Disclaimer : Ils ne sont toujours pas à moi, non, non, non…
Coucou, les p'tit Loups
Voici mon nouveau chapitre, qui est légèrement plus court que le précédent, mais étant donné que j'ai une gastro vous me pardonnerez j'espère... -_- (Comment ça je vais toujours mal ? :p)
Je vous encourage une nouvelle fois à écouter la musique car Faun est un groupe merveilleux. Et que j'ai imaginée la première scène durant mes voyages en bus avec cette musique sur les oreilles…
Bonne lecture !
Chapitre 11 : Forêt blanche et roux fantômes
Faun – Hymn to Pan
Il était une fois, il y a très très longtemps, -en tout cas c'est ce qu'on raconte- vivait une tribu de moldus au fond d'une très grande et très profonde forêt loin dans le nord…
Cette forêt était tapissée de neige comme d'autres le sont de mousses et le givre la recouvrait des racines jusqu'aux plus infimes brindilles, faisant de ses arbres d'immenses géants de dentelles glacées.
La tribu vivait dans une misère profonde. Ils subsistaient du commerce de peaux des animaux qu'ils chassaient, de pêches et de cueillettes. Ces gens étaient pieux, simples et heureux.
Les Dieux qu'ils vénéraient étaient des idoles de bois ou de pierre qui leurs parlaient des choses dont ils avaient besoin pour survivre, comme le torrent qui leur apportait le poisson, le soleil qui leur donnait la lumière, le feu qui leur donnait la chaleur, le renard qui leur apprenait la ruse, l'ours qui leur parlait de la force…
Dans ce village vivait un enfant qui était plus sage que les autres. Les autres habitants l'observaient avec curiosité et bientôt il se distingua auprès de leur chaman afin de lui succéder un jour. Celui-ci réalisa que cet enfant portait en lui une grande solitude et une singulière différence. Il était capable de commander au feu de ne pas s'éteindre et était capable d'apprivoiser les animaux les plus sauvages. Les plantes poussaient plus rapidement entre ses mains et il était capable de faire pleuvoir.
Le vieux chaman qui prenait soin de l'enfant l'encouragea à accepter son don et à l'utiliser pour faire le bonheur de ceux qui l'aimaient. Bientôt on s'aperçut alors que d'autres personnes dans la tribu étaient capable de faire de menus tours, bien que rien ne soit comparable au pouvoir du jeune garçon.
Sans le savoir, la magie était née parmi eux.
Le garçon s'épanouit et devint un sorcier d'une grande puissance. Il vivait dans sa tribu qui était en réalité composée d'une grande part de cracmols -mais à cette époque, ce mot n'existait même pas…- et vivait en harmonie avec le monde difficile qui les entourait.
Ce chaman eut deux épouses et sur ses onze enfants, huit présentèrent des prédispositions à la magie. C'est à cet instant qu'il imagina faire un périple, afin de prendre contact avec les autres nombreuses tribus de cette partie du monde qu'ils côtoyaient et avec qui ils se mélangeaient parfois.
Comme il s'y attendait, dans ces tribus également, il retrouva des traces d'enfants doués de pouvoirs étranges qui étaient comme lui l'avait été : considérés avec bienveillance mais différents...
Il rassembla ces enfants et tous, ils se réunirent afin de créer une école. Une école où ils seraient ensemble et pourraient apprendre les uns des autres. Quand ils furent assez nombreux, ils sortirent de la forêt et dans la lande qui s'étendait là, ils posèrent la première pierre de ce qui serait leur maison.
Bientôt, ils furent rejoints par d'autres enfants qui venaient de plus loin et leur groupe s'agrandit.
Les cracmols et les moldus qui continuaient à vivre dans la forêt, alors qu'ils auraient dû essayer de prendre conseils auprès de leurs sorciers, furent méfiant et se montrèrent sournois à leur encontre. Ils ne comprenaient pas pourquoi ceux qu'ils avaient aimés se mettaient soudain à part et ils pensèrent que les sorciers les regardaient de haut.
Les plus sages d'entre eux ayant quittés les tribus, ils se mirent à devenir jaloux les uns des autres et des tensions éclatèrent entre les différentes minorités. Au bout de quelques années, les tribus se séparèrent en plusieurs groupes et finirent par migrer vers le sud, en abandonnant la forêt.
Les sorciers restèrent et avec le temps, ils devinrent plus nombreux et davantage organisés.
Pendant que les moldus se multipliaient dans le sud dans des villes de plus en plus grandes, les sorciers posèrent une à une les pierres pour bâtir leur citadelle. Ils lui donnèrent un nom : Durmstrang.
Le petit garçon qui allait bientôt approcher de sa cent quatre-vingt-troisième année siégeait toujours parmi les plus grands. Il fonda la toute première maison : Bois-renard… En hommage à l'animal qui avait été son totem lors de ses premières années.
