Disclaimer : Comme d'hab... C'pas à moué...

Le p'tit mot : Hop là :

Tout d'abord une excellente année 2014 à vous tous !

Nouveau chapitre... Et ça va commencer à vraiment bouger là ... J'ai beaucoup aimé écrire la première moitié du chapitre mais la deuxième est plus lente et plus chiante mais voilà comme d'hab on met en place la suite... Voilou... Et la suite pas avant deux semaine parce que j'aimerai un peu dessiner et que je n'ai trop eu le temps entre le chapitre et les vacances de Noël où j'étais absente !

Bref ! Pleins de bisous à vous !


Chapitre 7: La première épreuve

Egerie Nocturne - Stille Volk


POV Gellert

Je frémis.

Oh-oh, mes genoux jouent la tremblote et mes dents des castagnettes...

Je ressens quelque chose de fort et cela fait battre mon cœur dans mes tempes, dans ma jugulaire et jusque dans mon sexe.

La foule palpite et je deviens féroce de joie. Je désire de plus en plus fort la souffrance de ses petits êtres fragiles, là tout en bas. La cruauté m'habille comme une cape merveilleuse et mon tremblement se transforme en un frisson délicieux.

Du haut des gradins, je tente de ne faire qu'un avec les autres.

Comme cette masse insipide, je ne suis qu'instinct et bestialité. Je regarde ces trois là, de mes semblables et je frémis de joie face à leur peur.

Le danger les guette. Je dessine dans ma tête la sueur sur leur tempes qui dessine des ruisseaux d'argent qui se transforment en des volutes absurdes sur leur peau. Leurs doigts se crispent sur leurs baguettes, et hagards, ils avancent vers la bête.

Mon sexe est si tendu sous ma robe que j'ai mal.

Je vois leurs hésitations face aux naseaux brûlants de la bête. Et enfin, le premier se décide, ce petit imbécile français.

En trois longues foulés, il est à l'entrée, hésite un peu, puis s'engouffre dans une narine après s'être préalablement jeté un sort qui semble l'entourer comme une immense bulle de savon.

Un sortilège de têtenbulle à n'en pas douter.

Il reste les deux autres.

Les deux autres... Sont à moi. Ne sont pas à moi. Sont à moi. Ne sont pas à moi...

Je sens mon bras devenir moite parce que la fille le sert fort contre ses seins. J'imagine faire l'amour dans la foule, parmi les visages grimaçants de joie, parmi les cris d'allégresses primitifs. Faire l'amour avec la fille comme si nous étions des bêtes rampantes et se nourrir de la violence de la foule.

Voilà.

Voilà ce que je veux.

Mais non, non, NON! Je ne veux pas rater le spectacle. Je veux voir Chat avec ses cheveux défaits, collés par la peur sur ses tempes. Je veux voir l'autre, perdre cette assurance si belle, qui m'agace tellement. La voilà qui lance un Salvéo Maleficia formidablement exécuté.

Oh oh. Ça y est Chat est à l'intérieur... Quand à l'autre, il hésite... Il s'est déjà lancé un sortilège mais semble attendre quelque chose. La foule retient son souffle et j'imagine des centaines de cœurs se contracter avec frénésie, au même rythme. Est ce qu'un sortilège permettrait d'amplifier leurs battements? Je pourrais les désorganiser et écrire des cantates. Cantates de battements de cœur, en do mineur.

"Et maintenant messieurs Dame, Oui oui oui. Écoutez l'alternance des valves et des chambres! "

J'écoute, je ferme les yeux.

Je sais ce qu'Albus attend. Il attend que le feu vienne pour choisir son conduit.

Oh oh. Oh oh. Tu es intelligent, garçon. Alors je te désire. Tu as de beaux yeux et des cheveux de feu. Tu serais beau à coté de moi, et Chat aussi, la tête sur mes genoux. Tes cheveux dans mes doigts dans les yeux de Chat, dans tes cheveux à toi. Nous pourrions être la magie, dans ce qu'elle a de plus pur. De plus noble, de plus viscérale.

Ça y est, le dragon vomit un long jet de feu dans son sommeil, dans un affreux ronflement et tu sais que le conduit qui a vomit du feu en premier est celui le plus court. Moi aussi j'aurais choisit ce chemin là et à chaque intersection, tu feras de même, n'est-ce-pas? Oh mieux, d'un coup de baguette, tu laisses derrière toi un long fil de lumière verte qui t'aidera à retrouver ton chemin. Car tu es très astucieux, garçon...

Je vais te dessiner sur des parchemins. Tu seras allongé mort et des blés pousseront dans ton ventre, et avec mon bec, je les picoreraient.

La fille frémit, et me sort de ma rêverie.

Plus loin, trois mages du ministère lèvent leur baguettes dont sortent de longs fils de fumé qui forment trois immenses écrans où apparaissent respectivement les silhouettes floues des trois champions. Ainsi nous pourrons suivre leurs pérégrinations à l'intérieur du dragon.

La fille ressert son étreinte, mes pupilles se dilatent.

Oh oh.

Je voudrais être un oiseau pour pouvoir picorer du blé.

La fille serait un ver. Je la goberai dans le ciel et l'avalerai tout rond.


Il y a comme un bruit. Une sorte de sifflement discret. Albus se retourne, la baguette en avant, les sourcils froncés mais alerte. Le bruit ne se répète pas alors il reprend calmement son chemin.

Le couloir où il se trouve semble être un long tunnel poisseux de glaires carbonisés de deux mètre sur deux.

En voyant la lumière de sa baguette faiblir, Albus marmonne machinalement:

-Lumos!

Comme tous les autres couloirs qu'il a traversé jusqu'ici, les quatre «angles» du tube sont percés de grandes épines noires et brillantes qui ne lui disent rien qui vaillent.

Il accélère parmi les couloirs au pas de course, tout en s'assurant de choisir le chemin le plus rapide. Les volutes de flammes le traversent à intervalle régulier tout en produisant une désagréable sensation de chatouillis dans ses bras et ses jambes. Il remarque qu'à certains endroits, il peut voir de longues traînées grises sur le sol semblables à de la cendre. Sûrement des traces laissé par le feu du dragon.

Albus fronce les sourcils. Pour le moment, tout à l'air un peu trop facile à son goût. Il se sent presque à l'aise, malgré le décors inquiétant. Autour de lui, les couloirs semblent respirer et se contracter à un rythme irrégulier.

Puis le boyau semble se rétrécir et pendant quelques minutes, le jeune homme est contraint de ramper avant que le tuyau ne se rélargisse. En se relevant, il essuie ses mains pleines de glaires sur sa robe de champion déjà considérablement souillée.

Alors qu'il choisit un deuxième couloir, il entend un cri qui le fait se retourner, la baguette en avant. Mais non, le cri a été poussé loin, et il résonne seulement parmi le réseau de galeries du labyrinthe.

