Un grand merci à tous ceux qui suivent cette histoire, rédigent des reviews ou des messages personnels.

OtakTouch, c'est sûr Dean a une volonté de fer ... mais sera-t-elle suffisante ? ^^

Dinahe, vraiment désolée de mettre autant de temps à poster les chapitres. J'ai un super boulot que j'adore mais qui me prend énormément de temps et je l'avoue, parfois je suis à des milliers de kilomètres de ma fic ^^ Mais je te remercie de rester fidèle malgré cet inconvénient. Et ça me fait très plaisir de voir que certains passages te font rire. Ca me rassure car si je suis très à l'aise avec les descriptions "berk", ce n'est pas toujours évident pour moi de développer l'aspect comique ! L'humour de Dean, par exemple, n'est pas facile à imiter ! Et pourtant, qu'est-ce que je l'adore ! lol !

Elizab, que de compliments qui me font rougir. Pas sûre que je les mérite vraiment mais merci beaucoup. Le week-end dernier j'ai eu un tit souci qui s'est prolongé en une affreuse semaine. Aussi, je n'ai pas encore eu le temps de lire ton OS mais je vais me rattraper ! ^^

Gros bisous à vous mes fidèles revieweuses !

Merci à vous tous et bonne lecture ^^


Chapitre 12

Une nouvelle fois Dean s'assura que son frère se tenait juste derrière lui. Lorsqu'ils étaient entrés dans la bouche de métro, les derniers rayons de soleil filtraient à travers les immeubles gigantesques qui les encerclaient. Discrètement, ils avaient quittés les quais pour accéder aux tunnels souterrains qui longeaient les égouts. A mesure qu'ils progressaient dans ce dédale de boyaux répugnants tant par l'odeur qui s'en dégageait que par la matière visqueuse qui recouvrait les murs, ils s'enfonçaient dans une obscurité oppressante. Même les sans-abris qu'ils avaient croisés à l'embouchure de ces longs couloirs avaient déserté ce logement de fortune. Seuls les rats et autres animaux non identifiés crapahutaient le long de leurs jambes, près des eaux souillées. De temps à autre, cette boue nauséabonde entrait en contact avec des équipements à très haute température et provoquait des émanations de buée forte, dense et étouffante. Malgré tout, ils devaient progresser dans la plus grande discrétion car la meute n'était certainement pas loin. Le moindre mot résonnant à des kilomètres, leurs échanges se faisaient silencieusement. Quant à leurs lampes, elles étaient réglées sur une très faible intensité afin qu'elles guident leur pas mais qu'elles ne soient pas repérables à plus de quelques mètres.

Malgré tous ces désagréments, Dean était reconnaissant envers son père car il savait que son frère et lui étaient en charge de la partie la moins dangereuse du plan. Grâce à Bobby, ils savaient que les femelles dominantes restaient dans le nid pendant que leur progéniture partait chasser. En cas de danger, toute cette petite famille était capable de communiquer via une forme de télépathie animale et chaque membre se précipitait à la rescousse de ses pairs. Une fois réunie, la meute voyait ses forces décupler. L'idée était donc de séquestrer les plus jeunes suffisamment longtemps afin que les deux chasseurs les plus expérimentés puissent exterminer les « exemplaires originaux » sans avoir à affronter l'ensemble de la bande. Par conséquent, John et Bobby étaient ceux qui prenaient le plus de risques mais c'était également ceux qui étaient les plus qualifiés pour mener cette mission à bien.

