Coucou tout le monde ^^

Dinahe, MDR ! Je suis obligée d'utiliser les attaques de Puppy eyes parce que c'est tout ce que j'ai à ma disposition. Il s'avère que le sourire de Dean est inimitable et franchement sur moi ça ne donne pas du tout pareil ! lol ! Alors que les puppy eyes, j'ai vachement d'entraînement ^^ Comprends-tu mon dilemne ? lol ! Quant au Deanou qui va culpabiliser, ben je vois que tu le connais bien. C'est un trait de caractère qui le définit plutôt bien. Même quand il n'y est pour rien, il se sent toujours responsable. Il porte toute la misère du monde sur le dos (même les bêtises de son frère, hum !) et il continue à avancer. Il est extraordinaire c't'homme-là ! J'veux le même ! lol !

OtakTouch, c'est troooop coooooool que tu adoooooores parce que je me fais un sang d'encre à chaque fois que je poste et je me sens toujours rassurée quand je lis tous ces adorables commentaires ! hi hi hi (mode blonde hystérique on ^^) Ben voui, Dean va s'en mordre les doigts, voire plus ! Il a fait du bobo à son p'tit frère et ça c'est bien le pire pour lui. Eh non dans cette fic il n'y a pas trop d'hémoglobine par rapport à ce que je peux faire d'habitude. J'ai voulu jouer avec l'aspect psychologique cette fois. Heureusement pour Sammy d'ailleurs parce qu'entre Sera et mes pulsions sadiques hautement dosées gore, il était mal barré ^^ lol !

Elisab,ben si tu vois : je suis sadique aussi avec les lecteurs ! ^^ La suite n'arrive qu'une semaine et demie plus tard. Quelle honte ! Je sais, je sais, c'est "inadmettable" (terme bien plus fort qu'inadmissible ! lol !) Et le pire dans tout ça, c'est que je ne suis pas sûre d'avoir correctement répondu à tes questions dans ce chapitre ^^ Tu n'm'en veux pas, hein ? Toi je pense que je peux te faire une attaque de puppy eyes efficace pour me faire pardonner ! lol !

Merci à vous pour vos reviews, MP ...

Vous connaissiez l'expression "touche le fond mais creuse encore" ? ^^ Bon ben ce chapitre, c'est tout à fait ça ! On croyait que Sam et Dean étaient dans une situation délicate et que le dénouement était proche. Eh ben non, pas encore ! Dites-vous qu'on peut toujours faire pire ^^ Tout dépend du degré de sadisme que l'on veut bien développer ! lol !

Bon courage à tous et merci de suivre cette histoire !


Chapitre 21

Il était sorti en trombe de l'établissement. Sous la violence de son geste, la porte de service avait menacé de sortir de ses gonds et le petit carreau vitré situé en son sommet avait volé en éclats. Il avait parcouru la rue sans but précis mais d'un pas décidé, heurtant les badauds qui avaient le malheur de se trouver sur son chemin, les repoussant sans ménagement hors de sa trajectoire.

Autour de lui, plus rien ne comptait, tout lui paraissait irréel. Le monde qui l'entourait était rouge sang, le moindre bruit se transformait en grondement sourd et puissant et aucun de ses autres sens n'avaient l'air de vouloir fonctionner. C'était un environnement sans goût, sans odeur. Il ne sentait même pas que ses ongles avaient eu raison de la paume de ses mains tant ils s'incrustaient avec force dans la chair. Il n'avait pas non plus conscience des fins filets de sang qui s'échappaient de son arcade sourcilière à l'endroit même où quelques éclats de verre avaient cinglé son visage. Il ne faisait que marcher, tel un robot, essayant par tous les moyens d'évacuer la puissance haineuse qui menaçait de faire exploser son torse déjà bien douloureux.