«La voix de Katerina» devina Albus en fronçant les sourcils.

Les couloirs semblent tous se ressembler mais il reste très calme. Tout cela est presque enfantin. Le trait vert qui se déroule derrière lui se dissipe après quelques secondes. Un sortilège simple permet de le faire apparaître à nouveau et cela permettra d'éviter qu'un de ses concurrents puissent retrouver plus facilement la sortie.

Le jeune homme a soudain la sensation que le sol s'enfonce. L'air naturellement brûlant devenait saturé de cendre et de souffre.

Il avait déjà marché depuis une dizaine de minutes sans véritable problème et les parois semblaient légèrement différentes. La chair rose et noircie était parcourue de mystérieuses veines noirâtres collées à de véritables veines qui serpentaient entre les épines sombres qui continuaient à s'étendre le long des galeries.

Il devait doucement s'approcher de son but.

Comme pour appuyer cette théorie, devant lui se trouvait une sorte d'immense valve dégoulinante d'un étrange mucus rougeâtre qui semblait potentiellement corrosif.

La valve était fermée mais semblait s'ouvrir rapidement à chaque respiration du dragon lorsqu'un long jet de flammes la traversait.. Albus arracha un pan de sa cape et le jeta sur le mucus rouge. Aussitôt, le tissus se nécrosa et se ratatina sur lui-même en prenant une couleur violacée des plus inquiétantes.

La baguette toujours en main, Albus jeta un protégo informulé qui l'entoura d'une sorte de bouclier physique et au moment ou la valve s'entrouvrit, il se jeta au travers et roula sur le sol de l'autre coté, maculant davantage ses vêtements de l'espèce de morve qui tapissait toutes les parois. Mais le mucus rouge avait coulé sur lui sans le toucher.

De l'autre coté, les murs étaient beaucoup moins sombres. Un lueur chatoyante dansait dessus, comme celle d'une flamme.

«Je dois y être...» Pensa Albus.

Il n'avait pas fait quelques pas qu'il aperçus une sorte de sphère de magma en fusion qui roulait sur elle-même. La vague de chaleur qu'il reçut au visage fût telle qu'elle le fit chanceler. Il s'apprêtait à se lancer un sortilège de refroidissement quand il entendit le même sifflement qu'à l'entrée de la caverne.

Il eu à peine le temps de baisser les yeux -Il faut dire que les cendres qui emplissaient l'air n'aidaient pas à avoir une bonne vision- et d'apercevoir une longue forme grise se diriger vers lui dans une lente ondulation, qu'il vit la tête d'un serpent se lever vers lui.

Il ne paniqua pas et leva sa baguette pour le stupéfixer d'un coup de sortilège informulé, mais le sort rebondit sur le serpent qui sembla plus que jamais se dresser et cracher de façon menaçante en direction du jeune homme.

Sans le quitter des yeux, Albus se remit en mémoire ses cours sur les créatures magiques. Les yeux rouges de l'animal dansaient devant ses yeux. Tandis qu'il reculait de quelques pas cela lui revint, mais à ce moment-là, sa jambe rencontra une des épines noires présentes sur le sol qui lui égratina la peau à travers le tissus de son pantalon.

Sans frémir, le griffondor leva sa baguette car il savait maintenant ce qu'il fallait faire. Ce serpent, en vérité, c'était un...


-C'est un serpencendre, murmura Gellert.

A ses cotés un grand jeune homme aux cheveux platine, se tourna à moitié vers lui:

-Ça ne sort pas que dans les cheminées des sorciers peu consciencieux ce genre de trucs?

-Ça émerge des feux magiques que l'on laisse brûler trop longtemps. Je suppose que le feu interne d'un dragon peut être considéré comme un feu magique.

Le jeune homme passa son bras autour des épaules de Gellert qui l'écarta d'une tape nerveuse tandis que l'autre marmonnait avec surprise:

-Oh c'est bon! Je ne sais pas ce qui te prends aujourd'hui, mais tu es un peu bizarre...

Annuska se pencha en avant et jeta un regard méprisant à son frère:

-Il est comme ça parfois. Ça lui prend quand il est de méchante humeur et même moi il m'envoie bouler.

Son aîné lui lança une œillade féroce:

-Dans ce cas, il doit être de méchante humeur souvent.

Annuska l'ignora. Dans tous les cas, Gellert ne les écoutait pas. Courbé en avant, le regard égaré, il restait fasciné par le spectacle des trois jeunes sorciers.

Sur le premier écran de fumée, il avait suivit le parcours d'Ernest, qui avait opté pour la stratégie du labyrinthe. Depuis le début, il suivait le même mur et avançait à vitesse rapide mais perdait du temps dans les culs de sacs et les ramifications du labyrinthe.

Katerina avait utilisé un sortilège afin de l'aider à repérer la source de chaleur qui était moyennement efficace. Elle était tombé à un moment sur une valve du même type qu'Albus et où elle avait brûlé sa cape, d'où le cri qu'Albus avait entendu.

Gellert resta concentré sur le dernier tableau. Apparemment, le champion de Poudlard semblait le plus proche du but. Ayant semblait-il retrouvé ses souvenirs, il s'était débarrassé du serpent avec un simple sort de refroidissement. Du programme de troisième année, rien de plus.

Il n'y avait que ça pour se débarrasser d'un serpencendre.

Cependant, il s'était blessé contre un des piquants sombres...

Gellert tapota distraitement la cuisse de son voisin:

-Pietrov, toi qui a déjà été dans les réserves de dragon en Roumanie... Ça n'est pas vénéneux, le Pansedefer ukrainien?

-Oui, mais ça n'est pas très dangereux pour l'homme, en moyenne. Le problème c'est que celui-ci ne doit pas être un véritable Pansedefer, il est beaucoup trop gros. Les dragons ne cessent jamais de grossir et celui-là est plus vieux que l'école, mais tout de même... D'ailleurs, il est trop gros pour pouvoir survivre en surface. Cette créature doit être un croisement fait par un sorcier un peu mégalo.

Gellert se réinstalla plus confortablement, les yeux toujours fixé sur le même écran.

-A quoi tu penses? Lui demanda Annuska en lui jetant un regards de ses beaux grands yeux bruns.

Gellert répondit à voix basse, sans la regarder, comme si c'était à lui même qu'il parlait:

-Il n'a pas peur...

Et puis il éclata de rire avant de marmonner:

-Mais non, c'est mieux que ça. Peut-être même que...

Pietrov le regarda avec des yeux ronds:

-Hein, mais qu'est ce que tu racontes?

