Coucou tout le monde ^^
Dinahe, j'essaie de te répondre au mieux :
1) Tu connaîtrais une bonne adresse pour Sam ? Non, parce que perso ma seule façon de gérer mon sadisme et mes moments de rage est l'écriture ! lol ! j'crois que je vais pas être en mesure de l'aider ^^
2) Ben voui Dean : "reviennnnnt !" Ah nous deux, il va peut-être nous écouter ^^
3) Bon ben John n'est pas disponible pour l'instant, merci de le rappeler plus tard ^^
Oui, oui, oui, pas de panique, cette fic a bien une fin mais ce n'est pas encore pour aujourd'hui ^^ En bonne égoïste, je fais durer le plaisir (d'écrire et de lire vos reviews) !
Elisab,ton avis concernant la torture psychologique est très proche du mien. Euh, rectification, c'est exactement le mien ^^ Et je pense effectivement que nous sommes sur la même longueur d'onde. Mais je persiste à penser que tu as des facultés psychiques ! lol ! Dis ? Tu as le même âge que Sam ? Non, parce que tu sais : dans les premières saisons ça pouvait être dangereux ! lol !
OtakTouch, c'est clair qu'il souffre beaucoup notre Sammy alors la baffe me parait être à la fois un minimum et un maximum ! lol ! "il trouverait son petit Sammy sans vie." Mouahahaha, alors ? "mouru" ou "pas mouru" ? ^^ En ce qui concerne l'Impala, on ne va tout de même pas lui faire des misères ... Sam et Dean par contre ... lol !
Manon, tu as parfaitement su me cerner ^^ Le sadisme est le trait de caractère qui me définit le mieux. Dans la vie (la vraie^^), il faut faire en sorte de bien se comporter, montrer l'exemple ... (bon là déjà, j'ai du mal ! lol !) mais heureusement, il a les fics pour se libérer ! lol ! Et étonnamment, ça vient tout seul ! Donc : aucun mérite ! ^^
Merci à vous pour vos reviews, MP ...
Bonne lecture à tous et merci de suivre cette histoire !
Chapitre 17
Il était seul, perdu au milieu de nulle part. Il courait à en perdre haleine dans l'obscurité oppressante de ce lieu glacial, cherchant désespérément une présence, quelqu'un à qui se raccrocher, l'unique personne capable de l'aider à s'échapper d'ici, à se sortir de cette situation inextricable.
Les battements de son cœur étaient si rapides et si puissants qu'il craignait de voir cet organe vital s'expulser lui-même de sa poitrine. Ses côtes ne seraient jamais suffisamment solides pour contenir une telle explosion ! D'ailleurs, il se demandait comment elles arrivaient encore à contenir de si violents martèlements. Même ses poumons refusaient de travailler correctement. L'air ne faisait que sortir et dédaignait obstinément de soulager cette pression qui comprimait de plus en plus férocement sa cage thoracique. Le peu d'oxygène qu'il réussissait à emmagasiner lui brûlait chaque bronchiole. Sa respiration laborieuse se fit sifflante. Il suffoquait. Malgré tout, il continuait à courir. S'il voulait garder un infime espoir de s'en sortir, il devait le trouver.
Il s'évertuait de toutes ses forces à l'appeler, à crier son prénom. Mais lorsqu'il ouvrait la bouche, aucun son n'en sortait. Etait-ce parce qu'il n'avait plus de souffle ? Il s'arrêta un instant, essayant de contrôler son corps et son esprit mais l'angoisse était trop forte. Il ne supportait plus d'être seul, dans ce lieu lugubre, inhospitalier. Il prit la plus grande aspiration qu'il put et hurla toute son angoisse mais ses espoirs furent anéantis par ce long silence lourd de conséquences. Il n'avait pas d'autre choix que celui de repartir à sa recherche. Il reprit donc sa folle course, se battant contre ce corps qui refusait d'avancer, qui ne comprenait pas la gravité de cette tentative désespérée. Il fallait impérativement qu'il le trouve.
Il essayait d'optimiser sa vision, scrutant autant que possible les environs, essayant de détecter un tout petit signe de sa présence. Mais malheureusement, au-delà de l'obscurité si tenace, tout était flou. Impossible d'identifier quoi que ce soit. Malgré tout, régulièrement, il jetait des coups d'œil par-dessus son épaule, vérifiant ainsi qu'il n'était pas passé à côté de quelque chose d'essentiel. D'ailleurs, en y regardant de plus près, n'était-il pas déjà passé par là ? Tournait-il bêtement en rond comme un lion en cage ? La panique l'envahit soudainement et le besoin de le retrouver devint vital.
