Disclaimer: ça n'est pas à moi trallalalalaladerideraaaaaa!
Et bien, que se passe t-il par ici? Seulement deux semaines entre deux publications? Je dois être en hyper vitesse!
Je me sens de nouveau à fond dans cette fanfic et ça fait du bien. Surtout que j'ai hâte d'écrire tous les chapitres qui restent vu que nous sommes à présent clairement dans la phase où les liens se font (et surtout se défont).
J'espère que vous allez aimer celui-ci. J'ai eu beaucoup de mal à définir le plan précis (comme pour toutes les épreuves, d'ailleurs, mais c'est finit. FINIT!) mais finalement je l'aime plutôt bien.
Ps: Et mes changements de temps sont assumés. Désolé pour les allergiques. Je n'arrivais tellement pas à me décider que j'ai gardé les alternances présent/passé. Donc les narrateurs omniscients sont au passé et les autres au présent.
Ps2 : Une annonce qui a du retard. Je remercie chaleureusement mon amoureux qui m'a aidé à composer la chanson de la choppe de biéraubeurre au chapitre précédent. Sans lui ça n'aurait pas été un tel tube !
Labyrinth - Oomph!
(le clip est très branché Alice in wonderland, pour les amateurs)
Il était seulement 4h de l'après midi mais la nuit tombait tôt à cette période de l'année. Par la fenêtre luisait une lune ronde et pâle qui ne suffisait pas à éclairer les maigres corridors de la citadelle. Des torches avaient été allumées le long des murs, mais les couloirs restaient sombres et angoissants.
Gellert était accoudé sur la rambarde d'un escalier de pierre et il observait la jeune femme qui montait les marches face à lui. Elle ne l'avait pas vu et il fit claquer sa langue sur son palais, agacé.
Katerina avait l'air sereine... Détendue, normale! Il en fût contrarié sans trop expliquer pourquoi. Il chercha des traces de cet air orgueilleux qui était le sien. De ses sourcils habituellement levés d'un air méprisant. Mais non, rien de tout cela.
Elle avait les yeux cernés, tout de même, et elle avait du perdre quelques kilos, mais rien de bien étonnant à cela vu que la troisième épreuve aurait lieu le soir même.
Elle marchait d'un pas vif et il dévala l'escalier, trois gros livres sous le bras, pour venir à sa rencontre :
-Salut Kat ! Ça roule?
Elle leva vers lui un regard distrait :
-Oh… Salut.
Vexé, il entortilla une mèche de cheveux blonds autour de son doigt :
-Tu dois être en stress pour se soir, tu veux qu'on se pose quelque part pour que je t'aide à réviser deux-trois sortilèges?
-Oh C'est gentil mais... Désolé, j'ai cours de potion…
-… Avant, ça ne te gênais pas de sécher. Surtout pour la bonne cause. En plus en tant que championne, tu ne passes pas les aspics.
Katerina secoua la tête :
-Ce sont des cours importants. Et puis j'ai pas mal bossé avec Augusta, Albus et Ernest.
Gellert ricana :
-Ah oui, c'est vrai. Tes nouveaux amis...
-Tu peux bien sous-entendre ce que tu veux. Je m'entends bien avec Albus depuis le début de l'année. Et on s'écrivait même avant. Ce ne sont pas de « nouveaux » amis.
-C'est faux et tu le sais... Crache le morceau. Pourquoi tu m'évites ? Tu as peur que j'essaie de « t'épingler sur mon tableau de chasse » ?
Elle frémit. Il avait écouté à la porte alors... D'une voix froide, elle répondit lentement :
-Écoute Gellert… Je ne sais pas comment tu fonctionnes, mais il va falloir que tu remettes en question ta vision de l'amitié. Ok, on s'entendait plutôt bien passé un temps, mais on n'a jamais été si proche que ça. Tu as largué ta copine et Albus se désintéresse de toi donc tu reviens vers moi ? Désolé mais je ne t'évite pas. Je passe juste du temps avec des gens que je trouve plus intéressant que toi. Si tu te sens seul, tourne toi plutôt vers Pietrov, il est complètement gaga devant toi. Tu es le petit chef hystérique qu'il a toujours voulu suivre. Pardon d'être plus indépendante que lui.
Elle avait retrouvé ce sourcil levé qu'il aimait tant. Mais d'habitude, ce sourcil levé s'adressait à un autre que lui tandis qu'e lui-même et Katerina s'adressaient un sourire en coin. Il se sentit remplit de fureur. Alors qu'elle tournait les talons, il essaya de la retenir en agrippant son sac en bandoulière.
Il aboya :
-Attends ! Je n'ai pas fini!
Le sac se retourna et en essayant de retenir les cahiers et les artefacts qui s'en échappaient, Gellert fit tomber les livres qu'il tenait sous le bras.
-Ah bah bravo !
Excédée, Katerina s'accroupit pour ramasser ses affaires.
-Je n'ai pas finit, répéta Gellert, la mâchoire serrée.
Katerina s'immobilisa et finit par lever le regard vers lui:
-Et bien vas-y. Je t'écoute.
-Qu'est ce qu'il t'arrive? Tu as changé ces derniers temps... Et non, nous n'avons pas été « juste en bon terme ». On a eu une relation compliquée. De rivalité, de piques. Mais tu étais mon amie! Même si on jouait à faire semblant de s'aimer puis de ne pas s'aimer, c'était de la poudre aux yeux pour les autres! Je croyais que tu savais lire entre nos bêtises. Tu étais... Tu es quelqu'un d'important pour moi!
-Gellert…
-Comment est-ce que tu peux dire que j'ai essayé de t'épingler à mon tableau de chasse?! C'est comme si on n'avait pas vécu la même relation!
Katerina soupira:
-Mais si. Oui, on a vécu des moments très chouettes. Mais les gens changent. Qu'est ce que tu voudrais? Qu'on continue nos gamineries pour toujours? Je suis adulte. L'année prochaine, je vais commencer à travailler. Je n'ai pas le temps pour ce genre de choses...
Gellert hésita:
-Non. Moi non plus ça ne me convient plus d'avoir ce type de lien. J'aimerai qu'on soit ami pour de vrai. Voir plus.
-Voir plus?
-Tu as renoncé à ton prof coincé, non? Tu ne le regardes plus du tout comme avant.
Katerina cligna plusieurs fois des yeux avant de se passer une main sur le front:
-Oh par Merlin, Gellert, est-ce que tu es en train de me demander de sortir avec toi dans le but de rendre jaloux Albus?
Le visage de Gellert se recouvrit doucement d'un masque de froideur:
-Pourquoi ferais-je quelque chose d'aussi stupide?
-Il est amoureux de toi. C'est pour ça qu'il t'évite.
-Il m'a dit que non.
-Soit il ment, soit il est obsédé par ta petite personne. Dans les deux cas, tu serais capable de lui faire du mal.
-JE NE SUIS PAS COMME CA!
Gellert avait élevé la voix et ses yeux étincelaient de fureur. Il se baissa et se mit à ramasser les affaires sur le sol en triant mécaniquement ce qui lui appartenait et ce qui était à Katerina.
