Soit il n'était pas choisit en tant que champion et son orgueil en prendrait un coup. Dans le cas contraire, s'il était choisit comme champion de Poudlard, est-ce que cela ne se mettrait pas en travers de tous les projets qu'il avait mit en place pour cette année?

Et il y avait autre chose. Un léger frisson parcourût sa nuque. Avait-il peur ? Dans la longue histoire des tournois des trois sorciers, il était déjà arrivé que des élèves meurent. Il ne croyait pas sérieusement que cela pourrait lui arriver mais… Se ridiculiser ? Oh! être la risée de tous. Il se souvint avec amertume de son arrivée à Poudlard. Un pli déforma sa bouche et rendit son visage plus laid.

Il se souvint comme il avait dû faire de son mieux pour rester droit et digne après s'être assit à la table des Griffondors, quand un Serpentard de cinquième année l'avait apostrophé pour lui demander ce que ça faisait d'avoir un père à Azkaban. Toutes ses années à sourire. A toujours être poli et impeccable sur tous les angles pour pouvoir effacer la bavure, la souillure qui aurait pût l'accompagner.

Mais les gens l'aimaient. Il avait surmonté tout cela, les gens ne le voyaient plus comme le fils de cet homme qui avaient pratiqué des sortilèges interdits sur des moldus. Il était l'élève le plus droit, le plus méritant et le plus doué qu'ils avaient eu depuis des siècles. Et tant qu'ils le croiraient alors tout irait bien.

L'espace de quelques secondes, il haït Katerina avant de se reprendre. Il était le seul responsable de ce qui s'était passé. Elle n'avait pas cherché à dissimuler sa manipulation. C'était lui qui avait été trop faible. Cela ne lui était jamais arrivé auparavant. Elle était son égale et pour cela, il ne s'était pas méfié.

La vérité était là, tout comme les élèves qui lui faisaient une cour empressée à Poudlard, lui aussi pouvait être berné de son plein gré –comme le papillon par la lumière- par un esprit brillant. Et il fallait qu'il soit vigilant. Son prestige. L'image de respectabilité qu'il s'était formé aux yeux de la communauté sorcière. Il était très attaché à tout cela. Son passeport pour pouvoir devenir quelqu'un.

Soudainement, il déboucha à l'air libre. L'air était remplit d'une forte odeur de sel. Une mer de métal s'étendait à perte de vue et seule quelques albatros venaient briser de leurs cris la lente plainte des vagues. Sur les remparts, il croisa trois filles de Durmstrang. Elles étaient toutes les trois très minces et plutôt jolies. Il reconnut la mi-vélane aux cheveux très courts.

-Excusez-moi ?

La fille se tourna vers lui. Elle avait un visage tout fin et une petite bouche de poupée. En voyant son uniforme, les deux autres lui jetèrent un coup d'œil méprisant. Il leur sourit d'un air extrêmement poli. Une habitude qui paie.

-Excusez-moi ? répéta-t-il mécaniquement, je suis perdu, je cherche la bibliothèque.

La fille le contempla de ses grands yeux marron et comme la première fois, il sentit ses poils se dresser sur sa peau. Elle finit par lui montrer une direction du doigt sans prendre la peine d'ouvrir la bouche.

Il se dépêcha de les fuir. La mi-vélane le mettait mal à l'aise. Et ce genre de filles avait quelque chose qui ne lui plaisait pas. Elles appartenaient à la catégorie de toutes ses créatures gloussantes qui suivaient Muriel à Poudlard. Mais celles-là ne gloussaient pas. Il trouva ça inquiétant.

Il s'engouffra dans la porte qu'on lui avait indiqué quand il entendit un pas claudiquant qui se rapprochait à intervalle régulier, suivi d'un léger bruit de course.

Il continua à avancer et reconnaissant un chemin plus familier, il bifurqua immédiatement, derrière une armure prise d'une crise de hoquets, juste après avoir aperçu le professeur Prince qui se dirigeait dans la direction opposée sans avoir à le croiser. Celui-ci ne fit que quelques pas avant d'entendre les pas du troisième protagoniste le rattraper.

