Disclaimer: Les personnages de cette histoire ne m'appartiennent pas et appartiennent, bien évidemment, à J.K Rowling! Par contre, cette histoire m'appartient.

Message : Cette fic prend en considération jusqu'au 4ème livre d'Harry Potter.

Message de l'auteur : Merci à ceux qui prennent le temps de reviewer! Je vous adore ^^! Je suis vraiment désolée pour le retard, mais j'étais partie en vacances (Jamaïque !) pour une semaine et quand je suis revenue j'étais vraiment malade… Mais, me voici de retour!

The Price for our Sins

Chapitre 4

Harry fixa sans véritablement le voir Rogue entrain d'écrire au tableau. Il connaissait déjà cette potion. Il connaissait déjà ses effets sur le corps humain et les dangers qu'elle pouvait engendrer si elle était mal préparée. Il savait déjà cela… Alors, il ne pouvait qu'écouter les murmures autour de lui. Les murmures concernant Pansy Parkinson, concernant les aurors qui n'arrêtaient pas de poser des questions, concernant l'embryon qui se trouvait dans son ventre… Tellement de questions qui l'obligeaient à penser à Malfoy. À penser aux paroles qu'il n'avait aucune envie d'entendre.

« Parce que tu es Harry Potter. »

Combien de fois Maugrey lui avait-il répété cela? Il était l'élu, le Sauveur, le Survivant… Celui qui lancerait l'éclair vert et qui arrangerait tout. Celui qui emmènerait les jours heureux. Le seul espoir du monde sorcier. Ses dents se crispèrent l'une contre l'autre alors que ses oreilles se mettaient à bourdonner. Le Sauveur, le Sauveur, le Sauveur… Ne jamais oublier… Ne jamais oublier… Chaque mort se trouvait sur sa tête. Chaque mort était de sa faute. Chaque viol, chaque blessure, chaque pleur, chaque douleur… Tout était de sa faute. Il ne devait jamais devenir insensible. Il ne devait jamais oublier… Parce qu'il était le seul qui pouvait arrêter cela. Le seul… Le Survivant… Mais, après… après tout cela finirait. Il serait enfin heureux et en paix. Après l'éclair vert…

-Monsieur Potter, qu'est-ce que je viens de dire? Demanda glacialement Rogue, les yeux plissés.

-Je l'ignore.

Quelque chose dans son regard semblait avoir touché son professeur, puisque celui-ci se contenta de laisser échapper un reniflement dédaigneux avant de se tourner vers un autre élève. Chaque cri… tellement de cris… tellement de vidéos avec tellement de cris…

Harry savait qu'il devait regarder. La seule chose qu'il avait osé détourner le regard, Maugrey lui avait lancé un sort afin que ses yeux ne se détournent plus jamais de l'écran. Il pouvait voir… Il pouvait tout voir… Un autre homme… Encore, un autre homme… Comment était-ce possible? Comment un autre homme pouvait encore se mettre sur Zabini? Le pénétrer de cette façon? Encore… encore… des hurlements… du sang… des hurlements… du sang… La vidéo s'éteint brusquement, et Maugrey se mit devant lui, son œil magique virevoltant dans tous les sens et pourtant semblant percer son âme plus efficacement qu'une épée.

-Il s'agit de la deuxième semaine… la deuxième semaine que ce garçon est entrain de se faire tuer. N'oublie jamais, Potter. N'oublie jamais qu'il attend que tu viennes le sauver. Mais, tu ne peux pas le sauver en ce moment, pas vrai?

-Je n'y arrive pas.

Maugrey frappa brusquement la télévision, mais le corps d'Harry restait impassible. Il n'y arrivait pas. Il ne savait pas comment y arriver. L'aveda Kedavra semblait refuser de sortir de sa baguette. Pourquoi refusait-il donc de sortir? Il n'aurait su le dire… Il ne sortait pas… Il ne sortait pas… Comment pouvait-il vaincre Voldemort sans ce sort? Comment pouvait-il tous les sauver s'il n'arrivait pas à exécuter un simple sort? Un sort que même le plus faible des mangemorts pouvait exécuter.

