Disclaimer: Les personnages de cette histoire ne m'appartiennent pas et appartiennent, bien évidemment, à J.K Rowling! Par contre, cette histoire m'appartient.

Message : Cette fic prend en considération jusqu'au 4ème livre d'Harry Potter.

Message de l'auteur : Oh mon Dieu… quelle bonheur… Je peux écrire DEUX CHAPITRES dans une semaine (pleure de joie). Cette année a été si horrible avec l'université et mes deux emplois (fatigue extrême beurk), mais maintenant je n'ai qu'un seul travail (besoin de repos avant de faire une crise de nerfs). Alors me voici de retour pour vous jouer des mauvais tours! (J'ai trop regardé Pokémon sérieusement…)

Chapitre 13

Harry ouvrit péniblement les yeux et fut accueilli par le visage inquiet de Madame Pomfrey. Il tenta de lui faire un sourire, mais ses lèvres refusaient de faire le moindre mouvement. Peut-être était-ce pour le mieux. Peut-être valait-il mieux qu'il arrête de mentir pendant cinq secondes et qu'il accepte qui il était véritablement… Il ignorait à quel point son subconscient était tordu pour lui faire halluciner une petite voix… Peu importe. Il savait maintenant… Il savait qu'il ne savait absolument rien sur lui-même. Il savait qu'il n'avait pas toutes les réponses… Ses yeux se posèrent sur le professeur Rogue et il ne put s'empêcher de blêmir. Et il savait qu'il allait se faire massacrer par son professeur pour avoir osé le frapper.

- Professeur… Commença-t-il doucement. Je…

- Peu importe Monsieur Potter. Comment allez-vous?

Pour la première fois de sa vie, il pouvait voir de l'inquiétude dans les yeux bridés du professeur Rogue. Ça y est… la fin du monde était véritablement sur le point d'arriver. Ou bien peut-être qu'il devait véritablement avoir une face d'enterrement…

- Je… Je me sens bien.

Ce qui était fort étrange. Aux dernières nouvelles, il était mort de fatigue et sur le point de piquer une crise de nerfs. Pourtant, il se sentait parfaitement reposé… Comme s'il avait dormi pendant des mois…

- Vous avez dormi pendant une semaine entière Monsieur Potter.

Harry faillit avaler sa salive de travers en entendant cela. Dormir pendant une semaine entière? Un frisson d'horreur le traversa en pensant à ce qui avait dû arriver dans les couloirs pendant qu'il faisait sa petite sieste de santé. Il avait beau ne pas être le Sauveur… cela ne voulait pas dire qu'il allait se mettre la tête dans le sable et ignorer les problèmes qui polluaient Poudlard. Le brun se redressa alors lentement et grimaça en sentant un mal de tête lui vriller le cerveau. Super… vraiment super…

- Je sais que vous vous êtes amusé à jouer aux super-héros. Poursuivit son professeur. Hé bien que je sois convaincu qu'un masque et une épée magique vous iraient à merveille… ce ne sera plus nécessaire.

- Vous plaisantez Professeur! Protesta Harry.

- Il y a des enseignants.

- Et vous avez si bien travaillé… comment pourrais-je imaginer que vous aillez besoin d'aide!

Les yeux mauves du professeur se plissèrent sous la colère et Harry ne put qu'attendre patiemment le moment où il allait lui lancer une réplique acerbe. À sa grande surprise, le métisse sembla calmer sa rage, se contentant de le fixer glacialement.

- Monsieur Potter… Le corps enseignant fait tout ce qui est en son pouvoir pour arranger les choses.

- Ce n'est pas suffisant.

- Nous le savons parfaitement. Par contre, ce n'est pas en vous ruinant la santé que vous nous serez utile.

Rogue se massa alors la tempe tout en fermant les yeux. Harry ne savait plus quoi dire.

- Ce n'est pas en frappant et en menaçant tout ce qui bouge que vous arriverez à faire une différence.

- Ils ont peur de moi!

- N'était-ce pas la tactique du Seigneur des ténèbres? Et nous savons, tous les deux, comment cela s'est terminé.

Le métisse lui aurait donné un coup de poing dans le ventre qu'Harry aurait été moins choqué. Il n'était pas comme Voldemort! Il… Ses yeux se fermèrent péniblement. Pourquoi argumentait-il avec Rogue? Il savait déjà que ses méthodes n'étaient pas adéquates. Il n'était pas la justice… Un coup de poing n'était pas la justice.

- Vous avez besoin d'aide, Professeur Rogue.

