Hysteria
par Shini-sama.
Chapitre 6 : Tu te soumettras devant le seigneur.
Couple : Grimmjow X Ichigo
Rating : M
Disclaimer : Tous les personnages appartiennent à Tite Kubo. Cependant, cette fiction m'appartient entièrement, que ceux qui s'amusent à la plagier soient châtiés durement!
Inspirations : « Hysteria » de Muse (à écouter ^^) et ma fiction originale (il y a quelques similitudes entre cette fiction et mon œuvre originale).
Note : Ohlala, je ne compte même plus mes retards de publication... Désolée, désolée, désolée à l'infini...
Chapitre 6 : Tu te soumettras devant le seigneur.
_...
..._
_...
« Lorsque le cœur du soldat saignera, l'« Hysteria » s'emparera de lui,
et alors le monde se noiera dans les larmes de son chagrin puis sombrera dans la noirceur de son âme.
Tes mains s'empareront de l'homme aux cheveux de feu, fais-le tient et garde-le dissimulé aux yeux avides des hommes avant que ceux-ci ne le mènent à la destruction...».
_...
..._
_...
Renji rouvrit les yeux alors qu'une main pâle et délicate se retirait de son front, la peau froide de la paume féminine lui laissant une impression quelque peu désagréable. La clarté de la pièce dans laquelle ils e trouvait l'éblouit quelques instants et il dut attendre quelques secondes pour retrouver toutes ses capacités visuelles.
Il haussa ses tatouages qui lui faisaient office de sourcils et étudia avec intérêt de ses petits yeux marrons vifs, le visage paisible et souriant de la jeune femme brune qui l'observait :
_Il semblerait que cela ne soit pas habituel..., commenta-t-elle en dissimulant ses mains dans ses larges manches blanches d'un geste solennel.
_Comment ça c'est pas commun? réagit aussitôt Abaraï en s'agrippant au siège sur lequel il était assis.
La vaste pièce circulaire éclairée par le soleil éblouissant de l'après-midi fit résonner en écho la question du rouge, alors qu'un courant d'air chaud s'engouffrait par les fenêtres grandes ouvertes, faisant virevolter les voilages et autres tissus précieux qui devaient faire office de rideaux.
Les couleurs flamboyantes tranchaient radicalement avec l'expression douce et solennelle de la propriétaire des lieux. Cette pièce ne lui ressemblait en rien; elle n'était ni discrète, ni calme, ni pour le moins modeste.
Planté devant une fenêtre, un voilage mauve dans la main pour éviter que celui-ci ne vienne perturber sa vision, Grimmjow laissa le silence persister à la question de Renji. En effet, il était bien trop absorbé par ce qu'il voyait par la baie; quelques jeunes étudiants prenaient le soleil couchés sur l'herbe sous un cerisier du jardin, discutant joyeusement et laissant pour certains leur peau blanche plus exposées que d'habitude pour que celle-ci prenne quelques couleurs. La vision était bien trop appétissante pour le bleuté qui avait un peu oublié la raison pour laquelle il se trouvait en ces lieux. Mais enfin, alors que Renji se désespérait d'attirer son attention, il se détacha de son point d'observation et reporta son attention sur la brune à la longue tresse qui lui jetait un œil dubitatif.
_Alors…? C'est quoi son problème? demanda-t-il en haussant un sourcil menaçant.
Unohana Retsu lui rendit son regard et soupira, malgré un petit sourire satisfait sur ses lèvres. Celle qui dirigeait la quatrième contrée la plus puissante de l'empire était passée maître dans l'art de guérir et jouissait d'un puits de connaissance intarissable sur tous les phénomènes étranges et inexplicables. Grimmjow avait tout naturellement pensé à elle pour répondre à ses questions.
_Apparemment ses pertes de mémoire ont débuté à un moment précis. De plus, il ne cesse d'entrer dans un état étrange dès que le sujet est abordé, n'est-ce pas? demanda Unohana de sa voix doucereuse.
Le bleuté acquiesça d'un signe de tête et croisa ses bras sur son torse d'un air attentiste. Renji lui, inspira très profondément en attendant la suite des paroles de la jeune femme.
_Ça on sait! relança Jaggerjack en perdant patience face à ce silence persistant. Ça veut dire quoi au juste?
_Ça veut simplement dire qu'on souhaite qu'il ne se souvienne plus de cette chose en particulier. De ce mot plus précisément.
Grimmjow étira un sourire sadique démontrant son contentement, ce que Renji ne comprit pas. En effet, le rouge n'arrivait pas à comprendre le but de cette histoire : pourquoi voulait-on qu'il reste ignorant de certaines choses?
Et ce qui l'intriguait encore plus entre tout était l'identité de la - ou des personnes - qui avait décidé de cela. Quel intérêt? Il ne comprenait fichtrement rien et n'avait aucune raison de penser qu'il était en connaissance d'informations qu'on cherchait à dissimuler à d'autres personnes.
Tout du moins c'était ce qu'il pensait…
_Pouvez-vous m'en dire plus Jaggerjack-dono ? demanda poliment Unohana en fermant ses beaux yeux bleus pour se concentrer.
Renji stoppa sa réflexion, reportant son attention sur les deux autres personnes présentes avec lui dans la pièce. Il ignorait pourquoi il se fiait ainsi à ce que disait Grimmjow...? Pourquoi le croyait-il? Ce type l'avait enlevé! Ce type l'avait séquestré et l'avait ravie des mains de Kuchiki Byakuya le seul homme qui... Non!
L'homme aux tatouages plissa ses yeux pour se reprendre et chassa ces pensées de son esprit. Et même si pour lui Jaggerjack n'était qu'une brute, il ne pouvait faire autrement aujourd'hui que le suivre pour qu'il le guérisse de ce qu'il ne pouvait comprendre...
