Disclaimer: Les personnages de cette histoire ne m'appartiennent pas et appartiennent, bien évidemment, à J.K Rowling! Par contre, cette histoire m'appartient.

Message : Cette fic prend en considération jusqu'au 4ème livre d'Harry Potter.

Message de l'auteur : Merci pour toutes vos belles reviews!

The Price for our Sins

Chapitre 2

Harry ne prêta pas attention aux murmures qui semblaient tourner autour de lui. Tout le monde parlait de Pansy Parkinson et de son suicide. Tout le monde faisait des hypothèses sur l'état d'esprit de la jeune fille, pour ses raisons d'avoir passé à l'acte… Et personne ne saurait jamais les raisons qui l'avaient poussée à agir de la sorte. Le test de grossesse qu'il avait trouvé pouvait être un facteur, comme cela pouvait être une coïncidence. De toute façon, Harry s'en fichait éperdument. Il admettait volontiers que la mort de la jeune fille était triste, mais il n'avait aucune envie de savoir les raisons de son acte. Elle s'était suicidée et voilà ce qu'il avait besoin de savoir. Il pouvait presqu'encore sentir l'odeur du sang qui montait dans ses narines… Mais, il n'avait pas vu d'éclair vert, ce qui était bien suffisant selon lui. Ses yeux se posèrent sur Hermione qui fixait la place vide de Ron avec une certaine mélancolie.

-C'est Zabini qui l'a trouvé… Il doit être en état de choc. Expliqua Harry, essayant de la sortir de ses pensées moroses.

-Je le sais… Zabini est fragile en ce moment. Avec ce qu'il a vécu, personne ne peut l'en blâmer.

Malgré lui, le brun pouvait encore voir Ron courant à toute vitesse, un Zabini en sang dans les bras. Non, personne ne pouvait blâmer le mulâtre de ses états d'âme. Et, s'il devait en juger par l'attitude d'Hermione, la Griffondore essayait très fort d'être aussi compréhensive que possible. Ron passait presque plus de temps avec Zabini qu'avec eux. Et Hermione, malgré ses protestations, ne pouvait cacher ses sentiments. Les yeux d'Harry se posèrent sur la table des Serpentards qui semblait silencieuse. Trop silencieuse. Un des leur venait de se suicider, ne pouvaient-ils pas montrer un peu plus d'émotion? Même les plus jeunes gardaient un silence religieux. Peut-être était-ce ainsi qu'ils montraient leur douleur? Peut-être que leur souffrance était si intense qu'ils n'arrivaient pas à l'exprimer? Il pouvait compatir à ça. Il continua alors à manger alors que les yeux d'Hermione s'étaient posés sur l'entrée de la Grande Salle.

-Il ne viendra pas. Se sentit obliger de dire Harry.

-Je le sais… J'espère qu'il va au moins penser à manger.

Probablement pas. Harry n'était jamais présent lors des interactions entre Zabini et Ron, mais à chaque fois que le roux revenait de l'une de leurs rencontres, il semblait épuisé et affamé. Un sourire remplit d'ironie se forma sur ses lèvres. Et voici la fin de la guerre… le moment de joie… Une fille suicidée et un garçon traumatisé. Il se secoua brusquement la tête. La guerre n'avait pas promis la joie et la bonne humeur, mais bien le commencement de sa vie normale. Il allait être normal. Il se l'était promis. Tout ça était fini. Il se leva alors de sa chaise et lança un regard éloquent en direction de sa meilleure amie.

-Je vais dans notre salle commune. Signala-t-il.

-Je vais rester un peu.

Espérait-elle que Ron allait miraculeusement venir? Lui savait que non. D'ailleurs, il ne serait nullement surpris que le roux décide de passer la nuit dans la chambre privée de Zabini. Il n'avait aucune envie d'avoir cette discussion avec Hermione. De toute façon, il ne savait pas quoi dire. Il se contenta d'hocher la tête et de sortir de la Grande Salle. Après avoir fait quelques pas, il se tourna brusquement.

-Je t'entends.

À sa grande surprise, la personne qui le suivait était Drago Malfoy. Les yeux gris se posèrent sans véritable émotion sur lui, et Harry fronça les sourcils. Il n'avait pas eu la moindre interaction avec Malfoy depuis qu'il l'avait retrouvé dans la demeure de Voldemort.

-Je dois te parler Potter.

Un frisson désagréable lui traversa le dos et il se força à pousser un bâillement sonore.

