Disclaimer : Point à moi, moite aux lettres, lettre d'amûûur…
Bonjour, à tous
Je suis… En retard… Et pourtant j'ai écris ce chapitre extrêmement rapidement puisque hier à 17 heure il ne comptait que quatre pages et que ce matin à 10h il en faisait dix-neuf :D…
Ca n'arrive tellement jamais que ça mérite d'être noté. En effet, moi qui suis lente, j'ai une sale tendance à écrire une page par soir. Ce qui fait que même sans faire de pause, je dois mettre environ 15 jours à écrire un chapitre :/.
J'étais plus efficace quand j'écrivais sur Death note.
Comme excuse pour cette fois, je dirais que ma poisse élue légendaire pour 2014 se poursuit et que entre la montagne de boulot, ma boule de poil qui enchaine les problèmes de santé, le décès de ma mamie, les brutales envies de se mettre la tête dans un seau (ou jouer 24h/24 à FF7 à alterner avec lire Homestuck) pour ne plus faire face à la réalité.
Et surtout principalement, se mettre dans le bon état d'esprit pour écrire ce chapitre qui compte beaucoup pour moi.
Je l'ai écrit en écoutant en boucle le CD « Chemin de Tsiganie » de Urs Karpatz qui est un groupe tellement merveilleux que je vous ORDONNE de l'écouter si vous avez juste un tout petit peu de respect pour mon travail car la scène de bal étant quelque chose de très profondément musical, je ne peu pas vraiment voir mon texte sans elle.
Bonnes lecture !
PS : Référence au précédent chapitre : Sharcoux est le nom de Saroumane tel qu'il est donné par ses Orcs dans le seigneur des anneaux. Mithrandir est le nom elfique donnés aux sages dont fait partit Gandalf.
Gellert conseille donc à Albus de devenir un véritable sage comme l'était Gandalf et nom un monarque d'opérette comme Saroumane.
Il y a énormément de comparaisons faites entre les personnages de Gandalf et Dumbledore sur le net et étant donnée que Rowling étant une adepte du LOTR je pense qu'il y a très probablement une réelle influence entre les deux. Pour ma part, j'aime beaucoup ces deux personnages mais vous pouvez deviner vers qui mon cœur balance. ).
Chapitre 9 : Le bal de Noël
Urs Karpatz – album « chemin de Tziganie »- (au moins Ghele shavaro le drom que l'on trouve sur spoify, même si elle est longue a démarrer !)
Emir Kusturica –Roméo is really a Jerk-
Django Reinhardt - Les yeux noirs
C'était l'heure du petit déjeuner, et ils étaient assis tous les quatre, bavardant aussi gaiement que pouvait le permettre la proximité du réveil. Quand soudain, alors qu'il buvait indolemment son jus de citrouille, Albus en recracha la moitié dans son verre.
-Oh ! T'es dégeu ! Protesta Augusta en beurrant avec concentration sa tartine.
-Qu'est ce que tu viens de dire ! Demanda le garçon d'une voix blanche.
-Je disais que tu étais dégoutant !
-Pas ça. Avant.
-Hein ? Je disais que j'étais étonnée qu'ils aient essayé d'apprendre une mazurka à tous ses primates qu'on veut bien nommer élèves. Pour le bal de Noël…
Albus gémit. Contrairement à lui, Ernest avait finalement renoncé à sécher les cours de danse tandis qu'Augusta le suivait dans sa crise d'adolescence tardive. Et en petite créature innocente, Albus s'était persuadé que comme à Poudlard, le comité de Durmstrang se contenterait d'une petite valse fade et gentillette.
Une mazurka ? Une mazurka ? Qu'est ce que ça pouvait bien être ça, une mazurka ? Un nom d'insecte ? Une vieille tante momifiée ?
-Qu'est ce qui ne va pas Albus ? Demanda Ernest du ton doux et résigné qui lui collait à la peau depuis qu'Abraxas avait demandé à Augusta de l'accompagner au bal.
-Je ne sais pas danser cette danse !
Augusta fronça les sourcils :
-Mais le bal est ce soir ! Il était peut-être temps de s'en préoccuper !
Albus la regarda d'un drôle d'air :
-Parce que tu sais danser ce truc, toi ?
Augusta prit un air offensée :
-D'abord je ne sais toujours pas si je vais à ce bal. Ensuite, oui, je sais danser la mazurka. Lors du festival de la bieraubeurre de Prés-au-Lard, il y a toujours beaucoup de danses et de rondes. J'en ai mangé à chaque fois que l'été revenait.
Devant l'air horrifié du Gryffondre, Augusta rajouta d'un air un peu plus compatissant :
-Ne t'inquiète pas trop, ça n'a rien de compliqué. Il te reste encore quelques heures pour apprendre et t'entrainer avant l'heure fatidique…
Cela ne rassura qu'à moitié le jeune homme qui termina son jus de citrouille sans faire d'histoires, avant de mettre son sac sur son épaule pour aller en cours de divination. Augusta l'accompagna tandis qu'Ernest, qui avait cours de Botanique, leur fit un signe de la main tout en se dirigeant vers la sortie de la citadelle pour rejoindre le potager.
Augusta jeta un œil sur son planning enchanté –qui se modifiait automatiquement en cas d'annulation d'un cours ou s'il était prévu qu'elle sèche ou encore -comme dans ce cas précis-, lors d'un changement de salle :
-Tiens… Le cours de divination a lieu dans le planétarium aujourd'hui. C'est vrai que le professeur nous avait parlé de lire des prophéties dans la conjonction des planètes lors du dernier cours. Tu crois à ce genre de conneries?
Albus fit la moue tandis qu'ils arpentaient les couloirs noirâtres de la citadelle :
-En toute sincérité, je me méfie un peu de la divination depuis qu'Epicura m'a prédit en troisième année que je vivrai un grand amour tragique qui allait conjointement me sauver et foutre ma vie et ma sexualité en l'air.
-Charmant…
-Comme tu dis.