-Tu penses que je ne sais pas pourquoi tu ne peux pas lancer ce sort Potter?

-Pourquoi?

-Tu penses que je ne sais pas de quoi tu as peur?

Peur? Il n'avait pas peur.

-Je n'ai pas peur de mourir.

Maugrey laissa échapper un rire amer qui le fit trembler intérieurement alors que son visage restait sans émotion.

-Potter… Les gars comme nous n'ont jamais peur de la mort. Cette peur a été remplacée par autre chose.

-Par quoi donc?

-Tu sais déjà par quoi.

Harry cligna soudainement des yeux en voyant que tout le monde commençait à ranger leurs livres. Le cours était déjà terminé. Seigneur… Il n'avait absolument rien écouté. Hermione lui lança un regard éloquent, et il se mit à ranger ses affaires.

-Monsieur Potter, restez ici.

Il savait que c'était trop beau pour être vrai. Après tout, Rogue ne pouvait jamais le laisser tranquille. Il était le fils de l'homme qu'il détestait le plus au monde. Comment pouvait-il passer une seule journée sans le torturer ou l'accuser de quelque chose? Hermione lui envoya un sourire encourageant alors que Ron sortait de la classe, semblant n'avoir un but précis en tête. Il pouvait très facilement deviner quel était ce but. Rogue lui fit signe de s'asseoir devant lui, et il s'exécuta de mauvaise grâce.

-Alors, que se passe-t-il exactement Monsieur Potter? Quel acte héroïque comptez-vous donc accomplir qui vous préoccupe à ce point?

-J'ignore de quoi vous parlez Professeur.

-Oh? Mademoiselle Parkinson s'est suicidée. J'aurais pensé que le vaillant et preux Griffondor que vous êtes…

-Elle s'est suicidée, Professeur. Je ne peux rien y faire.

Il ne pouvait rien faire. Cela ne le concernait en rien. Elle s'était suicidée. Elle s'était suicidée et lui n'y pouvait rien. Peu importe ce que Malfoy lui disait. Les Serpentards n'avaient jamais été des petites bêtes inoffensives. Ils pouvaient se défendre. Ils n'avaient pas besoin de lui. Plus personne n'avait besoin de lui. La guerre était terminée.

-Elle a été violée, Monsieur Potter.

Son cœur s'arrêta dans sa poitrine alors que son visage restait lisse de toutes expressions. Comme Zabini, comme Patil, comme Helga, comme Maude, comme Martin, comme… Il pouvait réciter chaque nom auparavant… Ses morts… Ses victimes… Ses responsabilités. Il avait perdu un œil. Elle avait perdu une jambe. Il avait été brûlé vif. Elle avait été noyée. Il avait… Mais, Parkinson… Parkinson n'avait rien à voir avec lui.

-Pourquoi vous me dites ça? Demanda lentement Harry.

-Ils découvriront l'identité du violeur grâce au fœtus. Ce n'est qu'une question de temps.

-Pourquoi vous me dites ça?

-Et que se passera-t-il lorsque l'identité de celui-ci sera révélée?

-Je ne sais pas.

Les yeux gris-mauve se posèrent durement sur lui. Le regard identique à celui que Maugrey lui envoyait lorsqu'il ne répondait pas correctement à la question. Pourquoi est-ce que les mangemorts envoyaient ces vidéos? Pourquoi utilisaient-ils du matériels moldus? Pourquoi avaient-ils choisi lui plutôt qu'un autre? Pourquoi… Pourquoi… Pourquoi… Tellement de pourquoi, et sa tête menaçait d'exploser.

-Le chaos, Monsieur Potter. Et que ferez-vous pendant ce chaos?

-Les professeurs s'occuperont de tout ça.

La responsabilité de quelqu'un d'autre. De n'importe qui d'autre, mais pas de lui. Plus jamais… Il voulait simplement dormir… dormir sans avoir à entendre des hurlements… sans avoir à se rappeler que tout était de sa faute… sans prier pour que l'éclair vienne apparaisse enfin au bout de sa baguette… C'était terminé. Tout cela était enfin terminé. Il avait gagné sa guerre, les autres ne le concernaient pas.

