Disclaimer: Les personnages de cette histoire ne m'appartiennent pas et appartiennent, bien évidemment, à J.K Rowling! Par contre, cette histoire m'appartient.
Message : Cette fic prend en considération jusqu'au 4ème livre d'Harry Potter.
Message de l'auteur : Bonjour tout le monde! Alors, voici le nouveau chapitre!
Chapitre 18
Severus ne pouvait que fixer, assez stupidement d'ailleurs, ce groupe d'adolescents qui venait de lui parler d'un plan qui promettait soit des situations catastrophiques ou extraordinairement catastrophiques. Ses yeux se fixèrent sur McGonagall qui semblait sincèrement réfléchir à l'idée que ces étudiants venaient de proposer. Donner des cours de défense? Il comprenait l'idée, mais cela pouvait emmener plusieurs complications. Notamment que les intimidateurs auraient de nouvelles techniques de combat ou encore que les victimes décident de se venger en utilisant les dites nouvelles techniques. Il était idiot de donner une arme d'une telle importance à un adolescent et espérer qu'il agisse correctement.
- C'est une idée très intéressante. Déclara calmement McGonagall. Et je l'accepterais avec certaines conditions.
Les yeux bridés de Severus faillirent s'arrondir, mais il se retint de justesse. Le corps enseignant devait afficher un front uni… même s'il ne voyait pas du tout comment cette idée ne pouvait pas tourner à la catastrophe.
- Ma première condition est que deux enseignants seront avec vous en tout temps lors de ces réunions.
Le regard en coin que la direction lui lança lui expliqua très bien qu'il ferait partie des enseignants en question. Et il pouvait déjà deviner qui serait l'autre enseignant… Severus dut se faire violence pour ne pas montrer les dents. D'accord, il avait accepté la présence de Sirius Black dans son école, mais devait-il vraiment travailler autant avec lui? Quelle merde…
- Ma deuxième condition est que vos réunions ne seront pas toujours pour vous apprendre à vous battre.
- Alors, que ferons-nous? Demanda avec intérêt Hermione Granger.
- Je veux que vous parliez de vos émotions. Et ce sera à vous de montrer l'exemple.
Severus faillit pousser un soupir en voyant Blaise Zabini pâlir dangereusement. Le mulâtre vaciller entre l'ennui total et le désespoir. Il ignorait quoi penser. Après tout, il était là de son plein gré avec cette idée étrange. Théodore Nott, quant à lui, regardait intensément ses souliers. Et Severus ne voulait même pas parler du regard vide de Drago Malfoy. Espéraient-ils vraiment que ces enfants puissent aider qui que ce soit lorsqu'ils semblaient incapables de s'aider eux-mêmes? N'était-ce pas complètement ridicule?
- Nous acceptons. Déclara d'emblée Harry Potter.
Au moins, il avait la satisfaction de pouvoir dire que le brun ne ressemblait plus à un cadavre ambulant. Ce qui ne voulait nullement dire qu'il allait bien… Super… vraiment super…
- Alors, dès que nous aurons trouvé une pièce pour vos cours et que vous aurez une liste d'élèves qui désirent s'inscrire… vous pourrez commencer.
Le ton final de McGonagall annonçait clairement que la discussion était close. Le petit groupe d'étudiants décida aussitôt de s'éclipser et Severus attendit, avec résignation, ce qu'il savait que la directrice ne tarderait pas à annoncer.
- Severus, Sirius, je désire que vous surveilliez ces cours.
Il ne prit même pas la peine d'argumenter ou de dire quoi que ce soit. Severus se contenta d'hocher la tête avant de sortir de la pièce. Travailler aussi étroitement avec Black… Il aurait dû deviner que son acte de charité finirait par lui faire regretter sa décision. Il pouvait à peine supporter l'ancien Griffondor lorsqu'ils étaient dans le même pays… alors que dire de la même pièce? Et ils allaient être obligés de se parler… de se côtoyer… de collaborer… Le métis passa une main rageuse dans sa chevelure noire qui lui tombaient sur les épaules. Il n'avait pas pris le temps de les couper depuis un long moment… Peu lui importait. Il savait qu'il ne ressemblerait jamais à un sexe symbole… contrairement à Black malgré les années de prison.
- Rogue, attend! S'écria Black derrière lui.
