Law reçut une note dans la soirée le conviant à rejoindre Caesar dans une pièce du troisième étage qu'il n'avait encore jamais visité.
Il s'y rendit d'un pas faussement paresseux, alors qu'en vérité il avait hâte de savoir ce que le scientifique lui voulait. Autant en finir vite.
Law ne goûtait guère à ses caprices, mais il s'y pliait pour atteindre son objectif, que visiblement Caesar était trop obnubilé pour voir.
L'endroit où il arriva était étrangement calme. Aucun pirate en combinaison jaune, aucun appareil à lupîotes clignotantes. Pas même un den den mushi caméra.
Il y avait Caesar dans un sofa qui prenait le thé, et bien sûr des fauteuils, où Law put prendre place.
L'atmosphère paisible était assez surréaliste, après la conversation quelque peu électrique qu'ils avaient eu un peu plus tôt dans la journée.
- Ma demande étant assez particulière, j'ai préféré nous assurer un peu d'intimité, déclara Caesar en reposant doucement sa tasse sur sa soucoupe.
Law détailla l'expression apaisée du savant et en conclut que sa mauvaise humeur l'avait quitté, temporairement du moins. Il avait appris à observer Caesar et savait désormais que le scientifique ne possédait pas un caractère facile. Soupe au lait, perfectionniste et volontiers cruel, il était rarement capable de maintenir une discussion plus de quelques minutes sans essayer de prendre l'ascendant, de tromper ou de faire mal. Law n'était même pas sûr qu'il s'en aperçoive, car il y avait chez l'ancien collaborateur de Vegapunk une ingénuité presque touchante et enfantine.
Pour discuter avec lui, il fallait rester direct, froid, presque clinique, et forcément très précis. Il n'avait pas le droit à l'erreur, car l'esprit de Caesar, sous ses apparences déjantées, était plus affûté qu'un rasoir. Il lui serait aisé de deviner ses objectifs s'il laissait échapper le moindre mot de travers.
- Tu peux évidemment refuser, continua Caesar. Mais, bien sûr, tu seras aussi forcé de quitter cette île dans les plus brefs délais pour ne plus y revenir – et me remercier d'avoir généreusement accepté de te laisser partir entier. La plupart des gens qui viennent ici n'en reviennent jamais, vois-tu ?
Law hocha distraitement la tête, retenant un sourire sarcastique. Oh oui, il savait très bien. Il s'était chargé lui-même des derniers arrivants. Caesar avait oublié de le préciser, quand il lui avait reproché de ne rien faire pour lui.
Caesar croisa ses longues jambes devant lui en souriant, et Law remarqua qu'il ne portait pas sa blouse duveteuse. Cela le faisait paraître plus maigre et moins impressionnant, d'autant qu'ils étaient assis à peu près à la même hauteur – néanmoins le scientifique le dépassait encore d'une bonne tête.
- Ou sinon...
Sans le vouloir, Law se tendit légèrement, et il vit que Caesar l'avait remarqué, car son sourire s'accentua.
- Il y a quelque chose que tu peux faire pour me montrer ta dévotion.
Le terme de « dévotion » lui mit la puce à l'oreille ; Law plissa les yeux.
Caesar se pencha sur lui, de sorte que leur nez se touche presque et que leur regard se croise directement. Une pensée fugitive traversa Law, comme quoi s'il n'avait pas été un savant fou démoniaque, Caesar aurait pu être physiquement attrayant. Son corps svelte, sa physionomie pointue, la finesse de ses traits, ses cheveux longs et ses yeux dorés formaient un contraste étonnant avec ses manières autoritaires, la folie suintant parfois dans l'accent strident de sa voix et la grossièreté avec laquelle il considérait tout à chacun.
Soudain Law sut ce qu'il allait dire, peu ou prou, et un filet de sueur dévala sa colonne vertébrale tandis qu'il écarquillait les yeux, incrédule.
- Ouvre ton pantalon. Je veux voir si je peux totalement te faire confiance ou non.
Il ne lui ferait jamais confiance complètement, mais cela n'empêchait pas ses paroles d'être un ultimatum. Si Law ne s'exécutait pas, il pouvait déjà faire sa valise.
