Disclaimer: Les personnages de cette histoire ne m'appartiennent pas et appartiennent, bien évidemment, à J.K Rowling! Par contre, cette histoire m'appartient.
Message : Cette fic prend en considération jusqu'au 4ème livre d'Harry Potter.
Message de l'auteur : Bonjour tout le monde! Et voici le nouveau chapitre!
Chapitre 35
Severus ne pouvait que se sentir extrêmement fier en voyant ses jeunes… ses jeunes qui semblaient si perdus il y a de cela quelques mois… être en mesure de dire leurs émotions sans pour autant éclater en mille morceaux. Un sourire mi-doux mi-amer se forma sur ses lèvres en réalisant que l'idée de Potter et de ses deux amis avaient été la bonne. Qui aurait pensé que des jeunes adolescents, pas encore tout à fait adultes, étaient en mesure de comprendre, mieux que des vétérans, ce dont leurs compagnons avaient besoin afin de pouvoir se remettre de cette guerre. Ses yeux se posèrent sur Zabini qui essayait tant bien que mal de donner un coup de poing à Drago Malfoy. Même le mulâtre semblait être en mesure de s'améliorer… d'essayer d'avancer… Il avait retrouvé sa force et Severus ne pouvait qu'en être extrêmement heureux. Malgré lui, son regard dériva en direction de Black et il ne put s'empêcher d'avoir un pincement au cœur. Il ne voulait pas penser à leur dernier baiser. Il ne voulait pas penser au fait que le brun avait visiblement vécu quelque chose lorsqu'ils étaient plus jeunes. Il voulait seulement avoir la paix… Était-ce trop demandé? Tous les jeunes se mirent soudainement en cercle, s'asseyant délicatement sur le sol. Severus en fit de même et il dut se faire violence pour ne pas fixer, un peu trop intensément, le visage de Black. Non… Il ne voulait pas penser à l'ancien Griffondor. Il voulait se concentrer sur ce que ses jeunes avaient à leur dire… C'était cela qui comptait… À sa grande surprise, Zabini fut le premier à prendre la parole. Le Serpentard se racla bruyamment la gorge tout en regardant tout autour de lui, donnant presque l'impression d'être une bête traquée. Severus ne put que cligner des yeux en voyant Malfoy lui prendre doucement la main.
- Je… Je n'aime pas parler de ce qui m'est arrivé lorsque… lorsque j'étais captif des mangemorts… Souffla le mulâtre. De toute façon, ça ne sert pas à grand-chose… Vous êtes tous au courant de ce que j'ai… traversé…
Personne n'osait respirer dans la salle, et Severus comprenait parfaitement cette émotion. Il ne pouvait que compatir, avec toutes les fibres de son être. Zabini avait vécu des choses que personne n'aurait dû avoir à vivre… Être torturé pendant des mois uniquement pour que son père capitule… Non, personne n'aurait dû vivre une chose pareille. Ses problèmes avec Black semblaient être une grossière plaisanterie s'il devait les comparer à ce que Zabini avait vécu.
- Je sais que tout le monde pense que ce que j'ai vécu est pire que tout… Et… je suis d'accord… Mais, ce n'est pas les… viols… ni les tortures psychologiques et physiques qu'ils m'ont fait subir qui m'ont rendu… qui m'ont… qui m'ont fait le plus souffrir.
Le mulâtre prit une respiration tremblante, et Severus fut tenté de le prendre dans ses bras. Lui qui n'était pas quelqu'un de physique, et pourtant la douleur de Zabini le prenait aux tripes. Il vit, du coin de l'œil, Weasley se redresser légèrement, semblant prêt à bondir en direction du Serpentard. Pourtant, celui-ci se secoua fermement la tête, semblant décidé à finir ce qu'il avait à dire.