-Qu'est-ce qui vous est arrivé Potter?

Harry n'osait même pas le regarder dans les yeux. Rien d'extraordinaire. Il n'avait pas été torturé ou violé. Il n'avait pas perdu une personne chère à son cœur, hormis ses parents lorsqu'il était bébé. Rien ne lui était arrivé. Il avait gagné la guerre. Il avait gagné la guerre, mais rien ne lui était arrivé.

-Rien.

-Je sais que plusieurs personnes ont été tuées pendant la guerre, mais…

-1627 personnes.

-Quoi?

-1627 personnes.

Rosa White, Martin Stuart, Joanne Saint-Jean, Theodore Nott, Cassius Verlan, Margareth Snow… Il pouvait nommer chaque nom de toutes ces personnes. Les gens croyaient qu'il n'avait pas de mémoire. Faux. Il pouvait se rappeler d'eux… Il pouvait se rappeler de chacun d'entre eux. Chaque nom… Chaque mort qui se trouvait sur ses mains… sur son corps… sur son âme…

-Que vous est-il arrivé pendant la guerre, Monsieur Potter?

-Rien Professeur.

-Monsieur Potter…

-Sans vouloir vous offensez, Professeur Rogue, pourquoi me posez-vous toutes ces questions? Depuis quand en avez-vous quelque chose à faire de ce qui m'arrive?

Une expression grave se forma sur le visage du métis, et Harry fut tenté de soupirer de plus belle. Il voulait partir. Il n'avait rien à faire ici. Pansy Parkinson s'était fait violer. Il comprenait ce que cela voulait dire. Il l'avait vu… encore et encore…

-Depuis que le viol d'une camarade de classe ne vous fait ni chaud ni froid.

-Qu'est-ce que Rogue attendait de lui? Qu'il se jette par terre et qu'il s'arrache les cheveux? Il l'avait déjà fait… Il avait déjà fait tout ça…

-C'est la première fois qui est la pire.

-Excusez-moi?

-La première fois est toujours la pire.

Oui, la première fois qu'il avait vu une personne se faire violer… La première fois qu'il avait entendu des cris et des pleurs. La première fois qu'il avait regardé, impuissant, une jeune femme se faire salir de cette façon… Oui, la première fois était la pire, mais Maugrey lui avait rapidement mis les idées en place.

-Je n'ai pas le droit de pleurer pour elle.

-Pourquoi donc?!

-Parce que j'oublie sa douleur et je ne m'intéresse qu'à la mienne. Mes pleurs, mes sanglots, ma peine, tout cela me fait oublier son existence à elle. C'est sur elle que je dois porter mon attention. C'est elle qui a souffert. Je n'ai pas le droit de pleurer.

-Mais, la douleur de Pansy Parkinson ne le concernait pas. Il avait tué la personne qui avait infligé de la douleur à ses victimes.

-Ceux qui pleurent et qui hurlent… Combien de temps hurlent-ils? Pleurer enlève de l'énergie. Il ne reste plus d'énergie, après ça, pour combattre et défendre. Pleurer ne sert à rien.

Il se leva alors de sa chaise, fixant impassiblement Rogue qui semblait en état de choc. Hé bien… s'il avait cru qu'un jour il réussirait à choquer Rogue…

-Est-ce que je peux partir, Professeur?

-Oui.

Il ne prit même pas la peine de faire un signe de main avant de sortir de la pièce. La mort de Pansy Parkinson ne le concernait pas. Sa mort n'avait rien à avoir avec lui, et les gens avaient intérêt à le comprendre un jour. Ce ne fut que lorsqu'il tomba nez à nez avec Drago Malfoy qu'il réalisa que le blond avait probablement tout entendu de sa conversation avec Rogue. Il leva un sourcil perplexe en direction du Serpentard qui se contentait de le fixer de ses yeux gris indéchiffrables.

-Malfoy. Salua-t-il calmement, bien décidé à dépasser le blond et à ne pas lui parler plus que nécessaire.

-Je sais qui a fait ça.

Malgré lui, il ne put s'empêcher de lui poser la question.

-Qui a fait quoi?

-Qui a violé Pansy.

À suivre…