Elle se mit à l'aider tout en sifflant d'un air mauvais:
-Si tu l'es! Tu as fait souffrir toutes les personnes qui se sont approchés de toi. Tu veux que je te fasse une liste ? Tu veux savoir que Anoushka passe toutes ses récrées à pleurer dans les toilettes parce que non seulement tu l'as larguée mais qu'en plus, tu ne manques jamais d'une occasion pour l'humilier en public ? Tu as peut-être un visage d'ange, mais tu as une crotte de troll à la place du cœur!
Gellert ne répondit pas, il ruminait l'insulte. Il ramassa un objet par terre et le regarda avec insistance le visage fermé.
Katerina lui jeta un œil avant de se redresser et de tendre la main. Comme il ne bougeait pas, elle grimaça:
-Rends-moi ma baguette!
En guise de réponse, Gellert sortit sa propre baguette de sa poche:
- Alors excuse-toi.
-Rends-moi-ma-baguette! L'épreuve commence dans quelques heures, ce n'est pas drôle!
Une voix tierce les prit aux dépourvu:
-Qu'est ce qu'il se passe ici?
La baguette en avant, projetant un léger halo de lumière autour de lui, le professeur Prince sortit des ténèbres du corridor.
Katerina ne répondit pas, se contentant de jeter un œil à Gellert dont le visage se couvrait d'un masque supplémentaire. Il tendit sa baguette à sa propriétaire et répondit d'un ton mielleux frisant l'insolence:
-Il ne se passe rien professeur, j'aidais Kat' à ramasser ses affaires. Elle est d'une maladresse!
Tout en le foudroyant du regard, Katerina se pencha en avant et ramassa les feuilles qui trainaient encore sur le sol. En saisissant un parchemin sur lequel étaient dessinés des objets magiques, elle fronça le nez et le tendit à Gellert:
-Tiens, ce truc est à toi...
Mais alors que les doigts de Gellert pinçaient la feuille, les yeux de Katerina s'ouvrirent en grand et elle s'agrippa au papier.
-Oh par Merlin, souffla-t-elle.
Le dessin était parfaitement ressemblant. La baguette de sureau était dessinée à l'encre noire et elle se trouvait également juste là, réelle, dans la main de Sergei Prince.
-Qu'est ce qui se passe? Demanda Gellert en fronçant les sourcils et en jetant un regard à Katerina puis à Prince.
Puis son regard s'arrêta sur la baguette et il se figea.
La jeune femme lâcha le papier alors que Gellert avait l'air foudroyé sur place et répondit trop hâtivement pour être honnête:
-Rien du tout!
Puis se tournant vers le professeur, elle l'attrapa par la manche, le forçant à baisser le bras pour dissimuler sa baguette -Oh il l'avait vu! Gellert avait vu et avait compris, elle en était sûre!-.
Il y eu un silence gênant qu'elle brisa à nouveau:
-Professeur, vous tombez bien, il faut absolument que je vous demande conseil pour l'épreuve de ce soir!
Prince la regarda sévèrement tout en dégageant son bras. Mais il se laissa entrainer dans les couloirs sans discuter, abandonnant Gellert seul dans la pénombre, avec ses monstres.
Le jeune homme resta sur place pendant une dizaine de minutes. Le silence du couloir était si absolu qu'il entendait son cœur battre la chamade.
Tu as une crotte de dragon à la place du cœur!
C'est Prince qui a la baguette de sureau!
Rends-moi ma baguette!
Enfin... Il n'avait pas pu la voir longtemps, Katerina l'avait dissimulée. Il était nécessaire de vérifier si ses soupçons étaient fondés...
Tu veux rendre Albus jaloux?!
Albus...
Gellert s'appuya contre le mur et se força à inspirer puis à expirer.
-Il faut que je me calme, pensa t-il. J'ai besoin de réfléchir. Je viens de faire quelque chose que je vais regretter.
D'un pas incertain, il se mit en route pour les dortoirs et quand il pénétra dans sa chambre, il n'alluma pas la lumière avant de se laisser tomber lourdement dans son épaisse couette. Il réfléchit longtemps. Si longtemps qu'il finit par s'endormir. Jusqu'à ce qu'il entende la porte du dortoir s'ouvrir et la lumière être allumée.
Les deux garçons riaient.
Gellert ouvrit un œil.
Albus et Ernest venaient d'entrer dans les vestiaires et de toute évidence ils avaient eu sports car leurs vêtements étaient maculés de feuilles et de boue. En le voyant, Albus s'arrêta de rire pendant une demi-seconde mais après un bref regard échangé avec Ernest à propos d'une blague que Gellert ne connaissait pas, leur hilarité redoubla.
Gellert ferma les yeux et les écouta chuchoter tandis qu'ils fouillaient dans leurs malles pour chercher des vêtements propres. Le bruit de leurs rires s'étouffa dans le couloir tandis qu'ils se rendaient aux douches.
Gellert roula sur le dos et contempla le tissu brodé de minuscules étoiles de son lit à baldaquin. Ernest revint le premier. Il enfila son uniforme de champion de Beaubâtonx et quitta le dortoir, sans doute pour rejoindre tranquillement sa copine bizarre.
Albus mit du temps à revenir. Peut-être était-ce parce qu'il voulait se détendre sous l'eau chaude avant l'épreuve. Peut-être était-ce parce qu'il espérait que Gellert ne serait plus là quand il reviendrait.
Toujours est-il qu'il finit par réapparaitre, enveloppé dans une serviette. Comme la première fois, il lança un regard acéré à Gellert -qui y répondit en s'étirant comme un chat-, avant de se détourner.
Tant mieux. Cela permit au jeune homme de l'observer à son grès.
Devait-il lui dire qu'il pensait savoir où était la baguette de sureau ?
Et si Katerina lui avait déjà dit et qu'Albus voulait simplement garder la baguette pour lui ? Pire. Et s'il avait coupé les ponts avec lui pour cette raison ?
Non, c'était impossible. Il n'avait jamais montré ses croquis à Albus et Katerina venait seulement de comprendre pour la baguette, il en mettrait sa main à couper.
Alors devait-il parler de sa découverte à Albus?
Et devait-il lui parler de ce qu'il venait de faire de mal ?
Sa main se crispa sur les draps et il se redressa à moitié. Face à lui Albus avait enfilé le bas de son uniforme de champion et il se frottait les cheveux avec sa serviette. Gellert se leva en douceur et attacha négligemment ses boucles trop longues avec un lacet de cuir.
Il devait lui dire. Ce qu'il avait fait, ce n'était pas bien. S'il en parlait à Albus maintenant, il pourrait encore l'en empêcher.
Albus jeta sa serviette sur le lit et attrapa son haut. Gellert contempla les muscles de son dos se contracter pendant que le griffondor levait les bras pour enfiler les manches.
Gellert se sentit bizarre.
Il se rapprocha et huma l'odeur de savon qui émanait de la peau. Il imagina ce que ça ferait de la toucher. Sur une impulsion, il posa sa main sur l'omoplate dénudée.
