Un grand merci à tous ceux qui suivent cette histoire, rédigent des reviews ou des messages personnels.
OtakTouch et Dinahe, vous me faîtes rire ! Je trouve que c'est très flatteur d'avoir parmi mes lecteurs à la fois des Dean girls et des Sam girls. Quelque part, c'est que chacun y trouve son compte ^^ Perso, je suis une Winchester brothers girl. J'aime les deux avec leurs qualités et leurs défauts et je suis très fan de leur relation fraternelle. enfin, je crois que ça se ressent ... un peu ... beaucoup ... bon, d'accord : à la folie ! lol ! Plus les saisons de Supernatural passent et plus il y a d'épisodes où je me sens frustrée alors je me défoule dans mes histoires et c'est vous, pauvres lecteurs, qui subissez. Je vous plains ^^
Aujourd'hui je poste un "bébé chapitre". Mais tout ce qui est petit est mignon ... Ah, non ? lol !
Merci à vous tous et bonne lecture ^^
Chapitre 14
Dean était allongé sur son lit, les yeux grands ouverts. Deux heures auparavant, il était tellement épuisé que ses paupières avaient pris la sale manie de vouloir se fermer sans son consentement alors qu'il était encore au volant. Lorsqu'il était enfin arrivé, il avait sombré aussitôt que son corps était entré en contact avec le matelas. Mais cette phase de repos bien mérité n'avait pas duré et il s'était réveillé en sursaut, haletant et en nage. C'était à croire que les cauchemars de Sammy étaient contagieux. Depuis, il avait été incapable de retrouver le sommeil.
Il ne pouvait s'empêcher de passer en boucle la chasse de la nuit passée. Etant donné le nombre de fois où son petit frère avait failli mourir, il devenait urgent de trouver une solution à son problème. De toute façon il ne croyait plus à la théorie paternelle. Ce n'était pas parce qu'il voulait suivre son instinct, ni parce que Bobby l'avait encouragé dans cette voie mais plutôt à cause de tout ce qui s'était passé en quelques heures.
Déjà, à plusieurs reprises, il s'était trouvé en grande difficulté. Il devait bien l'avouer : tout était de sa faute. Il n'avait pas été assez vigilent. Il savait que Sam n'était pas dans son état normal et il n'avait pas pris suffisamment de précautions pour anticiper ses éventuelles erreurs. Pourtant, il y en avait eu un paquet, bien plus qu'il n'aurait pu l'imaginer !
Il ne comptait pas le fait que Sam se soit mis à découvert alors que la meute arrivait sur eux ou encore le temps précieux qu'il avait perdu à se retourner pendant la poursuite. Il mettait ça sur le compte d'un excès de curiosité. En revanche, il avait réellement regretté de l'avoir emmené avec lui lorsque cet inconscient avait permis à la meute de se reformer. Sur le coup, il avait été complètement perdu. Son cadet était un intello et il avait une mémoire photographique incroyable. Il connaissait donc le réseau d'égouts sur le bout des doigts alors, à moins qu'il ait soudainement perdu son sens de l'orientation, il devait avoir saisi qu'ils se dirigeaient droit vers l'entrepôt – ce qui allait à l'encontre de leur mission. La mort d'une bonne partie des membres avait été une chance inespérée de reprendre le dessus. Grâce à leurs armes, ils auraient pu retenir les survivantes assez longtemps pour que Bobby et leur père finissent le boulot tranquillement. Mais au lieu de ça, cette foutue tête de lard avait préféré jouer le remake de « La fête à la maison » : « La vie est belle, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, c'est plus chouette quand on est réuni en famille ! » Quel âne ! Cette initiative aurait pu leur couter la vie à tous les deux, voire même à tous les quatre. Là encore, c'était de sa faute : il aurait dû être plus ferme avec lui. Il avait tellement pris l'habitude que son jeune frère se fie à son instinct dans ce genre de situation qu'il était tombé des nues lorsqu'il avait compris qu'il n'avait aucune chance de le raisonner. La seule chose qui lui était restée à faire avait été de le protéger contre lui-même ! Tâche qui s'était révélée de plus en plus ardue à mesure qu'ils s'étaient rapprochés des femelles dominantes.
