Hysteria
par Shini-sama.
Chapitre 3 : Tu te cacheras des yeux envieux.
Couple : Grimmjow X Ichigo
Rating : M
Disclaimer : Tous les personnages appartiennent à Tite Kubo. Cependant, cette fiction m'appartient entièrement, que ceux qui s'amusent à la plagier soient châtier durement!
Inspirations : « Hysteria » de Muse (à écouter ^^) et ma fiction originale (il y a quelques similitudes entre cette fiction et mon œuvre originale).
Note : Je recherche actuellement un dessinateur qui aurait envie de faire un manga (ou une BD ^^) avec moi. J'ai déjà un scénario en tête, les personnages sont créés. Donc on ne sait jamais, si vous dessinez et que ça vous intéresse ^^
Chapitre 3 : Tu te cacheras des yeux envieux.
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« Lorsque le cœur du soldat saignera, l'« Hysteria » s'emparera de lui,
et alors le monde se noiera dans les larmes de son chagrin puis sombrera dans la noirceur de son âme ».
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Le seigneur Aizen quitta la pièce plongée maintenant dans le silence où reposait Ichigo, toujours inconscient. Néanmoins, il l'avait laissé entre les mains d'Hinamori-chan et de quelques soigneurs compétents et ne craignait donc pas de le laisser sans sa surveillance.
Soulagé, il referma le shoji derrière lui, soupirant avec désolation sur le sort de son tout nouvel occupant.
Il espérait maintenant que Grimmjow n'apprendrait jamais l'arrivée du jeune homme, ni même la raison pour laquelle il l'avait fait venir ici. Le bleuté avait pour habitude de toujours se mêler de ses affaires et ça, Aizen en avait par dessus la tête. Son frère était un soldat très doué mais il avait plutôt tendance à toujours fouiner et fourrer son nez là où il ne devait pas.
Le couloir dans lequel se trouvait maintenant le seigneur était désert et moite, et même si ce dernier attendait impatiemment le réveil du jeune orangé, il ne pouvait se soustraire à ses contraintes de seigneur et à ses devoirs envers ses sujets. Il se résolut donc à quitter ses appartements pour reprendre son travail.
_Tu me parais bien soucieux, Sosuke.
Cependant, une voix railleuse l'empêcha de mener à bien ses bonnes intentions et quelque peu surpris, le seigneur se tourna sur ses talons pour découvrir, derrière lui, une silhouette familière. Aizen soupira puis ferma les yeux en signe de fatigue, visiblement mécontent de se retrouver face à cette personne :
_Qu'est-ce que tu veux?
_C'est ainsi qu'on parle à son précepteur chéri? reprit la voix narquoise. Je crois pourtant t'avoir dit d'arrêter d'inonder ton palais avec tes amants et amantes, non? Mais là, tu fais fort : un gamin!
La silhouette longue et fine sortit enfin de la pénombre et un homme en kimono blanc, portant de longs cheveux blonds et un sourire à vous glacer le sang se planta devant Aizen. Au plus grand malheur de ce dernier, le nouveau venu semblait bavard et d'une humeur à lui chercher des noises, ce qui n'était guère le cas du seigneur.
Hirako Shinji, précepteur de Sosuke pendant son adolescence, reconvertit depuis en conseiller pour le seigneur. Mais l'homme s'avérait être aussi un fouineur hors pair, un peu comme Grimmjow d'ailleurs.
_Shinji, comme tu l'as dit tu n'es qu'un précepteur, ex-précepteur qui plus est. Je suis celui qui dirige cette contrée, j'ai donc le droit de faire ce qu'il me plait, répondit-il, exaspéré.
_Mais bien sûr! Cependant, si la population a vent du fait que tu t'amuses avec des enfants, ta cote risque de chuter dangereusement! se moqua l'autre en adoptant un visage choqué.
_Me ferais-tu des menaces, par hasard? demanda le seigneur en fronçant les sourcils, colérique.
Shinji nota le changement dans les yeux de son vis-à-vis et secoua ses mains devant lui vivement comme un signe d'excuse :
_Oh non, non! répondit-il avec son large sourire caractéristique. Je tente simplement de te prévenir, n'est-ce pas mon rôle de conseiller?