Les sourcils turquoise reprirent de l'altitude il était évident que Unohana Retsu était curieuse à propos de toute cette histoire et le bleuté comprit dans ses yeux qu'il s'agissait d'un intérêt tout nouveau. Et il y avait de quoi, Grimmjow lui avait expliqué le problème de Renji en omettant de citer certains points particulièrement importants mais qu'il ne valait mieux pas révéler selon lui.
Unohana n'était pas née de la dernière pluie et savait pertinemment qu'on ne lui disait pas tout.
_Qu'est-ce que vous voulez savoir? questionna le soldat d'une voix méfiante.
_Tout ce que vous voudrez bien me dire…
Un court silence suivit sa réplique. Jaggerjack n'était pas né de la dernière pluie non plus! Il savait également pas mal de choses, notamment sur le fait que les différents seigneurs des contrées se livraient une guerre psychologique sans merci, voire même parfois armée, et qu'il valait mieux garder ses problèmes pour soit. Cependant, Unohana était l'une des seules à être autant respecté et sollicité ce qui lui valait la réputation de pacifiste. Mais le bleuté n'était pas du genre à croire les ragots ni à faire confiance à quelqu'un de la sorte, d'autant plus s'il s'agissait d'une femme...
Grimmjow attendit donc encore quelques instants avant de reprendre la parole. Il observa un moment Renji qui ne cachait pas son inquiétude. Mais le fait était qu'il n'avait guère le choix : s'il n'expliquait pas le fond des choses et tous les détails, Unohana ne serait jamais apte à répondre à ses interrogations.
Il s'était piégé lui-même et il le comprit.
_Il s'avère qu'en c'moment que'que chose tourne pas rond, commença à expliquer le bleu. J'ai r'çu la visite d'un oracle qui m'a débité une chose bizarre et comme par hasard Renji connait cette guignol! Ça peut pas être une coïncidence…
Les sourcils bruns d'Unohana s'élevèrent de quelques millimètres, traduisant une certaine surprise.
_Que vous a-t-elle dit exactement?
Les yeux turquoises restèrent un instant braqués devant lui, dans le vague. Grimmjow eut un mouvement d'hésitation, bougeant son corps comme s'il eut été mal à l'aise et laissa glisser ses opales sur le visage emprunt d'une attention particulière d'Abaraï.
Le général hésita quelques instants non négligeables. Ce qu'il s'apprêtait à révéler n'allait certainement pas être sans conséquence, il s'en doutait très fortement. Mais impossible de faire marche arrière maintenant.
_Elle m'a dit une prophétie ou un truc du genre, mais j'peux pas la dire sinon Renji va encore tomber dans les vapes…
_Placez vos mains sur vos oreilles je vous prie, Abaraï-kun, demanda poliment Unohana en s'inclinant faiblement devant lui en preuve de respect.
Le rouge étira une grimace d'incompréhension mais obtempéra tout de même, malgré le fait qu'il jugeait cette demande totalement inutile.
_Je vous écoute Jaggerjack-san, reprit Unohana s'assurant que Abaraï ne pouvait plus rien entendre.
Le bleu jeta un énième coup d'œil à celui qu'il avait ramené de campagne puis débita à la jeune femme ce qu'il savait sur la prophétie. Et même s'il le faisait à contre cœur il s'était persuadé que c'était la seule solution.
Unohana écouta religieusement sans le couper, ses beaux yeux bleus fixés sur Grimmjow sans trahir la moindre émotion. Puis, lorsqu'il eut terminé de lui compter la prophétie, elle baissa les yeux visiblement inquiète.
_Alors…? demanda le turquoise, remarquant son changement d'attitude.
_Combien de personnes l'ont entendue?
Jaggerjack haussa les épaules se laissant le temps de la réflexion :
_Je suis censé être le seul, d'après ce que l'oracle m'a dit…
Retsu hocha la tête en signe de compréhension puis tourna ses yeux en direction du rouge les mains toujours docilement sur ses oreilles. Pendant un instant Grimmjow crut qu'elle allait lui donner toutes les réponses à ses questions, et c'était ce qu'il attendait. Mais en réalité, Unohana se dirigea vers la troisième personne dans cette pièce et prit délicatement ses poignets :
_Je crois que vous vous êtes trouvé au mauvais endroit au mauvais moment Abaraï-kun, commenta-t-elle.
Ce dernier fronça les sourcils, se demandant ce que Grimmjow avait bien pu lui raconter pendant qu'il ne pouvait écouter. Mais surpris par la phrase d'Unohana, il cessa de penser à Jaggerjack :
_Quoi? demanda-t-il, le visage emprunt d'une profonde incompréhension.
_Il me semble, tout simplement, que vous avez entendu la prophétie dont Jaggerjack-san parle, mais que vous l'avez entendu par erreur… L'oracle s'en est rendu compte et a donc fait en sorte que vous ne puissiez pas vous rappeler ce que vous avez entendu par inadvertance.
Grimmjow fronça ses sourcils, observant à nouveau le visage surpris d'Abaraï qui lui aussi se mit à réfléchir à toute vitesse.
_Vous voulez dire... on a « gommé » sa mémoire parc'qu'il devait pas entendre c'truc? demanda le turquoise.
_Mmm, affirma la brune. Tout du moins c'est ma conclusion. Pensez-vous que cela soit plausible, Abaraï-kun?
_Hein? Euh… je ne sais pas… Comme je l'ai dit, je me souviens avoir vu Rukia mais après le trou noir complet!
Unohana soupira en hochant timidement de la tête. A sa réaction Grimmjow comprit que c'était ce qu'elle avait redouté, ou bien tout simplement qu'elle s'en doutait depuis le début de cette conversation.
_Autrement dit, reprit Jaggerjack, c'est Rukia, l'oracle, qui lui aurait fait ça pour qu'il le répète à personne?