N'y avait-il donc aucun moyen de se libérer de cette oppression néfaste et incontrôlable ?! Sa cage thoracique était comme prise dans un étau. Ses poumons n'avaient aucune marge pour se gonfler correctement alors l'air s'échappait bien plus facilement qu'il ne réussissait à entrer. Le manque d'oxygène s'ajoutait donc progressivement à son mal être. Quant à son cœur, il donnait des coups puissants et rapides pour tenter de s'extraire de cette étreinte invincible. Mais ses tentatives désespérées étaient vaines et ne faisaient qu'amplifier la douleur qui se répercutait jusqu'au sommet de son crâne. Il n'aspirait qu'à une chose : perdre connaissance ici et maintenant. Mais cette maudite fureur lui insufflait la force nécessaire pour rester debout, se tenir droit et continuer à avancer. Il devait pourtant bien y avoir une solution pour se soulager de cette rage intense qui neutralisait chaque parcelle de son corps et ne lui permettait plus d'agir correctement.

Il aurait probablement dû étrangler ce sale petit con, tout comme il l'avait fait avec sa chère petite copine. C'était bien tout ce qu'il aurait mérité ! Mais malgré tout le bien que ça lui aurait procuré, quelque chose l'en avait empêché, un truc indéfinissable qui lui avait pris la tête. Peut-être avait-il été trop lâche pour exécuter une telle sentence. Après tout c'était bien ce qui lui était reproché à la base : il n'était personne, il n'était rien. Il n'était même pas foutu d'imiter un tant soit peu leur père. D'un geste rageur, il balança son poing contre le mur d'enceinte à côté de lui. Une onde de douleur intense partit de ses phalanges, longea son bras et parcourut son épaule et sa nuque avant d'exploser dans son crâne. Il hurla, non pas la souffrance qu'il devait endurer, mais la rage qui continuait de le consumer malgré tout. Cette foutue fureur surplombait toute autre émotion, toute autre sensation.

Il le détestait. Il le détestait tellement ! Ce sale enfoiré ne méritait pas sa clémence – pas après ce qu'il lui avait fait, pas après ce qu'il lui avait dit. Il aurait au moins dû lui en coller une sévère ! Une bonne raclée, voilà qui aurait eu le mérite de le soulager et qui lui aurait appris, à cette espèce d'ingrat de frangin, à lui montrer un peu plus de respect. Mais encore une fois, il n'avait pas pu. Ca non plus, il n'en avait pas été capable. Décidément, il n'était vraiment bon à rien. Il se haïssait. Il se haïssait tellement !

Pas étonnant que Sam ne puisse pas l'encadrer. Il le connaissait parfaitement bien et depuis si longtemps. Ca faisait un bail qu'il avait compris que son grand frère ne valait rien et il lui avait fallu seize longues années avant d'oser lui dire la vérité en face. Seulement voilà, ses aveux n'avaient pas eu l'effet escompté. Ils n'avaient pas été assimilés par son crétin d'aîné dont la lenteur d'esprit n'avait d'égal que son incompétence. Alors, il avait agi en conséquence, lui montrant à quel point il n'était rien à ses yeux. Un bon vieux coup de massue sur le sommet du crâne, ça, au moins, ça avait eu le mérite d'être efficace !

Enfin, tout prenait un sens. C'était tellement logique. Il venait de trouver une explication qui tenait la route ! D'accord, il lui avait fallu un certain temps pour assimiler les informations, les signes envoyés par son cadet et pour comprendre quel était le réel problème mais il y était finalement parvenu … et ça faisait un mal de chien ! Sa respiration se coupa d'un coup et il dut appuyer ses mains sur ses genoux pour retrouver quelques bribes de souffle. Ses paupières se fermèrent juste le temps d'évoquer ce qui était devenu une évidence. Il n'y avait pas d'autre explication possible : le problème … c'était lui ! Il se redressa d'un coup, ses ongles poursuivirent leur acharnement sur ses paumes et il reprit sa marche insensée et sans but.

