Disclaimer: Les personnages de cette histoire ne m'appartiennent pas et appartiennent, bien évidemment, à J.K Rowling! Par contre, cette histoire m'appartient.
Message : Cette fic prend en considération jusqu'au 4ème livre d'Harry Potter.
Message de l'auteur : Merci pour toutes vos belles reviews!
The Price for our Sins
Chapitre 3
Harry aurait souhaité repousser Malfoy de toutes ses forces, malheureusement, le doigt du blond refusait d'arrêter de caresser la cicatrice qui se trouvait sur sa nuque, semblant vouloir lui rappeler ce qu'il avait fait… ce qu'il avait dû faire… La cicatrice qu'il avait eue en sauvant le Serpentard. Ses yeux se fermèrent péniblement et il recula d'un pas. Les yeux argentés ne le quittèrent pas une seule seconde bien que son doigt arrêta de toucher sa peau. Bien… c'était bien mieux ainsi. Il ne voulait plus vivre dans l'ombre d'une prophétie. Il l'avait accomplie. Il avait lancé cet éclair vert et le Seigneur des Ténèbres était tombé sur sol. Il avait fait ce que les gens attendaient de lui. « Harry Potter, le Sauveur » avait accompli sa destinée. Il était temps qu' « Harry » obtienne ce qu'il désire. Pour une fois… Pour une seule fois…
-Je ne peux pas vous aider Malfoy. Murmura-t-il.
Pourquoi est-ce que le blond continuait à le fixer de cette façon? Des yeux si clairs, sans haine ni rancune… Des yeux qui semblaient vouloir l'obliger à agir. Comme les yeux de Maugrey Fol'œil. Le regard si limpide qui lui rappelait que toutes les victimes étaient sa responsabilité. Le sang de chaque inconnu qui mourrait était sur de sa faute. Parce qu'il n'était pas assez fort, assez rapide, assez mature… Tout ce sang était de sa faute… Parce qu'il était « Harry Potter ». Il l'avait accepté. Il avait accepté toutes ces morts, les avait pris sur sa conscience. Alors, ne devait-il prendre la mort de Pansy Parkinson? Devait-il se dire que cette mort aussi était de sa faute? Non. Il n'y était pour rien. Il n'avait rien fait. Cela ne le regardait pas.
-Si tu n'agis pas Potter… d'autres personnes vont mourir.
-Ne sois pas mélodramatique. Cracha le brun. Pansy Parkinson s'est suicidée. Un meurtrier n'est pas entrain de sévir à Poudlard.
Il ne pouvait pas simplement pointer sa baguette, fixer des yeux rouges sang, et crier un sort. Il ne savait pas le nom de son ennemi. Non! Il ne s'agissait même pas de son ennemi, mais de l'ennemi des Serpentards. Ce n'était pas son problème. Ils n'avaient qu'à l'affronter tout seul. Il n'y était pour rien. Il n'était qu'un homme. Aucune prophétie ne l'obligeait à prendre chaque mort sur ses épaules. Pansy Parkinson n'était pas l'une de ses victimes. Pansy Parkinson n'était pas de sa responsabilité. Drago Malfoy devait comprendre cela.
-Si tu fais comme s'il n'y avait pas de problème Potter… Je n'ai rien à te dire.
Malfoy lui tourna alors le dos, partant calmement. Il aurait dû être soulagé. Non! Il était soulagé. Il était fou de joie. Plus aucune responsabilité. Personne ne lui dirait que chaque pleur et chaque cri étaient de sa faute. Plus personne ne lui montrerait les vidéos des victimes qui hurlaient… qui hurlaient si fort… qui hurlaient à n'en plus finir… L'envie de se boucher les oreilles était presque palpable, mais il ne le pouvait pas. Chacun de ces cris lui appartenait. Chacun de ses cris était sa responsabilité. Mais, les cris de Pansy Parkinson, les cris des Serpentards n'étaient pas de sa responsabilité. Tout cela était fini une bonne fois pour toute.
