Disclaimer: Les personnages de cette histoire ne m'appartiennent pas et appartiennent, bien évidemment, à J.K Rowling! Par contre, cette histoire m'appartient.
Message : Cette fic prend en considération jusqu'au 4ème livre d'Harry Potter.
Message de l'auteur : Merci infiniment pour vos belles reviews! Cela fait toujours énormément plaisir!
Chapitre 10
Harry s'obligea, pour la première fois depuis son retour à Poudlard, a véritablement regardé ce qui se passait autour de lui. Il devait se concentrer à présent, observer chaque minuscule détail qui se déroulait autour de lui. Ses yeux se posèrent sur un groupe de Griffondors qui entrainait une jeune Serpentarde dans un coin sombre. Sans rien dire à Hermione, il se dirigea vers le groupe. Un des Griffondors murmurait quelque chose à l'oreille de la Serpentarde qui se mit tout de suite à trembler. Harry n'avait pas besoin davantage pour agir. Il empoigna violemment le Griffondor par la gorge et le plaqua sans ménagement contre le mur. Les autres Griffondors le fixaient comme s'il venait de perdre la tête alors que la Serpentarde le regardait en ouvrant la bouche.
- Qu'est-ce qu'il t'a dit? Demanda-t-il à la Serpentarde sans la regarder.
Le Griffondor, qui semblait avoir deux ans de moins que lui, essayait vainement d'enlever sa main de sa gorge et gigotait comme un imbécile dans sa poigne. Harry ne le quittait pas des yeux.
- Il m'a dit… Murmura la Serpentarde. Il m'a demandé si je savais ce qui était arrivé à Pansy Parkinson… Il m'a demandé si je voulais que la même chose m'arrive…
Le Griffondor continuait à gigoter dans sa poigne, mais ses amis ne réagissaient pas, semblant complètement tétanisés par sa présence.
- La prochaine personne qui fait un commentaire comme celui-ci… aura à faire à moi.
Il relâcha alors le jeune Griffondor qui tomba sur le sol, la respiration haletante. Aussitôt, ses amis se précipitèrent vers lui, l'aidant à se relever.
- Harry Potter… Souffla l'un des jeunes. Sa mère… Sa mère était Joanna Black.
Il savait très bien qui était Joanna Black. Il savait qu'elle avait torturé sans le moindre scrupule plusieurs sorciers innocents. Les yeux de la Serpentarde se remplirent d'eau tandis que le regard d'Harry ne la quittait pas.
- Il s'agit de mon premier avertissement. Commença calmement Harry. La prochaine fois, je ne serai pas aussi amical.
- Tu m'as presque étranglé! S'indigna le Griffondor qui semblait avoir retrouvé sa respiration.
- Et la prochaine fois j'écraserai ton larynx.
Ses yeux se posèrent brièvement sur le jeune homme qui venait de devenir aussi blanc qu'un drap. Il espérait qu'il réalisait qu'il ne plaisantait pas du tout. Il aurait été facile pour lui de lui briser la nuque, mais ce garçon n'était pas un mangemort. Il devait s'en souvenir. Il n'avait pas besoin de tuer qui que ce soit. Il pouvait se contenter de leur faire peur.
- Dégagez. Ordonna Harry.
Le petit groupe partit aussitôt en courant et le brun tendit la main à la jeune fille qui le fixait avec ses grands yeux bleus. Elle lui prit la main et ses doigts tremblaient de peur.
- Tout va bien. Ils ne te feront pas le moindre mal.
Elle laisse échapper un léger gémissement de peine avant d'éclater en sanglots, s'écroulant sur sa poitrine. Le corps d'Harry se raidit aussitôt alors qu'une odeur de sang lu montait aux narines. Il n'y avait pas de sang… Il n'y avait pas de sang… Il l'avait sauvé avant que le sang ne soit versé…
- Merci… Merci…
- Est-ce que tu veux que je t'emmène à l'infirmerie?
Elle fit un léger "oui" de la tête, et Harry obtempéra sans se faire prier. Il devait les aider. Il s'agissait de son marché. Il s'agissait de son devoir, de sa destinée. Il devait être là pour eux. Une personne de sauver… pas de victime… elle avait été sauvée.
