Disclaimer: Les personnages de cette histoire ne m'appartiennent pas et appartiennent, bien évidemment, à J.K Rowling! Par contre, cette histoire m'appartient.
Message : Cette fic prend en considération jusqu'au 4ème livre d'Harry Potter.
Message de l'auteur : Merci à ceux qui prennent le temps de reviewer! Je vous adore ^^!
The Price for our Sins
Chapitre 6
Blaise Zabini essayait vainement d'ignorer le regard perçant de sa psychologue. Madame Anne Thomas ne laissait rien passer et la moindre expression qu'il avait le malheur de laisser filtrer risquait de la faire l'attaquer. Il se fichait bien que les gens appellent cela de "l'aide" ou de la "thérapie". Il se sentait agressé dès que cette femme ouvrait la bouche. Avec ces foutues questions auxquelles il ne désirait nullement répondre. Ne pouvait-elle pas voir qu'il n'avait aucune envie de lui parler?
- As-tu parlé à ton père depuis la dernière fois que nous nous sommes vus?
- Nous nous sommes vus il y a quatre jours.
La lueur qu'il détestait tant s'alluma dans le regard noisette, et il essaya vainement de ne pas grimacer. Qu'espérait-elle exactement? Qu'il parle à son père tous les putains de jours? Il n'avait pas le temps pour ça. Son père était occupé et lui était… saoul ou essayait désespérément d'être saoul. Et surtout d'oublier. De tout oublier. Alors oui, il était franchement occupé. Son père était bien le cadet de ses soucis.
- Auparavant, ton père et toi, vous vous parliez tous les jours, non?
Pourquoi devait-elle faire semblant de poser des questions? Elle connaissait déjà la réponse. Oui… Il savait pourquoi… Il devait prendre l'initiative de parler, de s'ouvrir, de dévoiler son âme à une femme qu'il ne connaissait pas. Perte de temps. Il n'avait pas d'âme à dévoiler. Il n'avait pas traumatisme profond à travailler. Il savait ce qui lui était arrivé. Il savait pourquoi cela lui était arrivé. Alors pourquoi était-il là? Il n'avait pas envie suicidaire. Il ne se mutilait pas. N'était-il pas le calme et la sérénité réincarnés. Il dut retenir un sourire. Anne Thomas écrivait chaque expression qui traversait son visage et les rapportait à son père. Il n'avait pas besoin que son père vienne le voir afin de lui donner un sermon. En fait, il n'avait nullement besoin de le voir tout court.
- Oui. Nous nous parlions tous les jours, mais j'ai grandi maintenant.
- Est-ce que tu penses que cette expérience t'a fait grandir?
Cette fois-ci, un sourire moqueur se forma sur ses lèvres. Comment n'aurait-il pas grandi en ayant vécu ce qu'il avait vécu. Toute sa vie avait changé en un instant… un moment… À cause du garçon qu'il croyait aimer, à cause de sa stupidité, à cause de son père… Non. Il se trompait encore. Il s'en était déjà parlé pourtant. Tout cela était arrivé parce que la guerre se déroulait voilà tout. Il n'était qu'un dommage collatéral. Un moyen de pression pour que son père cède aux exigences des mangemorts.
- Elle m'a changé.
- En quoi?
- En tout.
- Pourrais-tu être plus précis?
Il avait compris que l'importance qu'il croyait avoir n'existait pas. Il n'était que… Il n'était pas si important que cela voilà tout. Au départ, il avait supplié, pleuré, espérant ainsi que ses tourmenteurs le laissent enfin en paix. Mais, il avait tout faux. Ce n'était pas ses pleurs et ses cris qui avaient de l'importance. Lui n'avait pas d'importance. Il n'était qu'un objet qui permettait d'atteindre un but. Ses yeux se perdirent dans le vide alors qu'Anne continuait à le fixer.
- J'ai réalisé que ça n'en valait pas la peine.
- Qu'est-ce qui n'en vaut pas la peine?
- Tout.
- Penses-tu au suicide Blaise?
Elle ne comprenait rien. Personne ne comprenait jamais rien. Le suicide? Pourquoi faire? N'avait-il pas entendu quelque part que le suicide était un appel à l'aide? Que ceux qui se suicidaient chercher un endroit meilleur? Lui ne cherchait rien. Et il n'avait pas besoin d'aide, parce qu'il avait comprit. Il avait comprit que l'aide ne viendra pas. Pas pour lui. Il ne serait qu'une arrière pensée sans importance. Les gens ne pensaient toujours plus importants qu'ils ne l'étaient réellement. Était-ce pour se sentir mieux? Ridicule. Il aimait sentir le vide. Le vide était beaucoup mieux que la colère, la haine et le désespoir. Il préférait avoir être l'impression d'être à l'extérieur de lui-même plutôt qu'en lui-même. De toute façon, il n'y avait rien de si extraordinaire à l'intérieur de lui.