Refusant d'écouter sa douleur, essayant vainement de faire abstraction de sa haine, il se débattit pour retrouver sa réflexion. Oui, c'était ça ! Il devait se focaliser sur l'idée qu'il était un véritable fléau. Le pire là-dedans c'était qu'il était en mesure de confirmer sa pensée. D'une part, son petit frère n'avait pas cherché à le contredire lorsqu'il avait évoqué la nécessité de disparaître à tout jamais. Et d'autre part, il avait pu lire toute la peine et la déception dans son regard. Ces prunelles claires n'avaient jamais pu lui mentir. Il avait toujours su parfaitement lire en elle, avec une facilité enfantine. Il devait donc se rendre à l'évidence : Sammy était malheureux et tout était de sa faute. Sa simple présence était une torture pour son petit frère. Mais jusqu'à présent, en bon égoïste, il s'était accroché à lui telle une sangsue, ne faisant valoir que ses désirs, refusant de prendre en compte la dure réalité. Sa famille n'avait pas besoin de lui. Bien au contraire, elle le supportait déjà trop et depuis suffisamment longtemps. Il ne lui restait plus qu'une chose à faire, peut-être la décision la plus censée qu'il prendrait de toute sa vie inutile, certainement la mesure la plus radicale mais aussi la plus bénéfique pour son père et surtout pour Sammy. Il devait disparaître à tout jamais.

x*x*x*x

Sera observa les alentours. C'était tout simplement parfait ! La pièce était jonchée de divers objets qui s'apparentaient plutôt, sans même avoir à y regarder de plus près, à des déchets informes et répugnants. Les amoncellements plus ou moins importants se composaient de rebuts cassés, rouillés, pourrissants dans la moisissure qui s'était installée bien confortablement sur le sol et avait commencé à gravir une bonne majorité des murs. La moiteur fournissait à cette cave une odeur âcre bien particulière, mêlant une variété de flagrances plus détestables les unes que les autres. Et pourtant, les locataires de ces immeubles n'hésitaient pas à fermer à clés leurs petites dépendances miteuses comme si elles enfermaient des trésors inestimables. Or le lieu était tellement lugubre et malsain qu'il était totalement impossible d'y entreposer quoi que ce soit sans prendre le risque de tout détériorer. Même des armes n'y survivraient pas. Quant au stockage de drogues, quelles qu'elles soient, il était plus que compromis. Non, vraiment, ces caves auraient plutôt mérité l'appellation « déchetterie ». Avec toutes les maladies qui devaient s'y développer, aucun être vivant ne pouvait survivre plus de trois jours dans un tel environnement. D'ailleurs les rats ne s'y étaient pas trompés : eux aussi avaient déserté le navire ! Bref, l'endroit n'avait rien de bien douillet mais ici au moins, elle et son boulet ne seraient pas dérangés. Cette cité mal famée réunissait tous les atouts nécessaires à la réussite de son entreprise. Les caves situées en plein cœur des horribles immeubles vieillissant rebuteraient n'importe qui. Rien que le fait de venir jusqu'ici était dangereux avec toutes ces bandes rivales qui s'affrontaient sans cesse dans les parages. Sauf pour elle, bien entendu ! La traversée n'avait été qu'une formalité : il lui avait suffit de caresser un ou deux visages, effleurer quelques mains et ses marionnettes avaient commencé à s'entretuer, leur laissant le champ libre. Elle avait pu déambuler tranquillement suivie de son petit chien si docile. Non vraiment, pour un plan B, c'était parfait : le tombeau idéal pour la vermine qui gisait là, à ses pieds, sur le sol poisseux !