-Professeur Prince !

Dumbledore tourna légèrement le visage, surprit. C'était la voix de Katerina. Sans s'en rendre compte, il s'était arrêté. Il y avait une sorte d'empressement dans le ton qu'avait utilisé la jeune fille. Un ton un peu impérieux aussi. Que l'on n'utilise pas avec un professeur.

Le claudiquement s'arrêta et la voix de Katerina reprit, mielleuse cette fois. Elle minauda :

-Professeur, j'avoue ne pas tout à fait avoir compris certains points lors de vos derniers cours de legilimencie. Sur le plan éthique, est-il vraiment autorisé d'employer la légilimencie impunément sur un individu sans avoir de dérogation du ministère ?

Albus tendit l'oreille. La jeune fille essayait visiblement de s'attirer les bonnes grâces du professeur de magie noire mais pourquoi ? Pensait-elle qu'il pourrait avoir un lien avec le tournoi des trois sorciers ? Le professeur Prince répondit de sa voix douce et calme :

-… C'est une bonne question Svantovit… Pourquoi ne pas en faire profiter toute la classe au prochain cours ?

-J'avais d'autres questions professeur. .. Je sais que l'occlumentie permet de faire barrage à la légilimencie, mais par exemple, est-il possible de faire croire à un occlumens qu'on le laisse pénétrer sa mémoire et en réalité lui indiquer de faux souvenirs ? Ou seulement laisser une partie de sa mémoire accessible et en bloquer une autre partie ? J'aurais peur d'abuser du temps de mes camarades, monsieur…

Albus écoutait pleinement maintenant. Il ne pouvait pas se flatter de connaitre Katerina mais sa voix ne ressemblait pas à celle qu'elle employait habituellement avec lui. Il se sentit honteux une seconde de devoir écouter comme un simple espion, il se mordilla les lèvres et balaya ses à priori. La tricherie avait toujours fait partie du tournoi des trois sorciers, Katerina pensait-elle que le professeur pouvait influencer la décision de la coupe ?

-Je n'ai pas le temps, Catrina… J'ai rendez-vous avec le professeur Drowski.

La voix du professeur avait quelque chose de las. Mais tout de suite la jeune fille riposta, avec espoir :

-Ce n'est pas nécessaire que ce soit dans l'immédiat professeur. Je pourrais passer dans votre bureau dans la semaine, ça ne me dérange pas. N'importe quand sauf les mardis, je…

Mais le professeur lui coupa la parole :

-Miss Svantovit. Je pense que vous en savez bien suffisamment au sujet de la légilimencie pour vous passer de moi. Vous devriez plutôt vous concentrer sur vos aspics et si vraiment le sujet vous passionne, je vous conseille l'excellent : « Suivre et connaitre son ennemi » de Flaberneau Ombrilic.

L'armure derrière laquelle Albus s'était dissimulée émit quelques hoquets sonores qui ne firent que plonger les protagonistes dans un silence plus pesant. Albus risqua un œil. Dos à lui, les cheveux nattés en lourd chignon, Katerina avait l'air furieux. Les ailes de son nez étaient livides et ses yeux cerclés de noirs étaient un puit d'encre glacé.

Le professeur avait recommencé à s'éloigner, s'appuyant de sa canne à pommeau d'ébène. Puis au bout de quelque secondes, il s'arrêta et ajouta de sa voix calme et douce :

-A propos, Miss Svantovit, je tenais à vous préciser que la prochaine fois où vous ne participerez pas aux travaux pratiques en magie noire, ce ne sera pas la peine de remettre les pieds dans mon cours.

Puis il repartit en claudiquant. Katerina n'avait pas bougée, les lèvres tremblantes. Elle appela une dernière fois :

-Professeur !

Mais seul un léger écho lui répondit. De rage, elle donna un coup de pied dans une commode qui riposta en lui écrasant les orteils. Frustrée, elle partit furibonde dans l'autre sens, dans le flot de sa longue jupe rouge et sur ses petites bottines à boutons. Albus resserra ses livres contre lui, assez perplexe sur ce qu'il venait d'entendre. D'un pas rapide il rejoignit rapidement la bibliothèque.