Cela faisait vingt-quatre heures qu'ils avaient élaboré ce plan et qu'ils l'avaient décortiqué sous toutes les coutures pour dégager les contraintes auxquelles ils auraient à faire face, établir la liste des armes dont ils auraient besoin et évaluer les risques encourus par chacun. Inutile de dire qu'ils étaient parfaitement au point. Finalement le plus compliqué dans cette chasse avait été de localiser la meute. Il leur avait fallu deux nuits et près de trois jours pour les trouver. Ils avaient quadrillés différents secteurs de cette énorme ville, des quartiers résidentiels les plus chics aux banlieues les plus dévastées. Sammy avait raison, un groupe tel que celui-ci, aussi bizarre soit-il, était monnaie courante dans les environs. Ils avaient donc dû être plus sélectifs dans le choix des critères. Quant aux disparitions inexpliquées, elles étaient tout aussi courantes : fugues, accidents, enlèvements - et même meurtres en série dus à un taré même pas surnaturel – venaient alourdir leurs recherches ! Et encore, ils n'avaient pu enquêter que sur les disparitions signalées. C'était d'ailleurs grâce à ça que Bobby avait compris qu'il s'agissait d'une chasse relevant de leurs compétences. Lorsque les proies se révélaient être des sans-abris, personne n'y prêtait attention mais lorsque les victimes étaient de riches promoteurs, de gros actionnaires ou des avocats renommés, la nouvelle s'étalait en première page de tous les tabloïds. Quand de plus, ces célébrités s'évanouissaient totalement dans les airs sans raison apparente ni même une demande de rançon alors les forces de police, FBI et compagnie avaient toutes les raisons de se sentir dépassés.

Près de son épaule, quelque chose passa furtivement sur l'un des tuyaux qui longeaient le couloir. C'était certainement un rat. Il détestait les rats ! Il serra les dents, se concentrant de nouveau sur ce qui était vraiment important. Pour la énième fois, il jeta un œil à son petit frère. Quand ils n'étaient que tous les deux, Sam paraissait plus détendu, bien qu'il ne soit toujours pas totalement lui-même. Durant ces trois derniers jours, il avait pris grand soin de ne pas quitter son cadet des yeux et de ne jamais – non jamais – le laisser seul avec leur père. De toute façon, la plupart du temps, John était parti prospecter seul. Bobby, lui, avait fait la navette entre les différents membres de l'équipe. Ce vieux renard avait un sixième sens bien aiguisé car, à peine vingt-quatre heures après leur arrivée, il l'avait pris à part pour lui demander pourquoi Sam avait cette attitude bizarre. Il aurait pu jouer les innocents et dire qu'il n'avait rien remarqué mais avec Bobby, il n'était pas possible de mentir. Alors, en quelques mots, il lui avait expliqué que, comme lui avait dit son père, quelques soient ses craintes, elles n'étaient pas fondées. Son cadet devait traverser une période difficile de sa vie et il fallait faire avec. Son petit discours n'avait pas dû être très convainquant car son ami lui avait répondu qu'il devait faire plus confiance en son instinct et que personne, pas même John, ne connaissait mieux Sam que lui. Il avait ajouté qu'en cas de besoin, son frère et lui pourraient toujours compter sur lui. Puis il avait appliqué une main sur son épaule avant de partir explorer un nouveau secteur. Ce geste étrange – ou tout du moins inhabituel – avait ravivé la force dont il avait besoin. Il avait bien l'intention de résoudre les problèmes de Sammy par lui-même. Ce genre de choses devait se régler en famille. Mais le fait de savoir qu'il avait le soutien total de Bobby montrait qu'il était sur la bonne voie et renforçait sa volonté.

Ils arrivèrent enfin à destination. Cet endroit était idéal pour tendre leur piège. D'une part, il était pourvu d'un faible éclairage qui leur permettait de voir sans être vus. D'autre part, il leur prodiguait de nombreuses cachettes. Et enfin, il était équipé d'une large trappe qui donnait directement sur un puits extrêmement profond. C'était bien trouvé. Sammy avait fait un travail de recherche remarquable. De toute façon, s'ils avaient autant avancé dans cette chasse, c'était en grande partie grâce à lui. Il avait rassemblé toutes les informations récoltées lors de leurs investigations sur le terrain. Il avait éliminé les données inutiles et avait croisé les autres. Il avait ainsi délimité le terrain de chasse des « hyène-machin-truc-chose » : Il se répartissait sur divers quartiers haut de gamme. Goût de luxe, nourriture plus saine, plus copieuse, conditionnement répondant aux normes d'hygiène, que de raisons incontestables d'y venir faire son marché !