Sans quitter Caesar du regard, il descendit la fermeture éclair de son manteau, puis, les doigts hésitants, mais toujours sans regarder, il ouvrit les boutons de sa braguette.
Caesar déglutit, s'efforçant de ne pas regarder. Ses oreilles percevaient avec d'autant plus de clarté le pop des boutons qui sautent, dans le silence qui s'était installé entre eux.
- Satisfait ?, gronda Law.
Caesar rosit de plaisir, toutefois il secoua la tête.
- Pas encore.
Il quitta le sofa où il était assis et posa ses mains sur les genoux du jeune homme. Ce dernier le laissa faire sans rien demander, et Caesar s'enhardit. Il s'agenouilla entre ses jambes et put enfin s'intéresser à l'anatomie du Shichibukai sous un angle entièrement inédit. Il avait envie d'essayer quelque chose, d'expérimenter. Il se pencha en avant en baissant le sous-vêtement, déterminé, puis s'approcha encore sans hésiter, les lèvres entrouvertes et humides.
Trafalgar tressaillit lorsque la langue du scientifique effleura son sexe. Il s'obligea à rester immobile.
En réponse, Caesar étrangla un gémissement qui montait ; il ne savait même pas que c'était ce qu'il désirait depuis si longtemps, mais à présent qu'il l'avait, il réalisait que c'est précisément ce qu'il voulait depuis le début.
Il prit délicatement la verge dans sa main et l'embrassa doucement, caressant et léchant avec lenteur, comme s'il savourait chaque petite sensation. Il enregistrait soigneusement chaque donnée : l'odeur, le goût, la texture. Il souffla et sentit le pénis de Law se raidir un peu plus. Littéralement enchanté d'avoir obtenu une réaction aussi positive, il s'empressa de prendre le gland dans sa bouche.
Le jeune pirate lâcha un hoquet, et cette fois Caesar ne retînt pas son gémissement, qui fit vibrer son palais où reposait le membre viril du Shichibukai.
Brusquement, celui-ci s'empara de ses cornes. Caesar écarquilla les yeux.
Law poussa vigoureusement sa tête en avant. Le scientifique voulut protester mais la verge vînt lui remplir le gosier ; c'était invasif, brutal, et les larmes lui montèrent aux yeux, pourtant il se surprit à aimer ça, à un point qu'il n'aurait jamais pu imaginer. Il n'aurait jamais cru pouvoir ressentir ça un jour, et c'était humiliant, mais en même temps, c'était bon, c'était bon ! Et les mains de Law agrippées à ses cornes ne le laissaient pas reculer, le forçaient à avaler ce qu'il avait à donner.
Le jeune homme poussa un râle en se vidant, et ses testicules contre le menton lisse de Caesar se contractèrent.
Le savant poussa un cri étouffé par le sperme qui se déversa dans sa gorge comme un torrent impétueux, bouillonnant et vivant, brûlant, brûlant de vie au sein de sa chair.
Trafalgar le rejeta en arrière, comme un déchet, une fois qu'il eut fini. Caesar ne prit même pas la peine de s'offenser. Il resta prostré sur le sol, la semence dégoulinant de ses lèvres rougies, les yeux grands ouverts. Il était choqué.
Il avait adoré ça.
Law se redressa, se rhabillant prestement. Il n'était pas certain de ce qu'il allait faire maintenant.
Il regarda Caesar, tentant de décoder ses pensées.
Celles-ci furent très claires. Le regard brillant qu'il adressa à Law suffit, avec ses joues soudain plus roses sur son visage blême.
- Obscène, conclut Law, la respiration courte. C'était donc ça que tu voulais ?
Caesar ferma les paupières sous le ton accusateur. Il voulut paraître assuré, mais quelque chose s'était brisé en lui et il geignit :
- Oui.
La mâchoire de Law se durcit. Il répliqua en pesant ses mots, donnant son accord tacite, dangereux :
- Je reste.
Il ne pouvait pas faire machine arrière. Ni maintenant, ni jamais.
Il avait quelque chose à faire. Quelqu'un à exterminer.
Rien ni personne ne pourrait entraver sa quête.
- Oui..., gémit Caesar lascivement.
Law quitta la pièce en traînant des pieds. Le scientifique l'observa attentivement.
En définitive, il restait toujours une énigme.