Disclaimer : Lala, pas grand-chose à moi par ici …

Bonjour bonjour, et toujours méga à la bourre…

Je vous parlerai bien de mes vacances et de tous les autres projets sur lequel j'ai bossé ces derniers temps mais je pense que tout le monde s'en fiche…

J'ai changé mon rating en M. Ce n'est pas pour tout de suite mais je pense qu'il y a bien un moment où ça le méritera donc bouala . J'ai beaucoup aimé écrire ce chapitre alors j'espère que vous aimerez le lire.

Enjoy !


Chapitre 4 : Une blague

Emir Kusturica –bubamara


Il n'y avait pas vraiment de plage, juste de gros rochers de lave noire que les années avaient tapissées de milliers de moules.

Albus l'avait aperçu alors qu'il marchait le long des remparts, accompagné de ses deux amis. Il avait alors prit congé et avait rejoint l'autre sur cet ersatz de plage qui longeait la citadelle avant que le rocher ne se fonde dans la mer.

Il y avait du vent, comme toujours de ce coté du château et l'air était pleine d'une odeur d'embruns et de coquillages. Alors que de longues mèches de cheveux roux dansaient en pagaille devant ses yeux, Albus regretta de ne pas les avoir attachés avant de descendre. L'air était glacé, alors il resserra les pans de sa cape sur ses épaules et se promis de lui lancer un maléfice auto-chauffant la prochaine fois qu'il aurait un peu de temps.

Quand il le rejoignit, Gellert était dos à lui, marchant pieds nus sur les pans de moules acérées. Albus lui dit simplement :

-Tu devrais remettre tes chaussures, tu vas te blesser.

Gellert se retourna et lui lança un regard indéchiffrable. Puis il leva le pied et jeta un coup d'œil indifférent à sa plante déjà marbrée de meurtrissures. Quand il releva les yeux vers Albus, il lui souriait, mais ce sourire avait quelque chose de méchant :

-Qu'est ce que tu fais là ?

Albus s'humecta les lèvres et chassa les cheveux qui lui rentraient dans les yeux tout en sachant que c'était un combat sans espoir. L'aversion de l'autre était palpable mais il lui répondit le plus posément possible :

-Rien en particulier. Je m'inquiétais peut-être un peu.

L'autre haussa les sourcils bien hauts et se mit à rire :

-Pourquoi donc ?

Albus voulu répondre mais Grindelwald ne lui en laissa pas le temps :

-On se connait ? Tu es mon ami peut-être ? Ton droit de t'inquiéter pour un inconnu est légitime, mais je ne pense pas que venir me prêter ton épaule comme tu le fais soit un acte intelligent. Penses-tu que je vais déverser ma peine et ouvrir mon cœur à une personne que je ne connais pas et qui de plus a réussi là où j'ai échoué ?

Dumbledore se raidit imperceptiblement et répondit d'une voix parfaitement maitrisée :

-Je suis navré de t'avoir froissé. De là d'où je viens, la confiance est quelque chose que l'on ne donne pas avec facilité, mais le réconfort quand il est offert ne représente pas non plus un objet de défiance et de rejet. Mais je crois bien que l'on ne pense pas de cette manière ici.

Gellert renifla :

-Tout me semble dit. Comme tu l'as fait remarquer, nous ne faisons pas partit du même monde, alors à quoi bon nous mélanger ? Tu devrais aller retrouver tes « gentils amis » et me laisser en paix avec moi-même.

Albus plissa les yeux et une bourrasque le décoiffa à nouveau. Gellert portait une chemise ample qu'il avait recouverte d'un autre de ses gilets brodés. Le ciel plombé offrait un reflet bleuté à son visage pâle et le vent insolent donnait à ses boucles trop longues l'aspect d'une flamme dansante.

Il pensa à Loki. Ce Dieu moldu scandinave. Il pensa au Renard. Au trickster.

Il baissa les yeux et regarda les pieds nus et tâchés de rouge.

-Tu saignes, dit-il simplement.

-Mêle-toi de ce qui te regarde.

Le ton était d'une froideur mordante mais c'était des lèvres souriantes qui l'avait murmuré.

Elles se retroussèrent une nouvelle fois sur les dents blanches et agressives :

-Va–t-en Albus. Va rejoindre ceux qui te ressemblent. De beaux et sages élèves avec de bonnes notes et du lait de poule dans les veines.

Albus posa sa main contre sa baguette en signe de menace mais ne fit rien d'autre. Il se prépara à partir mais juste avant de s'éloigner, il se retourna une dernière fois :

-Vous autres élèves de Durmstrang, commencez véritablement à user de ma patience. La courtoisie semble être une chose qui vous échappe.