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Harry ouvrit péniblement les yeux en entendant son réveil. Il s'empressa de lui donner un coup et fut tenté, pendant quelques secondes, de se rendormir. Mais, Ron n'était pas là pour le réveiller. Il se résigna alors à se redresser et à exécuter sa routine matinale. Dès qu'il eut terminé, il partit vers la salle commune et ne fut nullement surpris en voyant qu'Hermione l'attendait de pied ferme. Les yeux marron de la jeune fille s'attardèrent quelques secondes sur lui avant de regarder autour de lui.
-Ron n'a pas dormi avec nous. Expliqua-t-il d'emblée.
Une expression de résignation se peignit sur le visage de sa meilleure amie avant qu'elle n'hoche la tête. Harry aurait voulu pouvoir dire quelque chose de réconfortant. Peut-être que Zabini n'était pas véritablement important pour Ron, qu'il représentait une cause plutôt qu'un individu, mais il savait que cela ne rendrait pas plus heureuse la Griffondore. Merlin tout puissant… que devait-il faire pour qu'Hermione retrouve le sourire? Après la guerre… Après l'éclair vert… Après la mort… tout était censé bien aller. Tout était censé devenir parfait. N'était-ce pas ce qu'il s'était dit quand il désirait tout abandonner? Alors pourquoi… Des yeux gris apparurent brièvement dans son esprit et il faillit pousser un grognement. Il n'allait pas perdre son temps à penser à Malfoy. Cette histoire ne le concernait pas.
-Il est probablement dans la chambre privée de Zabini, nous devrions aller le chercher non?
Hermione hocha lentement la tête, essayant d'avoir l'air moins dévastée. Harry n'avait même pas la force de faire un faux sourire. Il se contenta de passer un bras autour des épaules délicates. Rajoutait-il un poids supplémentaire en faisant cela? Faisait-il encore plus mal à Hermione en essayant de la réconforter? Il pouvait comprendre, dans une certaine mesure, les raisons pour lesquelles Ron semblait refuser catégoriquement de laisser Blaise Zabini seul. Personne ne pouvait deviner ce que le mulâtre ferait s'il se retrouvait sans surveillance. Après ce qu'il avait vécu… Après les heures de torture… Harry pouvait encore entendre ses cris et il n'avait pas le droit de se boucher les oreilles. Sa responsabilité.
Ils arrivèrent devant la chambre de Zabini et Harry murmura le mot de passe. Hermione lui lança un regard interloqué et le brun se contenta d'hausser les épaules. Il avait entendu Ron le dire une fois dans sa vie, et il l'avait retenu voilà tout. Le portrait les laissa passer sans rien dire et Harry pénétra dans la chambre. Aussitôt, son cœur s'arrêta dans sa poitrine et il ne put que se tourner lentement vers Hermione qui s'était figé à ses côtés. Ron et Zabini étaient couchés dans le même lit. Si seulement le spectacle s'arrêtait là… La tête du mulâtre était posée sur l'épaule de son meilleur ami et une de ses mains étaient accrochées à son chandail. Le bras de Ron était enroulé contre sa taille et il ne semblait nullement troublé par leur position. Il se tourna vers Hermione, une dizaine d'excuses sur le bout des lèvres. Ils dormaient, tout simplement. Ils ne réalisaient pas leur position. Ron ne la quitterait pas. Tout le monde savait qu'ils finiraient ensemble. C'était l'évidence même. Elle n'avait pas à s'inquiéter. Elle n'avait surtout pas à pleurer. Il se mordit férocement la lèvre inférieure, sachant pertinemment qu'aucun mot ne réussirait à la consoler. De toute façon, il ne savait pas mentir.
-Ron. Déclara-t-il. Réveille-toi.
Dans une autre vie… Dans une autre époque… Ron ne se serait pas réveillé à cause d'un simple murmure, mais Maugrey Fol'œil avait tout changé… Les yeux bleus s'ouvrirent durement et lui lancèrent un regard noir. Harry lui répondit de la même façon. Ron pencha alors la tête en direction de Zabini et poussa un long soupir.
-Ne le réveillez pas. Murmura-t-il.
Harry fut tenté de faire encore plus de bruits afin de réveiller le Serpentard, mais il savait que ce n'était pas de sa faute. Ses yeux se posèrent sur Hermione qui essayait vainement de garder une mine impassible. Il ignorait qui était l'ennemi. Il ignorait qui il devait haïr. Il ignorait même s'il était censé détester quelqu'un. Avant l'éclair vert, il savait qui il devait détruire… qui était la personne qu'il devait exterminer, mais maintenant… maintenant, il ne savait plus du tout. Il se passa une main sur le visage, essayant de reprendre ses esprits. Il n'y avait plus d'ennemis. Il n'y avait plus de problèmes. Ils avaient gagné la guerre.