Il allait engager la conversation sur le bal du soir tandis qu'Augusta s'engageait dans un couloir en lui tournant le dos. C'est alors qu'il aperçut une main mystérieuse qui lui faisait signe de derrière une tenture. Jetant un œil nerveux du coté d'Augusta qui avait déjà presque disparût, Albus se glissa derrière la tapisserie avec hésitation, tout en devinant avec excitation qui pourrait l'y attendre.
-Ah ! Je me doutais que c'était toi !
En entendant son exclamation, Gellert lui fit signe de se taire tout en souriant. Albus regarda autour de lui… Derrière la tenture se trouvait un long tunnel qui était bordé de fenêtres en ogives avant de s'enfoncer dans les ténèbres. Sans doute un des nombreux passages secrets que renfermaient le château.
-Ca faisait un bail qu'on ne s'était pas parlé, ronronna le blondinet de ce ton caressant qui agaçait profondément Albus. Je m'ennuie sans toi…
Albus éclata de rire :
-Tu plaisantes ? On a passé l'après midi ensemble à la bibliothèque, il n'y a pas deux jours…
Gellert lui fit une moue boudeuse, qui lui donna un air un peu agaçant de gamin capricieux :
-Oui, mais on n'a quasiment pas parlé. J'en ai assez qu'on fasse semblant de ne pas être ami.
Le Gryffondre dansa d'un pied sur l'autre. Il ne se sentait pas encore prêt pour assumer sa nouvelle amitié avec celui qui l'avait tant humilié. Il ne se sentait pas non plus prêt à partager. En se mordillant la langue, il changea de sujet :
-Où mène ce truc ?
-Il va dans le parc, jusqu'à la forêt. Mais tu ne peux pas y aller juste comme ça, il faut donner un mot de passe un peu plus loin…
-Un mot de passe que tu connais ?
-Peut-être… Je ne dispense pas mes secrets aussi facilement.
Ils s'approchèrent de la fenêtre et contemplèrent le parc vêtu de neige délicatement bordé par une mer de métal. En plissant les yeux, Albus distingua des milliers de silhouettes grises qui avançaient par groupes d'une dizaine d'individus, parmi les vagues. Gellert suivit son regard avant de commenter nonchalamment :
-Il n'y a là rien d'extraordinaire, nous sommes en plein dans la période de migration des selkies. Elles cherchent à rejoindre des terres plus accueillantes pour passer l'hiver.
-Il serait temps, nous sommes presque à Noël.
Gellert fit la moue :
-Ne me parle pas de Noël. Le bal de ce soir me gonfle au plus haut point.
-Vraiment, j'aurais plutôt crû que tu aimerais ce genre d'évènements ?
-Hein ? Pourquoi ?
-Je ne sais pas. C'est toujours une bonne occasion pour faire le petit coq. Parader, faire l'intéressant, tout ça.
Albus avait un ton clairement moqueur et le blondinet lui donna un coup de coude dans les côtes.
Ils rirent ensemble et Albus se sentit étrangement bien. Puis Gellert reprit la parole :
-C'est vrai que j'aime faire la fête. Mais je n'ai pas trop envie de passer la soirée avec Anoushka. Elle me gonfle.
Il lui fit un clin d'œil :
-Je préfèrerais discuter avec toi.
Le rouquin se sentit rougir et il se lança mentalement un maléfice de chauve-furie pour se punir. Il savait bien que Gellert lui faisait un numéro de charme savamment calculé. Il était toujours dans son optique de pardon et depuis, il était toujours poli, drôle et charmant.
Et puis il avait cette façon agaçante de lui parler de trop près. Il était toujours contre son oreille, la bouche soufflant dans son cou, son front à quelques centimètres du sien. Il était en permanence dans son espace vital, comme pour lui raconter un secret.
Nous sommes intimes.
« Il le fait avec tout le monde » Pensa t-il sans s'apercevoir qu'il s'humectait nerveusement les lèvres. « C'est sa façon de faire. Tu n'es pas spécial. Tu es juste son objectif du moment. Ce n'est pas une raison pour ne pas en profiter mais garde la tête froide. »
-Et toi ? Tu as trouvé quelqu'un pour aller à ce bal ?
-Hum… Ouais, j'y vais avec Sita Zabini…
-Ah oui, je vois qui c'est. Elle est pas mal.
Albus haussa les épaules sans grand enthousiasme.
-Oui, mais avoir une partenaire ne fait pas tout. Je ne sais même pas danser la mazurka.
Gellert fût secoué d'un rire silencieux :
-Comment tu vas te débrouiller ?
-Je vais demander à Augusta de m'apprendre, je pense. Pendant la pause de midi.
-Et bien je te souhaite bien du courage…
-… Il faut que je file. Je vais déjà être en retard en divination.
Quelques instants plus tard, quand Albus s'assit à coté de Augusta dans le planétarium, -après s'être excusé auprès du professeur pour son retard- et celle-ci lui jeta un œil soupçonneux :
-Qu'est ce que tu as fabriqué ? Tu étais juste derrière moi tout à l'heure...
Il lui mentit sans même y penser :
-J'avais juste oublié ma baguette dans la grande salle, j'ai dût retourner la chercher…
Nerveusement, il épousseta du revers de la main les flocons qui s'étaient égarés sur les épaules de sa robe de soirée.
Les pierres qui composaient les murs du Grand Hall étaient totalement recouvertes d'un givre qui s'était aggloméré en longs cristaux de glace et de la neige magique tombait du plafond en effectuant de longs balais dans les airs. Un immense sapin avait été dressé près d'un volumineux brasier où flambait une énorme bûche où chacun pouvait aller jeter un vœu noté sur un parchemin pour la prochaine année, comme le voulait la tradition.
Au dessus des portes avaient été accrochés de nombreuses branches de gui et de houx et les fantômes du château faisaient résonner de nombreux chants de cloches qui pouvaient aller de merveilleux cantiques de Noël à d'horribles cacophonies.
Les trois champions, accompagnés de leurs partenaires, se trouvaient derrière les portes, tout en sachant que derrière celles-ci se trouverait toute l'école en tenue d'apparat, prête à les voir effectuer une magnifique prestation de danse. Abus se sentit ridicule.
