Disclaimer: Les personnages de cette histoire ne m'appartiennent pas et appartiennent, bien évidemment, à J.K Rowling! Par contre, cette histoire m'appartient.
Message : Cette fic prend en considération jusqu'au 4ème livre d'Harry Potter.
Message de l'auteur : Merci infiniment pour vos belles reviews! Cela fait toujours énormément plaisir!
Chapitre 11
C'est la main tremblante qu'Harry avala sans hésiter la potion qui lui permettait de rester réveiller. Comment aurait-il pu ne pas s'endormir s'il ne l'avalait? Il devait patrouiller… chaque nuit… juste pour être sur. Le mot commençait déjà à sortir… Les gens savaient maintenant que personne n'avait le droit d'attaquer qui que ce soit en l'honneur d'une guerre qui n'allait jamais prendre fin. Le brun attendit patiemment que la potion fasse effet, fermant péniblement les yeux. Il devait rester réveiller. Cette mission était encore plus difficile que l'autre. Au moins, pendant l'autre guerre, il avait été en mesure de dormir quelques nuits. Ron et Hermione étaient là pour prendre la relève, mais maintenant… Sa respiration se calma enfin et il se redressa rapidement. Malfoy avait raison, il y avait véritablement une guerre dans cette école. Une guerre que les professeurs ne pouvaient pas gagner. Une guerre que lui seul pouvait mener. Il sortit brusquement de la salle de bain et fixa pendant quelques secondes le lit vide de Ron. Cela faisait combien de jours qu'il n'avait pas vu le roux? Il l'ignorait. Il n'arrivait plus à penser. Il devait simplement agir. Il sortit alors de son dortoir afin de rejoindre Hermione. Sa meilleure amie le regarda de haut en bas avant de croiser les bras sur sa poitrine.
- Harry, quelle est la date?
Le brun cligna des yeux pendant quelques secondes. Quelle date? De toute évidence, ils avaient des cours, donc il ne pouvait pas s'agir de la fin de semaine… Il n'y avait pas encore de neige à l'extérieur, donc il était encore au début de l'année…
- Pourquoi me demandes-tu ça?
- Tu ne dors pas, Harry. Qu'est-ce que tu fais chaque soir?
- Qu'est-ce qui te dit que je ne dors pas?
- Les cernes en-dessous de tes yeux. Répondit calmement Hermione. Tu ne dors pas. Pourquoi tu ne dors pas? Qu'est-ce qui se passe?
Les lèvres d'Harry se pincèrent avant qu'il ne secoue la tête. Il n'allait certainement pas dire à Hermione qu'une minuscule guerre se préparait à l'intérieur même de l'école. Elle avait mérité ce moment de paix. Elle avait sué, tué, saigné pour cette paix. Elle méritait d'en profiter sans le moindre souci.
- Rien.
- Menteur.
La jeune Griffondore poussa un long soupir avant de commencer à marcher en direction de la Grande Salle. Harry sortit discrètement sa carte des maraudeurs et repéra aussitôt un attroupement de Griffondors autour d'un Serpentard. Merde.
- Je dois y aller. Déclara-t-il.
- Harry, si tu ne dors pas, tu dois au moins manger!
Il ne prit même pas la peine de lui donner une réponse avant de se mettre à courir en direction de la bataille. Il devait s'agir d'une bataille ou de quelque chose d'horrible.
- Arrêtez tout de suite. Ordonna-t-il en apercevant les Griffondors entrain de frapper un Serpentard.
Ses yeux se posèrent sur le garçon, qui semblait avoir essayé de se défendre s'il devait en juger par ses poings ensanglantés. Le Serpentard lui lança un sourire hideux.
- Potter, le Sauveur. Cracha-t-il.
- Harry! Il nous disait… Il nous disait que son père avait tué des centaines de moldus… que lui aussi en aurait fait de même! Il le méritait! C'est pour ça que tu t'es battu!
Était-ce pour cela qu'il s'était battu? Il ne savait même plus pourquoi il l'avait fait. Était-ce parce que Maugrey Fol'œil le lui avait dit? Était-ce à cause de la prophétie? Était-ce à cause de son éthique morale? Ce qui était bien… ce qui était mal… Le blanc ou le noir… Il s'avança alors du Serpentard et le souleva sans ménagement, le regardant droit dans les yeux. Il s'agissait probablement d'un de ces types qui s'amusaient à intimider les plus jeunes. Il reconnaissait ce regard qui hurlait l'amour de la haine.