Ce à quoi Gellert répondit d'un geste purement méprisant en lui lançant avant de tourner le dos :

-C'est ça, on se voit en potion. Tchao-tchao !

Mais il n'eut pas fait trois pas dans l'autre sens qu'une vague plus grosse que les autres déferla et s'abattit comme une douche au dessus de sa tête.

Interloqué, Grindelwald se retourna pour jeter un œil à un Albus parfaitement sec qui caressait du bout des doigts sa baguette.

-Joli informulé, garçon, Commenta le slave d'une voix où enfin perçait un sourire sincère.

Mais ce fût à ce moment là qu'il sentit le sel atteindre les plaies de ses plantes de pieds et il poussa un grognement sourd. Il dansa sur place un instant, avant de s'immobiliser devant son camarade pour lui faire une révérence moqueuse.

-Merci, commenta ironiquement Dumbledore avant de faire demi-tour, définitivement cette fois.

Avant d'ajouter enfin :

-On se voit en potion.

Et seul un éclat de rire lui répondit.


Albus et Ernest étaient arrivés ensemble et aussitôt, le professeur Drowski leur proposa de prendre un siège. Ils étaient placés dans une salle ronde aux murs de pierre brute. La pièce était froide et même le feu qui ronflait doucement dans l'immense cheminé ne semblait pas vouloir réchauffer l'air. Les sièges de bois dur étaient désagréables également. Seul le professeur Drowski avait eu le droit à de lourds coussins de taffetas sur lequel il étalait son corps énorme.

Le professeur Black avait préféré rester debout. Quand au Directeur de Beaubâton, Sylvestre Mirepoix, il sirotait aimablement une tasse de tisane, engoncé dans une robe de velours rose brodée de chardon gris.

Étaient également présents le professeur Prince ainsi qu'un très vieil homme que Dumbledore ne reconnut pas mais qu'il identifia comme Gregorovitch, le fabriquant de baguettes. Celui-ci était accompagné d'un tout jeune garçon qui devait être son fils, car tout deux avaient les mêmes traits acérés et de semblables yeux d'un bleu délavé.

Il aperçu dans un coin, un petit homme fébrile et dégarni qui écrivait à une vitesse effrénée sur un très long parchemin et de temps à autre, sa plume le rabrouait quand il faisait une faute d'orthographe. Albus devina en lui un reporter de la gazette, qui s'était déplacé spécialement pour l'occasion.

Enfin Katerina arriva et referma la porte derrière elle avant de prendre place à leur coté avec un petit sourire aux lèvres mais sans saluer qui que ce soit.

Comme tout le monde semblait être présent, le directeur Drowski leva les bras en signe de bienvenue :

-Vous voilà enfin, chers étudiant. C'est grrrand honneurr que celui que vous vennez de recevoirr. Très trrès grand honneur. Il me semble que le directeurr Black ici prrrésent a été lui-même choisit par Poudlarrd en son temps. Malheurrreusement il fût déclarré grrrrand perdant de ce tourrrnoi, malgrrré tout son talent.

Le professeur lui jeta un regard assassin et ce fût Sylvestre Mirepoix qui poursuivit la conversation :

-Jeunes gens, avant de participer à la première épreuve, il va falloir néanmoins vous soumettre à l'examen des baguettes et aussi que nous vous donnions quelques précieux indices afin que vous puissiez vous préparer le mieux possible à toutes les épreuves qui vous attendent. Pour commencer, nous allons vous parler de la première de vos tâches. Évidement, vous l'expliquer totalement est interdit par le règlement ! Cependant, le ministère et nous même avons décidé de faire quelques entorses à la règle en vous donnant malgré tout de légères chances de survie.

Et ce disant, il gloussa dans sa barbe tout en la faisant tourner autour de son doigt. Puis il se pencha vers eux avec un air mutin :

-Retenez-bien ceci si vous voulez être la gloire de votre école, mes jeunes amis : L'endroit où vous devrez aller chercher le trophée de la première épreuve se situe dans un endroit où même les plus frileux risquent de se trouver trop chaudement habillé. Et nous ne vous en dirons pas plus.

Albus échangea une œillade avec Ernest qui lui confirma que son « ami » pensait la même chose que lui. L'école était bâti dans une zone où l'activité sismique était importante. Était-il possible que leur directeur envisage de les faire rentrer à l'intérieur d'un volcan ?

Katerina glissa son minois dans le creux de sa paume et ne fit pas d'autre commentaire que celui de poser sa baguette sur la table devant elle. Le professeur Prince lui lança un regard acéré.