Il y avait dans cette pièce quelque chose qui tenait du dortoir des Serpentard mais Albus ne pouvait pas le savoir. La bibliothèque de Durmstrang trouvait refuge en partie dans le roc et l'autre partie sous la mer, diffusant une lueur froide et sinistre sur ses ouvrages. On dit que la lumière du soleil jaunit les feuilles et vieillit les parchemins. Ceux de cette bibliothèque ne la voyaient jamais. Les deux étages composés de noyer brut, relié par quatre escaliers en colimaçons regroupaient une quantité impressionnante de connaissances regroupées pêle-mêle sur des étagères croulantes.

Des tables basses et entourées de fauteuils moisissant en velours bleu rois trainaient un peu partout. Des grappes d'élèves chuchotants s'y étaient regroupées et soit travaillaient, soit discutaient de tel ou tel sort, telle ou telle potion. Soudain l'un d'entre eux ne pût se réprimer et éclata d'un rire tonitruant. Il n'eut pas le temps de dire ouf que ses lèvres s'enroulèrent sur elles-mêmes pour boucher sa bouche et aussitôt son rire s'étouffa tout seul.

Toute sa tablée pouffa en silence et continua son travail plus calmement.

Albus parcourût toutes les tables du regard et ne trouva pas de place assise. Après quelques recherches, il finit par dénicher une toute petite table au deuxième étage, nichée contre une vitre. Il y déposa son exemplaire de « Comment se dissimuler à son ennemi » et sortit de son sac deux rouleaux de parchemin ainsi que sa plume et son encre garantit sans aucunes bavures –Il détestait les bavures !-.

Il travailla durant une petite quarantaine de minutes sans être dérangé, mais finalement, un garçon qui avait déjà fait deux fois le tour de l'étage, s'approcha de lui :

-Je peux m'installer, garçon ?

Il s'était appuyé d'une main sur la table pour lui demander, ce qui lui donna une fausse impression d'intimité. Il leva les yeux et reconnu le garçon blond qu'il avait vu avec Katerina. Gellert Grindelwald, le nomma-t-il mentalement. Albus hocha la tête silencieusement et dégagea de ses affaires la deuxième moitié de la table.

L'autre s'installa en se glissant sur la chaise basse, souple comme une anguille. Il ne portait pas sa veste d'uniforme et sa chemise était retroussée aux manches et le col débraillé. Les mèches bouclées étaient retenus derrière sa nuque par un lacet de cuir qui ne servait pas à grand-chose. Il posa un livre devant lui et commença tranquillement sa lecture sans plus s'occuper d'Albus qui retourna à ses propres recherches.

Ils passèrent ainsi une heure sans se dire un mot, de sorte qu'Albus en fût même étonné de la part d'un garçon qu'il avait vu si expansif. Il releva les yeux et contempla le beau visage blanc, les sourcils froncés sur les pages de son manuscrit, la bouche logée dans le creux de la main tandis que le coude était appuyé sur la table. Il reconnu sans peine le manuscrit.

C'était un exemplaire ancien des contes de Beedle le barde, que sa mère lui lisait quand il était petit. Finalement, Gellert finit par lever les yeux vers lui :

-Qu'est ce que tu regardes garçon ?

-Juste ton livre. J'ai toujours eu un faible pour le conte des trois frères…

-C'est justement celui-là qui m'intéresse.

Gellert fronça les sourcils et détailla son interlocuteur. Albus et son front déjà majestueux. Sa haute taille qui lui donnait l'air un peu bossu penché sur une table. Les yeux fins, assez longs, placés bas sous les sourcils, ce qui leur donnait un regard acéré. Le nez droit, le visage long qui se terminait par un bouc de poils roux. C'était un visage séduisant, mais son propriétaire semblait avoir oublié son Brossedur dans son cul.