Elle soupira d'aise. Même la puanteur du lieu ne réussirait pas à entraver sa bonne humeur. Elle était sur le point de pourvoir à tous ces besoins : combler son insatiable appétit et assouvir enfin sa vengeance. De plus, elle avait tout son temps pour le faire. Elle mettrait un soin tout particulier à déguster son repas, prélevant la juste quantité de nectar. La gloutonnerie n'était pas son fort. Après tout, c'était une dame : elle savait se tenir à table ! Et puis, il ne faudrait tout de même pas que sa victime meurt trop vite. Pour cela, elle était capable de faire preuve d'une précision chirurgicale. Nul doute que ce serait délectable. Son plat principal ne se révoltait même pas. Il était allongé sur le sol visqueux, dans un état catatonique. Même ses paupières avaient du mal à se fermer de temps en temps sur ses prunelles fixes. Bien sûr, elle avait l'habitude de voir ses victimes ainsi. Mais de la part de ce jeune et vigoureux chasseur, c'était presque pitoyable. Lui qui avait résisté si longtemps, qui s'était bravement battu jusque-là, il avait simplement fallu que son grand frère s'énerve une bonne fois pour qu'il craque définitivement. Pauvre petite chose fragile, accablée par le chagrin ! Pourquoi se mettre dans un état pareil pour si peu ? Certes, elle l'avait un peu aidé à déprimer. Mais il n'avait même pas été roué de coups par son imbécile d'ainé comme cela aurait dû avoir lieu. C'était vraiment fascinant de constater à quel point la race humaine pouvait être sensible !

A présent qu'elle y repensait, elle se dit qu'il y avait définitivement un truc qui clochait avec Dean. D'ailleurs, c'était à cause de lui qu'elle se terrait ici au lieu de savourer gentiment son repas dans une pièce digne de ce nom. Elle avait éprouvé la nécessité de se planquer dans un lieu sécurisé, à l'abri des regards indiscrets, où ce petit fouineur ne viendrait pas fureter, où il n'aurait même pas l'occasion d'approcher. C'était son instinct qui l'avait poussée à agir de cette manière. Sa raison, elle, ne comprenait pas cette réaction. En toute logique, avec la dose de fureur qu'elle lui avait inoculée, Dean devrait, à l'heure actuelle, avoir bien d'autres choses en tête que de les chercher. L'idée même de venir en aide à son petit frère ne devait certainement pas lui effleurer l'esprit. Bien au contraire !

Seulement, voilà, il avait des réactions tout à fait imprévisibles. Avec la rage qui le consumait de l'intérieur, il aurait dû avoir des envies de meurtre. N'importe qui se serait acharné sur la première victime venue ! Mais pas lui … enfin pas tout à fait. Elle l'avait déjà remarqué lors de sa première tentative, lorsque Sam avait été arrêté et conduit au poste de police. Cette expérience avait lamentablement échoué. Alors cette fois, elle avait dû mettre les bouchées doubles pour obtenir le degré de hargne nécessaire à une bonne altercation. Après tout, son but principal était de lui faire assassiner son propre frère. Or, si ce plan avait réussi, ce serait l'aîné qu'elle s'apprêterait à déguster en cet instant. Mais non ! Elle devait se coltiner le cadet ! Finalement, Sam n'avait toujours été qu'un pion dans la réalisation de sa vengeance. Ceux qu'elle désirait réellement faire souffrir étaient avant tout Dean et son père. Mais voilà, un grain de sable avait encore entravé le bon fonctionnement de l'engrenage pourtant bien huilé de ses desseins. Et ce grain de sable qui la faisait tant crisser des dents, c'était cet abruti !

En le voyant arriver au lycée, avec son inimitable sourire charmeur contrastant avec son regard ténébreux, elle avait compris que ce ne serait pas gagné d'avance. Si elle trouvait très juvénile la fascination de son hôte pour le jeune homme, elle devait bien avouer qu'elle-même ne restait pas insensible à ses atouts. Lorsque de plus, elle avait constaté les précautions si peu subtiles qu'il employait pour éviter tout contact physique, elle avait su que son frère et lui connaissaient parfaitement les risques encourus en sa présence. A cet instant elle avait dû se résoudre à changer son fusil d'épaule et s'armer de patience … encore !