Il y a bien longtemps qu'il est mort maintenant mais certains disent qu'il lui arrive encore de hanter les vieilles pierres qu'il a lui-même aidé à empiler. Mi-fantôme, mi-esprit frappeur, il apparait à ceux chez qui la magie n'est pas un héritage mais un don des anciens Dieux… En tout cas c'est ce que l'on raconte…
Albus écarta de la main la branche de rosier sauvage couverte de cynorhodon :
-C'est une vraie histoire ?
Gellert attendit qu'il le rejoigne :
-Je le crois. C'est ma grand-mère qui ma la racontait quand j'étais petit. L'histoire de la construction de Durmstrang. Elle a été une persistante à bois-renard quand elle était jeune…
-Une persistante ?
-C'est le nom que l'on donne aux élèves qui ne changent jamais de maison. Kat est une persistante. Elle n'est jamais sortit de mâche-ferraille. Ce n'est pas exceptionnel mais la majorité des élèves changent au moins une fois ou deux de maison au court de leur scolarité.
-Et toi ?
Gellert eu un rire qui se répercuta contre les troncs blancs des grands arbres immaculés :
-Moi ? J'ai changé de maison huit fois. Ils doivent avoir du mal à me cerner je suppose.
Ils cherchèrent ce qu'on pouvait apercevoir du chemin, parmi les buissons d'épines qui croulaient sous la neige.
Albus souffla entre ses doigts pour les réchauffer, en enfonça davantage son visage parmi sa large capuche doublée de fourrure glouton.
Après l'avoir réveillé, Gellert l'avait emmené jusqu'au passage secret caché sous la tenture. Ils avaient marché une dizaine de minutes en silence, jusqu'à ce qu'ils arrivent devant le tableau d'une vieille sorcière qui louchait plutôt deux fois qu'une. Gellert lui avait susurré un mot de passe et le tableau s'était décalé afin de les laisser passer.
Puis, ils avaient encore marché un petit moment avant que le mur ne se transforme en un étroit boyau de pierre humide. Ils étaient sortit à l'air libre en passant par une petite grotte étroite qui débouchait au bord de la mer, du côté de la forêt blanche.
Les deux garçons avaient longé l'eau en silence, Albus observant curieusement les selkies languissamment échouées sur les bancs de sable gelés. La puissante odeur de sel et la morsure du froid lui piquèrent le nez et envahirent ses poumons avec violence. La beauté triste de la mer métallique lui embua les yeux. Il était encore fatigué.
Ils arrivèrent à l'orée de la forêt –fantôme blanc sur l'encre de la nuit- quand enfin le soleil se leva.
L'astre du jour dispensa sa lumière froide sur les vagues paresseuses et fit briller la fourrure grise et huileuse sur les hanches des femme-phoques. Les deux garçons durent se cacher les yeux pour se protéger de son éclat sur la neige.
Rapidement, ils s'enfoncèrent parmi les arbres centenaires.
Et cette forêt était si merveilleusement belle qu'Albus sentit monter des larmes qui gelèrent sur ses joues.
La neige était lourde, épaisse et duveteuse comme du coton et il imagina s'y coucher comme dans un édredon. L'ombre des arbres était bleue et dessinait sur le sol des entrelacs de dentelles absurdes.
Gellert l'attrapa par le bras pour qu'il s'arrête :
-Regarde.
-Qu'est ce que c'est ?
L'animal se déplaçait par grands bonds gracieux et son front était ceint de bois mais il était beaucoup trop petit pour être un cerf. Les pattes se posaient sur la neige sans un bruit, comme dans une caresse.
-Un jackalope.
Le lièvre cornu se dressa sur ses pattes arrière et les contempla de ses gros yeux inquiets et sauvages. Et puis comme ils ne bougeaient pas, il continua sa route à grande foulées légères et disparût parmi les troncs des bouleaux.
Ils reprirent leur route et marchèrent encore longtemps. Quand soudain une silhouette sombre se dressa sur leur passage et ils s'arrêtèrent.
L'homme au masque de renard les regardait et pour la première fois, Albus pût le détailler. Il était grand et maigre. Le masque en bois peint recouvrait l'ensemble de son visage et on ne voyait pas ses yeux. Sa robe de sorcier sombre était retenue par une ceinture de cuir à laquelle pendaient des plumes et une machette au manche sculpté. Le crane était entouré d'une capuche de fourrure rousse qui formait un halo autour de sa tête. Il ne bougeait pas.
Il n'avait pas l'éclat argenté des fantômes. Ses contours étaient flous et comme dissous sur la blancheur de la neige. Il n'avait pas non plus le physique exagérément déformé des esprits frappeurs.
Très doucement, il leva le bras et pointa la direction vers lequel ils se dirigeaient. Puis il se volatilisa dans l'air, comme soufflé par une bougie.
-Qu'est ce que c'est que cette créature ? Je n'ai jamais rien vu de semblable…
Gellert se remit à marcher et Albus le suivit. Le blond prit la parole :
-Ce n'est pas un revenant. Plutôt l'image d'un souvenir. Il n'a pas d'âme. Pas de véritable corps non plus. C'est juste une image qui apparait là où une personne a vécut. Ceux qui en ont la sensibilité peuvent voir ces images interagir avec le monde autour. Mais ce n'est pas lui qui décide de ce qu'on va voir. C'est dans nos têtes que cela se passe.