Il n'en avait pas cru ses yeux lorsqu'il avait vu son petit frère pourtant si prudent d'ordinaire, se ruer sur l'échelle avec, attachées aux basques, toutes ces saletés de monstres aux forces accrues, qui avaient voulu le choper comme un vulgaire morceau de barbaque sur pattes ! C'était comme si Sam avait fait abstraction de leur présence et de toutes les règles de survie qu'il avait apprises. Pour tenter de compenser, il n'avait pas eu d'autre choix que d'affronter seul toutes ces foutues femelles aux hormones surdéveloppées. Il se souvint de l'angoisse qu'il avait ressentie lorsqu'il avait vu celles qui avaient préféré bouder le combat, s'engouffrer dans l'entrepôt par la trappe. Non seulement, elles rejoignaient et menaçaient les trois uniques personnes qui lui restaient au monde mais en plus, le fait de se regrouper avec les femelles dominantes augmentait de nouveau leurs forces pour atteindre un point culminant. Cette horrible pensée lui avait permis de se débarrasser rapidement des spécimens qui avaient eu le malheur de vouloir se frotter à sa machette … enfin au moins pour un temps puisque la proximité avec leurs génitrices les avait ramenés à la vie plus vite qu'il ne l'avait espéré.
Il n'avait été que momentanément soulagé de voir Sammy en bonne santé lorsque celui-ci l'avait aidé à monter dans le local. A cet instant, son frère avait pourtant l'air d'avoir repris ses esprits mais de toute évidence, ce n'était qu'une apparence. Ca n'avait pas été un affrontement final mais une vraie débâcle interminable ! Au lieu de garder un œil sur tous les dangers potentiels lorsqu'ils avaient été encerclés, Sam s'était limité à un seul adversaire. Un seul ! Alors qu'ils se battaient au centre d'une meute ! Mais qu'est-ce qui avait bien pu lui passer par la tête ?! Et pour couronner le tout, il avait abandonné son arme dans une de leurs ennemies sans même l'achever. Résultat, il était devenu une proie facile et leurs prédatrices l'avaient très bien compris. Elles lui avaient sauté dessus en tir groupé pendant qu'il restait planté là à leur tourner le dos, complètement désarmé. A ce moment-là, la situation ne pouvait pas être pire et pourtant …
La femelle dominante qui s'en prenait à leur père l'avait délaissé pour venir se mêler à leur petite fête privée. Peut-être en avait-elle assez de voir sa progéniture se faire décimer par la lame de sa machette ?! Pourtant ce massacre était plus le résultat d'une défense désespérée qu'un assaut construit et réfléchi. Malgré tout, il était resté concentré, sa volonté l'emportant sur l'angoisse d'un éventuel échec jusqu'à l'instant où il avait senti une de ses saletés l'attaquer par derrière et qu'il avait dû retenir son action parce que Sammy s'était jeté sur elle sans même avoir pris le temps de s'armer. Là, il devait bien avouer qu'il avait cru devenir fou ! Totalement impossible de sortir de la mêlée pour pouvoir l'aider ! Il n'avait même pas eu le temps de jeter un œil derrière lui pour voir comment il s'en sortait. Mais la terreur qui l'avait envahi à cet instant lui avait permis de développer une force insoupçonnée jusque-là. Il avait affronté la horde et il avait fini par décapiter cette foutue femelle d'un seul geste – mais pas n'importe lequel puisque ce geste avait été guidé par une violence inouïe. Aussitôt de nombreuses créatures s'étaient affaissées sur le sol en gémissant. Pendant une fraction de seconde, il avait cru que le temps s'était arrêté : c'était comme si le silence avait figé tous les protagonistes présents dans l'entrepôt et qu'il était le seul spectateur de cette scène insolite.
Ce fut à ce moment précis qu'il avait remarqué le regard étrange de son père qui fixait quelque chose juste derrière lui. Il n'avait pas pris le temps de s'interroger et s'était retourné précipitamment pour voir la dernière femelle dominante se ruer sur Sammy. Le temps si capricieux s'était alors accéléré d'un coup et il été intervenu juste avant qu'elle ne lui arrache la tête avec son énorme patte griffue. Mais cette action désespérée s'était soldée par un vol de plusieurs mètres et un atterrissage … raté. Les événements suivant son dur réveil ne lui avaient pas vraiment laissé l'occasion d'y repenser. Mais pendant le trajet du retour, il n'avait pas réussi à effacer le souvenir du visage de leur père à cet instant. S'il avait réellement vu le danger qui pesait sur son fils, il serait intervenu ou, au moins, il aurait crié pour l'avertir. Mais de toute évidence, il avait été perturbé par autre chose, comme paralysé par une fascination morbide. Ce n'était pas l'énorme bête qui menaçait Sam qu'il observait, mais plutôt l'acharnement malsain de son cadet sur sa proie. Et le pire dans tout ça, c'était qu'il n'avait pas l'air étonné.
