Disclaimer: Les personnages de cette histoire ne m'appartiennent pas et appartiennent, bien évidemment, à J.K Rowling! Par contre, cette histoire m'appartient.
Message : Cette fic prend en considération jusqu'au 4ème livre d'Harry Potter.
Message de l'auteur : Bonjour tout le monde! Alors, voici le nouveau chapitre!
Chapitre 24
Drago déposa aussi calmement que possible la lettre qu'il venait de recevoir. Le fait qu'il venait de recevoir une lettre de la part du chef des aurors lui disait clairement que la situation dans laquelle il se trouvait était des plus sérieuses. Il eut une légère grimace. Bien évidemment que cette situation était sérieuse. Il venait d'obliger les aurors à faire leur travail, et il savait que sa crédibilité allait être mise à rude épreuve. Il s'en fichait. Il n'allait plus rester, les bras croisés, à ne rien faire. Il savait qui avait violé Pansy et il devait au moins lui donner ça. Il n'avait rien fait alors que la jeune fille se faisait violer sans la moindre pitié. Il s'était contenté de lui tapoter la main en racontant des inepties variant du "tout ira bien" au "ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort". Pansy avait décidé qu'elle n'était pas assez forte et s'était enlevé la vie.
Terry Boot devait payer pour ça. Quelqu'un, pour une foutue fois, devait payer pour les crimes qu'il avait commis. Et lui? Quand paierait-il pour les crimes qu'il avait commis? Quand devra-t-il payer la taxe de ses péchés? Ses yeux se fermèrent douloureusement et il s'obligea à prendre de profondes respirations. Il ne pouvait pas perdre son calme. Il devait être fort. Personne ne pouvait l'aider. Non, ce n'était pas vrai. Pour une fois, il refusait que quiconque l'aide. Personne ne serait plus puni à sa place. Personne ne souffrirait à sa place. Pour une fois, il serait celui qui se sacrifierait. Pour une fois, il ne se boucherait pas les oreilles en essayant d'ignorer les cris… Des cris si perçants… des cris si puissants… Son visage se crispa sous les souvenirs. Il devait retrouver son calme. Il reprit la lettre du chef des aurors, bien décidé à la mémoriser.
Bonjour Monsieur Malfoy,
Comme vous nous l'aviez fait remarquer, le fœtus possédait effectivement l'ADN de Monsieur Terry Boot. Cependant, cela ne fait que prouver qu'il entretenait une relation sexuelle avec Pansy Parkinson. Une enquête est en cours et nous apprécierions grandement votre assistance.
Jonas Huron
Chef des aurors
Bien évidemment, le fait que Pansy s'était suicidée et que l'enfant qu'elle portait était celui de Boot ne pouvaient qu'être une coïncidence. Le blond déposa vivement la lettre et se redressa. Un prédateur tel que Terry Boot avait sûrement fait d'autres victimes. Les ordures telles que lui ne s'arrêtaient jamais à une seule victime. Jamais. Il allait devoir essayer de découvrir qui pouvaient bien être les autres victimes tout en s'assurant que la réputation de ce connard de Serdaigle soit détruite à jamais. La manipulation médiatique était bien l'un des seuls outils qu'il maîtrisait avec facilité. Il sortit un papier et une plume avant d'hésiter pendant quelques secondes. S'il faisait cela, il se mettrait à dos les aurors. Mais, en même temps, le père de Terry Boot était un auror. Allaient-ils vraiment faire leur travail? Allaient-ils vraiment risquer le fils d'un collègue pour la fille d'un mangemort? Il en doutait fort.
Il aurait bien voulu avoir encore les illusions concernant le triomphe de la justice, mais cela faisait longtemps que celles-ci s'étaient évaporés. La justice n'était pas le droit du plus faible. La justice était le droit de celui qui se battait, griffes et ongles, pour l'avoir. Personne ne la donnait et elle ne faisait certainement pas de cadeaux. Il savait que certains journaux publieraient son point de vue et l'applaudiraient pour son courage, alors que d'autres n'hésiteraient nullement à le démolir. Il s'agissait d'un risque qu'il devait prendre. Pour enfin faire quelque chose… Pour ne plus faire de mal à quelqu'un par sa lâcheté… Comme il avait fait du mal à Potter.