Il jeta un coup d'œil à Ernest qui n'en menait pas large au bras d'une Meliou encore plus timide que lui. A son bras à lui, Sita Zabini rayonnait plus que la lune elle-même. Elle portait une robe gitane fait d'un ensemble chatoyant de turquoise et d'or et elle avait glissé de lourdes boucles d'oreilles de métal dans son épaisse chevelure bouclée.
A sa droite, dans sa robe fourreau de couleur noire, Les cheveux roulés en un lourd chignon sur sa nuque, Katerina avait l'air singulièrement morose et austère. Elle avait choisit de se rendre au bal avec Pietrov qui pour sa part semblait merveilleusement à l'aise. Toutes les trois secondes, il faisait rebondir dans sa main une petite friandise qui ressemblait à s'y méprendre à un fizwizbiz et cela agaçait prodigieusement le Gryffondor qui avait déjà assez de mal comme ça à maitriser son stress.
Remarquant son regard, le jeune homme rejeta en arrière ses longs cheveux platine et lui proposa d'un ton goguenard :
-Qu'est ce qu'il y a ? Tu le veux ?
Avant qu'il eu pût répondre, Katerina avait pincé le bras du jeune slave en lui jetant un regard mauvais. Tout en ricanant stupidement, le blondinet finit par gober de lui-même la friandise.
Et il était temps, car les portes de la grande salle s'ouvrirent à cet instant.
Ernest jeta un regard paniqué à Meliou tout en ayant le même air désespéré que si ses entrailles se liquéfiaient tandis qu'Albus époussetait une dernière fois la neige qui s'était égarée sur sa longue robe d'un vert très sombre qui faisait admirablement ressortir la couleur criarde de ses cheveux.
Ils s'avancèrent d'un pas raide tandis que l'orchestre lançait ses premières notes. Les autres élèves leur faisaient une haie d'honneur jusqu'à la piste de dance. Albus essaya de les ignorer, contrairement à Sita qui semblait rayonner de plaisir de la racine des cheveux jusqu'aux orteils. Aussi, il n'est pas étonnant qu'il n'ait pas vu que Pietrov était progressivement en train de virer au vert. Mais autour de lui, les élèves chuchotaient et fronçaient les sourcils. Ce n'est que quand Katerina lui chuchota : « Pietrov ? Est-ce que ça va ? » D'un ton inquiet qu'il réalisa qu'il était en train de se passer quelque chose.
Et ce fût juste à temps, car quand il se retourna pour voir le visage de Pietrov virer au violet, il n'eu qu'une poignée de secondes pour se jeter sur le coté en emportant Sita avec lui avant que le malheureux ne vomisse de multiples limaces sur le tapis rouge qui menait à la piste.
Quelques instants plus tard, la piste était envahit de professeurs et de limaces, et la foule était parcourue de commentaires plus ou moins compréhensifs : « C'est une honte ! » « Que quelqu'un emmène ce pauvre garçon à l'infirmerie ! » « Et le bal alors, j'attends ça depuis trois mois? »…
Sur le coté, Katerina affichait un air dégoutté devant sa robe qui avait été éclaboussée par les gastéropodes en fuite, qui se baladaient maintenant au milieu des invités tandis que Pietrov ne semblait pas réussir à arrêter ses dégoutants hockeys. En tout cas, pas avant que le professeur Pierredecou ne reçoive une demi-douzaine de limaces sur ses souliers vernis.
Bien vite, il fût emporté vers l'infirmerie tandis que le concierge se chargeait de faire de nouveau reluire le sol à grand coups de recuro.
Les directeurs s'en mêlèrent et tout ressembla à nouveau à une immense cacophonie. La question qui se posait était celle-là : devant ce magnifique fiasco, fallait-il tout simplement annuler l'ouverture du bal réglementaire, mettre Katerina de coté, ou bien lui trouver en urgence un nouveau cavalier ?
Devant cette dernière proposition, Katerina releva les yeux d'un air sombre avant de protester :
-Il n'est pas question que je danse alors que mon copain est malade à mourir à l'infirmerie !
Le concierge s'était chargé de rendre à sa robe sa propreté, et si on oubliait les deux ou trois mèches rebelles qui s'échappaient à présent de son chignon, Katerina avait de nouveau tout à fait l'air présentable.
Les directeurs protestèrent. La fête ! La tradition ! Mais enfin… Faites un effort ! Trouvez lui un charmant partenaire et qu'elle oublie l'autre !
Mais le visage dédaigneux, Katerina resta campée sur ses positions :
-Ca me parait ridicule de danser avec quelqu'un en public sans même s'être entrainé une seule fois.
-Moi, je veux bien être ton partenaire ! On s'était exercé ensemble l'autre jour…
Magnifiquement élégant dans sa robe de sorcier grise et argent, Gellert s'extirpa de la foule avec sur le visage l'air de beaucoup s'amuser. Aussitôt les professeurs s'enflammèrent de joie. Le visage sombre, Katerina tourna les yeux vers leur table où le professeur Prince gardait obstinément les yeux baissés sur son assiette vide.
Avec un air extrêmement content de lui, Gellert vint se placer à coté d'une Katerina aux lèvres pincées auquel il tendit galamment son bras. A contrecœur, elle finit par lui prendre le bras.
Albus croisa le regard enjoué de Gellert, tout en se demandant si c'était lui qui avait ensorcelé le bonbon que Pietrov avait gobé avant son entrée sur la piste –car c'était forcément le bonbon ! Quoi d'autre ?-.
La musique se remit doucement en route et Albus ressentit de nouveau toute l'ampleur de son trac.
Alors puisque c'était ce que tout le monde attendait de lui, il prit Sita Zabini par le bras et la taille et commença une danse laborieuse et pénible qui ne fût sans doute pas une réussite.
Ernest se laissa tomber sur une chaise à coté de son ami, les joues rougies et le souffle court. Contrairement à Albus qui avait fuit la piste dès que ses obligations furent remplit, il avait continué à danser avec Meliou pendant trois valses et deux polkas. Albus n'aurait su dire si Meliou lui plaisait ou si il avait finalement prit goût à la danse.