-Je te connais, dit-il finalement, c'est toi qui as fait une si merveilleuse potion l'autre jour. Et tu étais avec Chat l'autre jour…

Albus sourit :

-Je te connais aussi, tu chantais faux le premier jour. Pendant la chorale de bienvenue.

Gellert fit des yeux ronds, puis pencha la tête tandis que ses lèvres se retroussaient sur un rire contenu :

-Oh ça. Tu avais remarqué.

-Je me suis bien amusée, répondit le rouquin avec un sourire détaché.

Il y eu léger silence que Gellert finit par briser :

-Alors ? C'était quoi ?

Albus lui jeta un regard interrogatif auquel le blondinet répondit :

-La potion. Qu'est ce que tu as fait pour qu'elle soit si merveilleuse ?

-De l'élixir de ricin. Ca permet de lier le pus de veracrasse et la sève d'aubépine… La plupart des recettes de potions qui utilisent ces deux ingrédients semblent négliger l'élixir de ricin et je pense que c'est une grave erreur.

Gellert se pencha vers lui et ses yeux brillaient :

-Astucieux, je n'y avais pas pensé. J'imaginais plutôt que tu avais rajouté du crin de licorne pour que la texture soit plus liquide.

-Du crin de licorne ? Ses propriétés sont multiples, peut-être trop audacieux mais ça devrait avoir son effet. Je testerai au prochain cours.

-Mettons-nous ensemble la prochaine fois, et essayons de faire une potion qui fera pâlir d'envie le professeur Pierredecou.

Il avait ce rire dans la voix qui lui était si propre et Albus se sentit séduit par la simplicité avec lequel ce garçon exprimait son désir d'excellence et d'ambition. Il se sentit un peu désolé pour Londubat mais accepta rapidement la demande du jeune homme. Néanmoins, quelque chose le taraudait.

-Au fait, pourquoi as-tu le privilège d'une dérogation du professeur Drowski pour les cours de potion ?

-Je suis en sixième année pour l'instant, mais j'ai fait une demande pour trop d'options en septième années et j'ai des dérogations pour en passer certaines dès cette année pour alléger mon année d'aspic.

-Même avec des cours en plus, tu veux quand même participer au tournoi des trois sorciers ?

Gellert chassa une poussière imaginaire de sa manche, d'une pichenette :

-Je m'ennuyais, garçon.

-Albus Perceval Elric Brian Dumbledore. C'est comme ça que je m'appelle.

L'autre eu un sourire Goguenard :

-Juste Gellert. Et Grindelwald est mon nom de famille, garçon.

Albus haussa les épaules mais il était un peu vexé. Satisfait, Gellert tourna son visage vers la vitre et contempla les eaux profondes. La lumière bleutée dansait sur son visage, glissant sur ses traits réguliers comme des fantômes étranges.

-Regarde, murmura t-il.

A l'extérieur, une pieuvre nageait tranquillement vers eux et vint se coller contre la vitre, roulant ses tentacules mollement dans une danse presque érotique.

-La seule vraie magie. Une grâce telle que l'on ne pourrait jamais l'imiter, même avec tous nos pouvoirs. Quelque chose que seuls les animaux possèdent.

-Même des animaux comme les moldus ? Voulu blaguer Albus .

Mais il réalisa avec horreur, une fois que les mots étaient dits, que cette blague, provenant directement de la rancune qu'il avait gardé si longtemps contre les moldus qui s'en étaient prit sa petite sœur, pouvait avoir l'air de très mauvais goût.

Aussitôt il voulu bredouiller des excuses mais le deuxième le fit taire en lui agrippant la manche du bout des doigts. Gellert lui fit un sourire très doux tout en baissant les yeux :

-Les moldus ne sont-ils pas par essence des être totalement dépourvu de magie ?

Après cette dernière tirade, ils terminèrent leur travail en silence et finalement ce fût Gellert qui s'en fût le premier. En partant, il sera la main du Griffondor :

-On se reverra bientôt.

-Au prochain cours de potion.

-Avant cela, garçon, demain soir. Ce sera la sélection des champions par la coupe de feu. On se retrouve sur l'estrade.