Aizen étira un sourire léger, pourtant irrité par le ton sarcastique et les railleries de son interlocuteur :
_Ta langue de vipère ne m'a jamais été d'une grande utilité, pourquoi cela changerait-il maintenant?
Shinji cacha ses mains dans les larges manches de son kimono, lui donnant une allure fière et majestueuse. Il conserva malgré tout son calme face aux piques du brun et soupira imperceptiblement sachant pertinemment qu'il était le seul responsable de la dégradation de leurs relations. Mais à dire vrai, il n'en avait que faire; Sosuke était un homme imbu et pleinement confiant, le pouvoir lui avait tourné la tête et le blond s'efforçait de ne pas lui dire ses quatre vérités au visage.
De son côté, Aizen n'avait jamais vraiment aimé la présence de son précepteur à ses côtés. Shinji était un homme bien trop méfiant mais également bien trop volage, et il se contentait de lui faire des remarques désobligeantes sur sa manière de se comporter et de gouverner. Quelque soit les choix qu'il faisait, Hirako avait toujours quelque chose à y redire.
L'atmosphère entre les deux hommes n'était pas des plus accueillantes et aucun d'entre eux ne fit le moindre effort pour que celle-ci ne s'améliore. Sosuke perdit bientôt patience, et tapant du pied au sol pour montrer son agacement, il réitéra sa question :
_Pourrais-je enfin savoir ce que tu veux, oui ou non?
Le précepteur porta sa main à son menton d'un air réfléchit et torturé, comme s'il cherchait ses mots.
_J'imagine que je ne me trompe pas en affirmant qu'il s'agit du garçon?
Et apparemment, il avait trouvé les bons mots! Aizen tressaillit très légèrement à l'entente de sa question, et ses yeux traduisirent son inquiétude soudaine. Est-ce que Shinji était également au courant? se demanda-t-il, son cœur accélérant sensiblement son rythme tout à coup.
Cette histoire s'était annoncée risquée depuis le début mais là, il commençait à comprendre qu'il allait aux devants d'embêtements bien plus compliqués. Et le regard du blond, inquisiteur, ne faisait rien pour arranger les choses et mettait en danger le secret qu'il conservait :
_De qui parles-tu? feignit-il, innocemment.
_Tch... Du garçon que tu as ramené du marché tout à l'heure! Est-ce qu'il... s'agit d'une personne spéciale?
La façon dont Hirako prononça son dernier mot termina de mettre la puce à l'oreille de Sosuke : cet abrutit de précepteur avait bien découvert quelque chose!
_Il s'agit seulement d'un garçon, répondit-il, toujours aussi innocent.
_Bien sûr... Bien, tant pis, si tu n'as pas envie d'admettre que tu l'as ramené ici pour cette raison, je finirai bien par te le faire dire un jour ou l'autre. Ja ne*!
Le précepteur s'éloigna, sa silhouette se voûtant au fil de ses pas et disparaissant bientôt au bout du couloir. Sa fuite rapide et imprévisible était cependant légitime : Hirako Shinji savait parfaitement qu'on ne pourrait rien tirer de Sosuke, il était le pire borné que le monde ait porté. Il avait donc décidé de couper court à la conversation ne faisant confiance qu'à sa propre personne pour découvrir le fin mot de cette histoire.
Aizen ne baissa pas sa garde pour autant, sachant qu'un seul faux pas de sa part et Shinji lui tomberait dessus en démasquant ses intentions. Mais il se demandait – et c'était bien cela le plus urgent – comment diable Hirako était-il au courant à propos d'Ichigo?
D'après ce qu'il savait, et surtout d'après ce que l'oracle lui avait dit, Aizen était le seul à être au courant à propos du jeune rouquin. Il devait être le seul et unique à savoir...
Est-ce que Shinji bluffait et avait simplement lu dans sa façon de se comporter que Ichigo était important à ses yeux?
Quelque chose inquiéta alors le seigneur et son précepteur n'y était pas étranger : il savait le blond très adroit pour découvrir ses secrets, et sa méfiance vis à vis de lui ne lui permettait pas de jouer de son charme auprès de lui, comme auprès des autres à berner. Ce qui était fort dommage d'ailleurs...