Je vais lui dire…
Albus sursauta brutalement et lui lança un regard mauvais par-dessus son épaules et toutes ses bonnes résolutions fondirent au soleil. Gellert retira sa main comme s'il s'était brûlé.
-Quoi ? Marmonna le roux d'un air revêche.
Je ne vais pas lui dire…
-Ri… Rien d'important. Je voulais juste te souhaiter bonne chance pour l'épreuve. C'est tout.
Le visage d'Albus se radoucit doucement et il esquissa un léger sourire avant de complètement enfiler le haut à manches longues qui composait son uniforme.
-Merci beaucoup. J'espère bien gagner, après tout.
Je voudrais être avec lui. Je voudrais qu'il soit à mes côté dans mon voyage. Avec lui, je vais pouvoir faire de grandes choses. Il sera ma force. Il me gardera sur la bonne route.
Je dois lui dire.
-Albus… Je…
Mais aussitôt le Griffondor avait repris son air distant.
Son « je dois te parler d'un truc important » finit par être un grommellement marmonné dans sa barbe tandis qu'Albus en profitait pour lâcher froidement un :
-Je dois y aller. L'épreuve va bientôt commencer. On discutera après si tu le souhaites.
Trop tard alors…
Gellert cligna des yeux stupidement. Il était seul.
Trop tard. Trop tard.
Il pensa à sa grand-mère. A tout ce qu'elle lui avait apprit et il se sentit très en colère. Contre Albus. Contre Kat. Et il pensa qu'il avait eu bien raison de ne pas se laisser faire après tout.
Et c'est à cet instant qu'il entendit un grand bruit derrière lui. Comme si quelqu'un avait lancé quelques pétards du docteur Flibuste dans son dos.
Il se retourna, légèrement blasé car il connaissait ce bruit.
Il y avait un grand vide à l'endroit où s'était trouvé son lit quelques instants auparavant.
-Oh non… Pas encore, grommela t-il.
Avec un air morne plaqué sur le visage, il se rendit à la croisée des maisons et rassembla tranquillement ses affaires explosées sur le sol pour les ranger dans sa valise. Une expulsion de plus ou de moins. Albus serait sans doute plus détendu maintenant qu'il ne serait plus là…
Tu ne pourras plus le regarder dormir, murmura une petite voix dans sa tête.
Une valise dans chaque main, Gellert regarda autour de lui. Les havres-pluie ou mâche ferraille ? Les havres pluie seraient peut-être le mieux. Plus de Albus, plus de Kat non plus.
Il s'avança. Les portes restèrent définitivement closes. Avec un grognement, il recula d'un pas et s'approcha des immenses mâchoires de métal de mâche-ferraille.
Elles ne frémirent même pas.
Gellert serra les poings sur les poignées de cuir.
Mais les trois portes restèrent de marbre.
La pleine lune commençait à s'élever dans le ciel et la foule poussa un hurlement d'allégresse.
Abraxas était avec Epicura Lovegood et tous deux abordaient fièrement leurs uniformes de Poudlard tout en brandissant une banderole à la gloire d'Albus.
De l'autre côté de l'estrade, Sita Zabini parvint à convaincre Méliou que ce n'étais pas une bonne idée de jeter son soutien-gorge à Ernest si elle ne voulait pas se faire assommer à grand coup de balais par Augusta.
Acclamés et portés en triomphe, les trois champions ne purent s'empêcher de sourire. Tous les trois sur l'estrade, ils avaient quelque chose de beau et d'un peu arrogant.
Bizarrement, pour la première fois, ils se sentaient sûr d'eux. Se tenant par les épaules, ils sentaient qu'ils allaient affronter ce qui allait arriver, ensemble...
-Ensemble peut-être, chuchota Albus, mais c'est moi qui vais gagner.
Katerina se contenta de lui répondre par un ricanement sonore et Ernest le pinça et répondant à voix basse :
-On verra ça.
Ils clignèrent des yeux en fixant l'immense serre de verre scintillante qui occupait maintenant les trois quart du parc de Durmstrang.
Les directeurs se levèrent et écartèrent les bras. Peu à peu, les acclamations de la foule se transformèrent en simples murmures.
Le professeur Drowski prit la parole:
-Cherrrrrs élèves, nous allons maintenant vous expliquer les modalités de la dernièrrrrre éprrreuve de ce tourrrrnoi, celle qui déciderrrra de notrrre grrrand gagnant. Je vais à prrrrésent laisser la parrrole à mon éminent confrrrrèrrre, le professeurrrr Black.
Il y eue quelques applaudissements polis tandis que le directeur de Poudlard amplifiait sa voix à l'aide d'un sortilège.
-Cher public. Chers élèves, cher jury, je vous laisse voir qu'il y a devant vous une serre qui a été monté spécialement pour l'occasion. Cette serre possède trois portes. Chaque porte correspondra à un champion. Derrière chaque porte se trouve une pièce où chaque champion aura une épreuve à accomplir en fonction de l'ingrédient qu'il aura rapporté. Chacune de ces salles sont reliées à trois couloirs qui mènent à un seul et unique corridor au bout duquel se situe la coupe des trois sorciers. Comme vous l'avez deviné, le premier à mettre la main dessus sera notre championne ou notre champion.
Le professeur Mirepoix continua :
-Passons maintenant aux épreuves individuelles. Chers enfants, il s'agit là de fabriquer des potions. Monsieur Dumbledore, vous avez ramené de votre précédente épreuve un flacon remplit de lait de baleine et de jus de lin. Il y a dans votre salle une cage où est enfermé un loup garou. Il vous faudra la traverser pour passer de l'autre côté du couloir. Pour cela, il vous sera nécessaire de concevoir une potion de lenteur… Ou bien trouver une autre solution. La recette de cette potion ainsi que ses ingrédients seront à votre disposition. Le dernier ingrédient étant celui que vous avez ramené de la seconde épreuve. Cette potion sera achevée en minimum sept heures.
Il reprit sa respiration :
-Monsieur Londubat, il y a dans votre salle un Erklink. Cette créature magique est malade et il faut que vous lui prépariez un antidote qui le fera vomir. En espérant qu'il vomisse la clef qui vous permettra de passer de l'autre coté ou bien trouver une autre solution. Cette potion dure 8h30.
Ernest voulu protester en entendant le temps de préparation, mais il se contenta de se mordiller la lèvre. Après tout, il avait été moins bien noté que ses camarades lors de la précédente épreuve.
-Quand à mademoiselle Svantovit, il y a dans sa salle un vampire endormi qui a été capturé vivant en Hongrie il y a deux semaines. Sa porte sera ouverte dès le départ mais il faut qu'elle donne à respirer un somnifère à la créature toute les deux minutes si elle ne veut pas être tuée et mourir dans d'atroces souffrances. Il lui faudra préparer un somnifère beaucoup plus puissant, qui lui assurera une heure de tranquillité si elle désire pouvoir s'emparer de la coupe des trois sorciers. Ou bien, bien sûr, qu'elle trouve une autre solution. Sa potion sera préparée en 7h45 au minimum et elle aura besoin de la corne de bicorne récupérée lors de la deuxième épreuve pour la terminer... Il reste encore quelques règles à mettre au point : Les baguettes ne sont autorisées que pour la préparation des potions tant que vous êtes dans les premières salles. Si vous devez vous départager dans le corridor, leur utilisation est tolérée. De plus, si l'un des concurrents souhaite abandonner, il lui faudra lever sa baguette et envoyer en l'air de petites étoiles rouges et nous viendrons le chercher... Je crois que ce sera tout.