Plus loin l'homme-renard les attendait encore. Quand ils furent assez proches, il disparût et réapparût plus loin. Ils le suivirent. Il semblait leur indiquer le chemin à suivre et ils se laissèrent guider en silence parmi les ronces blanchit et les houx recouverts de minuscules stalactites.
Enfin, ils arrivèrent dans une sorte de clairière où étaient disposées en cercle d'antiques statues. Le bois semblait s'être fossilisé avec les années mais on reconnaissait encore les visages d'anciens dieux païens. Un ours. Un loup. Un renard. Une anguille. Un lièvre cornu. Un homme.
Albus devina à moitié où ils se trouvaient, mais dans le doute finit par le demander.
Gellert ne répondit pas tout de suite. Son visage était enfouit dans le col de fourrure d'argent de son manteau. De longs nuages de buée s'échappaient de ses lèvres et il contempla ce lieu avec une infinie tendresse :
-Ici, il y a longtemps, se trouvait ce village où la magie est née. La magie a émergée du néant dans cet endroit et elle était juste et bonne. Cet endroit est un ancien lieu de culte. A l'époque où les hommes croyaient que les sorciers étaient des Dieux au même titre que ces animaux qu'ils vénéraient.
Il montra du doigt la statue de l'homme. Albus remarqua la baguette qu'il tenait à la main. La silhouette du fantôme-renard se tenait derrière Gellert. Elle les regardait.
-Pourquoi m'as-tu emmené ici ?
-Dans ce cercle, les sorciers se sont rassemblés pour la première fois. Avant qu'aucune pierre ne soit posée. Avant qu'aucune école n'existe. Ils se sont rassemblés et ils ont ouverts leurs cœurs à ceux qui leur ressemblaient. Il n'y avait pas de mensonge, pas de manipulation…
Albus ne répondit pas. Il écoutait Gellert mais ses yeux surveillaient le fantôme dans le dos de celui-ci. Le blond reprit la parole :
-J'ai quelque chose à te dire…
Son ton était sérieux.
Albus continua à écouter.
-Je t'ai dit que ce qui c'était passé le soir du bal n'était pas important. Ce n'est pas vrai. J'y ai énormément pensé. Ca a tourné dans ma tête. Longtemps.
Enfin Albus consentit à le regarder. Le blond le regarda droit dans les yeux et le Griffondor contempla le visage étroit et pâle noyé dans les poils argentés. Sa bouche était gelée par le froid et il grelottait.
Albus ne tremblait pas. Quelque chose avait bougé en lui. Il contemplait Gellert de toute sa hauteur, presque menaçant. Bien qu'aucune parole n'ait été dite, un sombre pressentiment battit en lui. Sa voix fut grondante :
-Continue.
Gellert souffla entre ses mains pour essayer de se réchauffer et plusieurs bouffées de vapeurs s'échappèrent de ses doigts :
-J'ai été curieux, je l'avoue. Et j'ai essayé de savoir… J'ai essayé de voir comment tu réagissais à mon contact. J'ai quitté Anoushka. Je me suis rapproché de toi…
Il accompagna son mouvement d'un geste de la main qu'il tendit vers le visage glacial d'Albus. Mais comme celui-ci ne bougeait pas, il la laissa mollement retomber le long de son corps. La voix grondante d'Albus se fit à nouveau entendre :
-J'ai compris l'idée. Pose ta question maintenant. Clairement.
Son ton sembla décontenancer le blond qui hésita avant de se jeter à l'eau. L'homme-renard était juste derrière lui maintenant.
-Est-ce que tu es attiré par moi ?
Albus eu un ricanement et l'homme au masque de renard leva ses bras. Le Gryffondor crut un instant qu'il allait étrangler le blond. Mais non, il posa ce qui lui servait de main –des pattes en vérité…- sur les yeux de Gellert. Celui-ci frémit mais il ne bougea pas.
Gellert savoura le noir et compta les secondes.
Une. Deux. Deux et demi…
Albus l'embrassa.
Il l'embrassa avec colère comme d'autres accablent de reproches.
Il avait dû se pencher pour atteindre son visage et ses mains s'étaient mêlées aux boucles, s'étaient accrochées à la nuque. Il l'embrassa à plusieurs reprises, les lèvres enflées par la colère, avec sa salive et ses crocs.
Il finit par y prendre un plaisir sourd, à sentir les joues soudainement brûlantes de l'autre sous ses ongles, ses efforts pathétiques pour reprendre sa respiration, le contact glacés de ses lèvres gercées contre les siennes. Il enfonça ses dents dans sa peau et glissa sa langue contre la sienne.
Gellert avait mollement levé ses bras pour agripper son col, sans que personne ne sache si c'était pour se rapprocher, s'éloigner ou juste ne pas perdre pied.
Quand Albus le lâcha, ils étaient seuls. Le fantôme avait disparût. Le roux recula, le visage fermé et les yeux flamboyants.