Et sur ce, Gellert lui fit une révérence maniérée et s'en fût. Il rangea son livre sur la mauvaise étagère et passa la porte de la bibliothèque.

Dehors, quelqu'un l'attendait, appuyé contre le mur.

La silhouette tritura sa jupe du bout des doigts avant d'aller se pendre au bras du jeune homme :

-Qu'est ce que tu faisais ? Ca fait des heures que je t'attends.


Il déposa une pincée de poudre de coquillage dans le chaudron en étain et aussitôt une mousse légère de couleur mauve se forma à la surface du liquide. Puis Albus baissa le feu d'un coup de baguette avant de faire trois tours dans le sens des aiguilles d'une montre dans la potion à l'aide d'une grande cuillère d'argent. Bientôt la potion serait prête.

Il entendit la porte grincer et se retourna. Katerina venait d'entrer, pile à l'heure pour leur rendez-vous du mardi.

La pièce était naturellement sombre. Malgré les lourds cierges que Albus avait enflammé d'un coup de sort informulé à son entré, l'atmosphère était sombre, étouffante et sentait l'humidité. Des rats faméliques et énormes couraient le long des murs et disparaissaient dans les replis de la roche acérée. Sur des tables en bois saturées d'humidité trônaient de lourds alambiques et plusieurs foyers où placer des chaudrons.

Avec son petit sourire suffisant, elle s'approcha du chaudron et renifla rapidement avant de conclure avec un claquement de langue satisfait :

-Polynectar.

-Bonsoir, lui sourit Albus avec l'indulgence de celui qui a saisit que s'indigner du manque de courtoisie de son interlocuteur est la meilleure façon de la conforter dans son impolitesse.

-Bonsoir, marmonna Katerina du bout des lèvres en fronçant le nez et en sortant de sa besace une légère bourse de cuir qu'elle déposa sur la table.

-Qu'est ce que c'est ? Demanda doucement Albus tout en ouvrant la bourse du bout des doigts et en en sortant une boucle de cheveux gris.

Il se doutait de la réponse mais attendait qu'on la lui donne clairement. Ils avaient déjà émit cette hypothèse là avec Katérina mais n'avaient pas encore envisagé de la réaliser sans avoir d'abord débattu des risques et des questions éthiques. Mais il était possible que la jeune femme ait considéré qu'elle était capable de faire la part des choses toute seule.

-Une simple mèche empruntée à un inconnu.

-Vivant ou mort ?

Une de leurs hypothèses. Le polynectar était-il toujours aussi fonctionnel si la personne dont provenait la partie était morte ? Si oui, combien de temps le polynectar considérait que le cadavre était encore « l'individu » ? En gros, était-il possible de tuer quelqu'un et de prendre définitivement sa place ?

-Mort bien sûre. Nous avons déjà débattu Albus, le polynectar sans disparition du modèle ne permet pas une parfaite identification tant que le preneur de polynectar est en vie.

-Je ne veux pas savoir comment tu t'es procuré ça… Tes ongles sont trop propres pour que tu sois allée gratter la terre d'un cimetière… Un funérarium peut-être. Un Moldu probablement. Sache juste que je ne toucherai pas à ce mélange morbide moi-même. Tu devras le boire toi-même.

En écoutant ses derniers mots, elle éclata de rire :

-Oh mon Dieu, tu n'imagines pas que j'avais prévu que l'un d'entre nous boive ce truc ! Oh Merlin, non. Non, non, non, nous sommes trop précieux pour ça.

Elle prit quelques secondes avant de reprendre son sérieux tandis qu'Albus fronçait les sourcils :

-Alors qui ?

-Oh je ne sais pas encore… C'est très facile. Un deuxième année insipide en quête de quelques noises. Et les baguettes réglisses sont si chères de nos jours… Pas de première année, ils sont encore trop prudents. Oui, un deuxième année c'est bien.

-Et si ça tourne mal ?

-Et bien dans ce cas, un petit « oubliette » fera l'affaire et on l'envoie presto à l'infirmerie en disant que ce petit imbécile a voulu gouter à l'une de nos préparations sans en avoir la permission.