Le professeur Mirepoix finit par se taire et le professeur Drovski leva les bras pour finir le discours dans un cri tonitruant :
-Sorrrrciers et sorrrrcièrrre, que la trrroisième éprrreuve du tourrrnois des trrrois sorrciers COMMENCE !
La foule en délire hurla et Meliou –visiblement ivre- finit par jeter son soutien gorge, qui fut heureusement -ou malheureusement- récupéré par un deuxième année un peu pervers.
Les trois champions traversèrent la foule en souriant, accrochés les uns aux autres. Après tout, ce n'est pas comme s'ils n'étaient pas bons en potion, n'est ce pas?
Cette épreuve allait sans doute être difficile et harassante –et surtout très longue-, mais pas de quoi fouetter un hypogriffe avec des orties quand on pensait à tout ce qu'ils avaient traversé.
Ils arrivèrent devant les portes et leurs mains se lâchèrent. La serre scintillait sous la lune et l'idée qu'ils pourraient se voir travailler les uns les autres étaient bizarrement réconfortante. Ils s'avancèrent et ouvrirent chacun leur porte au même instant.
Albus
Il fait tout à coup très sombre. La porte s'est refermée derrière moi et il ne reste rien de la serre de verre scintillante. Les murs sont noirs et brillants. Métalliques. Des chandelles brûlent doucement.
Bien-sûr.
C'était trop beau.
Tout le monde peut nous voir, mais nous, nous sommes enfermés chacun dans notre petit microcosme, sans pouvoir savoir où en sont les autres.
Un grognement sourd monte du fond de la pièce. Je détaille la haute cage et la créature mi-loup, mi-homme qu'elle contient. Sa présence est là pour me faire peur.
Ça ne marchera pas avec moi.
Car je vais gagner ce tournoi.
Dressé sur ses pattes arrière, le loup-garou me dévisage de ses immenses yeux jaunes, la gueule baveuse et le croc luisant.
Je hausse les épaules et me tourne vers la table où sont posées les chandelles ainsi qu'une importante quantité de petits pots et d'ingrédients magiques.
Un grimoire est posé sur un pupitre, avec un marque-page. Il y a également un chaudron, un couteau en argent et un pilon ainsi que de nombreux autres instruments.
Est-ce une bonne idée que je regarde les autres recettes du grimoire? Le professeur a dit que trouver une autre solution est toléré. Mais je risque de perdre bêtement le peu d'avance que j'ai. Je parcours des yeux la recette de la potion de lenteur.
Voilà ce que je cherche. Après un quart d'heure de préparation, j'aurai vingt minutes de cuisson à attendre avant de continuer. Ce sera le moment de jeter un œil au reste de ce livre...
Je retrousse mes manches, sors les ingrédients de la deuxième tâche de ma poche, allume le feu magique sous le chaudron d'un coup de baguette et saisis le couteau d'argent afin d'écraser une racine de mandragore pour en recueillir le jus.
Ernest
Je feuillète le grimoire tout en ayant du mal à me concentrer. Le bruit qui résonne derrière moi me dérange. Et puis j'ai beau regarder, il n'y a aucune recette dans ce grimoire qui puisse m'aider à récupérer la clé plus facilement. Il doit cependant y avoir quelque chose à faire...
Je me demande si les autres se trouvent dans le même genre de situation que moi.
De plus, la recette qui va me permettre de faire vomir le malheureux Erklink ne semble pas contenir de Felix Felicis. Et surtout, elle ne contient absolument rien qui ait un lien avec une chèvre!
Rien qui ait à voir avec une chèvre !
Je me tourne avec perplexité vers mes deux camarades de cellule: Le pauvre Erklink est allongé sur une paillasse et ne cesse de gémir en produisant des bulles vertes et roses qui se baladent dans la pièce en explosant à mes oreilles.
Et dans l'autre coin se trouve une chèvre, allongée sur un lit de paille, mâchonnant un brin d'herbe d'un air morne.
Pourquoi une chèvre par Merlin?
Bon je n'ai pas de temps à perdre. Ma potion est plus longue à faire que celle des autres alors je n'ai apparemment qu'une seule solution pour gagner... Espérer pour qu'Albus et Katerina perdent du temps... Haha, très drôle. Comme si c'était leur genre... Mouais, ou bien trouver autre chose.
Réfléchis par Merlin!
Je ne peux pas utiliser le Felix Felicis pour l'instant, la potion ne dure pas plus de quelques heures et elle peut me servir plus tard, si l'inspiration vient.
En me mordillant la lèvre, je commence à mettre en place ma mixture.
Katerina
Je me penche au dessus de la créature et lui fait respirer les effluves qui se dégagent de la potion, avant de remettre la cuillère dans le pot posé juste à côté du cercueil entrouvert, tout en grimaçant face à la kitsherie du satin rose.
Est ce que les vampires sentent d'abord? Est ce qu'il ne faut pas respirer pour ça. Peut-importe tant que ça a l'air de marcher.
Le vampire ne bouge presque pas. Il a juste un très léger mouvement de lèvre qui prouve qu'il n'est pas complètement « mort » malgré son absence de souffle.
Aussitôt, je retourne le sablier qui est posé juste à coté de la potion de sommeil. Quand le sable sera écoulé, il faudra que je lui redonne de quoi sombrer à nouveau, pour seulement deux minutes… Et cette potion va durer des heures!
L'opération est légèrement plus complexe qu'on pourrait le croire. Il ne faut pas que je me rate pendant la préparation du somnifère, donc il faut que je choisisse soigneusement à quel moment je lui ferais respirer le liquide entre deux étapes.
Mes yeux se tournent vers l'humanoïde endormi.
Au premier abord, je me suis dit qu'il ne ressemblait pas à un être humain. Et puis finalement, il m'apparut évident que cette créature aurait pu déambuler parmi les moldus sans qu'on fasse attention à lui. Juste un faciès un peu bizarre comme la nature en créé parfois toute seule.
Je me redresse pour aller jusqu'à mon chaudron avant de continuer ma potion. Je coupe en tranches fines des ongles de trolls et les mélange avec application avec la poudre de bicorne que j'avais récupérée lors de la deuxième épreuve.
Il n'y a pas une seconde à perdre, si je veux prendre Albus de court.
Quelques heures plus tard...
Albus
Il fait trop chaud et j'ai déjà enlevé ma cape. Les vapeurs de potion envahissent l'air en de grosses volutes violette si épaisses qu'on aurait pu les boire.