Aizen avait eu la chance d'être doté d'un physique avantageux; tout comme son frère d'ailleurs, qui en jouait pour séduire et mettre dans son lit tous ceux qu'il souhaitait, par pur plaisir. Sosuke lui, s'en servait comme d'une arme tout simplement : charmant et séduisant ceux qui s'opposaient à lui pour les rendre faible.
Mais cette fois-ci, ce serait différent; séduire Ichigo allait s'avérer être une tâche ardue et c'était pour cela qu'il ne devait mettre personne au courant de sa présence dans ses appartements.
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Grimmjow courait toujours, sans relâche, à travers les multiples couloirs de la demeure, renversant, bousculant et agressant les serviteurs qui croisaient son chemin. Mais le bleuté n'en avait que faire; la détermination et l'excitation se lisaient sur son visage et tout à coup, ses pas dévièrent pour l'emmener un peu plus profond vers le centre de l'habitation, dans les appartements de son frère.
A cet instant, Jaggerjack avait totalement oublié sa querelle avec Ulquiorra, il avait pratiquement rayé le brun de sa vie, tout comme ce prisonnier qu'il avait ramené de guerre... Tout ce qu'il savait c'était que son cœur battait très vite, qu'il devait se rendre compte par lui-même si ce qu'on lui avait dit était vrai et si son frère avait réellement en sa possession un garçon aux cheveux couleur orange.
_Sosuke! Sosuke! hurlait-il, ses poings puissants tambourinant contre le shoji branlant du salon d'Aizen.
Pendant plusieurs secondes, aucune réponse ne vint, si bien que le bleu continuait de taper, sans se lasser contre la paroi fragile alors que celle-ci était prête à s'effondrer sous sa force. Mais bientôt, la façade glissa lentement sur ses rails, pour laisser apparaître à la vue du turquoise un visage pâle et des cheveux noirs tirés en un chignon stricte.
_Hinamori...
La jeune collaboratrice d'Aizen effectua un salut poli devant le frère de son seigneur et croisa ses mains en signe de timidité.
_Aizen-sama vient de sortir, expliqua-t-elle, l'air innocente. Y'a-t-il quelque chose que...?
Mais elle n'eut pas le temps de terminer sa question. En effet, sentant la supercherie à plein nez, Grimmjow l'écarta violemment du chemin et pénétra dans la large pièce vide et ensoleillée.
Tournoyant sur lui-même, ses yeux détaillant chaque millimètre de la zone dépouillée du moindre meuble, le bleuté planta soudain ses yeux sur la petite brune, elle-même profondément choquée par l'intrusion. Le regard qu'il lui lança n'exprimait aucune sympathie mais plutôt une colère grandissante, et il put lire facilement le jeu de la jeune femme. Elle qui était si fidèle à Aizen et ce depuis tellement longtemps, il allait pouvoir mettre en péril cette fidélité si étroite et cette fois-ci, il la briserait!
_Où est-il? demanda impatiemment le soldat.
_P... Pardon?
_Où est-il? Le garçon que mon frère a ramené du marché?
Si Hinamori Momo avait souhaité joué les innocentes et feindre l'ignorance, c'était totalement raté pour cette fois-ci, pensa Grimmjow. En effet, à sa question, la jeune fille avait écarquillé des yeux stupéfaits et tout son corps avait été secoué par un haut-le-cœur profond.
Il n'y avait pas de mensonge possible, Ulquiorra avait bien dit la vérité et Aizen tenait son acquisition cachée. Mais Grimmjow n'était pas homme à se laisser berner aussi facilement.
_Très bien, grogna-t-il, j'vais devoir le trouver moi-même dans ce cas!
Et d'un pas lourd et déterminé, il se dirigea à l'autre bout de la large pièce pour s'introduire - sans en demander la permission au préalable - dans les autres salles appartenant à son frère. Les unes après les autres il ouvrait les shoji plus ou moins délicatement, déclenchant des cris chez les domestiques qui s'affairaient à nettoyer, ranger ou encore à attendre leur seigneur patiemment.
Mais pas de trace d'un jeune garçon aux cheveux oranges, rien du tout.
Essoufflé par une rage et une incompréhension sans précédent, le bleuté referma d'un geste violent le dernier shoji qu'il venait d'ouvrir et se tourna, le regard menaçant, en direction de la pauvre petite Momo qui allait certainement subir les colères légendaires du frère de Sosuke.