Il transpirait à grosses gouttes, la sueur dégoulinant sur son front, ses tempes et sa nuque. Comment cela pouvait-il être possible, alors qu'il faisait si froid ? D'ailleurs, son corps entier était parcouru de douloureux frissons. Il tremblait tant que ses jambes menaçaient de le laisser tomber à tout instant. Pourtant, il savait que s'il abandonnait, il ne s'en sortirait pas. Cette solitude menaçait de le tuer. Comment pourrait-il encore lutter s'il ne le retrouvait pas ?
Il s'arrêta une nouvelle fois et observa ses mains qui le faisaient terriblement souffrir. Sa peau se boursoufflait et prenait une teinte noirâtre. Epouvanté, il s'aperçut que la transformation avait déjà commencé. Non ! Il ne voulait pas ! Il refusait de devenir un monstre ! Il se prit la tête entre les avant-bras mais de fins lambeaux de chair se détachèrent sous cette pression inattendue. Il retira donc vivement ses mains et arracha par la même occasion des poignées de cheveux. Ses pulsations cardiaques s'engagèrent dans un rythme invraisemblable, entraînant dans leur élan sa respiration déjà laborieuse.
C'est à ce moment-là que sa volonté s'effondra. Il fondit en larmes et se laissa tomber à genoux. Son corps et son esprit refusaient de le porter plus longtemps. Il se sentait terriblement vide. C'était trop tard. L'épouvantable chose qui sommeillait en lui apparaissait au grand jour. La normalité était un précepte disparu à tout jamais. A présent, il savait qu'il ne réussirait pas à trouver celui qu'il cherchait si ardemment car cet être si important à ses yeux n'avait nulle envie de le revoir et encore moins sous cette apparence abominable. Il avait pourtant tellement besoin de lui.
Avant tout ça, il avait toujours pu compter sur lui. Avant tout ça, celui qu'il considérait comme un héros aurait remué ciel et terre pour le retrouver et n'aurait jamais faibli avant d'y être arrivé. Avant tout ça, il l'aurait aidé à affronter cette malédiction. Avant tout ça, il n'aurait jamais eu l'idée de l'abandonner à son triste sort, désespérément seul, perdu au milieu de nulle part. Mais ces temps-là étaient révolus, le pire étant qu'il ne pouvait s'en prendre qu'à lui. Car oui, tout était de sa faute ! Il regrettait tellement. Son sentiment de culpabilité était un fardeau encore plus oppressant que ses difficultés à respirer. Il aurait dû lui dire … Il aurait dû lui faire part de ses tourments … Il aurait dû être honnête au lieu de se réfugier derrière cette colère malveillante qui lui avait fait perdre la raison et la seule personne en qui il avait toujours pu compter.
Totalement découragé, il se laissa sombrer dans le désespoir. A quoi bon lutter ? Pourquoi se battre ? De toute façon, sans lui, il ne s'en sortirait pas. Et puis en avait-il réellement envie ? Il avait tout perdu. Il n'avait plus rien. Loin de la normalité à laquelle il avait toujours aspiré, il se transformait en cette chose qu'il redoutait tant et il ne pouvait plus faire marche arrière. Le sol devint instable et commença à se dérober. Il comprit que cette chose informe qui lui servait de corps était en train de s'enfouir lentement dans une sorte de gouffre sans fond. Il savait que la fin était proche mais ça ne le perturbait plus. Il l'attendait même avec soulagement. Après tout, son grand frère vivrait bien mieux sans lui …
Il sentit deux mains enserrer son visage. Quelqu'un essayait de lui ouvrir les paupières mais il était trop fatigué pour réagir. Les doigts se baladèrent ensuite le long de son cou et de ses tempes. Il distingua également quelque chose au niveau de son nez. Sans qu'il ne comprenne pourquoi, le rapport d'autopsie qu'il avait lu quelques mois auparavant lui revint en mémoire. Il n'était pas en mesure de réfléchir à ce qui se passait mais il n'y opposait aucune résistance. Etait-ce cela que les victimes avaient ressenti ? A présent, il les comprenait. Quand on n'avait plus rien, on n'avait plus de raisons de se battre. Et quand on avait fait autant de mal, alors on endurait sans broncher cette descente aux Enfers. La seule chose qui le perturbait encore était de ne pas avoir eu le temps de dire à son frère qu'il ne devait pas croire toutes les absurdités qu'il lui avait balancées. Parce que c'était tout le contraire ! Oui, Dean était tout pour lui. Il l'avait toujours été. Alors, maintenant que tout était fini, il fallait absolument que sa dernière pensée soit pour lui, son héros, son frère.