-Je suis vraiment fatigué Malfoy. Peut-être une prochaine fois.

-Maintenant.

Le ton de Malfoy lui donna l'envie de l'envoyer balader, mais il se retint avec peine. Ses yeux se plissèrent dangereusement et il croisa les bras sur sa poitrine en signe de défiance.

-Je ne prends pas d'ordre de toi. Fit-il remarquer.

-Pansy est morte Potter. Répliqua Malfoy.

-J'en suis vraiment désolé. Sincèrement… Je sais que vous étiez amis.

-Le blond haussa un sourcil face à cette réplique.

-Nous n'étions pas amis.

-Oh.

Il ne savait pas ce que Malfoy voulait qu'il lui réponde. D'ailleurs, il ne savait pas ce que Malfoy lui voulait, et il était convaincu qu'il ne voulait pas le savoir. Le blond ne lui avait pas adressé la parole depuis le début de l'année, et maintenant que la Serpentarde était morte, il venait le voir? Cela ne lui disait rien qui vaille.

-Je dois te parler Potter.

-Pas aujourd'hui.

-Si tu ne veux pas aller dans un endroit privé pour que nous puissions discuter, nous le ferons ici.

Il ignorait Malfoy essayait de le menacer ou s'il ne faisait que lui dire ce qui allait arriver, mais il n'en avait rien à faire. S'il ne désirait pas parler à Malfoy, il ne le ferait pas. Il tourna alors le dos au blond, bien décidé à partir.

-Les Serpentards ont besoin de toi Potter.

Il sentit son corps se figer alors que son cœur lui hurlait de partir. En courant s'il le fallait. Il eut la force d'obliger un rire sarcastique à sortir de sa bouche alors qu'il se tournait vers Malfoy en affichant un air nonchalant.

-Les Serpentards? Besoin de moi? Tu plaisantes j'espère.

-Non.

Comment pouvait-il garder son sourire lorsque Malfoy avait l'air si sérieux? Besoin de lui? N'était-ce pas ce que Maugrey Fol'œil lui disait pendant son entraînement? Le gouvernement avait besoin de lui. Les innocents avaient besoin de lui. Les victimes avaient besoin de lui. La vengeance, la colère, la haine, le désespoir avaient besoin de lui. Après la guerre… Après la guerre, personne n'aurait besoin de lui. Et il l'avait fait. Il avait fini la guerre. Plus personne n'avait besoin de lui. Il avait lancé l'éclair vert… Il avait vu le corps d'un être humain tombé sur le sol sans le moindre bruit… il l'avait fait… Plus personne n'avait besoin de lui.

-Écoute Malfoy. Je suis désolé que ton amie se soit suicidée… Vraiment. Mais, je n'y peux rien.

-Pansy était une fille égoïste.

Encore une fois, il ignorait ce qu'il devait répondre à ça.

-Elle se croyait supérieure à tout le monde. Elle croyait que les gens devaient la respecter, l'adorer…

-Je vois…

Non, il ne voyait rien. Et c'était bien comme ça. Il recula d'un pas, bien décidé à s'enfuir dès que l'occasion se présenterait.

-Une fille comme ça… Une fille qui s'aimait autant… s'est suicidée.

-Je ne vois pas ce que je peux faire dans tout ça. Elle avait des problèmes.

-Oui, elle avait des problèmes. Tu dois voir comment les autres maisons traitent les Serpentards.

Oui, il l'avait remarqué et qu'était-il censé faire pour ça? Devait-il faire un discours sur l'importance de travailler en équipe et d'accepter toutes les maisons? Devait-il protéger chaque Serpentard qui avait le malheur d'être pris comme souffre-douleur? Qui devait-il donc tuer pour que cette guerre soit finie?

-Je ne peux rien y faire Malfoy.

-Si Pansy… Si cette fille égoïste qui se pensait meilleure que tout le monde s'est suicidée… Que va-t-il se passer avec les autres?

Il l'ignorait et cela ne le regardait en rien. Il avait fait son travail. Il avait pris ses responsabilités. Voldemort était sa responsabilité. Chaque mort qu'il infligeait devenait un de ses morts. Chaque doloris qu'il lançait venait de sa main. Chaque vie qu'il détruisait pesait sur sa conscience. Il avait gagné cette guerre. Il avait gagné sa guerre. Celle-ci ne le concernait pas.