Unohana hocha de la tête pour affirmer et Renji poussa un soupir à fendre l'âme. Ça lui paraissait complètement dingue d'en arriver jusque là pour simplement avoir entendu une maudite prophétie dont tout le monde se contrefichait, surtout lui!
_Et donc maintenant à chaque fois qu'il entend le début de cette prophétie, le charme qui a été posé sur lui agit et il entre en transe ou bien tombe évanouit, pour éviter qu'il n'ait à dire la moindre chose sur ce qu'il a entendu, poursuivit Unohana. Une sorte de protection si vous voulez.
Grimmjow prit son visage entre ses mains et soupira à son tour; il n'avait vraiment pas besoin de ce problème en plus! Lui qui pensait que Renji aurait su quelque chose pour l'aider c'était définitivement cuit, il ne tirerait rien de lui.
_Et vous n'pouvez rien faire pour conjurer le sort? Pour qu'il s'rappelle?
_Moi? Et bien... peut-être que je le pourrais mais j'aurais besoin d'en savoir un peu plus sur cet oracle.
_Vous saurez tout ce que vous voulez mais il faut conjurer c'truc!
L'entêtement de Grimmjow ne surprit pas le moins du monde Unohana.
_Je ferai de mon mieux, Jaggerjack-san, promit-elle en s'inclinant.
Satisfait, Grimmjow étira un sourire de contentement et plaça ses mains dans ses poches avec désinvolture.
_Bien. Moi j'y vais, je vous l'laisse...
_Quoi?
Renji sauta sur ses pieds pour se saisir du bras du bleuté, alors qu'il avait déjà tenté un pas en direction de la porte. Comment ça il allait partir et le laisser tout seul ici avec cette femme?
_T'vas rester ici tant que Unohana-sama n'aura pas trouver la solution, compris?
Renji fronça les sourcils :
_Et si je dis non?
_T'as pas l'droit!
Et sur ces mots, le bleuté se retira de son étreinte et quitta la pièce d'un pas décidé sans rien ajouter de plus. Renji l'observa disparaître se demandant pourquoi le turquoise l'abandonnait tout à coup aussi durement...
Ichigo laissait son regard flâner par la large fenêtre de la riche chambre d'Aizen, si bien qu'il commençait à connaître chaque trait du paysage par cœur. Cela faisait bien plus d'une heure qu'il se trouvait ici et rien ni personne n'était venue troubler le silence effarant qui l'entourait. C'était comme si tout était mort autour de lui; les meubles, les pierres, les plantes, lui...
Ce qu'il avait compris plus tôt avait un goût atrocement amer dans sa bouche. Pire, c'était comme une épée de Damoclès au-dessus de sa pauvre tête. Aizen menaçait de s'en prendre à son père s'il n'était pas un bon petit chien? Certes, ces manières le mettaient hors de lui, il sentait la rage l'envahir à chaque fois qu'il pensait à cet homme, à chaque fois qu'il entendait ses mots dans sa tête mais il devait l'admettre : il ne pouvait plus rien y faire désormais. Il n'avait plus le choix sinon celui de devenir son esclave pour de bon. Tout du moins pour protéger son père...
De ses mains froides, il enserra ses épaules, comme désireux de se protéger de ce glacial silence, de cette pesante solitude qui le narguait depuis de longues minutes. Son cruel destin s'affichait devant lui sans qu'il ne puisse rien y faire.
Quand en sortirait-il? Mais surtout : comment pourrait-il en sortir? Aizen l'avait piégé en mettant en jeu la vie de son père... Ichigo n'avait plus le droit à l'erreur.
_Te sens-tu seul?
Le jeune roux sursauta alors que la voix suave et quelque peu moqueuse s'éleva de l'autre côté de la pièce. Cette voix il la connaissait bien à présent, puisqu'elle était celle qui revenait sans cesse dans son esprit. Aizen Sosuke referma la porte qu'il venait d'ouvrir et pénétra dans sa chambre d'un pas lent et mélancolique, comme si toute la fatigue du monde s'était accumulée sur ses épaules.
Les yeux ambrés le suivirent, alors que le seigneur déposait sa cape sur le large lit recouvert de soie blanche étincelante. Il y avait dans son attitude, dans ses gestes quelque chose que le jeune homme n'avait pas encore remarqué chez le seigneur. C'était autre chose que cette impression de fierté, de puissance et cet air hautain, non, c'était même tout le contraire; comme une sensation de solitude pesante. Après avoir déposé sa cape, le brun se tourna dans sa direction et avança vers lui, ses yeux langoureux lascivement posés sur lui comme s'il le dévorait du regard.
Kurosaki lui adressa un regard antipathique, des plus méprisants, et savait pertinemment ce que le seigneur avait derrière la tête. Il le répugnait mais il ne se laisserait pas faire, même si cet homme devait l'amadouer en parlant de son père encore une fois, et émettre la menace de s'en prendre à lui.
_Qu'est-ce que ce regard? questionna Sosuke, haussant ses sourcils.
Il stoppa ses pas à quelques centimètres du jeune homme, détaillant de ses yeux noisettes la peau parfaite et douce du rouquin, ses yeux si fougueux, ses lèvres pincées par la colère, son menton froncé par la rancœur, ses mains s'agrippant à ses épaules jusqu'à y enfoncer ses ongles profondément dans sa peau.
_Arrêtez de me prendre pour un imbécile! cracha Ichigo en le fusillant du regard. Je sais bien ce que vous voulez de moi! Allez-y, allez-y et violez moi ici et maintenant! Mais je vous promets que jamais vous ne pourrez terminer votre affaire, je vous tuerai avant que ça ne soit fini!