J'essuie mon front couvert de sueur d'un revers de main et jette avec attention une poignée de crottes de doxys séchées dans le chaudron.
Pour le moment, ma potion ressemble tout à fait à ce qui est décrit dans le manuel. Il y a deux heures, elle a crépité d'étincelles avant de devenir tout à fait transparente et maintenant elle me renvoi mon propre reflet me tirant la langue, comme prévu.
Je me suis résigné à simplement suivre les instructions du livre. Il n'y a rien d'intéressant dans les autres recettes de toute façon.
Mes paupières sont lourdes et papillonnent. Cela fait déjà quatre heures que je pile, coupe, découpe, mesure et mes yeux me brûlent. Je veux juste dormir.
Encore trois heures.
Rien que trois horribles heures...
Katerina
Le sablier défile doucement.
J'ai du le retourner plusieurs centaines de fois et j'en ai terriblement marre.
La potion bouillonne.
Je donne trois coups de baguettes en l'air en tournant dans le sens des aiguilles d'une montre, comme indiqué sur le parchemin qui m'a été remis.
Ils ont dit: une autre solution...
Il y a une autre solution et elle me fait grimacer. Contrairement à Albus et Ernest, moi, ma porte est ouverte et une fois de l'autre côté, j'aurais l'autorisation d'utiliser ma baguette. Mais je ne suis pas sûre de vouloir affronter la colère d'un vampire étranger capturé par des sorciers fous.
Ils l'ont suffisamment répété avant la participation au tournoi: Des sorciers meurent pendant ces tournois et je ne suis pas encore prête à donner ma peau.
Quand les règles ont été annoncées, j'ai vu en face de moi le visage de Sergei qui se tordait en grimace quand il les a entendus parler de leurs « autres solutions ». Pas la peine de s'en faire, je ne suis pas stupide au point de me mettre en danger pour un simple trophée. Et il faut absolument que l'on se parle de cette histoire de baguette de sureau. Non. Ne pas penser à ça. Après l'épreuve. Quoi qu'on ait pu en dire, je suppose que c'est Albus qui va réussir ce tournoi et il restera pour nous un souvenir impérissable que nous pourrons raconter à nos mouflets.
Je jette un œil à la potion vert canard qui bouillonne à feu doux devant moi. Le parchemin dit « vert bouteille ». Bon, vert bouteille, vert canard, les trois quarts de mes camarades ne voient pas la différence mais quand même.
Je jette un crin de licorne dans le breuvage et voit avec satisfaction qu'elle tourne au rose fuchsia, tel qu'il est dit dans la recette.
Ouf...
Ernest
Ce n'est pas vrai!
La potion est en train de déborder en faisant de gros grumeaux, diffusant tout autour de moi une intense odeur de chou trop cuit.
Ce n'est pas vraiment ce qui était attendu. J'approche de mon nez le pot dont je viens de verser le contenu et le renifle doucement puis grimace. Contrairement à ce qui est annoncé sur l'étiquette, je ne viens pas de rajouter des feuilles de jusquiame mais bien de l'ellébore.
Quelle bande de trolls.
Passer cinq heures sur une potion pour arriver à ce résultat, ça a de quoi faire déprimer. Surtout que ne m'étant pas particulièrement illustré lors des deux dernières tâches, j'avais bien envie de briller un minimum aujourd'hui.
C'est foutu pour la potion. D'un coup de baguette rageur, je souffle le feu sous mon chaudron, conscient que même si j'ai l'impression d'être seul, les rares élèves qui ne somnolent pas sur leurs bancs et qui ne sont pas allés se coucher quelques heures doivent me voir au travers des murs magiques. Augusta doit me voir.
Il faut que je fasse quelque chose. Mon regard tombe sur le Felix Felicis que je n'ai pas oublié. Si cette potion doit servir à quelque chose, c'est le moment ou jamais!
En me mordillant les lèvres, je débouche la bouteille et la porte à ma langue. Cependant, quand je tente de boire, le verre glisse contre ma peau et évite ma bouche. Je réessaye plusieurs fois, sans succès.
Il y a manifestement un sortilège de répulsion qui m'empêche de boire à cette bouteille. Si le Felix Felicis n'est pas pour moi, alors pour qui?
Je jette un coup d'œil à mon compagnon qui continu de hoqueter misérablement ses bulles agaçantes.
Pour lui? Non.
Mieux. Pour la chèvre?
Je mets ma tête entre mes mains. Mon pauvre Ernest, tu perds la boule.
Gellert
J'ai froid.
Je resserre frileusement mon écharpe autour de mon cou. Les gradins se sont vidés. Restent seulement quelques irréductibles comme Augusta et Abraxas Malefoy.
Pietrov ronfle sur un banc à coté de moi.
Je me mordille les lèvres. Tout est peut-être bientôt finit. J'abandonne là Pietrov et je descends les marches des gradins pour venir me placer tout près. Les élèves peuvent marcher juste autour de la serre. Ils peuvent se coller au vitre de la serre et faire des grimace à Albus, il ne se rendra compte de rien.
Je rejoins un groupe de première années qui s'amusent à essayer de compter ses poils de nez tandis qu'il a l'air si concentré. Et moi ça me fait rire.
Comme tu as l'air sérieux.
Je te regarde avec amusement. Il ne me reste plus beaucoup de temps pour ça.
J'enfonce les mains dans les poches de ma veste et je contourne le bâtiment. Je passe devant la pièce où Ernest semble prêt à se trancher les veines. Sa copine super agressive boude sur un banc et ne le quitte pas des yeux. Pauvre vieux. Elle me lance un regard assassin auquel je réponds par un sourire goguenard.
Et maintenant c'est ton tour, Chat.
Tu as l'air concentrée. C'est bien.
Mais tu ne peux pas réussir cette potion. Et ça m'inquiète.
Ton professeur chéri est là. Accoudé contre la rambarde, il attend. Et dire que c'est peut-être ce type qui possède la baguette de sureau, ça me donne envie de me mettre deux doigts dans la gorge pour rendre mon déjeuner.
Je m'approche de lui.
Il le faut, même si je n'en ai aucune envie.
-Bonsoir... Il faut que je vous parle professeur…
Aïe, voilà. Je l'attendais cette petite œillade glacée. Toi non plus tu ne peux pas me voir et tu me méprises malgré tes airs de bon samaritain. Ce me fait mal d'avouer que vous iriez bien ensemble, toi et Kat.
Mais tu ne perds rien pour attendre...
Sergei Prince
La lumière de la serre se reflète sur ses cheveux blonds et sa peau blanche lui donnant un aspect bleuté et fantomatique.
Je n'aime pas ce garçon. Mais pour une fois, il ne s'adresse pas à moi avec cet air moqueur qui l'accompagne habituellement.
-Monsieur Grindelwald ?
Il hésite. Et puis finalement, il se jette à l'eau :
-Je crois que la baguette de Melle Svantovit est défectueuse, monsieur.
Je me sens froncer les sourcils malgré moi :
-Qu'est ce que vous voulez dire par là ? Il est arrivé quelque chose ?
