Disclaimer: Les personnages de cette histoire ne m'appartiennent pas et appartiennent, bien évidemment, à J.K Rowling! Par contre, cette histoire m'appartient.
Message : Cette fic prend en considération jusqu'au 4ème livre d'Harry Potter.
Message de l'auteur : Bonjour tout le monde! Alors, voici le nouveau chapitre!
Chapitre 20
Le hurlement qui réveilla Drago ne le surprit même pas. Ses yeux gris s'ouvrirent lentement, mais il ne prit même pas la peine de se lever. Cette femme hurlait… elle hurlait si fort… elle hurlait à s'en écorcher les poumons, mais cela ne servait à rien. Personne ne viendrait jamais la sauver. Le blond se redressa péniblement, les oreilles grandes ouvertes malgré l'inutilité de cette action. Il ne pouvait rien faire. Il ne pouvait rien faire. Une part de lui ne pouvait s'empêcher de supplier cette femme de se taire une bonne fois pour toute. À quoi bon de toute façon? Est-ce que cela changerait quelque chose à sa torture? Mais, même si elle arrêtait de crier… d'autres hurlements remplaceraient les siens. Parce qu'il y avait toujours d'autres hurlements.
Toujours d'autres supplications. Voici la vie qu'il devait vivre dans sa demeure qui était devenue celle du Seigneur des Ténèbres. Il se dirigea, d'un pas monotone, jusqu'à sa salle de bain et prit soin de son hygiène par des mouvements automatiques. Après avoir fait cela, il enfila ses vêtements et se rassit sur son lit. Il ignorait pourquoi il prenait la peine de s'habiller chaque jour. Après tout, la plupart du temps, il était enfermé dans sa chambre. Il n'était d'aucune utilité après tout. Il n'avait que 16 ans et ne servirait à rien, avant sa majorité, dans les combats contre l'Ordre du Phénix. Son père était assez aimé du Seigneur des ténèbres, ce qui voulait dire qu'il n'y avait aucun avantage à le torturer pour le faire craquer. En tout et pour tout, il ne servait absolument à rien.
Son insignifiance était presque dégoûtante s'il n'avait pas été si résigné. Les hurlements cessèrent pendant quelques minutes et le blond poussa un léger soupir. Il savait ce que cela voulait dire. La femme s'était probablement évanouie et elle n'allait pas tarder à se remettre à hurler de plus belle. Il ne réagit même pas quand les cris reprirent comme il l'avait prédit. Il n'y avait aucune surprise dans cet endroit… Aucune surprise… Quelqu'un ouvrit brusquement sa porte et Drago leva lentement les yeux. Un mangemort se trouvait devant lui, un sourire goguenard aux lèvres.
- Tu as une mission Malfoy. Déclara-t-il.
Le cœur de Drago se mit à tambouriner dans sa poitrine en entendant cette phrase. Quelle mission pouvait-il bien avoir? Il ne servait à rien dans cet endroit. Il se redressa et se mit à suivre le mangemort qui continuait à sourire, visiblement amusé par son malaise. Il se retrouva alors dans les donjons de sa maison et ne put s'empêcher de déglutir avec peine. Le mangemort ouvrit alors une porte et Drago dut se faire violence pour ne pas se mettre à vomir en sentant l'odeur nauséabonde. Son cœur se crispa dans sa poitrine en voyant que cette horrible odeur venait du corps brisé d'une femme à la chevelure rousse. Elle posa sur lui un regard vide de toute expression, semblant avoir perdu toute envie de vivre ou de se battre.
- Pourquoi m'avoir emmené ici? Souffla Drago d'une voix incertaine.
- Pour que tu observes, bien évidemment.
Le mangemort retira alors sa cape et déboutonna son pantalon. Des frissons d'horreur se mirent à traverser le corps de Drago et il recula d'un pas alors que le mangemort ne prenait même pas la peine de retirer ses vêtements, se contentant de sortir son érection de celui-ci. Il allait vomir… Il allait vomir… Le mangemort s'approcha alors de la femme, la prenant violemment par les cheveux.
- Regarde bien Malfoy. Tu vas devoir t'y mettre bien assez tôt.
La brutalité de la scène lui donna l'envie folle d'hurler… d'hurler à s'en arracher les poumons… d'hurler jusqu'à ce que du sang dégouline de sa bouche et que tout son dégoût disparaisse… Et la femme rousse qui avait les yeux si vides alors qu'elle se faisait violer sans la moindre pitié… et lui qui regardait… qui regardait sans rien faire… qui regardait sans réagir…
- Arrêtez… Arrêtez! Eut la force d'hurler Drago. Arrêtez! Arrêtez!