Les poings serrés par la rage qui l'animait, le roux ne comprit pas qu'il venait de commettre l'irréparable en parlant ainsi au seigneur et maître des lieux. Mais il n'en avait que faire, tout ce qu'il souhaitait c'était défier cet homme, le défier dans la mesure du possible jusqu'à ce qu'il cesse de faire interférer son père dans cette histoire. Il n'était pas un homme qui s'agenouillait devant ce genre d'individu, jamais!
Sosuke releva la tête, jaugeant de son regard hautain le jeune homme plein de haine. Il voulait le dominer bien sûr, remballer ses répliques hargneuses et qu'il devienne docile mais comment faire...? Il émit un petit rire amusé en réponse à la mise en garde du jeune homme, qui termina d'enflammer la colère juvénile :
_Vous crèverez ça je vous l'jure! lui promit-il en le pointant de son index.
_Oh ça très certainement, quand mon heure sera venue. Nous devons tous périr un jour ou l'autre Ichigo. Mais sache que ce que tu crains je ne puis te le faire subir, alors ne me juge plus sur des supputations que ton père t'a mis en tête, veux-tu?
L'orangé resta pétrifié, totalement désarçonné par ce qu'il venait d'entendre. La réplique d'Aizen avait claqué telle un coup de fouet, méprisante et cinglante.
Sa bouche s'ouvrit sans qu'aucun son n'en sorte. La désinvolture de cet homme, son ton rieur...
_Comment savez-vous cela? Comment savez-vous que c'est mon père qui m'a mis en garde contre vous et votre goût des jeunes hommes?
La vérité était que Kurosaki était médusé par ce que Sosuke venait tout juste de lui dire. Se pouvait-il qu'il sache d'autres choses à son sujet? L'univers dans lequel il venait de tomber lui était inconnu, et même s'il faisait preuve de tout le courage du monde, même s'il parvenait à surmonter ces difficultés il se pourrait bien que cet homme, Aizen, soit bien plus dangereux qu'il ne l'eut cru encore.
Qui savait de quoi il était capable?
Que pouvait-il faire face à lui?
_Je le sais, voilà tout, répondit Sosuke avec un sourire charmeur. Mais revenons-en à notre petit différent : ta tentative d'évasion.
Ichigo inspira profondément, il ne s'était franchement pas attendu à ce que ce problème surgisse tout à coup dans la conversation. Ce retournement de situation ne lui disait rien qui vaille et il suivit du regard le seigneur qui fit quelques pas dans la pièce, s'adossant bientôt à une autre fenêtre fermée. Sa méfiance vis-à-vis de cet homme lui semblait tout à fait justifiée, après tout il était bien son prisonnier non?
Ses yeux balayèrent la cours au dehors sans qu'il n'émette la moindre émotion et le jeune roux se demanda ce qui le rendait si mélancolique. C'était la seule chose qu'il remarquait chez ce grand et fier homme : la mélancolie. Aizen Sosuke était pourtant riche et respecté, alors pourquoi avait-il l'air si maussade? L'argent ne faisait-il pas le bonheur?
_Je suis prisonnier alors je tente de m'échapper c'est naturel non? répondit le jeune homme, malgré son appréhension quant à l'attitude de son geôlier.
_Pas lorsqu'on m'appartient, répliqua le brun d'un ton stricte. Alors maintenant tu vas apprendre ce qu'il en coûte de me désobéir...
L'orangé fronça les sourcils alors qu'il observait le seigneur se diriger vers la grande armoire en bois massif à l'autre bout de la pièce. Il en sortit un coffret, pas plus grand qu'une boîte à bijoux et la présenta devant le jeune Kurosaki. Cette boîte taillée dans un bois sombre et dont les dorures étincelaient à la lumière ambiante respirait l'antiquité, la solennité et le jeune homme supposa qu'elle devait faire partie des trésors de la famille d'Aizen.
Cependant, il fut intrigué par la vision de cette boîte et ignorait ce que son maître voulait lui montrer par là. Il l'interrogea donc du regard, sans toutefois oublier sa méfiance :
_Es-tu certain de vouloir savoir ce qu'il se trouve dans cette boîte? demanda Sosuke d'une voix presque guindée.
Ichigo déglutit péniblement. Pourquoi avait-il l'impression que le seigneur cherchait à lui faire peur, que ce qui se trouvait dans cette boîte aurait sur lui un impact quelconque. Cette mauvaise impression ne le quittait pas. Et l'atmosphère sinistre qui entourait cette curieuse boîte n'était en rien pour l'aider.
_Vous cherchez à me faire peur?
_Plutôt à te prévenir, murmura-t-il en ouvrant le contenant d'un geste élégant.
Le coffre grinça à son ouverture, laissant soudain échapper une odeur pestilentielle qui se répandit dans toute la pièce et envahit les bronches de Kurosaki à lui en donner la nausée.
Ichigo sentit ses yeux sortir de leurs orbites, son cœur faire un bond et sa main se plaqua devant sa bouche alors que sa respiration devenait courte et douloureuse. Il plissa ses yeux très fort, refusant de regarder une seule seconde de plus ce qui se trouvait au fond de cette boîte. Son teint avait quelque peu pâli et son estomac en avait été totalement retourné.
Aizen étira un sourire satisfait puis referma rapidement le coffret, se contentant des réactions plus qu'expressives du jeune homme :
_As-tu compris? Ce châtiment n'est qu'un petit aperçu de ce que mon frère à l'habitude de faire à ceux qui me désobéissent. Sache qu'il est encore plus monstrueux avec ceux qui le désobéissent directement...
Le rouquin reprit difficilement sa respiration, son esprit hanté par l'horreur qu'il venait de voir. Il ne pouvait pas le croire, il ne voulait pas le croire! Ces hommes étaient des monstres et on les laissait ainsi en toute liberté! Il ne pouvait croire que l'Empereur ignorait les immondices qui avaient lieu ici... Personne ne faisait rien contre ces cinglés, personne ne semblait comprendre. Pourquoi?
