Disclaimer: Les personnages de cette histoire ne m'appartiennent pas et appartiennent, bien évidemment, à J.K Rowling! Par contre, cette histoire m'appartient.

Message : Cette fic prend en considération jusqu'au 4ème livre d'Harry Potter.

Message de l'auteur : Bonjour tout le monde! Et voici le nouveau chapitre!

Chapitre 34

Blaise essayait vainement d'ignorer les murmures qui le suivaient continuellement depuis l'annonce de son viol. Pourquoi les gens se forçaient-ils à murmurer au lieu de lui parler clairement? pensaient-ils être subtils en chuchotant entre eux? C'était assez ridicule, puisqu'il pouvait aisément deviner ce qu'ils disaient. Certains parlaient de son courage, d'autres parlaient de son statut de victimes et les derniers… les derniers disaient qu'il mentait, qu'il ne savait pas faire la différence entre un viol et une baise consentante… qu'il était si brisé que son cerveau associait tout acte de pénétration avec un viol. Un sourire amer se forma sur les lèvres du mulâtre face à cette pensée. Ceux qui osaient dire une chose pareille n'avait visiblement jamais été touché contre leur gré. Il savait qu'il avait été violé. Il savait que ce sentiment d'être sale, dégoûtant… répugnant… victime… coupable… il savait que toutes ses émotions provenaient du fait que Boot avait entré son pénis en lui sans son accord.

Un frisson lui traversa l'épiderme et il put presque sentir le goût de l'alcool sur le bout de sa langue. Il s'appuya difficilement contre le mur et ferma péniblement les yeux. Il ne devait pas penser à l'alcool. Il ne devait pas penser à ce sentiment d'oubli qui le prenait dès qu'il était saoul ou drogué. Il ne voulait pas oublier… Il voulait affronter… Il voulait vivre… Il ne voulait pas penser à la lettre que son père lui avait envoyé lui demandant s'il allait bien… Ah oui? C'était maintenant qu'il en avait quelque chose à faire? Non. Il n'allait pas commencer à se torturer ainsi. Il avait décidé de devenir fort… Il avait décidé d'affronter ses peurs. Il avait décidé de ne plus s'apitoyer sur son sort. Il n'était pas seulement une victime. Comme le lui avait si bien dit Granger… Il était un être humain à part entière… Avec ses faiblesses et ses forces… Il devait juste redécouvrir ses forces voilà tout. Il avait l'horrible impression d'être un nourrisson apprenant désespérément à marcher… Il ne savait pas où mettre ses jambes… comment garder l'équilibre… comment accepter la douleur de la chute et pourtant se relever et réessayer…

Comment ces petits bébés faisaient-ils pour se relever sans cesse? N'avaient-ils pas peur d'avoir mal? Où savaient-ils, inconsciemment, que le prix en valait clairement la chandelle? Un sourire amer se forma sur ses lèvres. Sérieusement? Il allait commencer à philosopher sur les bébés? Il avait véritablement besoin d'un passe-temps… Une main puissante se posa soudainement sur son dos et Blaise se redressa comme un ressort tout en se tournant violemment. Ses yeux s'écarquillèrent en reconnaissant Weasley et il fut plusieurs pas en arrière. La lueur de douleur qui apparut dans les yeux bleus du rouquin lui fit mal. Merde… Était-ce ainsi que Weasley se sentait lorsqu'il le voyait se droguer?

- Je ne peux même pas te toucher, maintenant? Demanda lentement le roux.

- Ron… Tu sais très bien…

- Oui, je le sais. Je ne suis plus ton ami. Je t'empêche de vivre ta vie. Je suis l'obstacle que tu dois surmonter afin de pouvoir retourner dans le monde des vivants. Contrairement à Malfoy, bien évidemment, qui ne peut qu'être un rayon de lumière et de sérénité dans ta vie.

Blaise cligna lentement des yeux, ne comprenant pas du tout d'où pouvait bien venir cette tirade. Il n'avait jamais vu Weasley affichant une telle expression. En sa présence, le rouquin avait toujours semblé soit inquiet, soit affectueux, soit protecteur. Il n'avait jamais eu l'air… Jaloux? Possessif? Enfantin? Il n'aurait su expliquer l'émotion qui se promenait dans ses yeux bleus… Cela n'avait pas d'importance. Il ne pouvait pas se permettre de parler avec le Griffondor. Pas tant qu'il ne pourrait pas se tenir sur ses propres jambes. Si le roux avait le malheur de lui reparler et de redevenir son ami, Blaise avait bien peur qu'il ne ferait plus le moindre effort. À quel point serait-il facile de se jeter dans ses bras musclés et d'éclater en sanglots? Il pouvait donner son fardeau à Weasley et celui-ci ne broncherait même pas. Il ne pouvait pas supporter cette idée. Il allait devenir assez fort afin de pouvoir vivre seul… Afin de pouvoir redevenir un humain…

- Ma relation avec Drago ne ressemble nullement à ce que nous avions.