Gellert avait le regard dans le vague. Se joues étaient mordues et sa lèvre inférieure avait éclaté. Il sourit doucement et hésita avant de prononcer rêveusement :
-C'était le plus beau baiser de ma vie…
Puis son expression s'attrista et il contempla sérieusement Albus avant de murmurer :
-Je suis tellement désolé. Je n'aime pas les garçons, tu sais…
-Oui, je m'en doutais. Tu n'aurais pas dû… Tu aurais dû laisser tout ça en paix. Ca aurait été tellement plus simple…
Et sans un mot de plus, Albus tourna les talons et quitta la forêt d'un pas rapide en suivant les traces de pas qu'ils avaient laissé dans la neige.
Gellert se laissa tomber contre une des idoles de bois. Deux rouges-gorges sautillaient en hauts des antiques visages, innocents et insouciants.
A la fois triste et heureux, Gellert essuya le sang qui tachait sa bouche.
Albus faisait tourner sa plume entre ses doigts.
Le cours d'étude de runes anciennes ne l'intéressait pas. Le professeur vociférant qui partageait sans doute quelques gènes avec une goule quelconque ne l'intéressait pas. Le regard perdu par la fenêtre, il était dans un monde que lui seul aurait pu dévoiler.
Ernest, assis à sa droite, l'observait avec un brin de mélancolie.
Albus s'était inexplicablement rapproché de lui cette dernière semaine, si on comparait avec la relation qu'ils avaient eut depuis la deuxième étape. Mais rien n'était comme avant. Le garçon était morose, mutique, presque fuyant.
Pour un peu il aurait dit que la présence d'Albus lui était désagréable et cependant le rouquin mettait un soin tout particulier à le coller de près, principalement après le repas du soir, quand ils devaient retourner dans leurs dortoirs.
Ernest commençait à trouver cette année de plus en plus pesante. Augusta lui faisait toujours drastiquement la gueule depuis qu'il était ami avec Meliou. Fondamentalement, Ernest avait finit par comprendre qu'elle était jalouse et cela aurait dû lui faire plaisir.
Mais il n'était pas une personne injuste. Meliou était une très gentille fille et ils s'entendaient très bien. Il n'avait pas vraiment envie qu'elle cesse d'être son ami pour les beaux yeux d'une fille égoïste qui n'était même pas capable de se remettre en question.
Il en eut tout de même un pincement au cœur.
A coté de lui, Albus continuait de faire tourner sa plume. Ernest attira son attention en tapotant son coude :
-Au fait, tu restes ici pendant les vacances ?
Albus sembla faire un effort pour sortir de ses pensées et finit par répondre mollement :
-Non. Ca fait un moment que je n'ai pas vu ma mère et mon frère. Il est temps que je passe un peu de temps avec eux…
Il ne précisa pas que sa mère lui avait envoyé une lettre lui demandant de revenir, parce qu'elle était extrêmement fatiguée. Mais cela ne le dérangeait pas. Les derniers jours avaient été éprouvant et il aspirait grandement à de la tranquillité.
Globalement, cette fin d'année semblait être faite pour partir en jus de boudin. Tout le monde allait de plus en plus mal et de plus en plus bizarrement.
Abraxas Malefoy s'était enfermé dans une colère froide depuis que son père lui avait prédit d'exquises vacances en compagnie de la demoiselle qui deviendrait sans doute la mère de ses enfants. Le cher ange se promettait de mettre une raclée en bonne et due forme à toute personne qui viendrait lui casser les cognards.
Albus avait même hésité à le provoquer volontairement. Un bon petit duel sorcier dans les règles lui aurait fait le plus grand bien.
Même Katerina semblait bizarre depuis quelques temps. De grandes cernes grises lui donnaient l'air épuisé et elle avait renoncé à ses habituelles nattes roulées sur la tête. Elle passait la majeure partie de son temps à travailler comme une dingue, comme si sa vie en dépendait.
Le monde était en train de devenir fou.
Seul Ernest semblait disposé à vouloir être normal. Albus fit un effort pour poursuivre la conversation:
-Et toi ? Tu rentres chez toi aussi ?
-Non, mais je ne reste pas à Durmstrang non plus. Je vais aller passer quelques jours chez ma tante à Pré-au-lard. Il y aura mes cousins, on ira boire des coups aux trois-balais, ce sera sympa…
-Augusta sera là-bas aussi. C'et là que ses parents habitent.
Ernest haussa les épaules en signe d'impuissance, mais il souriait :
-Je le sais, mais ça ne change rien.
-Au fait… Quand on reviendra, il ne restera plus beaucoup de temps avant la dernière épreuve. Tu as jeté un coup d'œil à ta potion ?
-Oui, rapidement.
-Tu sais ce que c'est ?
-Je le pense, mais je n'ai pas osé faire de tests, vu qu'il n'y en a qu'une gorgée.
Albus fit un effort visible pour essayer d'avoir l'air enthousiaste:
-Je vois. Ne te sens pas obligé de me dire ce que c'est. Nous sommes adversaires après tout.
