Disclaimer: Les personnages de cette histoire ne m'appartiennent pas et appartiennent, bien évidemment, à J.K Rowling! Par contre, cette histoire m'appartient.
Message : Cette fic prend en considération jusqu'au 4ème livre d'Harry Potter.
Message de l'auteur : Bonjour tout le monde! Et voici le nouveau chapitre!
Chapitre 31
Cela faisait une semaine que Ron avait à peine adresser la parole à Blaise… Cela ne voulait pas dire qu'il ne le visitait pas à l'hôpital, bien au contraire… chaque jour, il allait au moins y passer une heure… mais, le mulâtre se contentait de regarder la fenêtre, ne daignant même pas le regarder du coin de l'œil. Ron ignorait ce qu'il était censé penser de cette attitude. Était-il fâché contre lui? Ou bien était-ce une simple réaction au moment horrible qu'il avait vécu? Il ne savait pas s'il devait prendre cela comme étant quelque chose de personnel, ou bien peut-être que Blaise ne voulait tout simplement pas parler à qui que ce soit. Les poings du rouquin se serrèrent juste à la pensée de Terry Boot. Il avait rarement détesté quelqu'un comme il haïssait ce connard de Serdaigle. Le voir chaque jour… gambadant joyeusement dans les couloirs comme s'il n'avait pas le moindre soucis dans ce monde… le rendait complètement fou de rage. Mais, personne ne pouvait obliger Blaise à porter plainte… Ron n'osait pas lui en parler. Et si le mulâtre lui ordonnait de partir pour toujours? De ne plus jamais le voir? Un éclair de panique le traversa et il prit une profonde respiration. Blaise ne lui demanderait pas de partir… Il avait besoin de lui… et lui… lui ne pouvait pas supporter l'idée de le voir disparaître… et s'il, pendant qu'il ne regardait pas, décidait de poser un geste… un geste dont il n'y avait pas de retour en arrière? Ron se refusait même à imaginer cette possibilité. Il pénétra alors dans l'infirmerie et sentit son cœur bondir dans sa poitrine en réalisant que Blaise ne s'y trouvait pas. Son regard paniqué se posa sur Madame Pomfrey qui lui indiqua rapidement que le Serpentard était retourné dans sa chambre.
- Contre mon gré. Marmonna l'infirmière. Il va peut-être bien physiquement, mais mentalement…
Ron se contenta d'hocher la tête avant de partir, presque en courant, de l'infirmerie. Son front était moite de sueur et ses mains étaient crispées sous la panique. Pourquoi était-il retourné dans sa chambre sans lui? Comment le retrouverait-il maintenant qu'il ne se trouvait plus dans un lieu surveillé? De quel droit osait-il disparaître de sa vue sans même lui donner le moindre avertissement? Ron avait bien vu ce qui pouvait arriver s'il osait détourner son regard ne serait-ce qu'une seconde… Il ne voulait plus jamais vivre une chose pareille… Il ne pourrait pas le supporter… une chose aussi horrible… il pouvait encore voir le corps de Boot allant et venant… allant et venant alors que Blaise était inconscient… Une bile amère se forma dans sa gorge et il siffla à peine le mot de passe avant de rentrer en fracas dans la chambre du mulâtre. Blaise était assis sur le canapé, le regard fixé sur la cheminée. Il semblait si… calme… Le cœur de Ron, au lieu de se calmer, battit encore plus vite dans sa poitrine, menaçant de sortir de sa cage thoracique. Comment… Pourquoi…
- Tu es parti sans m'avertir… Cracha-t-il, tremblant presque de rage.
Blaise se contenta de retourner son regard vers la cheminée, faisant comme s'il ne l'avait pas entendu. Ron dut se faire violence pour ne pousser un hurlement de colère.
- Regarde-moi… Souffla-t-il.
Le Serpentard ne sembla pas l'entendre, préférant l'ignorer avec superbe.
- Regarde-moi! Hurla-t-il.
Il n'avait jamais crié sur Blaise, il n'était donc pas étonnant que le mulâtre sursaute violemment et pose un regard affolé sur sa personne en l'entendant s'égosiller de la sorte. Ron savait qu'il devait reprendre son calme… Il savait que cela ne servait à rien de crier sur Blaise… Il était blessé… Il avait mal… Il ne savait pas comment agir… Il savait très bien tout cela… et pourtant… Il voulait hurler… hurler à s'en arracher les poumons… Cette scène ne cessait de le hanter… et il ne pouvait pas le supporter.