- Non.
- Pourquoi n'as-tu pas contacté ton père, Blaise?
- Parce que je suis occupé. Il devrait comprendre, mieux que quiconque. N'est-il pas toujours occupé?
Anne pencha légèrement la tête sur le côté, le fixant de son regard qui semblait lire à son âme. Quelle perte de temps. Mais bon… certaines personnes étaient prêtes à tout pour de l'argent.
- Est-ce que tu penses qu'il était trop occupé pour te sauver?
Blaise roula alors des paupières.
- Il n'était pas trop occupé. Il ne voulait pas se laisser marcher sur les pieds.
- Que veux-tu dire?
- Vous connaissez l'histoire. Tout le monde connait l'histoire.
- Raconte-la-moi.
Le mulâtre détourna alors le regard, essayant d'apercevoir le ciel de la petite fenêtre du Docteur Thomas.
- Mon père est devenu Ministre de la Justice pour ma mère, pour l'honorer. Elle est morte.
- Pourquoi pensait-il que devenir Ministre de la Justice honorerait ta mère?
- Parce qu'elle est morte à cause de l'ancien Ministre. Durant la première guerre…
Il ferma douloureusement les yeux avant de baisser la tête afin de voir l'heure sur sa montre. Un sursaut de plaisir le traversa en voyant que l'heure de sa thérapie était terminée. Enfin… il pouvait enfin sortir de ce bureau et oublier que Blaise Zabini existait. Il pourrait enfin boire. Cela l'aidait toujours à sortir de lui-même. Oublier sa propre importance. Sa propre insignifiance. Il se leva lentement, sachant pertinemment qu'Anne Thomas observait le moindre de ses gestes.
- C'est fini. Au revoir.
- À dans deux jours, Blaise.
Le Serpentard hocha la tête, espérant silencieusement que Weasley ne se trouvait pas derrière cette porte à l'attendre. Ne pouvait-il pas avoir la paix? N'avait-il pas le droit de boire? Était-il censé avoir un autre rôle? Une autre fonction? Il ouvrit la porte et fit une grimace explicite en voyant le roux. Celui-ci avait les mains enfouis dans ses poches et regardait intensément le sol, semblant y chercher des réponses. Blaise savait pertinemment que le rouquin était toujours assez réveillé pour ne pas manquer sa présence. Il eut à peine le temps de pousser un soupir que Weasley se tournait vers lui, lui lançant un regard éloquent.
- Va-t-en. Ordonna aussitôt Blaise.
Comme d'habitude, Weasley fit comme s'il ne l'entendait pas, se contentant de s'approcher de lui, les mains toujours dans les poches. Le Griffondor s'arrêta alors en face de lui, observant attentivement son visage.
- Comment est-ce que tu sais quand je rencontre le Docteur Thomas? Siffla le mulâtre.
- De quoi vous avez parlé?
- Ce n'est pas ton problème.
Il savait déjà que les mains de Weasley allaient se poser sur ses épaules, l'obligeant ainsi à rester en place. À rester dans son corps. Blaise se contenta de lever un regard furibonde sur le Griffondor, espérant silencieusement qu'il allait disparaitre. Il savait que son vœu finirait par se réaliser, tout le monde finissait par disparaître. La main droite de Weasley se posa soudainement sur sa joue, la caressant doucement.
- Tu n'as pas l'air d'aller bien. Fit remarquer le roux.
- Tu ne me connais pas.
- De quoi avez-vous parlé? De ton père?
- Pourquoi pas de mes viols? N'est-ce pas pour cela que tu es là?
Une lueur de rage traversa le regard bleu, mais Blaise le connaissait suffisamment pour savoir qu'il ne le toucherait pas. Weasley n'osait jamais le toucher. Après tout, il n'était pas "Blaise Zabini" pour ce type, mais bien "Victime méritant d'être protégée". Personne n'oserait toucher une victime comme lui.
- Arrête d'agir comme un enfoiré
- Est-ce que je pourrais agir comme une personne saoule? Parce que c'est ça que j'ai envie de faire.
- Non.
Blaise repoussa violemment la main qui se promenait sur sa joue avant de commencer à marcher. Foutu Weasley.