x*x*x*x
Après chaque dispute, c'était toujours pareil : il s'en voulait à mort. D'accord Sam avait abusé sur ce coup-là, mais méritait-il réellement qu'il le frappe ?! Il prit une grande bouffée d'air. L'odeur et le contact du cuir de son bébé l'aidaient à réfléchir. Il enserra le volant aussi fort qu'il comprima ses mâchoires. Si ! La baffe, il l'avait méritée. Ce p'tit con n'aurait jamais dû dire – ni même penser – qu'il aurait préféré qu'il soit … Non ! Il n'aurait pas dû ! Parce que sans lui, sa vie n'aurait aucun sens.
A bien y réfléchir, c'était sur ce coup-là que son insupportable frangin avait eu raison : il n'était rien, il n'avait aucune valeur. Son existence ne vaudrait pas un pet de lapin s'il perdait Sammy. Son job consistait à le protéger. C'était là sa seule vocation, sa seule utilité.
De rage, il frappa le volant à plusieurs reprises. Il lui en voulait tellement. La dernière phrase de son petit frère le hantait toujours. Sam n'avait pas le droit de dire des trucs pareils. Il ne l'autorisait même pas à y songer – ou plus exactement à y gamberger ! Parce que c'était Sam et que ses neurones ne fonctionnaient jamais comme ceux des autres. Il avait une furieuse envie d'y retourner et de lui incruster sa façon de penser dans sa sale caboche d'intello ! C'était peut-être pour ça qu'il n'avait pas encore mis le contact pour s'éloigner à toute allure.
Non ! Ce n'était pas pour cette raison. Quelque chose l'empêchait de partir. Au-delà de la colère qu'il éprouvait envers son frère, il percevait un autre sentiment qu'il n'était pas en mesure d'expliquer. Pour sûr cette épouvantable sensation le rendait très mal à l'aise. Une onde glaciale remonta insidieusement le long de sa colonne vertébrale et il sortit en trombe de la Chevrolet. Il ouvrit la porte d'entrée à la volée, dirigea directement son regard vers l'endroit où il l'avait vu à peine cinq minutes plus tôt et se figea une fraction de seconde lorsqu'il le repéra, avant de se ruer vers son corps inanimé.
- Sam ! Hurla-t-il en tombant à genoux à côté de lui et en saisissant sa tête entre ses mains.
Il retira les mèches de cheveux collées sur son visage par la transpiration. Puis, grâce à ses pouces, il entreprit de soulever doucement ses paupières mais se retrouva devant un regard blanc, vide. Il fit glisser ses doigts jusqu'à ses tempes et son cou pour chercher son pouls et rapprocha son visage de son nez et de sa bouche pour déceler sa respiration. L'ensemble de ses signes vitaux était faible mais bien présent. En partie rassuré, il souleva tant bien que mal son frère et l'allongea sur son lit. Bon sang ! C'était dans ces moments-là qu'il prenait conscience que son cadet avait grandi !
- Sammy, l'appela-t-il de nouveau en le secouant légèrement pour le réveiller.
Cette tentative se soldant par un échec, il décida d'employer les grands moyens. Il se rendit précipitamment dans la cuisine, empoigna le premier récipient suffisamment grand, le remplit d'eau du robinet et fit demi-tour. Une fois au dessus de son frère, il plongea la main dans le bol avant de l'appliquer toute dégoulinante sur son visage.
- Bon, Sammy ! T'as assez dormi ! S'énerva-t-il tant son angoisse se faisait ressentir. J'te jure Sammy ! T'as intérêt à te réveiller parce que sinon j'vais te balancer l'ensemble du bol sur la trogne et j'vais te secouer jusqu'à ce que tu ouvres les yeux !
Tout en crachant ces mots, il déposa le récipient sur le chevet et retira sa veste qui entravait ses mouvements et le faisait se sentir comme dans un sauna tant il bouillait de l'intérieur. Il la balança négligemment derrière lui. Pour autant, il ne lâcha pas des yeux son frère dont les râles incompréhensibles parvenaient difficilement à franchir ses lèvres fissurées par la déshydratation.