Au début, il avait pensé que ce manque de réaction était dû au fait qu'il l'avait prévenu des accès de rage de son petit frère. Mais pour être tout à fait honnête, il était persuadé qu'il y avait autre chose, une information que seul son père détenait. Et le connaissant, il ne divulguerait jamais son secret. Mais si ça avait un lien avec les problèmes actuels de Sammy alors son paternel ferait bien de se méfier parce qu'il n'hésiterait pas à lui tirer les vers du nez !
Il se leva rapidement. Ressasser tout ça ne l'avançait à rien. Pour l'heure, il était plus urgent de trouver un moyen d'aider son frère. Il allait éradiquer le mal à la racine. Pour ça, la première étape était de dégager la cause de ses agissements étranges. Il avait remarqué quelques éléments qui ne semblaient avoir aucun lien entre eux mais qui, pourtant, faisaient vibrer la même corde sensibles de son instinct. Les cauchemars répétitifs de Sammy, son manque constant d'appétit avaient débuté au même moment, sans qu'aucun événement particulier n'en soit à l'origine. Quoique, les ennuis avaient commencé peu de temps après qu'ils aient emménagé ici, dans la même période où il avait commencé à se sentir épié. A partir de là tout avait changé. Sam rentrait du lycée avec une colère peu contenue qui l'avait régulièrement poussé à dire et faire n'importe quoi. Même son amie Jeanne n'était plus la même.
Au début, ses soupçons s'étaient portés sur cette foutue baraque que même son frère détestait. C'était comme si les fenêtres avaient des yeux qui espionnaient tous leurs faits et gestes. C'était également ici que les nuits de Sammy étaient si agitées. Mais ça ne collait pas vraiment. Il avait fait les vérifications d'usage – IMF et compagnie – ainsi que des recherches sur le passé de cette maison qui n'avaient rien révélé d'exceptionnel. Quant à cette sensation d'être épiés, elle était très irrégulière. Il s'agissait surtout des moments où il était avec Sam et en général, le soir. Et pour en revenir à son cadet, à chaque fois qu'il montrait les signes d'une rémission, il rechutait après une journée de cours. Son enquête allait donc se poursuivre au sein du lycée. C'était décidé !
Il se prépara pour aller travailler. Pff, si ça n'avait tenu qu'à lui, il serait en train de faire leurs bagages et il aurait kidnappé son frangin pour l'emmener loin d'ici. Seulement voilà, Sammy devait être sur le point d'entrer dans sa salle d'examen alors ce n'était pas du tout le bon moment. Et puis de toute façon cette tête de mule ne voudrait jamais quitter sa petite vie « presque normale » avant la fin de l'année scolaire. Mais dès ce soir, ils discuteraient sérieusement de cette option. Sam allait devoir ouvrir les yeux. Il ne lui laisserait pas le choix !
x*x*x*x
Elle expira fortement, exprimant pleinement son désarroi.
- J'en ai marre de ce bus. Il est lent, il pue et il est peuplé de crétins chroniques, rumina-t-elle suffisamment fort pour que Sam, debout sur le trottoir à côté d'elle, l'entende.
L'étape culminante de son plan était sur le point de se concrétiser. C'était très excitant mais elle fit de son mieux pour ne pas céder à son enthousiasme habituel. Elle s'était tellement ramassée jusque-là qu'elle préférait prendre quelques précautions d'usage. Aussi, choisit-elle de jubiler en silence ! C'est ce qu'elle avait fait durant toute la journée. Elle avait même passé l'examen avec les autres mioches et perdu son temps à la bibliothèque juste pour savourer la mauvaise humeur du p'tit Sammy. Cette fois-ci, il était bien mûr. Mais là, il était en proie à de nouveaux doutes et il était grand temps de lui administrer son traitement habituel.
- J'pourrais toujours appeler Dean mais j'suis pas sûr qu'il aura envie de nous ramener en bagnole … et puis j'suis pas très motivé pour l'appeler en fait … hésita sa victime préférée.
Il était tellement mignon avec ses crises d'identité ! Il ne savait plus où donner de la tête, le pauvre chou ! Heureusement qu'elle était là pour lui indiquer la bonne marche à suivre.
- Certainement pas, répondit-elle froidement. Après ce qu'il t'a fait, je refuse de lui demander ce service ! Tu ne vas quand même pas céder ! Encore ! Et puis de toute façon, la dernière fois, il a fini hyper tard et j'aimerais bien rentrer avant que mon père revienne à la maison. J'adore profiter de ces moments où je suis seule et où je peux faire ce que je veux.
- Ben on va devoir se taper le bus alors, conclut-il en haussant les épaules.