Après un instant d'hésitation, Albus et Ernest firent de même. Le fabriquant de baguette s'approcha alors d'eux et quand il se pencha en avant pour saisir la baguette de son voisin, Albus sentit qu'émanait de lui une odeur acre de sueur et d'alcool fort. Il retroussa le nez et retint sa respiration.

Le vieil homme fit tourner la baguette entre ses doigts avant de la renifler.

-Hum… Voilà une baguette qui ne vient pas de chez moi. Mais je reconnais l'odeur. Du pin n'est ce pas ? Oui, et à l'intérieur, voyons...

Avec une lenteur calculée, il lécha la baguette de haut en bas tandis que Ernest crispait ses doigts sur ses genoux, bien que son visage demeura impassible.

-Une plume de phénix… Un vieux mâle solitaire. Oui, je vois. Et bien Monsieur Londubat, il me semble que votre baguette est parfaitement dans les normes. Voilà, voilà. A votre tour, Monsieur Dumbledore. Oui, je la reconnais, c'était il y a bien longtemps maintenant. Bois d'orme et ventricule de Dragon. C'est votre père qui m'avait acheté cette baguette quand il était jeune, il semblerait que vous en ayez hérité. Depuis que votre père, il me semble…

Prit d'une envie irrésistible d'étrangler cet homme, Albus répondit en lui coupant la parole :

-Oui, c'est bien la sienne, je vous remercie.

Le vieil homme le dévisagea d'une manière étrange mais ne fit aucun commentaire sur son manque de politesse. Il renifla la baguette avant de la reposer devant Albus, au grand soulagement de celui-ci.

Enfin, il parvint devant Katerina, qui le foudroyait par avance d'un regard assassin, comme pour le mettre au défi de lécher sa propre baguette.

Il saisit délicatement la baguette de la jeune fille :

-Alors, voyons l'instrument de Mademoiselle Katerina Svantovit. Bois de pommier. Cœur de vipère cornue. Bien équilibrée.

Il la retourna dans tous les sens, la renifla comme il l'avait fait pour la précédente mais ne la lécha pas.

Il s'arrêta soudain et regarda la jeune fille dans les yeux.

-Mais j'y songe… Soudain cela me revient… Ce pommier poussait dans votre jardin, n'est ce pas ? C'est votre défunt grand-père qui m'en avait fournit le bois… J'avais fait deux baguettes pour votre famille. Je n'ai jamais sût ce qui était arrivé à la deuxième. C'est vrai qu'après…

-Expeliarmus !

La baguette de Katerina s'échappa de la main du vieil homme et ce fût le professeur Prince qui la rattrapa d'un geste leste :

-Je vous remercie mais ce sont des détails qui ne concernent que la famille Svantovit elle même. Pouvez-vous simplement nous dire si cette baguette est dans un parfait état ?

Le silence qui suivit ne fût brisé que par le « T'as oublié un s, corne de gibouille ! » que la plume du reporter avait lancé à son écrivain.

Le vieil homme avait baissé les yeux et marmonna un vague :

-Excellent état monsieur.

Le professeur Prince fit un sourire aimable et tendit la baguette de pommier à sa propriétaire, en la tenant par la pointe. Malgré son air affable, Albus remarqua que l'ambiance avait changé. Le jeune homme avait bondit devant son père quand le professeur avait dégainé sa baguette et ses yeux brillaient. Le professeur Mirepoix s'était également débarrassé de son habituelle bonhomie et ses traits étaient tendus et ses sourcils froncés.

Ils ne parurent se détendre que quand la baguette du professeur de défense contre les forces du mal disparût dans les replis de sa robe de sorcier.

Le professeur Drowski, reprit une nouvelle fois la parole :

-Et bien mes enfants, ce serrrra tout pourrr aujourrrd'hui.


Un soleil froid de fin septembre se diffusait à travers les vitres sales de la serre.

Avec toute la délicatesse du monde, Albus attrapa la Drosae juste derrière les mâchoires et pinça légèrement, juste suffisamment pour que la plante écarte les pinces mortelles hérissées de cils gluants qui lui servaient de bouche.

A la même table que lui, Ernest rechignait apparemment à lui donner vivante une belle mante religieuse de couleur rose et dont le front était surplombé de cornes torsadées. Ce fût Augusta qui lui prit l'animal des mains et le livra en pâture à la plante carnivore sans le moindre état d'âme.

-Mon cher Ernest, si tu veux avoir la moindre chance de gagner le tournoi des trois sorciers, il va falloir que tu montres un peu plus de poigne.