Il porta son verre à ses lèvres et grimaça. C'était fort. Et c'était déjà son troisième verre –Il en avait bu un avant de danser, maintenant il buvait pour oublier son sentiment d'avoir été un piètre danseur devant toute l'école-. Il eut la vague impression que sa vue se brouillait, mais il s'entêta juste à siroter le breuvage liquoreux qui se trouvait dans son verre avec conviction. Il ne s'était jamais enivré. Rien que d'y penser, le visage sévère et réprobateur de son père apparût dans sa mémoire et il le chassa avec une grimace.
Pour sa famille, pour son honneur, pour que son père –celui dont il était fier, pas celui qui était enfermé à Azkaban- le reconnaisse comme son digne enfant, il avait toujours été sage et parfait. Mais il en avait assez.
Déjà, Gellert l'avait amené à changer. Il faisait des blagues nulles. Il séchait les cours. Mais ce n'était pas vraiment suffisant. Etre un petit con. Un petit imbécile. Comme les autres.
Se laisser tomber. Juste un peu.
Il ferma les yeux.
L'alcool se répandait dans ses veines comme une longue vipère se glissant entre les herbes.
Il laissa filer d'entre ses lèvres un long ricanement qui n'avait absolument aucun sens et Ernest le fixa avec perplexité. Pour donner le change, il prit un nouveau verre et entreprit d'ouvrir la conversation d'un ton qu'il voulait sympa mais qui était sans doute un peu égrillard :
-Alors, comment se passe ta soirée ?
Ernest haussa les épaules d'un air un peu mélancolique :
-Pas trop mal. Meliou est très gentille. Et je crois qu'elle m'aime bien.
Albus pencha la tête sur le coté en plissant les yeux pour se forcer à rester concentré malgré la musique et la foule mouvante autour de lui:
-Et ?
-Et je ne sais pas trop…
Ernest tourna la tête pour observer autour de lui avant de fixer avec anxiété la grosse masse des danseurs :
-Où est Augusta ?
-Elle n'est pas venue. J'ai croisé Abraxas devant la porte des havres pluie. Il était fou. Elle a catégoriquement refusée de sortir de son dortoir. Il m'a même laissé entrer pour que j'essaie de lui parler mais elle n'a pas voulu ouvrir la porte de sa chambre.
Ernest eut un léger rire et eut l'air un tout petit peu plus heureux :
-Alors elle n'aimait vraiment pas danser, j'ai bien fait de ne pas lui demander alors.
-Si tu l'avais fait, elle aurait dit oui.
-Tu crois ?
-Bien sûr. Rien que parce que tu es son ami. Même si elle n'aime pas danser, elle serait venue pour ne pas avoir à te mettre de râteau.
Le visage d'Ernest se ferma :
-Ce Malefoy, tu crois qu'il l'aime vraiment bien ?
Albus vida la moitié de son verre d'un trait en essayant vainement de réfléchir correctement :
-Et bien oui. Je le crois…
Il ajouta après une plus ample pseudo-réflexion d'ivrogne :
-Je ne suis pas sûr qu'il réalise qu'Augusta n'est pas du tout une fille pour lui. Mais il est un sang pur issu d'une illustre famille et on va bientôt lui trouver une blonde glaciale avec un balai dans le cul avec qui il devra entretenir un vouvoiement perpétuel, même pendant leurs coïts aristocratiques dénués de chaleur mais pas de lingerie fine…
-Albus !
-Je disais donc… Augusta représente ce qu'il n'aura jamais… Une fille de sang pur, mais mal élevée, effrontée, avec une personnalité féroce et qui n'hésiterait pas à le maltraiter. Mais elle pourrait aussi l'aimer…
-Tu crois qu'il a une chance avec elle ?
Albus lança une œillade sévère à son ami :
-Si tu ne te bouges pas, je suppose que oui. Tu as clairement plus de chance de lui plaire que lui. Mais s'il agit pendant que tu fais la limace, alors oui ! Il aura sa chance, et c'est son droit après tout.
Ernest rosit jusqu'à la pointe des cheveux :
-Oh mais voyons, je n'ai pas dit que…
Albus vida son verre cul sec et se leva avant de pointer son ami du doigt sans le laisser protester :
-C'est moi qui dit que !
Puis il posa le verre et se leva et s'égara dans la foule à la recherche du buffet non s'en avoir au préalable trébuché à moitié.
Il se retrouva sans trop le vouloir au milieu des danseurs et sa tête tourna. La musique –Quelque chose de tsigane et de slave mêlé. A la fois rapide et langoureux.-l'emmena dans un pays où l'on jette des verre de vodkapricieuse vide derrière son épaule. Les filles portaient des robes rouges, bleu de Prusse, Rose indien. Or et argent. Soie et velours. Leurs jupes étaient lourdes et s'enroulaient autour de leurs jambes comme de lourds pétales de lys. Leurs cheveux étaient nattés, lourds et dansant. Et soudain, il se sentait comme dans la cour d'un antique tsar de Russie. Il se mit à rire. Savourant le rythme de la musique sur sa peau. Et les danseurs autour de lui comme un vol effréné d'oiseaux…
Titubant parmi les autres, il finit par arriver jusqu'au buffet disposé sur une longue table devant de gigantesques rideaux. Nerveusement, il défit le ruban qui retenait sa chevelure et ses cheveux roux retombèrent sur son visage. A nouveau, il épousseta la neige magique qui s'accumulait sur les épaules de sa robe de soirée.
Un verre lui fut tendu :
-Ta soirée se passe comme tu veux ?
Il jeta un regard torve vers la personne qui lui tendait un verre d'un breuvage qui était sans doute de l'hydromel, si on en jugeait par sa merveilleuse couleur dorée. Mais avant qu'il n'eut pût saisir entre ses doigts le récipient, celui-ci se déroba.
Il cligna des yeux et contempla un Gellert qui le fixait d'un air purement émerveillé :
-Ma parole ! Mais tu es ivre !
-Pas autant que ça ! (Donne moi ça !)
Gellert éloigna un peu plus le verre du bras qui se tendait.