- Quel est ton nom? Demanda-t-il placidement.
- Son nom est Benjamin Hurley! S'exclama un Griffondor derrière lui.
- Hurley, je vais aller dire à ton préfet ce que tu as fait… et tu vas être puni pour tes actions. Vous autres, partez.
Le Serpentard semblait sur le point d'éclater de rire alors que ces camarades le fixaient comme s'il venait de les trahir. Tout semblait bien moins complexe lorsqu'il y avait la guerre. Les mangemorts étaient les méchants, les aurors, les gens. Tout était simple et limpide. Maintenant… que devait-il dire? Que devait-il faire? Est-ce qu'il donnait l'impression que les Griffondors étaient faibles en laissant ce Hurley partir? Il relâcha alors le Serpentard.
- Laisse tomber, je ne dirais rien à ton préfet.
Avant qu'Hurley ne puisse lui lancer une réplique acerbe, Harry lui donna un tel coup de poing que l'une de ses dents revola. Il n'y avait même pas de colère en lui, même de haine. Il n'y en avait plus depuis longtemps… Il n'avait pas besoin d'émotions fortes pour réagir. Il avait uniquement besoin d'une raison… d'une guerre… Hurley se mit alors à pleurer et Harry se saisit de lui par la gorge, l'obligeant à le regarder droit dans les yeux.
- La prochaine fois que tu dis une chose pareille… Je te couperai la langue, ainsi tu ne pourras plus jamais dire quelque chose de mal. Va-t-en.
Hurley partit alors en courant sous les rires des quelques Griffondors qui se trouvaient derrière lui. Le brun se tourna alors vers eux, et le regard qu'il leur lança fut suffisant pour qu'ils se taisent.
- Retournez en classe.
Ils s'exécutèrent sans qu'il n'ait besoin d'hausser le ton. Lorsqu'il fut convaincu qu'il était seul dans le couloir, il se laissa choir au sol, la tête entre les mains. Il ne pouvait pas réfléchir. Il ne pouvait pas se poser des questions sur le bien et le mal, quand il n'arrivait même pas à se souvenir de la date. Cela faisait combien de jours qu'il n'avait pas dormi? 4? 5? 15? Il n'avait plus de notion du temps… Il devait seulement… Il devait seulement protéger. Servir. Sauver. Sauver. Sauver. Il était le Survivant parce qu'il devait aider les autres à survivre. Il ne put s'empêcher de penser à Maugrey qui était mort pendant la guerre. Tant de personnes étaient mortes pendant la guerre… Il dut se faire violence pour ne pas hurler comme un fou. Il ignorait ce qu'il devait faire. Pourquoi personne ne lui disait ce qu'il devait faire? Pourquoi n'y avait-il pas de prophétie pour lui expliquer le chemin qu'il devait prendre? Protéger? Protéger qui? Protéger quoi? Protéger comment? Être le Sauveur? Mais de qui? Son cœur s'accélérait dans sa poitrine et il ferma les yeux afin de pouvoir se calmer. Il n'avait pas le temps de faire une crise de panique. Est-ce que sa crise allait aider quelqu'un? Sauver quelqu'un? Il ne pouvait pas paniquer. Vigilance constante… Vigilance constante…
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Encore une potion à la bouche… Harry la prenait 4 fois par jour à présent. Il savait que ce n'était pas bon. Il savait ce que cela voulait dire. Ça lui était déjà arrivé après tout. Il était entrain de devenir un drogué. Un junkie. Et il savait que le moment où on forcerait toute cette drogue à sortir de son corps… Un frisson le traversa en se souvenant de la dernière fois. Cette pièce chaude… suffocante… la douleur qui semblait sortir par chaque cellule de son corps… Cela avait une des rares fois où il avait pleuré pour lui-même. Mais, il n'avait pas le choix. Pour l'instant, il devait endurer… Jusqu'aux vacances de Noël, ensuite il pourrait dormir. Il pourrait dormir pendant une semaine entière. Il ne serait pas obligé de patrouiller pendant la nuit, ni parfois pendant les cours… Il serait enfin en paix… Il sortit alors de la toilette et tomba nez à nez avec Ron. Son meilleur ami écarquilla les yeux en l'observant.
- Tu ressembles à un zombie. Souffla-t-il, visiblement estomaqué. Qu'est-ce qui se passe?