_Vous êtes des grands malades! jeta-t-il alors que le seigneur avait rangé sa boîte aux secrets. Des monstres!
_Tu diras cela à Grimmjow, ça lui fera très certainement plaisir..., répondit Aizen en s'asseyant sur son lit, l'air paisible. Pour information, sache que l'homme qui a subit cela était un amant de Grimmjow jadis et que cet homme s'est offert à moi pensant ainsi toucher du doigt mon pouvoir. Lorsque Grimmjow l'a sut – et c'est moi qui le lui ai dit – il a fait en sorte que cet amant ne puisse plus jamais s'offrir à quelqu'un de cette façon. En lui coupant les...
_Taisez-vous!
Ichigo avait crié son ordre si fort que sa voix résonna au fin fond du couloir du seigneur, et que sa gorge s'en trouva fortement irritée. Ce dernier mis en suspend sa phrase et ne la termina pas, satisfait de voir que le jeune homme avait bien compris quelle punition l'attendait si toutefois il s'adonnait à des choses déplaisantes.
_Mais tu n'as rien à craindre de moi, Ichigo. Je ne te violerai pas, tout du moins, pas pour l'instant.
Malgré sa surprise, Ichigo constata qu'une fois de plus, le visage de son hôte était emprunt d'une mélancolie profonde et même s'il était encore choqué par ce qu'il avait vu il était comme suspendu aux lèvres de son interlocuteur :
_Que voulez-vous dire? questionna-t-il, désireux d'en savoir plus.
_Eh bien... Cela ne m'enchante guère sache-le, mais... il s'avère que ma virilité m'a abandonné, et cela depuis plusieurs années. Je suis incapable de remplir un devoir conjugal si cela est plus clair pour toi.
La bouche du jeune homme s'ouvrit mais aucun son n'en sortit. Ses yeux ambrés balayèrent lentement le corps massif de Sosuke, ne pouvant croire à ce qu'il venait de dire... Tout en lui respirait la vitalité, ses épaules carrées, son visage masculin, ses yeux de velours, ses grandes mains viriles, tout...
Le visage d'Aizen resta sans émotion aucune, paisible, voire même trop.
A ce moment, Kurosaki sentit une teinte de pitié envahir son être. Lui qui avait tant entendu parler du seigneur Aizen et de son appétit pour les jeunes hommes comme pour les jeunes femmes, et maintenant il apprenait que celui-ci était impuissant?
_Mais... vous... vous avez des maîtresses, des amants, des...
_Tous sont là pour dissimuler la vérité, le coupa Aizen en soupirant. De quoi aurais-je donc l'air si l'Empereur ou même les autres seigneurs apprenaient que je ne pouvais... enfin que j'étais aussi faible?
_Pourquoi l'apprendraient-ils? C'est votre vie privée, ça n'a rien à voir avec votre force militaire ou quoique ce soit!
Aizen étira un sourire amusé, encore une fois. Il secoua la tête en signe de déception :
_Tu es bien jeune et bien fougueux mais tu n'as aucune idée de la façon dont fonctionne ce monde. Si l'un de mes adversaires l'apprenait je serai tourné en ridicule et leur volonté de me faire tomber serait d'autant plus forte.
Le roux fronça les sourcils ayant du mal à comprendre la conception que l'homme face à lui tentait de lui expliquer. Profiter de la faiblesse d'un homme était traître, c'était injuste. Mais ce n'était pas pour autant qu'il éprouvait de la sympathie pour Aizen :
_Je ne sais pas pourquoi vous me racontez cela, si c'est pour m'attendrir ou quoi mais... je me fiche de votre faiblesse! Ça me rassure au moins que vous ne pourrez pas profiter de moi!
Sosuke haussa un sourcil et croisa ses mains sur ses cuisses, reprenant une expression solennelle et quelque peu autoritaire.
_En effet, je ne pourrais hélas pas profiter de ton corps. Mais si je t'ai dérobé à ton père c'est pour plus d'une raison.
_Lesquelles?
Tout à coup le jeune roux repensa à son entrevue avec Grimmjow Jaggerjack lors de sa fuite. Le bleuté lui avait dit de telles choses étranges qu'il se demandait ou toutes ces bizarreries s'arrêteraient... Est-ce que Aizen allait lui poser les mêmes questions? Il espérait que ce n'était pas le cas.
_La première est simple : tu me plais énormément. Et même si mon corps refuse de te le montrer, mes yeux peuvent t'admirer et te contempler tout leur soul. La seconde reste du même ordre : je désirais trouver une compagnie jeune et fraiche, je ne me suis pas trompé en te prenant.
Un silence s'abattit sur la pièce, un silence plutôt gêné pendant lequel Ichigo baissa les yeux. Le problème de cet homme le touchait, même s'il tentait de ne pas le montrer outre mesure. Il ignorait pourquoi ce seigneur sans cœur était parvenu à le toucher et il s'en voulait lui-même de s'être laissé atteindre si facilement.
_Et même si plus tard notre relation venait à s'épanouir, poursuivit-il, il y aura un moment, un jour, un instant ou tu désireras recevoir du plaisir. Et je serai incapable de t'en donner. Es-tu bien sûr d'en être conscient?
_De quoi est-ce que vous parlez? Bien sûr que ça me va de ne pas me faire violer! répondit-il méchamment.
_Je ne parlais pas de viol, mais de relation consentante...
_Tsss... Comme si je vous laisserais me toucher! protesta-t-il en croisant ses bras sur son torse.
Aizen étira un énième sourire satisfait et baissa les yeux :
_Très bien, je vois. Mais lorsque nous en serons à ce point, ne viens pas pleurer que tu souhaites que je te prenne, cela ne sera jamais possible.