Albus grimaça et protesta d'un ton grincheux :
-Qu'est ce qu'il y a ? Tu m'as l'air bien enjoué !
-Normal. Anouchka me fait la gueule parce que j'ai dansé avec Cat'. J'en enfin le sentiment d'avoir un peu d'air.
-Humm…
Gellert se rapprocha de lui et renifla son haleine :
-Ah, mais tu t'en es donné à cœur joie ! Tu as bu combien de verre ?
Devant le silence obstiné du Gryffondor, il poursuivit d'un ton moqueur :
-Tu bois pour oublier ta performance ?
Albus lui attrapa le bras d'un air sombre :
-D'habitude je suis bon danseur, je ne savais juste pas danser sur… sur ce truc…
-La mazurka ? Tu ne t'es pas entrainé comme tu le voulais, tout à l'heure ?
Tandis qu'Albus fronçait les sourcils tout en essayant une énième fois d'attraper le verre, Gellert finit par lui proposer en levant les sourcils avec un sourire suggestif :
-Tu veux que je te montre ?
Albus éclata de rire avant de jeter un œil autour de lui :
-Ici ? Mais tout le monde va pouvoir nous voir, on aura l'air ridicule !
Gellert roula des yeux :
-Pas ici, triple bouse de dragon ! Viens par là.
Réussissant enfin à éloigner le rouquin de tout ce qui ressemblait à une goutte d'alcool, il le tira derrière le rideau qui se trouvait derrière le buffet.
Derrière le rideau, il ne neigeait pas. Il y avait encore un beau morceau de pièce, complètement remplit de vieux meubles, de décors de théâtres et de costumes de spectacles accrochés sur des cintres.
La pièce était sombre. A peine éclairée par la lumière du grand hall qui filtrait à travers les rideaux, tout comme le faisait la musique.
Une fois qu'ils furent tous les deux de l'autre coté, ils eurent un instant de confusion. A cause de l'obscurité, leurs pupilles se dilatèrent. Gellert fit un pas en direction de l'autre, puis un deuxième.
Albus émit un rire rauque qui s'éteignit dans sa gorge comme une flamme que l'on souffle.
Gellert eut un de ces fameux sourires carnassiers et s'approcha encore. Il posa sa main sur la taille de l'autre et l'encouragea à mettre la main sur son épaule.
-Alors trois pas sur le coté, trois de l'autre…
Albus chuchota dans son oreille tandis qu'ils enchainaient les pas:
-Je suis peut-être ivre, mais là tu es parti pour m'apprendre le rôle de la fille, ce qui ne me servira pas à grand-chose.
-Ta gueule. C'est pareil, sauf que ce sera toi qui mèneras…
En réponse, Albus lui marcha volontairement sur les pieds (enfin peut-être). Ils rirent tout les deux.
-Et maintenant, un, deux, trois, soulève la jambe droite. Et on recommence dans l'autre sens.
Toujours embrumé par l'alcool, Albus emplit ses narines de l'odeur de joie qui émanait de son cavalier. Gellert étant légèrement plus petit que lui, il avait le nez dans les boucles de son front.
Malgré le noir, il arrivait à détailler son visage. Ses yeux qui chantaient, sa bouche qui fredonnait et l'odeur de son rire ! Oh par Merlin, l'odeur de son rire !
A quel moment s'étaient-ils rapprochés au point que leurs épaules se touchent ?
-On n'est pas en rythme, gronda t-il, d'une voix plus rauque que ce qu'il aurait voulu.
-C'est parce que ce n'est pas une mazurka…
-Je sais…
Dans le grand hall, l'orchestre jouait une valse rapide et tournoyante comme un vol d'étourneau. Albus vit danser devant ses yeux les jupes multicolores et les flocons. L'or et l'argent des palais des tsars. Et devant lui il y avait ce beau visage slave, avec ses boucles ébouriffées par la danse et la joie. Ce garçon qui ressemblait à un prince russe, avec son col de fourrure d'argent et ses bottes bien cirées.
D'un geste impérieux, il le saisit par la taille à son tour et l'enserra plus étroitement pour inverser brutalement le cours de la danse et l'entrainer dans ce qui était une valse effrénée et complètement folle dans laquelle ils se cognèrent contre une armoire avant de repartir de plus belle.
Mi-riant, mi-protestant, Gellert tenta d'inverser le rapport de force mais cela ne fit que les faire se cogner dans une penderie pleine de costume qui tombèrent mollement dans le bas de l'armoire et ils repartirent de plus belle dans l'autre sens.
Et ce petit jeu dura jusqu'à ce qu'ils n'aient plus de souffle, à peine de quoi tourner, juste de quoi se taper sur les murs, de mélanger leur souffles et leur hilarité idiote.
Enfin terrassé, Gellert se laissa tomber à moitié sur une table tandis qu'Albus se retrouvait à moitié avachit sur lui. Ils reprirent leur souffle tandis que la tête pleine de tournis, le roux contemplait avec vénération le visage qui lui faisait face. Une unique raie de lumière provenant du hall venait éclairer son visage en traversant son œil. Le souffle de Dumbledore s'accéléra.
Dans le reflet de l'iris mordoré de Gellert, il pouvait voir le reflet de la piste de danse et des jupes- fleurs qui tournoyaient. Il désira un instant basculer de l'autre coté de cet œil sans fond comme s'il était l'autre coté du miroir. Tomber dans le puits de l'iris et couler dans la mer sombre de ses rêves.
Devant son regard égaré et fixe, Gellert eut soudain un étrange pressentiment, qu'il chassa avec un nouveau rire, avant de demander d'un chuchotement étrangement nerveux :
-A quoi tu penses ?
Albus ne répondit pas tout de suite.
Et à cet instant-là, il pensait si fort à l'embrasser que cela aurait dû être vrai. Une envie brute et sexuelle envahit son ventre puis remonta le long de ses membres jusqu'à lui chatouiller les doigts. Mais ses sens émoussés le laissaient hagard et perdu, alors il pensa à la morsure. Gellert lui avait promit qu'il lui apprendrait.
