Disclaimer: Les personnages de cette histoire ne m'appartiennent pas et appartiennent, bien évidemment, à J.K Rowling! Par contre, cette histoire m'appartient.

Message : Cette fic prend en considération jusqu'au 4ème livre d'Harry Potter.

Message de l'auteur : Salut tout le monde! Alors voici le nouveau chapitre!

Chapitre 14

Harry ignorait ce qu'il devait dire exactement alors que Ron et Hermione le fixaient en silence. Il n'avait aucune envie d'ouvrir la bouche et que leur regard se remplisse de pitié comme tous les autres regards qui s'étaient posés sur lui. Quelle ironie… Mais quelle ironie… Au moment où il décidait de devenir l'arme parfaite, tout le monde commençait à le traiter comme s'il était une délicate poupée de porcelaine… Comme s'il allait se briser si quelqu'un avait le malheur de crier sur lui.

- Tu n'es qu'un crétin Harry Potter. Souffla Hermione.

Le brun fronça les sourcils alors que sa meilleure amie se penchait dans sa direction et posait la tête sur sa poitrine. Il savait qu'Hermione n'allait pas se mettre à pleurer, mais cette position ne faisait que lui faire réaliser à quel point il avait dû lui faire peur… Super… Vraiment super… Il n'avait aucune envie de l'inquiéter. Il allait bien maintenant. Il comprenait maintenant. Il savait qu'il devait trouver un moyen d'être utile, mais de la manière dont il s'y était pris auparavant. Il devait accepter le rôle qu'il pouvait prendre et non celui que les autres voulaient lui imposer. Il ne pouvait pas être le juge, mais il pouvait être la main de la justice. Le tueur dans l'ombre… Ça… il pouvait le faire. il refusait que quiconque le voit comme la princesse qui devait être sauvé. Il ne l'était pas et ne l'avait jamais été.

- Je suis désolé de t'avoir inquiété.

Et il savait qu'il s'adressait uniquement à Hermione. Ron ne s'était pas inquiété pour lui. En fait, Ron ne semblait être capable de s'inquiéter que pour Blaise Zabini. Comme si toute son attention tournait autour du mulâtre. Une part d'Harry ne pouvait qu'en être heureux. Il n'avait aucunement besoin qu'une autre personne le regarde comme s'il n'était qu'une pauvre petite victime innocente.

- Pourquoi as-tu fait ça? Demanda soudainement le roux.

Harry leva les yeux vers son meilleur ami qui semblait ignorer où se mettre. Peut-être ne voulait-il pas être là. Peut-être voulait-il partir vers Zabini. Peut-être n'avait-il pas le temps de se poser des questions sur sa santé. Hé bien… Il ne lui avait certainement pas demandé de venir.

- Parce que quelqu'un devait agir. Déclara-t-il froidement.

La tête d'Hermione se releva et le regarda droit dans les yeux. Toute la colère qu'il ressentait à l'égard de Ron redoubla en pensant à la douleur que celui-ci infligeait à Hermione. Ce n'était pas censé se terminer ainsi… Ron n'était pas supposé passer chaque instant de sa vie à s'inquiéter pour Zabini. Son monde n'était pas censé tourner autour du mulâtre. Il poussa un soupir et se décida à ignorer la colère qui bouillonnait en lui. Rien ne se passait comme il l'avait imaginé de toute façon. Ron était censé finir avec Hermione et lui était censé avoir la paix… N'était-ce pas ironique? Lui se trouvait à l'infirmerie à cause d'un manque de sommeil causé par un abus de drogue et Ron était obnubilé par Blaise Zabini. Quant à Hermione…

- Pas de cette façon Harry. Pas au détriment de ton bien-être. Souffla-t-elle. Tu dois penser à toi maintenant.

Il aurait voulu éclater de rire, mais il ne pensait pas qu'Hermione accepterait cette réaction. Sa meilleure amie serait plutôt du genre à lui lancer un regard empli de pitié et de mécontentement. Bordel…

- La guerre est terminée. Poursuivit Ron. Tu ne devrais pas…

- Personne ne t'a demandé ton avis. Fit remarquer Harry. Va donc t'enfermer dans une chambre avec Zabini. C'est tout ce que tu veux faire en ce moment.

Le silence se figea autour d'eux et les yeux d'Hermione s'écarquillèrent. Il n'avait jamais rien dit sur la situation entre Ron et Zabini. De toute façon, que pouvait-il dire? Le mulâtre avait vécu quelque chose d'horrible… Quelque chose qu'aucun humain ne devrait subir… mais, était-ce une raison pour que Ron abandonner tous les gens autour de lui? Qu'il abandonne la femme qui l'aimait? Et lui… Il n'avait même pas vu qu'il n'allait pas bien. Sacré amitié. Merveilleuse et solide amitié.