Heureusement, elle n'avait pas eu à attendre si longtemps que ça. L'intervention inattendue de Sam avait constitué la parfaite distraction pour rattraper le bon déroulement de son plan si bien pensé. Avec cette apparition, son premier réflexe avait été de se méfier. Il était évident que ces deux crétins essayaient de lui tendre un piège. Mais l'espace d'une fraction de seconde, Dean n'avait pas pu cacher sa surprise de voir son petit frère. Ca avait été l'occasion inespérée qu'elle attendait et elle avait su la mettre à profit. Elle en était très fière ! Non seulement elle avait repris la situation en main mais de plus, elle avait réussi à pervertir cette forte tête de Dean. Il fallait dire qu'elle y avait mis du cœur et beaucoup d'ardeur. Elle avait bien constaté l'efficacité de sa manœuvre quand cet abruti avait essayé d'étrangler son hôte et qu'il avait été à deux doigts d'y parvenir. Elle n'avait même pas eu la force de le contrer. Toute son énergie s'était envolée au moment où elle lui avait insufflé l'énorme proportion de rage qui, finalement, avait failli la mener à sa perte ! Quant à la fureur dont il avait fait preuve lorsqu'il avait anéanti ces pauvres lycéens qui s'étaient mis à plusieurs pour tenter de le maitriser, elle n'avait fait que confirmer l'état idéal dans lequel il était plongé.

Du coup, lorsqu'il avait finalement retrouvé son cadet dans le couloir de l'établissement, elle s'était attendue à un bain de sang, des boyaux explosés sur le sol et de la cervelle giclée sur les murs. Mais une fois encore, elle avait été terriblement déçue. D'où elle était, elle n'avait pas pu voir ce qui se passait. En revanche, elle avait tout entendu et rien dans cet affrontement n'avait été à la hauteur de ses attentes. C'était affligeant ! A la rigueur, elle aurait pu faire un effort et se contenter d'un crêpage de chignon en règle – après tout, Sam avait suffisamment de cheveux pour ça ! Mais non, rien ! Même pas la moindre molaire dans les airs ! Qu'est-ce qui clochait avec cet abruti de Dean ? Ne pouvait-il pas se lâcher tout simplement ? Laisser son instinct animal prendre le dessus comme tout être humain qui se respecte ? Etait-ce trop demandé que d'éviscérer son frère comme il aurait pu le faire avec n'importe qui d'autre ? Il ne s'était pas posé autant de question lorsqu'il s'était agi d'assassiner sa sœur ! Sale petit branleur !

Elle avait mis tant de cœur et d'énergie pour l'aider à réussir cette mission ! Et lui, en retour, tout ce qu'il pouvait donner c'était un ridicule « puisque c'est comme ça, j'suis plus ton frère » ! Non mais il se croyait à la maternelle ! C'était lamentable ! Déplorable ! Pitoyable ! Totalement navrant !

Alors bien sûr, le principal était qu'elle soit parvenue à attraper l'un des frères dans ses filets. Avec ces quelques mots d'une niaiserie effarante dont l'effet restait encore un mystère pour elle, son objectif avait tout de même été atteint. Etonnant, voire inexplicable, mais efficace ! Grâce au p'tit Sammy plongé dans le désespoir, elle allait pouvoir se ressourcer considérablement, se requinquer un brin avant de poursuivre sa mission. Et Dean ne tarderait pas à suivre le même chemin que son imbécile de frangin. Ce n'était plus qu'une question de temps.

Malgré tout, elle préférait rester sur ses gardes. Mieux valait prendre plus de précautions que pas assez ! Autant dire qu'elle n'avait vraiment aucune confiance en l'aîné des Winchester. Il avait toujours le chic pour se foutre en travers de son chemin et ça avait tendance à lui hérisser les poils !

x*x*x*x

Il la regardait évoluer autour de lui dans la petite pièce obscure. Ou plus exactement, il percevait ses mouvements parce que son corps ne réagissait plus. Sa bouche était sèche mais il ne parvenait pas à secréter un tant soit peu de salive pour remédier à cette situation. Ses membres étaient prisonniers de liens invisibles. Même ses yeux se bornaient à rester fixes. Parfois, quand Jeanne orientait son visage et qu'elle se penchait vers lui, il voyait ses lèvres bouger. Elle devait certainement s'adresser à lui mais il n'entendait que des murmures lointains, un bruit sourd quelconque, et de toute façon, il ne s'y intéressait pas le moins du monde. Elle pouvait bien dire ou faire ce qu'elle voulait, ça ne lui faisait ni chaud, ni froid. Plus rien n'avait d'importance désormais. Il ne ressentait plus rien. Il était fatigué et en finir au plus vite avec cette vie pourrie lui paraissait être une bonne option. De toute façon, en avait-il vraiment d'autres ? A quoi bon s'accrocher à cette existence épouvantable puisque Dean l'avait abandonné ?! Il n'avait plus rien. Il était seul.