Il se pencha en avant, tout doucement, et du bout des dents, il pinça avec délicatesse la peau qui se trouvait juste au dessus de l'os, à cet endroit où la mâchoire fait un angle merveilleux avant de remonter vers l'oreille. La pulpe de la chaire roula doucement entre ses canines sans qu'il essaye de la retenir.
Il recula avec un soupir de contrariété, avant qu'un Gellert stupéfait ne le propulse en arrière.
Mais Albus, accroché à ses vêtements, revint vers lui tout aussi vite et ils se cognèrent avant de s'éjecter à nouveau, avec plus de violence. Tandis que Gellert tombait sur le sol, Albus fût projeté en arrière, en pleins dans l'armoire qui avait perdu tous ses vêtements.
Il se prépara à ressentir le choc, mais celui-ci ne vint pas tout de suite. Il traversa le fond de l'armoire comme si celui-ci n'existait pas et il s'écrasa sur le sol de l'autre coté.
Allongé dans la poussière, sa chevelure emmêlée autour de son visage, il poussa un grognement. Il se trouvait dans une sorte de double fond où étaient entreposés d'autres costumes. Sur des mannequins étaient placés des personnages masqués tournaient leurs faciès burlesques et déformés vers lui.
Ricanant, ivre de vin et de sensualité, il eut pour la première fois l'envie profonde de faire l'amour à un autre être humain. De flairer l'odeur de sa sueur et de faire claquer sa peau contre la sienne. Il savoura le plaisir de se sentir aussi bas, aussi pauvre sexuellement parlant que tous ceux qu'il avait toujours méprisé.
-Albus ?
La voix n'était qu'un murmure.
Le garçon ferma les yeux. « Albus » c'était autrement plus agréable que « garçon ». C'est presque sans y penser qu'il écarta les pans de sa robe et ouvrit les boutons de son pantalon.
Ses doigts se refermèrent sur son sexe et il commença à se masturber. Et cela ne ressemblait en rien à sa poésie de la sexualité. Ses mouvements sur son sexe étaient gauches et empressés d'en finir avec cette merveilleuse et répugnante « envie de baiser » qui l'avait étreint comme on se prend une baffe. De l'autre coté, il entendait l'autre qui le cherchait dans la pièce, appelant son nom tout bas.
Toujours allongé dans la poussière, il mordit son poignet pour ne pas haleter.
Et ce fut quand Gellert passa devant l'armoire…
Il éjacula à ce moment précis où l'ombre du blond se dessina en ombre chinoise contre le faux-fond de l'armoire et d'où il l'entendit murmurer d'un ton moqueur:
-Je sais que tu es là…
Il entendait son souffle, sa respiration sifflante. La peur d'être découvert ainsi augmenta l'adrénaline qui parcourait son sang et il eut un orgasme qui lui laissa le sentiment d'être sale et heureux. Mais Gellert passa devant l'armoire sans découvrir la pièce secrète et bientôt tout fût silencieux.
Quand il rouvrit les yeux, quelques minutes plus tard, légèrement dégrisé, de l'autre coté du miroir, l'autre était partit.
Il leva les yeux et regarda autour de lui. Juste au dessus, drapé d'une des robes prune du Magenmagot, une marionnette au masque de renard le toisait avec mépris et il eut soudain le sentiment que derrière les yeux de poupée, c'était son père qui le regardait.
Il devina son regard bleu –si semblable au sien- dur de déception, sa mâchoire dure et contractée et dans son ombre, cette grande femme austère au col boutonné jusqu'au menton, lui adresser de silencieux reproches.
Il se roula en boule et eu un sanglot.
Quand il rejoignit la croisée des entrées des maisons, deux heures après, les cheveux en pétard et les yeux rougis, il ne fit même pas attention à tous les élèves qui s'empressaient de déplacer les affaires d'un de leurs congénères qui s'était fait exclure de sa maison. Ce n'était pas la première fois que ça arrivait et Albus commençait à avoir l'habitude.
Il rejoignit sa chambre en silence en espérant qu'Ernest dormait déjà parce qu'il n'avait pas envie que celui-ci lui demande des explications sur sa mine défaite.
Mais ce fût peine perdue, car celui-ci lui tomba dessus dès la salle commune :
-Albus ! Ah tu es là ! Je t'ai cherché partout !
Il s'interrompit en voyant la triste figure du Gryffondor :
-Oh là ! Qu'est ce qu'il t'est arrivé ?
Albus grommela dans sa barbe :
-Je crois que j'ai un peu trop bu. J'ai dû m'endormir quelque part…
-Tu te sens malade ?
-Un peu nauséeux. Ca va passer.
-Oh, je ne sais pas. J'ai une mauvaise nouvelle…
Ernest continuait de parler tandis qu'ils se dirigeaient vers leur chambres :
-Tu ne devineras jamais qui est notre nouveau colocataire…
Albus se figea sur le seuil de la chambre.
Un Gellert torse nu et en pantalon de pyjama -qui venait visiblement de se laver si on en jugeait de par ses cheveux humides- était en train de ranger les affaires que d'autres lui apportaient dans son armoire.
C'était juste la pire des choses qui aurait pu lui arriver sur le moment.
Le blond lui lança un coup d'œil indifférent avant de recommencer à ranger ses affaires. Il ne se tourna vers lui que quand Ernest sortit pour aller à la salle de bain.
-Heuh… dit Albus, fort spirituellement.
Gellert lui lança un regard dépité avant de murmurer d'une petite voix blasée :
-Putain, comment je vais éviter ma blondasse de copine maintenant ?
Albus resta médusé. C'était la seule chose qui lui importait ?
Il rassembla son courage et prit une inspiration. Il se lança :
-Gellert, à propos de tout à l'heure…
Mais le blond balaya sa phrase d'un geste de la main :
-Oublie cette histoire. Tu étais complètement bourrée. Je m'excuse à plat ventre pour t'avoir entrainé à faires des conneries. C'était ma faute.
Ah ?
Albus ne répondit rien. Il n'avait pas vraiment l'impression que Gellert soit pour quoi que ce soit dans le fait qu'il s'était masturbé en pensant à lui, mais ça lui convenait parfaitement comme ça. Mine de rien.