Mal à l'aise et entremêlant ses doigts pâles dans des gestes nerveux, la petite brune poussa un cri aiguë lorsqu'enfin, Jaggerjack la saisit par le col de son kimono, la soulevant doucement du sol pour que son visage se trouve au niveau de celui du soldat :
_Écoute-moi bien, et j'vais pas le répéter, persifla-t-il en collant son nez contre celui de la jeune fille, où est le garçon que Sosuke a ramené?
_Je... je ne...
_Réponds!
Momo ferma les yeux alors que l'homme la secouait dans tous les sens, la violentant pour lui soutirer une information désuète.
Son chignon se défit et son corps trembla sous la peur de le voir utiliser une autre forme de violence envers elle. Elle n'avait plus guère le choix à présent, pensa Grimmjow; ou elle lui disait la vérité ou il n'hésiterait pas à lui faire connaître la légendaire colère de Grimmjow Jaggerjack, même si elle n'était qu'une femme sans défenses...
_Il... le seigneur Aizen a demandé qu'on le déménage mais je ne sais pas où! débita-t-elle tout à coup, serrant ses poings et plissant ses yeux de colère.
_Pourquoi?
_Je... je ne sais pas!
Le soldat relâcha soudainement la jeune femme, la laissant s'écraser au sol dans un soupir douloureux. Mécontent, le bleuté serra les dents, se doutant bien que son frère jouait à un jeu de cache-cache malsain avec lui. Les mensonges de Momo concernant ce jeune orangé ne faisaient que confirmer ses craintes : Sosuke voulait lui cacher quelque chose.
_Bien, maintenant que j'sais qu'il me cache ce gosse, ce sera plus simple pour le tromper. Merci de ton aide Momo, elle me sera d'une grande utilité...
Quittant la jeune fille quelque peu éberluée, le turquoise sortit de la pièce, replaçant ses cheveux d'une main experte et tâtant du bout des doigts la garde de son épée, toujours sagement en place à sa taille.
Une fois dans le couloir, il soupira. Il ne pouvait pas en être autrement : Sosuke cachait ce jeune homme pour une bonne raison. Et s'il s'agissait de la même que lui? Si Sosuke savait lui aussi ce que Grimmjow gardait secret depuis de longs mois...?
Pourtant, c'était impossible! Le bleu était le seul au courant, on le lui avait confirmé! Mais comment expliquer ce sentiment d'appréhension? Il avait l'impression qu'on se jouait de lui et que malgré ses doutes, Aizen en savait bien plus que lui.
_Bon sang..., murmura-t-il en plaquant son poing contre ses lèvres, il faut que je vois ce gamin!
Il en avait la conviction : s'il le voyait, il saurait...
Mais pour l'instant, il n'avait aucune idée de l'endroit où il se trouvait et n'avait pas non plus de plan pour agir et découvrir la cachette en question. Il avait cependant une idée bien précise de qui pourrait l'aider, et il reprit le chemin de ses appartements, pour mettre Ulquiorra au courant de ses désirs.
Le brun ne pouvait rien lui refuser...
Ses pas le ramenèrent bientôt jusqu'à ses appartements, sa main négligemment posée sur la garde de son épée, le turquoise réfléchissait intensément, ne pouvant concevoir que son frère lui fasse de telles cachoteries. Pourtant, Sosuke aurait dû le savoir : plus on lui refusait ou lui dissimulait quelque chose, plus il était désireux de trouver cette chose et de la posséder.
_J'pensais que t'avais pourtant compris ça, Sosuke, marmonna-t-il entre ses dents.
Mais Jaggerjack connaissait bien le fossé qui se tenait entre lui et son frère. Il ne le blâmait pas vraiment, eux-mêmes n'y pouvaient rien, ils étaient nés ainsi, le même sang maternel mais de père différent.
Ils ne s'étaient jamais considérés véritablement comme « frères » comme tout un chacun l'entendait, ni comme « demi-frères » non plus, ils n'en voyaient pas l'intérêt. Ils s'étaient simplement accommodés de la présence de l'autre, ne pouvant faire autrement, ne se donnant jamais d'accolades, ne se félicitant jamais, ne discutant jamais de leur lien.