Au simple souvenir du visage hagard du Griffondor et de ses yeux cernés par la fatigue, il eut la brusque envie de se prendre la tête entre les mains et d'hurler. À la place d'agir, il avait préféré obliger Potter à le faire. Et il l'avait rendu malade. Il lui avait fait du mal même si le Griffondor ne pouvait pas le voir. Il aurait voulu trouver un moyen de se faire pardonner, mais le brun ne réalisait même pas qu'il avait fait quelque chose de mal. Saint Potter… Incroyable Potter… Bien trop gentil pour être vrai Potter… Son cœur se mit à tambouriner dans sa poitrine en pensant au brun. Parfait Potter… Bien trop parfait pour lui… Et n'était-ce pas une des choses les plus tristes de ce monde? Que Potter était tellement au-dessus de lui que Drago n'osait même pas tendre le bras afin de l'atteindre de peur de le salir à jamais. Comme il l'avait fait lorsqu'il l'avait masturbé.
Quelque chose d'aussi puissant, mais d'aussi horrible… parce que, connaissant maintenant Saint Potter, il pouvait parier que le brun s'était senti horriblement mal alors qu'il n'avait fait que lui dire des paroles en l'air. Drago avait été celui qui avait décidé de prendre les choses en mains, littéralement. Il avait été celui qui avait décidé de le toucher… Cela lui avait semblé comme un prix acceptable à payer afin d'obtenir ce qu'il désirait. Et même en voulant donner du plaisir à Potter, il lui avait fait mal. Quelle ironie… L'ironie de sa vie… Faire quelque chose de bien, de juste semblait être contre sa nature. Mais, il s'en fichait. Il serra fermement sa plume entre ses mains avant de commencer à écrire. Il s'en fichait complètement à présent parce que la seule personne à qui il pouvait faire mal en écrivant aux journaux était lui-même. Sa mère s'était réfugié en France depuis la fin de la guerre et son père était… il ne voulait même pas penser au sort de son père entre les murs pourris d'Azkaban. Il ne pouvait faire de mal à personne, sauf à lui-même… Et sa souffrance n'avait pas la moindre importance. En fait, elle était presque nécessaire… pour toute la souffrance qu'il avait regardé sans lever le petit doigt… Il s'agissait du prix à payer pour ses péchés.
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Blaise eut à peine le temps de contempler l'idée de se servir un verre d'alcool que Weasley pénétra dans sa chambre, tel un ouragan. Le mulâtre haussa un sourcil, tout en s'allongeant sur le ventre. Le roux ne perdit pas de temps avant de s'asseoir sur son lit et de le regarder droit dans les yeux. Blaise ne pouvait s'empêcher de remarquer que le Griffondor avait des yeux très bleus.
- Tu n'es pas saoul. Souffla le roux, visiblement soulagé.
Le Serpentard haussa un sourcil tout en s'empêchant d'éclater de rire. Il avait bien peur que son rire serait vaguement hystérique. Après tout, si Weasley était arrivé trente minutes plus tard, probablement qu'il serait ivre mort sur le plancher. Son état préféré.
- Non, je ne suis pas saoul. Répéta Blaise. Pourquoi est-ce que tu me dis ça?
- Neville pensait que tu l'étais. Expliqua Weasley.
- Alors quoi? Tes petits amis me surveillent?
Sa voix était un peu plus féroce qu'il ne le voulait. Lorsqu'il montrait la moindre agressivité, Weasley avait tendance à vouloir lui parler encore plus. Il n'avait aucune envie qu'il lui parle. En fait, il n'avait aucune envie qu'il soit dans sa chambre. Il voulait être seul… seul avec sa bouteille d'alcool et ses seringues de drogue. Était-ce donc trop demander? Il voulait seulement ne pas être regardé comme une foutue victime. Bouh hou hou, pauvre Blaise… Il avait compris bordel. Il savait ce qu'il était. Il savait qu'il était impur, souillé par le poids de ses hommes sur son corps, par leur souffle sur son visage, par leur haine à l'intérieur de lui… arrachant tout ce qui lui avait servi de fierté et d'amour propre. Et son père avait été celui qui lui avait donné le coup final. Il avait été détruit par l'horreur et achevé par l'honneur. N'était-ce pas presque poétique?