Ichigo ne prit même pas la peine de répondre. Cet homme le dégoûtait mais lui faisait pitié en même temps. Comment pouvait-il supposer qu'il aurait envie de coucher avec lui?
_Es-tu vierge?
La question désarçonna tout à coup l'orangé qui recula d'un pas, le visage plissé par l'étonnement :
_Qu... quoi? Non mais ça va pas?
_Tu ne l'es pas? demanda à nouveau le brun, intéressé.
Kurosaki adopta une moue boudeuse :
_Non. Non, je ne le suis pas, vous êtes satisfait?
_Cela m'arrange pour tout dire, répondit le brun en prenant son menton entre ses doigts. Tu ne pourras pas très longtemps tenir à l'appel de la chair en l'ayant déjà connu...
_Vous n'êtes qu'un pervers!
_Ichigo...
Le roux sentit soudain son souffle se figer dans sa gorge, la façon dont le seigneur venait de prononcer son prénom était si douce et si implorante qu'il se sentit pétrifié. Son cœur fit un bond alors que Sosuke se levait du lit sur lequel il était assis pour le rejoindre.
Le rouquin n'esquissa pas un geste de recul lorsque le brun prit sa main dans la sienne et le caressa de ses yeux de velours.
_Quoi? Que... qu'est-ce que vous voulez? lui demanda-t-il assez sèchement.
Leurs visages étaient si proches que Kurosaki pouvait sentir le souffle chaud du seigneur sur son front. Il avait envie de vomir, tout simplement, mais il ne pouvait réfréner ce sentiment de pitié qui coulait à flot dans ses veines. Cet homme, si majestueux, si fort, si puissant, ne pouvait être à ce point affaiblie par une virilité inexistante! Il ne pouvait y croire...
Pendant un instant, il remit même en doute la confession de Sosuke, croyant à un stratagème pour le coincer, ou pour l'attendrir histoire de le mettre dans son lit plus facilement. Oh oui, Ichigo connaissait ce genre de roublardise, là d'où il venait, les soldats en garnison avaient plus d'un tour dans leur sac pour mettre les jeunes filles dans leur lit...
_Puisque mon corps ne peut être satisfait, je ne te demanderai qu'une seule faveur, susurra le seigneur en fixant ses yeux ambrés. Satisfais mes yeux, satisfais-les et mets-toi nu.
Les yeux de Kurosaki restèrent fixés à ceux de Sosuke pendant de longues secondes, y cherchant une lueur de plaisanterie, une simple blague et pourtant... Le brun ne cillait pas, il était sérieux!
L'orangé laissa échapper un rire qu'il réprima aussitôt en croisant pour une énième fois la lueur mélancolique et implorante des yeux de velours du brun. Il ne pouvait se laisser avoir par un tel sentiment, lui qui avait toujours su être fort et envoyer balader les soldats de l'Empereur, lui qui s'était toujours promis de ne jamais se laisser dompter par quiconque...
Et pourtant, ce regard envieux de velours faisait inexorablement augmenter la cadence de ses battements de cœur...
_Reculez-vous, lui ordonna-t-il alors, ses fiers yeux défiant magistralement ceux du seigneur.
Sosuke hocha la tête et s'exécuta, malgré qu'il ignorait ce à quoi le jeune homme se préparait. Il recula de deux pas, de façon à mettre une distance sécurisante entre lui et son partenaire. Ce dernier déglutit difficilement et laissa quelques secondes s'écouler lorsque Aizen eut reculé.
La vérité était qu'il cherchait un moyen d'y échapper. Il n'avait aucune envie de se mettre nu devant cet homme, il n'en avait aucune obligation et de toute façon ces manières le répugnaient. Mais là tout de suite, faire face à ce regard implorant était la chose la plus embarrassante qu'il n'ait jamais connu.
Cet homme puissant attendait qu'il se mette nu, jamais oh non jamais, il n'avait vécu une telle situation similaire!
Son souffle chaud était comme coincé dans sa gorge, emprisonné par les battements si rapides de son propre cœur sous le regard enflammé du seigneur de ces lieux. Que pouvait-il faire devant une telle démonstration d'envie?
Et sur un coup de tête, sans vraiment réfléchir outre mesure et se laissant emporter par ce sentiment de pitié étouffant, ses mains agrippèrent le tissu sur ses épaules et le poussèrent pour qu'il glisse. Le tissu grossier et râpeux glissa sur ses épaules puis le long de ses biceps pour découvrir son torse.
Les yeux de velours suivaient le trajet du tissu, caressant son corps au grain de peau si fin, à la couleur si appétissante en la désirant ardemment. Aizen frissonna un instant lorsque le tissu resta accroché un tout petit instant sur l'un des mamelons durcie du rouquin, le contact intime lui arrachant un soupir surpris qui excita le seigneur.
Le tissu finit de dévêtir ses hanches et tomba tel un sac sur le sol, laissant le corps d'Ichigo entièrement nu face au regard enflammé de Sosuke. La manière dont l'habit avait dévêtu le corps si parfait avait fini par enflammer les sens du seigneur si ardemment qu'il ne put empêcher son geste spontané; sans attendre une seconde de plus, il fondit sur le jeune orangé, le saisit par les épaules et enterra son visage dans son cou, laissant voyager ses lèvres sur son cou.
Sa peau sentait le chaud, l'animal, elle avait une odeur si particulière, si enivrante, elle était divine! L'odeur de la jeunesse, de la joie de vivre, de la virilité... Le seigneur en inspirait de grandes bouffées d'air hautement surpris de ne pas voir la jeune personne protester.
Ichigo tenta de repousser la sensation de dégoût qui l'envahissait soudain, et déglutit plusieurs fois pour être sûr qu'il ne vomirait pas. Il avait chaud enserré ainsi aussi étroitement entre les bras forts de cet homme, mais il était incapable de dire si c'était la honte ou bien le contact avec le lourd tissu du kimono du seigneur qui lui donnait tant de chaleur. Et il était en même temps incapable d'expliquer pourquoi il ne le repoussait pas.