Ernest se sentit un peu mal à l'aise :
-Non, je pensais te le dire, même si tu n'avais pas demandé… Parce que… Cette potion me semble un peu injustifiée.
-Qu'est ce que tu veux dire ?
-Je pense que c'est du Felix Felicis…
-De la potion de chance ?
Ernst hocha la tête :
-C'est ça. Je ne sais pas ce qui doit se produire mais si je dois boire cette potion, cela me parait être extrêmement injuste pour toi et Katerina.
-Ca se discute. Lors de la dernière épreuve, tu as en quelque sorte subi un sort de malchance, ceci n'est qu'un simple dédommagement. Et puis rien ne nous dit que ce que l'on attend de toi est de boire cette potion.
-Oui tu as raison. Tu sais ce qu'il y a dans ton flacon ?
-Rien que je connaisse en tout cas. Le flacon de Katerina ne me disait rien non plus. Le mien est étrange. Plus qu'une potion, on dirait un mélange d'ingrédients. Du lait de licorne avec quelque chose d'autre.
Ernest voulu répondre mais le professeur leur aboya d'un ton sans appel de se remettre immédiatement au travail. Ce qu'ils s'empressèrent de faire.
Quand il entra dans la salle de classe où il retrouvait Katerina les mardis soirs, il se rappela avec un sentiment étrange que c'était la dernière fois qu'ils s'y retrouveraient.
Il tenait sous son bras les versions corrigées de ses analyses qu'il avait dictées à la machine à écrire enchantée de la bibliothèque. Les feuillets de Katerina étaient là aussi. Posé en un pavé parfait d'où ne dépassait pas une seule feuille.
Elle l'attendait.
Il se fit à nouveau la réflexion qu'elle avait l'air extrêmement fatigué.
Ses cheveux étaient simplement roulés en une natte lâche qui tombaient devant son épaule et elle portait une robe de sorcier bien coupée mais extrêmement sobre de couleur vert sombre.
Il pensa que c'était la première fois qu'elle portait un autre vêtement que son uniforme rouge alors qu'elle était en pleine semaine de cours.
C'était étrange, mais c'est comme si quelque chose avait changé.
Katerina se tenait moins droite, son regard n'avait plus cette dureté et cette arrogance. Elle avait simplement l'air accessible mais déprimée, comme n'importe quelle jeune fille pourrait l'être à son âge.
Il ne fit aucun commentaire et posa ses propres feuillets à coté des siens après avoir prononcé un bonjour poli.
Ils s'assirent l'un à coté de l'autre et un silence embarrassé s'installa. Ils trièrent les différentes parties afin que les deux pavés n'en fassent plus qu'un seul. Et quand ce fût finit, ils ne surent plus vraiment quoi faire d'autre.
Finalement, Katerina brisa le silence :
-Ecoute, si ça ne te dérange pas, je vais le prendre en entier et je ferai une relecture. Si je trouve des choses que je trouve peu probantes, je te tiendrai au courant. Si ce n'est pas le cas, quoi qu'il en soit, je vais te faire une copie que tu pourras relire de ton coté.
-Ca me convient.
Il avait été heureux d'accomplir ce travail, mais maintenant il était également heureux que cela soit finit.
Il n'avait même pas sortit ses affaires alors il se contenta de se lever et de récupérer son sac quand Katerina l'interpella. Il se retourna. Elle hésita un instant avant de vider son sac :
-Même si ce n'était pas pour moi que tu l'as fait, je voulais te remercier pour la deuxième épreuve. Je pense que je n'aurais pas pu réussir si j'avais été seule.
Ce fut au tour d'Albus de réfléchir, puis il se rassit :
-Ernest pense que sa potion est une gorgée de Felix Felicis. Dans mon cas, je crois que ce sont des ingrédients pour une potion. Tu sais ce qu'il y a dans la tienne ?
-C'est de la poudre de corne de bicorne. C'est aussi un ingrédient pour potion.
-Je dirais même plus. Pour une potion spéciale. Ca entre dans la composition de puissants somnifères.
-Oh… Je ne savais pas. Mais j'en prends note.
-Je me permets de faire suivre ce que tu m'as dit à Ernest, étant donné que je t'ai donné l'information pour sa potion. Je sais que nous sommes adversaires, mais avec ces fous, il vaut mieux surveiller ses arrières.
-Oui, il n'y a pas de souci, je te remercie de m'avoir tenu au courant.
Albus constata avec plaisir que mine de rien, ce qu'ils avaient traversés ensemble avait créé quelque chose entre eux qui ne pouvait pas être qualifié d'amitié mais qui pouvait au moins être considéré comme de la complicité.
Il vit qu'elle se tordait les mains et il devina qu'elle voulait dire quelque chose d'autre alors il patienta le temps qu'elle arrive à trouver ses mots.
-Albus. C'est à propos du phénix.
-De Fumeseck ?
-Je ne savais pas qu'il possédait un nom.
-C'est moi qui l'ai appelé comme ça.