()()
Blaise essaya vainement de garder les yeux ouverts alors que le professeur McGonagall parlait de quelque chose. Il n'aurait su dire de quoi il s'agissait. Il s'en fichait de toute façon. À quoi cela lui servait-il d'apprendre ces choses? Il n'allait jamais travailler de toute sa vie. Il ne voulait pas de pouvoir ni de gloire. Il voulait simplement s'enfermer dans un appartement et ne plus jamais en sortir. Il voulait de l'alcool et ne plus se souvenir de quoi que ce soit. Parfois, il se demandait si ce n'était pas mieux de se lancer un sortilège d'oublie. Ainsi, il pourrait peut-être continuer sa vie… et se faire kidnapper à nouveau pour être torturé afin que son père cède… bien qu'il ne cèderait jamais, il était bien trop honorable pour cela.
- Monsieur Zabini, pouvez-vous répondre à la question?
Le mulâtre leva la tête pour croiser le regard sévère de McGonagall. Pas si sévère que cela en fin de compte. Comment quelqu'un aurait-il pu être sévère avec lui après ce qu'il avait traversé? Il n'était qu'une pauvre petite victime… un bien endommagé… une chose fragile qui pouvait bien se permettre de craquer si elle en avait envie. Et c'est ce qu'il allait faire avec plaisir.
- Je ne peux pas y répondre.
- Essayez.
- Je ne veux pas essayer.
- Monsieur Zabini.
- Vous n'êtes pas dure d'oreille, Professeur. Je ne veux pas essayer. Vous pouvez continuer.
McGonagall plissa légèrement les yeux avant de poser la question à un autre élève. Et voilà. Il savait bien qu'elle finirait par le laisser tranquille. Ils finissaient toujours par le laisser tranquille. Il faisait bien trop pitié pour que quiconque ose lui demander de lever le petit doigt. Pauvre Blaise. Pauvre, pauvre Blaise. Il se leva alors brusquement de sa chaise et se dirigea vers la sortie.
- Monsieur Zabini! Le cours n'est pas terminé!
- Il l'est pour moi.
Son enseignante ouvrit vainement la bouche, mais Blaise était déjà parti. Il ne voulait plus faire semblant de l'écouter parler. En fait, il ne voulait plus se trouver dans cet endroit. Rien ne le retenait à Poudlard. Hormis le fait qu'il serait obligé de voir son père chaque jour s'il retournait chez lui. Cette idée était suffisante pour qu'il décide de s'enfermer dans sa chambre. Il espérait tout simplement que Weasley n'entendrait pas parler immédiatement de sa sortie dramatique.
Immédiatement était le mot clé, puisqu'il était évident que Weasley allait en entendre parler. Qui avait donc décidé que ce type était son gardien? L'irritation monta en lui, et elle descendit aussi rapidement qu'elle était venue. S'il ne voulait pas que Weasley vienne, il n'avait qu'à arrêter d'agir comme une personne en crise. Qu'est-ce qu'il pensait accomplir en sortant du cours de McGonagall? Son père allait être mis au courant… Weasley allait être mis au courant… Sa psychologue allait être mise au courant… Et ils allaient tous lui en parler… tous le regarder avec cette même lueur de pitié… Ils allaient tous le regarder comme s'il risquait de perdre l'esprit dans les prochaines minutes. Ils allaient exagérer cet évènement… le grossir et le grossir, jusqu'à ce que cela se transforme en "je me suis ouvert les veines en plein milieu du cours".
C'était cela même qui allait arriver et c'était de sa faute. Pourquoi ne pouvait-il pas agir comme une personne normale? Pourquoi devait-il se comporter comme une pauvre petite victime qui avait besoin d'aide? Il n'avait pas besoin d'aide. Il avait survécu non? Il avait déjà eu toute l'aide dont il aurait pu avoir besoin. Il entendit la cloche sonnée et attendit patiemment que Weasley rentre dans sa chambre. Il ne fut nullement déçu. Le roux apparut en ouvrant bruyamment la porte, comme s'il s'attendait à ce qu'il s'était lancé un aveda kedavra.
- Je vais bien. Déclara-t-il d'emblée. Le cours était ennuyeux, voilà tout.
- Même si c'est ennuyeux, tu dois tout de même rester. Fit remarquer Weasley, visiblement frustré.
Si cela lui causait tant de frustration d'être en sa présence, pourquoi perdait-il son temps à rester avec lui? Il avait déjà fait son devoir. Il l'avait déjà sauvé. Il pouvait s'occuper de lui-même à présent.