Le jeune homme sourit à sa sorcière de voisine et lui glissa d'un ton taquin :

-Ce n'est pas comme si ça te dérangeait, n'est ce pas ? Cela ne pourrait qu'avantager notre champion Poudlardien favoris.

-Bien sûr que je veux que Poudlard gagne, rugit Augusta, comme si cela avait été insultant de sous entendre qu'elle pouvait les soutenir tout les deux.

Albus les observa avec bienveillance. Il se sentait pour le moment étranger à cette douce intimité qui réunissait chaque jour davantage Ernest et Augusta. Il avait encore peur de la rivalité qui l'opposait désormais au garçon de Beauxbâtons. Alors pour détendre l'atmosphère, il expliqua :

-Je ne pense pas que ce soit lié à un manque de poigne. Ernest est tout simplement quelqu'un de gentil et la souffrance d'un animal l'affecte.

Augusta haussa les épaules et souffla sur sa frange bouclée qui voleta autour de ses yeux. Albus relâcha la mâchoire végétale et celle-ci s'empressa de mettre fin à la courte vie de sa victime. Ernest avait pudiquement détourné le regard de la scène tandis qu'Augusta nettoyait les instruments qu'ils avaient utilisés pendant le cours.

Mais Dumbledore avait du mal à détacher ses yeux de la scène. Cette mise a mort était hypnotisante. A la fois merveilleuse et terrible. Il repensa à son père. Au plaisir et à l'horreur qu'il avait dû ressentir quand il avait agressé ces jeunes moldus.

-Est-ce que ça va ?

Albus sursauta. Ernest avait posé sa main sur son épaule et lui jetait des regards inquiets.

-Heuh. Oui, je rêvassais c'est tout.

Au regard que lui lança Ernest, il devina que son ami n'insisterait pas mais qu'il se doutait qu'Albus s'était aventuré dans des pensées intimes qui ne concernaient que lui.

Le cours de botanique étant fini, il faudrait attendre quelques jours avant que les Dionae ne digèrent les mantes religieuses et transforment ainsi les acides se trouvant dans l'estomac de l'insecte en de petites boules calcifiées que l'on utilisait fréquemment dans des potions.

Les trois amis rangèrent leurs affaires et se dirigèrent vers la citadelle en passant par le parc, prenant la direction du Grand Hall où le repas de midi serait bientôt servi.

Une fois arrivé, ils se trouvèrent un petit coin tranquille où l'on ne viendrait pas les déranger. Ils ne purent cependant empêcher les élèves de chuchoter à leur passage. Il faut dire que deux champions qui se côtoyaient de trop près, c'était relativement louche.

De leur coté, Katerina et Gellert semblaient avoir retrouvé leur habituelle relation de fausse amitié un peu trop exacerbée pour être sincère. Albus se désintéressa d'eux pour se concentrer sur son repas.

Ils n'avaient pas commencé à manger depuis cinq minutes, qu'Abraxas Malfoy se glissa à leur table et demanda à voix basse :

-Je me permet de manger avec vous. Il y a un petit gros insupportable à la table où je suis habitué.

Albus et Ernest se serrèrent pour lui laisser une place. Augusta ne bougea pas un quart de fesse mais elle fit une demi-torsion sur elle-même pour jeter un œil sur l'élève un peu gras certes qui était littéralement en train d'inonder sa table de larmes. Le pauvre n'était pas vraiment aidé par la nature, ses cheveux étaient d'un marron virant au gris et semblaient gras et rares.

-Tu le connais ? Demanda Ernest à Abraxas tandis que celui-ci grignotait des fragments de haricots verts d'un air aristocratique réellement insupportable.

-Pas du tout. C'est même un peu étonnant vu que je mange toujours à cette table. Mais pour être franc, je ne l'ai même pas vraiment regardé.

-Ça ne m'étonne pas, commenta Augusta avec ironie. Les petits gros tristes, la boue sur tes chaussures. Du pareil au même en somme.

Abraxas lui répondit par un sourire narquois qui en disait long sur ce qu'il pensait d'elle. Augusta... La boue sur ses chaussures... Un truc dans le genre.

Ils finirent leur repas dans le calme. Albus aimait bien Abraxas. Il était aimable pour un Serpentard, bien que fondamentalement pompeux et méprisant pour ce qui n'était pas sang pur. Mais il était néanmoins assez agréable pour faire circuler ses relations à Albus et pour le traiter en tant qu'égal et cela était fort agréable au Griffondor.

Ayant terminé, ils se levèrent et s'apprêtèrent à rejoindre leur cours de sortilège, quand ils furent dépassés par un groupe de filles qui soutenaient le petit gros pleurnichard de tout à l'heure.