-Les cours commencent dans moins d'une heure. Fit remarquer Hermione, faisait visiblement un effort pour ne pas montrer sa douleur. Il devrait…
-Hum…
Zabini ouvrit lentement ses yeux vert pâle et Harry ne put qu'observer stupidement la scène qui se déroula devant lui. Le regard de Ron ne quitta pas, pendant une seule seconde, le visage du Serpentard qui se redressa péniblement tout en passant une main exténuée dans sa chevelure bouclées.
-Pourquoi êtes-vous dans ma chambre? Demanda le Serpentard.
-Nous sommes venus chercher Ron, pour le petit-déjeuner. Expliqua Hermione.
Le mulâtre observa pendant quelques secondes la brunette avant de pousser faiblement Ron, lui faisant clairement signe de partir de son lit.
-Tu as entendu Granger. Va déjeuner. Ordonna Zabini.
-Ça s'applique aussi à toi. Rétorqua Ron.
-J'ai mal à la tête. Je vais dormir un peu.
Les sourcils de Ron se froncèrent dangereusement alors que le mulâtre se laissait tomber sur son lit, la tête première dans son oreiller.
-Lève-toi.
-Je veux dormir. Laisse-moi tranquille.
La lueur qui s'alluma dans les yeux de son meilleur ami ne lui dit rien qui vaille. En moins d'une minute. Ron se leva et saisit Zabini à bras-le-corps, le balançant sur son épaule sans ménagement.
-Nous allons vous rejoindre dès que nous serons présentables. Déclara le roux. À tout à l'heure.
-Je ne la trouve vraiment pas drôle Weasley! Grogna le mulâtre.
-Est-ce que j'ai l'air d'un clown?
Harry entendit le bruit d'une toile qui s'ouvrait et se tourna à temps pour voir Hermione partir presqu'en courant. Il la suivit rapidement et eut à peine le temps de la voir dans le couloir, le corps plié en deux et la respiration haletante. Il la rejoignit en deux enjambés et posa les mains sur ses épaules.
-Hermione… Commença-t-il.
-Ce n'était pas censé être comme ça, pas vrai? Souffla-t-elle. Ce n'était pas censé se terminer de cette façon…
La vie après Voldemort était censée être… Ses yeux se fermèrent douloureusement et il les rouvrit aussitôt.
-Il est celui qui l'a trouvé. Expliqua-t-il.
-Je le sais.
-Il l'a trouvé en sang, en larmes… Tu sais ce qu'ils lui ont fait. Tu ne peux pas en vouloir à Ron d'avoir peur pour lui.
-Je ne lui en veux pas.
Elle éclata alors de rire, mais celui-ci n'avait rien de joyeux. Les mots… les bons mots… Il n'avait appris que le « aveda kedavra »… Ces mots étaient censés régler tous les problèmes… Après avoir dit ces mots, la vie allait redevenir normale… La guerre serait terminée… Ils seraient enfin heureux. « Aveda Kedavra »… « Aveda Kedavra »…
-Je n'arrive pas à croire que je réagis comme ça. Souffla la brunette. C'est tellement stupide. Je suis tellement ridicule.
-Tu n'es pas ridicule. Tu es…
Amoureuse, voilà tout. Et Ron? À une époque, il aurait pu jurer que le roux ressentait la même chose. Pendant l'entrainement, il n'avait pas osé dire quoi que ce soit, mais après la guerre… après la guerre tout changerait.
-Et je ne devrais pas être aussi triste parce qu'il décide de passer tout son temps avec Zabini. Surtout quand je sais ce qu'il a vécu… ce qu'ils lui ont fait… Je sais tout ça, alors pourquoi…
-Nous n'avons plus à nous sacrifier. Nous n'avons plus à sauver personne.
Hermione leva alors un sourire triste dans sa direction.
-Je ne pense pas que nous ayons le choix.
« Parce que tu es Harry Potter. »
À suivre…