- Ok ! Tu l'auras voulu, lança-t-il en exécutant sa menace.
L'eau froide n'eut pas le temps de s'écouler de part et d'autre de son visage que le torse de Sam se souleva brusquement enclenchant la mécanique respiratoire. Aussitôt, sa bouche s'ouvrit en grand pour permettre à un maximum d'oxygène de filer vers les poumons. Libérée de cette semi-apnée, la cage thoracique se leva et s'abaissa dans un rythme ample et régulier, proche de celui de l'essoufflement. Dans le même temps, ses paupières avaient dévoilé un regard perdu qui ne retrouva sa petite étincelle de vie qu'au moment où il se fixa dans les yeux de son grand frère.
- Hey, Sammy ! Bien dormi ? Articula Dean difficilement, se laissant tomber aux côtés de son cadet car ses jambes ne le soutenaient plus.
Sam se demandait toujours si c'était bien la réalité. Alors qu'il se sentait sombrer, il avait cru entendre sa voix. Il avait cherché à déterminer sa provenance, essayant de savoir si cet écho n'était pas une illusion, résultant de ses espoirs inconscients. Il s'était donc focalisé sur le bourdonnement lointain qui lui parvenait et avait pu distinguer un mot : Le « Sammy » prononcé avec ce timbre si particulier, ça ne pouvait venir que de lui. Alors, il avait fait son possible pour l'appeler, lui signaler sa position, mais aucun son intelligible n'était sorti de sa gorge nouée. Il aurait pourtant dû faire quelque chose. Dean était là ! Contre toute attente, son frère ne l'avait pas abandonné. Il était donc obligé de se battre. Il lui devait bien ça. Et c'était ce qu'il avait fait : il s'était battu pour rester à la surface malgré ces centaines de mains invisibles qui le tiraient vers le fond. Il avait rassemblé ses dernières forces jusqu'à ce qu'une vague glacée et revigorante déferle sur son visage. Ce coup de fouet lui avait permis d'ouvrir les yeux et il s'était retrouvé nez à nez avec son grand frère. Dean était vraiment là, penché au-dessus de lui, son regard reflétant toute son inquiétude.
Sans attendre un seconde, il se redressa et l'enserra aussi fort qu'il le put. Chacune de ses mains agrippa un morceau du tee-shirt blanc que portait son aîné. Il était incapable de différencier cauchemar et réalité mais une chose était sûre, s'il lâchait son frère, il sombrerait à tout jamais, sans aucun espoir de s'en sortir.
Dean n'avait aucun mal à déterminer le degré de détresse de son cadet. Par conséquent, bien que cette étreinte lui coupât le souffle, il n'essaya pas de l'arrêter. Malgré tout, il restait très mal à l'aise face à cette situation. Il commença donc par tapoter son dos dans un geste maladroit destiné à le réconforter et, avec un peu de chance, l'inciter à relâcher un peu sa prise. Mais cette tentative se solda par un échec alors, sans en avoir réellement conscience, ses bras l'enlacèrent à son tour et exercèrent une pression égale à son anxiété.
- Chut, Sammy, je suis là, murmura-t-il en sentant le rythme effréné des pulsations cardiaques de son petit frère.
Sam se mit à pleurer sur son épaule. Décidément, il n'était pas doué pour ce genre de chose !
- J'en peux plus, Dean, entendit-il si imperceptiblement qu'il eut tout loisir de remarquer un autre bruit étrange en provenance de l'extérieur de la maison.
Le hurlement bestial s'était propagé en écho jusqu'à ses oreilles. S'il s'agissait bien d'un animal, alors c'était une espèce inconnue. Et quoi que ce soit, cette créature était dotée d'une vue perçante parce que la désagréable sensation d'être observé venait de faire son grand retour.
- Sammy, on va aller faire un tour, décréta-t-il en se dégageant et en se redressant.
Dean enfila sa veste, rechercha celle de son frère, ainsi que ses chaussures et les lui lança. Il tira d'un coup sec sur son téléphone portable encore en charge afin d'en débrancher le fil de la prise de terre. Puis il rassembla quelques affaires et enfouit le tout dans son sac.
- Tu peux marcher ? S'intéressa-t-il en s'apercevant de l'extrême lenteur des gestes de son frère, encore hagard.
- J'veux pas aller à l'hôpital, fut la seule réponse qu'il obtint.