Il n'arrivait toujours pas à se faire à cette idée. Son grand frère l'avait vraiment laissé tomber. Jamais il n'aurait cru ça possible. Quelles que soient les difficultés qu'ils avaient eu à surmonter tous les deux, ils avaient toujours pu compter l'un sur l'autre. Et malgré tout ce qu'il avait pu lui faire subir ces derniers temps, Dean était resté près de lui. Il lui avait pardonné, l'avait aidé à se remettre sur pieds et l'avait soutenu. D'aussi loin qu'il s'en souvenait, il avait toujours fait ça, c'était dans sa nature. Même lorsqu'ils étaient en conflit, il suffisait de quelques minutes de calme, d'évoquer une ou deux banalités ou simplement échanger un regard et toutes les tensions s'évaporaient. C'était comme ça, ça l'avait toujours été et dans son esprit, il n'y avait aucune raison pour que cela change à l'avenir … enfin jusqu'à aujourd'hui ! Cette constatation le fit déglutir avec force. L'afflux de salive dans sa bouche venait de s'intensifier comme par enchantement.

Il comprenait tout à fait que son frère se soit énervé contre lui parce que, pour être totalement honnête, les évènements n'avaient pas été en sa faveur. Dès qu'il avait pris la décision de lui cacher son idée, il avait su que ça tournerait mal et il avait bien eu conscience que lorsque Dean le découvrirait, ça le mettrait hors de lui. Alors il s'était attendu à ce qu'il lui passe un sacré savon, voire même, qu'il lui mette son poing dans la figure. Et comme il avait anticipé, il pensait sincèrement qu'il aurait été en mesure d'encaisser sans broncher. Enfin, c'était ce qu'il croyait jusqu'à ce qu'il croise son regard furieux dans ce foutu couloir. Il ne lui avait fallu qu'une fraction de seconde pour regretter tout ce qui lui avait paru être une excellente idée à peine deux heures plus tôt. Ses convictions profondes s'étaient évaporées en bien moins de temps qu'il lui en avait fallu pour les concevoir. Et puis les mots avaient commencé à pleuvoir et son sentiment de culpabilité s'était amplifié sans demi-mesure. Dean lui avait balancé tout ce qu'il avait sur le cœur, tout le ressentiment qu'il avait accumulé ces derniers jours, et cette douleur qui le consumait avait parcouru l'espace qui les séparait pour venir le percuter de plein fouet. Bon sang ce que ça faisait mal ! Il aurait préféré mille fois se faire massacrer par une horde de loups garous plutôt que de subir ça. Non, vraiment, il comprenait parfaitement pourquoi Dean s'était fâché. Sa vision se brouilla et seul le battement répétitif de ses paupières réussit à lui restituer une vision correcte.

Finalement, ce n'était pas tant ce qu'il avait dit mais plutôt sa manière de le dire et surtout, sa conclusion. Elles étaient bien trop disproportionnées par rapport à la bêtise qu'il avait pu commettre. Comment ça, il n'avait plus de frère ? Non, il ne pouvait pas lui dire ça ! Il ne pouvait pas lui faire ça ! Il ne pouvait pas le laisser tomber, l'abandonner alors qu'il avait tant besoin de lui ! Il n'avait pas le droit ! C'était un châtiment totalement injuste. Ses mâchoires, tout comme ses poings se serrèrent automatiquement sans qu'il en prenne réellement conscience.