À son grand soulagement, le mangemort arrêta ses coups de boutoir, le fixant avec intérêt.
- Tu veux que j'arrête Malfoy?
- Oui… Oui…
Un immense sourire se forma sur les lèvres du mangemort et il hocha avec enthousiasme la tête.
- D'accord. À une seule condition.
- N'importe quoi…
Le mangemort prit alors son sexe entre les mains, son sourire s'élargissant davantage.
- Prends sa place, Malfoy.
Le cœur de Drago s'arrêta dans sa poitrine et sa première réaction fut de se plaquer contre un mur. La femme rousse le fixait avec une apathie écœurante alors que le mangemort éclatait d'un rire lubrique. Il ne voulait plus voir cette scène… Il ne voulait plus que cette femme souffre… Il ne voulait pas être là… Il n'était pas censé être là… Devait-il prendre sa place? Devait-il accepter d'avoir le sexe de cet homme en lui? Le punissant pour des crimes dont il ne savait rien? Il se laissa tomber au sol et enfouit sa tête contre ses genoux. Il ne voulait plus rien voir… Il ne voulait plus rien voir…
- C'est ce que je me disais. Cracha le mangemort.
Drago se boucha alors les oreilles en l'entendant recommencer à violer la femme dont il ne connaissait rien. La femme qui ne lui avait rien fait. La femme qu'il avait refusé de sauver.
()()()
Severus regardait avec une résignation grandissante le petit groupe qui se trouvait devant lui. De toute évidence, leur plan était à point et il n'avait qu'à s'incliner. Malheureusement, ce plan semblait vouloir dire qu'il allait passer au moins deux heures supplémentaires par jour à être en compagnie de Black et à essayer d'exécuter un plan qui avait tant de failles qu'il ne prenait même pas la peine de les compter.
- Nous avons commencer à en parler à tout le monde et plusieurs personnes semblent intéressées. Expliqua Granger, avec un sourire victorieux. Je pense qu'au début nous serons peut-être une trentaine, mais après… peut-être que nous serons de plus en plus nombreux!
Oui… Plusieurs jeunes apprenant à se battre ensemble et parlant de leurs sentiments… Cela ne pouvait que bien se passer. Et lequel de ces jeunes allaient se dévouer pour partager ses pensées les plus intimes? Potter? Zabini? Malfoy? Quelle bonne blague… Mais, il s'agissait d'un plan. Il fallait bien qu'ils essayent quelque chose… même si son côté pessimiste ne pouvait qu'en être désespéré. Il jeta un bref regard en direction de Black qui semblait aussi enthousiasme que lui. Qu'est-ce que cet homme voulait de plus? Il était cordial non? Il était professionnel. Personne ne pouvait lui demander d'en faire plus. Surtout pas pour un homme comme Black.
- Excellent, Mademoiselle Granger. Déclara le métis sur un ton qu'il espérait conciliant. Vous pouvez partir à présent.
Tous les jeunes partirent alors et Severus dut se faire violence pour ne pas pousser un soupir de soulagement. Il se tourna en direction de Black, lui lançant un regard perçant. Les yeux bleu ciel se posèrent sur lui et l'ancien Griffondor fronça les sourcils. Combien de fois avait-il entendu, lorsqu'il était à Poudlard, que Black ressemblait à un prince charmant? Bien trop de fois pour s'en rappeler adéquatement. Il ne pouvait blâmer ces idiotes qui avaient décidé de complètement ignorer sa personnalité de merde et préféraient se concentrer sur son visage de dieu grecque.
- Alors… si je comprends bien leur plan… Il y aura une heure consacrée au corps-à-corps, et une heure consacrée à cette soi-disant "thérapie".
- Je suis heureux de voir que tu sais lire. Répliqua d'un ton monotone Severus.
Un éclair de rage traversa les yeux bleus de Black, mais il reprit difficilement son calme. Exactement, qu'il reprenne son calme. Que comptait-il faire exactement? Le jeter dans le lac? Il croisa les bras sur sa poitrine tout en affichant un air défiant.
- Rogue, j'en ai vraiment marre de ton attitude. Siffla l'ancien Griffondor.
- Tu m'en vois désolé.
- Exactement! Ton sarcasme… ta condescendance… Arrête d'agir comme si j'étais en-dessous de toi.
Allaient-ils continuer à avoir les mêmes conversations jusqu'à la fin de leur vie? Cela promettait d'être énervant. Severus se redressa calmement, ses yeux mauves rivés sur Black. Il n'en avait rien à faire des sentiments de cet homme. Il n'allait pas agir comme s'ils étaient amis, alors qu'il aurait voulu ne jamais le revoir.