- Pourquoi? Pourquoi est-ce que lui peut être ton ami alors que moi je dois disparaître de ta vie!?

La voix de Weasley s'était soudainement plus forte, presque grondante, et Blaise fut tenté de reculer à nouveau. Le Griffondor n'était jamais fâché contre lui. Il ne lui criait jamais après… Pourquoi était-il ainsi? Pourquoi le regardait-il avec un regard si brûlant? Blaise n'y comprenait rien, mais cela avait-il vraiment la moindre importance? N'était-ce pas mieux que le roux puisse se fâcher contre lui? On ne se fâchait pas contre une victime… Est-ce que cela voulait dire qu'il ne le voyait plus comme un être si fragile que le moindre mouvement brusque risquait de le briser en mille morceaux? Cette pensée le fit presque sourire alors que l'envie d'alcool se calmait. Il pouvait survivre sans alcool… Il pouvait survivre sans drogue… Il avait uniquement besoin de lui-même… d'être un humain… de retrouver son nom… de redevenir Blaise Zabini… Ce garçon qui rêvait d'avoir un premier baiser et qui aimait jouer aux cartes. Ce garçon qui voulait devenir un avocat et qui prévoyait avoir trois enfants… Il devait retrouver ce garçon perdu… mais, cela ne voulait pas dire qu'il oublierait ce qui lui était arrivé… Il devait seulement… essayer de vivre avec ces deux parties de lui et essayer de former un tout.

- Je ne veux pas que tu disparaisses de ma vie… Pas pour toujours. Souffla Blaise. Mais, je ne peux pas… me reposer sur toi…

- Et tu peux te reposer sur Malfoy

- Non, il est… comme moi. L'interrompit le mulâtre. Il est… brisé.

Et Weasley était trop fort… trop parfait… trop sûr de lui… Sauf qu'à cette seconde il semblait plutôt sur le point de lui arracher les deux yeux. Il n'avait jamais vu le rouquin sous cette angle, une part de lui était absolument fasciné par ce changement. Weasley était toujours si… solide lorsqu'il se trouvait avec lui. En cette seconde, il semblait sur le point de le secouer comme un cocotier, ce qui était incroyablement intéressant. Avait-il développé des penchants masochistes? Pourquoi voir Weasley dans cet état lui donnait-il envie de lui prendre les mains et de ne jamais les laisser? Il se secoua doucement la tête face à cette pensée. Weasley sortait avec Granger… Il n'apprécierait certainement pas que le mulâtre vienne lui prendre la main. De toute façon, Blaise n'était pas prêt à avoir un petit-ami. Et certainement pas quelqu'un d'aussi puissant que Ronald Weasley.

- Parce que je suis un modèle de force et de quiétude! S'énerva le rouquin. Qu'est-ce que tu veux de moi!?

- Je veux que tu sois heureux. Rétorqua Blaise en essayant de garder une voix neutre. Et je veux l'être aussi. Je suis un poids… je ne veux pas t'écraser.

- C'est un tas de…

- Et je ne veux pas que tu portes mon fardeau. Il est à moi. Je dois être assez fort pour me débrouiller tout seul. Alors, je pense que…

- Tu penses!? Siffla Weasley. Et moi ce que je pense!? On s'en fout?!

Pourquoi était-il aussi insistant aujourd'hui? Blaise se posa une main sur la tempe, la massant douloureusement. Il savait que le roux était têtu, mais de là à être aussi… borné… Où était passé le Weasley qui agissait presque comme un prêtre bouddhiste en sa présence? Toujours compréhensible, gentil et généreux… Qui était ce type borné, désagréable et égoïste?

- Je ne veux pas que tu continues ta vie sans moi! Est-ce que j'étais vraiment aussi désagréable que ça?! Je suis ton ami et maintenant, pouf, c'est Malfoy qui prend ma place!?

- Quelle est ma couleur préférée, Weasley? Demanda brusquement Blaise.

Le roux cligna des yeux avant de pencher la tête de côté comme s'il se demandait sincèrement s'il avait perdu l'esprit. Après quelques secondes, le Griffondor haussa les épaules, montrant son ignorance.

- Exactement. Déclara le Serpentard.

- Je ne comprends pas.

- Nous passions presque nos journées ensembles… Mais, de quoi parlions-nous?