- Sam, bouge-toi, on y va, lui ordonna-t-il en saisissant la couverture de son propre lit pour la fourrer en partie dans son sac.
Il balança son paquetage sur son épaule et empoigna le bras de son cadet pour l'aider à se mettre debout. Ils devaient impérativement atteindre l'Impala et partir le plus loin possible d'ici.
x*x*x*x
Sam n'avait pas d'autre choix que de suivre le mouvement mais il avait beaucoup de mal à comprendre ce qui se passait. D'un autre côté, il ne cherchait pas vraiment d'explications. Il se contentait de faire de son mieux pour suivre les directives de son frère et surtout lui faire savoir qu'il pouvait marcher droit, sans assistance. Il était épuisé mais il refusait de le montrer au risque d'être interné dans un centre hospitalier. Ce dont il avait vraiment besoin, c'était de dormir un peu. Après un trajet qui lui parut interminable, il se laissa tomber avec soulagement sur le siège confortable de l'Impala. Il entendit le ronronnement du moteur puis vint le doux balancement lorsque la Chevrolet s'engagea sur la voie. Inutile d'être bercé pour sombrer de nouveau dans le sommeil. Il était fatigué et maintenant qu'il était avec Dean, il était en sécurité. Du coup, il ne craignait même plus de chavirer dans l'un de ses affreux cauchemars. Tous les éléments étaient réunis pour qu'il se détende. Pourtant, il gardait les yeux ouverts. Ce départ précipité ne lui disait rien qui vaille. Le fait d'être assis – sans aucun effort physique à fournir – l'aida à reprendre un peu ses esprits et l'encouragea à réfléchir. D'accord, il était dans un état déplorable mais il savait qu'en fournissant un peu d'efforts il s'en sortirait. Et pour ça, il n'avait besoin que d'une seule chose : que son frère ne l'abandonne pas dans une de ces horribles cliniques psychiatriques ou tout autre établissement médicalisé. La simple idée de se retrouver de nouveau seul le terrorisait et accaparait l'ensemble de sa pensée.
Il se tourna vers son aîné, l'observant, cherchant un moyen d'entamer cette conversation et surtout de la conclure de la meilleure manière qui soit.
Dean détourna son regard de la voie qui défilait à toute allure devant eux et porta son attention sur lui.
- Comment tu te sens ? Lui demanda-t-il en jetant régulièrement des coups d'œil furtifs à la route.
- Ca va … Euh ! Dean ? Peut-être qu'on devrait s'arrêter quelque part pour manger.
- Attends … Quoi ? Toi, t'as faim ?
- Ouais.
- Oh, j'le crois pas ! Quel menteur !
Sam grimaça puis soupira. Peut-être ferait-il mieux d'emprunter la voie directe. Après tout, c'était Dean et il ne pouvait pas l'embobiner.
- D'accord, se lança-t-il. La vérité c'est que je n'ai pas faim et que je suis crevé. Mais je suis prêt à avaler tout ce que tu veux et à dormir, là, tout de suite, si tu me promets de ne pas m'emmener à l'hôpital ou dans tout établissement qui pue le formol et qui contient des gens qui se baladent en blouse blanche.
Finalement, ça n'avait pas été si difficile que ça. Les mots étaient sortis tous seuls et maintenant il ne lui restait qu'à attendre la promesse de son frère. Sauf que celle-ci se faisait désirer et que, plus les secondes s'égrainaient, et plus il sentait naître une pointe d'appréhension. Quand l'Impala se gara sur le bas-côté de la route, il comprit qu'il venait d'obtenir une totale attention de la part de son aîné. Il décida qu'il était temps de donner un petit coup de pouce à sa requête :
- S'il te plait, Dean ! Je sais que je dois faire des efforts pour aller mieux. Et je les ferai, je te le promets ! Je comprends que c'est pas évident pour toi avec tout ce qui s'est passé mais tu peux compter sur moi. Laisse-moi une chance de te prouver que tu peux toujours me faire confiance. J'peux m'en sortir. J'frai tout ce qu'il faut pour ça. Allez, Dean ! S'il te plait ! Promets-moi que tu ne m'emmèneras pas à l'hôpital.
Ils se fixèrent un moment jusqu'à ce que la bouche du plus vieux se torde en une grimace résolue. Il se détendit en se passant une main revigorante sur le visage puis ce fut à son tour de soupirer.