Grimmjow profitait de la position confortable de son frère pour être logé dans ce riche palais, et Sosuke profitait de la situation importante du bleuté dans l'armée pour se tenir proche de l'Empereur et obtenir de lui des avantages non négligeables.
Mais l'amour fraternel restait une chose inconnue aux deux hommes, et ils n'étaient pas prêts à découvrir ce qu'il signifiait. Et surtout pas Grimmjow qui comprenait – même s'il s'en doutait depuis longtemps – que son frère lui cachait des choses importantes et que dans peu de temps, les deux hommes s'opposeraient sur un terrain oh combien glissant.
_S'il s'avère que tu connais le même secret que moi Sosuke, je jure que j'te couperai la tête si tu m'empêches de faire ce que j'dois faire, se promit le soldat.
Mais avant cela, il devait réfléchir vite et bien; il lui restait une chance : son prisonnier de guerre. Renji correspondait à la description que l'oracle lui avait faite de l'homme qu'il devait retrouver : un être pur aux cheveux brûlés par le soleil. Au premier abord, Grimmjow n'avait pas vraiment compris de quoi il en retournait. Après tout, quelque chose de brûlé était calciné, noir et donc sombre; mais en pensant au soleil il lui devint évident qu'il ne s'agissait pas de cela... Lorsque la peau restait au soleil elle devenait plus bronzée, plus halée, et parfois même rouge...
Cet oracle de malheur... N'aurait-il pas pu le laisser en paix, plutôt que de lui bourrer le crâne avec cette étrange prophétie farfelue dont il n'avait pas besoin?
Pourtant, Grimmjow aurait très bien pu oublier ce que l'oracle impériale lui avait dit, lui rire au nez et reprendre une vie normale. Mais il avait choisi d'y croire, de se mettre à la recherche de cet être pur aux cheveux brûlés par le soleil, et d'être celui qui saurait l'amener vers son destin.
Il se demandait encore pourquoi cette prophétie l'attirait tant car à première vue, il n'avait rien à en retirer, mis à part un certain prestige. Mais Grimmjow Jaggerjack n'était guère homme à se satisfaire d'un petit prestige, il préférait les combats, l'or et les esclaves.
Mais cette fois-ci, le soldat voulait découvrir le fin mot de l'histoire et sa curiosité était décuplée encore un peu plus maintenant qu'il pensait que Sosuke était lui aussi au courant de la même prophétie.
La compétition avec son frère était certainement la chose la plus excitante en ce bas monde... Et il voulait prouver à tous qu'il n'était pas que "le frère d'Aizen Sosuke" et qu'il pouvait également réaliser des choses seuls et réussir là où son frère échouait.
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L'homme aux cheveux bleus pénétra à nouveau ses appartements et fit glisser le shoji qui s'ouvrit sur la pièce principale, là où il avait laissé Ulquiorra et Renji quelques minutes plus tôt. La tête encore emplie de mille et unes interrogations, il ne sembla pas remarquer tout de suite la présence d'Ulquiorra devant lui, agenouillé près du futon où reposait l'endormi.
Intrigué par cette vision, Grimmjow remarqua que le brun n'était pas seulement agenouillé auprès de Renji, il avait également porté une main sur le front du rouge, ainsi que sur sa poitrine, lui procurant - semblerait-il - quelques soins dont lui seul avait le secret.
Étirant un petit sourire, le propriétaire des lieux avança jusqu'au futon, amusé par le fait d'avoir réussi à pousser Schiffer à faire ce qu'il souhaitait. Dans un sens, il venait encore de prouver qu'il pouvait faire du brun ce qu'il souhaitait - tout du moins c'était ce qu'il croyait en cet instant. Jaggerjack retira sa ceinture de cuir qui soutenait son épée pour la déposer prêt de son prisonnier, allégeant ainsi sa démarche et lui procurant un certain bien être.
Puis, il retira ses jambières de cuir en retirant les lacets de fer qui les nouaient autour de ses mollets. Soupirant de soulagement, le bleu se massa un instant les mollets et entreprit de défaire son armure de cuir qui brûlait sa peau atrocement. Ulquiorra l'observait du coin de l'œil, ses pupilles inexpressives glissant sur la peau maintenant nue de son seigneur.