Le métis poussa un soupir avant de se tourner. Être cordial… ne pas lui lancer un sort entre les deux yeux… Prendre de profondes respirations et ne pas laisser la haine, la colère et le ressentiment l'envahir… Plus facile à dire qu'à faire malheureusement. Black s'arrêta à une bonne distance de lui, ses yeux bleu ciel le transperçant sans le moindre ménagement.
- Quoi? Demanda-t-il d'une voix qu'il espérait neutre.
- Nous devons travailler ensemble.
- Merci pour cette brillante observation.
L'ancien Griffondor le fusilla vicieusement du regard avant d'essayer de garder son calme. Au moins, il avait l'immense satisfaction de pouvoir dire que Black le détestait toujours autant. Excellent. Vraiment excellent. Tant qu'il n'était pas le seul à sentir cette colère bouillonnante, il se sentait mieux.
- Afin de pouvoir travailler ensemble, nous devons mettre le passé derrière nous.
Merlin… À quel point aurait-ce été facile de faire une remarque foudroyante et sarcastique sur ce que Black venait de dire? Mais, il ne pouvait pas penser à lui. Pas pour l'instant. Pas quand même le grand Harry Potter avait failli craquer et que son école semblait être le terrain d'une autre guerre.
- Cela fait longtemps que j'ai mis le passé derrière moi. Mentit glacialement Severus. Tout ce que j'espère c'est que tu fasses ton travail aux meilleurs de tes capacités.
Black s'approcha soudainement de lui, s'arrêtant à quelques pas de son visage. Les sourcils de Severus se froncèrent et il dut se faire violence pour ne pas réagir et se saisir de sa baguette. Black avait toujours fait ça. Se mettre devant lui et le regarder de haut… comme s'il voulait lui rappeler qu'il était plus grand que lui. Bravo pour lui. Cela avait toujours permis à Severus de lui lancer un sort en bas de la ceinture sans qu'il ne s'y attende.
- Je suis aussi doué que toi. Siffla l'ancien Griffondor. J'ai juste moins de pratique parce que j'ai été injustement mis en cage.
- C'est une histoire très triste, Black. Tu devrais la dire durant nos séances de thérapie avec nos élèves.
Les yeux bleus indiquaient clairement que Black était à deux doigts de lui donner un coup de poing. Severus ignorait s'il désirait qu'il le fasse ou non. Une part de lui adorerait cela, puisque ça lui donnerait une raison de lancer un sort au brun, mais il savait qu'il devait afficher un front uni avec cet homme qu'il détestait depuis si longtemps…
- Est-ce tout ce que tu voulais me dire? Demanda calmement le métis.
- Tu agis comme si tu étais la victime du grand méchant loup…
Les paroles de Black se coincèrent dans sa gorge ne réalisant qu'en effet… il avait dû affronter le grand méchant loup lorsqu'il avait 15 ans… tout cela part sa faute. Severus s'obligea, avec toutes ses forces, à ne pas perdre son sang froid. Il devait avoir l'air calme pour ses élèves. S'il se mettait à se battre avec Black, qui était un ancien Griffondor, de quoi aurait-il l'air face aux Serpentards? Que pourrait-il dire? Il devait prouver à ses élèves qu'une relation saine pouvait exister entre eux et les autres maisons… Il était l'exemple… Parfois, il détestait vraiment être un enseignant.
- Ce que je veux dire… c'est que nous nous sommes mutuellement fait du mal, ok? Je t'ai fait des blagues, tu m'as fait des blagues… Peut-on tourner la page?
Juste le fait qu'il appelait le fait de le persécuter dans sa jeunesse "des blagues" lui donnait des envies de meurtre.
- Tu n'as pas encore compris Black. Déclara-t-il d'une voix condescendante. Cela fait longtemps que j'ai tourné la page, à présent nous avons une relation professionnelle. Rien de plus.
- Tu mens.
- Je ne perdrai pas mon temps à mentir. Rétorqua froidement Severus. Nous avons un travail à faire et tu es entrain de nous faire perdre notre temps.
Le métis fit un pas en arrière et, à sa grande irritation, Black se saisit de son bras afin de le retenir. L'ancien Griffondor écarquilla les yeux avant de le relâcher comme s'il venait de le brûler. Ah oui… Quelle était donc cette magnifique chanson… Était-ce sa peau qui contenait une maladie dégoûtante ou bien ses cheveux? Peut-être les deux…
- Soyons clairs, Black. Tu me parles uniquement si c'est pour notre travail, sinon ne m'adresse plus jamais la parole.
Il eut enfin la satisfaction de pouvoir tourner le dos à Black et de s'éloigner de l'un de ses cauchemars de jeunesse.