- Vous aussi Potter. Répliqua l'ancien Serpentard. Si vous désirez aider votre école, commencez d'abord par être en bonne santé.

- Je ne peux pas… Souffla Harry. Je ne peux pas ignorer toute la merde qui se déroule autour de moi. Je l'ai déjà fait et une fille s'est suicidée à cause de ça!

Le professeur Rogue lui tourna brusquement le dos, et Harry pouvait clairement voir que son corps était tendu comme une flèche. Il n'allait certainement pas mentir à cet homme. Il n'allait pas faire comme s'il n'avait aucune responsabilité dans toute cette histoire. Il pouvait faire une différence. Il ignorait comment faire cette différence. Pour une fois… Pour une fois, il avait le choix. Et il allait le faire. Personne n'allait l'empêcher de prendre sa destinée en mains.

- Pour qui vous prenez-vous Monsieur Potter? Demanda calmement le professeur Rogue, le regardant par-dessus son épaule.

- Je suis l'arme de la justice… Il faut juste que je trouve cette justice…

- Vous n'êtes pas une arme Potter.

Harry faillit éclater de rire en entendant cela. Il était une arme sans maître voilà tout. Une arme puissante et dangereuse qui ne savait pas prendre ses propres décisions. Il allait devoir apprendre à faire ses propres choix… et n'était-ce pas déjà assez terrifiant comme cela? Il n'avait pas besoin des sermons de Rogue pour l'embrouiller de nouveau.

- Reposez-vous. Ordonna son enseignant.

Et il le quitta sans la moindre parole supplémentaire. Harry n'allait certainement pas protester contre un peu plus de sommeil.

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Ce fut en sentant une main délicate se poser sur sa poitrine qu'Harry rouvrit les yeux. Sa bouche s'ouvrit, mais aucun son n'en sortit. Malfoy se trouvait devant lui, ses cheveux d'or blanc semblaient briller dans la lumière. Allait-il vraiment commencer à devenir poétique alors qu'il se trouvait à l'infirmerie? Pouvait-il être encore plus ridicule?

- Salut. Croassa-t-il stupidement.

La main du blond se crispa sur sa poitrine et Harry eut peur, pendant quelques secondes, qu'il se mette à pleurer. Mais les yeux de Malfoy restaient parfaitement secs bien que trop intenses sur sa personne. Il avait envie de se tordre sous la gêne, mais il n'osait pas bouger… En fait, il n'osait même pas respirer. Que se passait-il, bon sang!

- Tu as failli mourir. Souffla le blond.

- J'ai failli mourir plusieurs fois dans ma vie, mais cette fois-ci… non. J'étais simplement…

- Malade. Fatigué.

- Exactement.

Une part de lui avait envie d'expliquer à Malfoy qu'il avait enfin compris ce qui n'allait pas avec lui. Qu'il avait enfin compris qu'il devait prendre ses propres décisions… qu'il devait devenir une arme pensante, mais le blond le fixait d'une telle façon qu'il n'osait pas ouvrir la bouche.

- Tu as failli mourir, et, moi, je n'ai rien fait. Poursuivit le Serpentard. Comme d'habitude.

- De quoi est-ce que tu parles?

- Je suis… toujours comme ça… inutile… Je crois aider et ensuite…

Il se secoua alors la tête, son visage emplit de… Harry n'aurait su le dire. Malfoy avait toujours été difficile à lire. Son visage semblait aussi lisse que le marbre… aussi magnifique et aussi froid…

- Je suis désolé.

- Tu n'as rien fait. Protesta Harry. J'ai choisi cette situation.

La main de Drago remonta alors jusqu'à sa nuque, là où se trouvait la cicatrice qu'il avait eu en le sauvant des mangemorts. Harry ne put empêcher un frisson de le parcourir. Pourquoi réagissait-il autant à la présence de Malfoy? Il n'aurait su l'expliquer…

- Je suis désolé parce que j'ai fait comme tous les autres.

Un sourire amer se forma alors sur les lèvres délicates.

- J'ai agi comme si tu n'étais pas humain. Je n'ai vu que ce que je voulais voir. C'est assez ridicule.

- Malfoy… Tu n'es certainement pas le premier.

- Je suis désolé Potter. Je vais prendre mes responsabilités. Pour une fois.