Pendant quelques secondes, Harry fut tenté d'éclater de rire, mais il n'en avait pas la force. Devrait-il augmenter la dose de sa potion contre le sommeil? Il avait l'impression qu'il n'arrivait plus à penser. Il savait les informations importantes pour fonctionner. Il était le Sauveur. Il y avait une guerre cachée. Voilà ce qu'il devait savoir.
- Tu n'es pas trop occupé avec Zabini?
Ron sembla complètement pris au dépourvu et Harry en profita pour sortir de leur dortoir. Ses yeux croisèrent ceux d'Hermione, la jeune fille se dirigea, au pas de course, dans sa direction, et il ne put que détourner les yeux, déjà irrité par ce qu'elle allait dire.
- Harry… tu ressembles à un zombie. Fit-elle remarquer.
- Ron et toi êtes vraiment faits pour être ensemble, vous dites la même chose. Siffla le brun.
Il n'avait pas le temps de penser à ça. Il n'avait pas le temps de penser à rien du tout. Hermione l'arrêta lorsqu'il voulut partir et prit son visage entre ses mains, le regardant droit dans les yeux.
- Tu prends de la drogue. Murmura-t-elle.
- Je ne prends pas de la drogue. Répliqua Harry. Je prends une potion pour rester réveiller. C'est tout.
- Combien de fois par jour?
- Ce n'est pas ton problème.
- Harry!
- Regarde, ce n'est pas de ma faute si tu n'as pas de vie, d'accord? Juste… laisse-moi tranquille.
Il sortit alors précipitamment de la salle commune, essayant désespérément de retrouver son sang froid. Noël… Il pouvait continuer jusqu'à Noël, pas vrai? Il en était capable… Il en était capable… Quelqu'un lui prit soudainement le bras, et il fut à deux secondes de lui asséner un coup de poing, d'ailleurs celui-ci s'arrêta à quelques centimètres du nez de Malfoy. Les yeux émeraude d'Harry s'écarquillèrent alors qu'il baissait la main.
- Qu'est-ce que tu fiches, Malfoy? J'aurais pu te faire mal.
- Tu ressembles…
- Laisse-moi deviner… à un zombie. Peu importe.
La main du blond refusait de quitter son poignet, donc il ne put partir comme il aurait tant voulu le faire. Le Serpentard s'approcha un peu plus de lui, le regardant droit dans les yeux.
- Je… Je ne comprends pas, Potter. Souffla-t-il, visiblement désarçonné.
- Qu'est-ce que tu ne comprends pas? Demanda Harry, exaspéré.
- Pourquoi es-tu si fatigué? Pourquoi es-tu si agressif? Pourquoi…
- Attends une seconde! Je suis en guerre, tu me l'as dit, toi-même. Désolé si je n'ai pas le temps de pomponner et d'être de bonne humeur!
Les yeux argentés le fixaient comme s'ils n'arrivaient pas à comprendre ce qui se déroulait. Peut-être que Malfoy ne comprenait véritablement pas. Était-ce vraiment si surprenant? Il n'avait jamais été un soldat. Voldemort avait, certes, été vivre chez lui, mais il n'avait jamais eu à se battre. Était-ce vraiment si étonnant qu'il ne comprenait rien? Absolument rien?
- Potter, tu sembles sur le point…
- Quoi?
- Tu sembles sur le point de craquer.
Le Griffondor se mit alors à rire avant de poser son front contre sa main.
- Malfoy… est-ce que les Serpentards se font moins attaquer depuis que je suis là?
- Oui…
- N'était-ce pas ce que tu voulais?
- … Oui…
- Alors, sois content et ferme-là. Je n'ai pas besoin que tu m'analyses… Je n'ai pas besoin que tu me protèges. Je suis le Sauveur.
Malfoy semblait complètement tétanisé par lui, et Harry était à deux secondes de lui foutre un coup de poing. N'était-ce pas ça qu'il voulait de lui? N'était-ce pas cela qu'il attendait de lui? Que voulait-il qu'il fasse exactement? Que voulait-il de lui exactement? Devait-il sauver tout le monde tout en maintenant un sourire Colgate? Croyait-il qu'il était un super-héros? Parce qu'il ne l'était pas. Il ne l'avait jamais été et ne le serait jamais. Il faisait ce qu'il pouvait du mieux qu'il le pouvait, et il n'avait pas le temps de s'inquiéter pour les sentiments et les émotions des personnes autour de lui. Il était le Sauveur.
À suivre…