Mais pour trouver leur nid, en revanche, il avait d'abord fallu qu'ils assimilent un fait important : Leur cible était constituée de chasseurs de l'ombre, tout comme eux – enfin, à « quelques détails près » ! Leur refuge devait donc se situer dans un lieu plus tranquille – un local suffisamment spacieux qui pourrait abriter toute la petite famille sans attirer les regards indiscrets, situé à une distance raisonnable de la « zone commerciale ».

Enfin, si ces créatures à l'apparence humaine pouvaient se balader librement dans les rues de la ville afin d'y trouver des idées de menu, elles devaient utiliser un moyen plus discret pour mener à bien leurs attaques et ramener leur nourriture au bercail. Qu'y avait-il de mieux que le réseau d'égouts pour satisfaire leurs exigences ?! Avec toutes ces données et ces déductions, Sammy avait retapissé le mur de leur chambre à l'hôtel. L'espèce de toile d'araignée ainsi obtenue avait permis de délimiter un secteur bien particulier. Bobby et leur père s'étaient occupés du reste et avaient découvert le nid dans un vieil entrepôt désaffecté. Et depuis, ils s'étaient tous affairés à établir un plan.

En ce dimanche soir était organisé un colloque de gros investisseurs – a priori « gros » dans tous les sens du terme ! Un banquet à ne pas rater donc. D'autant plus que ce séminaire avait lieu justement dans l'un des quartiers compris dans la zone d'approvisionnement de ces prédateurs. Par conséquent, il ne faisait aucun doute que la meute s'y rendrait au cours de la soirée. Et pour cela, elle allait devoir passer par cette section d'égout.

Il ne pensait pas si bien dire : à peine trente minutes après qu'ils aient terminé le piège, Sam et lui entendirent l'écho de cris ignobles. On aurait dit des éclats de rires émanant d'une bande de pervers. Cette hilarité malsaine s'approcha du renfoncement où ils étaient dissimulés à une vitesse étonnante. Son cadet se pencha pour passer la tête dans le couloir. Les cris s'atténuèrent avant de s'arrêter totalement. Il attrapa son frère par l'épaule et le tira pour le remettre rapidement à couvert. Tout en le maintenant de sa main droite au fond de leur cachette, il s'autorisa à jeter un œil à son tour pour évaluer la distance entre eux et leurs ennemis. Dans l'obscurité du bout du couloir, il ne discerna que quelques faibles lumières au loin. A cette distance et dans la pénombre prodiguée par sa planque, il n'y avait aucune raison pour que Sam et lui aient été repéré et pourtant … Il recula d'un pas et croisa le regard de Sammy qui passa de la fureur à l'inquiétude en une fraction de seconde. Il savait que cette inquiétude n'était en fait que le reflet de l'angoisse que lui-même ressentait à ce moment précis. Avec horreur, il venait de comprendre que les faibles lumières qu'il croyait avoir vues au loin étaient en fait la réverbération de l'éclairage dans les yeux de ces sales bestioles. Il n'avait pas réalisé tout de suite parce qu'il s'attendait à voir des femmes … debout. Mais de toute évidence, ces choses n'avaient plus rien d'humain et elles avançaient beaucoup plus vite à quatre pattes. Il déglutit difficilement. Il avait pensé qu'elles étaient tout au bout du couloir parce que les lumières qu'il avait cru déceler étaient près du sol. Mais maintenant qu'il avait compris son erreur … Son regard fut irrésistiblement attiré vers le dessus de sa tête. Une ombre aux traits indistincts s'y dessinait. Il resserra son emprise sur son frère. Un frisson glacé parcourut son corps au moment où l'ombre dévoila deux prunelles jaunes et une rangée de dents carnassières.

- Cours ! Hurla-t-il à son cadet en l'entraînant par le bras.