Les yeux dilatés, Gellert ne daigna pas lui répondre. Ses pupilles suivaient avec ivresse les mouvements du jeune homme sur l'écran, tout en agrippant fébrilement un pan de sa cape. A quoi bon lui expliquer qu'Albus était à peine décoiffé, que son regard se posait presque avec résignation sur la clé qu'il plongeait à présent dans le cœur incandescent du dragon.

Tout cela lui semblait-il trop facile pour le moment? Restait à voir comment évoluerai la griffure.

Ses deux concurrents semblaient transpirants et échevelés. Kat avait la peau blême et Ernest les yeux exorbités. Stressés, ils s'étaient lancés à corps perdu dans la bataille tandis qu'Albus semblait avoir contrôlé ses battements de cœur et ses instincts peureux en quelques minutes. En prenant son temps, il avait été plus futé que les deux autres, qui n'étaient pourtant pas des imbéciles.

Tandis qu'il se plongeait dans ses pensées, la foule fût parcourût d'un frisson et Gellert sursauta.

Alors qu'il était en train de rebrousser chemin depuis deux minutes, Albus avait posé une main sur le mur.

Et pendant quelques secondes, l'écran fit un gros plan sur son visage. Les yeux bleus se levèrent vers le haut et ils reflétaient sans aucuns doutes de la souffrance.

Gellert frissonna des pieds à la tête tandis qu'un sourire venait fleurir sur ses lèvres. C'était comme si les grands iris bleus le regardaient.


La douleur qui avait traversée sa jambe l'avait forcé à s'appuyer contre le mur. Albus respira profondément. Il n'était pas un imbécile. Il lui restait un temps limité pour sortir. L'espace d'un instant, il se demanda si des sorciers seraient là pour venir le chercher s'il lui arrivait quelque chose et si quelqu'un savait comment lutter contre le poison dont il venait visiblement de s'infecter.

Albus se reprit et accéléra, tout en suivant le trait vert qu'il avait laissé derrière lui. Tout doucement, il sentit que sa jambe blessée était en train de s'engourdir.

Il accéléra encore tout en ayant la certitude que la sensation d'engourdissement allait croissante et se répandait à son autre jambe. Il voulu courir à nouveau, mais c'était impossible.

Il réussit à continuer à avancer pendant quelques minutes alors que son boitement allait croissant.

A la fin, n'en pouvant plus, il s'appuya à nouveau contre le mur. C'est à ce moment qu'Ernest arriva derrière lui en haletant:

-Albus? Est-ce que ça va? Tu as décoincé ta clé toi-aussi?

Albus ne pût répondre car une longue langue de feu les interrompit.

Puis Ernest s'apercevant qu'il était blessé, se pencha vers lui avec inquiétude:

-Il faut appeler de l'aide! Ils nous voient, ils vont appeler quelqu'un pour venir te chercher!

-Pas tant que je ne l'aurais pas demandé... Dépêche toi, tu perds du temps à t'occuper de moi...

-Tu es sûr?

Sur un signe d'Albus, Ernest repartit rapidement tout en jetant un dernier regard en arrière. A peine avait-il disparût qu'Albus essaya de repartir, mais cette fois ses jambes le lâchèrent et il tomba sur le sol.

C'était peut-être le moment d'abandonner?

Albus essaya de s'asseoir et se mit à réfléchir intensément, les yeux braqués sur la paroi devant lui.

Ses yeux suivirent soudain avec intérêt les veines noires qui longeaient les murs et un doute plana soudain dans son esprit.

Le dragon était venimeux certes. Mais ce venin ne semblait pas être produit directement au niveau des épines, mais provenir de glandes lointaines et acheminées dans des canaux conjoint avec les veines de la bête fabuleuse. Cela voulait t-il dire...

Soudainement excité, le jeune homme saisit sa baguette et visa grossièrement la veine noirâtre devant lui tandis qu'un voile opaque était en train de descendre sur ses yeux:

-Di... Diffindo!

La muqueuse du Pansedefer se fendit et un sang épais et noir se répandit rapidement sur le sol et imprégna son pantalon ainsi que la plaie.

Très rapidement, de furieuses flammes envahirent le couloir, la douleur devant faire cauchemarder le Dragon dans son sommeil et la plaie fût immédiatement cautérisée. Alors que les flammes continuaient à danser autour de lui, les jambes marbrées de douleur, Albus eu le sentiment qu'il allait tourner de l'œil.

Très rapidement, il eu la sensation d'aller mieux. La douleur ne disparaissait pas, mais ne progressait pas non plus. La sensation de partir dans les limbes se dissipa et sa vision s'éclaira.

Il avait raison, le sang de dragon lui permettait de neutraliser le poison tout comme le dragon s'immunisait en permanence! Restait maintenant à sortir et à finir l'épreuve dans les temps demandé !

Une nouvelle langue de feu jaillit du fond de la gorge du dragon ukrainien et cela donna une nouvelle illumination à celui qui allait devenir le plus grand sorcier de tous les temps (après Merlin peut-être, car il ne faut rien exagérer).

Il leva une nouvelle fois sa baguette et à défaut de pouvoir prononcer un sort au milieu du feu, se lança en informulé le sort de lévitation.

Dès qu'il fût aussi léger qu'une plume, la puissance du souffle de la bête de légende le projeta vers la sortie en le mettant cul par dessus tête. Il eu l'impression de traverser toutes les galeries à toutes vitesse et c'est à peine s'il croisa le visage éberlué de son ami avant d'être projeté à l'extérieur dans un magnifique vol plané qui ne fût arrêté que par le sol.

Ses yeux se voilèrent à nouveau alors qu'il entendait l'ensemble de ses camarades se lever pour l'acclamer et le porter en triomphe.

Les formes flous des médicomages se penchant sur lui s'obscurcirent doucement alors qu'il marmonnait:

-Je crois... Dans la chute... J'ai dût me casser quelques côtes... Et puis du sang de dragon... Il me faut beaucoup de sang de dragon.

Même les bruits pourtant assourdissants des applaudissements finirent par disparaître.

Il s'était évanoui.


POV Albus

La lumière filtre à travers mes paupières.

L'air est imprégné d'un parfum tenace de médicaments et potions. Je me sens engourdi et nauséeux.

Avec effort, je tourne la tête et entrouvre les yeux.

Il y a quelqu'un assis sur un siège à mes cotés. Il ne me regarde pas, il crayonne quelque chose sur un carton posé sur ses genoux. Les contours de sa silhouette sont flous.

Je vois sa chemise trop grande qui se teinte de jaune sous les rayons de l'aube qui pointe au travers des grandes vitres. Il semble que je sois à l'infirmerie. Je détaille le garçon encore. Ses cheveux clairs et un peu longs font un rideau sur la peau pâle de son visage.

Il relève les yeux et je croise son regard ocre.

-Tu es réveillé?