_C'est dans ces moments que je maudis la vie de m'avoir pris ma virilité, murmura Aizen au creux de l'oreille du roux. Tu es... l'être que j'aurais le plus désiré dans ma vie. Je te désire à en mourir!
Kurosaki plissa les yeux, effaçant les paroles de l'homme au fur et à mesure qu'il les entendait. Il s'en voulait déjà d'avoir cédé à la demande du seigneur. S'être mis nu tout à coup, alors qu'il venait à peine de le lui demander... il n'était guère farouche! Il s'en voulait horriblement.
_Arrêtez ça...
_Tu ne comprends pas, n'est-ce pas? demanda le seigneur en resserrant un peu plus son étreinte autour de lui. Lorsque l'on trouve celui qui est parfait pour soit, la vie nous joue un mauvais tour. Voilà deux ans que je suis impuissant, et rien ni personne n'a su y faire quoique ce soit. Et je pensais... je croyais que peut-être...
_Que je pourrais y faire quelque chose? Vous êtes fou!
Aizen desserra tout à coup son étreinte, puis déposa lentement ses mains sur les joues du jeune homme, agrippant son regard au sien :
_J'ai cru qu'en trouvant la personne que je désirerais plus que tout, pour qui j'aurais une envie de dément, mon problème s'envolerait. Mais j'avais tord... même à l'instant, je suis incapable de... d'éprouver la moindre sensation d'excitation pour toi.
Ichigo inspira profondément. Même s'il s'en était trouvé soulagé de savoir cela, il en était quelque peu piqué à vif tout à coup. Lui qui avait toujours su susciter l'intérêt des hommes comme des femmes, il était bien rare qu'un homme lui avoue ce genre de choses sans être munie de l'érection qui allait avec... C'était une première pour lui!
_Je...
_Ne dis rien! le coupa soudain le brun. Tu ne ferais qu'aggraver la situation. Ce n'est pas ta faute. Mais... un jour, je ferai l'amour à un jeune homme aussi magnifique que toi. J'en prends la décision ici et maintenant.
Un silence tomba, et malgré le fait qu'il exécrait cette situation, Ichigo ne put détourner ses yeux du visage déterminé du seigneur. Il venait de découvrir l'un des secrets les plus affligeants d'Aizen Sosuke, le puissant seigneur. Lui qui lui avait parut tant puissant, si inébranlable, voilà qu'à présent il n'était qu'un homme incapable de se débrouiller au lit, qu'il n'était que la moitié d'un homme. Il n'était plus si impressionnant et de plus, il connaissait sa faiblesse...
Mais son sentiment de pitié était encore bien trop vivace pour penser ainsi.
_C'est donc tout ce que je t'inspire : la pitié? questionna le brun, qui avait parfaitement décelé les sentiments éprouvés par son vis-à-vis.
Le rouquin resta muet, encore une fois. Il n'y avait rien à dire, et rien à faire non plus, tout du moins du coté d'Ichigo. Car Aizen lui, savait parfaitement quoi faire en cette situation...
Sans aucun préavis, il posa ses lèvres sur celles du rouquin, les embrassant avec passion, traduisant tout son désir, sans laisser le temps au jeune homme pour protester. Mais plus surprenant encore : Ichigo ne protesta pas le moins du monde.
Certes, il n'aimait pas cet homme et ce dernier était son ravisseur et le tenait maintenant enfermé entre ces murs, mais allait-il mourir d'un malheureux baiser? Surtout d'un homme qui semblait si désemparé face à sa situation.
Le baiser était chaud et insistant, si bien que le roux se surprit à y mettre du sien, répondant – bien que faiblement – aux pressions des lèvres du plus âgé. Il avait l'impression que Aizen était fou, que d'un instant à l'autre il se jetterait sur lui en s'écriant : et bien non je ne suis pas impuissant, maintenant tu vas subir ce pour quoi tu es venu!
Très sincèrement le jeune homme s'y attendait. Mais plus le baiser durait moins Sosuke semblait pressant. Ses mains restaient attachées aux épaules d'Ichigo et il ne tentait aucun geste pour le toucher, comme s'il craignait d'avoir des gestes impudiques. Kurosaki sentit bientôt les lèvres voisines s'entrouvrirent et une langue vorace s'introduire dans sa bouche. Il lui laissa le passage, quelque peu à contrecœur, puis suivit le rythme du seigneur dans un baiser haletant.
Au bout de longues minutes ils se séparèrent et le roux reprit son souffle difficilement. Ses joues s'étaient teintées d'une petite lueur rosée qui n'échappa pas aux yeux d'Aizen et il était rempli d'incompréhension : était-il si pervers qu'un simple baiser d'une ordure pareille puisse lui faire un tel effet?
Il n'était plus lui-même, c'était inconcevable, toutes ces réactions ne lui ressemblaient pas!
_Je suis certainement impuissant, mais ce n'est définitivement pas ton cas! lâcha le seigneur en désignant d'un œil mutin l'entre jambe du jeune homme qui venait de s'épanouir sous ses yeux comme une fleur.
Kurosaki ne pouvait se sentir plus mal encore. Il avait souhaité que l'homme ne le remarque pas mais c'était peine perdue. Il pensait également que le seigneur se moquerait de lui mais à son plus grand étonnement, il n'en fit rien. En effet, Aizen se contenta de lui sourire avec espièglerie et de s'agenouiller à terre devant la virilité fière et dressée du jeune homme :
_J'aime voir la fougue de la jeunesse, commenta-t-il avant de toucher de la pointe de sa langue l'extrémité humide du membre du roux.
_Oh!