Il ne méritait pas ça, Dean le savait très bien et en temps normal, il n'aurait pas réagi de cette manière. Ca ne lui ressemblait pas du tout. Lui qui était toujours collé à ses basques contre vents et marées ! Jamais il n'aurait pu être à ce point furieux pour le lâcher comme ça, d'un simple claquement de doigts ! Non, c'était impossible ! Il devait y avoir une expli … Putain ! Pourquoi n'y avait-il pas pensé avant ? C'était tellement évident ! Dire qu'il avait la réponse sous le nez depuis le début ! Sa tête pivota imperceptiblement vers sa cible. Ses yeux la fusillèrent du regard. Cette pourriture allait payer tout ce qu'elle leur avait fait subir à lui et à son frère !

Il avait bien une idée en tête pour l'éliminer mais, en dehors du fait que ses mouvements étaient très limités, il y avait encore un tout petit problème : ça signait aussi son arrêt de mort. Or, à bien y réfléchir, il n'en avait plus réellement envie… ou, en tous cas, pas maintenant – pas le temps qu'il n'aurait pas pu dire à Dean à quel point il regrettait qu'ils en soient arrivés là, ni avant de lui avoir fait comprendre qu'il ne devait pas se sentir responsable de quoi que ce soit. Parce que oui, son grand frère en viendrait incontestablement à se dire que tout ce qui s'était passé était de sa faute et si en plus, il devait le retrouver gisant sans vie sur le sol, il ne s'en remettrait jamais. Ca aussi c'était dans sa nature !

Et puis, s'il se laissait bouffer sans même essayer de se battre, Dean ne lui pardonnerait jamais. Il avait suffisamment à se reprocher comme ça sans avoir besoin d'en rajouter une couche. Sans compter que cette saleté allait sans nul doute s'en prendre à son frère dès qu'elle en aurait terminé avec lui. Il devait donc réagir, tenter d'éliminer cette chose par n'importe quel moyen, même si, malheureusement, cela devait coûter la vie à Jeanne. Dire que jusque-là, il avait tout fait pour la protéger. Il était allé jusqu'à agir dans le dos de Dean. Mais il avait bien l'intention de rattraper ses erreurs et puisqu'il était amené à faire un choix entre son amie et son frère, et bien, sa résolution était prise. Il n'avait aucun doute sur la voie à suivre. C'était celle qu'il avait toujours suivie aveuglément, sans se poser de question. Celle qui l'avait toujours mené là où c'était le mieux pour lui. Celle qui était si naturelle et surtout si rassurante. Sans ce poids sur sa poitrine, ses poumons reprirent du service et l'air pu y pénétrer sans heurts.

D'une manière ou d'une autre, il allait faire ingurgiter le poison à cette saloperie, même s'il devait l'avaler avant pour qu'elle le prélève directement en lui. De toute façon, Jeanne et lui s'en sortiraient. Il en était persuadé. Comme d'habitude, Dean arriverait à temps. Il allait reprendre le dessus sur cette rage qui l'avait fait délirer et il ferait tout pour venir le secourir. Il était la personne la plus forte qu'il connaisse. S'il y en avait bien un qui pouvait réussir cet exploit, c'était lui ! D'ailleurs, ne lui avait-il pas déjà prouvé qu'il était en mesure de contrer cette force maléfique ?! A bien y repenser, dans ce foutu couloir, s'il s'était laissé guidé par la fureur, il aurait eu l'occasion de le massacrer … et plusieurs fois en plus ! De son côté, il n'aurait rien pu faire pour se défendre. La force naturelle de Dean couplée à cette fureur diabolique l'aurait anéanti en moins de temps qu'il en fallait pour le dire. Or, son grand frère avait tenu ses distances. Il avait dit des trucs horribles mais il avait réussi à contrôler des gestes qui auraient pu être fatals. C'était invraisemblable et pourtant c'était réel. Depuis toujours il avait une totale confiance à lui et ce n'était certainement pas aujourd'hui qu'il allait changer d'avis. Grâce à ce regain d'espoir, il s'aperçut que sa main était de nouveau libre de ses mouvements. Il en profita pour saisir la fiole de poison dans sa poche et attendit patiemment que Jeanne regarde ailleurs pour la porter à ses lèvres.