Il lui lança un regard où perçait un léger dégout auquel elle répondit insolemment par un sourire en V. Puis il pensa à tout ce qui pourrait être fait si leurs recherches étaient menées à bout. Oh non, il n'assentirait pas. Mais il n'agirait pas, laissant Katerina se salir les mains si elle le désirait. Lâchement, il se détourna et retourna à sa potion et crû entendre un « Qui ne dit mot consent » qu'il préféra ignorer.

Ils se mirent au travail en silence. Lui touillant et annotant sa recette du polynectar tandis que Katerina dressait un plan de travail à l'aide d'une longue plume de faisan affutée.

Au bout d'un moment, Albus vit la nuque droite de la jeune fille se redresser et elle se tourna vers lui :

-Au fait, Gellert m'a dit qu'il t'avait parlé. A la bibliothèque…

Albus replaça une mèche rousse derrière son oreille et répondit nonchalamment :

-C'est vrai. C'est un garçon intéressant. D'ailleurs, nous avons décidé de nous mettre ensemble au prochains cours de potion, je ne sais pas s'il a pensé à te le dire.

-Si, il me l'a dit. Ce qui signifie que je me retrouverai avec Londubat en potion. Ca ne me parait pas être un trop mauvais marché. Gellert est doué en potion mais… Il est absolument impossible. Enfin, tu le constateras par toi-même.

Le ton était monocorde. Albus sentit ses mains devenir moites. Katerina voulait dire quelque chose qui n'était pas encore sortit. Elle était sans doute vexée que Gellert l'ai laissé tombé pour le cours de potion mais ça ne justifiait pas le léger malaise qu'il ressentait. Comme si un non dit plus grave planait entre eux.

Katerina hésita, pencha son beau profil slave sur son parchemin, et tout en continuant à gratter des mots de son écriture italique, elle reprit la parole :

-Dans ton propre intérêt … Tu ne devrais pas te rapprocher de Gellert. Tu ne sais rien sur lui et il ne t'apportera que des ennuis…

Albus répondit d'un ton légèrement sec :

-Ce genre de conseils me paraît bien léger de la part de quelqu'un qui poursuit son professeur dans les couloirs pour des raisons plus que douteuses.

Elle tourna très légèrement son visage vers lui de sorte qu'il soit juste au bord de son champ visuel puis elle murmura très doucement, avec une pointe de tristesse dans la voix :

-Le message a bien été entendu. Dorénavant, je garderai mes conseils pour moi.

Ils se remirent au travail. Aussitôt que la potion fût terminée, Albus rassembla ses affaires et sans alla pour échapper au silence pesant qui s'était installé entre eux.


Ernest enduisait son crapaud d'une sorte de gelée transparente et mauve. Malgré le soin minutieux qu'il lui accordait comme à son habitude, ses mains tremblaient. Albus était assis sur son lit, un livre posé sur les genoux. Il avait beau faire de son mieux, l'excitation envahissait son estomac et se répandait à l'intérieur de son corps, comme si un serpent se baladait dans son système digestif. Plus que quelques heures et ils sauraient enfin qui seraient les champions de leurs écoles respectives.

Ernest passa une main nerveuse dans ses cheveux, y répandant de la gelée, ce qui n'était pas du tout dans ses habitudes. Son crapaud croassa d'indignation.

Albus déposa son livre sur la couette et vint se placer à coté de son ami. En jetant un coup d'œil sur son crapaud, il remarqua que celui-ci avait de petites cornes placées au dessus des yeux.

Voyant son regard intrigué, Ernest expliqua avec un sourire :

-Ça n'a rien d'anormal, le crapaud cornu est parfaitement répandu dans le monde entier, même les moldus les connaissent. Mais je vais essayer de faire pousser les sienne.

-Ce n'est pas trop dangereux d'expérimenter de la magie sur ton animal de compagnie ?

-Pas de soucis. Ma famille s'occupe d'un élevage de crapaud en écosse depuis plusieurs génération. Je suis très calée sur les batraciens. Il faut faire gaffe avec Yverne, c'est une espèce qui est facilement agressive.