- Je ne peux pas… le laisser. Déclara le roux.

- Alors, va le rejoindre.

Ron sembla pris au dépourvu pendant plusieurs secondes avant de baisser les yeux et de sortir de la pièce. Hé bien voilà… Au moins, il était fixé sur sa position dans la vie de son meilleur ami, s'il pouvait même encore l'appeler ainsi. Les mains d'Hermione se crispèrent sur ses genoux avant qu'elle ne reprenne son calme et se tourne vers lui.

- Harry… tu ne peux plus mettre ta santé en danger pour…

- Ça ne te dérange pas? Demanda brusquement le Griffondor.

Une lueur traversa les yeux bruns de sa meilleure amie avant qu'elle n'hausse les épaules, espérant certainement que la conversation finirait ainsi.

- Il t'a abandonné. S'énerva Harry.

- Tu préférerais qu'il abandonne Zabini?

Oui, bordel! Il savait ce que Zabini avait subi. Il savait toute la souffrance que les mangemorts lui avaient infligé, mais est-ce que cela voulait dire qu'il devait perdre son meilleur ami? Qu'Hermione devait perdre l'homme qu'elle aimait? Il avait passé des mois à ignorer la colère qu'il ressentait à l'intérieur de lui. Il ne voulait plus faire ça à présent. Il était humain, merde! Il était humain!

- Je ne… Je ne veux pas l'obliger à choisir.

- Hermione…

- Non, Harry. Ce n'est pas juste.

Alors quoi? Maintenant, Hermione aussi se prenait pour la justice? La brunette sembla se replier sur elle-même avant de détourner les yeux.

- Ce n'est pas juste… et puis, de toute façon, je ne pense pas que je gagnerai alors… à quoi bon?

- Tu vas juste… ne rien faire?

- Je ne veux plus me battre Harry. Je ne veux plus… Je suis fatiguée…

Ses mains se refermèrent autour des siennes et le Griffondor secoua doucement la tête.

- Ce n'est pas le même combat. Répliqua-t-il.

- Tu penses peut-être que je ne fais rien parce que je suis empathique et que j'ai pitié de Zabini…

- C'est le cas, non?

- Bien évidemment que j'ai pitié de Zabini. Une roche aurait pitié de Zabini. Mais, si je ne fais rien, c'est parce que je ne veux plus me battre. Ron est obnubilé par lui. Il ne voit que lui.

- Syndrome du sauveur.

- Tu dois t'y connaître.

Un sourire apparut sur le visage d'Harry alors qu'Hermione laissait échapper un gloussement.

- Je ne sais pas pourquoi il est comme ça, mais… je sais juste qu'il veut être là pour lui… qu'il veut toujours être là… Je ne me battrai pas pour lui. Mais, retournons à notre sujet principal.

- Qui est?

- Toi, Monsieur Potter. Siffla Hermione. Je ne veux plus entendre que tu es à l'infirmerie.

- Ça je ne peux pas te le promettre.

- Alors, que peux-tu me promettre?

Son regard se posa sur la porte afin d'éviter le regard noisette d'Hermione.

- Je peux te promettre que je ne veux pas être malheureux et que, pour cela, il faut que je me trouve. Il faut que je sache qui je suis et ce que je veux. Je dois aider, mais pas comme je le faisais avant. Je dois trouver une manière d'aider qui ne me met pas en danger. Et je vais trouver.

Les lèvres d'Hermione se posèrent alors sur sa joue et elle lui pinça le nez avec une moue réprobatrice.

- J'imagine que cela veut dire que je vais devoir continuer à venir dans cette infirmerie. S'énerva-t-elle faussement.

- Je pense que je vais y déménager.

Elle roula des yeux avant de se lever.

- Je vais revenir plus tard, je dois aller en cours.

Harry hocha la tête avant de fermer les yeux. Il avait tellement de sommeil en retard, cela ne le dérangerait nullement de dormir pendant encore 100 ans…

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Son meilleur ami était déjà endormi lorsqu'Hermione décida de sortir de l'infirmerie. Elle poussa presque un petit cri en voyant Ron. Malgré elle, elle sentit son cœur bondir dans sa poitrine et dut se faire violence pour ne pas montrer son trouble.

- Qu'est-ce que tu fais là? Demanda-t-elle calmement.