-Non, monsieur. J'ai juste remarqué qu'elle… Qu'elle ne réagissait pas toujours bien…
Il me regarde droit dans les yeux mais je sais qu'il a l'habitude de mentir. Il finit par ajouter :
-Il faudrait peut-être mettre l'épreuve en pause…
Je le fixe froidement :
-Impossible. Si jamais Katerina a besoin de nous, elle pourra toujours envoyer des étincelles en l'air. C'est le b a ba. Même une baguette détraquée pourrait faire ça…
Se pourrait-il qu'il essaie de faire capoter la potion de Katerina ? Tout à l'heure, ils se disputaient dans les couloirs et le jeune Grindelwald n'en serait pas à son premier coup d'éclat.
Comme il ne dit rien, je finis par rajouter :
-Si cela peut vous rassurer, j'en toucherai un mot au directeur.
Il s'enfonce dans sa grosse écharpe et j'entends comme un ricanement sortir de sa bouche.
Inutile. Nous le savons tout les deux.
Il me met mal à l'aise.
7h après le début de l'épreuve
Albus
Je sens que mon visage est bouffi de fatigue, mais devant moi, la potion est prête. Elle est juste comme il faut. La texture est comme de la crème, d'un bleu violacé qui luit doucement. Je coupe une tranche de viande qui a été mis à ma disposition en j'en enduis la chair.
Il ne faut pas que je perde de temps. D'ici quelques minutes, Katerina aura finit elle-aussi et je ne dois pas lui laisser prendre d'avance. Sauf qu'il faut que je passe devant un loup-garou, moi...
Je jette la tranche de viande entre les barreaux de la cage et aussitôt la bête bondit pour essayer de m'agripper avec ses ongles acérés. Heureusement que j'avais gardé mes distances. Elle finit finalement par aller avaler goulûment ce que je lui ai préparé. Il faudra au moins attendre quelques minutes avant que le breuvage ne fasse effet.
Je compte les secondes et tout doucement, je vois que les mouvements du loup se font plus saccadés, moins nerveux. J'essaie de me rapprocher de la cage mais la créature rassemble ses forces et se jette sauvagement contre les murs en essayant d'agripper ce qui passe à sa portée. Il semble réaliser que quelque chose ne va pas car je le vois chanceler avant d'essayer de se reprendre. Malgré cela, ses mouvements deviennent de plus en plus lent, lent, lent…
Cela fait déjà un quart d'heure que je lui ai administré la potion. Katerina va bientôt me rattraper si je ne fais pas quelque chose.
Le loup a l'air relativement endormi maintenant. Je m'approche et il ne réagit pas. Il faut que j'en profite. La potion ne durera pas plus qu'une dizaine de minutes maintenant.
La baguette au poing, quitte à me faire éliminer mais pas à mourir, j'ouvre la cage !
Ernest
Par Merlin, je ne crois pas à ma chance. La clef en main, je me précipite sur la poignée de la pièce et je l'ouvre.
Et bien qui l'eut crû, finalement, que ce serait la chèvre qui boirait le Felix Felicis. Heureusement que je me souvenais de mes cours de première année.
Le bézoard est toujours un excellent remède à toutes sortes d'empoisonnement. Bézoard qui se trouve dans le ventre d'une chèvre. Et quelle chèvre est plus chanceuse que celle qui vomit son repas avec le bézoard qui l'habite au lieu de se faire ouvrir le ventre avec un couteau en argent pour fabriquer des potions ?
Je me maudis seulement de ne pas avoir eu cette idée saugrenue plus tôt. Je suis en retard sur Albus mais je dois avoir quelques minutes d'avance sur Katerina. Si je me dépêche, je suppose que je peux encore gagner ! Un petit sort de célérité ne me ferait pas de mal d'ailleurs. Maintenant, j'ai le droit pas vrai ?
Katerina
Je racle le fond du chaudron.
Lors de la dernière étape, ma potion a diminuée comme peau de chagrin avant de terminer dans un minuscule petit flacon.
Je le fixe pendant quelques secondes en fronçant le nez. Cette fois encore, un doute m'envahit.
Le livre dit : Une mixture rose poudre. Le rose poudre y est, mais ils ne citent pas ce minuscule dépôt blanc qui se trouve dans mon flacon. J'espère qu'il n'y a pas d'erreurs, pourtant j'ai suivit scrupuleusement les instructions et j'ai toujours été excellente en potion.
Rapidement, j'ouvre la mâchoire du vampire en appuyant derrière les dents et je lui verse la mixture sur la langue.
Si j'en crois le grimoire, j'ai maintenant une heure devant moi avant qu'il ne se réveille.
Sans un regard en arrière, j'ouvre rapidement la porte et je m'élance dans le long couloir.
Celui-ci ressemble à la petite salle du début, avec ses murs noirs et lisse et ses dalles couleur ardoise. Il est vide, mal éclairé et je m'y sens oppressée. Je me souviens que la serre occupe tout le parc et je presse le pas. Le trophée doit être encore loin.
Je cours pendant ce que je crois être une vingtaine de minutes. Ce couloir est absolument sans fin !
Je finis par m'arrêter de courir pour reprendre mon souffle. Le silence est oppressant, la solitude écrasante.
Je passe une main sur mon visage quand un long cri strident qui n'a rien d'humain me glace le sang. Mes yeux se dilatent. Quelque chose est en train d'approcher. Très vite.
-Il y a quelqu'un ? Je murmure d'une voix atone.
La seule chose qui me répond est un long hurlement de loup.
Ernest
Nerveusement, je me colle au mur. Quelque chose est en train de se passer. Le loup n'arrête pas de hurler et juste avant, il y a eu un cri... Un cri terrifiant. Je croise les doigts pour que ce ne soit pas ce à quoi je pense.
Je reprends ma route et j'accélère le pas. Mon charme de vitesse s'est dissipé, je préfère être discret. Soit ce bruit est un piège tendu par mes adversaires -ce qui ne serait pas très fair-play de la part d'amis, mais après tout nous sommes en compétition-, soit Katerina a foiré sa potion et dans ce cas nous sommes tout les trois en danger de mort.
Et si c'est cela, seul deux choses peuvent nous sauver: Lancer des étoiles en l'air ou mettre fin au tournoi si l'un d'entre nous met la main sur le trophée.
J'avance encore dans la pénombre des couloirs et soudain celui-ci s'agrandit considérablement, je devine que je dois être arrivé dans le corridor. Au moment où j'arrive à l'embouchure des trois passages, une silhouette émerge d'un des autres chemins et nous nous rentrons dedans en sursautant violemment, la baguette à la main.
Je soupire à haute voix, en reconnaissant la haute silhouette pâle d'Albus.
Lui aussi a l'air soulagé.
-Tu as entendu le cri, il y a quelques minutes? demande t-il à voix basse.
-Oui. Je ne veux pas céder à la panique, mais ça m'a tout l'air d'être un cri de vampire. Et ça a l'air de mettre le loup-garou sacrément en rogne.