- Tu n'es pas mon gardien, Weasley. Tu n'as pas le droit de me dire ce que je dois faire.
- Ah ouais?
- Oui.
Le roux s'approcha alors de lui et se laissa choir à ses pieds, se mettant sur un genoux et posant les mains de chaque côté de son corps. Blaise ne put que se féliciter lorsqu'il réalisa qu'il n'avait aucune envie de donner un coup de poing à Weasley. Ce qui serait arrivé avec n'importe qui d'autres.
- L'éducation est importante.
- C'est toi qui dis ça?
- Ma meilleure amie est un génie.
- Ta meilleure amie ou ta petite-amie?
Le visage de Weasley se renfrogna et Blaise eut l'envie de rouler des paupières face à sa réaction. Quoi? Ne pouvait-il pas dire tout haut ce que tout le monde pensait tout bas?
- J'en ai quelque chose à faire. Déclara-t-il soudainement.
- Bien évidemment. Approuva Blaise. Votre relation est si ambigüe…
- De toi. Je parle de toi.
Les yeux bleus le fixaient avec tant d'intensité que Blaise sentit un mal de tête se propager dans son crâne. Weasley pouvait bien s'amuser à croire ce qu'il voulait, lui savait pertinemment ce qui se passait en ce moment.
- Tu veux me sauver. Cracha Blaise.
- N'est-ce pas normal?
Le mulâtre fut tenté de l'envoyer se faire foutre, mais retint péniblement la rage dans son ventre. Cette lubie de Weasley disparaîtrait bien assez tôt, et il aurait enfin finalement la paix. Il serait enfin seul… avec ses cauchemars. Seulement lui et ses cauchemars…
- Absolument normal. Typique même.
Weasley dut remarquer le sarcasme dans sa voix, puisqu'il fronça aussitôt les sourcils.
- Je suis là pour toi.
- Bien évidemment. Maintenant, va-t-en.
- Tu as encore des cours.
- J'ai mal à la tête.
Les yeux bleus se promenèrent avec insistance sur son visage avant que le Griffondor n'hoche fermement la tête.
- Je vais rester. Tu peux dormir.
- Alors quoi? Tu es le gardien de mes nuits?
- Tu as des cauchemars.
- Et alors? Je parie que même un héros comme toi en a.
Le visage de Weasley se durcit et il se redressa brusquement. Blaise ne put qu'ouvrir grand les yeux, ignorant à quoi s'attendre de ce comportement.
- Les tiens sont pires. Fit remarquer le rouquin.
- Pourquoi? Parce que je suis le seul à avoir été victime de la guerre? Ah oui… j'oubliais… tout le monde a été touché, alors pourquoi tu ne me laisserais pas respirer!? Finit par hurler Blaise.
- Qu'est-ce qui se passe?
L'expression sur le visage du Griffondor était grave et le mulâtre ne put que fermer les yeux et lui tourner le dos. Il n'avait aucune envie de discuter de ses cauchemars. Il n'avait aucune envie de parler de la lettre que son père lui avait envoyé. Il comprenait, d'accord? Il ne lui en voulait pas. Maintenant, pouvait-il le laisser tranquille?
- Pourquoi est-ce que tu ne pars pas?
Il ne put s'empêcher de soupirer lorsque les bras de Weasley le ramenèrent contre son corps. Contre sa volonté, son corps se détendit alors que la chaleur du roux l'enveloppait.
- Je ne partirai jamais.
- Menteur.
Blaise n'avait aucune envie d'argumenter avec Weasley, ce qui n'allait pas tarder à arriver s'il ne s'endormit pas dans les prochaines minutes. Il ne se fit pas prier.
()()
Cinq groupes avaient essayé d'attaquer des Serpentards. Harry mit rapidement la carte des maraudeurs dans sa poche tout en enfilant sa cape d'invisibilité. Cinq groupes avaient essayé d'attaquer des Serpentards. Combien essaieraient encore durant la nuit? Il allait devoir prendre des mesures drastiques.
- Harry, pourquoi es-tu encore dans la salle commune? Demanda doucement Hermione tout en poussant un bâillement.
- Je ne peux pas dormir. Je vais me promener.
- Fais attention.
Le Survivant hocha fermement la tête avant de sortir de la salle des Griffondors. Il allait devoir patrouiller toute la nuit… toutes les nuits à venir… Il était en guerre après tout.
À suivre…
