Voilà le troisième chapitre, et je suis vraiment désolé du retard! Je vous avais donné un délai d'une semaine, j'en ai mis plus de deux… Mais en ce moment, je suis en pleine période de partiels (période qui se termine le 31 Mai) et donc je n'ai pas eu le temps de terminer ce chapitre à temps…

Mais en tout cas merci pour les reviews, les gens qui mettent l'histoire en favoris ou en alerte, ça me fait plaisir. Je ne suis plus du genre à réclamer des reviews, parce qu'après tout, si je poste mes histoires, c'est pour partager ma passion avec des autres auteurs/lecteurs, mais si vous avez quelque chose à me dire, n'hésitez pas.

Je voulais également savoir si cela vous intéresserais, éventuellement, de pouvoir suivre l'évolution de chaque chapitre ? Genre un blog, groupe facebook (secret de préférence), etc. Si vous aimez l'idée, dites le moi par review, mail, MP. :)

Voilà, je vous laisse lire ! Bonne lecture :)

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Insaisissable, troisième chapitre

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_Ron est un idiot.

La voix d'Harry trancha dans l'air, rapide, dure, comme un sifflement.

Hermione, qui regardait la télévision le regard vide, tourna sa tête vers lui.

_Ne fais pas ça Harry, ne lui donne pas le rôle du connard, ce n'est pas le cas.

L'intéressé haussa vaguement les épaules, et croisa les bras, renfrogné. Puis, ne pouvant plus se retenir, il sortit son téléphone portable de la poche de son jean. Hermione eut juste le temps de se lever que le brun hurlait déjà contre son interlocuteur. D'où elle était, elle entendait non seulement son ami lui hurler dessus, mais elle pouvait également entendre Ron, et lui aussi hurlait. Le brun se leva et partit dans sa cuisine en claquant la porte, comme si cela allait intimider Ron.

A cet instant précis, Hermione se dit que son meilleur ami était vraiment impulsif et excessif. Toujours à défendre les gens, qu'ils aient raisons, ou tords. Toujours à vouloir les sauver. C'est d'ailleurs cette qualité qu'elle aimait chez lui, et qui ferait de lui un excellent médecin, mais à trop haute dose, cela pouvait être dangereux, surtout pour lui.

Cinq minutes plus tard, le silence revint. Harry retourna s'asseoir à la même place, et Hermione alla à ses côté et posa sa tête sur son épaule.

_Merci…

Les yeux rivés sur la télévision, Harry sourit tristement.

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Dans la soirée, alors que le brun descendait les escaliers pour aller mettre sa poubelle dans le local approprié, il tomba nez à nez avec Draco.

Harry avait toujours aimé la manière dont Draco s'habillait. Il se dégageait de lui une telle… classe. Oui, c'était ça. Une classe naturelle que personne, jusqu'à maintenant, n'avait réussi à égaler aux yeux d'Harry. Ce soir, il portait juste une paire de jean bleu foncée, un polo blanc, et des chaussures cirées noires. En bijou, il portait juste une gourmette fine en argent, et autour du coup, une chaine avec un pendentif en forme de scorpion.

D'ailleurs, il avait toujours été fasciné par ce pendentif, la manière dont il brillait, la place où il était situé, au creux de son cou…

_Tu comptes rester planté là ?

Harry sursauta, et releva ses yeux vers le visage du blond.

_Désolé, je ne suis pas dans mon état normal, lui répondit-il, et dans un sens, c'était vrai…

_J'avais cru comprendre, ou entendre, plutôt.

_Merde… Vous m'avez entendu ?

_Tu rigoles ? Ironisa Draco, tout l'immeuble t'as entendu, tu veux dire !

Il se mit à descendre les escaliers, et Harry le suivit, grimaçant.

_Comment va Hermione ? Demanda le blond.

_Elle tient le coup, je crois…

Bien qu'étonné qu'il lui pose des questions, lui qui normalement ne lui adressait pas la parole, Harry ne le montra pas, et Draco, de son côté, l'en remercia. Il ne savait pas ce qu'il lui prenait, peut-être la réflexion du brun l'après-midi même ?