Elle hésita :
-Quand tu es avec lui, tu ressens quelque chose d'agréable, pas vrai ?
-Oui. Quand il chante, oui.
-Est-ce que tu sais pourquoi ?
Elle avait dit les derniers mots du bout des lèvres, en fuyant son regard, et il comprit. Il se souvenait de ce qu'elle avait ressentit dans la grotte. Le mal être qui l'avait envahit. Il répondit d'une voix douce :
-Oui…
-Est-ce que tu sais… Est-ce que tu sais…
Il crut qu'elle allait fondre en larme. Mais elle se contenta de haleter et de regarder vers le plafond pour les contenir :
-Est ce que le chant du phénix peut changer… Non, ce n'est pas ça.
Elle fit une pause et regarda ses doigts crispés sur sa robe de sorcière:
-C'est moi qui doit changer.
Puis elle n'a plus rien dit.
Il réfléchit un petit peu avant de lui avouer :
-En toute sincérité, je te considère comme quelqu'un d'égoïste et d'égocentrique. Tu manques d'empathie et de naturel aussi. Tu es agressive. Ce sont des défauts mais je ne crois pas qu'ils fassent de toi une personne mauvaise. Et peu importe le chant d'un phénix. Je ne t'ai jamais vu blesser profondément quelqu'un. Et il n'y a que toi pour savoir si cela est seulement une impression ou bien la vérité. Mais ce sont nos actes qui font de nous ce que nous sommes. Si tu fais le bien autour de toi tout en luttant contre toi-même, cela a plus de valeur que d'être simplement bon par nature. En tout cas, je pense que tout le monde peut changer. Et que si tu le veux vraiment, tu pourras changer le chant du phénix.
Elle resta silencieuse alors il finit par demander :
-A quoi penses-tu ?
Et elle répondit :
-J'ai blessé quelqu'un. Plusieurs personnes même.
Albus articula mécaniquement :
-Ta sœur ?
Elle secoua la tête, mais un peu trop vite pour être sincère, et ne répondit pas tout de suite.
Elle puait la détresse alors il décida de la laisser tranquille. Alors qu'il commençait à s'éloigner, elle l'attrapa par le bras :
-Albus…
-…
-Je te remercie pour ta franchise. Vraiment. Mais en échange il faut que je te dise quelque chose, même si je l'ai déjà fait.
Voyant qu'il ne réagissait pas, elle continua :
-Je sais que tu fréquentes Gellert. Il me l'a dit…
-…
-Fais attention à toi. Il peut te faire plus de mal que ce que tu crois. Je le sais parce qu'il a déjà essayé avec moi ce qu'il est en train de faire avec toi.
-Qu'est ce qu'il fait avec moi ?
-Il te veut comme un trophée à épingler à son tableau de chasse. Il aime entretenir des amitiés avec des gens brillants. Mais n'oublie pas qui mène la danse et méfie-toi de lui. Et puis…
Le bruit d'un poing toquant une porte se fit entendre. Katerina s'enferma immédiatement dans un profond mutisme. La porte s'ouvrit en grinçant :
-Je peux entrer ?
Ils ne répondirent pas. Ils avaient reconnu la voix et un frisson parcourût la nuque d'Albus.
« Depuis quand est-il là ? » se demanda t'il en voyant apparaitre le sourire tout en canines de Gellert dans l'entrebâillement.
Il eut l'impression que le sorcier jetait un regard étrange à Katerina.
Mais peut-être cela ne se passait-il que dans sa tête.
-Qu'est ce que tu veux ?
Gellert entra dans la salle d'un pas dansant. Il tenait sous le bras le tome relatant la vie de Beedle le barde qu'Albus lui avait prêté. Son visage était si réjouit qu'Albus le soupçonna de jouer la comédie. Gellert lui lança d'un ton surexcité :
-J'ai trouvé des tonnes de trucs à propos de la baguette de Sureau dans ce bouquin ! On retrouve sa trace sur plusieurs siècles ! C'est absolument merveilleux !
Albus sentit que Katerina fronçait les sourcils à coté de lui.
Il répondit d'un ton mécanique :
-Et ça ne pouvait pas attendre ?
Gellert fit la moue :
-Si. Mais tu m'évites tout le temps en ce moment…
Albus haussa les épaules et sans réfléchir attrapa le manuscrit qu'il glissa dans son sac.
-Dans ce cas, ce n'est pas pour que tu viennes me coincer entre deux portes…
Il contourna habilement Gellert et fit un signe de la main à Katerina avant de sortir. Ce n'est qu'une fois dans le couloir qu'il s'aperçut que ce n'était pas lui mais Katerna qui était sensé le corriger en premier.
Mais il n'avait pas envie de faire demi-tour alors il continua son chemin. Ce serait lui qui lui en ferait une copie, voilà tout.
Elle était déjà fatiguée quand elle arriva dans la salle commune des havres-pluie. Tout de suite, elle apprécia la sensation des nuages sous ses pieds alors comme la plupart des autres élèves, elle retira sas chaussures et les déposa dans un petit casier à l'entrée.