Cette fois, je sursaute malgré moi, reconnaissant avec stupeur la voix de mon agaçant rival. Il me regarde avec un regard parfaitement franc, mais je me souviens douloureusement de l'épisode de la beuglante.

Devant mon mutisme, il reprend en souriant:

-Tes admirateurs sont venus te déposer quelques cadeaux. Il y a même des lettres qui sont venus de Poudlard, ta chouette a veillé à ce qu'ils arrivent à temps. Félicitation pour ta victoire, c'était grandiose, je peux te le confirmer.

En effet, sur la petite table à mes cotés se trouvaient un petit tas de friandises dont une grande partie étaient constituées de dragées de Berties crochues et de bulles baveuses. Je fit la grimace avant de voir la première lettre posée contre un bouquet de fleurs. L'écriture d'Elphias a qui je n'avais pas répondu la dernière fois. Je détournais les yeux.

-Et les autres? Demandais-je, la voix nouée.

-Ils vont bien. Katerina est sortie quelques minutes après toi, poursuivie par tout un nid de serpencendre, ils ont explosés en touchant Ernest au passage, mais il était tout près de la sortie et a tout de suite été prit en charge. Il est toujours à l'infirmerie lui aussi, dans une autre salle. Votre copine hystérique est avec lui. Tout le monde a réussis l'épreuve avec l'approbation du jury, vous pouvez souffler un peu, la prochaine aura lieu après Noël...

J'essayais de me relever en grimaçant un peu.

Gellert se leva à moitié pour m'aider:

-Tu te sens comment?

Je lui lançais un regard mauvais. Ça me chatouillait de l'envoyer paître. En soupirant, je répondis:

-Je peux bouger mes jambes... Et je crois que mes côtes vont bien aussi. Mais j'ai quelques mauvaises courbatures qui persistent.

Je m'assis plus confortablement dans le lit. J'étais en bas de pyjama et mon torse nu était bandé. Sans que cela me gêne plus que ça, je me sentis un peu mal à l'aise devant le regard scrutateur de mon camarade.

-Une dragée de Bertie crochue? Proposa Gellert d'un ton mielleux tandi que j'essayais de ma cacher inutilement derrière mes cheveux.

-Non merci... Au fait, qu'est ce que tu fais là?

Il haussa les épaules en se rasseyant, tout en croquant une dragée:

-Je dessine. Ça se voit, non?

-Ce n'est pas ce que je demandais...

Et comme il ne semblait pas vouloir me répondre, je continuais:

-Tu dessines quoi?

Après avoir flouté une zone du bout du doigt en plissant le nez, il me tendis la planche sur lequel se trouvait un dessin fait à la sanguine. Je contemplais le dessin de près, tout en fronçant les sourcils:

-Mais... C'est moi?!

Un sourire mutin vint danser sur les lèvres de mon interlocuteur:

-Oh! Je suis flatté que tu t'en sois rendu compte...Je n'ai pas un trop mauvais coup de crayon non?

-Mais je suis...

-Mort... Oui on peux le dire... Et il y a du blé qui sort de ton ventre. Et là c'est moi qui le picore. C'est une œuvre absurde. Pas mal, non?

-C'est une plaisanterie!

J'étais furieux mais je me devais d'avouer que ce petit crétin avait du talent. Mais au moment où je pensais qu'il allais encore se moquer de moi, je lui vis une expression sur le visage que je ne connaissais pas. Son sourire doux était plein de tendresse:

-Ce n'est pas une plaisanterie, garçon. Je viens de comprendre des tas de choses sur toi. Et c'est comme ça que je te vois. Mort. Et je ne te parle pas du poison et du sang de dragon.

Je me dressai sur mon séant:

-Le sang de dragon, c'est ça!

Et alors Gellert s'enflamma encore plus que moi, et se mit à faire les cents pas tout en agitant les bras:

-Oui, le sang de Dragon! C'est ça! Tu étais mort, complètement apathique. Complètement creux. Et le sang de dragon t'as ramené à la vie! Tout d'un coup, tu étais pleins de fougue et les idées fusaient. Quelle merveilleuse métaphore ne trouve-tu pas? Blessé, le sang de Dragon stoppe la diffusion du poison et amorphe, il fait naître en toi la flamme de l'aventurier!Magnifique la manière dont tu as terminé l'épreuve. Complètement idiot certes! Mais si vivant! J'étais euphorique!

Après avoir tourné sur lui même et m'avoir jeté un regard si exalté que je le crûs fou, il revint en courant s'asseoir sur la chaise et me prit les mains dans les siennes. Quand il reprit la parole, sa voix était d'une ferveur presque ridicule:

-Par Merlin, j'ai enfin compris! Il n'y a que ça qui puisse te sortir de ta torpeur. Il n'y a que la science, la magie, la connaissance! C'est la seule chose qui te fait devenir vivant.

Il se pencha en avant et je sentis la chaleur de son haleine contre ma bouche et ses yeux immenses se jetèrent dans les miens avec un élan qui me terrifièrent. Alors il prononça cette vérité-là que personne n'avait jamais su lire à travers moi et j'en fût totalement bouleversé:

-Est-ce que tu t'ennuis, Albus ? Les gens autour de toi te paraissent stupides et vains. Tu mènes ta vie de façon à te protéger de tous le monde, mais tu es aigris et tu n'aimes personne, et surtout pas toi-même.

Je voulus protester, mais je savais si bien que ce serait un mensonge que les mots restèrent coincés dans ma gorge et je détournais les yeux.

Il enfonça le couteau dans la plaie:

-Tu es complètement rigide et tu ignores même ce que le mot humour veux dire!

Je voulu lui rétorquer que j'avais passé un après-midi à rire avec mes amis, la veille. Mais combien de fois cela m'était-il arrivé dans ma vie?

-Albus...

C'était la deuxième fois seulement qu'il m'appelait par mon prénom et cela était agréable. Il serra mes mains plus fort alors que je tentais de m'échapper.

-Tu as envie de mordre. De déchirer ce monde à grands coup de canines. De sentir quelque chose sous tes crocs autre chose que la fadeur de plats sans sel.

Ses yeux bruns flamboyaient d'excitation alors qu'il continuait:

-Je te promets. Il y a quelque chose en toi de fascinant. Je veux te voir rire à en avoir mal. Je veux te voir rentrer échevelé après avoir baisé toute la nuit. Je veux te voir ivre de vin et de vent. Oh oh. Je vais t'apprendre tout ça si tu le désires. A morde, mordre, mordre. Plus d'Ennui. Jamais.

Troublé et vexé, j'étudiais son visage et toute la myriades d'émotions qui le traversait. Je retirai mes mains des siennes, le cœur battant, mais ne pût me résigner à me détacher de son regard. Je répondis et ma voix tremblait un peu:

-Impossible. Tu es le pire des ennuis à toi tout seul.