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Harry s'empressa de rattraper Malfoy, malgré le fait que celui-ci semblait vouloir marcher aussi vite que la lumière. Il posa fermement sa main sur l'épaule menue du blond et celui-ci se tourna lentement dans sa direction. Ses yeux gris le transpercèrent aussitôt, et Harry ne put que déglutir avec peine en fixant ce regard clair.
- Potter… est-ce que ça va? Demanda doucement le Serpentard.
- Oui… heu… je voulais savoir…
Il ne savait même pas ce qu'il voulait savoir. Le regard du blond semblait lui avoir lobotomisé le cerveau et il ne l'appréciait nullement. Il se secoua doucement la tête alors que le Serpentard croisait les bras sur sa poitrine.
- Je voulais savoir si tu étais confortable avec l'idée de ces séances de… thérapie.
- Absolument, de toute façon, je n'ai rien à dire.
Harry fronça aussitôt les sourcils alors que Malfoy continuait à le fixer de son regard trop clair.
- Qu'est-ce que tu veux dire? Voldemort a vécu dans ta maison durant des mois.
- Et il ne m'a jamais rien fait. Je n'étais rien de plus qu'une… statue vivante dans cette maison. Les gens ne seront pas intéressés par mon récit, crois-moi.
- Malfoy…
- L'histoire de Zabini ou celle de Nott sera beaucoup plus intéressante et inspirante. C'est ce que je veux.
- Protéger les Serpentards?
Une lueur trouble traversa le regard de Malfoy alors que ses lèvres s'entrouvraient légèrement. Malgré lui, Harry ne put s'empêcher de penser à la fois où Malfoy l'avait touché… Un moment dégoûtant parce que le blond ne l'avait pas désiré, mais…
- Je veux… Je veux simplement changer les choses. Mais, je n'ai aucun pouvoir... Mon histoire n'est pas… dramatique ou tragique… elle n'est pas courageuse ou extraordinaire… Ce n'est… qu'une histoire parmi tant d'autres. Et nous avons besoin d'un miracle pour que les choses s'arrangent.
- Les miracles n'existent pas.
- Tu as tord… Tu es un miracle.
Harry s'approcha lentement du blond et posa les mains sur ses épaules. S'il le voulait, il pouvait presque toucher cette chevelure blonde qui était si douce… S'il le voulait, il pouvait… arrêter d'y penser parce qu'ils avaient d'autres chats à fouetter.
- Je n'en suis pas un. Rétorqua Harry. Par contre, je vais faire de mon mieux pour essayer d'arranger les choses.
- D'accord…
Malfoy s'apprêtait visiblement à se dégager de son étreinte, mais Harry ne fit que resserrer ses doigts.
- Et tu as tord. Ton histoire est digne d'intérêt.
Un minuscule sourire se forma sur les lèvres de Malfoy, comme s'il croyait qu'il le traitait comme un enfant. Harry faillit grogner face à cette pensée.
- Elle est digne d'intérêt. Pour moi. Poursuivit le brun. Tu as toujours été digne d'intérêt à mes yeux.
Il ignorait ce qu'il essayait de dire à Malfoy, mais, de toute évidence, le blond ne semblait pas le prendre au sérieux.
- Tu es… un homme bon, Potter. Je n'aurais jamais cru que je dirais une chose pareille sur qui que ce soit après cette guerre, mais tu l'es. Et je suis désolé… si désolé de t'avoir fait souffrir.
- N'essaye pas de changer de sujet. Répliqua Harry. Et je suis loin d'être une bonne personne. Je voulais ignorer qu'il y avait un problème dans cette école, tu t'en souviens? C'est toi qui a agi!
Malfoy se dégagea doucement de son étreinte, ses yeux clairs ne le quittant pas une seule seconde. Il n'avait jamais remarqué à quel point Malfoy était… beau. Un frisson le traversa face à cette pensée et il essaya vainement de la repousser.
- Je n'ai pas agi. Rétorqua le Serpentard. Je ne peux pas agir.
- De quoi est-ce que tu parles?
- Qui m'écouterait même si je voulais faire quelque chose? Je ne suis… Cela importe peu Potter. Nous nous reverrons dans quelques jours d'accord? J'essayerai de convaincre le plus de Serpentards possibles de se joindre à nos cours… essaye de convaincre les autres maisons, s'il te plait.
Et le blond partit sans lui laisser le temps de dire quoi que ce soit. Quelle histoire…
À suivre…