La salle commune était une salle ronde surmontée d'un dôme tapissé de mosaïques de couleurs grises et bleues. Le sol était un immense tapis de nuages qui changeait de textures en fonction du temps et Augusta ne pouvait les fouler sans avoir l'impression de marcher sur le plafond magique de la grande salle de Poudlard.
Alors qu'elle allait se rendre dans son dortoir afin de se laisser tomber de façon peu gracieuse sur son matelas, elle remarqua qu'Abraxas Malefoy était assis sur le chemin. Elle eut la vague impression d'être soudainement encore plus fatiguée.
Elle passa devant lui à pas rapide, mais il ne réagit pas. Déroutée, elle se figea pour lui jeter un coup d'œil. Il tenait une lettre à la main et semblait relativement las. Il finit par lever mollement les yeux vers elle avant de prononcer un vague :
-Oh, c'est toi ? Salut.
-Salut, répondit Augusta, mal à l'aise.
Et comme il ne réagissait pas, elle finit par se rapprocher. La lettre était en réalité une photographie sur laquelle on voyait une belle brune si immobile que si elle n'avait pas clignée des yeux, Augusta aurait cru voir une photographie moldue.
-C'est ma fiancé, dit Abraxas du même ton las. Je vais la rencontrer pendant les vacances.
Augusta ne sut pas trop quoi dire alors elle finit par sortir une platitude :
-Elle est jolie…
Il n'y avait pas grand-chose d'autre à dire. La photo représentait une belle femme au regard méprisant et ayant sans doute des manières parfaites et un orgueil plus gros qu'elle.
Abraxas leva son regard vers Augusta et la contempla en silence, perdu dans ses pensées.
Augusta bredouilla :
-Il faut que je fasse mes bagages. A un de ces quatre…
Avec un vague sentiment de culpabilité, elle s'en fut.
Albus laissa couler ses doigts sur les plumes du cou du phénix. Celui-ci frotta son bec contre son épaule :
-Porte-toi bien Fumseck… Je reviendrai bientôt…
L'oiseau répondit par un maigre piaillement. Son plumage était toujours aussi abimé et cela fit de la peine au Griffondor.
C'était devenu une habitude pour lui de passer s'occuper de l'oiseau. Parfois celui-ci chantait et il sentait ses angoisses s'apaiser l'espace de quelques minutes. Il se sentait un peu coupable de ne pas avoir le même intérêt pour sa propre chouette.
Il soupira et s'éloigna du perchoir avant de saisir sa valise. En sortant de la salle de classe, il croisa le professeur Prince qui le salua poliment en lui souhaitant de bonnes vacances.
Albus descendit les marches du château pour se rendre dans le parc. Le départ pour les vacances n'ayant pas besoin d'être aussi spectaculaire que l'arrivée, le Poudlard express partirait depuis le quai de fortune installé dans le parc.
Il était en avance, mais il avait envie d'être seul. Il faisait encore froid et la neige commençait seulement à fondre ici. Il songea que chez lui, les crocus devaient percer la terre et les arbres se couvrir de fleurs. Il plaignit les maigres touffes d'herbes qui luttaient contre le gel.
Les rails étaient posés directement sur le sol, le long d'un petit quai qui était en réalité une simple estrade de bois. La locomotive attendait sagement. Silencieuse.
Il boutonna jusqu'au cou son manteau et resserra sa longue écharpe aux couleurs de Griffondor.
Ce n'est qu'une fois qu'il eut monté les marches de bois qu'il vit que quelqu'un l'attendait.
Gellert étais assis sur le sol et il lui fit un signe de la main :
-Salut !
Albus se mordit la lèvre :
-Hum… Salut…
Il n'avait pas vraiment envie de le voir.
Le blond se leva et marcha jusqu'à lui d'un pas décontracté. Comme d'habitude, il avait l'air sûr de lui et cela agaça prodigieusement Albus.
Apparemment, Gellert s'attendait à ce qu'Albus dise quelque chose, mais celui-ci se contenta de lui passer devant avant de s'installer à l'autre bout du quai. Le jeune homme soupira et lui emboita le pas.
Lui aussi était habillé pour partir. Il portait un gilet brun usé sur sa chemise d'un blanc cassé et il avait passé un pantalon écossais de couleur feuille morte. Une vieille casquette en cuir était posée sur ses cheveux blond retenus en queue de cheval.
Albus eut envie de l'embrasser à nouveau. Il lui jeta un regard glacial pour compenser. A coup sûr, il faisait exprès d'être sexy !
Complètement ignorant de ce qui se passait dans la tête d'Albus, Gellert articula d'un ton ferme mais apaisant:
-Ecoute… On ne peut pas continuer comme ça… Je ne veux plus que tu m'évites comme ça. Ca me rend vraiment triste…
Il s'humecta les lèvres et continua :
-Je ne sais pas vraiment quoi dire pour ce qu'il s'est passé dans la forêt. Et même avant. J'y ai réfléchi et je suis tout à fait d'accord pour dire que tout ça était un énorme malentendu…
Comme Albus ne répondit pas, il enchaîna :
-Il faut que tu comprennes que pour moi, ce que tu ressens… Enfin ça n'a pas d'importance. Je t'apprécie tout autant qu'avant que je sache quoi que ce soit…
-Ca n'a pas d'importance ?!