- Blaise…

- Non, écoute-moi. Tu étais tellement inquiet pour moi que tu passais ton temps à me surveiller et moi… j'étais tellement occupé à essayer de trouver un moyen pour me saouler que je ne me suis jamais posé la question. Je ne sais pas ta couleur préférée, ni le nombre de frères et sœurs que tu as… Je ne sais pas ce que tu veux devenir plus tard… Je ne sais… Absolument rien de personnel sur toi. Et… c'est de ma faute… J'étais si faible que tu ne pensais qu'à t'occuper de moi… et moi je me fichais de tout… Nous n'étions pas amis, Weasley. Tu étais mon sauveur et j'étais la victime. Rien de plus… Ce n'est pas sain comme relation… Et, à cause de moi, tu n'as pas pu accorder de l'attention à la femme que tu aimais… Je suis…

- Mauve.

Il était… mauve? Le mulâtre cligna lentement des yeux avant de réaliser que Weasley venait de nommer sa couleur préférée. Son cœur se mit à tambouriner dans sa poitrine alors que le roux le fixait avec un sourcil levé.

- Et ma couleur préférée est le noir. Poursuivit le Griffondor.

- Non, c'est le rouge. Répliqua aussitôt Blaise.

Un sourire carnassier apparut sur les lèvres de Weasley et il hocha la tête. Le cœur de Blaise refusait de ralentir. Il ne savait plus où se mettre ni comment réagir. Sa théorie était fondée, il le savait très bien. Il ne pouvait pas se permettre de retourner dans cette relation de dépendance… Il ne pouvait pas se permettre de dépendre de Weasley. Il ne voulait plus avoir de sauveur. Il voulait être assez fort pour porter son fardeau seul.

- Tu vois que nous connaissons nos couleurs préférées. Fit remarquer le roux.

- Weasley… Ce n'est pas…

- Je comprends que nous ne puissions pas retourner à notre ancienne relation. Je ne suis pas stupide… Je vois bien que tu es… plus fort maintenant. Tu as dénoncé Boot seul… Je suis… fier de toi.

Il savait qu'il était absolument ridicule de sentir son cœur bondir en entendant Weasley dire cette stupide phrase… Mais, il ne pouvait empêcher cette réaction. Une de ses mains se faufila jusqu'à sa poitrine et il se mordit la lèvre inférieure. À sa grande horreur, le roux s'approcha de lui et posa une main sur sa joue brulante.

- Puisque je ne suis plus ton sauveur, je peux te parler honnêtement, pas vrai? Murmura le Griffondor.

- Oui…

- Je déteste ta relation avec Malfoy. Je déteste le fait qu'il a fallu que je disparaisse de ta vie pour que tu ailles mieux. Je déteste le fait que je ne peux pas m'approcher de toi et passer ma main dans tes cheveux. Je déteste le fait que tu n'es plus besoin de moi parce que j'ai besoin de toi.

- J'ai besoin de toi. Répliqua rapidement le mulâtre. C'est pour ça que je ne peux pas être ton ami…

Ses yeux s'écarquillèrent en réalisant que Weasley venait de lui dire qu'il avait besoin de lui. Pourquoi faire? Il n'était qu'une loque humaine qui essayait de redevenir fort… Il ne pouvait pas l'aider… Il ne pouvait rien faire pour lui… Il était absolument pathétique.

- J'essaye de redevenir fort pour moi… Poursuivit le Serpentard. Mais, aussi pour toi… Je ne veux pas… Je ne veux pas que tu t'épuises pour moi. Tu es tellement gentil que…

- Je ne suis pas gentil, Zabini. Rétorqua aussitôt le roux. Je suis jaloux, égoïste et soupe au lait. Si je suis resté à tes côtés, ce n'est pas parce que j'ai un cœur d'or. C'est parce que je suis ton ami. Contrairement à ce que tu images, je suis ton ami.

Blaise posa alors une main tremblante sur celle que Weasley avait sur sa joue et la retira délicatement. L'éclair de douleur qui traversa les yeux bleus faillit le tuer, mais il se retint de justesse pour ne pas capituler.

- Merci Weasley…

- Pourquoi est-ce que Malfoy peut être ton ami et moi non!?

- Parce que j'ai besoin de toi… contrairement à lui.

Weasley lui lança un regard interloqué et Blaise recula de quelques pas.

- Au revoir, Ron. Souffla le mulâtre.

- Je n'abandonnerais pas.

- Ron…

- Je suis égoïste. Je ne vais plus te traiter comme une victime. Alors, j'ai pris ma décision.

L roux lui pinça alors amicalement le nez avant de lui tourner le dos et de partir.

À suivre…