- Pourquoi est-ce que tu ne me l'as pas dit!? Pourquoi est-ce que tu as fait ça?!
Une part de lui savait pertinemment qu'il ne parlait pas de son départ de l'infirmerie. Oui, cela aurait dû l'irriter… mais la rage qu'il ressentait en ce moment ne pouvait pas être expliqué par quelque chose d'aussi stupide… mais, Merlin, oui… Il enrageait… Il fulminait… Il avait envie de secouer Blaise… de le secouer si fort… jusqu'à ce qu'il comprenne enfin… jusqu'à ce qu'il le voit… jusqu'à ce qu'il accepte…
- Est-ce que tu sais ce que je ressens, bordel!? Cracha-t-il. Ou bien tu t'en fous royalement? Cela ne te passe par-dessus la tête, pas vrai? Tu te fiches…
- Je suis désolé…
Cette réplique eut au moins le mérite de lui fermer la bouche. Ses yeux s'écarquillèrent et il faillit reculer d'un pas, mais Blaise s'était levé et, en un mouvement rapide, s'était saisi de son bras afin de retenir.
- Je suis désolé… Je suis désolé… Je suis tellement désolé…
- Blaise…
- Je ne veux pas te faire de mal… Ce n'est pas ça que je veux… Ce n'est pas ça… Je suis désolé…
Toute la rage que Ron ressentait s'évapora si rapidement qu'il en fut presque étourdi. Il voulait seulement prendre Blaise dans ses bras et lui promettre que tout allait bien aller… qu'il serait toujours là pour lui… qu'il tuerait quiconque osait lui faire le moindre mal… et il savait qu'il en était capable. Il l'avait déjà fait alors que Blaise n'avait été qu'un inconnu… à présent, il était… il était tout simplement…
- Blaise… Souffla-t-il tout en levant la main pour lui toucher la joue.
Le mulâtre se secoua vigoureusement la tête, lui ordonnant silencieusement de ne pas le toucher. Ses yeux vert lime étaient emplis de détermination… et celle-ci le terrifia complètement, le paralysant efficacement. Sa main retomba silencieusement et il déglutit avec peine.
- Je suis désolé de t'avoir empêché de vivre ta vie. Poursuivit le Serpentard. Je suis désolé que tu aies dû mettre ton existence en suspend uniquement pour t'occuper de moi… Je suis désolé que tu aies eu l'impression que je ne pouvais pas vivre sans toi… que tu étais ma bouée de secours…
- Blaise…
- Non, laisse-moi finir. Tu n'as pas survécu à cette guerre pour devenir ma bouée de secours. Tu as survécu à cette guerre afin de pouvoir vivre ta vie… afin de pouvoir trouver le bonheur… Je suis désolé d'être devenu un obstacle à ça.
Les mains du mulâtre se resserrèrent autour de son poignet et Ron ignorait ce qu'il devait ressentir. Une part de lui avait envie de lui dire qu'il n'avait pas à être désolé… qu'il avait pris cette décision… qu'il avait choisi de devenir une bouée de sauvetage… Il s'agissait de sa décision… de son fardeau à porter… Mais, Blaise n'était pas un fardeau… Pas en permanence…
- Je sais que je ne peux pas continuer de cette façon… Je ne peux pas rester dans ce moment entre la vie et la mort… Je dois choisir… Ce monde n'appartient pas aux morts-vivants… Je dois choisir de vivre ou de mourir…
Le Serpentard se mordit la lèvre inférieure alors qu'une larme silencieuse tombait sur sa joue.
- Je ne veux pas mourir, Ron.
Cette déclaration ressemblait à un cri du cœur… Il avait l'horrible impression que Blaise était choqué par cette découverte… Avait-il toujours pensé qu'il choisirait la mort? Pouvait-il vraiment en être surpris? Après toute la douleur qu'il avait vécu?
- Je ne veux pas mourir… mais, je ne sais plus comment vivre.
- Blaise… Je suis là…
- Oui, tu es là… et c'est ça le problème.
Un coup de poignard à la poitrine lui aurait fait moins mal. Il était un problème? Mais, il avait tout fait pour l'aider? N'était-ce pas suffisant? N'était-il pas suffisant?