Ils détalèrent droit devant eux sans un regard en arrière. Les ricanements reprirent de plus belles. Parmi eux, des cris de détresse retentirent. Au moins, certaines bestioles étaient tombées dans leur piège. Mais les autres leur collaient aux basques. Certaines les avaient même dépassés, les empêchant d'emprunter les bifurcations qui les auraient menés à la sortie, les obligeant à tourner à gauche alors qu'ils voulaient aller à droite. Soudain, il comprit. Ces saletés ne cherchaient pas à les attraper, elles les guidaient. Son frère et lui étaient en train de se faire rabattre comme du gibier !

x*x*x*x

Tout en cavalant, Sam sentait la présence de son frère à ses côtés, sur sa gauche, légèrement en retrait. Il savait que Dean aurait pu courir bien plus vite s'il l'avait voulu, même si lui non plus ne dormait pas beaucoup depuis un certain temps et qu'il était certainement aussi épuisé que lui. Seulement jamais cet idiot ne penserait à sa propre sécurité avant celle des autres. Tel qu'il le connaissait, la seule chose qui devait lui importer était d'assurer les arrières de son petit frère. C'était exaspérant !

A la fois rassuré et irrité par cette attitude altruiste qu'il estimait proche de la débilité, Sam s'autorisa à jeter un œil furtif derrière lui. Depuis qu'ils avaient dû décamper, les seules informations qu'il avait pu recueillir sur leurs poursuivants étaient le crissement de leurs griffes sur le sol et les espèces de cris sadiques qu'ils émettaient de temps à autre. Même lorsque ces saletés s'étaient interposées entre eux et leurs éventuelles sorties de secours, il n'avait pas eu l'opportunité de les voir. Le fait de ne pas avoir plus de données sur ce qui les pourchassait était bien plus angoissant pour lui que l'idée de devoir les affronter pour sauver leur vie. Il avait estimé à quatre ou cinq le nombre de créatures qui avaient dû tomber dans leur piège. Malheureusement cela ne lui indiquait pas combien il en restait. Malgré sa concentration, un seul regard en arrière ne suffit pas et il dut renouveler l'opération à plusieurs reprises avant d'avoir enfin un bon visuel. La première fois, il n'avait aperçu que des petites billes luisantes dans la semi-obscurité. Il avait donc profité de la lumière artificielle dont certains tronçons d'égouts étaient dotés pour faire de nouveaux essais.

Ces choses n'avaient plus rien de féminin, ni même d'humain. L'espèce de fourrure rase qui recouvrait leur corps ne suffisait pas à camoufler leur crâne hideux au museau aplati. Lorsqu'elles ouvraient la gueule, c'était pour exposer deux rangées de dents acérées. Quant à leur corps, il s'assimilait à celui d'un quadrupède à l'aspect trapu. Les hanches, pourtant bien plus basses que les épaules, déployaient une force impressionnante. Ces créatures devaient dépasser les soixante-dix kilos mais cela n'empêchait pas la puissance de leur détente. Leurs mouvements lestes et rapides leur permettaient d'évoluer le long des boyaux moites et obscurs avec une facilité déconcertante.

Ces ombres bondissantes et menaçantes s'étaient rapprochées dangereusement d'eux. Elles les talonnaient de près alors pourquoi ne les attaquaient-elles pas ? Elles étaient bien plus agiles qu'eux. Dire qu'ils étaient juste censés piéger la progéniture de ces femelles dominantes. Comment étaient-ils passés des chasseurs aux chassés ? En croisant le regard bourré de reproches de son aîné alors qu'il se retournait une énième fois, il se rappela que l'heure n'était pas aux questions mais à l'action.