Il eu un petit rire:

-Mieux vaut pleins d'ennuis, que le grand Ennui. Mais c'est une blague que tu viens de faire, garçon, je te félicite.

Un maigre sourire blasé glissa sur mon visage. Le «garçon» était de retour.

Gellert enroula son doigt autour d'une de ses boucles:

-Autre chose que je voulais voir avec toi... Le pendentif du directeur de Beaubâtons. Toi aussi tu l'as vu à Halloween pas vrai?

Je hochais la tête. Oui, je me souvenais parfaitement bien du pendentif en or qui reposait sur la poitrine de Sylvestre Mirepoix.

-Oui, je me souviens. C'est exactement le même symbole que celui qui se trouve dans les vieilles versions du contes de Beedle le barde, c'est ça?

Gellert m'adressa un regard étrange, de dessous ses mèches dorées:

-Est ce que tu as déjà entendu parler des «Reliques de la mort», garçon?

Et à la manière dont il le prononça, je devinais qu'il ne parlait pas juste de trois objets d'un conte inventé pour des enfants...


Albus sortit de l'infirmerie le lendemain matin et se sentit soulagé de se réveiller seul cette fois. Il avait pût se laver et l'infirmier, Mr Friggbins, lui avait donné un uniforme propre qui sentait la lessive et Albus l'enfila avec délice. C'est avec les lettres de ses camarades de Poudlard dans les poches et quelques fizwizbiz dans sa sacoche qu'il attendit que Augusta et Ernest viennent le rejoindre dans le hall.

-Albus! Par ici!

Ernest avait de grandes cernes sous les yeux et des traits tirés, mais son visage était souriant. Augusta était avec lui. Elle était passé voir Albus plusieurs fois mais semblait infiniment plus inquiète pour leur ami de Beaubâtons. Et en effet celui-ci semblait avoir eu des blessures plus sérieuses que ce que Gellert avait insinué.

-Ernest! Comment vas-tu mon vieux?

-Pas trop mal, mais je crois qu'on ne peux pas se cacher plus longtemps, il parait que nous sommes attendus dans notre salle commune avec impatience et que les élèves ont essayé de prendre d'assaut l'infirmerie au moins deux fois.

Augusta fit une moue boudeuse:

-Ok, bon ben je vais vous laisser faire la fête sans moi.

-Je crois qu'on peut faire entrer des élèves des autres maisons en douce. Après tout si tu es avec nous, la porte ne se refermera pas, non? C'est ce que m'a appris mon tuteur. Pour entrer dans une autre salle commune que la sienne, il faut être accompagné d'un élève consentant de la maison en question.

-Oh, dans ce cas, Augusta, nous te ferons entrer uniquement si tu nous permet d'aller visiter un de ses quatre les Havres-pluie.

Et malgré leur tons badins, c'est avec une légère appréhension qu'ils rejoignirent la salle commune de Bois-renard.

Ils n'eurent pas franchit la porte que les élèves éclatèrent en cris hystériques. Apparemment, la nouvelle de leur sortie de l'infirmerie n'était pas tombée dans l'oreille d'un sourd.

Albus se sentit happé par des dizaines de mains et en moins de temps qu'il faut pour le dire, il fût entouré d'une foule vociférante composée des élèves des trois écoles de sorcellerie réunies, qui semblaiet à la fois lui poser milles questions et lui distribuer mille friandises et lui présenter plusieurs choppes de biéraubeurre.

Tous voulaient voir les fameuses clés -de simples grosses clés faites d'une étrange substance qui semblait résister au feu- et ils se les passèrent de main en mains en poussant de petits cris admiratifs.

Bien qu'ils se trouvassent actuellement dans la salle de Bois-Renard, Albus aperçut Katerina qui leva sa pinte vers lui d'un air moqueur. En dehors d'un beau bleu qui s'étalait su son arcade sourcilière, elle avait l'air normale. Il essaya de répondre à son salut mais les élèves qui le pressaient de boire ne lui en laissaient pas l'occasion. Quand il releva les yeux, avec une moustache de mousse sur la lèvre supérieur, elle avait tourné le dos.

Au bout de quelques minutes, l'euphorie sembla se calmer et la fête s'hétérogénéiser.

Albus tenta de s'éloigner, avec deux verres à la main et une tranche de tarte à la citrouille en bouche. Il alla s'asseoir sur l'un des bancs, à coté d'une fille de Beaubâtons qu'il ne connaissait pas.

Alors qu'il sirotait son breuvage, la fille lui jeta un œil avant de lui dire:

-Si tu n'as pas l'habitude de boire, tu ne devrais pas prendre ça. Tout le monde ne peux pas boire de vodkapricieuse sans se plaindre de tout pendant plusieurs heures après, et tu dois encore être fatigué...

Albus la dévisagea et posa prudemment son verre en lui adressant un sourire de remerciement. Puis il demanda en hésitant:

-Excuse-moi? Est-ce qu'on s'est déjà rencontré quelque part? Ton visage m'est familier. Je peux te demander ton nom?

Son interlocutrice avait la peau métissée et une longue tignasse de boucles serrées d'où sortaient de lourds anneaux d'or. Elle avait des yeux verts en amande et une bouche épaisse et charnue.

Un visage séduisant mais un peu vulgaire peut-être.

-Zabini Sita... J'étais à Poudlard pour les deux premières années de ma scolarité, un ans en dessous de toi. Mais ma famille a migré et je suis partie à Beaubâtons.

Albus leva les sourcils. Les Zabini était à la fois très respectés et très surveillés au sein de la bonne société sorcière. Ils provenaient de très anciennes familles de sorciers gitans itinérants et ils étaient connus pour tourner les moldus en dérision et toujours fleurter avec les décrets du secret magique.

-Mon nom te gêne?

Il lui fit ce sourire calme et séduisant qui était son masque depuis tellement longtemps:

-Pas du tout.

Elle porta sa biéraubeurre à ses lèvres en lui jetant un regard peu convaincu:

-Peut-importe. Une famille ne suffit pas pour faire une personne, tu dois le savoir...

Albus se demanda si elle savait que son père était à Azkaban et si le message lui était directement lié.

Ils furent rejoint par deux autres élèves qu'Albus ne connaissait pas et qui portaient tous deux l'uniforme de Beaubâton: Une fille à la peau d'un beau noir brillant légèrement potelée et un grand type sec et nerveux aux yeux pétillants et aux joues creusées de fossettes.

Albus engagea la conversation avec le même naturel que avec Sita Zabini, pourtant il n'arrêtait pas de jeter des regards autour de lui. Mais heureusement, Gellert n'était pas là.

Le griffondor se rappela qu'ils auraient bientôt une retenue en commun et il se sentit mal à l'aise à l'idée de se retrouver à nouveau seul avec lui.