- Si mes "petits amis" voient que tu as un comportement suspicieux, ils viennent me voir. Approuva le Griffondor. C'est normal, non?
- En quoi est-ce normal!? S'énerva Blaise. Ah bref! Juste va-t-en!
La main de Weasley se posa délicatement sur son dos et le mulâtre la repoussa violemment. Il n'avait aucune envie d'être touché. Il n'avait aucune envie d'être regardé avec pitié. Il savait ce qui lui était arrivé, d'accord? Il n'avait pas besoin d'être consolé. Il n'avait pas besoin d'être traité comme une poupée. Il avait passé bien trop de temps à être une foutue poupée. La poupée à qui des gens disaient de se déshabiller… à qui des gens disaient de se mettre à genoux et de prendre encore et toujours… prendre jusqu'à ce que son corps se fende en deux et que la douleur soit presque insupportable… on lui avait même dit quoi dire. "Papa! Papa! Papa!" Pas que "Papa" soit venu le chercher. "Papa" était bien trop occupé à être la Justice. "Papa" était bien trop occupé à avoir l'air fort et inébranlable. Alors pourquoi l'obliger à hurler ce nom qui ne voulait plus rien dire à ses oreilles? Fascinant… Dégradant… Horrifiant… Il y avait tant d'adjectifs pour qualifier ce qu'il avait vécu. Tant d'adjectifs que les gens ne cessaient de lui jeter à la figure. Dégoûtant... Tragédie… Désespoir… Injustice… À quoi cela servait-il de dire ces mots? Est-ce que cela changeait ce qui lui était arrivé?
Weasley continuait à le regarder, semblant complètement pris au dépourvu. Que désirait-il voir exactement? Allait-il continuer à le regarder avec ce regard mêlé de pitié et de peur? Combien de fois allait-il devoir supporter ce regard qui ne cessait de dire qu'il allait probablement finir dans un hôpital psychiatrique. Qu'il était trop faible pour survivre… trop fragile… trop lâche… trop insignifiant… La poupée à qui on disait de survivre. La poupée à qui on disait d'ouvrir les jambes. La poupée à qui on disait de sourire, d'aller bien, maintenant… maintenant… Il devait sourire, maintenant. Il devait survivre, maintenant. Il devait hurler et hurler et hurler… jusqu'à ce que le mot "Papa" se fasse entendre. Pas que cela marchait. Son père n'entendait que la mélodie de la justice. Sa douleur n'était pas une symphonie assez élaborée. Blaise s'obligea à reprendre une respiration normale avant de lever un regard calme en direction de Weasley.
- Je n'aime pas que tu me fasses surveiller par tes amis. Je ne suis pas ton chien. Je n'ai pas besoin d'une lèche. Expliqua-t-il calmement.
- Je n'ai jamais voulu te faire sentir comme ça. Je veux juste t'aider.
- Tu es mon Sauveur. Cracha Blaise. Tu en as déjà beaucoup fait pour moi et je t'en remercie. Je veux juste être seul… Est-ce que tu pourrais revenir plus tard?
Weasley lui lança un regard empli d'hésitation et Blaise s'obligea à afficher un regard serein. S'il clignait des yeux trop longtemps, s'il respirait trop fort, s'il se mordait la lèvre, Weasley ne quitterait pas sa chambre et il désirait éperdument que le roux parte.
- Je vais revenir plus tard, repose-toi pendant ce temps.
Blaise hocha délicatement la tête avant de la laisser retomber sur son lit tout en fermant les yeux. Il entendit Weasley sortir de sa chambre et attendit quelques minutes avant de se précipiter jusqu'à sa bouteille de vodka et de prendre une seringue de drogue. Il s'approcha alors du miroir et se regarda droit dans les yeux. Il n'en pouvait plus du regard des autres… du regard empli de pitié qui se posait sur lui et qui lui rappelait sans cesse ce qui lui était arrivé… Il n'avait pas besoin de leur foutu regard, le sien était déjà assez brisé comme ça. En un mouvement facile, il enfonça dans son bras et eut un sourire de pur félicité en sentant la drogue se répandre dans son corps. Pendant quelques heures, il ne serait plus Blaise Zabini… Pendant quelques heures, il ne serait plus une poupée. Pendant quelques heures, il ne serait que le vide.
À suivre…