- Sacré Sam ! Se moqua-t-elle en lui tapotant la joue. Tu baisses les bras si facilement. Tu ne crois pas que ton frère pourrait se faire pardonner en nous prêtant sa voiture juste une heure.
Dans son regard, elle put lire comme s'il s'exprimait à voix haute. D'abord ce fut une expression du genre : « Ma pauv'vieille, tu rêves les yeux ouverts si tu crois que mon frangin va me prêter le trésor de sa vie ! » Mais presque instantanément, une vague de colère, proche du tsunami l'avait submergé de nouveau et enfin la connexion s'était établie entre ses neurones dévastés. Oh ! Il pouvait penser que c'était son idée. Grand bien lui fasse ! Mais quand même, elle s'en attribuait une bonne part du mérite. Après tout, c'était elle qui avait bossé si dure pour trouver le point de rupture entre eux. Il lui avait fallu du temps mais en regroupant toutes les informations qu'elle avait collectées, tout lui était apparu comme par enchantement. En dehors de son petit frère adoré, il n'y avait pas grand-chose dont ce benêt de Dean prenait le plus grand soin. Et ça tombait plutôt bien car elle détestait cette chose qui lui avait mis des bâtons dans les roues à plusieurs reprises. A chacun son tour ma vieille ! C'était d'une pierre deux coups !
- Pas besoin de sa permission, décréta finalement Sam en partant d'un pas décidé en direction du garage.
Totalement extatique, elle trotta derrière lui, incapable d'effacer l'immense sourire narquois et satisfait qui s'étalait sur son visage.
x*x*x*x
Il n'avait pas mis un pied dans le garage que son collègue lui avait demandé s'il était passé sous un camion. Quel moyen subtil de lui dire qu'il avait une sale gueule ! Pour avoir la paix, il avait enfoui la tête dans le capot d'une voiture et s'était concentré sur son travail ... enfin, en partie. Il n'arrivait pas à se résoudre d'attendre bien patiemment que son frangin daigne rentrer. A cette heure-ci, son examen devait être terminé. Il devait donc être en train de bouquiner à la bibliothèque. Au moins, il n'était plus au lycée. C'était toujours ça de gagné. Sur cette touche d'optimisme, il s'affaira à terminer le travail sur la voiture dont il avait la charge. Il venait de changer l'allumage et finissait de fixer les bougies. Une bonne activité manuelle, voilà qui pourrait l'aider à se changer les idées. Malgré tout, les quelques minutes suivantes passèrent avec une lenteur exceptionnelle. Au bout d'une heure, n'y tenant plus, il se rendit dans le bureau du patron pour lui faire part de son désir de partir. Comme il s'y attendait, celui-ci n'émit aucune objection. Après tout, il ne bossait ici qu'en extra. Il enfouit les quelques billets constituant son salaire dans sa poche. Il allait atteindre la porte du bureau lorsqu'il se ravisa et revint vers cet homme bourru qui lui rappelait par certains côtés son ami Bobby. Celui-ci leva de nouveau les yeux des documents qu'il était en train de remplir et l'interrogea du regard.
- En fait, je crois qu'aujourd'hui était mon dernier jour ici, lui annonça-t-il, un peu gêné de lui lancer ça de but en blanc.
Ce cinquantenaire lui avait accordé sa confiance dès qu'il avait mis un pied dans son garage. Et même s'il était évident qu'il ne roulait pas sur l'or et qu'il n'avait pas besoin de main d'œuvre supplémentaire, il avait accepté qu'il donne un coup de main contre une petite rétribution. Cet homme avait le cœur sur la main. Il avait même employé à plein temps un abruti comme Jay qui était aussi doué en mécanique qu'il l'était avec les nanas !
- Un souci, gamin ? Lui demanda son patron, en appuyant ses paroles d'un regard profond.
- Oui. Enfin non ! C'est qu'on va déménager bientôt alors …
- Mmm ! Acquiesça-t-il songeur. Je comprends. C'était du bon boulot, ajouta-t-il en se levant et en lui tendant la main. Du bon boulot. Si tu repasses un jour dans le coin n'hésite pas à venir prendre une clé à molette.
Embarrassé, Dean lui serra la main avant de quitter au plus vite son bureau, sans ajouter un mot. Il n'était vraiment pas habitué aux compliments ni à recevoir autant d'attention.
Il récupéra sa veste dans son casier et se dirigea encore abasourdi vers l'emplacement où il avait garé sa Chevrolet. Il se recentra sur son objectif prioritaire : Il allait d'abord passer par la bibliothèque et s'il ne trouvait pas Sammy, il rentrerait et l'attendrait.