A moitié rassuré, il se concentra à nouveau sur la conversation qui avait bien évidement virée sur les différents éléments du tournois, ses camarades commentant point par points les différents actions s'étant déroulés lors de l'épreuve:

-Je trouve qu'Ernest s'est bien débrouillé. Il n'a fait aucunes erreurs, il connaissait bien tous ses sortilèges, marmonna en rougissant la jeune fille noire qui s'appelait Meliou.

-Oui, juste dommage qu'il ait tant perdu de temps au début et que la poufiasse de Durmstrang l'ai piégé à la fin, ironisa Sita d'un air précieux.

-Vous croyez qu'elle la fait exprès? Demanda le jeune homme, nommé Arthur Bontemps. Ce n'est pas si facile de se repérer dans ce type de labyrinthe avec vingt serpencendre aux trousses. J'ai presque l'impression que c'était elle qui était la plus stressée au final.

-C'est bien ce que je dis, bouda Meliou. Ernest n'a pas perdu son sang froid, lui...

Les deux autres levèrent les yeux aux ciels.

Albus les regarda d'un air interrogateur alors Arthur daigna commenter:

-Meliou n'arrête pas de défendre Ernest. Elle aime bien son côté «droit».

Les lèvres de Sita se courbèrent en une moue méprisante:

-Tu veux dire, son coté E-N-N-U-Y-E-U-X...

Meliou lui jeta un regard colérique:

-Tu dis ça parce qu'il t'as mis une paire de retenues pour nuisances sonores, déambulation nocturne et accoutrement indécent!

-C'est bien ce que je dis, il est chiant. Beaubâton n'a jamais eu de préfet qui était si à cheval sur la bonne conduite. Il ne sait pas du tout faire la fête.

Albus les écoutait poliment. Ainsi c'était pour ce genre de raisons qu'Ernest avait du mal à se trouver une place parmi sa propre école. Pour sa part, ce type de caractère ne le dérangeait pas. La droiture d'Ernest était un atout pour lui qui avait tant de mal à se lier intimement avec d'autres jeunes gens de son âge. Et comme le disait Gellert, il n'était pas lui-même quelqu'un de très drôle donc peu importe.

Puis les trois élèves de Beaubâton se mirent à commenter ses propres exploits en s'attardant bien sûr sur le «feu d'artifice» final qui lui avait assuré la victoire tout en étant plus loin de la sortie que ses deux camarades.

Un peu ennuyé par cette dissection de sa performance, Albus se reprit à rêvasser un peu. De loin, il aperçu Augusta qui fuyait le jeune Malefoy et Ernest qui riait avec des personnes inconnues. Il dévisagea mollement les visages enthousiastes et souriants de ses camarades devant lui et il réalisa que Gellert avait tristement raison.

Il s'ennuyait.

Oh ne croyez-pas qu'il ait quoi que ce soit à reprocher aux trois amis qui étaient venus partager un brin de causette, au contraire, il était toujours satisfait d'être en bon terme avec le plus de gens possible et ses trois là étaient parfaitement prévisibles et aimables. Tout ce dont il avait besoin en somme. Tout ce dont il avait besoin pour rester dans son petit monde sans danger et terne.

Mais le voulait-il?

Oh il avait peur. Bien sûr qu'il avait peur, bon Dieu! Avec son père et sa sœur qui s'étaient brûlé les ailes trop vite, trop brutalement.

A quoi bon?!

-Albus tu en penses quoi, toi?

Un peu hébété, il réalisa qu'Arthur était en train de s'adresser à lui. Il n'avait pas du tout suivis la suite de la conversation et n'avait aucune idée de ce qu'on lui demandait. Il répondit, un peu au hasard:

-Et bien, je pense comme toi...

-Tu es d'accord?

Albus lui sourit lentement et ajouta:

-Oui, absolument sur tout.

Comme d'habitude. Aimablement.


Quand Albus arriva dans le couloir menant aux cachots où il menait habituellement ses recherches avec Katerina, il remarqua quelque chose d'étrange.

La porte était a peine entrouverte et de longs soupirs semblaient sortir de la pièce, s'accordant parfaitement avec la maigre lumière que les chandelles projetaient sur le sol.

Albus s'approcha et jeta un œil indiscret à l'intérieur de la pièce.

Accoudée sur une table, Katerina avait le visage entre les mains. Les tresses roulées sur sa tête semblaient moins impeccables que d'habitude et renvoyaient un éclat triste. Il se demanda un instant si elle pleurait mais au même moment, elle l'entendit et tourna le visage vers lui:

-Albus... Entre...

Sa voix était morose. Les yeux du jeune sorcier s'attardèrent sur le visage pâle dont les yeux étaient creusées de cernes et sur l'hématome sur l'arcade sourcilière qui était en train de virer au mauve.

Sans pouvoir s'en empêcher, il demanda aorès l'avoir saluée:

-Est ce que tu vas bien?

Elle lui fit un pauvre sourire qui ressemblait plus à un rictus mauvais avant de répondre:

-Ce n'est rien, je me suis blessée pendant l'épreuve.

Puis semblant réaliser que ce n'était pas la peine de se cacher derrière des faux semblants, elle ajouta:

-Je me suis disputée avec quelqu'un...

Avec sympathie, le rouquin lui posa une main réconfortante sur le bras :

-Si tu te sens mal à propos de ça, tu n'as qu'a aller t'excuser. Peu de gens restent entêté quand on leur propose une trêve...

Elle se raidit et Albus sentit sous ses doigts qu'un frisson lui remontait la colonne vertébrale. Elle détourna le visage et finit par répondre d'un ton rêche:

-Je ne crois pas. Ce n'est pas comme si cette personne avait suffisamment d'importance pour que je ne puisse pas vivre sans elle de toute façon.

Albus, peu convaincu, observa la nuque crispée avec compassion.

Katerina dût le sentir, puisqu'elle se dégagea de la main d'Albus et se leva pour enchaîner avec un autre sujet :

-A propos, j'ai découvert quelque chose de très intéressant à propos de la transformation d'un sorcier en un autre.

Albus jeta un œil à la montagne de livres entreposés sur la table que Katerina avait très vraisemblablement empruntée à la bibliothèque. Il lu quelques titres en diagonale : Magie noire et invasion de l'esprit de Simonette Waltertogh, Les grands occlumens, de Mirembert Tartouffe, Dix moyens de connaître son ennemi, de Lord Dupuis-Mondroit lui-même...

Albus fronça les sourcils tandis que Katerina partait dans des explications avec un enthousiasme feint :

-Jusqu'ici, nous nous sommes beaucoup fondé sur l'apparence en matière de changement d'identité, ou bien sur un mélange d'apparence et de trouble psychique. Mais nous devrions également nous pencher sur des hypothèses purement psychiques. Le professeur Prince a effleuré le sujet lors des cours d'occlumencie mais il y a beaucoup plus à dire, j'en suis certaine. Je mettrai ma main à couper que des dizaines de mages noirs ont utilisés cette technique au cours des siècles...