Ichigo sentit son cœur s'emballer soudain. C'était encore plus inattendu! Aizen à genoux devant lui, léchant avec délectation son membre en érection... c'était complètement fou! Et de plus, cette ordure s'y prenait à merveille; la tête d'Ichigo bascula en arrière alors que Sosuke l'engloutissait tout entier dans sa bouche.
_Non! Non... arrêtez! laissa-t-il échapper, susurrant ses paroles alors même qu'il éprouvait un plaisir sans nom.
C'était d'autant plus inattendu que le jeune homme n'avait pas fait pareille chose depuis un certain temps. A dire vrai, il n'avait connu qu'un seul homme, celui qui avait pris sa virginité. Il avait toujours pensé cet homme doué mais aujourd'hui, alors qu'il expérimentait la bouche et la langue experte du seigneur, il ne pouvait que revoir son jugement; Aizen était de loin bien plus expert et sa tête tournait horriblement.
Ichigo tentait de le retenir, agrippant de ses mains les mèches brunes de celui qui lui faisait subir ce supplice des plus délicieux, mais en bouche noble descendait rapidement, puis plus lentement le long de sa verge dressée, l'humidifiant pour plus de plaisir, la faisant grossir pour l'amener plus proche de la délivrance.
Ichigo pinçait ses lèvres avec délectation même s'il savait au fond de lui qu'il ne devait pas faire ça. Mais la langue brûlante de son seigneur, traçant un chemin de feu sur toute sa longueur termina de le convaincre de se laisser faire.
Il ne pouvait arrêter son corps et ses réactions, il ne pouvait demander à Sosuke de s'arrêter, jusqu'à...
_Et bin, à peine arrivé le p'tit nouveau s'fait faire des gâteries? J'suis jaloux!
_Grimmjow!
Aizen sauta sur ses pieds et le roux se détourna, saisissant rapidement un drap de soie déposé sur le lit pour s'enrouler dedans et ainsi dissimuler la vue de son corps nu. Adoptant un air choqué, Ichigo baissa le visage, refusant de montrer ses pommettes rougies au général aux cheveux bleus, pour une raison qui lui échappait totalement.
_Grimmjow, je t'ai déjà dit de ne pas pénétrer ici sans frapper!
_Tch! Comme si personne se doutait que t'allais te le taper! répliqua le soldat en désignant Kurosaki du menton.
Le regard turquoise du soldat se planta sur le jeune homme et son sourire s'élargit. Et malgré sa délectation de les avoir surpris en une situation si intime, Jaggerjack ne réfrénait pas une pointe de jalousie visible aux yeux de tout le monde :
_T'en as d'la chance, Sos'ke! Si je l'avais chopper avant toi moi aussi j'l'aurais d'jà dévoré tout cru! ajouta-t-il en faisant claquer ses dents dans un geste bestial.
Ichigo le fusilla du regard. Il n'était pas un objet bon sang! Personne n'avait le droit de le considérer comme un objet!
« Bon sang, Kurosaki! T'être laissé séduire par ce Casanova aux cheveux grisonnants... Qu'est-ce qui t'arrive? » se demanda le jeune homme, encore étourdit par ce qu'il venait de vivre. C'était bien sa veine : les deux frères opposés et comme par hasard ses fesses se trouvaient au milieu...
_Si tu n'as rien d'autre à dire que des sarcasmes tu peux dégager! lança soudain le seigneur, exaspéré par l'attitude de son frère.
_Oh mais t'inquiète pas, j'suis là pour une bonne raison, dit l'autre avec un rire mesquin. J'veux dire, une autre bonne raison que d'voir ton p'tit sucre d'orge à poils en train d'se faire tailler une...
_Viens au fait! le coupa brutalement son frère.
Grimmjow sourit malicieusement, en sortant ses dents aiguisées, puis remit entre les mains du seigneur un parchemin scellé :
_J'crois que ta p'tite tactique a échoué, Sos'ke. Non seulement Hallibel s'est faite couper sa tête mais en plus d'ça, elle a rapporté des trucs pas jojo!
Aizen sentit son souffle se figer alors qu'il s'empressait de lire le parchemin qu'il venait de lui remettre, en toute hâte, ses mains cornant le papier de haute qualité. Les deux autres remarquèrent immédiatement son attitude préoccupée.
Ichigo restait immobile, enroulé dans son drap, tentant de faire abstraction du regard affamé que Grimmjow posait sur lui. Mais le bleuté eut guère de temps pour détailler sa proie, en effet aussitôt avait-il terminé sa lecture que Aizen s'empara de sa cape et se dirigea vers le shoji de sa chambre :
_Dépêche-toi de me convoquer tout le monde, Grimmjow! L'heure est grave! annonça-t-il avant de disparaître dans le couloir sans un regard pour l'orangé.
Le bleuté esquissa un sourire en coin, comme s'il eut été satisfait de lui-même, et prit l'audace d'avancer jusqu'au jeune homme au fond de la pièce. Ce dernier soutint son regard autant qu'il le put, même si la perspective de se retrouver seul, dans une chambre et nu sous un drap de soie avec cet homme n'était pas pour le rassurer.
_Le d'voir m'appelle, ma biche, lui souffla-t-il en prenant son menton entre son index et son pouce. Mais la grande panthère r'viendra très vite chasser sa p'tite proie, t'peux en êt' sûr!
Kurosaki se contenta de lui renvoyer une expression dégoûtée que Jaggerjack vint cueillir sur ses lèvres, dans un baiser froid et salé :
_Tu pues son odeur, ça m'fout la gerbe!
Et sur ces mots il fit demi-tour et s'échappa rapidement de la pièce, sans se retourner et sans même refermer la porte derrière lui, laissant un Ichigo complètement pantois. D'un revers de main, il essuya ses lèvres souillées par ces deux hommes avec dégoût.
Il était dans un espèce de pétrin!
_Merde!