-Je n'en ai aucune idée Malfoy. Qui te dit qu'elle s'est suicidée à cause des autres maisons? Elle était une mangemort, peut-être a-t-elle ressenti de la culpabilité. Peut-être que la mort de ses parents lui faisait trop de mal. Peut-être… Peut-être… Il y a trop de peut-être, alors laisse-moi tranquille.

Malfoy s'approcha alors de lui et Harry s'attendait à ce qu'il lui flanque un coup de poing. Cela ne le dérangeait pas. Il avait eu bien pire dans son entrainement. Mais, le blond s'arrêta à quelques centimètres de lui avant de se mettre à genoux. Le choc lui fit avaler péniblement sa salive. Il ne venait pas de faire ça…

-Qu'est-ce que tu fous? S'exclama-t-il. N'as-tu plus aucune fierté Malfoy!

-Fierté?

Une étrange lueur s'alluma dans les yeux du Serpentard, et Harry dut se retenir pour ne pas faire une crise de panique. Respirer… se calmer… Il n'allait pas se mettre à hurler parce que Malfoy avait décidé de détruire nouvelle vie. Sa vie où il n'était qu'un type normal.

-À quoi sert-elle? Demanda lentement le blond.

-De quoi tu parles?

-Ma fierté. À quoi sert-elle? Est-ce qu'elle protège? Est-ce qu'elle aime? Est-ce qu'elle guérit? Est-ce qu'elle sauve?

-Malfoy…

Le blond se mit alors à fixer ses mains, sans véritablement les voir.

-À une époque, j'aurais été d'accord avec toi. Ma fierté ne m'aurait pas permis de me mettre à genoux devant toi. Ma fierté m'aurait ordonné de tout laisser tomber plutôt que de m'abaisser devant toi… Et qu'est-ce qu'elle m'a emmené exactement cette fierté?

Harry recula, à nouveau, d'un pas. Il ne pouvait rien faire. Il n'avait rien à faire. Ce n'était pas son problème. Ce n'était pas sa responsabilité. Il n'avait aucun pouvoir sur cette situation. Aucune prophétie n'avait dit qu'il devait sauver les Serpentards. Aucune responsabilité… Non… Il n'avait plus aucune responsabilité… Sa guerre était finie… L'éclair vert était passé et avait fauché Voldemort au lieu de lui. Tout était censé être fini.

-Alors oui, Potter… Je te supplie à genoux… de les aider… de les sauver…

-Je ne suis pas un Sauveur.

Et de quel droit Malfoy lui demandait-il une chose pareille? Quelle autorité avait-il pour l'obliger à prendre cette responsabilité? Sa vie normale l'attendait… Sa vie où son seul problème était de trouver une petite-amie pour aller à un bal ou de remettre un devoir en retard… Cette vie l'attendait… et il allait l'avoir. La mort de Pansy Parkinson n'avait rien à voir avec lui. C'était triste… très triste… il pouvait compatir. Et il compatissait sincèrement, mais cela ne le regardait en rien. Il n'avait rien fait. Il n'avait rien à faire. Le blond se redressa alors, le regardant droit dans les yeux.

-Des innocents souffrent Potter.

-Je ne sais pas de quoi tu parles.

Harry lui tourna alors le dos, bien décidé à partir. Un pas… Un autre pas… Il allait y arriver… Il allait être dans son dortoir et oublier cette foutue conversation avec Malfoy.

-Alors… tu es prêt à me sauver, mais pas à sauver des innocents? Murmura le blond.

-Tu étais un de mes innocents.

-La guerre n'est pas terminée Potter.

Avant qu'Harry puisse donner un ordre concret à son cerveau, il avait fait violemment volte-face et avait plaqué Malfoy contre le mur. Étrangement, le blond ne semblait nullement avoir peur et se contentait de le fixer de ses yeux trop clairs.

-Oui, elle est terminée. Voldemort est mort. Les mangemorts sont en prison. Mon rôle est terminé.

-Les autres maisons veulent se venger du mal que Voldemort a fait. Ils font du mal à des innocents. Il s'agit de ta responsabilité Potter, et tu le sais.

Harry le relâcha violemment comme s'il l'avait brûlé.

-Laisse-moi tranquille Malfoy.

-Je ne peux pas.

-Pourquoi!

L'un des doigts du blond se faufila jusqu'à sa nuque et, malgré lui, il se sentit frissonner. Le doigt gracile traça alors lentement la cicatrice qui se trouvait à cet endroit.

-Parce que tu es Harry Potter.

Et le brun n'avait, malheureusement, rien à répondre à ça.

À suivre…