Les sourcils toujours froncés, le griffondor commençait à comprendre où est-ce qu'elle voulait en venir et il n'était pas sûr de vouloir s'engager dans cette voie. Mais Katerina avait raison, c'était une nouvelle façon de créer une nouvelle identité à un sorcier :

-Tu veux parler d'utiliser l'occlumencie pour entrer dans l'esprit de quelqu'un pour ensuite la transcender et modifier les souvenirs qui sont entreposés dans l'esprit d'une personne ? De façon à lui moduler de nouveaux souvenirs ? C'est de la magie très noire. Ce genre de choses a sans doute déjà existé dans le passé mais de là à complètement changer la personnalité d'une personne... Cela doit demander une telle concentration ! Il est même étonnant que ce genre de sorts ne soient pas classés parmi les impardonnables.

Katerina haussa les épaules:

-Nous faisons des recherches, nous n'allons pas expérimenter ce sort. Contentons nous pour le moment de fouiller toutes les archives à notre disposition pour voir si ce genre d'expériences a déjà été faite dans le passé. Au pire, nous utiliserons un vieux moldu...

-Katerina!

Elle lui lança un regard méchant:

-C'était une blague Albus. Tu n'as vraisemblablement pas d'humour...

Déstabilisé, le jeune homme répliqua d'un ton léger:

-Pas du tout, je pensais juste que soudoyer un deuxième année avec des bonbons serait plus efficace...

Katerina le dévisagea de ses yeux cernés avant d'éclater d'un rire léger:

-Je ne sais même pas si tu plaisantes ou si tu me fais la morale... Tiens attrape ça!

Et tout en parlant, elle lui jeta le premier livre de la pile. Livre en question qui libéra une dizaine de doxys vrombissants qui partirent se cacher dans les recoins de la pièce.

-Au travail, maintenant, intima t-elle d'un ton impérieux qui rassura Albus.

Katerina était de nouveau elle même.

Il se mirent tranquillement au travail tout en stupéfixant de temps à autre les rares doxys ayant le culot de sortir de leur cachette.

Au bout de quelques heures d'études intensives et d'une grande quantité d'éternuements dût à la poussière, Albus finit par se tourner vers Katerina, les bras chargé d'un épais volume intitulé :

«Les déboires d'un mage noir méconnu», signé d'une main anonyme:

-Je crois que j'ai trouvé quelque chose... Écoute plutôt ça: «31 juin 1917: Le maléfice que j'ai lancé sur Astride semble avoir d'importants effets secondaires. Certes, comme prévu ma femme passe à présent tout son temps libre à me mitonner de bons petits plats et à me cirer mes chaussures au lieu de m'assommer de sortilèges en lisant sorcière Hebdo. Cependant, je ne me souviens plus du tout pourquoi je voulais tant devenir maître du monde, ce qui est fâcheux...». Le sortilège semble s'étendre à l'esprit du sorcier qui le lance...

-J'ai trouvés plusieurs traces de ce que tu avances... En 1920, Sigmund Goudiarrée a tentée de convaincre tout un groupe de sorcière qu'elle l'avaient vu feinter Wronski lui même. Le pauvre a crû dur comme fer jusqu'à la fin de sa vie que son père était mort de la dragoncelle pendant son enfance. Par la suite, il s'est évanouit à chaque fois qu'il eut l'occasion de le croiser sur le chemin de traverse. Mais apparemment d'autres sorciers ont pût y échapper.

-En 1724, Alistairia Bicorne a apparemment réussit à transformer son ancienne rivale amoureuse a devenir une véritable psychopathe en lui insufflant des souvenirs traumatiques. La fille en question a été incarcérée à Azkaban pendant vingt-huit ans avant d'être innocentée quand le pot-aux-orties à été découvert. Alistairia n'a apparemment pas été affectée et à pût jouir d'une parfaite vie sentimentale pendant vingt-huit ans, avant de récupérer la cellule de sa victime.

Ils se regardèrent en silence :

-Apparemment, nous ne sommes pas les premiers à avoir cette idée. Durant le cours des siècles, un certains nombre de mauvais mages ont tenté de manipuler les traits de caractères de leurs victimes.

-Dans celui-là, il y a même le sortilège. Apparemment, cela ne fonctionne qu'en informulé, c'est ce qui est écrit.

-Ça n'a rien d'étonnant. Le son d'une voix doit permettre à la victime de se dégager de l'intrusion dans son esprit. Il faut être capable de s'infiltrer dans un esprit et de maintenir la connexion tout en lançant un sortilège informulé.

-Et cela tout en restant concentré sur les souvenirs que l'on souhaite modifier et sans laisser son esprit s'égarer, si on ne veux pas courir le risque de voir ses propres souvenirs modifiés à jamais.

-Et d'après les rapports des médicomages, aucun sortilège n'a pour le moment été découvert qui puisse rétablir la véritable mémoire des victimes. La véritable mémoire ayant tout bonnement disparût.

Katerina soupira et mit en piles les livres qui l'intéressaient et d'où dépassaient plusieurs dizaines de marque-pages:

-Il ne nous reste plus qu'à tout rédiger. Je veux bien me charger de l'historique du sortilège, bien que ce soit complètement barbant. Tu n'as qu'à t'occuper de la mise en place du sort et des conséquences médicales sur les sujets. Ça te convient comme ça?

-Je veux bien faire l'historique, si ça t'ennuie... Je trouve cela plutôt amusant, répondit galamment Albus tout en assommant un doxy d'un coup de baguette magique.

Kat haussa les épaules, signifiant pas là qu'elle s'en fichait. Dumbledore en profita pour lui poser une question qui n'avait plus rien à voir avec le sujet mais qui le taraudait depuis un petit moment déjà:

-Au fait, est-ce-que tu saurais où je pourrais me procurer du sang de dragon?


Albus ne savait plus très bien pourquoi il avait accepté de les accompagner à la bibliothèque. A vrai dire, il n'était même pas sûr de se souvenir du prénom de la fille déjà. Ses mèches noires coupées en crinière ébouriffée dans son joli cou de bohémienne un peu vulgaire. Comme la dernière fois, elle était accompagnée de la petite boulotte à la belle peau cuivrée et du type grand et sec. Il se mordilla les lèvres avant de se concentrer sur son objectif.

C'est vrai, il était à la recherche d'un bon livre sur le sang de dragon. Le problème c'est qu'ici, la majorité des livres étaient dans des langues qu'il connaissait fort peu, mais il ne se débrouillait pas trop mal après tout.