Ils eurent un arrêt de quelques secondes avant que l'un d'entre eux arrive à trouver ses mots. Ce fût Augusta qui parla la première :

-C'est moi où ce garçon portait une jupe ?

-Oui... Et il avait l'air sacrément vieux aussi.

Albus était resté interdit. Il hésita un instant avant de lâcher :

-A vrai dire, je ne suis pas sûre que ce garçon en soit un.

Il pensait aussi en connaitre le responsable. Et il aurait sincèrement aimé avoir l'occasion de parler à cette personne avant le troisième cours de la journée. Celui où le professeur Black lui enverrai une beuglante.

Mais ça il ne le savait pas encore.


Quand le trio arriva au cours de potion, Albus se dit que vraiment, vraiment, ce ne serait pas sa journée. Il aurait voulu l'oublier, cette place libre à coté de ce blondinet prétentieux de Grindelwald, qui lui adressa un sourire goguenard tandis qu'Ernest lui lançait un regard contrit avant d'aller rejoindre la table d'un élève de Durmstrang qu'Albus ne connaissait pas.

Il remarqua vaguement que Katerina n'était pas là lorsque le professeur Pierredecou eut fermé la porte de la salle.

Il s'assit à coté de son nouveau partenaire avec morosité et se mit à pilonner sans entrain la corne d'escarmouche qui devait être réduit en poudre pour fabriquer le breuvage de pilosité qui était à l'honneur ce jour là.

A ses cotés, Gellert venait de finir de tourner le début de la potion vingt-sept fois dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. Le blondinet jeta un œil sur son travail, avant de murmurer d'une voix plus douce que ce qu'Albus aurait attendu :

-Tu devrais y mettre une goutte d'huile de corne, ça rendra le mélange plus harmonieux.

Sans lui répondre, ni le regarder, Albus rajouta l'ingrédient et aussitôt le mélange fût plus homogène. Décidément, ce garçon ne manquait pas de talent lui non plus.

Il lui lança un coup d'œil. Gellert était penché sur son livre de sorts et écrivait quelques notes dans la marge. Albus remarqua que son cou était long et gracieux. Les lourdes boucles blondes qui retombaient mollement sur la peau pâle faisaient ressortir le relief osseux des vertèbres.

Il se fit la réflexion qu'une belle nuque était une chose extrêmement séduisante et il eut envie de relever les mèches pour pouvoir sentir avec ses doigts la fin de ce cou –Oh les angles de la naissance de la mâchoire ! Oh le renflement du crâne qui fait cette courbe si délicieuse !-.

Quand il réalisa à quoi il pensait, il se détourna et rougit de colère. Afin de détourner ses pensées, il demanda :

-Katerina n'est pas là aujourd'hui... Il lui est arrivé quelque chose ?

-Je ne sais pas. C'est le professeur Drowski qui l'a fait appeler tout à l'heure. Il voulait lui parler en privé, j'ai transmis le mot d'excuse au professeur Pierredecou. Elle devrait revenir bientôt je pense.

Albus se détendit. Gellert semblait disposé à se montrer parfaitement aimable, et ses craintes ne semblaient pas fondées. Il décida néanmoins de rester sur ses gardes, et ce sentiments s'amplifia quand il remarqua que le jeune homme à ses cotés lui lançait de fréquents coups d'œi. Il n'avait pas l'air inquiet, il avait plutôt l'air… Excité.

Troublé, Albus se concentra davantage sur la potion qu'il remuait d'un geste parfaitement assuré. Cependant, un groupe d'élèves qui parlait à la table derrière lui, lui fit dresser l'oreille :

-Tu as entendu ce qui est arrivé à la petite Prescilla des Havres-pluie ? Il parait qu'elle a prit du polynectar depuis plusieurs heures et qu'elle n'est toujours pas redevenue elle-même. Elle va rester un vieillard moldu pendant combien de temps encore ?

Albus frémit, mais il n'eut pas le temps de dire quoi que ce soit car à cet instant, quelqu'un tapa à la porte puis entra avant que le professeur Pierredecou n'ai eu le temps de rien dire, ce qui eu le don de la mettre de mauvaise humeur.

L'élève de quatrième année tenait à la main une enveloppe rouge, il la tendit en avant en abordant un sourire moqueur :

-J'ai là un courrier urgent à remettre à Albus Dumbledore.