- Je te traite comme un collègue, Black. Rétorqua le métis. Arrête de penser que tu es spécial. Je sais que ton égo te permet difficilement de te mettre au même niveau que nous simples mortels…
- Je n'ai jamais eu un égo démesuré. S'énerva Black.
- Bien évidemment que non… Où avais-je donc la tête?
Severus roula alors des yeux avant de faire un pas afin de pouvoir partir de cette pièce. Il n'allait certainement pas passer plus de temps que nécessaire avec un homme qu'il exécrait. À sa grande irritation, Black le retint par l'épaule. Il lui jeta un regard noir et s'attendait à ce qu'il retire sa main comme s'il l'avait brûlé.
- Je veux juste mettre le passé derrière moi, et tu ne fais rien pour rendre les choses faciles. Expliqua l'ancien Griffondor. Je veux juste…
- Je me fiche éperdument de ce que tu veux.
- Nous sommes collègues. Nous devons montrer un front uni. Je sais que j'étais un véritable morveux avec toi quand nous étions à l'école. Je faisais des blagues stupides, mais bordel! Je n'étais qu'un adolescent!
Des blagues stupides… Un adolescent… Un morveux… Tout cela semblait si anodin. Si quelqu'un écoutait Black, probablement qu'il aurait l'impression que Severus s'attardait sur des détails futiles et ridicules… sur des moments sans importance et sans répercussion. Sur des moments qui n'avaient pas changé sa façon de voir le monde.
- Est-ce que tu sais combien d'amis j'avais à Poudlard, Black? Demanda doucement le métis.
- Il y avait Lily. Répondit aussitôt l'ancien Griffondor.
Ses sourcils se froncèrent alors en essayant de penser aux autres amis qu'il avait bien pu avoir.
- Il n'y en avait pas d'autres.
- Ce n'est pas de ma faute si tu étais antisocial Rogue. Répliqua Black.
- Ils avaient peur de s'approcher de moi, les autres élèves.
Pourquoi perdait-il son temps à parler à Black? C'était comme parler à un mur de briques. La main du brun continuait à lui serrer l'épaule et il ignorait pour quelle raison il ne le repoussait tout simplement pas. Peut-être parce qu'il s'agissait de l'une des premières fois que Black le touchaient sans afficher une mine de pure dégoût… Va savoir comment son cerveau fonctionnait parfois.
- Tu faisais assez peur. Approuva l'ancien Griffondor. Tu connaissais tellement de mauvais sorts.
- Même quand j'étais en première année? Je connaissais tellement de mauvais sorts en première année? Siffla Rogue.
- Je ne comprends pas.
- Bien évidemment que tu ne comprends pas. Tu ne veux pas comprendre.
Il en avait marre de cette conversation. Severus se dégagea alors violemment de l'emprise de Black et lui tourna brusquement le dos. Pourquoi perdait-il son temps à essayer de lui expliquer? Pourquoi perdait-il son temps à essayer de lui faire voir que d'être rejeté de cette façon par les grands maraudeurs avaient fait de lui un paria durant toute sa scolarité? Cela ne servait à rien… rien du tout…
- Black, je te vois comme un collègue. Le passé n'a pas d'importance. Expliqua Rogue. Alors, fais ton travail et tu n'entendras pas le moindre commentaire de ma part.
Il partit alors sans se retourner. Il n'avait pas que ça à faire de toute façon.
()()()
Harry se dirigea en courant jusqu'à Malfoy, l'arrêtant en posant délicatement sa main sur son épaules. Le blond leva un sourcil interrogateur en le voyant.
- Potter? Salua-t-il.
- Heu… Je voulais juste savoir…
Sirius lui avait dit que d'apprendre à le connaître était la seule façon de savoir ce qu'il ressentait réellement. Malheureusement, il devenait automatiquement le pire des idiots dès qu'il commençait à être attiré par quelqu'un. Et en voyant le regard perplexe de Malfoy, il ne pouvait que se sentir encore plus mal à l'aise.
- Je voulais juste savoir si tu aimais le… fromage?
Pouvait-il être encore plus pathétique? Les yeux gris s'écarquillèrent brusquement, ne sachant pas du tout comment répondre à cette question complètement idiote. Harry avait l'horrible impression d'être le pire idiot de la planète.
- Je… Oui. Répondit Malfoy avec hésitation. Et… toi?
- Heu… ouais quand même.
Le Serpentard cligna lentement des yeux avant de faire un pas en arrière.
- Était-ce tout ce que tu voulais me dire? Demanda-t-il.
- Heu… ouais.
- D'accord. Bye alors.
Le blond lui tourna alors le dos et partit sans demander son reste. Hé bien… S'il n'était pas le plus grand idiot de la Terre, il ne savait pas comment on devait l'appeler.
À suivre…