Le blond se releva alors et Harry ne put qu'admirer la grâce avec laquelle il exécutait tous ses gestes. Avait-il donc l'air si faible que personne ne voulait lui donner la moindre responsabilité? Avait-il eu l'air d'un dangereux psychopathe? Rogue et Malfoy essayaient d'être gentils avec lui… de le ménager… Venait-il de passer de Sauveur à Victime? Avant qu'il ne puisse protester, les lèvres de Malfoy se posèrent sur sa joue. Il eut à peine le temps de lever la main que le blond lui tournait le dos et disparaissait de sa vue. Il n'arrivait pas à y croire… Les gens n'acceptaient-ils pas la complexité? S'il n'était pas un héros… devait-il être, automatiquement, une petite victime sans défense? Était-il obligé de se sentir aussi… inutile?

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Severus s'assit lentement en face de le professeur McGonagall. Il ne pensait être capable un jour de se faire à l'idée que ce n'était plus Albus qui se trouvait derrière ce bureau. Bien que Minerva remplissait parfaitement son rôle… Non, il ne pouvait pas oublier qu'Albus avait été à sa place pendant des années… L'homme qui lui avait donné une chance malgré toutes les erreurs qu'il avait commises n'était plus de ce monde…

- Comment va Monsieur Potter? Demanda-t-elle d'emblée.

- Physiquement, il ira bien dans quelques jours. Mentalement…

Le métisse ne savait pas quel diagnostic il était censé donner. Il n'avait jamais été proche de Potter. Il n'avait jamais essayé d'être proche de lui. Il ressemblait bien trop, physiquement parlant, à James Potter pour qu'il soit confortable en sa présence. N'était-il pas ridicule? Être mal à l'aise en face d'un enfant… Ignorer les besoins d'un enfant à cause de ses propres démons… Ridicule… absolument ridicule.

- Il pense qu'il est une arme. Il pense qu'il doit sauver le monde entier. Cet enfant ne peut qu'aller vers la destruction.

Comme toute cette école d'ailleurs. Severus mourrait d'envie de laisser sa tête tomber entre ses mains. Les intimidations se multipliaient dans l'école, mais… comment agir à propos de cela? Punir l'intimidateur? Certes… mais ensuite? L'intimidateur avait une retenue pendant quelques jours et revenait contre sa victime, encore plus en colère et encore plus cruel… Et était-ce même une bonne chose de punir l'intimidateur? Ne fallait-il pas l'aider? Essayer de comprendre la raison qui le poussait à infliger de la douleur à ceux qui l'entouraient? Fallait-il punir un enfant pour en sauver un autre? Il y avait-il un moyen de les sauver? Bien évidemment, il y avait des enfants qui étaient naturellement cruels et qui aimaient infliger la douleur, mais il y en avait d'autres qui le faisaient par colère… par dépit… par frustration… Ne fallait-il pas les aider? Comment? Et puis, quelles victimes osaient véritablement dénoncer son intimidateur? Son impuissance lui donnait l'envie de vomir. Que pouvait-il donc faire dans cette foutue situation? Il n'y avait pas assez de personnel. Il n'y avait que dix psychologues dans une école ayant près de mille élèves… des élèves qui avaient vu la guerre… qui avaient entendu parler de la guerre… qui souffraient en permanence… Il se massa douloureusement la tempe alors que Minerva posait son menton sur ses mains jointes.

- Nous avons besoin d'un professeur contre les forces du mal.

Severus hocha doucement la tête et attendit que Minerva nomme le futur enseignant. La directrice hésita pendant plusieurs secondes avant de se racler la gorge.

- Je sais que cela ne te fera pas plaisir, Severus, et j'en suis infiniment désolé.

Le métisse n'avait pas besoin de plus d'explication pour savoir qui elle allait nommer. Il obligea son visage à ne pas afficher la moindre expression avant d'hocher la tête.

- Black peut nous être utile. Déclara-t-il d'une voix qu'il espérait neutre. Il a vécu la guerre… Il a perdu dans cette guerre… Il peut comprendre les élèves. Et peut-être qu'une figure parentale sera utile pour Harry Potter.

- Je suis… impressionnée Severus.

Il y a de cela une semaine, il n'aurait jamais dit une chose pareille, mais en voyant Harry Potter s'écrouler… en voyant son impuissance, sa rage… Si même le Survivant n'allait pas bien… Cela voulait dire que cette école était sur le point de s'écrouler. Qu'il ne le veuille ou non, le monde sorcier tout entier avait le regard braqué sur Harry Potter, le Sauveur. S'il s'écroulait… S'il devait finir interner ou fou… Il ne savait pas comment le monde réagirait. N'était-ce pas ridicule? Pourquoi fallait-il donner autant d'importance à un enfant? Combien de temps cela prendrait-il avant qu'il ne s'écroule sous toute cette pression? Si Black pouvait l'aider… Il était un enseignant avant toute chose. Il n'avait pas le choix…

À suivre…