Légèrement rassuré, il aida le blond à finir son rangement.
-C'est pas trop chiant de changer de maison ?
-Ne t'inquiète pas, c'est la quatrième fois que ça m'arrive, on dirait que les maisons n'arrivent pas trop à se décider sur mon sort.
Cette nuit-là, épuisé, Albus eut un long sommeil sans rêve. C'est en se réveillant et en contemplant la tête de Gellert soigneusement enfoncée dans l'oreiller du lit placé à coté du sien qu'il crut faire un cauchemar.
-25 décembre au matin-
Ce fût le bruit du bec de Liselotte qui tapait contre la vitre qui le réveilla. Encore tout embué de sommeil, il s'extirpa de sous son épaisse couette et alla lui ouvrir. C'est avec une certaine satisfaction qu'il détacha le colis remplit de baguettes réglisses que lui avaient envoyé Elphias.
Il flatta la tête de sa chouette et lui donna un beau morceau de miamhiboux.
Le temps qu'il aille se recoucher, il remarqua que le lit d'Ernest était déjà vide mais que sa chouette avait aussi réveillé Gellert qui s'étira comme un chat parmi ses trop nombreux oreillers.
-Mwalluh !
Albus jeta un coup d'œil autour d'eux. Leurs deux autres camarades de chambres ronflaient comme des bienheureux. Il se permit de sourire au blond et articula à mi-voix :
-Joyeux Noël…
Ces mots firent se relever Gellert, dont les yeux brillèrent soudain :
-J'ai des cadeaux ?!
Il y avait une petite pile de paquets au pied de son lit. Le garçon émergea de son lit, en caleçon et enveloppé dans une trop grande chemise mal boutonné.
Avec ses boucles en pétard, Albus pensa qu'il était un tel appel au baiser que cela en devenait indécent. Mais embrasser de force cet imbécile de Polonais semblait être juste une idée STUPIDE alors il se donna une ou deux baffes mentales et se força à penser à autre chose. Pas facile…
Comme tous les autres matins depuis que le blondinet avait émigré dans leur chambre, il évinça naturellement cette réalité qu'il faudrait bientôt affronter:Il désirait Gellert. Il ne pouvait plus le voir sans ressentir ce terrible appel du corps et de l'âme et cela lui faisait si peur qu'il faisait tout pour essayer de l'ignorer encore un peu.
Observant le bas de son propre lit, il se reporta sur sa propre pile de cadeau qui l'attendait sagement.
Enveloppé dans une robe de chambre et avec son bas de pyjama, il attacha sommairement ses cheveux et comme il avait un peu mal aux yeux, il posa ses lunettes sur son nez.
Ainsi préparé, il s'installa sur son lit et déchira sans ménagement les papiers cadeaux.
Avec un sourire, il découvrit un traité sur les potions rare offert par Ernest, une plume farceuse de Zonko, qui écrivait des jeux de mots toute seule, offerte pas Augusta. Il y avait également une nouvelle cape, envoyée par sa mère et des épaisses chaussettes en laine, tricotées par Ariana.
-Hey !
Il jeta un coup d'œil à Gellert qui secouait en l'air une grosse paire de chaussettes aussi mal tricotées que les siennes.
-Ma mamie ! Expliqua t-il avec un sourire.
Son cœur battit plus fort...
-Ma maman ! Mentit tout naturellement Albus en secouant ses propres chaussettes.
-Ah ! Voilà le cadeau de Cat ' !
Albus l'observa avec curiosité avant de demander :
-Elle ne t'en a pas voulu pour le coup du crache-limace sur Pietrov ?
Gellert lui jeta un regard perplexe avant que celui-ci ne s'éclaire et qu'il n'éclate de rire…
-Hein ? Tu pensais que c'était moi qui avais donné le bonbon enchanté à ce pauvre Pietrov ? Tu as décidément un bien piètre opinion de moi, hahaha !
-Mais alors, si ce n'est pas toi, qui est-ce ?
-Mais c'est Katerina bien sûr !
-Hein, mais pourquoi ?
-Pietrov était au courant bien sûr. Il a été grassement payé en patacitrouille pour le simple plaisir de vomir des limaces en public… Katerina ne voulait pas danser avec lui.
-Mais pourquoi ne pas choisir un autre partenaire ?
-Il se trouve que notre Katerina convoite quelqu'un de plus inaccessible, ne me dis pas que tu ne l'avais pas remarqué ?
Albus proposa son hypothèse avec hésitation :
-Katerina est attirée par le professeur Prince ?
-Attirée ?!
Gellert eu un rire brusque qui ressemblait à un aboiement, ce qui fit se retourner en grognant l'un de leurs camarades dans son lit. Albus mit un doigt sur sa bouche pour lui dire de parler moins fort et Gellert continua à voix plus basse :
-Attirée est un mot beaucoup trop faible mon vieux. Elle l'aime, l'adore, l'adule, le vénère, le rêve. Et cela fait des années que ça dure. Autant que je sache, elle est amoureuse de lui depuis qu'elle sait ce que signifie ce mot.
-… ?
-Oh, ils se connaissent depuis toujours, Prince vient d'une très vieille famille de sangs purs très respectée mais sans le sous. Celle de Katerina est moins noble et compte quelques infamies à sa généalogie mais ils sont fabuleusement riches. Leurs parents ont toujours espérés faire un mariage avantageux.
-Oh, dans ce cas, maintenant qu'elle est majeure, elle a toutes ses chances.
Gellert secoua la tête d'un air amusé :
-Non, pas vraiment.
Il glissa sa langue (Oh non non non, ne fais pas ça...)entre ses dents et poursuivit son explication :
-Le mariage a déjà eu lieu. C'est Bianca qu'il a épousé.
-Sa sœur qui est morte ?
-Oh tu aurais dût voire Kat' quand les parents ont organisé les fiançailles. Elle aurait fait peur à un mort. Si elle ne s'entendait pas avec sa sœur, à cette période, je crois qu'elle aurait pu l'assassiner sur place. Quand l'enterrement a eut lieu, elle n'a même pas pleuré. Mais même si Prince est veuf, ce serait d'un très mauvais goût de le remarier avec la sœur de sa femme décédée sitôt que celle-ci serait majeure.