Des hurlements différents se firent entendre derrière eux. Gémissements et cris de douleur suivirent de près les gargouillis et grognements proches de la suffocation. Tant pis pour l'action, il fit volte face pour assister à l'agonie de certaines créatures et la détresse du reste de la meute. La course poursuite venait de s'interrompre momentanément. Complètement effaré devant se spectacle inouï, il ne s'aperçut pas tout de suite que son frère l'avait attiré dans un renfoncement obscure. Ce n'est que lorsqu'il n'eut plus la possibilité de voir ce qui se passait qu'il comprit que Dean était devant lui et qu'il le gênait. Il se dégagea de cette entrave en glissant légèrement sur la gauche. Quatre créatures se tortillaient sur le sol devant leurs congénères. Tout en rendant leur dernier souffle, leur morphologie se modifia considérablement. La fourrure s'effaça comme si elle se réintégrait dans la peau. Seule la pilosité sur le sommet du crâne se développa en une chevelure plus ou moins soyeuse. Le squelette se déforma pour passer du mode quadrupède à celui de bipède. Le museau disparut également pour révéler des traits de visages féminins. En moins de quinze secondes, ces horreurs s'étaient métamorphosées en êtres humains. Autour des corps inanimés, les lamentations se transformèrent en cris vengeurs. Les paires d'yeux jaunes et lumineux scrutèrent le long couloir avec attention.

Alors qu'il s'apprêtait à reprendre sa course, Dean le retint par le bras et lui indiqua ses armes. Il sentit ses yeux s'arrondir comme des soucoupes. D'où lui venait cette idée stupide ? Pourquoi voulait-il perdre son temps à leur tirer dessus ? Etait-il arrogant à ce point là ? Se croyait-il aussi bon tireur pour réussir à toucher l'une de ces choses aux déplacements furtifs ? Pensait-il que les douze autres attendraient bien patiemment leur tour ? N'était-il pas en mesure de comprendre qu'en agissant ainsi, il allait les énerver et les mettre tous les deux plus en danger qu'ils ne l'étaient déjà ? C'était contreproductif, c'était irrationnel, c'était complètement débile, c'était une idée pourrie ! Alors, non ! Il refusait catégoriquement de le suivre dans cette voie ! Le plan A avait échoué lamentablement mais ils pouvaient toujours servir d'appât et attirer ces monstres loin du nid familial afin que John et Bobby puissent s'occuper une bonne fois pour toutes des femelles dominantes restantes. Il n'y avait rien de compliqué. Ils n'avaient qu'à courir suffisamment longtemps en attendant que ces sales bestioles tombent comme des mouches. Au pire, ils les combattraient si elles se décidaient à les attaquer. Son plan était parfait et Dean, qui de toute évidence avait perdu tout sens commun, ne parviendrait pas à le faire changer d'avis. Contrairement à ce qu'il aimait penser, son statut d'aîné ne faisait pas de lui le seigneur et maître en toutes circonstances.

Il secoua la tête, fronça les sourcils et dégagea son bras. Son grand frère lui lança son regard meurtrier mais pour une fois, cela ne l'intimida pas du tout. Il avait pris sa décision, celle qui était la plus appropriée, celle qui leur permettrait de s'en sortir tous les deux.

Il commença donc à courir avec, comme il s'y attendait, Dean sur les talons. Aussitôt la meute s'élança à leur poursuite. Les cris reprirent de plus belle. De nouveau, il comprit que John et Bobby avaient dû tuer une autre femelle dominante car des hurlements d'agonie retentirent derrière lui. Cette fois, il ne perdit pas de temps à les observer et tenta d'accélérer. Mais quatre créatures le dépassèrent en prenant appui sur les murs, de chaque côté du tunnel. Alors qu'il pensait qu'elles avaient en tête de les encercler, il fut surpris de les voir grimper vers le plafond. Aussitôt, Dean vida son chargeur sur elles. Il en abattit une qui retomba lourdement sur le sol et en blessa une seconde. Dans un bruit métallique infernal, une lumière vint éclairer les silhouettes des rescapées avant qu'elles ne disparaissent dans ... Cette révélation le frappa de plein fouet. A quel moment avait-il perdu son sens de l'orientation ? Il avait étudié la moindre ramification des égouts du secteur. Comment avait-il pu ignorer qu'il courait droit vers l'entrepôt ?! Il écumait de rage. Il venait de faire foirer son plan B dans les grandes largeurs : A cause de lui, la meute était de nouveau réunie. Sous l'emprise de la colère, il se rua sur l'échelle et la gravit aussi vite que sa hargne le lui permit. Lorsqu'il atteignit l'entrepôt, il lança un regard circulaire et repéra le combat acharné qui sévissait à quelques mètres de lui. Bien qu'ils aient été des chasseurs chevronnés, Bobby et John faisaient pâle figure face à leurs assaillants. Dean et lui ne seraient pas de trop pour aller leur prêter main forte. A cet instant précis, il ressentit un grand vide. Un frisson glacé irradia son corps. Il fit volte face et tourna sur lui-même avant que ses yeux ne restent figés sur la trappe. Pour la première fois depuis des semaines, la terreur venait de supplanter sa fureur.