Ils se sourirent mutuellement avant que l'un finisse par dire d'une voix qui se voulait maitrisée :

-On devrait y aller, la cérémonie va bientôt commencer.

-Ouais. Allons-y…

Quand ils arrivèrent dans le grand Hall, tous les élèves étaient agités et créaient autour d'eux un véritable brouhaha. Albus et Ernest durent se tailler un chemin parmi des élèves de Beaubâton pour rejoindre Augusta, assise seule devant une tranche de pain beurré à peine grignotée, le teint verdâtre et les cheveux en bataille.

Ernest lui lança un regard inquiet :

-Ca va aller ?

En réponse, elle grogna un truc du genre :

-Qu'est ce qui m'a prit ! Enfin… Rien d'autre à faire que de vouloir faire le pitre devant toute cette école !... Rien dans le ciboulo !

Les deux garçons s'assirent en face d'elle et firent un effort pour se servir copieusement de tous les plats délicieux qui s'étalaient devant leurs yeux. Mais pour être très francs, ils n'avaient pas vraiment faim.

La viande froide aux herbes dont Albus avait garnit son assiette semblait être en plastique et il n'en sentait pas du tout le goût. Contrairement aux autres élèves, aucun d'entre eux trois ne parlait. Ils remarquèrent en jetant des coups d'œil aux autres tables que les autres concurrents ne semblaient guère dans un meilleur état.

Albus resserra son col de chemise et le lissa pour la troisième fois tandis que son regard glissait sur les tables. A l'une d'entre elles, bras dessus, bras dessous, Katerina et Gellert babillaient gaiement, apparemment pas du tout concernés par l'agitation qui régnait autour d'eux. Albus ressentit soudain une étrange pitié pour ses deux êtres qui faisaient semblant d'être amis et qui en réalité se détestaient peut-être.

En face d'eux, la mi-vélane de Bois renard grignotait une salade aux graine diverses d'un air morose.

Enfin le directeur Drowski se leva et tout le monde se tût. Phinéas Black le rejoignit accompagné de Sylvestre Blanchepois, le grand directeur maigre de Beaubâton, qui avait abordé pour l'occasion une longue robe bleue ciel bordée d'hermine.

Drowski, son visage sournois éclairé par ses yeux jaunes et féroce écarta les mains pour réclamer un silence qui se fit immédiatement. Il sourit et ses lèvres encore maculées de graisse de viande brillaient.

-Cherr élève, je sais ce que vous attendez avec impatience. L'évènement que vous désirrez avec tant d'ardeurr va enfin surrvenirr. La coupe de feu a prrris sa décision et va enfin choisirrr un champion pourrr chaque école concurrente!

Albus sentit sa gorge se nouer et il posa définitivement sa fourchette à coté de son assiette pour ne plus y toucher.

La flamme de la coupe se transforma en une immense flamme bleue et une languette de papier brûlé en jaillit et tourbillonna un instant dans les airs avant de s'immobiliser entre les longs doigts du professeur Blanchepois. Aussitôt celui-ci prit la parole d'une voix doucereuse et suave :

-J'invite le champion de ma maison à me rejoindre sur l'estrade. J'appelle… Mr Ernest Londubat !

La salle explosa en applaudissement et Ernest mit quelques secondes à réaliser que c'était de lui qu'il s'agissait. Il rougit jusqu'aux oreilles et se leva d'un air gêné avant de rejoindre son directeur d'un air gêné. Albus remarqua que les applaudissements des Beaubâtons manquaient de chaleur.

De leur coté, Katerina et Gellert se penchaient l'un vers l'autre en se glissant à l'oreille des choses qui semblaient les faire beaucoup rire.

La flamme de la coupe redevint bleue, et un deuxième papier sortit de la coupe. Cette fois, ce fût le professeur Black qui le rattrapa tandis qu'Augusta empoignait la nappe à pleine main.

-Et le champion de Poudlard sera… Mr Albus Dumbledore !