- Parce que tu es trop fort, Ron… Si tu es à mes côtés, je ne ferais jamais d'efforts… je m'appuierais toujours sur toi… et mon poids finira par t'écraser un jour… et tu ne t'en plaindras pas… tu ne t'en plaindras jamais… parce que tu as un bon cœur.
- Je ne ferais pas ça pour n'importe qui. Répliqua-t-il doucement.
Non, il ne le ferait pas pour n'importe qui… Juste pour cette personne… Pour ce Serpentard dont il avait vu le corps brisé et qui pourtant avait réussi à survivre… Il ferait uniquement tout cela pour lui… pour cet ange aux yeux si tristes…
- Je le sais… Mais, je dois réapprendre à vivre. Tout seul.
- Blaise…
Des larmes continuaient à couler sur les joues du Serpentard et ses yeux verts le suppliaient… le suppliaient de quoi? De comprendre? D'accepter? Comment pouvait-il lui demander une chose pareille? Comment pouvait-il accepter de le laisser souffrir seul?
- Je ne te laisserais pas seul. Déclara-t-il férocement.
- Merci, Ronald Weasley… Merci pour tout ce que tu as fait pour moi… Merci d'avoir été présent… plus que ma propre famille… Tu t'es battu pour moi pendant si longtemps…
- Blaise, non.
- S'il te plait… Je veux vivre… Je veux vivre…
Et il était censé le regarder sans intervenir? Il était censé le regarder souffrir et ne pas réagir? Comment pouvait-il lui demander une chose pareille? Comment pouvait-il… Il remarqua que sa respiration se faisait haletante et essaya vainement de se calmer. Il avait peur… il était terrifié…. Comment ne pouvait-il pas l'être? Que se passerait-il s'il ne le regardait pas pendant quelques minutes? Disparaitrait-il subitement? Pouvait-il imaginer un monde sans Blaise Zabini?
- Je ne veux pas te perdre… Implora-t-il.
- Merci, Ronald Weasley… Merci du fond du cœur…
Était-ce ainsi que cette relation devait se terminer? Véritablement? Aussi… horriblement? Aussi… simplement? Des larmes silencieuses se mirent à couler sur la peau du Griffondor et il les essuya furieusement. Il avait si peur… Il avait si peur… Que se passerait-il? Comment cela se terminerait-il? Il ne pouvait pas l'accepter… il refusait catégoriquement d'accepter… Ses yeux se posèrent sur le visage déterminé du Serpentard et un frisson le parcourut. Il ne s'agissait pas de sa décision. Il n'avait pas son mot à dire… Il ne s'agissait pas de sa vie… Alors, pourquoi avait-il l'impression que le monde était sur le point de se détruire… et qu'il n'avait absolument aucun contrôle sur les évènements futurs?
- Sois heureux, s'il te plait. Le supplia Blaise. Sois heureux, c'est ce que je désire plus que tout au monde.
- Blaise…
Avant qu'il ne puisse dire un mot de plus, les lèvres du mulâtre se posèrent sur les siennes. Il ne prit même pas la peine d'être surpris avant de fermer les yeux et de laisser les lèvres douces se presser contre les siennes. Le frisson électrique qui le traversa ne le fit même pas sursauter. Ce baiser lui donnait tout simplement envie de pleurer… de pleurer à n'en plus finir… parce qu'il s'agissait d'un au revoir… et il ne pouvait que prier pour que cela ne soit pas un adieu…
- Sois heureux. Murmura le Serpentard contre ses lèvres.
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Drago lut attentivement la lettre du chef des aurors qui le menaçait, sans la moindre subtilité, de le poursuivre pour diffamation s'il continuait à parler de Terry Boot. Il s'en fichait. Il avait déjà pris sa décision. Il allait tout faire pour obliger le Serdaigle à aller devant un tribunal et confesser ses crimes… Il ne le laisserait pas s'en tirer comme ça. Et il l'accomplirait seul. Quelqu'un cogna à la porte de sa chambre et il haussa un sourcil tout en allant ouvrir. Ses yeux papillonnèrent rapidement en apercevant Blaise Zabini à sa porte. Le Serpentard semblait pâle et il se mordait nerveusement la lèvre inférieure. Avant que Drago ne puisse l'inviter à l'intérieur, il pénétra dans sa chambre sans la moindre hésitation.
- Terry Boot m'a violé. Que doit-on faire pour qu'il paye?
Il ne s'attendait certainement pas à cela.
À suivre…