Albus sentit un frisson glacé lui parcourir la colonne vertébrale, mais il n'eut pas le temps de rétorquer quoi que ce soit car la beuglante venait de s'ouvrir toute seule et la voix amplifiée du professeur Black rugit dans toute la salle :

-MONSIEUR DUMBLEDORE ! SACHEZ QUE JE SUIS EXTREMEMENT DECU PAR VOTRE COMPORTEMENT ! J'ATTENDAIS UNE ATTITUDE MOINS IMBECILE DE LA PART D'UN JEUNE HOMME DE BONNE FAMILLE COMME VOUS !

SACHEZ QUE LA MALHEUREUSE VICTIME DE VOS CRUELLES EXPERIENCES EST TOUJOURS DANS UN ETAT QUI NE PRESENTE AUCUNE AMELIORATION ! VOUS ME FAITES HONTE MONSIEUR, A MOI ET A TOUTE VOTRE ECOLE !

J'ESPERE QUE CETTE AVENTURE VOUS SERVIRA DE LECON ET QUE VOUS VIENDREZ VOUS EXCUSEZ DEVANT MOI A GENOUX ! JE NE VOUS FELICITE PAS MONSIEUR !

Et dans un bruit de papier qui se déchire, la beuglante s'autodétruisit avant de se consumer entièrement dans l'air.

Albus avait la sensation que son sang s'était glacé dans ses veines. Autour de lui, une moitié des élèves chuchotait et une autre bonne moitié était hilare et lui lançait des quolibets en tout genre.

Il se força à garder la tête haute tout en ayant la sensation que jamais il ne pourrait y arriver tandis que le professeur Pierredecou aboyait des directives pour remettre un peu d'ordre dans sa classe, sans autre succès que d'augmenter les hurlements de rire. Le Gryffondor sentit son cœur battre très fort et l'espace d'un instant la tête lui tourna. Il se tint le visage et regarda d'un air hagard un Gellert Grindelwald, totalement hilare, se plier en deux sur sa chaise en le fixant de ses yeux moqueurs. Albus eu une envie farouche de pleurer, puis une nausée diffuse remplaça tout.


Quand Albus arriva en ce mardi soir dans le cachot où Miss Svantovit l'attendait, il était furibond. Il n'avait pas encore complètement ouvert la porte du cachot qu'un son trop brutal et inarticulé avait dépassé ses lèvres :

-KATERINA !

Ses oreilles étaient encore pleines des vociférations que le professeur Black avaient proférées à son encontre. Et en pleine classe en plus ! Il avait le sang qui battait aux tempes et les joues empourprées de colère. A tel point qu'il mit un certain temps à réaliser qu'ils n'étaient pas seuls.

Assis(e) sur une chaise au fond de la salle, le gros vieillard en jupette était assis et semblait pétrifié. Son visage ridé était encore tout bouffi de larmes. Penchée au dessus de lui, Katerina dévisageait Abus avec un regard blasé et un sourcil relevé, parfaitement calme.

Les yeux de vieillard s'empourprèrent à nouveau de larmes et le « faux » petit vieux éclata en un monceau de petits sanglots piailleurs.

-Pa… Pardon, bégaya t-il. Je suis tellement désolééee… Je vous promet que plus jamais je n'oserai m'approcher d'une de vos expériences.

En moins d'un quart de seconde, Albus avait compris ce qui était en train de se passer et il foudroya Katerina du regard avant qu'elle ne roule de gros yeux agacés. Ils échangèrent quelques longs regards pleins de sous-entendus.

-Ce n'est pas grave, marmonna Albus d'une voix beaucoup plus sèche qu'il ne l'aurait voulu. N'y pense plus, nous avons d'autre chats à fouetter.

-Comme de comprendre pourquoi elle ne redevient pas elle-même? Et je crois qu'il va falloir qu'on se bouge sérieusement...

Albus leva les sourcils bien haut tandis que Katerina lui faisait signe de se rapprocher. Après avoir fait quelques pas dans la direction des deux « femmes », il examina la tâche qui apparaissait sur le cou de la victime du polynectar. Comme une sorte de bleu un peu verdâtre et farineux. Katerina le regarda droit dans les yeux et articula sans parler pour qu'il puisse lire sur ses lèvres :

-« Elle est en train de se décomposer …»

Le faux vieux en dessous d'eux s'agita au milieu de ses sanglots avant de glapir :

-Qu'est ce qui se passe ? Dites-moi ce qui m'arrive !

Katerina sourit et la fit taire d'un petit tapotement de doigts sur la tête. Elle était tout près d'Albus à cet instant. Elle lui sourit doucement et susurra :

-Sais-tu que tu as de très beaux yeux Albus ? C'est Gellert qui me l'a fait remarquer.

