Disclaimer: Les personnages de cette histoire ne m'appartiennent pas et appartiennent, bien évidemment, à J.K Rowling! Par contre, cette histoire m'appartient.

Message : Cette fic prend en considération jusqu'au 4ème livre d'Harry Potter.

Message de l'auteur : Bonjour tout le monde! Et voici le nouveau chapitre! Je répondrais maintenant aux reviews!

Chapitre 29

Blaise ouvrit lentement les yeux et se mit à fixer le plafond de l'infirmerie. Voilà… Il avait enfin la paix. Malfoy ne viendrait plus jamais lui parler… Il ne viendrait plus jamais lui demander de se battre… de l'utiliser comme une arme… Il se fichait éperdument de Boot et de sa tendance au viol. Cela ne le regardait en rien. Un pénis de plus à l'intérieur de lui n'allait absolument rien changer. Le seul problème était Weasley. Le mulâtre ne put s'empêcher de crisper les dents en pensant au rouquin. Comment allait-il le convaincre qu'il allait bien? Qu'il pouvait vivre sa vie? Il pouvait encore voir ses yeux voilés de douleur… de rage… de défaite… Il croyait sûrement que tout était de sa faute… que si seulement il avait été là… que si seulement il ne l'avait pas laissé seul… Comme c'était ridicule. Il n'était pas sa mère. Pourquoi se sentait-il obliger d'agir de la sorte? Il l'avait sauvé une fois, n'était-ce pas suffisant?

- Zabini.

Il tourna lentement les yeux en direction de Granger qui le fixait avec des yeux emplis de froideur. Il eut presque envie de sourire. Cela faisait si longtemps qu'une personne le fixait avec autre chose que de la pitié. De toute évidence, Granger n'allait pas lui dire "Oh pauvre petit… tu n'as certainement pas mérité ça". Elle semblait plutôt sur le point de lui dire quelque chose de désagréable. Hé bien… Cela permettait de mettre un peu de piquant dans sa vie.

- Granger.

La Griffondore se mordit la lèvre inférieure avant de s'avancer un peu plus de lui. Blaise se contenta d'hausser un sourcil. Le fait qu'elle le regardait de haut ne lui faisait ni chaud ni froid. La dignité et la fierté n'étaient plus des valeurs fondamentales pour lui. Avoir l'air fort et tout puissant n'étaient plus d'actualité. Il était Blaise la Victime après tout. Il était très important de mettre une majuscule pour le mot Victime. Il était presque un martyr… S'il était mort, probablement qu'il aurait écrit une histoire sur sa vie… sa vie tragique… Il était beaucoup plus facile de pleurer les morts que les vivants.

- Tu es en train de tuer Ron.

Il ne s'attendait certainement pas à cette parole. Il ne put s'empêcher d'hausser un sourcil, alors que Granger crispait ses mains de chaque côté de son corps. Il savait que Granger et Weasley s'aimaient. Tout le monde le savait. Tout le monde s'était attendu à ce qu'ils deviennent un couple après la guerre… et pourtant… Blaise savait pertinemment que Weasley se refusait à continuer sa vie tant qu'il ne l'aurait pas sauvé… Ce qui était ridicule. Il l'avait déjà sauvé. Il l'avait sorti de l'enfer. Que voulait-il donc de plus?

- Je ne comprends pas.

- Est-ce que tu sais pourquoi il reste à tes côtés?

Pour le sauver. Parce qu'il croyait qu'il était sous sa responsabilité. Parce que, pour lui, il n'était qu'une pauvre petite bête sans défense… une autre personne qu'il se refusait à abandonner…

- Pour me sauver.

- Pour que tu sois heureux. Répliqua aussitôt la Griffondore.

Heureux? Cette pensée était tellement bizarre qu'il éclata de rire. Granger ne semblait pas du tout trouver cela drôle, puisqu'elle lui lança un regard noir. Heureux? Lui? Il n'y avait pas de bonheur au bout du tunnel pour lui. Il n'y avait qu'une minuscule chance d'arrêter de souffrir pendant quelques instants… que ce soit avec de la drogue ou de l'alcool… Un simple répit à cette douleur.

- Est-ce que tu sais qui peut devenir heureux? Poursuivit Granger.

Blaise se contenta de la regarder, espérant que son regard affichait de la pure indifférence. Il n'avait pas le temps pour des sermons. Il n'avait pas le temps d'écouter Granger délirer sur ce que Weasley désirait.