Ils arrivèrent enfin au rez-de-chaussée et restèrent quelques instant face à face, sans savoir quoi dire. C'était bizarre pour eux, mais après tout, ils allaient devoir s'y habituer. Pour l'un, ça serait perturbant, et pour l'autre… assez frustrant. Draco fit un léger hochement de tête, presque imperceptible, et s'en alla vers la sortie de l'immeuble, sans un regard en arrière.

Et Harry resta là, comme un con, avec son sac poubelle à la main. Et à cet instant, il se demanda ce qu'il allait faire, ou pire, qui il allait voir ? Chassant ses pensées, il se débarrassa du sac dans la benne et remonta dans son appartement. Il retrouva Hermione affalée sur le canapé, des larmes coulant silencieusement sur ses joues.

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Harry arriva en avance à l'hôpital, ce qui chez lui était plutôt rare. Il n'avait presque pas réussi à dormir et les questions qui l'avaient tenu éveillé presque toute la nuit ne l'avait toujours pas quitté. D'abord il y avait la tristesse qu'il ressentait pour Hermione. Ensuite, ses pensées se sont dirigées vers Ron et sa bêtise aussi grosse que lui. Puis quand ses pensées changèrent de direction, elles arrivèrent encore et toujours vers Draco. Cela faisait pourtant longtemps qu'il savait qu'il était attiré par Draco, ce n'était pas une nouveauté ! Et en même temps, il aurait fallu être difficile pour ne pas l'être, non ? Non, ce qu'il se demandait, c'était pourquoi Draco mettant autant de distance entre eux.

Après avoir enfilé sa blouse et son stéthoscope autour du cou, il regarda l'heure, et se dit qu'il avait largement le temps de prendre un café et un croissant à la cafétéria.

Quand il entra dans la salle, il aperçu Blaise, affalé sur une table du fond. Après s'être servi, il alla le rejoindre.

Ce dernier leva à peine la tête, puis la reposa lourdement et leva la main en guise de bonjour.

_Dure nuit ?

_Quelle nuit ? Demanda Blaise, sarcastique. Ma patiente n'a pas voulu se réveiller, j'ai dû la surveiller toute la nuit le temps qu'elle se décide à émerger ! Et ensuite, quand ENFIN, une infirmière a eu pitié de moi et m'a remplacé, elle s'est réveillée, et j'ai dû aller la détuber…

_Aléas du métier mon pote… Déclara Harry en mordant dans un croissant. Et donc tu te caches ici avant la fin de ta garde, c'est ça ?

_A peu près, oui. Fit-il en relevant la tête. T'es pas censé aller en Staff, toi ?

_Je suis en avance.

Blaise haussa les sourcils mais ne fit aucune remarque.

_Dis-moi Blaise, j'aurais besoin de ton avis… Commença le brun tout à coup sérieux. Toi qui le connais beaucoup plus que moi…

Blaise leva une main pour l'arrêter, Harry se stoppa net, surpris.

_Alors là je t'arrête tout de suite. Harry, mon pote, je t'aime bien, mais je suis trop crevé pour écouter tes niaiseries sur Draco. Alors garde tes déclarations d'amour indirectes pour Hermione, tu veux ?

Puis il se leva, laissant Harry, la bouche ouverte, en train d'essayer d'avaler ce qu'il venait d'entendre.

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Depuis son ébauche de conversation avec Blaise, Harry gardait malgré lui ses sourcils froncés en permanence. Ses pensées envers le blond étaient-elles aussi transparente ? Dans ce cas, pourquoi ses amis ne lui en avaient jamais parlé ? Et si même Blaise s'en était rendu compte, était-ce également le cas de Draco ? Cela expliquerait pourquoi le blond mettait autant de distance entre eux, même si à cette pensée, Harry se sentit complètement abattu et humilié.