x*x*x*x

Il voulait l'appeler, hurler son prénom mais ses poumons avaient cessé de fonctionner, paralysant avec eux ses cordes vocales. Il tomba à genoux près de l'ouverture de la trappe – gueule béante qui avait englouti son grand frère. A quelques mètres en-dessous, des grognements sourds s'échappaient de la pénombre. Il allait descendre mais fut projeté en arrière lorsqu'une demi-douzaine de créatures bondit dans le local. Quatre d'entre elles rejoignirent directement le reste de la meute. Les deux autres s'approchèrent de lui, menaçantes. Il n'avait pas le temps de se redresser mais recula un peu en s'aidant de ses pieds et de ses coudes. Le fait d'être presque adossé au sol rendait ces créatures encore plus monstrueuses. Elles avaient les babines relevées et écumantes. Mais à ses yeux le plus inquiétant était leurs museaux ensanglantés. Les battements de son cœur menacèrent de faire exploser sa cage thoracique. Qu'est-ce que ces saloperies avaient fait à son frère ? Les pires idées lui vinrent à l'esprit et pourtant il n'avait vraiment pas le temps d'y penser. Il dégaina son arme et tira jusqu'à ce qu'il entende le cliquetis lui annonçant que son chargeur était vide. Les mâchoires serrées à l'extrême, il se mit debout, dégagea d'un pied rageur les deux cadavres et se précipita de nouveau vers la trappe. Il descendit les premiers barreaux, orienta le faisceau lumineux de sa lampe vers le trou obscure et balaya la zone désormais silencieuse. Il découvrit un amoncellement de trois corps qui gisait au milieu d'une mare de sang. L'odeur doucereuse de l'hémoglobine chaude lui emplit les narines et lui souleva le cœur. Il fit abstraction du combat acharné qui avait toujours lieu aux fins fonds du local derrière lui et porta toute son attention sur la recherche de son frère. Finalement, il sentit l'échelle bouger et perçut une respiration haletante. Il balança la torche sur le sol de l'entrepôt et tendit la main en contrebas. Il saisit fermement l'avant-bras qui entra en contact avec sa paume et tira de toutes ses forces pour l'aider à se hisser jusqu'au local. Ce fut donc à deux qu'ils ressortirent de cette trappe infernale. D'un rapide coup d'œil respectif, ils évaluèrent l'état de santé de l'autre : rien d'irréparable à signaler. Puis ils partagèrent un regard avant de se jeter côte à côte dans la mêlée.

Trop préoccupées à tenter de protéger leurs « mères » des assauts des deux autres chasseurs, les sales bestioles ne les avaient pas vus arriver. Ils tranchèrent dans le vif à grands coups de machette avant d'attirer finalement leur attention. Alors qu'il pensait venir facilement à bout des survivantes, il entendit des grondements, juste derrière lui. Dean se retourna en même temps que lui. Une immonde créature ensanglantée aux côtes décharnées et au regard haineux les menaçait. Elle émit un hurlement proche du rire sadique et aussitôt elle fut rejointe par deux de ses semblables. Pire que tout, les deux corps qu'il avait criblé de balles et qui gisaient près de la trappe commençaient également à bouger. Comment ces choses pouvaient-elles se régénérer aussi rapidement ?