Remarquant son regard insistant, Grimmjow étira un sourire goguenard, massant d'une main ses pectoraux endoloris :
_Alors, j'vois que tu t'es décidé..., lui dit-il en désignant l'homme allongé du menton.
Le brun reporta son attention sur Abaraï :
_Il est réveillé, se contenta-t-il de répondre.
Le sourire de Grimmjow disparut aussitôt et il se précipita auprès du rouge, portant son regard lagon sur le visage secoué de tics de ce dernier. Ses yeux étaient plissés et ses longs cheveux rouges glissaient sur le futon à chacun de ses mouvements. Il semblait en proie à une douleur passagère qui engourdissait tout son corps ainsi que son esprit.
Jaggerjack se positionna au-dessus de son visage, observant avec attention les expressions d'Abaraï.
_Renji? demanda-t-il, d'un ton rassurant.
Les petits yeux marrons s'ouvrirent instantanément, surprenant tout à coup le bleu qui eut un mouvement de recul. Les pupilles dilatées de Renji restèrent braquées droit devant lui, comme s'il eut été aveugle et qu'il ne pouvait voir ce qui tenait devant ses yeux. Surpris et inquiet, Jaggerjack se demanda si la folie ne l'avait pas gagné, ou si la chaleur n'avait pas eu un quelconque effet sur lui :
_Tu me reconnais?
Il tenta de capter le regard marron de son prisonnier, soutenant d'un main son visage en sueur et caressant de l'autre les cheveux rouges chauffés par le soleil :
_... Grimmjow...? demanda l'homme allongé, d'une voix hésitante et faible.
_Oui.
Les yeux marrons sortirent du néant et se posèrent sur le visage du soldat, emprunts d'une incompréhension totale.
_T'es dans la contrée d'Aizen, mon frère, expliqua alors Grimmjow. C'est moi qui t'ai ramené, t'as pas eu le choix.
La bouche d'Abaraï s'ouvrit doucement et sa lèvre inférieure trembla d'un mouvement à peine perceptible. Les informations données par Grimmjow semblaient avoir été comprises par le rouge puisque dans un violent geste, il s'agrippa au bras du turquoise :
_Kuchiki-sama... va t'tuer!
Grimmjow plaqua sa main sur celle de Renji qui tenait fermement son bras. Les yeux marrons le fixaient intensément et il comprit que le blessé ne plaisantait pas. Il n'avait pas perdu l'esprit puisqu'il le reconnaissait et parlait même de son seigneur : Kuchiki Byakuya. Mais Grimmjow n'avait que faire du noble que Renji servait, il fronça ses sourcils d'un air concentré, tentant de capter toute l'attention d'Abaraï par son regard.
Ulquiorra observait la scène d'un air détaché, se demandant encore ce qu'il pouvait bien se passer.
_Renji, j'ai besoin de savoir! demanda alors précipitamment Grimmjow. Est-ce que tu sais ce qu'est "l'Hysteria"?
Le visage d'Abaraï se figea et ses yeux se perdirent à nouveau dans le vague, comme si la question de son interlocuteur avait eu sur lui un quelconque effet. Ulquiorra bougea sans un bruit, observant le profil inquiet de Grimmjow. Pour rien au monde n'aurait-il perdu une seule syllabe des mots du bleuté. Tout cela commençait à attiser sa curiosité d'une façon étrange...
_Renji? secoua le turquoise, étonné par sa réaction.
Mais le corps du rouge se raidit soudain et sa tête bascula en arrière violemment, le replongeant tout à coup dans un coma profond au plus grand désarroi de Grimmjow.
_Renji?
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Hirako Shinji vérifia une dernière fois que le couloir dans lequel il se trouvait était vide. Détaillant de ses grands yeux bleus l'obscurité relative des lieux, il se plaqua soudain contre le shoji qu'il poussa lentement, sans un bruit, entrant dans la pièce illuminée et parfumée, mais entièrement vide.
Refermant derrière lui la paroi coulissante, le blond se tapit tel un voleur contre les murs avançant d'un pas léger sur les tatamis vides.