-Ce ne sont pas des créatures qui s'apprécient en général, murmure Albus. Il faut qu'on se dépêche de finir ce tournoi si on ne veut pas que ça devienne très compliqué... D'ailleurs, comment es-tu arrivé ici aussi vite? Ta potion devait être plus longue que ça non?
-Je l'ai ratée. Ces ignares confondent la jusquiame et l'ellébore. Du coup j'ai du trouver une autre solution. Plus rapide.
Albus fronce les sourcils, contrarié:
-Oh...Je suis jaloux. Comme d'habitude je suis resté très scolaire.
-Ça ne m'étonne pas de toi. On devrait y aller. Au pire, on récupèrera le trophée ensemble.
-... Tu as raison. Gardons nos baguettes et assurons nos arrières, on ne sait pas ce qui peut arriver maintenant.
Nous avons couru pendant une dizaine de minutes, la tête quasiment tourné vers l'arrière.
-Je crois qu'on approche, murmurais-je en apercevant au loin une légère tâche de lumière.
Derrière nous, il y a un nouveau cri. Un cri de femme cette fois. Katerina. Et elle n'est pas loin.
Son écho déformé met quelques dixièmes de secondes avant d'arriver jusqu'à nous:
-COURROOUUURRREZ!
Je m'arrête brutalement. Albus attrape ma manche en fronçant les sourcils:
-Qu'est ce que tu fabriques? Il faut se dépêcher!
-Il faut qu'on aille l'aider!
-Elle peut tenir toute seule! Les secours seront là pour elle avant nous. Il faut qu'on mette fin au tournoi.
J'hésite un instant:
-Ok, va chercher le trophée, moi je vais aller aider Katerina!
Albus ne répond pas tout de suite. Il me pose rapidement une main sur l'épaule:
-D'accord. Fais attention à toi...
Avec un léger sentiment de malaise, je le regarde s'éloigner.
Je fais demi-tour et me met à courir en sens inverse, la baguette en avant. Rapidement, je rejoins Katerina qui vient vers moi, en courant elle-aussi.
-Ça va tu n'as rien?
Elle s'arrête devant moi en haletant:
-Non. Le loup et le vampire sont en liberté. Il faut qu'on en finisse!
-Quoi?!
-Viens! Je te dirais en courant!
Elle m'entraine de nouveau du coté du trophée. Albus a eu raison, je n'ai fait que perdre du temps.
-Tu as vu Albus? Demande t-elle.
-Oui, il est devant.
-Tant mieux. Le vampire est passé devant moi tout à l'heure. Mais c'est le loup garou qui l'intéresse. Il va très vite. J'ai entendu le bruit des barreaux quand il les a brisés. Ils se battent dans l'entrée du corridor maintenant. J'ai eu peur quand je les ai vus arriver, désolée d'avoir crié. Ça nous laisse encore un petit peu de temps avant qu'ils ne s'intéressent à nous.
Juste devant, la lumière bleue se rapproche doucement. Mais derrière, un bruit sourd de crocs, de grognements et de cris s'amplifie progressivement.
Je pense à réutiliser mon sort de vitesse mais Katerina me fait non du doigt. Elle s'exclame:
- Jette-toi à terre!
Nous roulons sur le sol tandis que les deux créatures enchevêtrées passent au dessus de nous dans un vacarme assourdissant. Je crispe ma main sur ma baguette en attendant qu'ils passent.
Je lève les yeux. La lumière bleutée est très proche à présent.
-Albus... Murmurais-je.
Albus
Je grimace.
Il ne reste plus qu'une cinquantaine de mètres entre moi et le trophée.
Le loup garou me fixe.
Une longue trainée de sang traverse le couloir en passant à côté de moi et se termine un peu plus loin. Les deux créatures magiques ont réussis à me dépasser avant que le loup garou ne parvienne à mettre fin à l'existence de son mortel ennemi.
Le museau tâché de sang, il fouille le cadavre de ses pattes afin d'en dévorer le cœur. Et il est entre moi et mon but. Je frémis.
Et aujourd'hui, vraiment, je veux gagner.
J'ai trop souffert durant cette année, j'ai trop donné pour ne pas en ressortir avec au moins cette fierté là qui est de ramener ce trophée à Poudlard.
Je lève ma baguette. Le loup garou lève ses grands yeux jaunes sur moi et me fixe. Je fais deux pas vers lui. Ses babines se retroussent et il gronde.
Un autre pas.
Au moment où il bondit sur moi, je l'éjecte plusieurs mètre plus loin d'un sortilège informulé. Je n'ai pas peur de lui. Et je dois montrer à Gellert de quoi je suis capable. Est-ce que tu me regardes, maintenant, de l'autre côté de la vitre ?
Le loup garou revient à la charge et d'un nouveau coup de baguette, je lui roussis le poil.
Derrière moi, j'entends des appels. Ernest et Katerina. Je les vois faire la grimace en découvrant le cadavre du vampire. Je fais à nouveau preuve de mes talents d'enchanteur et le loup recule en gémissant.
Furieux et honteux, il cherche à s'enfuir. En s'aidant du mur, il bondit et me contourne. Le voilà entre mes amis et moi à présent. Ils ont leurs baguettes bien en main. L'adrénaline bat à mes tempes. Je me sens bien.
Je lève ma baguette quand retentit le cri d'Ernest :
-Albus ! Non !
Je me fige. Le loup bondit.
Katerina
Un cauchemar.
C'est un cauchemar.
Tout se déroule en une poignée de secondes et cependant je me souviens de chaque minuscule changement.
Les muscles du loup se contractent. Lentement. Puis se tendent. Un frisson parcourt mollement ma peau qui se recouvre d'un film glacé de sueur.
Je vois l'hésitation dans les yeux d'Ernest. Et puis les minuscules poils sur sa nuque qui se hérissent.
La gueule du loup est déformée par la vitesse. Ernest ne fera rien.
Je le sens au plus profond de moi. Pas parce qu'il a peur. Pas parce qu'il n'est pas assez rapide ni parce qu'il ne connait pas de sorts capable de le repousser. Il ne fera rien parce qu'il y a quelque chose. Un idéal trop fort qui l'empêche de lever la main sur cette créature.
C'est un homme… Un homme qui a du poil en dedans...
Je cligne des yeux. Ce clignement dure une éternité. Il faut faire quelque chose. Je lève ma baguette. Mon bras se tend mollement.
Le loup est en apesanteur dans le vide, la peau plissée par une vitesse en suspend.
Je recherche en moi le souffle, l'étincelle qui remontera le long de mon être pour insuffler mon âme dans ce morceau de bois. Mais l'étincelle ne vient pas.
Le morceau de bois est mort.
Comme la baguette au fond du lac…
Mes pupilles se dilatent. Mon cœur fait un mortel effort pour accélérer le rythme de ses battements paresseux. Je cherche l'étincelle.
La voix d'Abus retentit, lointaine:
- Occupe-toi de lui!
Et Ernest fait un non de la tête:
-Je ne peux pas!
Et Albus qui s'élance vers le trophée.
Et Ernest qui répète inlassablement, terrorisé:
-Albus, Albus! Je ne peux pas...