Son pas empressé se stoppa net sur le trottoir. Ses yeux fouillèrent scrupuleusement les alentours. Ses mains poursuivaient vainement leurs recherches au fond de ses poches. Elle était là. Il en était sûr. Il se souvenait parfaitement de l'avoir stationnée ici, à cet emplacement précis, à quelques mètres en amont de l'arrêt de bus, sur une place règlementaire. Il avait pris grand soin de ne pas la mettre devant la borne d'incendie comme l'avait fait ce gros débile de Jay deux semaines auparavant. Ce n'était donc pas la fourrière qui l'avait embarquée. Sa respiration devint saccadée. De ses poches de veste, il ne sortit que son téléphone portable et un vieux paquet de chewing-gum certainement périmés. On avait volé son bébé ! Il fallait appeler la police ! Comprenant grâce à cette dernière pensée qu'il perdait son calme, il s'exhorta à prendre une grande bouffée d'oxygène. « Réfléchis, Dean. Réfléchis ! »
Il refusa catégoriquement la première idée qui lui vint en tête. Non, il n'aurait pas fait ça ! Ca ne pouvait pas être lui. En même temps, qui d'autre aurait pu pénétrer dans le garage sans que quiconque se pose de questions, qui aurait su où se trouvaient ses clés bien planquées dans les poches de sa veste dans son casier, qui connaissait le code de son cadenas et qui se comportait comme un gros naze depuis un bon moment ?! Putain ! Il allait le tuer !
Il composa le numéro entré en premier dans son répertoire. Il attendit quelques secondes interminables pour finalement atterrir directement sur sa messagerie ! « Je ne suis pas disponible pour l'instant. Laissez-moi un message. » Ben tiens ! Il n'était pas disponible ! Ah, il voulait un message, ben en voilà un de message !
- Sam, t'as intérêt à avoir une excellente explication pour avoir piqué ma bagnole sans me le dire ! T'as cinq minutes pour revenir ici.
Il raccrocha et revint sur ses pas. Lorsqu'il pénétra dans le local, Jay le regarda avec ses yeux bourrés d'incompréhension – rien d'extraordinaire soit-dit en passant ! Il avança vers lui tout en posant la question qui lui brûlait les lèvres.
- Est-ce que tu as vu Sam tout à l'heure ?
- Ouais.
- Quand ?
- Bahhhh ! J'sais pas. Y a environ une demi-heure. Il est allé récupérer un truc dans les vestiaires et il est reparti.
- Et pourquoi tu ne me l'as pas dit ?
- J'croyais qu'tu l'savais.
Quel blaireau ! En voilà bien un qui n'allait pas lui manquer ! Il s'éloigna, appuya sur la touche bis de son téléphone et patienta difficilement jusqu'à la fin du message préenregistré.
- Les cinq minutes sont passées ! Qu'est-ce que tu fous, bordel ? Reviens immédiatement !
Il raccrocha d'un geste rageur et s'empêcha de balancer son portable sur le mur du local. Il se pencha, appuya ses deux mains sur ses genoux et se força à respirer normalement. Le plus difficile à supporter dans cette histoire n'était pas vraiment que sa voiture ait disparu. Après tout, il savait où elle était ou, au moins, avec qui elle était. Non, le plus dur c'était de ne pas savoir où était son frère avec ses idées farfelues et plus dangereuses les unes que les autres. Et pour couronner le tout, il n'avait aucun moyen de le joindre. Décidément sa respiration n'allait pas en s'améliorant. Pourtant, il ne pouvait pas perdre de temps à gérer ses états d'âme. Il devait agir vite.
Il se dirigea vers le bureau et entra sans frapper. Le patron sursauta avant de se lever, apparemment partagé entre l'agacement et l'inquiétude.
- Je sais ce que j'ai dit mais là tout de suite, j'aurais besoin que vous me prêtiez une bagnole.
L'homme aux traits bourrus le considéra un moment, certainement pour assimiler et analyser la requête. Puis il ouvrit la boîte à clés accrochée sur le mur derrière lui et en préleva un trousseau.
- Ben, tu peux prendre ma vieille dépanneuse si tu veux.
- Merci, répondit-il soulagé en se saisissant des clés. Merci pour tout.
Et il se précipita vers le vieux véhicule rouillé stationné dans la petite cour arrière du garage. Tout en s'installant au volant, il composa une nouvelle fois le même numéro.
- Sam, putain réponds ! J'te préviens : je suis à ta recherche alors tu f'rais mieux de me rappeler avant que je te retrouve !
Il mit le contact et regagna rapidement la route.