- Putain Sam, t'es encore plus lourd que les poches que t'as sous les yeux ! Décréta-t-il en secouant la tête. C'est d'accord … Mais c'est moi qui fixe les termes du contrat. A partir de maintenant, tu fais ce que je te dis et t'as plutôt pas intérêt à râler. Pour commencer, tu vas prendre l'habitude de manger trois repas par jours. Et quand je dis « repas », je ne parle pas d'un gobelet de café et d'une feuille de salade ... Les autres clauses viendront au fur et à mesure. Au moindre écart de ta part, je t'attacherai moi-même sur un lit d'hôpital. C'est compris ?
- Ouais, c'est très clair, répondit l'intéressé, véritablement soulagé par cette décision.
- Parfait ! On va s'arrêter en ville pour se prendre un truc à manger et après on se trouvera un coin tranquille pour dormir.
Sam acquiesça d'un hochement de tête. Totalement rassuré, il se sentait prêt à tout accepter du moment qu'il pouvait conserver ce sentiment de plénitude qu'il n'avait plus ressenti depuis une éternité.
x*x*x*x
Elle suffoquait. Elle bouillonnait. Elle tremblait de tous ses membres. Elle était à la limite de perdre la raison. La rage qu'elle savait si bien insuffler aux autres était en train de la consumer de l'intérieur. Même le fait d'hurler à plein poumons n'avait pas suffit à atténuer la haine qu'elle éprouvait à leur égard. Depuis quand deux êtres aussi insignifiants étaient-ils en mesure de déjouer ses plans ? Comment ces p'tits branleurs avaient pu annihiler, en un clin d'œil, ses pouvoirs si puissants ? JAMAIS, non JAMAIS personne n'avait été en mesure de la contrer ! Elle trouverait un autre moyen, mais elle leur ferait payer cette audace au centuple.
Incapable de retrouver sa sérénité, elle comprit malgré tout que sa fureur menaçait de la rendre complètement folle. Or, si elle devenait instable, son hôte, quant à elle, avec son insolence et son caractère bien trempé, finirait sans aucun doute par prendre le dessus. Ce qui était inacceptable ! Cette foutue Jeanne lui portait sur le système. Elle ne cessait de vouloir empiéter sur son esprit, jugeant chaque décision, cherchant à entraver le moindre de ses mouvements. Jusque-là, elle réussissait à la tenir en laisse grâce à son père. De toute évidence, menacer de la faire bouffer son paternel en prélevant son cerveau par les trous de nez suffisait à la rendre plus docile. Mais la veille, il était parti en voyage d'affaire et ce, durant une semaine. Alors depuis, cette sale gamine s'était senti poussé des ailes ! Ce n'était pourtant vraiment pas le moment de lui casser les bonbons – ou plus exactement, comme son corps de femme n'en était pas pourvu – de lui titiller les tétons ! Il reviendrait bien un jour son Papounet. Et si elle ne cessait pas tout de suite ses caprices, ce grand retour signerait son arrêt de mort ! Cette pensée, qu'elle avait pris grand soin d'imager afin qu'elle soit plus explicite, eut un effet fulgurant. Voilà qui était bien mieux !
Non mais, franchement ! Comme si elle n'avait pas suffisamment à gérer avec les deux autres branquignoles qui la faisaient tourner en bourrique. C'était inhumain d'être frère à ce point. Entre le plus vieux qui se bouffait les doigts jusqu'au trognon tant il voulait protéger son cadet et le plus jeune qui culpabilisait à la simple idée qu'il pourrait faire bobo au p'tit cœur de son aîné, cette histoire était vraiment très mal barrée ! Mais ce n'était certainement pas ce qui allait l'arrêter. Elle était déjà en train d'élaborer un nouveau plan. Peut-être pourrait-elle déjà faire un tour dans la maison désertée ? Elle y trouverait certainement des choses intéressantes et elle avait tout son temps. Le grand avantage avec le départ du père de son hôte, c'était qu'elle n'avait plus à jouer les petites filles modèles, rentrer à des heures acceptables ou trouver des excuses bidon pour pouvoir mener à bien sa mission. En bonus, elle avait récupéré sa voiture. Elle se sentait libre ! Et elle allait en profiter. Il n'y avait aucun doute que ce grand dadais de Dean serait tout alarmé par l'état pitoyable de son « si adorable » petit frère. Alors, elle allait faire les hôpitaux du coin, les cabinets médicaux et même les vétos pour retrouver leur trace. Une fois qu'elle les aurait sous la main, elle ne donnait pas cher de leur peau.