Cela n'était pas pour dérider son compagnon qui demanda sèchement à la malheureuse victime (Quel était son nom d'ailleurs ? Prescilla quelque chose…) de les laisser seuls afin qu'ils puissent trouver une solution. Elle se leva et Albus se demanda dans quelle horrible école on pouvait être pour laisser un élève dans cet état continuer à porter un uniforme de fille.

Quand elle ouvrit la porte, plusieurs élèves dont la longueur de jupette laissait à désirer la dépassèrent en ricanant. Il y avait parmi elles la mi-vélane de Bois Renard. Elle ne rigola pas mais les coins de sa bouche se relevèrent en une moue moqueuse.

Avec un couinement de souris, le petit vieux recula à nouveau dans la salle et imperceptiblement, il glissa une main dans les plis de sa robe de sorcier et en sortit une minuscule flasque.

Le temps qu'elle le débouche, Albus avait réagit :

-Qu'est ce que c'est que ce truc ?

Et comme elle ne répondait pas, il se précipita sur elle pour le lui arracher des mains alors qu'elle le portait à sa bouche. Le flacon tomba sur le sol avec un bruit sourd et un liquide visqueux se répandit sur le sol.

Aussitôt, la jeune élève s'y précipita et quand Albus tenta de l'en empêcher elle essaya de le griffer et se débattit tandis qu'il essayait de la maitriser.

Katerina saisit une louche et racla un peu du liquide avant de le sentir :

-C'est du polynectar. C'est parce qu'elle continuait à en prendre qu'elle n'arrivait pas à redevenir elle-même.

-Elle est ensorcelée ! Haleta Albus, Libère là pendant que je la maitrise, dépêche-toi !

Katerina hésita un instant avant de sortir sa baguette de sa poche :

-Finite incantatum !

Aussitôt, les yeux de l'élève devinrent vitreux et son corps tout mou. Elle cessa de se débattre dans les bras d'Albus et se laissa glisser sur le sol, évanouit.

-Par Merlin Katerina, vas-tu m'expliquer ce qui se passe à la fin ?! Cette fille était sous impérium ! Est-ce que tu as besoin d'en arriver là pour trouver des cobayes ?

Katerina éclata d'un rire sans joie :

-Je n'ai absolument rien fait Albus. Cette gamine est une petite souris de première année. Jamais je n'aurais choisit un élève aussi peu tête brûlée. Et jamais je n'aurais donné une potion à un élève sans qu'il sache ce qui l'attendait.

-Tu n'as rien fait à cette fille ?

-Juste le sortilège d'oubliette. Comme tu l'as deviné, elle pense être venue se servir de la potion d'elle-même, ce qui devrait nous réhabiliter aux yeux de nos directeurs.

-Qui l'a fait alors ? Marmonna Albus tout en ayant la désagréable impression de connaitre la réponse.

Katerina éclata d'un rire sans joie :

-Oui, qui ? Qui est assez intelligent pour s'intéresser à nos recherches ? Qui est assez doué pour briser les sortilèges de protection que j'ai placés sur la porte du cachot ? Qui prendrait un malin plaisir à nous faire du tord ? Tu le sais déjà…

Albus crispa les poings :

-Au point de faire du malà une personne innocente ? Au point d'utiliser un sortilège impardonnable qui lui vaudrait un enfermement à vie à Azkaban ?!

Le sourire carnassier et un tantinet moqueur de Katerina lui donna la nausée. Enfin elle répondit :

-Nous ne sommes pas dans ton pays aux lois aseptisées, Albus. Ce n'était qu'une blague voyons.

Et son timbre clair résonna longtemps dans la tête du Griffondor :

-Une blague Albus. Une blague.


Ce soir là, Albus n'arriva pas à trouver le sommeil. Malgré la fraicheur de l'automne, il trouvait la chaleur du dortoir étouffant.

Sous l'épaisse couette de plumes surmontée de patchwork, il n'avait gardé qu'un bas de pyjama et restait malgré tout recouvert de sueur. Il se retourna une énième fois.

Il se sentit usé et plein de haine caril n'avait jamais été publiquement humilié. Il détestait Gellert Grindelwald et c'était la première fois que cela lui arrivait de haïr quelqu'un.

Bien sûr, il ne supportait pas les moldus qui avaient agressé sa sœur, mais ils n'avaient pas de visages. Ils étaient une masse imbécile et primitive.

Gellert avait un visage. Un visage séduisant même, un sourire enjôleur, des yeux qui pétillent, des mains qui dansent dans les airs. Et il le haïssait tant qu'il ne croyait pas cela possible. Il n'aimait pas Durmstrang non plus, ni l'orgueilleuse Katerina.