Albus eu un instant un sentiment désagréable qui lui parcourût l'estomac :
-Est-ce que… Est-ce qu'il y a une chance qu'elle soit pour quelque chose dans la mort de Bianca?
Le sourire de Gellert s'élargit :
-Oh ne t'inquiète pas. Nous l'avons tous pensé. Sa baguette a été vérifiée et elle n'a effectué aucun sort durant cette journée là. Et au moment de l'accident, elle se trouvait en compagnie de sa mère, dans les jardins, c'est en se promenant qu'elles l'ont trouvée dans l'étang.
Albus resta silencieux devant ses réflexions :
-Je crois que j'arrive un peu mieux à la comprendre. Mais je n'aurais pas vraiment imaginé ça d'elle. Elle si indépendante, que j'ai du mal à la voir en amoureuse transie. Il est un peu vieux, non ?
-Il a vingt-trois ans et Kat en aura bientôt dix-huit. Quand elle aura vingt ans il en aura vingt-cinq, ça ne me parait pas vraiment choquant.
-Mais je ne comprends toujours pas cette histoire de danse. Kat' espérait qu'il danse avec elle ?
-Soit lui, soit personne. Il était un très bon danseur avant son accident. Mais après la mort de Bianca, il a effectué une mission suicide en tant qu'Auror. Son collègue a été tué et lui est revenu estropié à vie. Enfin, c'est comme ça. J'avoue que j'ai été assez méchant de me proposer comme danseur. Mais juste pour le plaisir de la voir furieuse, ça valait le coup…
-…
-Au fait je voulais te demander un autre truc…
-Oui ?
-Ca te botterait de faire des recherches sur les reliques de la mort avec moi ?
Albus voulu répondre quelque chose mais à cet instant, Ernest revint dans la chambre et les regarda avec un léger froncement de sourcil ce qui mit fin plutôt brutalement à leur conversation. Gellert claqua sa langue contre son palais d'un air agacé. Il en avait sa claque qu'Albus fasse semblant qu'ils ne se parlaient pas.
Ernest, déjà douché et coiffé, s'adressa à son ami :
-Tu devrais te dépêcher de te préparer. Les directeurs veulent nous voir. C'est à propos de la deuxième tâche.
Albus ne pût s'empêcher de sentir une boule se nouer dans le creux de son estomac. La deuxième tâche allait arriver juste après les vacances de Noël et il n'y pensait même plus.
Il sauta de son lit et courût à la salle de bain, ravi et dépité de pouvoir échapper au blond:
-J'arrive !
Ils étaient réunis tous les trois avec leurs directeurs et après être sortis de l'enceinte de l'école, ils transplanèrent.
Quand le sol se retrouva de nouveau sous leurs pieds, ils se trouvaient tous les six dans un paysage sinistre et désolé, où s'élevait un haut pic de pierre grise et nue sur lequel poussait une végétation rare et sèche.
Le professeur Black leur expliqua :
-Jeune Dame, Messieurs. Voici le lieu où aura lieu votre deuxième épreuve. Il existe trois grottes sur les flancs de ce pic. Chacune de ces grottes contiendra une cage où se trouvera ce dont vous avez besoin pour réussir la dernière tâche. Bien sûr chacune de ces grottes sera gardée. Monsieur Dumbledore, qui a finit premier à l'épreuve précédente possède la clé qui permet d'ouvrir la cage de la grotte la plus basse. Miss Svantovit la grotte intermédiaire et Monsieur Londubat celle qui se trouve au sommet.
-…
-Jeune gens. Vous commencerez l'épreuve au matin. Je dois rajouter que chacun d'entre vous subira un sort à ce moment là qui le pénalisera dans sa quête. Le premier qui reviendra avec l'objet présent dans la cage gagnera le plus de points. Il n'y a pas d'autres règles, sauf celles de l'éthique qui vous interdisent de mettre à mort ou de mutiler à vie vos concurrents.
Le professeur Mirepois leur demanda aimablement :
-Avez-vous des questions ?
Devant le silence des trois élèves, les directeurs leur tendirent leur bras :
-Et bien, il ne nous reste qu'à retourner à Durmstrang et vous pourrez disposer.
Quand Ernest, Katerina et Albus se retrouvèrent tous les trois seuls en traversant le parc, tout de suite les commentaires fusèrent :
-Qu'est ce qu'ils veulent dire par « il n'y a pas d'autres règles » ?
-C'est pourtant simple : ils ont dit que la clé d'Albus ouvrait la cage de la grotte la plus basse, pas que Albus devait ouvrir cette cage.
Le rouquin hocha la tête :
-Je suis d'accord. Je pense que chacun d'entre nous va subir un sort qui va le désavantager face au danger qui protège notre cage. Ils veulent que l'on échange nos clés, tout en sachant, que cela va désavantager certains d'entre nous…
Katerina fronça les sourcils :
-C'est extrêmement tordu. Bien sûr, je veux bien échanger ma clé avec toi Albus, mais je ne vais pas prendre celle d'Ernest qui me forcerait à monter tout en haut. Je préfère partir avec mon handicap.
Ernest lui jeta un œil :
-Même si Albus et moi faisons l'échange ?
Alors que Katerina s'apprêtait à protester, Albus les interrompit tout en roulant doucement ses poils de barbe entre ses doigts :
-En toute franchise, nous ne sommes pas du tout obligés d'avoir cette conversation. Je pense qu'il y a quelque chose de beaucoup plus intelligent à faire.
Voili voilou…
Ce chapitre est finiiiiiiiiiit !
Et quand j'aurais écris le prochain, j'aurais fait plus que la moitiéééééééééeeeeee ! Vu qu'il y aura exactement 20 chapitres et que le 20ème sera un court épilogue.
Je vous supplie à genoux de me dire ce que vous en pensez.
Pleins de calinous et soyez heureux.
(Perso je lis beaucoup de fics quand je suis déprimé donc si vous êtes comme moi : Force, courage et reblochon !)