Le staff avait débuté depuis une bonne demi-heure, et quand ce fut à son tour de parler des cas dans il était en charge, il essaya d'oublier toutes ses préoccupations et se promit de ne penser plus qu'à son travail et à aller raisonner Ron dès la fin de son service. Quant à Draco, il allait devoir arrêter de l'observer autant, ou même d'essayer de se rapprocher de lui. Le fait qu'ils soient tous deux dans le même service n'allait pas simplifier les choses, mais après tout, il aura juste à rester professionnel et à ne lui adresser la parole qu'en cas de nécessité. S'il le recroisait dans l'immeuble, il aurait juste à faire comme d'habitude, les reluquages en moins. Et quant aux futures soirées qu'ils passeraient avec leurs amis, et bien… Il se promit de voir à ce moment-là, vu que de toute façon, avec leurs horaires respectifs et la dispute de Ron et d'Hermione, ça ne risquait pas d'arriver de si tôt.

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Draco s'ennuyait. Il avait parlé de ses cas en premier et attendait à présent que le staff se termine pour aller travailler. Il restait à peine dix minutes et il pourrait enfin se dégourdir les jambes. Il avait vraiment passé une sale nuit. Il était allé rendre visite à son parrain la veille et certaines conversations qu'il avait eut avec lui l'avait empêché de dormir. En plus de cela, il avait remarqué un changement dans le comportement d'Harry. Il ne l'avait pas observé une seule fois depuis le début du Staff. Pas une seule. Et Draco le savait, car lui, l'avait regardé. Il observa ses traits tirés, ses cernes sous les yeux, et se dit que le brun non plus n'avait pas dû passer une très bonne nuit. Mais malgré cette constatation, quelque chose le turlupinait. Il sentait que quelque chose n'allait pas, que quelque chose avait changé, même s'il ne savait pas vraiment quoi. Sans s'en rendre compte, il commença à crayonner les contours de son visage sur son bloc note. Quand il réalisa ce qu'il était en train de faire, il le referma lourdement, faisant converger tous les visages alentours vers lui. Le neurologue en chef leur indiqua que la réunion était terminée et sans attendre, le blond se leva et parti dans les vestiaires.

Il n'arrivait pas à croire que ça le reprenait. Ces traits, si familiers, ils pourraient les tracer les yeux fermés, dans son sommeil, ou comme à l'instant, sans même s'en rendre compte. Il avait passé toutes ses années de lycée à dessiner Harry, même si à l'époque il le détestait pour cela. Il trouvait juste que toutes les expressions qu'il parvenait à dégager était un bonheur à dessiner, à mettre sur papier, à immortaliser.

Puis un jour, Blaise avait découvert tous les croquis, et il lui avait posé la question qu'il évitait de se poser à lui-même :

_Pourquoi il n'y a que des dessins de lui, Draco ? Lui avait-il demandé.

Draco avait senti son cœur se serrer, sans trop savoir pourquoi. Il avait haussé les épaules, et les deux amis n'en avaient jamais reparlé. Draco avait mis tous les dessins dans un carton, entre ses vieux bouquins de lycée et ses vieilles photos d'enfance, et il n'avait plus jamais dessiné. Il ne savait même pas quand cette obsession lui était apparue, tout ce qu'il savait, c'est qu'il fallait qu'elle s'arrête. Et jusqu'à aujourd'hui, il avait presque réussi à oublier le vieux carton qui trainait encore dans la maison de ses parents.

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Harry venait de quitter la chambre de son dernier patient pour la journée. Il traversa les couloirs de l'hôpital d'un pas lourd et fatigué. Il était 19h, et il devait déjà être parti il y a plus d'une heure. Il se dirigea vers le bureau des internes de son service. C'était une sorte de salle de réunion, là où les internes se voyaient confié un bureau, afin qu'ils puissent y rédiger leurs rapports sur leurs patients mais également travailler sur leur thèse d'internat. Et vu le nombre de rapport qu'il avait à rédiger, il ne sera pas rentré chez lui avant deux bonnes heures.