Une part d'elle aurait eu envie d'ajouter que son maître n'était pas à l'infirmerie et qu'il devrait se grouiller de retourner après de lui, mais elle se retint de justesse. Elle n'avait aucune envie de se battre. Elle savait, comme tout le monde, que l'intimidation avait monté en flèche dans l'école, pourtant elle ne faisait rien. Elle n'avait envie de rien faire. Elle était… fatiguée… et cette situation avec Ron ne faisait que l'épuiser davantage. Elle n'haïssait pas Zabini. Comment aurait-elle pu l'haïr après avoir vu ces horribles vidéos… Elle eut presque envie de se boucher les oreilles en se souvenant des hurlements…. déchirants… perçants… insupportables… Mais, elle ne ressentait pas ce dévouement que Ron ressentait. Elle n'avait jamais ressenti ce dévouement et elle n'aurait jamais imaginé que Ron pouvait le ressentir.

- Harry… Commença prudemment Ron.

- Il ne sera pas fâché longtemps. Rassura la brunette. Il est épuisée et de mauvaise humeur… tu es la cible facile tout simplement.

- Je sais que je ne suis pas… toujours là…

Depuis quand Ron avait-il appris le magnifique procédé stylistique qui se nommait l'euphémisme? Elle était presque tentée de lui dire qu'un fantôme était bien plus présent que Ron.

- Je suis encore votre ami. Assura-t-il. Je serais toujours là pour vous. Harry et toi.

Il s'approcha alors d'elle et Hermione dut se faire violence pour ne pas trembler. Cela faisait combien de temps qu'il n'avait pas été aussi proche d'elle? Que son attention n'avait pas entièrement été sur sa personne?

- Une part de lui le sait. Je t'assure. Tu es juste une cible facile.

- Est-ce que tu es fâchée… toi aussi?

La question à dix millions de dollars. Elle n'était pas fâchée. Elle ignorait ce qu'elle ressentait exactement. De la tristesse. Toujours de la tristesse. Elle n'avait aucune envie de se battre, bec et ongles sortis, elle voulait simplement se recroqueviller sur elle-même t éclater en sanglots. Pour tout ce qu'elle avait perdu.

- Je ne suis pas fâchée. Rassura-t-elle. Quant à Harry, il vient de se réveiller. Donne-lui le temps de se ressaisir.

Ron hocha la tête avant de se mettre à rire. Son rire n'avait rien de joyeux. Il semblait juste complètement vide et douloureux.

- Je n'ai même pas réalisé que mon meilleur ami était drogué et qu'il ne dormait pas. C'est vraiment n'importe quoi, pas vrai?

- Tu es occupé. Déclara-t-elle.

Avec Zabini. Toujours avec Zabini. Elle ignorait complètement si elle aurait pris la situation aussi bien si elle n'avait pas vu la vidéo. Elle aurait probablement voulu… Ah… À quoi bon se poser des questions sur ce qui n'était pas?

- Je suis occupé… Je ne peux pas le laisser. Dès que je suis loin de lui, j'ai peur.

- Je comprends.

- Non, tu ne comprends pas. Souffla Ron. Je n'ai pas peur, je suis terrifié. Terrifié qu'il fasse quelque chose d'horrible… Terrifié que quelqu'un en profite pour lui faire du mal… Terrifié que je le perde à jamais…

Et elle était terrifiée que son cœur ne supporterait pas un énième coup de couteau. Elle posa sagement les mains sur celles du roux et celui-ci leva des yeux bleus frustrés sur elle.

- Es-tu terrifié à l'idée de perdre Harry?

Ou moi. Avait-elle envie de lui hurler. Le Griffondor sembla, pendant quelques instants, complètement perdu et Hermione fut tentée d'éclater de rire. Ne réalisait-il pas… Ne réalisait-il pas ce qu'il faisait?

- Je… Harry n'est pas comme Zabini. Il est fort.

- Il est à l'infirmerie en ce moment. Souffla Hermione. Je ne pense pas qu'il soit aussi fort pour que tu l'imagines.

La même chose valait pour elle. Combien de temps voulait-il qu'elle l'attende? Elle était si idiote… il ne lui avait jamais demandé de l'attendre… c'est elle qui avait décidé de rester là… figer… à attendre un signe de sa part pour continuer sa vie. N'était-ce pas pathétique?

- Combien de temps… penses-tu qu'il t'attendra?

Les mains robustes se posèrent sur ses épaules et Hermione releva brusquement la tête.

- Attends-moi. Ordonna-t-il.

- Nous ne parlons pas de moi.

- Attends-moi.

Pourquoi faire?

- Es-tu amoureux de Zabini?

Les yeux bleus s'écarquillèrent et il la fixa comme s'il pensait qu'elle venait de perdre la tête. Un poids s'éleva de sa poitrine en voyant ce regard. D'accord… D'accord…

- Je t'attendrai. Finit-elle par dire.

Et le soupir soulagé que Ron laissa échapper lui fit chaud au cœur. Tant que Ron ne tombait pas amoureux de Zabini… Il y avait encore de l'espoir pour eux.

À suivre…