La grande pièce principale des appartements d'Aizen Sosuke était étrangement inhabitée, et l'homme était plus que décidé à savoir ce que son ancien élève trafiquait en cachette. Il avait en effet décelé chez lui - sur son visage et dans sa voix pour être précis – quelques faits inhabituels. Et connaissant bien Sosuke, celui qui l'avait instruit ne pouvait se tromper : ce dernier lui cachait quelque chose.
Ayant atteint le fond de la pièce, il déposa ses longues mains osseuses bien à plat sur les parois fixées et tapota finement sur la surface polie à plusieurs endroits, jusqu'à entendre un bruit creux résonner à ses oreilles.
Un large sourire illumina soudain son visage concentré, dévoilant de larges dents blanches et une attitude vicieuse.
_Je t'ai trouvé, murmura-t-il sadiquement au silence, parcourant maintenant de ses mains la surface toute entière comme s'il cherchait une chose invisible.
En réalité, Hirako savait depuis longtemps que Sosuke dissimulait une pièce secrète dans ses appartements, mais il n'avait jamais cherché à la trouver ou à en savoir plus sur elle. Cependant, en le voyant si secret tout à l'heure, il s'était décidé à la trouver, certain que le brun y dissimulait une chose importante que personne d'autre ne devait voir.
Les mains du précepteur cherchaient maintenant un moyen pour ouvrir un passage jusqu'à cette pièce. Nul doute qu'Aizen avait mis au point un mécanisme secret permettant d'ouvrir ce passage, et d'ailleurs, il ne devait pas en être loin puisque de l'autre côté de ses mains, un grand espace vide pouvait se faire sentir, chaque millimètre du mur en question sonnait creux sous ses coups.
Mais soudain, il cessa ses mouvements. Restant immobile de longues secondes, les yeux bleus de l'homme se tournèrent enfin sur ses pieds et il marqua une pause tout en réfléchissant intensément.
Pourquoi devrait-il chercher un moyen d'ouvrir avec ses mains puisque c'est ainsi que l'on ouvre une pièce? Aizen était bien trop intelligent pour dissimuler un mécanisme aussi ridicule. Non, le moyen devait se trouver ailleurs, là où on ne chercherait pas, là où personne ne penserait passer pour accéder à une pièce voisine...
Le sol!
Se plaçant à genoux méticuleusement, Shinji souleva le tatamis qui épousait la paroi qu'il venait de vérifier et tomba sur le plancher de bois branlant; bien trop branlant à son goût.
D'une main hésitante, Hirako retira une première planche en bois dévoilant sous ses yeux ce qui semblait être un tunnel creusé dans la terre, sous la demeure.
Excité et à la fois intrigué, il s'attela à retirer un certain nombre de planches, créant ainsi un trou assez grand pour qu'il puisse s'y glisser. Puis, il se laissa guider par le tunnel qui n'était pas très long – à peine plus de trois mètres – et émergea bientôt dans une pièce confinée, sombre et minuscule.
Déposant ses mains sur le plancher brut de la pièce, le blond chercha à tâtons devant lui la moindre petite chose qui puisse lui servir d'indice, jusqu'à ce que ses doigts entrent en contact avec une surface molle qui émit un bruit sonore à son toucher.
_Rrrr...
Reculant d'un pas, Hirako crut tout d'abord qu'il s'agissait d'un animal, mais peu à peu, ses yeux s'habituèrent à l'obscurité et il put parfaitement discerner les formes d'un homme. Un homme était allongé devant lui, dormant à poings fermés et ronflant bruyamment. Un jeune homme vraisemblablement, à en juger par le grain de la peau de son visage qu'il tâta de la pulpe de ses doigts. Sa main passa ensuite dans les cheveux décoiffés et Shinji en fut convaincu : ces cheveux décoiffés... Ça ne pouvait qu'être le jeune homme orangé qu'il avait vu revenir avec Sosuke tout à l'heure!
_Alors comme ça tu ne me caches rien, Sosuke? demanda-t-il au silence, d'une voix railleuse. Il va falloir que nous ayons une p'tite discussion tous les deux...
Puis, lentement, très lentement, il abaissa son visage jusqu'à la chevelure du rouquin et d'un coup de dents particulièrement tranchant, coupa une mèche de cheveux oranges qu'il rangea bien précieusement dans son kimono.
Un précieux indice pour confondre son innocent élève...
*Ja ne : « salut » en japonais.