- Ce qui m'a détruit, c'est de réaliser que je n'étais… que je n'étais qu'un objet… qu'une arme… Je n'étais pas un être humain aux yeux de ces mangemorts… Ni aux yeux de mon… de mon père… Je n'étais qu'un symbole… Je n'étais plus… Blaise… J'étais juste… Je n'étais plus…
Les lèvres du mulâtre se pincèrent et Severus craignit que celui-ci n'éclate en sanglots. Pourtant, il se ressaisit courageusement, les mains crispées autour de celles de Malfoy. Le blond hochait férocement la tête, l'encourageant vigoureusement du regard. S'il avait cru un jour voir cela… Drago Malfoy, empathique… Ses jeunes avaient véritablement grandi… Ils réussissaient, difficilement et péniblement, à remettre les morceaux de leur vie en place. Severus déglutit avec peine en se demandant à quel moment allait-il, lui aussi, apprendre à grandir. Il vit Zabini prendre une profonde respiration avant de tendre le bâton de la parole à Jérémie John. Severus ne put qu'applaudir silencieusement le mulâtre qui venait de faire un pas dans la bonne direction. Il fallait maintenant qu'il fasse le plus d'efforts possible pour rester dans cette direction…
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Blaise avait réussi, de peine et de misère, à convaincre Drago de le laisser tranquille pendant quelques heures. Il s'était réfugié derrière un arbre et avait bien l'intention de rester là jusqu'à son âme ne soit plus en tumultes. Il ne pouvait pas retourner dans sa chambre… pas quand il pouvait sentir le goût de l'alcool sur sa langue… Non, il savait que s'il se retrouvait dans sa chambre, il risquait de faire une bêtise. Cela faisait deux semaines qu'il était sobre… Il n'allait pas tout gâché alors que les choses commençaient à s'arranger… Bien que tout gâcher était une de ses spécialités. Quelqu'un s'assit soudainement à côté de lui et il se tourna vivement, bien décidé à envoyer balader l'inconnu. Son cri d'indignation se coinça dans sa gorge lorsqu'il reconnut le professeur Sirius Black. Les yeux bleu glacé de son enseignant étaient pointés intensément dans sa direction et il se sentit rougir sous la gêne. Pourquoi se trouvait-il à côté de lui? Que voulait-il donc lui dire? Il n'était pas Harry Potter, et il n'était certainement pas assez proche du brun pour savoir où il se trouvait… Alors, pourquoi venir le voir?
- Tu as été très courageux. Fit remarquer le brun.
- Merci professeur Black.
- Je sais que cela a dû être difficile…
- Non, vous n'en savez rien. Cracha agressivement Blaise.
Oh merde… Il venait vraiment d'envoyer balader un enseignant? Il se sentit blêmir sous son irritation. Comment avait-il osé parler ainsi? Ses poings se serrèrent et il haussa une épaule. Et puis merde alors! Ce n'était pas de sa faute si le professeur Black avait décidé de venir lui parler! Il ne lui avait rien demandé.
- Vous ne savez absolument rien de ce que je ressens… de ce que j'ai vécu…
- Quoi? Tu veux dire être enfermé dans une prison? Je l'ai vécu… pendant bien plus longtemps que toi.
Blaise leva lentement les yeux, croisant ceux de son enseignant. Il avait oublié que Black avait été enfermé à Azkaban pendant des années pour un crime qu'il n'avait pas commis… Lui aussi comprenait la douleur d'être enfermé… de ne pas pouvoir sortir… de savoir que tout le monde se fichait éperdument de lui…
- Ou est-ce que tu parles de se faire violer? Parce que, encore une fois, je l'ai vécu… pendant bien plus longtemps que toi.
Le Serpentard se sentit violemment sursauter alors que Black le fixait comme s'il venait de lui dire que le ciel était bleu. Sa voix se bloqua dans sa gorge et il ouvrit stupidement la bouche. Black… Black s'était fait violer? Par qui? Comment? Pourquoi? Lui aussi… Lui aussi… Il avait vécu la même chose que lui… Un sentiment de pure soulagement s'éparpilla dans ses veines et il ne put s'empêcher de se sentir absolument monstrueux. Comment pouvait-il penser une chose pareille?
- Je suis comme toi, Blaise. Il n'y a pas de honte à en être soulagé. Personne n'aime souffrir seul.
- Je… Je n'ai jamais souhaité…
- C'était bien avant ta naissance, ce n'est pas de ta faute ce que j'ai vécu… comme ce n'est pas de ma faute ce que tu as vécu… Mais, je peux te dire que je comprends… Et je peux te dire que d'aller te cacher quand tu veux boire de l'alcool ou prendre de l'alcool n'est pas la bonne solution.
- Je ne veux pas… Je ne veux pas dépendre de quiconque.