Avec ses trois camarades, il s'était posés autour d'une table en bois entourée de poufs bleus rois en velours. Ils étaient un peu à l'écart des livres et la promiscuité d'une lampe et d'une petite nappe à carreau achevait de donner à l'ambiance un petit coté cosy qui facilitait l'intimité.

Albus écarquilla ses grands yeux bleus tout en observant ses compagnons. Il avait, comme eux, sortit de son sac un parchemin et une plume afin de rédiger le devoir sur les patronus à rendre pour la semaine prochaine. Plus vite elle serait terminée, plus vite il pourrait aller se concentrer sur le sang de dragon.

Il commença sa rédaction sans trop se préoccuper des autres qui avaient aussitôt commencé une série de messes basses.

« Comme si se concerter entre eux allait leur assurer une note moins médiocre, songea t-il en mordillant sa plume du bout des dents. »

Alors qu'il avait finit les deux premiers paragraphes, il se concentra davantage sur leur conversation, et c'est à ce moment précis qu'il réalisa quelle était sa véritable motivation pour avoir accompagné ces trois là pendant autant de temps.

Il voulait faire un test. Et pour ça, il allait avoir besoin d'eux. Mais pas de Augusta, ni de Ernest, non, non... Il ne fallait pas les toucher. Il étaient ses très chers amis.

« Tu ignores même ce que le mot humour veut dire... »

Le cœur battant, il glissa une main nerveuse dans ses longues mèches rousses. Les mots de Gellert tournaient dans sa tête comme une toupie.

Il écoutait sans les comprendre les mots que prononçaient Arthur devant lui :

-Et c'est à ce moment là, que j'ai attrapé sa cape. Quand il a trébuché, renversé les étagères sur nos tête et ça réveillée la harpie...

Et c'est là que le drame se produisit :

-Harpie, c'est pas ce truc que les moldus utilisent pour nettoyer leurs latrines...

Il avait parlé sans même réaliser, mais avait employé un ton enthousiaste très faux.

Les trois autres le regardèrent avec des yeux ronds écarquillés pendant quelques secondes avant que Arthur n'éclate d'un rire tonitruant qui lui valut de se retrouver les lèvres enroulés sur elle même à cause du sortilège de la bibliothèque.

Sentant le rouge lui envahir violemment les joues, il donna une explication aux deux filles qui ressemblaient à s'y méprendre à des excuses :

-C'était... Pendant le cours de connaissance sur les moldus en troisième année. Le professeur avait présenté ce truc... Harpic, c'est pour les toilettes moldus...

Après un nouveau blanc, Sita lui tapota la main :

-C'est le contre-coup du tournoi, Albus... Ce n'est pas grave.

Cramoisie de gêne, le griffondor se flagella mentalement avant d'essayer de se remettre au travail, ce qui semblait peine perdue car il lui était maintenant impossible de se concentrer convenablement.

Il finit par se lever en se justifiant :

-J'ai besoin d'une source supplémentaire, je vais la chercher...

Albus eu vaguement conscience que ce départ était une véritable fuite mais tant pis. Il parcourût les rayons au pas de course en essayant de penser très fort au sang de dragon. C'est alors qu'il aperçu le jeune Malefoy qui était apparemment lui aussi à la recherche d'un ouvrage. Un pli soucieux lui barrait le front et il avait endossé pour l'occasion de petites lunettes de lectures qui lui donnaient l'air encore plus snob.

Albus l'accosta avec tant d'enthousiasme -ravi de se changer les idées- qu'il fit tomber un des livres posés sur l'étagère qui se trouvaient devant lui.

-Malefoy! Comment vas-tu?... ... Tu avais l'air un peu soucieux, j'ai l'impression que ça t'arrive régulièrement ses derniers temps...

-Ah Albus, tu étais là ! Tu m'as fait peur... Effectivement, ce n'est pas trop la forme en ce moment mais rien de grave ne t'inquiète pas...

Le blondinet avait les sourcils froncés et le regard fuyant. Il tenait à la main un exemplaire de « Sangs purs et droits primordiaux». Un pavé qui était la bible de tout sang pur qui se respecte mais qui n'avait rien d'un bon livre de chevet pour un jeune adulte.

-Un problème de famille? … Pardon, je me mêle de se qui ne me regarde pas... Je vais te laisser tranquille...

Le garçon soupira :

-Il n'y a pas de mal... Je serai majeur l'année prochaine et cela implique pas mal de changement dans la vie d'un sang pur respectable. Mon père va commencer à m'inclure dans ses affaires et je vais sans doute hériter d'une partie du domaine. En outre, mes parents vont sans doute commencer à me présenter des tas de partis respectables et sans qu'on me force la main, il va falloir que je me décide... Ceci dit j'aimerai bien faire mon choix tout seul... Sans m'écarter de ce qui serait une sang-pur convenable bien-sûr...

Le Griffondor ne sût pas trop quoi répondre. Pour lui, les obligations avaient disparus en même temps que son père. Ils avaient perdus une bonne partie de leur possessions dans le procès et sa mère n'avait aucune envie qu'il ramène une étrangère dans la famille qui serait impliquée dans les problèmes de santé d'Ariana. Alors il se contenta de faire un regard plein de compassion et d'avoir l'air mal à l'aise.

L'autre fit un geste agacé de la main et s'éloigna avec un pas qu'il voulait désinvolte, en lançant un dernier:

-Bon, c'est mes problèmes en tout cas donc pas besoin de t'en mêler. On se voit plus tard!

Albus voulu partir mais il remarqua qu'Abraxas n'avait pas ramassé le livre qui était tombé au sol. Il se baissa pour le récupérer et fixa la couverture avec surprise. C'était l'exemplaire des contes de Beedle le barde que Gellert avait consulté la dernière fois qu'ils avaient été à la bibliothèque ensemble.

Il le feuilleta négligemment jusqu'à tomber sur le conte des trois frères. En fronçant les sourcils, il remarqua que les pages étaient souillées de petits graffitis. Des notes et des dessins.

Sur une demi-page, un sorcier invoquait un immense serpent qui venait à son tour le dévorer.

De l'autre coté, le texte était encadré par une longue frise d'aubépine entremêlées d'os.

Troublé, le jeune homme ne pût s'empêcher de penser à Gellert en remettant le livre sur l'étagère.

La retenue était prévue pour après demain.


Voilà c'est finit pour celui-ci. Je reste toujours un peu sur ma faim pour les trois dernières scènes... Le Gellert/Albus était plus intéressante écrire.

S'il vous plaît penser à commenter/critiquer... Ça aide vraiment à s'accrocher et à continuer!

Je vous aime tous fort !

PS : Je vais essayer de poster d'ici ce soir un dessin avec les visages de tous les personnages un peu important de l'histoire sur ma galerie deviantart. L'adresse sur mon profil;).