Il pénétra dans la pièce et son regard fut tout de suite attiré par une chevelure rousse.

Ron se leva. Il était toujours en tenue de policier. Blouson, matraque et arme à la ceinture. Harry avait toujours envie de sourire en le voyant habillé de cette façon, il n'arrivait pas à s'y faire. Alors il lui sourit, puis Ron, soulagé, vint lui faire une accolade amicale.

Harry s'assied à son bureau et Ron s'assit sur la chaise lui faisant face.

_Je me suis servi un café. Rien à dire, le votre est carrément meilleur.

_Ron, t'es venu me parler café ? Rétorqua le brun, sachant pertinemment que son meilleur ami était mal à l'aise.

Les épaules de Ron s'affaissèrent, et Harry sut à cet instant ce qu'il allait dire.

_J'ai déconné, Harry.

Décidément, il le connaissait trop bien…

_Je sais.

_Je sais que tu sais.

_Tu comptes faire quoi ?

A cet instant, la porte s'ouvrit de nouveau et Draco entra dans la pièce. Harry et Ron le regardèrent s'avancer, mais le brun tourna bien vite la tête.

_Salut Weasley.

Le blond serra la main de Ron, quant à Harry, il évita soigneusement son regard.

_Tu ne demandes pas ce que je fais là ? Demanda Ron.

Le blond, maintenant occupé à mettre de l'ordre dans ses dossiers, ne lui accorda même pas un regard mais répondit :

_Oh, j'imagine que tu dois en être au stade où tu t'es rendu compte que tu es un parfait crétin, que le problème ne vient pas d'Hermione, mais du manque total de confiance en toi.

Draco leva enfin les yeux de ses papiers et remarqua la tête d'ahuri du roux.

_Pourquoi on est ami avec lui, déjà ? Demanda Ron à son meilleur ami.

Le brun haussa les épaules, se disant que le blond n'avait pas tout à fait tord.

_Tu sais très bien que j'ai raison Weasley, insista Draco. Et tu veux un conseil ? Va la voir directement. Excuse toi, achète lui des fleurs, demande-la en mariage, fais-lui un gosse, je m'en fou, mais va la voir, et arrête de nous faire chier avec ton complexe d'infériorité à la con.

Pour la première fois de la journée, Draco sentit le regard d'Harry sur lui, mais il aurait mis sa main à couper que ce regard était lourd de reproches.

_Je t'emmerde Malefoy, je n'ai aucun complexe.

Enervé, il se leva et s'en alla, sans même saluer son meilleur ami.

Pendant quelques instants, un silence de plomb s'installa entre Harry et Draco. Le blond s'était mis à taper ses rapports sur son ordinateur, mais Harry avait toujours le regard fixé sur lui.

_T'as un peu abusé, non ?

Le blond soupira, mais tourna la tête vers Harry.

_Il faudrait que tu arrêtes de le materner un peu. On sait tous les deux que Ron se sent inférieur à nous, juste parce qu'on fait médecine et c'est ridicule. Toute la dispute entre Ron et Hermione part de là, et tu le sais.

_Ce n'était pas une raison pour lui dire aussi franchement.

_Oui mais à ce que je sache, il doit sûrement déjà être en train de la supplier. Toi, tu lui aurais dit quoi ? « T'inquiète pas mon pote, elle va revenir, laisse lui du temps » ? Et t'aurais encore passé au moins un mois avec des cernes pas possible, à te prendre la tête là-dessus jusqu'à n'en pas dormir ! Alors remercie-moi au lieu de toujours vouloir me contredire Harry.

Dire qu'Harry fut surpris serait un euphémisme. A vrai dire, il était totalement choqué que Draco puisse le connaitre autant. Harry fronça les sourcils et sentit son cœur s'accélérer, l'espoir s'installer. Rien qu'un peu. Puis il se souvint de sa promesse du matin, et se remit à travailler sans attendre. Sans même faire attention à Draco qui se mordait la lèvre inférieur, se sentant coupable d'en avoir trop dit.

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A suivre…