- Reconnaître que tu as besoin d'aide n'est pas un signe de faiblesse… Au contraire, il s'agit d'un signe de force… de lucidité…
Blaise se mordit vivement la lèvre inférieure, se maudissant silencieusement pour ses mains tremblantes. Il ne voulait pas vivre sa vie en dépendant de tout le monde… comme une foutue sangsue sans la moindre force… Il ne voulait pas passer sa foutue existence à vivre aux crochets de personne qui ne lui avait rien demandé…
- Qui… Quand… Comment… Demanda-t-il dans un souffle, incapable de terminer ses questions.
- Mon père, durant toute mon enfance. Se contenta de répondre le brun. Ai-je mentionné que la haine contre la figure paternelle est aussi présente en moi qu'en toi?
- Comment?
- Comment ai-je passé à travers tout cela? Sans avoir l'air complètement cliché… j'avais vraiment des amis extraordinaires qui m'ont aidé du mieux qu'ils pouvaient… Et j'ai accepté ce qui m'était arrivé… et j'ai accepté que cela m'a changé pour l'éternité… et j'ai accepté que la vie était de la merde et que mon père était mon ennemi même s'il aurait dû être mon plus grand protecteur. J'ai tout simplement accepté, Blaise.
- Je…
- La seule raison pourquoi je te dis cela, c'est pour que tu comprennes que tu n'es pas seul… que tu n'as pas à être seul… repousser les gens qui veulent t'aider n'est pas bénéfique… pour qui que ce soit.
Black posa alors fermement une main sur son épaule et Blaise sentit une larme silencieuse coulée sur sa joue.
- Tu n'es pas seul, Blaise. Tu n'es pas le seul à avoir vécu cette situation. Tu n'es pas le seul qui veut que tu ailles mieux. Tu n'es pas seul dans tous les aspects de ta vie… N'essaye pas de l'être uniquement pour te prouver que tu peux perfectionner ton rôle de martyr.
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Hermione avait besoin de se promener… afin de pouvoir réfléchir complètement seule. Elle ne savait pas comment prendre les regards que Ron ne cessaient d'envoyer à Zabini. Elle ignorait si cela la rendait triste parce qu'elle tenait à Ron comme étant son meilleur ami ou bien parce qu'elle était éperdument amoureuse du roux et qu'elle ne savait plus sur quel pied danser. Donc, elle avait besoin de réfléchir à ses propres émotions pour une fois… Elle avait besoin de se concentrer sur elle-même… pour une fois…
- Hermione Granger… se promenant seule dans les couloirs de Poudlard… Un peu comme une âme en peine… J'aurais pourtant pensé que si tu devais hanter un endroit, ce serait la librairie.
La brune se tourna lentement, le regard furieux, en direction de Théodore Nott. Le Serpentard lui lança un sourire amusé qui lui donna l'étrange envie de lui donner un coup de poing. Ce n'était pourtant pas son genre. Elle avait toujours été la pacifiste. De toute évidence, elle était prête à faire une exception pour cet enfoiré de Nott.
- Je n'ai pas le temps pour tes commentaires désagréables, Nott.
- Pourquoi? Aurais-tu perdu ton sens de l'humour? Après tout, ton petit stratagème pour obtenir Ronald Weasley n'a pas du tout fonctionné… Est-ce pour cela que tu es aussi énervée.
La Griffondore sentit la rage montée en elle et elle s'approcha rapidement du Serpentard, posant durement son doigt contre son torse. Les yeux bleu-vert du brun s'écarquillèrent et son sourire sarcastique disparut soudainement laissant place à de la perplexité.
- Écoute-moi bien espèce d'être répugnant… Siffla-t-elle, enragée. Contrairement à ce que tu penses, j'aime véritablement Ron… Il est mon meilleur ami. Je sais que cela ne veut rien dire pour toi, puisque tu ne sais pas ce qu'est l'amitié… Mais, pour moi, cela veut dire que je veux l'aider… je veux le protéger… je veux qu'il obtienne tout ce qu'il mérite. Je n'ai pas parlé à Zabini pour "obtenir" Ron, comme s'il n'était qu'un jouet, mais bien parce que je veux qu'il soit heureux! Est-ce que je suis assez claire ou bien ton cerveau d'enfoiré a dû mal à comprendre ce concept?
Une étrange lueur traversa le regard de Nott avant qu'il ne pose brusquement ses lèvres sur les siennes. C'était quoi cette merde!?
À suivre…