Collé dos à dos avec son aîné, il regarda évoluer ses ennemies. Elles les contournaient dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, cherchant visiblement le meilleur moyen de parvenir à leurs fins, prêtes à attaquer. La plus amochée avait manifestement de lourds griefs envers Dean. Elle ne cessait de le fixer férocement. Ce fut donc sur elle qu'il porta toute son attention. Il ne laisserait certainement pas cette grosse bestiole informe faire du mal à son aîné. Cette excellente résolution lui permit d'anticiper le moment où elle sauta à la gorge de son frère. Il se retourna juste à temps pour planter sa machette dans son épaule. Elle émit un cri sinistre et s'éloigna sur trois pattes. Dans la même seconde, il se retrouva plaqué au sol. Alors qu'il venait de se souvenir des deux autres créatures, il fut surpris de constater que ce n'était pas elles qui venaient de le projeter aussi violemment mais son imbécile de frangin qui ne trouvait rien de mieux que d'affronter à lui seul quatre autres monstres. Il se redressa aussitôt et se rua pour lui prêter main forte. Pourquoi cet abruti avait-il fait ça ? Il gérait pourtant parfaitement la situation. D'ailleurs ne venait-il pas de lui sauver la peau ? Et c'était comme ça qu'il le remerciait ? Il fonça tête la première sur la sale bête qui venait de sauter sur le dos de son ainé. Ensemble, ils finirent en roulé-boulé sur le sol. De sa lourde patte armée de griffes acérées, elle essaya de lui arracher le visage. Il contra cette attaque de son bras droit tout en prenant conscience qu'il n'avait pas pris le temps de changer de chargeur et que sa machette était partie avec sa dernière victime. Mais étrangement, il ne se sentait pas vraiment anxieux. Il était plutôt habité par une rage profonde qui lui donna la force de repousser son assaillante le temps de saisir son couteau à la cheville. Il laissa exploser toute sa furie sur la créature. Son poing gauche martelait et écrasait tout sur son passage pendant que le poignard qu'il maintenait fermement de la main droite taillait et transperçait chaque parcelle de chair encore intacte.

- Sam !

La mise en garde de Dean lui parvint laborieusement. Elle était couverte par les cris d'agonie de plusieurs bestioles. Mais ce n'était pas la seule raison : Il dut faire des efforts considérables pour sortir de son état de transe et détacher son regard de l'amas de viande informe qu'il avait lacéré jusqu'à l'os. Il se retourna juste à temps pour voir son frère se faire projeter sur un pilier en béton par la dernière femelle dominante qui se tenait juste derrière lui. D'un geste rapide, il bondit sur la machette de son aîné, prit appui sur ses genoux et fendit l'air avec une violence inouïe jusqu'à ce que la lame rencontre les deux pattes avant de la monstruosité qu'il trancha simultanément. Cette manœuvre ne lui demanda aucun effort particulier et il ne prit pas le temps de contempler le sang gicler abondamment. Elle hurla de douleur. Il se redressa. Elle prit appui sur ses pattes arrière. Il brandit sa machette. Elle ouvrit la gueule en grognant. Il balança son arme dans sa direction. Elle ne le lâcha pas des yeux jusqu'à ce que la lame lui fende le crâne en deux. Bobby apparut juste derrière elle et l'acheva en lui coupant la tête. Aussitôt, les membres restants de la meute s'avachirent sur le sol en émettant des râles douloureux.

Il ne se préoccupa pas de leur agonie et fixa son attention sur son frère, à demi-allongé dans un bain de sang, les épaules affaissées contre le pilier en ciment et la tête désespérément penchée vers le sol. Pour la deuxième fois en peu de temps ses terminaisons nerveuses choisirent l'affluence de l'angoisse à celle de la rage.