- Les gens forts… Les gens qui sont assez forts pour surmonter ce qu'ils ont vécu… qui sont assez puissants pour accepter…

- Accepter quoi? Cracha le mulâtre.

- Que la vie est injuste. Contrecarra la brunette. Ron pense qu'il peut être assez fort pour vous deux… pour te montrer la lumière… parce que, pour lui, tu mérites d'être heureux. Plus que quiconque.

- C'est ridicule.

- Oui, c'est ridicule. Approuva-t-elle. C'est ridicule qu'il pense qu'il peut être l'artisan de ton bonheur. C'est ridicule qu'il pense qu'il peut prendre ton fardeau sur ses épaules… Mais, ce qui est encore plus ridicule c'est que tu le laisses croire…

- Croire quoi!?

- Croire que tu es assez fort pour t'en sortir.

Une gifle lui aurait fait moins d'effet. Pendant quelques secondes, Blaise resta complètement tétanisé. Granger le fixait calmement… impitoyablement… Il n'était pas assez fort… Un sourire amer se forma sur ses lèvres et il ouvrit la bouche pour lui hurler qu'il le savait déjà… qu'il savait pertinemment qu'il n'était pas assez fort… Il n'avait jamais fait croire à Weasley qu'il était en mesure de s'en sortir. Il savait qu'il n'était qu'une victime… qu'un objet que les gens s'amusaient à utiliser pour leur bon vouloir. Il savait très bien ce qu'il était! Il n'avait jamais fait croire à Weasley quoi que ce soit!

- À chaque fois que tu lui souris… À chaque fois que tu lui caches que tu prends de la drogue ou de l'alcool… Tu lui fais croire que tu peux t'en sortir. Tu l'empêches de t'abandonner… parce que tu lui fais croire qu'il y a de l'espoir pour toi.

Blaise ouvrit la bouche, mais aucun son n'en sortit. Il mentait à Weasley… Pourquoi ne cessait-il de lui mentir? Parce qu'il ne voulait pas… Il ne voulait pas le voir le regarder comme s'il n'était qu'une loque humaine… qu'il n'y avait plus rien à faire pour lui… qu'il n'était qu'un cas perdu… qu'il n'y avait rien d'autres que la victime en lui… que les mangemorts l'avaient tué à l'intérieur et avaient oublié de finir l'extérieur.

- Alors, choisis. Ordonna impitoyablement Granger. Parce que je ne te laisserais pas le tuer. Soit tu es assez fort pour survivre. Soit tu ne l'es pas. Si tu es assez fort, bats-toi. Si tu ne l'es pas, alors drogue-toi. Ton destin m'importe peu.

- Où est passé la jeune étudiante qui voulait sauver tout le monde, jusqu'aux elfes de maison. Siffla Blaise.

- Elle a survécu à une guerre. Répliqua glacialement la brune. Ron ne voit pas ce que tu lui fais… Il pense que tout est de sa faute… que tout est de la faute des mangemorts… mais jamais de ta faute. Rien n'est de ta faute. Hé bien non, je suis désolée, mais prends tes foutues responsabilités. Ce ne sont pas les mangemorts qui t'ont dit de prendre de la drogue ou de ta saouler à longueur de journée… C'est ton choix… ta décision… Si tu veux foirer ta vie, fais-le, mais n'entraine pas Ron dans tout cela.

- Va te faire foutre Granger.

- Oh s'il te plait… Tu penses que je ne sais pas quelles sont les pensées qui trottent dans ta tête?

La Griffondor roula ses yeux noisette avant de croiser les bras sur sa poitrine.

- Tu es sûrement fâchée contre le monde entier parce qu'il te voit comme une victime…

- Je ne t'ai rien demandé!

- Mais, la personne qui se voit la plus comme une victime… c'est toi. Le monde réagit à l'image que tu envoies.

Cette fois-ci, Blaise se redressa comme un ressort et ne put s'empêcher de pousser un grognement rauque qui fit reculer de plusieurs pas la jeune fille. Une victime? Lui? Il voulait seulement que tout le monde lui fiche la paix! Il avait été violé pendant des mois! Il avait été abandonné par son père! Comment osait-elle lui dire une chose pareille!?

- Va te faire foutre Granger! Hurla-t-il. Je n'ai rien fait pour mériter ce que tu me dis!

- Je viens de voir Ron pleurer…

Une expression douloureuse traversa son visage et Blaise prit une profonde respiration.