Albus éclata de rire mais en réalité il était furieux. Il enchaina d'un ton aigre:
-Par Merlin ! Mais pourquoi donc t'ais-je évité pendant les dernières semaines puisque ce que je ressens n'a pas d'importance ?! J'aurais dû faire comme d'habitude! Je suis vraiment un imbécile !
-Ce n'est pas ce que je veux dire et tu le sais, répondit Gellert d'une voix calme. Je veux dire que peu importe ce que tu ressens, ça ne me gène pas du tout. Je suis vraiment désolé de ne pas pouvoir te le rendre mais au fond, je me sens juste flatté que tu sois amoureux de moi.
-Je ne suis pas amoureux de toi, trancha Albus d'un ton coupant.
Gellert leva les bras vers le haut en signe d'incompréhension :
-D'autant plus ! S'il ne s'agit que de désir, alors qu'est ce que cela change ?!
-Cela change tout.
Le ton était sans appel alors Gellert se tût. Albus se mit à faire les cents pas :
-Cela change énormément de choses sur la relation que nous entretenons. Je ne t'en veux pas parce que tu as essayé de me manipuler. Je sais que tu fonctionnes comme ça. Tu es incapable de t'en empêcher. Mais malgré tout je t'avais prévenu que je ne tolèrerais pas que tu me fasses un mauvais coup…
-Je n'ai pas fait ça pour te faire du mal…
-Peut-être, mais peu importe. Ce n'est pas ça qui est un problème. Nous ne pouvons juste plus être amis… Notre relation est juste déséquilibrée à présent.
Gellert avait l'air perdu :
-Qu'est ce que tu veux dire ?
-Je veux dire que je te désire et que cela te donne un pouvoir sur moi. Et ne dis rien car je sais que tu ne pourras pas t'empêcher d'en profiter. De mon coté, bien que je n'ai rien attendu de ta part, la connaissance de ton indifférence sera juste pour moi une souffrance. Il n'y a rien d'autre à dire.
Albus s'appuya contre la barrière, juste à coté de sa valise, pour conclure :
-Je ne te déteste pas. Je ne suis pas en colère non plus. Je ne veux surtout pas que nous recommencions comme au début de l'année… Je veux simplement que notre amitié en reste là. Cessons simplement de nous parler.
Gellert le supplia du regard :
-Il y a tellement de choses que je dois faire avec toi…
Albus eu un rire sans joie :
-M'apprendre à mordre ? M'apprendre à rire jusqu'à avoir mal ? C'est toi qui m'as dit tout ça ! Et m'apprendre à baiser toute la nuit ? Ca fait toujours partie de tes plans ?
Gellert eut l'air profondément gêné et rougit:
-Oh… Tu sais très bien ce que je sous-entendais…
-Oui, je le savais. Je le sais toujours. Mais voilà, apprendre à rire, je le peux. Mais pas avec toi. Et il faudra bien que toi tu apprennes à t'y faire.
Il y eu un silence durant lequel Gellert évita son regard, avant de reprendre la parole d'une voix hésitante :
-Alors c'est tout ? Et il n'y a rien que je puisse faire pour l'empêcher ?
Albus répondit à mi-voix :
-Non.
Puis il hésita et rajouta :
-A part si tu changes d'avis… C'est la seule chose qui…
Mais il ne finit pas sa phrase.
Gellert rabattit sa casquette sur ses yeux et enfonça ses mains dans ses poches. Il parla d'une voix rauque :
-OK…
Albus jeta un coup d'œil au parc. Les premiers élèves commençaient à arriver. Gellert les avait vus aussi…
-J'ai compris.
Il attrapa sa valise et s'en fut à grands pas… Sans même un regard, ni un « au revoir ». Albus se sentit soulagé.
Le quai fut bientôt envahit de monde et Albus aperçu Augusta qui se dirigeait vers lui. Ils se choisirent un wagon libre et montèrent leurs bagages dans les filets au dessus des banquettes. Puis ils échangèrent quelques banalités avant qu'elle ne demande soudainement :
-Ce n'était pas cet imbécile de Grindelwald qui était avec toi, tout à l'heure ? Il te cherchait encore des mornilles ?
Albus posa sa tête contre la vitre tandis que le train démarrait doucement. Son regard se posa rêveusement sur la silhouette de la citadelle de Durmstrang qui se découpait tristement sur cet étrange ciel de printemps.
-Ne t'inquiète pas.
La locomotive se mit à ronronner. Il ajouta :
-Ca n'arrivera plus…
Fin du chapitre.
J'espère que vous l'avez apprécié car moi j'ai adoré l'écrire, bien que la fin ait été laborieuse vu mon état de santé.
Je vous retrouve bientôt pour le chapitre des vacances. Qui devrait être assez riche en ragotage du passé :p.