()
Harry regardait le plafond de sa chambre sans véritablement le voir. Sa dette n'était pas payée. Son poing se crispa contre ses draps et il ne cilla même pas en sentant ses ongles lui entrer dans la peau. Il avait encore une dette à payer. Il devait encore sauver. Il devait encore donner. Il ne pouvait pas oublier. Chaque nom… Chaque nom… Pansy Parkinson faisait partie de ses noms, à présent. Était-ce ce qu'il était censé croire? Censé accepter? Sans même rechigner une seule seconde? Voldemort et lui étaient liés par un lien qui ne pouvait être détruit. Ce qui était à l'un était à l'autre. Ce qu'un avait pris, l'autre devait payer. Voldemort prenait les vies, et Harry devait en payer le prix. Chaque cri… Chaque pleur… Sa tête allait exploser. Il ne pouvait pas… pas encore… l'éclair vert était supposé… Son âme allait exploser… Tout allait exploser. Combien de temps allait-il devoir payer avant que sa vie ne lui appartienne. Quelqu'un entra brusquement dans sa chambre, l'obligeant à lever les yeux. Il se contenta de pousser un soupir en voyant Hermione. Sa meilleure amie s'approcha alors de lui et s'assit sur son lit, le fixant étrangement.
- Qu'est-ce qui se passe? Tu n'es pas venu au diner? Demanda-t-elle d'une voix sourde. J'étais inquiète.
- Ron…
- Ron n'est jamais là.
Était-ce sa faute, cela aussi? Aurait-il dû être la personne qui avait sauvée Zabini? Est-ce qu'ainsi Ron et Hermione seraient ensemble? Jusqu'où sa dette irait-il? Allait-il devoir perdre tout ce qu'il possédait afin de pouvoir…
- Qu'est-ce qui se passe, Harry?
- Pansy Parkinson est morte à cause de Voldemort.
Les yeux de sa meilleure amie s'écarquillèrent avant qu'elle ne secoue doucement la tête.
- Non. Elle est morte à cause de la haine.
- Voldemort…
- La haine existait bien avant Voldemort.
Harry ferma de nouveau les yeux tandis qu'Hermione posait une main délicate sur son épaule. Elle était morte à cause de la guerre. Elle était morte parce qu'il n'avait rien fait pendant des mois. L'éclair vert devait tout régler. Ce n'était qu'un mensonge… Comment avait-il pu être aussi aveugle?
- Tu n'étais pas obligé de la défendre, Harry.
- J'aurais pu faire quelque chose.
- Tout le monde aurait pu faire quelque chose. Ce n'est pas de ta faute.
- Voldemort…
- Tu n'es pas le Seigneur des Ténèbres. Il a commis ses crimes dégoûtants, tu en as déjà assez fait Harry.
- Hermione… Qu'est-ce que je dois faire… Dis-moi ce que je dois faire pour ne plus avoir de sang sur les mains…
Ses paupières se serrèrent l'une contre l'autre alors que son corps se crispait. Pleurer ne servait à rien. S'énerver ne servait à rien. Le désespoir emmenait encore plus de désespoir. S'il se laissait aller à la douleur, cela voulait dire qu'il ne pouvait plus aider personne. Il ne devait jamais l'oublier.
- La seule chose que tu peux faire c'est arrêter de penser que tu as du sang sur les mains. Tu n'as pas à ressentir de la culpabilité.
- Je dois les sauver.
- Non, Harry. Tu ne dois rien. C'est ton choix. Ce n'est pas un devoir.
Sa meilleure amie se saisit alors de ses joues, l'obligeant à la regarder droit dans les yeux.
- Tu aides les Serpentards, si et seulement si tu le veux bien. Tu n'as aucune obligation envers eux.
- Hermione…
- Harry. Tu ne peux sauver personne, si tu ne peux pas te sauver, toi-même.
Les yeux marrons le fixaient intensément, semblant vouloir faire clairement passer un message.
- Tu as le droit de ne rien faire.
- Ce n'est pas vrai.
- Si ce fardeau est trop lourd pour tes épaules, laisse-le avant de te faire écraser, parce que, tu sais quoi?
Ses mains se durcirent sur son visage.
- Parce que tu mourras et tu laisseras tout le monde tomber. Ça ne sert à rien d'essayer de les aider, si tu ne penses pas être en mesure de le supporter. Si tu craques, tu risques de faire plus de mal que de bien. Alors réfléchis-y attentivement avant de prendre une décision.
- Malfoy a dit…
- Malfoy ne te connait pas. Moi, je te connais. Je sais ce que tu es Harry.
Le brun posa alors ses mains sur celles de sa meilleure amie.
- Qu'est-ce que je suis Hermione?
- Tu es un humain, Harry. Avant d'être un héro. Tu es un humain.
À suivre…