- J'ai vu Ronald Weasley hurler à plusieurs reprises, bouder, s'énerver, rire… mais, pleurer? Presque jamais… Et il a pleuré parce que tu t'es fait violer par Terry Boot. Parce que tu es important pour lui. Est-ce que lui est moindrement important pour toi?

Toute la colère qui se trouvait à l'intérieur de Blaise s'évapora et il se mit à fixer ses mains. Est-ce que Weasley était important pour lui? Qu'est-ce qu'il en savait? Il l'avait sauvé… Il était toujours présent… Il était réconfortant… Mais, le connaissait-il vraiment? Il l'avait vu rire quelques fois… mais, il l'avait surtout vu inquiet… toujours inquiet pour lui… Qu'est-ce que cela changerait s'il était quelqu'un qui pouvait rendre Ronald Weasley heureux? Qu'est-ce que cela changerait s'il devenait une de ses forces et non sa faiblesse? Comme Hermione Granger…

- Tu l'aimes. Souffla Blaise.

- Oui. Affirma la Griffondor sans la moindre hésitation. Et je l'aimerais toujours. C'est pour cela que je n'accepterais jamais que tu le détruises… Jamais.

- Il est… important à mes yeux.

La froideur qui semblait crisper tout le corps de Granger se relâcha d'un coup et elle se détendit pour la première fois depuis qu'ils avaient commencé à parler. Ses yeux bruns devinrent légèrement chaleureux et elle hocha la tête.

- Tu dois faire un choix, Zabini. Déclara-t-elle. Veux-tu vivre ou mourir? Parce que tu ne peux pas passer ta vie à survivre.

Elle posa alors délicatement une main sur son bras et Blaise déglutit avec peine.

- Et si je décide de mourir? Souffla le mulâtre.

- Alors, c'est ton choix. Personne ne pourra t'en vouloir. Il y a des épreuves qui ne peuvent pas être surmontées.

Sa main se resserra légèrement et elle eut un minuscule sourire.

- Mais, tu n'es pas seulement une victime, Blaise Zabini. Tu as un choix à faire… Personne ne peut le faire pour toi… Tu es un être humain à part entière.

La brune lui envoya alors un dernier sourire et partit silencieusement. Blaise ferma douloureusement les yeux et des larmes silencieuses coulèrent sur ses joues. Un être humain à part entière… Il était… un être humain…

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Hermione laissa échapper un soupir tremblant en sortant de l'infirmerie. Elle n'arrivait pas à croire qu'elle avait osé dire ses choses à Zabini, mais elle n'avait plus le choix. Elle avait toujours été la voix de la raison dans leur petit groupe. Harry et Ron étaient… de vrais Griffondors… bondissant dans l'action sans penser aux conséquences… s'amusant à prendre le poids du monde sur leurs épaules… Comme si cela était possible…

- Très beau discours. Je ne savais pas que tu pouvais être aussi froide par contre.

La Griffondore se tourna d'un coup et tomba face à face avec Théodore Nott. L'un des seuls Serpentards dont les parents s'étaient battus contre Voldemort. Ses yeux bleu-vert la fixaient avec un étrange intérêt qui lui donna envie de reculer d'un pas. En bonne Griffondore, elle préféra redresser la tête avec arrogance.

- Je suis ce que je dois être pour sauver ceux que j'aime.

- Et si cela permet à Weasley et à toi de devenir un couple plus rapidement, ce n'est qu'un avantage sans conséquence.

Hermione devint aussitôt rouge sous la rage et se fit violence avant d'attaquer ce connard.

- Tu n'as jamais eu d'amis, pas vrai? Cracha-t-elle. Même si Ron et moi ne devenons jamais un couple, je le protégerais avec mon dernier souffle… même chose pour Harry. Ils sont mes meilleurs amis.

- Très noble.

- Pourquoi est-ce que je perds mon temps à m'expliquer? Tu ne comprendras jamais.

- Ou plutôt tu n'as pas d'arguments valables, mais bon qui suis-je pour vous juger, gente dame?

Hermione se mordit férocement la lèvre inférieure afin de ne pas lui envoyer un mauvais sort. Elle n'avait jamais apprécié Nott, et cela ne semblait pas sur le point de s'améliorer…

- Au revoir. Cracha-t-elle avant de lui tourner le dos.

- Nous devrions discuter plus souvent, Granger. C'est fort agréable.

Pas si elle pouvait l'éviter.

À suivre…