Albus sentit une boule lui nouer le ventre tandis que toute sa tête semblait plongée dans un intense brouillard. Il se leva sans trop comprendre sous les battements de mains de ses camarades. A leur table, Augusta exultait de soulagement. Dans la foule il croisa leurs yeux. A lui et à elle. Leurs sourires goguenards semblaient lui dire : On se retrouve tout de suite.

Quand il fût derrière son directeur, Albus vit qu'Ernest lui lançait un sourire engageant auquel il essaya de répondre tout en n'effectuant qu'une espèce de rictus. Leur amitié allait-elle survivre à leur nouvelle rivalité ? Le cœur battant, c'est avec un regard absent qu'il vit la flamme devenir bleu à nouveau. Le dernier fragment de papier jaillit du feu et tournoya dans les airs très doucement.

Albus les vit comme dans un rêve. Au ralenti. Les souffles suspendus de ses camarades. Les sourcils froncés du professeur Prince. Les lèvres grasses du professeur Drovski et ses doigts boudinés qui saisissaient le papier :

-Et le représentant de Durmstrang sera …

Et leurs regards communs à tous les deux. Brillant d'orgueils et d'espoirs. Avec leurs bras crochetés ensemble.

-Mademoiselle Katerina Svantovit !

Les yeux du garçon qui s'écarquillèrent alors que l'autre se levait, radieuse et puissante, avec ses lourds cheveux brillants et son sourire plein de dents pointues. Et alors qu'elle se dégageait, il se raccrocha à ce bras qu'il tenait comme pour l'empêcher de partir.

Alors que Katerina se dégageait, le garçon resta stupéfait et il avait le visage d'un enfant un peu idiot, avec sa bouche étonnée et ses tendres boucles blondes. Albus remarqua son gilet brodé de turquoise. Le même qu'il portait quand il avait mit son nom dans la coupe, si sûr de sa victoire alors.


Quand ils sortirent du grand hall, un peu plus tard, Katerina, Ernest et lui, entourés par leurs camarades, ils ne firent qu'une dizaine de pas avant qu'un cri ne se fasse entendre :

-Expeliarmus !

La baguette de Katerina jaillit de sa poche et le garçon qui avait lancé un sort la rattrapa.

Gellert était assis sur une des marches de l'escalier qui montait au premier étage. Il avait l'air calme et il demanda d'une voix très posée, peut-être légèrement trop :

-Pourquoi toi ? Je ne comprends pas très bien. Je te bats toujours en duel. Mon niveau est aussi bon que le tiens alors que je suis plus jeune que toi. Je suis indubitablement plus agile et plus doué que toi. Alors pourquoi est ce que je n'ai pas été choisit comme champion à ta place?

Elle lui sourit d'un air dégagé alors que les élèves chuchotaient autour d'eux:

-Si tu me rends ma baguette je te le dirai…

Il lui lança comme on jette une aumône à un clochard qui nous débecte et elle répondit d'une voix mielleuse :

-Mon cher Gellert, nous ne sommes pas dans un simple duel de sorcier. Le champion ne doit pas simplement rechercher la gloire et la force brute mais faire honneur à son école. Tu es certes plus doué mais tu manques de bien des qualités pour être un grand champion. De la rigueur. De la discipline. Tu es trop démonstratif, trop dans la provocation. Et avant toute chose, tu ne cherches la gloire que pour toi-même et non pas par fierté d'être celui qui représentera son école. Voilà pourquoi, pas une seconde je n'ai pensé que tu serais capable de nous représenter.

Quand elle eu finit de parler, ils se regardèrent et finirent par se sourire.

-Alors c'est juste ça ?

Il eut un petit rire et se leva. Puis il brassa de l'air d'une main :

-Je ne suis pas champion car comme vous trois, je ne suis pas un merveilleux petit modèle stéréotypé et insipide. Je vois, je vois. Je vous laisse alors. Vous et votre stupide petit tournoi.

Et il leur tourna le dos et s'en fût.


Chapitre fini.

Je vous laisse les Loulou, je vous souhaite joie et longue vie après cette lecture.

Comme on dit chez moi :

Honneur et tartiflette !