La patte du loup jaillit. La baguette d'Ernest s'envole et il tombe en arrière. Ses yeux clignent avec lenteur, hébétés tandis que le loup tourne sa face démente vers moi.
Et puis le revers vient. Tout doucement, comme une caresse de gros chat.
Son visage se rapproche du mien et ses crocs s'enfoncent mollement dans la chair de mon visage. Je le vois se rapprocher au ralenti et j'ai tout le loisir de voir mon œil se refléter dans son grand iris jaune.
Je cligne de la paupière et nos cils s'entremêlent. Le sang envahit ma bouche. Je sens son haleine fétide sur ma gencive mise à nue, ses poils sur le haut de ma joue.
J'entends des cris. Je n'entends plus rien. La tête me tourne. Mon crâne cogne contre le dallage.
Il fait noir. Il fait blanc.
C'est Ernest qui crie. Ma tête roule et j'entrouvre les yeux.
Le monde est flou.
Albus se bat contre la créature.
Ernest crie encore :
-Que quelqu'un fasse quelque chose !
Mais rien n'arrive, rien ne change.
Et puis finalement si… Quelque chose arrive. Je dois être en train de mourir. Il y a une chèvre. Tout devient burlesque, un gigantesque gag.
Une chèvre vient de déraper sur le sang du vampire et en reculant, le loup s'est piqué les fesses sur ses cornes. Mon rire se perd dans des bulles de sang. La douleur est si intense qu'elle n'existe pas.
L'image se floute davantage. La chèvre a fait reculer le loup et en chargeant, s'est cogné contre la colonnade au fond de la serre. Je vois le trophée tomber au ralentit. La chèvre est là pour le recevoir. Dans un état second, j'observe l'animal qui se balade avec l'objet de nos convoitises accroché par l'anse à l'une de ses cornes.
C'est cela je dois être morte… Tout cela est une illusion de mon cerveau privé d'oxygène.
Ernest se relève. Albus se bat toujours.
La chèvre revient à l'assaut. Ernest se jette à sa poursuite. Après avoir dérapé à son tour dans le sang, il rattrape la chèvre et la met à terre. Échevelé, il se redresse et brandit le trophée vers le plafond. Son visage est baigné de larmes.
-C'est finit ! Hurle t-il. C'est FINIT !
Le monde se fendille.
Les vitres volent en éclats.
Je devine une première silhouette s'extirper de la nuit, la baguette en avant.
Une formule interdite est prononcée d'une voix parfaitement calme :
-AVADA KADAVRA !
Un éclair vert. Un simple coup de vent.
Le loup est soufflé. Emporté en un instant. J'entends son corps tomber parmi les éclats de verre.
Je veux pleurer. Je n'en ai pas la force.
Je ferme les yeux. Les rouvres. Une nouvelle silhouette est penchée sur moi. Je devine ses boucles blondes et ses grands yeux bruns.
-Kat ? Kat, tu m'entends ?
La première silhouette l'écarte. Je me sens être soulevée et la douleur est insoutenable. Ma bouche est pleine d'un sang épais et métallique qui coule sur ma mâchoire.
Je le laisse m'emporter.
La foule est en furie.
Albus se laisse happer par les autres, se raccrochant à Ernest qui avance comme un zombi. Et puis il croise le regard haineux d'Augusta. Il y lit tout ce qu'il ne veut pas y voir. Des reproches pour sa trahison. Pour son avidité. Honteux, il lâche Ernest et se perd dans la masse des autres. Le garçon ne le retient pas. Il le fuit du regard, la main crispée sur ce trophée qu'Albus voulait tant.
Les questions fusent. Cruelles. Absurdes. Parfois pertinentes. Mais sans réponses.
Elle va mourir ?
Et le loup, c'était qui ?
Bon alors, qui a gagné ce tournoi ? Ernest ou la chèvre ?
Ils vont arriver à la soigner ?
L'amertume lui brûle la gorge. Il essaie de s'éloigner.
Les professeurs se réunissent à coté de Katerina tandis que les médicomages se pressent autour d'elle.
Il les entend parler. Absent de leur petit monde. De leurs petites conversations.
-Qu'est ce qui s'est passé, on dirait que la baguette a eu des ratés!
-C'est pour ça que sa potion n'a pas marché, que le vampire s'est réveillé et qu'elle n'a pu se défendre!
-Pourtant elle fonctionnait ce matin, je l'ai eue en cours et tout était en ordre...
Le professeur Prince manipula la baguette de pommier :
-Cette baguette a subit un sortilège. Elle est brisée.
-Mais qui aurait fait ça?
Il y eu un silence et les gens s'écartèrent.
Un garçon fendit la foule. Les cheveux blonds en bataille. Les yeux rougis.
Katerina tourna mollement son regard fiévreux vers lui. La dernière chose qui n'était pas défiguré de son profil droit.
Alors Gellert parla d'une voix parfaitement calme :
-C'est moi.
Katerina voulu pousser un cri de rage mais elle n'en fut pas capable. Ses yeux brillèrent de haine et d'impuissance tandis que ses ongles se tendirent vers lui pour lui arracher les yeux.
Albus resta pétrifié. Puis tout son être se mit à trembler.
Non.
Non. Non. Non.
Mais Gellert était sans pitié. Il répéta :
-On s'est disputé avant l'épreuve. Je pensais qu'elle s'en rendrait compte et qu'elle abandonnerait. C'est moi. Je suis tellement désolé Chat.
Albus eu envie de mourir.
Le parc était très calme maintenant.
La serre géante s'était évaporée dans l'air au fur et à mesure que son sortilège se dissipait.
Katerina était quelque part entre la vie et la mort. Augusta refusait de lui parler et Ernest le fuyait.
Gellert n'avait plus sa place dans aucune salle commune et attendait dans la quatrième maison, le « trou », que l'on décide de son sort. Que les vieilles pierres elles-mêmes décident de son sort.
Le soleil se leva doucement sur la mer de cendre.
Albus pensa que la beauté de cette aube était injuste. Assis à la fenêtre du bureau de Sergei Prince, il caressait doucement les plumes de Fumseck. L'oiseau appuya sa tête contre ses cheveux, malgré la crasse dont le jeune homme était recouvert. Il lui en fut reconnaissant.
Le phénix ne chanta pas. Albus se demanda ce qu'il ressentirait s'il le faisait.
La veille au matin, tout était parfait.
-Je crois que la situation ne pourrait pas être pire, Fumseck, murmura t-il.
Mais il se trompait.
Tatatatatatataaaaaaaaaaaaaaaaaaa!
Purée que d'optimisme réduit à néant dans ce chapitre!
Dans le prochain, je mettrai définitivement un point final à la première partie, celle se déroulant à Durmstrang. Les deuxième et troisième parties, beaucoup plus courtes, vont rentrer dans des choses que officiellement nous connaissons, mais vu les évènements décrits dans la première partie, dans un contexte très différent.
Comme d'habitude, je serais hautement heureuse d'avoir des avis constructifs et des critiques! A vos plumes.
Et en attendant...
(Chuchote)
Méfait accomplit...