La boule qui restait coincé dans sa gorge lui donna le sentiment qu'il aurait pût pleurer -de rage, d'humiliation et de frustration- mais il ne leur donnerait pas cette satisfaction, à ces sales petits rats !

-Albus… Tu ne dors pas ?

La voix calme et agréable d'Ernest lui fit ouvrir les yeux. Ce dernier venait de s'asseoir en tailleur au pied de son lit, dans un grand pyjama à carreau.

-Ta chouette est passée tout à l'heure, elle a déposée du courrier pour toi.

Albus avait vu la lettre sur sa table de chevet et avait reconnu l'écriture épaisse d'Elphias Dodge, mais il ne l'avait pas ouverte. Il avait l'impression qu'il ne se reconnaitrait pas dans les manières pompeuses et les compliments que son ami avait l'habitude de lui décerner. Il était lâche par dessus le marché.

Comme Ernest semblait attendre quelque chose, il se releva à moitié sans répondre mais l'autre insista :

-J'ai des turbines réglisses et j'ai fait chauffer du chocolat sur le poêle. On se pose cinq minutes dans la salle commune ? Serguei et Piev dorment, on va les réveiller si on reste ici.

A contrecœur, le Griffondor se laissa convaincre. Il attacha négligemment ses cheveux roux et enfila sommairement une robe de chambre légère qu'il ne ferma pas.

Ils s'assirent sur un banc dans le cloitre et Ernest fit remarquer en riant que la statue avait l'air de les regarder. Albus jeta un œil indifférent au visage de sorcier posé sur le corps du renard mais ne pût s'empêcher de se sentir mal à l'aise.

Pendant quelques minutes, ils restèrent assis l'un à coté de l'autre sans parler, juste en sirotant leur breuvage brûlant.

Puis Ernest leva le nez de son bol et adressa un sourire doux à son camarade :

-Tu ne devrais pas trop t'inquiéter pour aujourd'hui. Les jalousies et les mauvaises blagues ont toujours été d'actualité dans le tournoi des trois sorciers. Et puis c'est toi et Katerina qui avez trouvé le remède. De plus, le professeur Black est venu s'excuser auprès de toi, après le repas, non ?

-J'aurais préféré qu'il le fasse publiquement, répliqua Albus, acerbe.

Ernest le contempla avec un doux sourire, laissa planer un silence et finit par avouer ce qui le titillait :

-Ça n'a absolument rien à voir, mais tu me sembles bien seul, Albus…

-Je pourrais dire la même chose de toi…

Ernest réfléchit avant de répondre en riant:

-Aouch ! Oui, j'ai toujours eu du mal à m'intégrer parmi mes camarades français. C'est ainsi, je ne vois pas le monde comme eux, je ne m'intègre pas. Mais ce n'est pas faute d'avoir essayé. Mais toi Albus, tu n'es pas comme moi… Les gens sont attirés par ta personnalité, mais tu te protèges d'eux. C'est pour cela que je voulais te dire que tu as mon amitié et que tu ne dois pas hésiter à me demander quoi que ce soit si tu en as besoin...

Albus lui jeta un regard direct :

-Et cela, même si nous sommes rivaux ?

-D'autant plus que nous sommes tout les deux dans la même situation.

Et sur ce, Ernest ayant finit son chocolat, il grignota une turbine réglisse et se prépara à retourner au lit. C'est à ce moment là qu' Albus l'interpella :

-Ernest…

-Oui ?

Le rouquin hésita un peu :

-Ce garçon… Je crois qu'il me fait peur.

Ernest le regarda intensément et répondit :

-Si ce n'était pas le cas, tu serais un imbécile, Albus.

Et c'est à ce moment là que les turbines réglisse se mirent à leur faire sortir de la fumée par les oreilles.

Sa conversation avec le champion de Beaubâtonx permit au Gryffondor de trouver le sommeil ce soir là. Mais ses songes ressemblèrent à un long cauchemar.

Dans le cœur d'un volcan, il avançait jusqu'à un trône fait de bois de cerfs entassés où Gellert l'attendait, le visage recouvert d'un masque de renard.

Et au moment où il arrivait devant le jeune homme, il réalisait qu'il était en fait tout nu dans la grande salle de Poudlard et que les Serpentards se moquaient de lui.

Il se réveilla en sursaut vers trois heures du matin et ne retrouva pas le sommeil.


Et voilou ! Un chapitre de plus de finit ! Je vous donne rendez vous dans un (trois) mois, pour le début du tournoi ! (Je vais essayer d'écrire plus vite. J'ai un gros projet qui va se mettre en place l'année prochaine en septembre et ce serait pas mal de finir ma fic avant . )